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Confédération Française pour
la Promotion Sociale
des Aveugles et Amblyopes

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Réunion du 28 Novembre 2013

COMPTE-RENDU DE LA RÉUNION DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA CONFÉDÉRATION FRANÇAISE POUR LA PROMOTION SOCIALE DES AVEUGLES ET AMBLYOPES (CFPSAA) DU 28 NOVEMBRE 2013.

Approuvé par le Conseil d’Administration du 13 Février 2014.

Le Conseil d’Administration de la CFPSAA s’est réuni le jeudi 28 novembre 2013 au siège de l’Association Voir Ensemble, 15, rue Mayet, 75006 à Paris.

Le Président ouvre la séance à 9h40, il accueille Mme Michèle Leplaë, nouvelle présidente de l’Association des Donneurs de Voix qui assiste pour la première fois à notre Conseil. Il propose que deux points soient ajoutés à l’ordre du jour qui a été envoyé à tous : Rétina France souhaite nous parler de son congrès de juin 2014, et le Centre de Recherche Théâtre Handicap (CRTH) qui envisage de nous rejoindre, viendra présenter le concept de « souffleur d’image » qui vient en complément de l’audio description. Enfin, Philippe Chazal remercie Fernando Pinto da Silva qui est présent aujourd’hui pour compléter les informations sur Daisy qui nous ont été données lors du dernier Conseil par Yannick Lequeux. Le Conseil accepte cet ordre du jour.

Le Président salue encore la décision du Conseil d’Administration de Voir Ensemble qui a tout récemment accepté de rejoindre l’Union Francophone des Aveugles, il ne doute pas que cela ait un impact très positif sur nos actions et souhaite une meilleure coordination entre les différentes associations françaises membres de l’UFA.

Anne-Marie Chazal procède à l’appel et constate ainsi que sont présents ou représentés les membres suivants :

Philippe CHAZAL – Président – 1 voix Vincent MICHEL – Secrétaire Général – 1 voix Jean-Pierre GANTET – Administrateur honoraire

Michèle LEPLAË – Association des Donneurs de Voix – 1 voix Suzanne PAUL-MERLE – ARAMAV – 1 voix Yannick RAULT – APEDV – 1 voix Hamou BOUAKKAZ – Association Paul GUINOT – 1 voix Olivier PARADIS – Braille et Culture – 1 voix Thierry JAMMES – FAF – 8 voix Paul CHARLES – FFAC – 8 voix Martine HAAGE – Fondation La Cause – 1 voix Marie-Renée HECTOR – GIAA – 4 voix Olga FAURE-OLORY – Handicapzero – 8 voix François CONDELLO – Les Auxiliaires des Aveugles – 1 voix Francis PEREZ – Les Doigts qui Rêvent – 2 voix Eric MOSER – RETINA France – 2 voix Edouard FERRERO – SPS – 1 voix Pierre TRICOT – UAG – 2 voix Michel GOUBAN – UNAKAM – 1 voix François LANIER – Voir Ensemble – 4 voix Excusés : Alain DELAPLACE – trésorier Danièle REFUVEILLE - Association des Aveugles et Malvoyants de la Manche – donne pouvoir à Philippe CHAZAL – 1 voix Bernadette PILLOY – ANMCGA – donne pouvoir à Paul CHARLES – 4 voix Chantal MOREL- MERY – AVJADV – donne pouvoir à Olga FAURE OLORY – 1 voix Dominique BURGER – BRAILLENET – donne pouvoir à Francis PEREZ – 1 voix

Absents : Valérie TAGGIASCO – ANPSA – 1 voix Olivier DOUIN – APAM – 1 voix Claude LACOUR – Baisser les Barrières – 1 voix

56 voix sur 60 pouvant valablement s’exprimer le quorum est atteint et nous pouvons donc débuter nos travaux.

I - APPROBATION DU COMPTE RENDU DE LA REUNION DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DU 19 SEPTEMBRE 2013.

Le projet de compte rendu a été adressé à chacun, la seule modification qui y a été apportée concerne le fait que Mme Haage était bien excusée et non absente comme indiqué par erreur. Les membres présents confirment avoir lu attentivement le projet de compte rendu mais n’avoir aucune remarque à formuler, il est donc mis au vote :
-  Abstention : aucune ;
-  Vote contre : aucun ; Le compte rendu de la réunion du Conseil d’Administration du 19 septembre est donc approuvé à l’unanimité sans modification, il sera en l’état mis sur le site de la CFPSAA. Le Président propose de remettre après chaque compte rendu un bref « relevé de décisions » ce qui permettra de mieux suivre l’application de celles-ci d’un Conseil au suivant. Le Conseil en est d’accord.

II - INFORMATIONS SUR LA SUITE DU COMITE INTERMINISTERIEL DU HANDICAP (CIH) DU 25 SEPTEMBRE DERNIER.

Philippe Chazal estime que ce CIH a vraiment permis de mettre en valeur le rôle de la CFPSAA qui est de parler d’une seule voix aux Pouvoirs Publics, au nom des déficients visuels, et d’être reconnus comme leur représentant. A l’issue du CIH, les membres de la section permanente du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées (CNCPH) dont la CFPSAA, ont été reçus pendant près de deux heures par le Premier Ministre à l’Hôtel de Matignon. Depuis lors, Marie Arlette Carlotti, Ministre en charge des personnes handicapées, s’est montrée particulièrement volontaire et motivée pour faire avancer les différents chantiers ouverts. Les discussions que nous avons pu avoir avec elle durant ces deux derniers mois sont prometteuses.

Les principaux Ministres concernés par le handicap étaient donc présents au CIH (à l’exception des Finances, de la Justice et de la Culture), un plan de travail précis a été établi, Philippe Chazal l’a présenté très en détails dans un bulletin spécial dont il espère que chacun a pris connaissance. Selon la Ministre et Marie Prost Coletta, déléguée ministérielle à l’accessibilité, nous pouvons vivre un « moment historique » car ce peut être l’occasion de réaliser des avancées notoires notamment sur l’accessibilité. A ce jour, les discussions relatives aux conditions d’attribution de la PCH qui nous concernent au plus haut point, n’ont pas débuté, le CNCPH a bien confirmé qu’elles auraient lieu entre l’Etat et les départements, et que nous y serions associés. La Commission Juridique se réunira le 10 décembre pour préparer les arguments à présenter lors des discussions.

En revanche, depuis début octobre, des réunions auxquelles Thierry Jammes nous a toujours représentés, ont lieu tous les mardis et tous les jeudis, Philippe Chazal le remercie très vivement pour cet engagement constant. Une cinquantaine de partenaires sont ainsi réunis (représentants de l’économie, des Pouvoirs Publics et des Associations) pour tenter de trouver un consensus sur la réécriture des normes relatives à l’accessibilité (voierie, transports, Etablissements Recevant du Public (ERP), logement, numérique), et pour fixer les règles qui s’appliqueront aux Agendas de l’Accessibilité Programmée (Ad’AP). Au terme d’un certain délai, l’accessibilité devra être réalisée sous peine de sanctions financières, un Ad’AP existant pour chaque thème : transports, ERP, etc. La sénatrice Claire Lise Campion et la Ministre sont très attachées à ce que les nouvelles règles prennent en compte les besoins spécifiques à chaque type de handicap. Nous ne devrions donc pas être les oubliés, comme nous l’avons partiellement été en 2005. La CFPSAA présente ses demandes pour la réécriture des normes, tant au cours des réunions hebdomadaires animées par Marie Prost-Coletta, que lors des rencontres mensuelles que les Présidents des principales associations ont avec le Cabinet de la Ministre. Celle-ci nous reçoit pour un déjeuner de travail si nécessaire, elle l’a fait le 26 novembre. L’ensemble de ses Conseillers est très impliqué dans ces discussions, mais tout particulièrement Jérémie Boroy que nous connaissons bien car il a été Président de l’UNISDA.

Thierry Jammes précise qu’il participe chaque mardi et jeudi, jusqu’à fin janvier, à un cycle de quarante réunions qui ont pour but de préparer une ordonnance gouvernementale fixant les nouvelles règles en matière d’accessibilité. Jusqu’à présent, c’est essentiellement le handicap moteur qui a été évoqué, la CFPSAA s’en est émue auprès de la Sénatrice mardi dernier. Pour ce qui nous concerne, seul l’éclairage a été évoqué dans la thématique des Etablissements Recevant du Public (ERP). La formule « en tout point » serait supprimée ce qui risque d’entraîner que nous serons moins bien éclairés demain qu’aujourd’hui. Le Professeur Sahel et le Docteur Dupeyron ont été consultés pour savoir si les propositions qui nous sont faites sont acceptables. Thierry Jammes regrette la faible implication de la Commission Accessibilité, l’absence de juriste et de technicien spécialisé pour l’assister lors des négociations en cours. Les bénévoles, qui de plus travaillent souvent dans l’urgence, ne peuvent pas tout examiner dans le détail. La CFPSAA a accepté que Philippe Laguiller, architecte d’intérieur membre des services de la FAF à Strasbourg nous accompagne, son concours nous est précieux. Gabriel Reeb, membre de la Commission Accessibilité, lui-même de Strasbourg, s’occupe de la thématique transports. Pour conclure, Thierry Jammes souligne avoir rappelé à la Déléguée Interministérielle que, compte tenu du petit nombre de dispositions concernant la déficience visuelle dans la loi de 2005, tout aurait pu être réalisé à présent, sans qu’il n’y ait besoin des Agendas d’Accessibilité Programmés. Depuis des années, on se focalise sur le handicap moteur, nous ne voulons plus être les oubliés des négociations en cours. Pour les Ad’AP, Thierry Jammes propose que des « points d’étape » soient fixés mais les handicaps légers peuvent être traités rapidement, nous négocions ainsi une définition du « détectable et repérable » mais ce dernier concept est difficile à faire passer car il implique la présence de balises sonores sur la totalité du parcours. Des logiciels sur smartphones ne peuvent remplacer les balises sonores qui donnent des informations beaucoup plus précises sur la localisation d’entrées ou escaliers. Il n’est pas toujours facile de se faire entendre mais nous espérons tout de même obtenir des avancées en matière de transports et de logement. Nos revendications ne doivent pas être étudiées en « dernière minute » sous peine de ne pas être, faute de temps, regardées en profondeur.

Philippe Chazal précise que nous ne sommes pas encore arrivés à la moitié de la négociation, il se montre plus optimiste que Thierry Jammes car c’est, selon lui, l’une des premières fois que le gouvernement réussit à mettre autour d’une table toutes les parties concernées par l’accessibilité pour tenter de trouver un compromis accepté par tous.

Vincent Michel rappelle que si la problématique accessibilité a été largement précisée par la loi de 2005, elle a été posée par la loi du 30 juin 1975, il n’y a donc pas eu dix ans, mais quarante ans, pour la concrétiser.

Philippe Chazal est convaincu que pour aboutir dans ces négociations difficiles nous devons être précis et confiants, il faut à tout prix éviter de revenir sur des sujets qui nous ont divisés il y a quelques années et qui ont été tranchés depuis, comme le débat sur les feux sonores. Reprendre ce débat risquerait de nous discréditer face aux politiques et à l’administration qui, ne connaissant pas la question, ne savent pas « à quel saint se vouer ». La norme qui a été arrêtée prévoit une ritournelle sur la phase "vert", une annonce sonore sur la phase "rouge", indiquant, éventuellement, le nom de la rue traversée. Les arguments pour éviter de la remettre en cause sont les suivants :
-  Au niveau européen, la norme ne prévoit aucune annonce sonore elle est donc plus facile et moins coûteuse à mettre en œuvre pour les municipalité ; si un nouveau désaccord était constaté au niveau français on risquerait d’appliquer tout simplement la norme européenne et de perdre l’avance que nous avons en ce domaine ;

-  Les villes équipées de feux sonores respectant la norme actuelle ne souhaitent pas modifier de nouveau leurs installations ;

-  Une indication sonore sur le vert ne serait pas comprise par les étrangers venant en France qui sont habitués à une ritournelle, cette indication risquerait de plus de « déconcentrer » les non voyants qui traversent la chaussée et qui ont besoin de toute leur attention pour écouter la circulation

Même si la situation actuelle n’est pas parfaite, il est indispensable que nous restions unis, au risque de tout perdre. C’est bien pourquoi nous avons reçu avec Thierry Jammes sur ce sujet une personnes du groupe de Lyon de l’AVH, qui a semblé convaincue par nos propos. Thierry a ensuite organisé une visite à Montpellier dont le compte rendu faisait aussi apparaître un certain consensus. Nous avons donc été très surpris d’apprendre que des courriers avaient été adressés à l’administration pour remettre en cause la solution actuelle. Même si la CFPSAA est considérée comme le représentant de la déficience visuelle, cette désunion risque de nous nuire.

François Lanier précise que le courrier qui a été envoyé à la DSCR par Jacques Charlin ne l’a pas été contre la CFPSAA mais en raison d’un problème qu’il rencontre au niveau de la mission handicap de l’Université de Lyon dont il est responsable : la traversée d’un carrefour compliqué est extrêmement dangereuse.

Philippe Chazal répond que si un carrefour est dangereux il convient sans doute de se rendre sur place pour l’étudier, pour faire des propositions, cela ne doit pas pour autant remettre en cause la règle actuelle. Il se réjouit de la notoriété de Jacques Charlin qui est connu et reconnu par tous non seulement comme responsable de la Mission Handicap mais comme Président de l’une des plus importantes associations françaises pour les aveugles, ses deux casquettes ne sont pas dissociables par les autorités publiques.

Vincent Michel précise que lorsque la norme a été établie, après un large débat, au-delà du travail qu’ont pu réaliser les déficients visuels eux-mêmes, les techniciens de l’accessibilité qui étaient dans le cadre de l’APAM ont travaillé sur le sujet. Un des arguments majeurs qu’ils ont invoqué en faveur de la norme actuelle est qu’il y a parmi nous des déficients visuels qui sont aussi déficients auditifs, (syndrome de Uscher), le fait d’avoir un distinguo très clair entre un message parlé sur le rouge et sonore sur le vert est très lisible par ces personnes. Par ailleurs, il arrive souvent que l’on n’entende pas le message parlé alors que la ritournelle est très audible. La norme a donc été réfléchie, soupesée, il ne faut pas reprendre ce débat. L’association FIDEV gère à Lyon un centre de réadaptation, elle emploie des professionnels de la locomotion et peut donc, à la demande, aller travailler sur l’aménagement d’un carrefour pour le traiter, si nécessaire, comme un cas spécifique.

François Lanier croit utile de reprendre la discussion sur la norme actuelle avant que cette norme soit de nouveau examinée dans le cadre des négociations actuelles.

Philippe Chazal lui répond que le dossier est actuellement ouvert mais qu’il est fort peu probable que la norme actuelle soit revue s’il n’y a pas accord entre les associations de déficients visuels. En cas d’accord, la norme pourra être améliorée, nous avons de bonnes chances d’obtenir notamment des « couloirs sonores » et l’équipement de « carrefours complexes » qui ne sont pas aujourd’hui obligatoires. La DSCR a reçu une pétition signée par quelques « petites » associations et quelques délégations locales d’associations membres de la CFPSAA, cette pétition risque de nous desservir.

Thierry Jammes rappelle enfin que nous avons pris des engagements auprès de l’Administration qui a accepté d’ouvrir le débat au sujet des feux sonores R25 (traversées tramways) à condition que le débat sur le feu vert R12 ne soit pas repris. Nous ne pouvons revenir sur nos engagements qui restent légitimes. Après une réunion particulièrement difficile, nous avons obtenu deux choses :

-  que pour le feu R25 il ne soit pas seulement indiqué « rouge piéton » mais « rouge piéton tramway » ;

-  qu’une cloche matérialise l’autorisation de traverser, cloche différente de la ritournelle des feux R12.

Après trois ans de discussions, des études techniques ont été menées et financées par Réseau Ferré de France afin de définir le son le meilleur pour les traversées ferrées. C’est parce que nous sommes arrivés bien « armés » face à l’Etat que nos demandes ont pu aboutir, tout ne doit pas sans cesse être remis en question.

Vincent Michel tient à préciser une chose qu’il estime importante : la CFPSAA a été reconnue comme l’interlocuteur qui permet aux aveugles de parler d’une seule voix, s’il y a un débat il doit se tenir au sein de la Commission Accessibilité qui fonctionne bien car Thierry y fait un travail considérable qui coûte chaque année 22.000 euros à la FAF en billets de train. Il n’est pas acceptable que des francs tireurs se permettent de saisir l’Administration. Après la Commission Accessibilité et en cas d’impossibilité de résoudre les problèmes le Conseil d’Administration doit trancher, mais lorsque la décision est prise elle s’impose à tous, au moins à l’intérieur de la CFPSAA. On constate aujourd’hui une grande volonté de « simplifier les normes », ce n’est que grâce à l’intervention de la CFPSAA et de Marie-Arlette Carlotti que celle relative aux feux sonores n’a pas été supprimée il y a trois mois comme le proposaient certains parlementaires. Seule la cloche sur le vert, sans autre indication sur le rouge aurait subsisté, conformément à la norme européenne. Restons unis pour obtenir le nom de la rue traversée sur le feu rouge et l’équipement des carrefours complexes ce qui est techniquement réalisable.

Jean-Pierre Gantet pense qu’il faut retenir de ce débat que nous devons régler nos problèmes entre nous au départ, avant de les présenter aux Pouvoirs Publics, ceux qui négocient pour nous doivent être considérés comme étant l’expression de nos demandes.

François Lanier précise encore que c’est la raison pour laquelle il a tenté une négociation entre les différents points de vue, il remercie Thierry Jammes d’avoir organisé la rencontre de Montpellier qui a permis de voir un système qui, sans être parfait, est malgré tout « pas mal ». Il voudrait encore que l’on admette le nom de la rue sur le vert et n’est pas responsable du courrier que PVV a envoyé à l’Administration.

De nombreux participants redisent que cela n’est pas possible.

Vincent Michel redit qu’il a énormément de respect et d’estime pour le Président de Voir Ensemble Jacques Charlin qu’il considère personnellement comme un ami, il considère néanmoins que cette démarche est une faute contre l’unité de la CFPSAA. « des fautes, nous en commettons tous, moi le premier, mais il faut maintenant arrêter ce débat » dit-il en conclusion.

Marie-Renée Hector précise encore que lorsque les feux sont en état la norme actuelle donne satisfaction.

François Lanier demande que l’on se batte pour obtenir que lorsque un feu est en panne, celui d’en face soit également arrêté ce qui obligera à les réparer rapidement.

Thierry Jammes est pleinement d’accord sur cette demande.

Hamou Bouakkaz partage les propos tenus sur l’unité, il précise que nous sommes tous engagés sur plusieurs causes de sorte que celui qui s’exprime au nom de la mission handicap de son université peut oublier ponctuellement qu’il est aussi porteur du message unitaire de la CFPSAA. Ce paramètre doit être pris en compte lors de nos discussions avec le Président de Voir Ensemble. Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que les problèmes financiers sont souvent l’élément déterminant, si les Pouvoirs Publics souhaitent en revenir à l’application de la norme européenne, c’est bien parce qu’un feu équipé ainsi coûte quelques dizaines d’euros contre environ mille euros pour un autre équipé avec nos normes : rapport de 1 à presque 100. Nous devrons faire face à beaucoup de pressions pour nous demander de renoncer à notre norme. En sa qualité d’Adjoint au maire de Paris, Hamou Bouakkaz serait volontiers pour la norme européenne, mais comme administrateur de la CFPSAA il défendra toujours notre position qui assure la sécurité des personnes aveugles.

Pour conclure sur ce point, Thierry Nicolle attire l’attention du Conseil sur le fait que si nous demandons trop le « tout accessible », le besoin que nous avons d’une aide humaine, qui justifie l’attribution du forfait cécité de la PCH ou de l’ACTP, risque d’être remis en cause.

Philippe Chazal ne souhaite pas que la crédibilité de la CFPSAA soit remise en cause, d’autant qu’à partir d’avril prochain il devrait être nommé Vice-président du CNCPH ce qui prouve combien nous sommes aujourd’hui reconnus. C’est important dans la perspective de la Conférence Nationale du Handicap qui se tiendra en fin d’année 2014, ce sera un moment fort de la politique du handicap.

A la demande de Thierry Jammes l’extrait du compte rendu concernant les feux sonores sera diffusé aux membres de la Commission Accessibilité afin de clore les débats sur le sujet.

Philippe Chazal rappelle que lors de la précédente réunion du Conseil d’Administration, il a été décidé d’entreprendre une action en justice contre la mairie de Paris qui met en danger la sécurité des déficients visuels par un mauvais fonctionnement des feux sonores et ne respecte pas les règles relatives à l’accessibilité, place de la République nouvellement aménagée, notamment. Un courrier a donc été adressé au Maire de Paris pour le prévenir de nos intentions, il nous a répondu très rapidement qu’il était désolé de la situation et que le nécessaire allait être fait. Deux mois plus tard rien n’a bougé de sorte que nous avons pris contact avec un huissier qui doit procéder aux constats le 5 décembre.

Vincent Michel indique que, dans le même sens, la FAF va mener des actions contre des villes où elle est implantée : Orléans et Montpellier.

Hamou Bouakkaz souhaite recevoir copie des correspondances échangées avec la mairie de Paris, elles lui seront donc envoyées dès que la panne informatique et téléphonique qui touche notre installation au bureau sera réparée.

Michel Gouban s’interroge sur le fait que la FAF entreprenne ses propres actions, pourquoi n’est-ce pas la CFPSAA ?

Le Président répond que la CFPSAA n’a pas les moyens de s’engager pour toutes les villes de province, lorsque la FAF intente des actions elle va dans le même sens que la CFPSAA. Si nous intervenons sur Paris, c’est parce qu’il s’agit de la capitale, d’une ville qui doit être exemplaire où nous sommes particulièrement engagés.

Michel Gouban estime que si d’autres associations s’engagent, elles doivent le faire en y associant la CFPSAA sous peine que les Pouvoirs Publics ne comprennent pas.

C’est aussi l’avis de Marie-Renée Hector qui pense que la CFPSAA ne doit pas avoir une image de « parisianisme » comme le disent certains, mais doit être active sur l’ensemble du territoire.

Philippe Chazal indique que Thierry Nicolle s’est récemment exprimé sur France Bleu à Orléans, il a bien parlé au nom de la CFPSAA tout en évoquant les actions de la FAF ce qui est la bonne méthode. En effet, il ne faut en aucune manière que les associations puissent penser que la notoriété de la CFPSAA puisse nuire à leur propre image, c’est exactement le contraire. La CFPSAA n’existe que grâce aux associations qui la composent et dans toute action de la confédération, les associations qui la réalisent doivent être mises en avant. Ce fut le cas de la FAF, HandicapZéro et BrailleNet sur le salon du e-commerce, il en sera de même si des actions sont menées dans le domaine de l’emploi avec l’aide de l’AGEFIPH que nous espérons.

Vincent Michel serait prêt à abandonner les actions de la FAF si la CFPSAA était en mesure de payer huissiers et avocats. En fait, la FAF soutient l’action de ses filiales qui sont sur le terrain et ont monté les dossiers. Elle agit toujours sous le timbre de la CFPSAA et agit sur les mêmes bases techniques et normatives.

III - E-ACCESSIBILITE

Après avoir beaucoup parlé d’accessibilité générale (voierie, transports, ERP et logement), Philippe Chazal rappelle que la CFPSAA doit aussi s’engager dans le domaine de l’accessibilité numérique. C’est la raison pour laquelle nous avons participé pour la première fois cette année au salon du e-commerce qui s’est tenu à Paris du 24 au 26 septembre. Nous n’avons pas eu des centaines de visites sur notre stand mais plus de cinquante personnes s’y sont succédées et la conférence de presse que nous avons organisée a aussi réuni une bonne quarantaine de participants.

Dominique Burger regrette de ne pouvoir être présent parmi nous étant retenu par les nombreux projets que porte BrailleNet, il aurait évoqué ici notre projet de tester une centaine de sites pour en évaluer l’accessibilité, non seulement du point de vue de leur conformité aux normes mais aussi concernant leur facilité d’utilisation par les déficients visuels. Ce projet aurait débouché sur un « baromètre de l’accessibilité » comparable à celui que diffuse l’APF pour l’accessibilité des villes. Le budget prévisionnel atteignait quelques 150.000 euros, somme colossale pour la CFPSAA. Nous n’avons pas obtenu le financement espéré du FIPHFP qui a estimé que ce projet ne concernait pas l’emploi, il en sera certainement de même pour l’AGEFIPH, de sorte que nous serons contraints de réduire considérablement le projet. La période actuelle restant cependant tout à fait propice à évoquer ces sujets, il ne faut pas l’abandonner totalement, l’association BrailleNet est intéressée à le poursuivre avec nous. Par ailleurs, Ouiza Ouyed qui anime notre Commission NTIC a, en collaboration avec Dominique Burger et d’autres membres de ladite commission, préparé une note relative à l’accessibilité numérique qui sera transmise dans les prochains jours au cabinet de Marie-Arlette Carlotti et à la Sénatrice Campion, ce sujet faisant partie des discussions qui se poursuivent actuellement et devant faire l’objet de deux réunions en janvier. Jérémie Boroy s’est engagé à mobiliser tous les ministères concernés.

Le Président aurait aimé pouvoir présenter au Conseil un rapport que devaient préparer les deux communicantes qui ont suivi ce projet, il ne lui est malheureusement pas parvenu.

Olga Faure-Olory précise que le salon nous a fait parvenir l’enregistrement de la conférence de presse et la liste des participants, les communicants lui ont indiqué que nous avions bénéficié de quelques relais presse et eu quelques reportages très succincts sur le salon.

IV - QUESTIONS FINANCIERES.

Parlant au nom du Trésorier, Olga Faure-Olory, Trésorière Adjointe précise que seule la cotisation de la FAF n’a pas été encaissée en totalité pour l’année en cours.

Vincent Michel affirme que tout sera payé en décembre car la FAF a connu quelques difficultés de trésorerie en raison des gros travaux qu’elle a effectués pour l’aménagement de son nouvel immeuble et de prestations qui ne lui ont pas encore été réglées.

La FAF, BrailleNet et l’INJA ne se sont pas encore acquittées de la cotisation Daisy.

Vincent Michel évoque le congrès de l’IFLA « Fédération Internationale des Bibliothèques pour Aveugles) qui se tiendra en 2014 et où il sera largement question des bibliothèques numériques. L’AVH n’y participera pas et BrailleNet a donc sollicité la FAF.

Pour la participation aux téléconférences, il manque uniquement la cotisation de La Cause (149 euros) qui ne sera pas payée car elle n’utilise pas ce service.

Madame Haage confirme et précise que La Cause utilise un service gratuit de téléconférences, c’est peut-être skype mais qui ne fonctionne pas toujours très bien et demande l’utilisation d’un ordinateur.

Nous disposons à la BNP un compte courant de 28.500 euros, ce compte devrait être pratiquement à zéro en fin d’année lorsque nous aurons réglé toutes nos charges. Nous avons 58.000 sur le livret A, 51.000 euros sur le compte épargne et 10.000 sur la banque postale.

Le Président souligne que notre avance de trésorerie ne représente pas même un an de fonctionnement, il rappelle que notre déficit prévu pour cette année est de 40.000 euros, nous aurons beaucoup de chance du legs de l’ASATAF pour assurer notre survie à moyen terme. Nous faisons tout pour réduire nos frais de fonctionnement (changement de bureau) mais des frais fixes sont incontournables : cotisations internationales, rémunération de la secrétaire, frais de transports du Président plus important que lorsqu’il résidait à Paris.

Philippe Chazal informe le Conseil que deux associations : le GIAA et Voir Ensemble lui ont demandé d’aller répondre aux questions que se posent leur propre Conseil d’Administration ce qu’il a accepté bien volontiers trouvant ces demandes très légitimes. Les questions financières seront sans doute évoquées de même que le rôle précis de la CFPSAA. Si d’autres associations souhaitent une intervention identique, le Président est tout disposé à la faire.

Paul Charles souligne l’importance de telles interventions pour présenter aux différentes associations ce que fait la CFPSAA. Son Président est le mieux à même de décrire les actions de la Confédération, il est normal qu’il visite périodiquement les associations qui le demandent, surtout si elles consacrent un budget important au fonctionnement de la Confédération.

Philippe Chazal attend donc une nouvelle invitation de la FFAC.

Eric Moser indique que les 18 administrateurs de Rétina France se posent les mêmes questions, leur cotisation a été multipliée par dix et ils s’interrogent sur le rôle de la CFPSAA dans le domaine de la recherche qui est leur spécificité. En janvier prochain, la question du maintien au sein de la CFPSAA se posera sans doute, son Président plaidera en faveur du maintien.

Vincent Michel pense que si l’on ajoute la cotisation à la contribution DAISY aux apports en nature, la FAF paie quelques 60.000 euros pour la CFPSAA. Les collectes de fonds sont de plus en plus difficiles d’autant que les grandes associations diffusent des campagnes régulières sur les ondes et par internet.

Philippe Chazal rappelle que nous avons perdu 100.000 euros de budget.

Marie-Renée Hector affirme que les associations ne comprennent pas pourquoi, alors qu’elles paient des cotisations, les associations doivent encore prendre en charge des frais qui devraient incomber à la CFPSAA, déplacements notamment.

Hamou Bouakkaz estime que notre modèle actuel n’a pas plus de trois ans d’existence devant lui : la situation financière se tendra de plus en plus, les associations se poseront de plus en plus de questions, le rapport coût/efficacité de la CFPSAA se posera de plus en plus. Nous devons impérativement réfléchir à une meilleure coopération entre nous, à une meilleure coordination de nos actions.

Philippe Chazal rappelle que ce débat revient régulièrement depuis plusieurs années, des projets de budgets ont été élaborés dont certains, très réels, atteignaient des montants voisins du double de notre budget actuel. Il est convaincu que les associations ne veulent ni ne peuvent pas payer davantage.

Hamou Bouakkaz pense qu’un travail fin entre les directions des associations doit se faire dans un délai maximum de trois ans, il se propose, dès janvier prochain, de prendre la responsabilité d’un groupe de travail réfléchissant à cette question.

Vincent Michel dit aussi ne pas être à l’abri d’un vote de défiance de son propre Conseil d’Administration.

Philippe Chazal rappelle les deux remèdes pour éviter la disparition de la CFPSAA : son intervention auprès des Conseils des associations membres, et surtout les résultats pratiques qu’obtiendra la Confédération dans ses discussions avec les Pouvoirs Publics et ses différents partenaires. Si on réussit à sauver la PCH, à améliorer l’accessibilité dans tous les domaines, à contribuer à l’amélioration de la vie quotidienne des déficients visuels, la CFPSAA ne sera pas remise en cause. En réponse à la proposition faite par Hamou, Philippe Chazal constate qu’en raison de ses multiples fonctions et occupations, ce dernier n’a pas pu consacrer suffisamment de temps à la CFPSAA, il lui lance publiquement le défi de réussir cette mission au bénéfice de tous.

Pour Francis Pérez, la CFPSAA travaille avant tout au bénéfice des aveugles, il n’est donc pas certain que les différentes associations lui seront reconnaissantes des résultats qu’elle obtiendra.

Vincent Michel répond que les associations travaillent pour faire vivre leurs structures, qu’il s’agisse des écoles de chiens guides, des bibliothèques ou d’autres services. Des collaborations et partages de moyens sont d’ailleurs hautement souhaitables.

Philippe Chazal profite de ce débat pour féliciter Paul Charles et la FFAC qui, ainsi qu’il l’a indiqué dans le dernier bulletin de la CFPSAA, vient d’avoir un rapport très élogieux sur la gestion de la part de la Cour des Comptes.

Le Conseil d’Administration en accepte le principe et charge donc Hamou Bouakkaz d’animer, dès janvier prochain, un groupe de travail qui réfléchira sur le financement de la CFPSAA.

Hamou Bouakkaz accepte cette mission et souhaite que ces réflexions ne complexifient pas le travail du Président lorsqu’il sera Vice-président du CNCPH car nous aurons alors une fenêtre de tir importante pour obtenir des avancées, nos débats internes ne doivent pas gêner.

V - TRAVAUX DES DIFFERENTES COMMISSIONS.

La Commission Emploi se réunira le 18 décembre. Vincent Michel précise que l’étude sur l’emploi conduite par Bruno Gendron pour le compte de la FAF est terminée, c’est un travail d’enquête très intéressant sur l’accès des déficients visuels au monde du travail. Il sera présenté à la FAF le 20 mars prochain, une invitation sera adressée à toute personne intéressée.

Philippe Chazal précise encore, en matière d’emploi et bien que ceci ne soit pas directement lié à la CFPSAA, qu’il termine la seconde édition du livre « les aveugles au travail » qui rassemble quelques 70 témoignages passionnants. Le manuscrit sera remis à l’éditeur « le cherche midi » avant Noël pour une publication en avril 2014.

Concernant la Commission Juridique, deux points essentiels sont inscrits à l’ordre du jour de sa réunion du 10 décembre :

-  la mise à jour du document « coûts et surcoûts liés à la cécité » en vue des futures négociations sur l’aide humaine de la PCH ;

-  une étude approfondie de la Convention de l’ONU sur les Droits des Personnes Handicapées (CRDP) qui se fera dans le cadre de la mission qui a été confiée à Philippe Chazal par l’Union Européenne des Aveugles répondant à une demande de l’Union Mondiale des Aveugles : coordonner au niveau européen l’application, pour les déficients visuels, de la CRDP. Chaque pays devra désigner un « champion » en charge de suivre le dossier et d’être en liaison régulière avec le coordinateur. Une formation de trois jours a eu lieu en octobre à Baltimore au siège de la NFB ( Fédération des Aveugles des Etats-Unis), elle rassemblait les six coordinateurs (un par région du monde) auquel il a été donné des consignes précises sur les procédures à suivre pour remplir leur mission. Mobiliser les différents pays membres de l’EBU ne sera pas facile, mais cela peut être néanmoins un travail intéressant.

Pierre Tricot demande si une personne de plus de soixante ans peut bénéficier des services d’un SAMSAH (Services d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés) ou d’un SAVS (Service d’Aide à la Vie Sociale.)

Vincent Michel répond par la négative, il s’agit de services pris en charge par les départements qui ne peuvent accueillir les personnes handicapées que si leur âge est compris entre vingt et soixante ans au moment de la demande, voire plus de 60 ans si le handicap a été reconnu avant cet âge limite

Il sera demandé à la Commission Juridique de produire un document d’information sur ces deux types de structures..

Concernant la Commission Accessibilité, Thierry Jammes informe le Conseil qu’il a participé à Londres, accompagné de Jean Bouillaud, à la Commission Mobilité de l’Union Européenne des Aveugles. De façon générale certains pays travaillent beaucoup sur le sonore alors que d’autres travaillent sur le tactile, la France est l’un des seuls pays qui allie les deux. Thierry Jammes souhaite se rendre à Milan où il existe des bandes de guidage équipées de RFID qui permettent à l’information sonore d’arriver par la canne.

Le Président répond que si ce déplacement est nécessaire, le Trésorier ne s’opposera certainement pas à ce que nous le prenions en charge, nous devons avoir les moyens de travailler.

Au sujet de la culture, un Conseil National Culture Handicap devait se tenir le 10 décembre sous la présidence des deux ministres concernées, il est reporté au 14 janvier. Le Comité d’Entente a écrit à la Ministre de la Culture pour la sensibiliser sur tout ce qui reste à faire en la matière.

Le Président indique encore que le CNCPH sera désormais amené à étudier l’incidence que chaque nouveau projet de loi pourra avoir en matière de handicap, conformément à la circulaire du Premier Ministre de septembre 2012. Dans les prochaines semaines les projets suivants seront examinés :
-  projet de loi sur les tutelles,
-  projet de loi de programmation et d’orientation sur le développement,
-  projet de loi sur la réforme de la formation professionnelle,
-  projet de loi relatif aux nouvelles protections pour les enfants,
-  projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement,
-  projet de loi sur le patrimoine,
-  projet de loi sur le sport,
-  projet de loi relatif aux véhicules électriques.

Cette liste n’est pas limitative, le CNCPH peut s’auto saisir sur tout projet ou toute proposition de loi qu’il estime avoir une incidence pour les personnes handicapées.

Vincent Michel rappelle que la FAF dépense beaucoup d’argent pour le fonctionnement et la gestion de la maison natale de Louis Braille, il souhaite donc trouver des ressources pour couvrir cette charge. Pour se faire il s’est rendu à Londres au Comité International du Braille pour tenter de mobiliser les instances internationales, certaines associations françaises semblent avoir oublié leurs engagements à soutenir le musée ; il recevra le 3 décembre à Coupvray Mme Valérie Trierweiler. Tout don à la maison natale de Louis Braille est toujours le bienvenu.

VI - FONCTIONNEMENT DES DIFFERENTES INSTANCES AUXQUELLES PARTICIPE LA CFPSAA.

A. DAISYFRANCE.

Fernando Pinto da Silva, Président du groupe DAISY-France (DF) indique que Stéphane Hagues qui nous représente au niveau international pour cette année n’a pas pu se libérer de ses cours à l’INJA pour nous rejoindre. Il rappelle que DF se compose de huit organisations : l’AVH, BrailleNet, la CFPSAA, la FAF, le GIAA, Handicap Zéro, l’INJA, l’INSHEA (ancien CNEFEI). Dès sa création en 2011, DF a été placé sous l’égide de la CFPSAA qui était et reste la structure idoine pour porter la parole des déficients visuels francophones au sein du Consortium international DAISY. Ce consortium s’est mis en place en 1996 suite aux travaux de bibliothécaire suédois souhaitant travailler sur un format pour structurer des livres audio et les conserver. Les cassettes ou bandes magnétiques alors utilisées n’étaient pas facilement manipulables, il était très compliqué d’y retrouver des passages d’un enregistrement. Ce format était, au départ, réservé aux déficients visuels, ce n’est plus le cas aujourd’hui, c’est le format DAISY qui visait à numériser, à digitaliser les collections existantes pour en faire des fichiers informatiques puis à y ajouter une couche qui allait permettre de circuler facilement d’une partie à l’autre de chaque ouvrage, d’un chapitre à l’autre, de gérer les notes de bas de page etc.

Depuis quinze ans, le format original qui ne concernait que l’audio a évolué vers le texte numérique, on a ensuite mélangé ces deux formats de sorte q’un texte à l’écran puisse être synchronisé et lu.

Lorsqu’on a parlé du DAISY texte en 2003, l’idée a tout de suite été que les textes puissent être lus en braille par les possesseurs de bloc-notes appropriés.

DF vise donc au développement d’outils DAISY en français, pour lire et produire des livres en notre langue, ces outils sont produits gratuitement par le consortium et peuvent être téléchargés sur le site daisy.org. Un autre chantier est l’intégration de notre code braille français dans les outils Daisy, le signe majuscule en anglais est par exemple représenté par le point 6 alors que chez nous, c’est les points 4 et 6.

Depuis 2011, DF a compris comment fonctionnait le consortium, et a aussi expliqué pourquoi nous étions à l’époque neuf partenaires pour un seul pays. Certaines de nos structures se sont impliquées pour traduire quelques logiciels en français (OBI par exemple) dont les nouvelles versions sont aussi traduites. OBI permet d’enregistrer des livres en voix humaine, TOBI permet de le faire en synthèse vocale, il est aussi en cours de traduction. Daisy Pipeline permet de prendre un fichier et de le convertir en différents types de formats, le GIAA et BrailleNet travaillent dessus. Ces deux associations et l’AVH l’utilisent pour prendre les fichiers XML qui sont sur la plateforme PLATON, les convertir pour en faire des livres adaptés.

Si DF a une légitimité sur les formats Daisy, c’est bien la Commission d’Evolution du Braille Français (CEBF) qui est en charge de l’évolution de notre écriture, une collaboration forte doit donc s’instaurer entre ces deux structures. Un travail difficile a donc commencé officiellement le 28 juin dernier pour intégrer dans les outils DAISY les évolutions de notre braille.

A une question de Thierry Nicolle, Fernando Pinto da Silva répond que les formats PDF ne sont pas les plus faciles à utiliser en entrée pour la conversion de textes, les XML sont beaucoup mieux structurés, de même que certains documents Word bien balisés qui ont aussi été utilisés. A une autre question, il répond que les fichiers OBI et TOBI sont aussi accessibles aux particuliers sur le site du consortium DAISY. A une autre interrogation il répond qu’un fichier sur cassettes, importé et travaillé avec OBI, peut être rendu compatible DAISY par des personnes qui, bien entendu, ont reçu un minimum de formation.

Vincent Michel remercie Fernando Pinto da Silva de son brillant exposé, il s’interrogeait sur le fait de savoir si les évolutions technologiques d’aujourd’hui ne risquaient pas, dans quelques années, de rendre DAISY inutile. Il a compris que DAISY était toujours de grande actualité et que nous ne perdions ni notre temps ni notre argent en soutenant les recherches faites dans le cadre du consortium.

Fernando précise encore que des formats de convergence entre le secteur marchand et le secteur spécialisé sont apparus lorsque les géants du numérique ont commencé à proposer des livres accessibles au grand public, livres qui devaient être bien structurés pour rester agréables à lire. Le consortium DAISY a rejoint toutes ces firmes au sein d’un autre consortium IDPF (Forum International de l’Edition Numérique) pour mettre en place le format EPUB. Dans quelques années, tous les livres publiés sur EPUB seront, grâce à DAISY, facilement transformables en audio, braille numérique ou braille papier ce qui démontre bien l’utilité de ce consortium et l’importance de la présence de la France en son sein. Fernando Pinto da Silva est très applaudi.

B. CNCPH.

Au sujet de la Commission Compensation Ressources, Thierry Nicolle rappelle que les fonds départementaux de compensation ne sont pas accessibles aux bénéficiaires de l’ACTP, il craint par ailleurs que ces fonds disparaissent.

Philippe Chazal lui répond que la Ministre a indiqué voici deux jours au cours d’un déjeuner avec les porte-parole du Comité d’Entente, que la contribution de l’Etat en 2014 serait la même qu’en 2013, elle sera pour cette année prise sur les réserves de la CNSA dans l’attente d’un financement plus pérenne.

Marie-Renée Hector rappelle qu’après la loi de 2005, tout le monde devait passer sous le régime de la PCH. Il lui est confirmé qu’à terme cette prestation va disparaître car elle n’est plus attribuée, ses bénéficiaires ont, lors de chaque renouvellement de leur prestation un droit d’option entre celle-ci et la PCH. Aujourd’hui le montant du forfait cécité de l’ACTP est sensiblement plus élevé que celui de la PCH (877 euros contre 610) ce qui explique que certains souhaitent encore la conserver. Cependant, tous les retraités ont intérêt à changer leur ACTP en PCH, le montant de la retraite n’entrant plus dans le plafond des ressources. Par ailleurs, les bénéficiaires de l’ACTP ne bénéficient pas des fonds départementaux de compensation lors de l’acquisition d’aides techniques, ce qui pourrait être considéré comme une nouvelle perte si la différence de forfait mensuel évoquée plus haut ne venait pas la compenser largement.

François Condello indique qu’il ne connaît personne qui bénéficie du forfait d’aides techniques de 3.900 euros tous les trois ans ce qui est contesté par d’autres intervenants.

Thierry Nicolle indique qu’en janvier, la commission Compensation Ressources étudiera la situation des aidants et la Restriction Substantielle et Durable d’Accès à l’Emploi (RSDAE) pour l’attribution de l’AAH.

C. Comités d’Entente Régionaux.

Thierry Nicolle a assisté à la réunion de ces Comités qui s’est tenue le 21 novembre dernier, Edouard Ferrero y représentait aussi la CFPSAA. Il craint qu’en raison des restrictions budgétaires le budget 2014 consacré au handicap subisse des coupes sombres. Le Comité d’Entente de la région centre organisera en 2014 les Etats Généraux de l’Inclusion, emploi et scolarisation y seront évoqués.

Edouard Ferrero a profité de cette réunion des Comités d’Entente Régionaux pour souligner l’importance de la solidarité entre toutes les associations, quelque soit le handicap qu’elles représentent.

Il a aussi été constaté que les fonds européens étaient sous-utilisés dans notre pays, la CFPSAA pourrait peut-être en bénéficier pour certains de ses projets à condition que nous puissions compter sur les spécialistes capables de monter les dossiers de demande qui sont toujours très compliqués. Selon Edouard Ferrero, le CFHE, dont nous sommes membres, pourrait peut-être nous aider.

Vincent Michel précise que Céline Chabot et Julie Bertholon montent de tels projets pour la FAF, ce qui est compliqué car les projets sont très exigeants et l’Europe est énormément bureaucratique.

D. JNAA.

Thierry Nicolle rappelle que la CFPSAA est responsable de l’organisation des JNAA et de la semaine d’information qui les précède. Il trouve scandaleux qu’une certaine association qui participe à ces journées profite de la semaine d’information et bénéficie ainsi de la gratuité accordée par certains médias, pour faire passer sur des chaînes de radio ou télévision nationales, des spots publicitaires sur des sujets qui n’ont rien à voir avec le thème de la semaine d’information.

Philippe Chazal répond qu’aucune disposition légale n’interdit de faire ainsi, l’association dont il s’agit ne respecte pas l’accord passé entre nous, et ceci depuis plusieurs années. Nous ne pouvons cependant pas l’empêcher de participer aux JNAA sous prétexte qu’elle n’en a pas respecté le règlement.

E. Association Tourisme et Handicap (ATH).

Olivier Paradis explique que les relations entre ATH et la CFPSAA évoluent dans le bon sens, on nous pose des questions auxquelles il répond. La difficulté principale vient du fait qu’ATH a calqué ses critères sur ceux du fauteuil roulant de sorte que pour être labellisé, un site doit offrir une autonomie complète aux déficients visuels. C’est acceptable pour un hôtel, incompréhensible pour un château ou un musée où l’autonomie complète ressemblerait à un parcours du combattant pour un déficient visuel avec sa canne. Dans ce sens, le site en Auvergne de Vulcania, fort connu qui dispose de nombreuses maquettes et indications en braille, s’est vu refusé le label déficients visuels ce qui n’a pas manqué de mécontenter la Direction. A l’inverse, d’autres sites qui n’ont ni cartes en relief ni maquettes ou autres ont obtenu le label.

Olivier Paradis souligne encore le rôle néfaste des « marchands du temple » qui proposent souvent, comme c’est par exemple le cas au musée Michelin de Clermont-Ferrand, du matériel fort coûteux qui n’est pas utilisable : plaques en braille mal positionnées, plans pour se situer dans une pièce ou une gare etc.

Il est dommage que le rendez-vous que nous avions eu en juillet dernier avec la Présidente Mme Masson n’ait pas eu lieu et n’ait pas pu, depuis, être renouvelé.

A la demande d’Olivier Paradis, le Conseil souhaite que les Commissions Accessibilité et Culture puissent échanger avec lui sur ces sujets.

VII - CONGRES RETINA France DE 2014.

Eric Moser rappelle que la principale activité de Rétina France est de financer la recherche, 1.200.000 euros ont été donnés cette année à des chercheurs, un colloque s’est tenu le 23 novembre dernier, il a réuni 300 personnes et a permis d’avoir tous les résultats des projets financés. Il est important d’aider les déficients visuels comme le fait la CFPSAA, il l’est aussi de se dire qu’un jour peut-être, un traitement pourra les guérir. Avec la thérapie génique, la thérapie cellulaire et les implants, on en est peut-être très proche.

Les 27, 28 et 29 juin 2014, un congrès international va réunir à l’hôtel Pullman Montparnasse 1.500 participants dont 55 chercheurs du monde entier, pour parler des avancées de la recherche ophtalmologique. Les inscriptions peuvent dès à présent être faites et le programme se trouve sur le site retina2014.

VIII - PRESENTATION DU CENTRE RECHERCHE THEATRE HANDICAP (CRTH).

Le Président indique que le CRTH n’exclut pas de rejoindre la CFPSAA, il participe déjà depuis plusieurs années à notre Commission Culture ouverte à des associations actives dans ce domaine qui ne sont pas encore membres de la CFPSAA. Deux représentants sont venus aujourd’hui nous parler d’un nouveau concept développé par le CRTH : les souffleurs d’images.

Emilie Bougoin Secrétaire Générale du CRTH est accompagnée de Maxime Caillaud qui s’occupe plus précisément du dispositif des souffleurs d’images.

Ce concept est très simple, il s’agit d’un étudiant en art qui a été formé pour accompagner les déficients visuels d’abord au théâtre puis dans des expositions. Il suffit d’appeler les différentes structures avec lesquelles un partenariat a été conclu, de se présenter comme bénéficiaire du concept des souffleurs d’image, de réserver une date et de prendre contact avec le CRTH qui va mobiliser un souffleur d’image qui sera mis à votre disposition pour le spectacle ou l’exposition choisis.

Dans le concret, la personne déficiente visuelle et le souffleur d’images se rejoignent au théâtre, les deux personnes conviennent d’un signe pour le soufflage afin que cela ne gêne pas les autres spectateurs, le souffleur prévient les spectateurs voisins de ce qui va se passer afin qu’ils ne soient pas étonnés. Lorsque le souffleur d’images reçoit le signe convenu, il intervient très discrètement pour commenter l’action. Contrairement à l’audio description enregistrée à l’avance, c’est le spectateur lui-même qui sollicite le commentaire lorsqu’il le souhaite. Il n’interviendra à son initiative que si une action spécifique le justifie : un acteur passe une lettre à un autre, par exemple. Ce dispositif est plus souple que l’audio description car le déficient visuel choisit lui-même le spectacle qu’il souhaite se voir décrit, l’horaire de celui-ci, les deux concepts ne sont d’ailleurs pas en concurrence mais complémentaires.

Le spectateur déficient visuel paie sa place, celle du souffleur est offerte. Les souffleurs d’images peuvent intervenir en région parisienne, PACA (Marseille théâtre de la criée, Cannes et Avignon). Le CRTH dispense des formations, il a ainsi formé des élèves de l’école du Louvres pour accompagner dans des expositions de peinture notamment.

En 2013, quelques 70 accompagnements ont été réalisés, 40 sont déjà programmés pour 2014.

A une question, il est répondu que le CRTH était à la base une structure de théâtre qui a travaillé sur le concept de placer le spectateur dans le noir pour lui faire découvrir un texte joué par des comédiens n’étant pas sur la scène mais dans la salle. Le CRTH s’est développé, a fait de la sensibilisation sur le handicap et travaillé sur la mise en accessibilité des accompagnateurs culturels, l’accompagnement des publics, il propose enfin une pratique artistique ouverte à tous, à la fois sur une optique loisir et sur une formation professionnelle de comédiens, audio descripteurs, sous titreurs. Le CRTH a aussi créé le Fonds Théâtral Sonore (FTS) qui est une base de données de liens sur ce qui existe en matière sonore sur le théâtre ou certains écrits artistiques.

Une information sur ce nouveau concept sera prochainement diffusée par le canal de notre bulletin, le CRTH nous adressera le dossier habituel pour adhérer à la CFPSAA. .

IX - QUESTIONS DIVERSES.

Pierre Tricot informe le Conseil des changements intervenus au sein de l’UAG : le Général Guillermet a été nommé Président Honoraire, la présidence a été confiée à Mr Pascal CLET, aveugle bi manchot de la région lyonnaise.

Le prochain Conseil d’Administration aura lieu le 13 février.

L’ordre du jour étant épuisé et personne ne demandant plus la parole, la séance est levée à 13h.

Philippe CHAZAL Président de la CFPSAA

RELEVE DE DECISIONS DU CA DU 28 NOVEMBRE 2013.

1- Le compte rendu de la réunion du 19 septembre est approuvé à l’unanimité .

2- Un relevé de décisions sera systématiquement inséré à la fin de chaque compte rendu .

3- La partie du compte rendu de la réunion du Conseil d’Administration du 28 novembre 2013 concernant les feux sonores sera communiquée à la Commission Accessibilité.

4- Le Conseil d’administration charge Hamou Bouakkaz d’animer, dès janvier prochain, un groupe de travail qui réfléchira sur le financement de la CFPSAA.

5- Il sera demandé à la Commission Juridique de produire un document d’information sur les SAVS et SAMSAH.

6- Les commissions Culture et Accessibilité sont invitées à discuter avec Olivier Paradis des questions concernant l’Association Tourisme Handicap et tout spécialement la labellisation des sites pour les déficients visuels.

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