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Bulletin 23 du 19 novembre 2009

Bulletin CNPSAA-Infos N°2009 - 23 – 19 novembre 2009

1) EDITORIAL

Nous n’avons pas renoncé à publier régulièrement ce bulletin d’information, bien au contraire. Mais depuis notre dernière parution nous avons traversé une période de calme relatif en raison de l’installation des nouvelles instances de gouvernance de la politique en faveur des personnes handicapées :
- un décret paru le 11 novembre met en place le Comité Interministériel du Handicap (CIH) et nomme son Secrétaire Général, Thierry Dieuleveux.
- La DIPH disparaît, son personnel rejoignant la Direction Générale de l’Action Sociale qui aura aussi un champ élargi et deviendra dès le début de l’année prochaine la Direction Générale de la Cohésion Sociale. Patrick Risselin sera le Sous-directeur en charge du handicap.
- Le 17 novembre, le Conseil de la CNSA s’est réuni, nous n’avons malheureusement pu participer à ses travaux, retenus par une autre manifestation. Vous trouverez cependant le communiqué de presse publié après la séance qui en résume le contenu. Elle fut, semble t-il fort animée.
- Pour notre part, nous participions à une très intéressante journée d’échanges organisée par le CFHE sur le thème de l’emploi. Des représentants venus de cinq pays européens ont présentés leurs expériences, après quoi les participants français ont formulé des propositions. Un compte rendu est en préparation, nous en reparlerons.
- Après deux réunions préparatoires, le CNCPH s’est réuni le 18 novembre en séance plénière afin de constituer sa « Section permanente », instance chargée de préparer les travaux et avis de la « Plénière ». Le CNPSAA devrait continuer à y siéger. Par ailleurs Thierry Dieuleveux est venu présenter le CIH : nous notons avec satisfaction qu’il travaillera en étroite collaboration avec l’ensemble des services de tous les Ministères concernés de près ou de loin par le handicap. L’animation du CNCPH sera confiée à son nouveau, Président Patrick Gohet, nommé Inspecteur Général de l’Action Sociale. Après cette séance, et malgré la bonne volonté de chacun, nous craignons beaucoup que la dissolution de l’équipe soudée et efficace qui travaillait autour de Patrick Gohet ne se traduise par des difficultés liées notamment à l’absence d’interlocuteur précis pour répondre à nos demandes, à la réduction des moyens, à un manque de cohésion des nouvelles structures.
- Sachez encore que depuis le 1er novembre, une nouvelle collaboratrice a rejoint l’équipe du CNPSAA afin de décharger Claire Vedel de certaines tâches. Il s’agit de Madame Christine Dupont présente rue Duroc tous les matins. Nous lui souhaitons la bienvenue et espérons qu’elle apprendra très vite les rouages de notre organisation. Vous trouverez dans ce bulletin :
- un communiqué de la CNSA concernant l’approbation du budget prévisionnel 2010
- un communiqué de presse du CNPSAA traitant de l’emploi des personnes déficientes visuelles
- un article sur les MDPH paru dans Lemonde.fr
- un dossier sur le vote accessible aux aveugles et malvoyants en Europe
- une étude sur l’accessibilité du métro
- un communiqué de la mutuelle Intégrance concernant le prix Handi-livres
- une présentation de la manifestation des 20 ans de l’audiovision
- une idée cadeau : « L’autre beauté du monde » (compilation des récits sélectionnés par le jury du concours « Dire le non-visuel »
- l’annonce du lancement d’un nouveau magazine accessible : « Le Monde des Ados »

Bonne lecture et à bientôt ! Philippe Chazal Président

2) CONSEIL DE LA CNSA – APPROBATION DU BUDGET PREVISIONNEL 2010

Conseil de la CNSA : un budget 2010 de 18,568 milliards d’euros en augmentation de 1,3 % par rapport à celui de 2009, adopté malgré l’insatisfaction de certaines institutions et associations.

Le Conseil de la CNSA a approuvé aujourd’hui lors de sa réunion d’automne, à 49 voix contre 27 (plus 1 abstention), le budget prévisionnel 2010 de la Caisse qui s’établit à 18,568 Md€.

A l’occasion de ce vote, les représentants des associations de personnes âgées et de personnes handicapées, des conseils généraux, des organisations syndicales, des fédérations d’établissements et de services à domicile, de la mutualité française ont exprimé leur inquiétude face à l’évolution et la complexité de la prise en charge de la perte d’autonomie et sa capacité à faire face aux besoins des personnes. Ils ont notamment critiqué la restitution, dès 2009, de 150 M€ non consommés, à l’Assurance maladie.

Les représentants des conseils généraux ont tout particulièrement insisté sur la situation des finances locales et le risque, pour certains d’entre eux, de ne pas pouvoir faire face à terme à leurs obligations.

Les représentants de l’État ont annoncé l’organisation, à la demande des ministres, d’une réunion de concertation sur la question du financement de l’aide à domicile, dès la première quinzaine de décembre 2009, suite à l’appel des associations du secteur le 20 octobre dernier.

1 - 18,568 Md€ pour les personnes âgées et les personnes handicapées en 2010

Le budget prévisionnel 2010 de la CNSA est en croissance de 1,29 % par rapport au budget prévisionnel 2009. Cela s’explique notamment par le taux de progression de l’objectif national de dépense d’assurance maladie (ONDAM) médico-social de 5,8 % qui constitue 80 % du budget de la Caisse. Le résultat prévisionnel fait apparaître un déficit de 235,6 M€, qui sera financé par les réserves de la CNSA.

Le budget prévisionnel 2010 comporte les caractéristiques suivantes :
- La section I dédiée au financement des établissements et services médico-sociaux s’élève à 16,178 Md€, répartis à hauteur de 8,236 Md€ pour les personnes âgées et 7,942 Md€ pour les personnes handicapées. L’objectif global des dépenses progresse de 3,2 % (500 M€).

- Les sections II et III consacrées au financement de l’allocation personnalisée d’autonomie, de la prestation de compensation du handicap et des maisons départementales des personnes handicapées s’élèvent à 1,559 Md€ et 604 M€. La crise économique induit une nouvelle diminution en 2009 des recettes de contribution solidarité autonomie (CSA) et de contribution sociale généralisée (CSG) de 1,65 %. Ce fléchissement, déjà constaté respectivement à hauteur de -5,16 % et -2,38 % en mars 2009 entraîne une baisse des concours APA et PCH versés aux départements. Les prévisions de recettes pour 2010 étant stables (+0,5 %), alors que les dépenses des départements continuent de progresser, le taux de couverture 2010 de l’APA est estimé à 28,5 % et celui de la PCH à 44,5 %, sans compter le recul de l’allocation compensatrice pour tierce personne que la PCH remplace peu à peu.
- La section IV pour la promotion des actions innovantes et le renforcement de la professionnalisation des métiers de service bénéficie de 88 M€.
- La section V qui réunit les autres dépenses en faveur des personnes en perte d’autonomie prévoit un plan d’aide à l’investissement (PAI) de 151 M€. 121 M€ seront destinés aux établissements pour personnes âgées, plus spécialement aux unités adaptées aux malades d’Alzheimer.

2 - Le Conseil prend acte du bilan de la COG

D’une durée de quatre ans, cette première convention d’objectifs et de gestion conclue entre l’État et la CNSA au début de son existence a davantage défini les missions de la Caisse et posé les règles des processus que, faute de recul, des objectifs précis et des indicateurs de résultat.

Ce bilan confirme que la création de la CNSA a été un progrès incontestable dans les réponses apportées à la politique d’accompagnement de la perte d’autonomie. Il fait apparaître que la CNSA est allée parfois au-delà des missions identifiées en 2006 avec, par exemple sa participation à des plans de santé publique (Alzheimer, autisme…) ou la mise en place du PAI devenu une mission pérenne.

Ainsi, la nouvelle COG 2010-2013 qui sera présentée au Conseil de mars, devra s’appliquer à mieux préciser les relations entre l’État et la CNSA, prioriser les objectifs et détailler les nouvelles missions confiées à la Caisse.

3 - Un travail partenarial approfondi

Le Conseil a apprécié le mode de travail collaboratif que la CNSA entretient avec les acteurs de terrain. En témoigne le renouvellement, à ce jour, de soixante-quatorze conventions signées entre la Caisse et les conseils généraux, qui définissent les objectifs de qualité de service des MDPH. La nouvelle version des conventions couvre désormais l’ensemble des relations qui lient les deux partenaires grâce à l’ajout de rubriques sur la modernisation et la professionnalisation des services d’aide à domicile, les concours APA et PCH et la programmation des établissements médico-sociaux.

Le Conseil a également accueilli favorablement la création de plusieurs groupes de travail qui porteront sur :
- les concours versés aux départements (leur évolution, la péréquation entre départements),
- la gestion au niveau local des crédits de la CNSA,
- les convergences des réponses à apporter aux personnes âgées et aux personnes handicapées, suite à l’annonce des Ministres de conduire le débat sur le cinquième risque au printemps 2010, concomitamment à celui sur les retraites.

4 - La CNSA membre de l’agence des systèmes d’information partagés

Le Conseil a par ailleurs entériné l’adhésion de la CNSA au groupement d’intérêt public ASIP Santé. Cette agence permettra de renforcer l’efficacité et la cohérence de la maîtrise d’ouvrage publique en matière de systèmes d’information de santé et d’en améliorer l’efficience.

5 - Les orientations du rapport 2009

Le Conseil consacrera son chapitre prospectif 2009 à l’articulation du champ médico-social avec le secteur sanitaire. Un choix lié au nouveau cadre territorial qui se met en place avec les agences régionales de santé.

Il souhaite pouvoir jouer pleinement son rôle d’espace public de concertation, en particulier en amont des arbitrages budgétaires.

3) COMMUNIQUES DE PRESSE DU CNPSAA

Paris, le 4 novembre 2009

Semaine pour l’emploi des personnes handicapées :

L’emploi des déficients visuels reste à ce jour parmi les plus bas.

Si plusieurs facteurs sociaux et techniques expliquent ce constat, l’issue pourrait venir de certaines solutions compensatoires encore méconnues des recruteurs et sous utilisées.

En dépit des avancées de la loi du 11 février 2005 concernant le renforcement de l’obligation d’embauche pour les entreprises privées et le secteur public, les personnes totalement aveugles ou gravement déficientes visuelles demeurent majoritairement exclues du monde du travail. Faute de statistiques, il est impossible de donner des chiffres précis. On estime cependant que sur les quelques 18.000 non voyants dont l’âge est compris entre 18 et 60 ans, seulement 7.000 ont une activité professionnelle. Pour les déficients visuels, le taux de chômage est donc bien supérieur aux 17% constatés pour l’ensemble des personnes handicapées.

Parmi les professions les plus répandues, figurent les masseurs-kinésithérapeutes (1500), les standardistes (1200 postes) et les employés de bureau (1300 postes). Viennent ensuite les enseignants, le secteur informatique et le secteur associatif (respectivement 200 postes). Le secteur protégé reste important (800 postes). En revanche, les professions d’avocats/juges/juristes ne recensent que 50 postes dans toute la France1.

Plusieurs facteurs expliquent ce nombre très élevé d’inactifs :

- La complexité de la procédure pour l’obtention des « aides au poste » liées à la lourdeur du handicap et la modification du mode de calcul des « unités bénéficiaires » pour l’emploi obligatoire des travailleurs handicapés, ne sont pas favorables aux travailleurs porteurs d’un handicap grave parmi lesquels les déficients visuels. Les employeurs, partenaires sociaux, médecins du travail, associations représentatives des personnes handicapées ont unanimement réclamé une simplification lors de la préparation de la Conférence du Handicap de juin 2008.

- Le faible renouvellement de postes attribués aux déficients visuels : ainsi, deux enseignants non voyants de l’Académie de Toulouse ont eu le plus grand mal à faire accepter par l’Education Nationale le renouvellement du contrat de leur assistant, avec lequel ils travaillaient pourtant depuis plusieurs années. Au Ministère de l’Alimentation, aucun déficient visuel n’a été embauché en Centrale depuis 1991. Lorsqu’ils partent à la retraite, les standardistes déficients visuels ne sont presque jamais remplacés, alors que les postes adaptés existent et que l’adaptation a coûté fort cher. Au Ministère des Finances, la promotion professionnelle est très difficile pour les déficients visuels : pas de sujets en braille lors des concours, absence d’aide à la formation.

- Le manque de formations professionnelles accessibles : les très longs délais pour obtenir l’agrément de nouvelles formations, même expérimentales, sont un frein aux initiatives nouvelles. Ainsi, on compte seulement 70 formations décrites dans l’ouvrage « Les aveugles au travail » paru aux éditions du « Cherche Midi » en 1999. Très souvent, la nécessaire polyvalence, une tâche qui nécessite l’usage de la vue, ferme l’accès à un métier. Les recherches conduites dans le monde entier n’ont pas permis d’ouvrir de nouveaux débouchés. Ce sont encore les professions traditionnelles qui restent les plus répandues.

Source : informations recueillies auprès des associations de professionnels qui les représentent

- La sous exploitation des ressources technologiques permettant l’adaptation du poste de travail : la perpétuelle évolution du matériel et des logiciels informatiques est vécue comme un défi pour les personnes déficientes visuelles : si elles leur permettent d’accéder en temps réel à une grande quantité d’informations, leur mode graphique reste encore peu répandu. Ainsi, trop souvent, les sites publics ou privés en « mode graphique » ne nous sont pas ouverts. C’est, par exemple, le cas du site « Pôle emploi » ou de ceux de nombreuses banques ou commerces. Pourtant de réelles avancées ont eu lieu dans ce domaine à l’initiative de travaux portés par les associations : synthèses vocales, clavier en braille, format daisy…

- Enfin, les difficultés d’accès aux transports collectifs, surtout en zones rurales, le manque d’information des employeurs, l’inexistence d’une réelle coordination pour centraliser les demandes d’emploi émanant de déficients visuels et le défaut d’accompagnement dans l’emploi constituent souvent des barrières infranchissables pour une population minoritaire parmi les travailleurs handicapés.

Le CNPSAA souhaite que les réformes annoncées de l’AAH incitent fortement ceux qui le peuvent à travailler, en autorisant, dans des limites et pour un temps raisonnables, un certain cumul avec les revenus du travail. Parallèlement, les personnes handicapées reconnues dans l’impossibilité de se procurer un emploi doivent pouvoir disposer d’un revenu décent, au-dessus du seuil de pauvreté.

4) LES MAISONS DU HANDICAP FINANCIEREMENT ETRANGLEE PAR L’ETAT LEMONDE.FR du 09.11.09

L’Etat doit 34,3 millions d’euros aux Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH). C’est la conclusion de l’enquête sur les financements de l’état mené par l’Association des directeurs de MDPH rendu le 16 octobre dernier. A l’origine de cette dette qui menace la pérennité des services aux personnes handicapées, des non-compensations de postes. Résultat : l’Etat a été mis en demeure de paiement avant fin novembre, selon Le Parisien du 9 novembre. « En cas de non versement, les structures de Paris et Seine-et-Marne déposeront un recours contre lui auprès du tribunal administratif », écrit le quotidien.

Créées le 1er janvier 2006 et placées sous l’égide des Conseils Généraux, ces Maisons du handicap ont été constituées dans chaque département pour servir de « guichet unique » auprès duquel les personnes handicapées peuvent faire valoir leurs droits. L’accord initial « engage l’Etat à prendre en charge les personnels des MDPH. Les fonctionnaires ont par ailleurs une possibilité de retour dans leur administration d’origine, l’Etat doit alors verser une compensation permettant l’embauche d’un remplaçant », explique Christine Dupré, directrice de la MDPH de Seine-et-Marne et membre de l’Association des directeurs de MDPH de France. « Dans les faits, nous cumulons des postes vacants depuis le début de la mise en place de ce système. Des postes que nous tentons d’assurer afin de mener à bien nos missions. Nous faisons intervenir des vacataires alors que les versements de compensation ne correspondent pas aux montants prévus », note-t-elle.

INÉGALITÉS ENTRE DÉPARTEMENTS

Cette alerte n’est pas la première. Déjà, dans un rapport publié le 24 juin, les sénateurs Paul Blanc (UMP) et Annie Jarraud-Vergnolle (PS) mettaient en cause les dysfonctionnements du dispositif. Côté finances, les parlementaires soulignaient la « grande disparité des situations entre les départements » avec une part de l’Etat qui peut varier de 12 % à 67 %, amenant les Conseils Généraux à compenser le manque financier. Cela pose « a question de l’équité de traitement sur tout le territoire » selon M. Blanc. On remarque que la dette de l’Etat vis-à-vis de Paris se monte à plus de 1,2 million d’euros. La situation est encore plus difficile en Seine-Saint-Denis, où le montant atteint 1,8 million d’euros selon l’Association des directeurs de MDPH. D’autres départements ne semblent pas touchés : le montant dû par l’Etat au département des Hauts-de-Seine est ainsi de 0 euro. « A Paris, le département devrait budgéter 100 000 euros de subventions pour 2010 » indique Véronique Dubarry, adjointe au Maire de Paris chargée des personnes en situation de handicap et présidente de la MDPH de la capitale. Cette somme ne couvre pas le montant dû par l’Etat. Tous les départements français ne sont en outre pas en mesure de provisionner un tel montant. « Certains Conseils Généraux ont atteint leurs limites dans leur capacité à nous aider », s’inquiète Christine Dupré.

BESOIN D’UN INVESTISSEMENT LOCAL ET DE MOYENS

Parallèlement à la publication de son rapport, l’Association des directeurs de MDPH a proposé au Ministère du Travail et de la Solidarité un plan en dix recommandations pour résoudre la question du financement des Maisons du handicap. « Nous n’avons aujourd’hui reçu aucune réponse », s’inquiète Chrsitine Dupré.

Le 4 novembre, le Ministre Xavier Darcos et Nadine Morano, sa Secrétaire d’Etat chargée de la Famille et de la Solidarité, ont présenté en Conseil des Ministres un décret créant le Comité Interministériel du Handicap chargé « de tenir les engagements pris par le président de la République lors de la Conférence Nationale du Handicap et de concrétiser les objectifs de la loi du 11 février 2005 d’assurer la pleine citoyenneté aux personnes en situation de handicap ». « Un objectif qui passe par un investissement local et des moyens », rappelle, désabusée, Véronique Dubarry, présidente de la MDPH de Paris. Sollicitée par le Monde.fr, Nadine Morano n’a pas répondu.

Eric Nunès

5) DOSSIER VOTE ACCESSIBLE AUX AVEUGLES ET AUX MALVOYANTS EN EUROPE

Quelles sont les procédures mises en place dans les pays européens pour rendre le vote accessible aux citoyens aveugles ou malvoyants ? Ces procédures sont-elles les mêmes partout et comment peut-on les améliorer ? Autant de questions cruciales qui trouvent des éléments de réponse dans l’enquête réalisée pour le compte de l’UEA par la ONCE (Association Nationale des Aveugles d’Espagne), dont nous reproduisons les résultats ci-dessous.

Il ressort de cet état des lieux européen que le vote par correspondance, par procuration et la pratique dite du « tiers digne de confiance » sont les modalités le plus couramment utilisées dans la plupart des 18 pays considérés. Il existe de surcroît des mesures plus spécifiques ici ou là.

Enfin, l’enquête met en relief les améliorations intervenues dans plusieurs pays grâce à l’action et aux efforts des associations membres de l’UEA.

Autriche Les électeurs non ou malvoyants ont la possibilité de voter par correspondance, de se faire assister par une personne de leur choix ou de demander l’aide d’un agent électoral. Les bureaux de vote où ils sont inscrits sont équipés de guide-main à l’usage de ceux qui souhaitent voter en toute autonomie. Enfin, ils peuvent aussi voter à l’aide d’une « matrice » (voir le système allemand).

Belgique Le vote est obligatoire en Belgique mais il est impossible aux électeurs aveugles ou malvoyants d’accomplir leur devoir sans l’assistance de tiers, les bulletins n’étant disponibles ni en braille ni en gros caractères. Il est donc permis aux aveugles, sur présentation d’un certificat médical, de se faire assister par une personne de leur choix ou de voter par procuration. Le vote électronique a été introduit dans de nombreuses circonscriptions électorales mais il n’est pas accessible aux non et aux malvoyants, ces derniers ayant eux aussi et seulement dans ce cas la possibilité de se faire assister de tiers.

Le gouvernement belge projette d’étendre le vote électronique et a demandé aux fabricants de veiller à la mise en accessibilité des machines à voter. La Confédération Belge pour la Promotion des Aveugles et des Malvoyants participe activement à l’évaluation des prototypes.

Chypre Les électeurs aveugles peuvent voter avec l’aide d’un agent électoral ou d’une personne de leur choix. L’Association Panchypriote des Aveugles se charge de la préparation de « matrices » qui permettent aux électeurs de marquer eux-mêmes les bulletins de vote. Ce dispositif s’avère particulièrement utile dans le cas d’élections simples (nombre réduit de candidats ou de choix).

Danemark Les électeurs aveugles ou malvoyants ont communément recours à l’assistance de personnes de leur choix ou d’agents électoraux. Cependant, la législation danoise est en cours de révision et pourrait rendre l’intervention d’un agent électoral obligatoire pour s’assurer que le tiers vote bien conformément au choix de la personne qu’il assiste. Cette nouvelle modalité n’est pas pour satisfaire l’Association des Aveugles du Danemark qui la juge plus compliquée et moins confidentielle que la procédure actuelle.

Estonie Tous les électeurs handicapés, quel que soit leur handicap, sont autorisés à se faire assister d’une personne de leur choix, pourvu que cette dernière ne soit pas elle-même candidate aux élections. Les bulletins de vote ne sont disponibles ni en braille ni en gros caractères. Les aveugles et les malvoyants peuvent voter électroniquement s’ils disposent du logiciel de revue d’écran adéquat. Ils doivent également être munis, comme tous les votants, d’un petit appareil qui leur tient lieu de carte d’électeur. Toutefois, les équipements requis et leur maîtrise limitent considérablement le nombre de ceux qui peuvent utiliser le vote électronique en toute autonomie.

Finlande Les bulletins de vote ne sont disponibles ni en braille ni en gros caractères. Les électeurs aveugles ou malvoyants peuvent se faire assister d’une personne de leur choix, demander l’aide d’un agent électoral (des agents électoraux sont disponibles dans tous les bureaux de vote), ou recourir au vote anticipé à domicile (sur production d’une attestation de la qualité de personne handicapée).

France Les scrutins de listes ont rarement cours en France. Pour voter, les électeurs n’ont pas de cases à cocher ; ils placent le bulletin de leur choix dans une enveloppe qu’ils glissent ensuite dans l’urne. Il n’existe pas de mesures spécifiques pour les déficients visuels, même si des efforts sont consentis ici ou là pour leur faciliter la tâche. Par exemple, il arrive parfois que les piles de bulletins disposées sur les présentoirs soient identifiées par des étiquettes en braille indiquant le nom du candidat correspondant. En revanche, des mesures sont prévues pour que le vote électronique qui fait son apparition dans le paysage électoral français soit accessible aux électeurs handicapés.

Allemagne Le vote est devenu plus accessible aux déficients visuels depuis 2003 grâce aux campagnes menées par la DBSV (Fédération des Aveugles et Malvoyants d’Allemagne). Pour voter, ils peuvent désormais utiliser une « matrice », sorte de pochoir dont les parties pleines sont marquées en gros caractères et en braille. Le mode d’emploi de ce petit dispositif est disponible sur des supports adaptés. Les électeurs ont aussi la possibilité de recourir à une tierce personne de leur choix s’ils le souhaitent.

La DBSV a été étroitement associée à la mise au point des matrices et continue de promouvoir leur utilisation puisqu’elles sont distribuées à tous les non et malvoyants avant chaque élection par ses associations régionales. Plusieurs imprimeries sont mises à contribution pour produire les matrices et les informations en braille.

Une étude réalisée après l’élection européenne de 2004 pour évaluer l’utilisation des matrices a donné de bons résultats.

Irlande Les bulletins de vote ne sont marqués ni en braille ni en gros caractères. Les électeurs non ou malvoyants ont le choix entre les quatre options suivantes :
- Demander par écrit l’autorisation de voter ailleurs que dans son bureau de rattachement si ce dernier n’est pas accessible.
- Être assisté d’une personne de son choix ou par le président du bureau de vote.
- Voter par correspondance.
- Voter depuis un hôpital, une résidence médicalisée ou une institution similaire, s’ils y vivent en permanence.

La loi irlandaise établit avec précision quels électeurs peuvent être assistés, comment et par qui. Pour assister un électeur non ou malvoyant, il faut être âgé de plus de 16 ans, ne pas être candidat ou agent d’un candidat, ne pas assister plus de deux électeurs à une même élection.

Si un électeur aveugle ou malvoyant demande l’aide du président du bureau de vote, ce dernier doit se faire assister d’un agent électoral qui s’assurera de la conformité du vote au choix de l’électeur. Le président peut, s’il le juge nécessaire, faire procéder à l’évacuation du bureau de vote pour protéger la confidentialité du vote d’un électeur handicapé visuel.

Italie Tous les handicapés ont la possibilité, sur présentation d’un certificat médical, de se faire assister par une personne de leur choix pour voter, à condition que cette dernière soit dûment inscrite sur les listes électorales. On peut néanmoins éviter d’avoir à attester du handicap à chaque nouvelle élection en demandant à l’administration de faire figurer sur la carte d’électeur une mention spéciale à cet effet.

Lituanie Les bulletins de vote ne sont marqués ni en braille ni en gros caractères. En revanche, les informations relatives aux élections sont diffusées sur des supports accessibles dont la production est généralement confiée à l’Union des Aveugles de Lituanie. Pour ce qui est du vote proprement dit, la seule adaptation dont bénéficie l’électeur lithuanien non ou malvoyant est le recours à l’assistance d’une personne de son choix.

Malte La nouvelle loi électorale vient d’introduire le système de « matrice » qui permet aux électeurs non ou malvoyants de voter en toute autonomie. La matrice indique en braille les noms des candidats et de leurs partis politiques, ceux-ci étant aisément repérables grâce à des lignes en relief. Chaque nom est suivi de deux cases pour permettre à l’électeur, et ce conformément au système électoral, d’exprimer différents niveaux de préférence pour un même candidat.

Ceux qui le souhaitent gardent la possibilité de demander l’assistance d’un agent électoral. Les isoloirs sont équipés de systèmes d’audiodescription pour ceux qui ne lisent pas le braille.

La Société des Aveugles de Malte n’est pas satisfaite de ce nouveau système dans la mesure où il ne répond pas aux besoins de la majorité des électeurs aveugles ou malvoyants. Elle continue de faire pression pour que l’électeur non ou malvoyant ait aussi la possibilité de se faire assister d’une personne de son choix mais les deux partis politiques du pays restent opposés à cette option.

Pays-Bas Les Pays-Bas connaissent actuellement des changements importants dans leurs procédures électorales. Jusqu’à il y a quelques années, les électeurs votaient à l’aide de machines dont un grand nombre étaient accessibles aux électeurs non ou malvoyants. En effet, l’un des deux fabricants agréés par l’État avait été retenu pour son produit intégrant des supports braille et audio. Cependant, des problèmes de sécurité et de confidentialité se sont fait jour au bout de quelques années, d’où le décret ministériel suspendant l’utilisation de ces machines jusqu’à la mise au point d’une technologie plus performante et plus sure.

Cela s’est traduit par un retour au crayon et aux bulletins de vote, et donc par un recul pour l’électeur non ou malvoyant. Le gouvernement planche actuellement sur de nouvelles procédures et consulte régulièrement Viziris et le Conseil Néerlandais du Handicap.

Un projet pilote d’envergure national et financé par des fonds publics a été lancé en prévision des élections européennes de cette année. Il prévoit la mise en place d’un serveur téléphonique sur lequel l’électeur non ou malvoyant peut écouter toutes les informations électorales diffusées au public (les partis en lice et leurs candidats, par exemple). Ces mêmes informations peuvent être expédiées en braille ou en gros caractères à ceux qui en font la demande, leur permettant ainsi de se documenter et d’arrêter leur choix en pleine connaissance des données électorales. Mais ces mesures ne concernent que la préparation du vote, aucune disposition n’étant encore prévue pour la mise en accessibilité de la procédure de vote proprement dite. Le projet pilote est en cours d’évaluation par Viziris et les services de l’État.

Un site Internet accessible sur les élections européennes, incorporant l’option « Read Speaker » (lecture vocale) a été mis en place. Notons aussi que la plupart des partis politiques néerlandais diffusent gratuitement leur programme sur des formats accessibles à ceux qui en font la demande. Les prochaines élections seront locales et se joueront en 2011. Viziris est sur la brèche et s’assurera que des mesures d’accessibilité concrètes seront mises en oeuvre d’ici là.

Pologne La Pologne elle aussi est en pleine refonte de sa loi électorale. Actuellement, l’électeur non ou malvoyant peut se faire assister de la personne de son choix puisque les bulletins de vote ne sont marqués ni en braille ni en gros caractères.

Dans le prolongement des travaux menés en vue d’une réforme des élections européennes, le Parlement polonais a fait, en février 2009, un certain nombre de recommandations, dont l’extension des élections à deux jours et l’introduction du vote par procuration pour les électeurs âgés ou handicapés.

Le Conseil National des Handicapés (CNH), dont l’Association des Aveugles de Pologne (AAP) est un membre actif, a lancé un appel au Président de la République pour que ces recommandations soient mises en oeuvre. L’appel du CNH a été relayé par Gazeta Wyborcza, le deuxième quotidien et l’un des organes de presse les plus influents du pays. Cependant, le Président s’est refusé à les entériner, préférant les soumettre au Conseil Constitutionnel. Il craint en effet que ces amendements à la loi électorale polonaise soient contraires aux dispositions de la Constitution sur le caractère confidentiel du vote.

En avril dernier, la Présidente de l’AAP et d’autres dirigeants d’associations de handicapés ont rencontré l’Ombudsman polonais. Plusieurs mesures d’accessibilité ont été présentées et discutées à cette occasion. Par ailleurs, la Commission Électorale Nationale a relevé les besoins spécifiques des électeurs non ou malvoyants et reconnu la nécessité de mettre en oeuvre des mesures pour y répondre au plus vite.

L’AAP se mobilise pour que les options suivantes soient retenues :
- urnes itinérantes, - vote électronique,
- vote par correspondance,
- vote par procuration. L’AAP envisage aussi de produire des bulletins de vote marqués en gros caractères et en braille pour les prochaines élections. Slovaquie Les bulletins de vote ne sont marqués ni en braille ni en gros caractères mais l’électeur non ou malvoyant peut avoir recours aux trois aménagements suivants :
- se faire assister d’un autre électeur pour remplir le bulletin de vote, à condition que ce dernier ne soit membre d’aucun comité électoral ; - donner procuration à un autre électeur, ce dernier ne pouvant être associé en aucune façon au comité électoral de district ;
- demander au comité électoral de district le recours à une urne itinérante si l’on est dans l’incapacité de se déplacer au bureau de vote. Espagne

Le système électoral espagnol connaît des changements en profondeur. Auparavant, les électeurs non ou malvoyants votaient par correspondance ou avaient recours à l’assistance d’une personne de leur choix. Est venu se greffer sur ces deux options - qui ont toujours cours – un nouveau système résultant de l’adoption en 2007 d’un amendement à la loi électorale du pays.

Lobbying et propositions de solutions concrètes ont été les véritables catalyseurs de ce processus de changement. La ONCE et le Conseil National du Handicap (CERMI) se mobilisent depuis longtemps en faveur d’une plus grande accessibilité des procédures de vote. Un groupe de travail conjoint a été mis en place en 2004 avec la participation de représentants de la société civile et des administrations concernées pour dresser un état des lieux international de l’accessibilité des procédures de vote et faire des recommandations. Des mesures d’accessibilité, premiers fruits de cette démarche, ont été mises en oeuvre à l’occasion des élections législatives de 2008. Il s’agissait de renouveler la Chambre des Députés et le Sénat ainsi que les conseils régionaux et locaux, ces différentes élections faisant intervenir différents modes de scrutin (scrutins de liste ouverts ou fermés). Pour cette première échéance électorale, les mesures d’accessibilité n’ont porté que sur les bulletins de vote. Faute de temps et de moyens, le vote électronique et le vote par correspondance seront abordés ultérieurement. Deux systèmes ont été recommandés par le groupe de travail conjoint.
- Le vote en braille, d’origine suédoise, a été mis en oeuvre pour les élections à la Chambre des Députés et aux conseils régionaux. Ce système consiste à glisser l’enveloppe contenant le bulletin dans une enveloppe plus grande sur laquelle est marqué le nom du parti en braille. Il fonctionne bien et est préférable au marquage en braille des bulletins eux-mêmes, ce dernier procédé pouvant compromettre l’anonymat de l’électeur non ou malvoyant.
- Le système allemand a été utilisé pour les élections sénatoriales. Les électeurs déficients visuels ont utilisé des « matrices » en braille disponibles dans les bureaux de vote. Celles-ci indiquent le nom des candidats. Pour voter, il faut la placer sur le bulletin de vote. Le groupe de travail a considéré qu’il s’agit de la meilleure des options actuellement disponible étant donné la spécificité du mode de scrutin utilisé pour les sénatoriales (désignation d’un nombre donné de candidats issus des nombreuses listes en compétition). Pour bénéficier de ces nouvelles modalités de vote, il faut être membre de la ONCE ou être dûment enregistré comme personne aveugle ; et s’inscrire sur un serveur vocal (numéro vert) du Ministère de l’Intérieur au moins un mois avant la date des élections. Les données relatives aux électeurs ainsi inscrits sont ensuite transmises aux bureaux de vote dont ils relèvent de sorte que, le jour des élections, les matériels en braille leur soient remis sur simple présentation de leur pièce d’identité. Les informations électorales ont été diffusées, dès la date de publication des noms des candidats et jusqu’au jour des élections, à travers ce même serveur téléphonique et sur le site Internet accessible du Ministère. Le jour des élections, les personnes non ou malvoyantes ont pu bénéficier de salles ou d’espaces dédiés pour remplir leurs bulletins dans les meilleures conditions. Des problèmes ont été observés et devront être corrigés d’ici les prochaines échéances électorales. Il est arrivé par exemple que des électeurs utilisent mal la matrice et apportent leurs voix aux adversaires de leurs candidats. Le système suédois (bulletin et enveloppe standard contenus dans une enveloppe plus grande marquée en braille) a été utilisé pour les élections européennes de cette année. Suède Pour chaque parti politique en lice, l’électeur non ou malvoyant suédois reçoit une grande enveloppe marquée en braille et en gros caractères, elle-même contenant le bulletin de vote standard et son enveloppe. Ce système lui permet de voter comme tout le monde et en toute autonomie. Par ailleurs, les personnes qui en font la demande peuvent être transportées jusqu’aux bureaux de vote et raccompagnées chez elles. Pour l’Association des Aveugles et Malvoyants de Suède, l’inconvénient de ce système est qu’il ne permet pas de voter pour un candidat spécifique d’une liste électorale sans se faire aider d’une autre personne. Royaume Uni Les électeurs non ou malvoyants britanniques peuvent se faire assister d’une personne de leur choix ou voter par procuration. La loi dite de représentation de 2000 est venue compléter ce dispositif. Ainsi, le règlement de 2001 prévoit l’introduction d’une aide tactile à l’usage des aveugles et des malvoyants. Une directive du gouvernement fixe à 16 la taille minimale des caractères sur les bulletins de vote grand format. Lors des élections parlementaires de 2001, les agents électoraux ont fait état d’une utilisation marginale de l’aide tactile, mais les personnes qui l’ont utilisée se sont déclarées ravies de pouvoir voter de façon autonome.

6) ETUDE SUR L’ACCESSIBILITE DU METRO

La Commission Accessibilité du CNPSAA a mis en ligne sur son site une étude sur l’accessibilité du métro. Vous la trouverez à l’adresse suivante :

http://www.cnpsaa.fr/accessibilite/...

Mathieu Rechignac en est l’auteur. Qu’il en soit ici remercié ainsi que chacun d’entre vous pour votre participation à cette étude.

7) REMISE DES PRIX HANDI-LIVRES 2008/2009

Le 15 octobre 2009 au Pavillon Kléber

Monsieur Robert Hossein, Président du Jury, a remis le prix du meilleur roman à une représentante de l’éditeur Actes Sud pour « La Grande Eclaire » de Virginie Langlois. Il a salué cet hommage, mérité, rendu à ces livres et à ceux qui les écrivent. Il a, par ailleurs, souligné l’importance d’une telle manifestation pour l’intégration de chacun dans la société.

La remise d’une mention spéciale du jury dans la catégorie jeunesse a été un moment particulièrement émouvant lors de cette soirée. Quand Monsieur Jean Barucq, Président de la Mutuelle Intégrance, a annoncé que le livre « Les trois amis » de l’Association Valentin Haüy avait été remarqué par le jury, des cris de joie ont résonné dans la salle. En effet, tous les jeunes de l’IMpro de Chilly-Mazarin, illustrateurs et auteurs de ce livre, étaient présents et ont pu s’exprimer afin de partager cet instant de bonheur. Un moment d’émotion qui restera dans le coeur de chacun !

Enfin, Monsieur Patrick Gohet, Délégué Interministériel aux Personnes Handicapées, a remis le Coup de Coeur Intégrance à Pascal Duquenne et sa maman pour le livre « Avant, pendant et après le Huitième Jour » édité par France Europe Editions. Un autre moment fort de la soirée où Pascal Duquenne a remercié tout le monde pour ce prix. Sa maman dite « Mamy Cacahuète » a fait part de sa joie d’avoir un fils aussi extraordinaire qui a donné un sens à sa vie. Cette femme attachante, qui ne manque pas d’humour, a fait une déclaration charmante à Monsieur Robert Hossein en lui avouant avoir été amoureuse de lui il y a quelques années à l’époque d’Angélique marquise des anges.

Au total, ce sont 8 prix qui ont été décernés, dont la mention spéciale dans la catégorie jeunesse, le coup de Coeur Intégrance et un prix spécial du jury.

Les lauréats 2008/2009

Meilleur Roman : La Grande éclaire - Virginie LANGLOIS – Editions Actes Sud

Meilleure Biographie : Enfance gommée - Chantal Bruno - Editions Desclee De Bruwer

Meilleur Guide : Vivre avec le handicap au quotidien - Bernadette SOULIER - Editions Interédition-DUNOD

Meilleur Livre Lu : J’arrive où je suis étranger - Jacques SEMELIN, lu par Pascal PARSAT Adapté par l’Association Lire dans le noir - Editions du Seuil

Meilleur Livre Jeunesse : Le Lion de Léonie - Aude MAUREL - Editions d’Orbestier Mention Spéciale pour l’ouvrage Les trois meilleurs amis, réalisé par l’Association Valentin Haüy, avec Assa, Aurélie, Faith, Rabah, Brahim et Yann

Coup de Cœur : Pascal Duquenne. Avant, pendant et après le huitième jour Mamy Cacahuète, dont les propos ont été recueillis par Gilbert SERRES France Europe éditions

Prix Spécial du Jury : « Handicaps et sexualités », le Livre blanc Collectif sous la direction de Marcel NUSS - Editions DUNOD, Action Sociale

8) 20 ANS DE L’AUDIOVISION…

MICMACS A TIRE-LARIGOT Réalisé par Jean-Pierre Jeunet Avec Dany Boon, André Dussolier, Nicolas Marié

Une mine qui explose au coeur du désert marocain et, des années plus tard, une balle perdue qui vient se loger dans son cerveau... Bazil n’a pas beaucoup de chance avec les armes. La première l’a rendu orphelin, la deuxième peut le faire mourir subitement à tout instant. A sa sortie de l’hôpital, Bazil se retrouve à la rue. Par chance, ce doux rêveur, à l’inspiration débordante, est recueilli par une bande de truculents chiffonniers aux aspirations et aux talents aussi divers qu’inattendus, vivant dans une véritable caverne d’Ali-Baba : Remington, Calculette, Fracasse, Placard, la Môme Caoutchouc, Petit Pierre et Tambouille. Un jour, en passant devant deux bâtiments imposants, Bazil reconnaît le sigle des deux fabricants d’armes qui ont causé ses malheurs. Aidé par sa bande d’hurluberlus, il décide de se venger. Seuls contre tous, petits malins contre grands industriels cyniques, nos chiffonniers rejouent, avec une imagination et une fantaisie dignes de Bibi Fricotin et de Buster Keaton, le combat de David et Goliath...

LE 24 NOVEMBRE 2009 A 11 H CINEMA L’ARLEQUIN 76 rue de Rennes – 75006 PARIS Métro : St Sulpice

ENTREE GRATUITE

RESERVATION OBLIGATOIRE Contacter : Marie-Christine LIMA ou Valérie CONNUEL Au 01-44-49-27-27 poste 2310 Invitation par courrier ou à retirer à l’accueil de l’AVH

MARY REILLY Réalisé par Stephen Frears Avec Julia Roberts, John Malkovich, Glenn Close

La jeune Mary Reilly, rescapée d’une enfance terrible, est aujourd’hui servante dans une respectable demeure victorienne. Le maître de maison, le docteur Jekyll, est impressionné par les qualités humaines de la jeune femme. Touché par sa loyauté, il lui accorde peu à peu sa confiance. Le comportement parfois un peu étrange du docteur n’échappe pas à Mary. L’arrivée d’un mystérieux assistant, M. Hyde, ne fait que perturber la relation privilégiée entre Mary et son maître.

LE 02 DECEMBRE 2009 Deux séances 14 H 30 ET 19 H

A.V.H. Auditorium 5 rue Duroc – 75007 PARIS Métro : Duroc

ENTREE GRATUITE

SANS RESERVATION

9) IDEE DE CADEAU : L’AUITRE BEAUTE DU MONDE

Pour couronner l’année du bicentenaire, lisez et offrez le recueil des vingt témoignages ou récits d’imagination sélectionnés par le jury du concours Dire le non-visuel, qui est disponible depuis mi novembre sous le titre « L’Autre beauté du monde » et sous cinq formats : braille papier (17 Euros), gros caractères (20 Euros) ou édition ordinaire (15 Euros), commandes à adresser à la FAF, 58 avenue Bosquet, 75007 Paris ; CD Daisy, 5 €, commandes à adresser au GIAA, 5 avenue Daniel Lesueur, 75007 Paris ; fichier numérique, www.serveur-helene.org.

Dossier de presse

L’autre beauté du monde Editions de La Loupe

Titre : L’autre beauté du monde Genre littéraire : Recueil de nouvelles Editeur : éditions de La Loupe Sortie en librairie : 15 novembre 2009 Nombre de pages et prix : 220 p 20 euros Frais de port : gratuits sur www.editionsdelaloupe.com Cinq versions sur www.editionsdelaloupe.com
- édition en grands caractères
- édition en braille intégral
- édition en version audio
- édition en version numérique sécurisée
- édition en version ordinaire

200 ans après la naissance de Louis Braille

Un recueil de nouvelles ouvre un espace de dialogue entre voyants et non-voyants

Comment connaissons-nous le monde et sentons-nous la vie autrement que par la vue ? Que savons-nous de la ville ou de la nature par la succession de leurs bruits, de leurs senteurs et de leur contact ? Quelles sont les sensations communes aux voyants et non-voyants ? Comment dire le non-visuel ?

Toutes les sensations non-visuelles créent un univers commun aux aveugles, aux malvoyants et à ceux qui ont toutes leurs facultés visuelles.

A l’occasion du bicentenaire de la naissance de Louis Braille, un défi est lancé par le Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes : proposer un recueil de nouvelles qui entre dans cet univers commun.

Louis Braille a créé une écriture qui permettait aux non-voyants de lire et ainsi sortir de leur isolement. Aujourd’hui les éditions La Loupe proposent d’aller plus loin… il s’agit d’entrer dans un dialogue.

Le dialogue des sens, le dialogue entre non-voyants et voyants.

« L’autre beauté du monde » est un recueil de nouvelles au style littéraire reconnu. Le fil conducteur de toutes ses nouvelles est créé par toutes les sensations non visuelles. On rencontre dans ces 20 récits, des personnages privés de vue, d’autres provisoirement aveuglés, d’autres encore délibérément attentifs à toutes les informations, tous les plaisirs et tous les désagréments que procurent leurs sens… Les auteurs de ces nouvelles sont eux aussi aveugles, malvoyants ou sensibilisés à la cécité.

« Pour la première fois, un ouvrage littéraire sera disponible pour tous » affirme Alban du Cosquer, directeur des éditions de La Loupe. Il sortira au même moment pour :
- les voyants (impression ordinaire),
- les malvoyants (impression en gros caractères),
- les aveugles (impression en braille, enregistrement de supports audio et format numérique sécurisé).

« L’autre beauté du monde » est le fruit d’un concours d’écriture « Dire le non-visuel », achevé en juin 2009. Les 20 nouvelles primées par le concours, invitent à découvrir tous nos sens, comme une fenêtre ouverte sur un univers commun à tous. La sélection a été réalisée par un jury représentatif des personnes aveugles dès leur jeune âge, des personnes ayant connu des problèmes visuels à l’âge adulte et des voyants.

« Dire le non-visuel » Vingt nouvelles pleines de sens

« Il y a là un véritable enjeu pour les enseignants et les rééducateurs d’enfants aveugles ou malvoyants. Les aveugles parlent très peu de leurs sensations, et souvent avec une extrême réserve. » Bertrand Verine

« Dire le non-visuel » 135 réponses à l’appel à concours « Dire le non-visuel » en provenance de France, de Suisse, de Belgique et du Canada, du Maroc, du Congo, du Kenya, d’Iran et d’Équateur. Les nouvelles primées sont publiées dans « L’autre beauté du monde ».

Un jury de sélection représentatif : Présidente du jury : Audrey Pulvar, Journaliste i-Télé Les voyants représentés par : Sophie Saint-Marc, Syndicat de la Librairie Française. Carl Havelange, Historien de la culture - Université de Liège. Les aveugles précoces représentés par : Anne Chotin, Professeur de lettres. Sophie Massieu, Journaliste. Bertrand Verine, Linguiste - Université de Montpellier. Les déficients visuels tardifs représentés par : Danielle Montet, Philosophe - Université de Toulouse, Jean-Paul Guerlain, parfumeur.

BERTRAND VERINE Bertrand Verine, aveugle de naissance, a pris en charge la direction littéraire du recueil « L’autre beauté du monde ». Ce professeur de linguistique a lancé un appel à concours d’écriture « Dire le non-visuel », et constitué un jury. Bertrand Verine est par ailleurs Administrateur du Comité International pour la commémoration du bicentenaire de la Naissance de Louis Braille.

Comment est née cette aventure ? L’idée m’est venue en février 2007, alors que je rédigeais un article sur le droit au toucher dans les musées, pour faciliter l’accès à l’art par les aveugles. Je me suis rendu compte à quel point les aveugles parlent très peu de leurs sensations, et souvent avec une extrême réserve. On parle du toucher pour l’ostéopathie, de l’ouïe pour la musique, du goût pour la gastronomie et de l’odeur dans les publicités. En dehors de ces domaines, les personnes voyantes parlent peu de leurs sensations. Les aveugles s’adaptent à ce discours ambiant et atrophient leurs descriptions. Ce recueil de nouvelles enrichit les voyants comme les non-voyants, il peut contribuer à changer les mentalités.

Avez-vous été surpris par les récits que vous avez reçus ? Je m’attendais à plus de retour de la part de personnes aveugles. Sur 135 auteurs, 23% d’entre eux sont aveugles ou malvoyants. J’ai été surpris par la grande qualité littéraire de ces récits, surtout dans la catégorie grand public. Le jury a été particulièrement attentif à l’originalité des textes où les perceptions sont transfigurées par le travail du langage et de l’imagination.

Que représente pour vous « L’autre beauté du monde » ? Pour moi c’est une grande fierté. J’ai été très touché par des courriers d’auteurs : « Quelqu’un a donc pensé pouvoir faire plancher des centaines de personnes sur le sujet qu’illustre ma vie. Je me sens moins seul à présent. Merci. » Les lecteurs vont redécouvrir leurs sens, mettre des mots sur leurs sensations… Qui plus est, cet ouvrage va être disponible pour voyants et non-voyants simultanément.

Ne pas voir Faire dialoguer les sensations

« Cependant, il a peu à peu su que ses sens, comme des portes dérobées qu’il faut redécouvrir, ouvraient sur la vie. » Entre deux mondes‐ Bruno Quellec « L’autre beauté du monde »

Extraits de nouvelles

« Les souvenirs les plus heureux sont ceux que l’on vit, pas ceux que l’on voit... » « Vous ne l’aviez pas encore remarqué ? Certes, la vue me fait défaut, mais pas la clairvoyance ! » La philosophie de l’oignon - Bastien Page

« Je suis désorientée, pas seulement du fait de ne pouvoir me localiser dans l’espace mais surtout, et j’avais sous-estimé ce déploiement des sensations, par l’intensité des sens. » Les yeux bandés - Agnès Renaut

« - Vos yeux ont l’air magique ! - Ils le sont, ils me permettent de voir l’inaperçu, l’invisible, tout ce qui est caché, dissimulé, au-delà des apparences et que l’on ne donne jamais à regarder ! Grâce à ces yeux, jeune enfant, je vois... je vois... les intentions ! » Monsieur Remart - Nathalie Fernandes

« J’ai tout de suite eu le sentiment qu’il ne s’agissait que de mon début dans le monde des ténèbres et la fin des beaux jours, des jours des lumières, des ciels bleus, des jardins fleuris et ce serait la fin aussi des chaleureux sourires de ma mère et des tendres regards de mon petit frère. » L’arc‐en‐ciel Rosa - Elena Martinez Santos

« L’extérieur m’attire. Le soleil m’attend. Je cligne des yeux. Je descends mes solaires sur mon nez. Il paraît qu’elles me donnent un air de guêpe. Peu me chaut ! J’ignore l’air qu’ont les guêpes. » Le râteau ‐ Cy Jung

« Une fois à l’extérieur, des vibrations me parviennent. Quelqu’un marche dans ma direction et je comprends que cette personne m’évite. Je sens un parfum l’accompagner : c’est un parfum fruité, que je qualifierai de viril. » Une experience ‐ Pauline Laborde

« Et puis j’ouvre les yeux. Toujours le même écran noir devant moi. Je ferme fort les yeux, toute la vie qui m’entoure réapparaît à chaque odeur perçue, chaque son entendu, chaque souffle ressenti. À l’intérieur de moi, il y a toute la vie, les fenêtres ne sont pas mes yeux. » Un dimanche a la campagne ‐ Pascale Le Besnerais

« Intensément, je recommencerai. Il me faudra inventer des paupières, pour adoucir la férocité de la transparence, l’incandescence d’un bruit libre dans le noir, et l’âcre caresse des danses de fragrances. » Solstice - Eve Allard

« Antoine écoutait toute cette agitation avec une sorte d’avidité. Il analysait la densité des sons. Il interprétait l’intensité des bruits qui montaient des ruelles en imaginant la foule qui augmentait au fur et à mesure qu’elle convergeait vers le cirque antique. Il décodait la rumeur qui s’amplifiait, qui changeait de ton comme un long souffle qui monte...Il humait l’air qui entrait, reniflant à petits coups attentifs. Il captait les fragrances emmêlées des baraques à bouffe – sucrées, salées, résinées et houblonnées –, des sueurs des músicos et les relents moins ragoûtants consécutifs aux excès... » A l’oreille ‐ Pascal Castillon

« Chaque émotion est pour moi comme une sensation, chaude ou froide, comme une invitation vers l’autre ou comme un répulsif, une distance... Les émotions épaississent les mots, les densifient ou au contraire, elles les vident de leurs sens... Elles créent de l’écho... Et plus la personne s’éloigne de ce qu’elle ressent, de ce qu’elle pense, de ce qu’elle est vraiment, et plus ses mots sonnent creux. » Monsieur Remart - Nathalie Fernandes

10) L’ESSENTIEL DU MONDE DES ADOS ACCESSIBLE A TOUS !

Depuis le 28 octobre 2009, Le Monde des ados est accessible aux jeunes aveugles et malvoyants, en partenariat avec les associations GIAA (Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes) et HandiCaPZéro, et avec le soutien de la Fondation Orange.

Plus de contrainte d’accès aux informations pour les 10-15 ans, vive l’autonomie pour tout savoir sur leurs sujets préférés !

Désormais, L’intégralité du magazine bimensuel s’écoute.

La question d’actu, Le dossier, C’est perso, À l’affiche, Découvertes, Les bons plans... disponibles sur CD.

Tous les 15 jours, un lecteur bénévole s’engage à lire Le Monde des ados. La version sonore réalisée est disponible sur abonnement sous la forme d’un CD qui est envoyé à l’abonné. Elle sera également disponible en téléchargement.

L’association GIAA propose aussi de former les lecteurs du Monde des ados qui souhaiteraient prêter leur voix pour lire et enregistrer la version sonore. giaa.org - Tél : 01.47.34.30.00.

Pour le numéro du 28 octobre où le dossier est consacré aux jeunes aveugles et malvoyants, l’accessibilité est renforcée.

L’ensemble du contenu de ce numéro est disponible en ligne sur handicapzero.org : le portail d’informations qui répond aux normes maximales d’accessibilité. Les contenus adaptés sont découpés comme dans la version magazine. On peut lire avec l’aide d’une plage braille par exemple, ou paramétrer son profil de lecture si on est malvoyant (choix multiples de la couleur du fond d’écran et taille et couleur des caractères).

Le dossier « aveugles : ils voient autrement » dans ce numéro est spécialement édité en braille. Pour se procurer ce dossier gratuitement, composer le numéro vert d’HandiCaPZéro : 0800.39.39.51 ou demander à recevoir l’édition adaptée sur handicapzero.org.

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