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Confédération Française pour
la Promotion Sociale
des Aveugles et Amblyopes

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Bulletin 13 du 28 Novembre 2014

Table des matières :

Bulletin CFPSAA Infos 2014 -13 – du 28 novembre 2014

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EDITORIAL.

Notre dernier bulletin d’information date du 24 septembre, certains d’entre vous nous ont écrit pour s’étonner de cet inhabituel silence. Dans les faits, il devient de plus en plus difficile de maintenir un rythme régulier alors que les réunions, les déplacements, le travail administratif, les rendez-vous s’enchaînent et que les journées n’ont toujours que 24 heures ! Pourtant, nous sommes bien conscients de l’utilité de ce bulletin et faisons en sorte que vous y trouviez toujours des informations inédites dans tous les domaines ce qui nous prend beaucoup de temps pour les collecter, mettre en forme, rédiger souvent. Ce mois-ci, vous allez encore recevoir un bulletin particulièrement dense, et pourtant nous avons été contraints d’éliminer certaines informations vous indiquant les dates de spectacles ou manifestations qui auraient été dépassées. Nous nous excusons auprès des personnes ou organismes qui nous les avaient transmises et tenons à les assurer que nous tenterons d’être plus réactifs la prochaine fois.

Avant d’aller plus loin, je veux ici rappeler la mémoire de deux personnalités qui nous ont quittés en octobre :
-  Maître Robert BENOIST, décédé le 1er novembre à l’âge de 102 ans. Au terme d’une très brillante carrière de notaire (il fut Président du Conseil Supérieur du notariat), Il a été le Président de l’AVH entre 1984 et 1996. Tous ceux qui l’ont connu se souviendront d’un homme d’une grande simplicité, attentif à chacun, s’adressant à tous ses collaborateurs avec la même gentillesse. Une foule très nombreuse lui a rendu un dernier hommage en assistant à ses obsèques le 6 novembre au matin.
-  La disparition de René GOUARNE vous a été annoncée par un bulletin spécial dès que nous en avons eu connaissance, la veille de ses obsèques. Nous publierons dans le prochain bulletin un document qui rappellera le travail immense qu’il a fait, tout au long de sa vie, pour aider les aveugles à s’insérer dignement dans la société, surtout comme Président du GIAA pendant de nombreuses années, mais aussi comme administrateur de l’AVH. Nous lui devons beaucoup même si nous étions trop peu nombreux à avoir pu rejoindre Meudon pour l’accompagner à sa dernière demeure le 7 novembre après-midi. Nous transmettrons à sa famille les témoignages de reconnaissance que vous nous avez adressés. Ces dernières semaines furent riches en textes législatifs et réglementaires pouvant nous concerner, même si quantité n’est hélas pas synonyme de qualité. Au JO du 27 septembre paraissait l’ordonnance de la veille « relative à la mise en accessibilité des établissements recevant du public, des transports publics, des bâtiments d’habitation et de la voirie pour les personnes handicapées », un texte qui globalement, pour diverses raisons que nous ne pouvons détailler faute de temps ne répond pas à nos attentes. Certes, l’ordonnance met en place les « Agendas d’Accessibilité Programmée » qui sont la seule solution pour poursuivre la mise en accessibilité au-delà des délais initialement prévus par la loi de 2005 qui ne pourront pas être tenus, mais, elle ouvre de trop nombreuses possibilités pour reporter ces délais, renforce les dérogations possibles, ne prévoit pas de sanctions suffisamment fortes en cas de nos respect de ses obligations par un propriétaire ou gestionnaire récalcitrant.

Le JO du 6 novembre contient les quatre premiers décrets d’application qui, comme l’ordonnance avaient pourtant reçu un avis négatif du CNCPH. Ils vont donc hélas dans la même direction et il est fort à craindre que les arrêtés à paraître d’ici la fin de l’année ne rectifient pas le tir. Nous tentons encore d’intervenir auprès des services du ministère de l’écologie afin que nos besoins spécifiques soient pris en compte : détection des obstacles avec la canne blanche, protection des dessous d’escaliers, taille des caractères sur les bâtiments, etc.

Par ailleurs, se prépare la Conférence Nationale du Handicap (CNH) qui se tiendra à l’Elysée le 11 décembre prochain. Elle est précédée de quatre forums régionaux dont le premier, consacré à l’accessibilité, s’est tenu à Nantes le 24 novembre dernier. La CFPSAA y était représentée par son Président et par les Présidents de nos commissions Accessibilité et Nouvelles Technologies. Vous en trouverez le compte rendu dans ce bulletin. Pour résumer cette après-midi, je dirai simplement beaucoup de discours, de témoignages d’auto satisfaction, quelques promesses notamment dans le domaine de l’accessibilité numérique qui semble mieux prise en compte aujourd’hui qu’hier, peu de réponses aux questions de la salle et finalement peu de raisons d’espérer. Nous serons à Dijon pour parler de l’emploi le 1er décembre, il sera traité d’éducation/formation à Lille le 5 et d’accès aux soins à Ille-sur-Têt (Pyrénées Orientales) le 8, quelques jours seulement avant la « grand-messe » de clôture qui tirera les conclusions de tout cela. Pour la mettre en musique, l’adjointe au Conseiller Social du Président de la République a reçu le Président de la CFPSAA le 20 novembre pendant presque deux heures, ce qui m’a permis de lui faire plusieurs propositions concernant notamment :
-  L’application par la France de la Convention de l’ONU sur les droits des personnes handicapées,
-  L’égalité de traitement sur l’ensemble du territoire et des simplifications administratives vivement souhaitées,
-  L’adoption d’un nouveau plan « handicap visuel » duquel nous attendrions davantage de résultats que le précédent,
-  Le développement de l’accessibilité numérique : sites publics et privés, logiciels sur les postes de travail, produits de consommation courante (par utilisation des QR Codes), accès à la téléphonie,
-  L’accès à la culture : ratification du traité de Marrakech, développement de l’audio description,
-  Le renforcement du rôle du CNCPH qui devrait être obligatoirement consulté sur tout texte législatif ou réglementaire concernant avant tout les personnes handicapées ce qui n’est pas le cas aujourd’hui Nous constaterons bientôt l’écho qu’auront eu ces propositions. Le Conseil d’Administration de la CFPSAA s’est réuni le samedi 27 septembre au matin, les Présidents des associations membres de la Confédération se sont retrouvés l’après-midi. Parmi les points traités :
-  Le bilan de nos rencontres avec l’Administration et les textes en préparation,
-  Le travail de nos différentes commissions qui se rencontrent régulièrement,
-  Les actions du groupe de travail Daisy-France,
-  La présentation du Centre Ressources Théâtre Handicap qui vient de nous rejoindre,
-  Le point sur nos actions en cours tant contre la ville de Paris (inaccessibilité de la place de la République) qu’auprès du Défenseur des Droits (pour qu’il publie une recommandation constatant que la fourniture de logiciels non accessibles sur les lieux de travail constitue une discrimination),
-  La convention signée entre la CFPSAA et l’AGEFIPH afin de développer l’emploi des déficients visuels, elle permettra au GIAA et à la FAF de renforcer leurs actions en ce domaine,
-  La situation encourageante de l’Union Francophone des Aveugles dont nous sommes membres et qui prépare son Assemblée Générale,
-  Un point sur les JNAA auxquelles 18 associations ont encore participé cette année,
-  Propositions de quelques amendements à nos statuts, visant notamment à faire en sorte que le Président, le Secrétaire Général et le Trésorier aient un mandat de trois ans afin d’assurer une certaine pérennité à leur travail,
-  L’organisation du fonctionnement de la CFPSAA, etc. Nous préparons aussi le dixième anniversaire de la loi du 11 février 2005, non comme une fête, mais comme une occasion de constater comment a évolué la situation des personnes handicapées au cours de ces dix dernières années. Pour ce faire, nous avons impérativement besoin de vous. En effet, entre le 20 décembre et le 15 janvier prochains, vous serez invités à répondre à un questionnaire dont le lien vous sera communiqué par une annonce spéciale. Nous souhaitons obtenir au minimum 600 réponses de personnes handicapées, dont au moins une centaine de déficients visuels, pour que les réponses puissent être valablement exploitées par l’IFOP, organisme en charge de réaliser ce sondage. Merci par avance de vous mobiliser, les résultats de l’enquête seront publiés par les médias le 11 février prochain, nous faisons également des démarches pour qu’un film sur l’image du handicap, suivi d’un débat, soit diffusé ce même jour sur une chaîne de grande écoute.

Vous trouverez dans ce bulletin divers documents traitant de l’accès à l’emploi des personnes handicapées, peut-être avez-vous constaté qu’une semaine a été consacrée à cette question du 17 au 21 novembre. Dans le cadre de la Commission des Droits de l’Union Européenne des Aveugles que je préside, j’ai préparé un court rapport « bonnes et mauvaises pratiques pour l’emploi des déficients visuels en France » sur lequel je vous invite à réagir.

Nous sommes particulièrement heureux de constater qu’après les salles de cinéma annoncées dans le précédent bulletin comme équipées pour recevoir l’audio description, ce sont maintenant tous les cinémas du groupe UGC qui sont équipés pour l’audio description, vous en trouverez la liste dans ce bulletin. Un grand merci à Sylvain NIVARD et Guy ROCHEREAU qui se dévouent sans compter pour le développement de cette technique. Ils recherchent toujours des personnes déficientes visuelles disposées à participer au panel donnant un avis sur la qualité des films projetés. N’hésitez pas à vous manifester si vous êtes intéressés.

En conclusion de cet éditorial, je veux adresser de très sincères félicitations à trois amis dont l’État a reconnu cette année les mérites en leur accordant une distinction :
-  Olivier PARADIS, Président de l’Association Braille et Culture, qui vient d’être promu Chevalier de l’Ordre National du Mérite ;
-  Alain LEQUEUX promu Officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres ;
-  Sylvain NIVARD promu Chevalier de ce même Ordre. Je vous souhaite bonne lecture de ce très long bulletin et espère vous retrouver pour un ultime éditorial de cette année, juste avant les fêtes.

Philippe CHAZAL, Président de la CFPSAA

HOMMAGE AUX AVEUGLES DE LA RÉSISTANCE.

C’est un moment très émouvant qu’ont vécu les élèves de l’Institut National des Jeunes Aveugles, son personnel, les représentants associatifs et les officiels qui se sont retrouvés, le 25 novembre en fin de matinée dans la chapelle de l’établissement pour honorer le souvenir des aveugles de la résistance près de 70 ans après la fin de la première guerre mondiale. A juste titre, le Président du Conseil d’Administration, André NUTTE, a parlé d’un moment historique pour l’INJA, qui s’honore d’avoir eu pour élèves plusieurs de ces héros. Ségolène NEUVILLE, Secrétaire d’État en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion avait tenue à être personnellement présente pour rendre un vibrant hommage à ces hommes et femmes que le handicap visuel, souvent la cécité, n’a pas empêché d’accomplir des actions de résistance, au péril de leur vie. Cacher des armes sous la paille qu’ils utilisaient pour réparer des chaises, passer des messages et documents, héberger des personnes recherchées, transmettre des faux papiers, telles furent les activités quotidiennes de ces « hommes de l’ombre » durant la période 1940-1945. Aimé DALY, l’un des trois seuls survivants parmi les quelques 130 aveugles de la résistance évoqua ses souvenirs et la façon dont il sortit dans son cartable des documents et papiers de l’école de Villeurbanne occupée par l’ennemi. Un « moment musical et de poésies » fut ponctué par :
-  une pièce d’orgue de Gaston LITAIZE interprétée par Dominique LEVACQUE, professeur de piano et d’orgue à l’INJA ;
-  un morceau de guitare brillamment joué par un élève de classe terminale : Alexandre PIN ;
-  de magnifiques et très émouvants extraits de poèmes lus par les élèves de la classe de seconde B ;
-  plusieurs œuvres interprétées par la chorale de l’établissement sous la direction de François MALAN, professeur de piano et coordinateur de la musique. C’est debout, que l’assemblée, à l’unisson, chanta la Marseillaise. Peu après, les officiels se retrouvaient dans le hall d’entrée de l’Institut où le tout nouveau Secrétaire d’État chargé des anciens combattants et de la mémoire Jean-Marc TODESCHINI dévoilait une plaque portant les noms des aveugles de la résistance. A côté des plaques rappelant le souvenir de Louis Braille et Valentin Haüy, celle-ci gardera vivants les noms de ces héros, en un lieu fréquenté quotidiennement par les élèves de l’Institut. Une minute de silence conclut cette manifestation.

Philippe CHAZAL

1) ACTUALITÉS DE LA CFPSAA

1-A) STOP À L’INACCESSIBILITÉ DES LOGICIELS MÉTIERS !

Alors qu’elles réussissent le mieux leurs études, les personnes handicapées visuelles sont les plus nombreuses à déclarer avoir subi professionnellement des injustices ou refus de droit. Soucieuses de faire reculer cette discrimination la CFPSAA et la FÉDÉEH s’associent pour saisir le Défenseur des Droits en faveur de l’accessibilité des logiciels professionnels pour les personnes déficientes visuelles.

Dans le cadre de la Semaine pour l’Emploi des Personnes Handicapées, les associations, les employeurs et les partenaires sociaux se mobilisent pour favoriser l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. Dans cette perspective, la CFPSAA et la FÉDÉEH dénoncent l’inaccessibilité pénalisante de la plupart des logiciels métiers utilisés sur les postes de travail. Cela constitue un obstacle majeur à l’intégration et à la réussite professionnelle des personnes handicapées visuelles tant dans le secteur privé que public.

Des économies substantielles à la clé L’AGEFIPH, le FIPHFP et les entreprises sous accord handicap engagent chaque année des sommes importantes pour financer l’aménagement des postes de travail (synthèse vocale, afficheur braille...). Ces investissements peuvent s’avérer totalement inutiles si les logiciels ne sont pas accessibles. A l’inverse, plusieurs employeurs peuvent financer en parallèle la mise en accessibilité d’un même progiciel.

La FÉDÉEH et la CFPSAA revendiquent Face à cette situation inacceptable, le Défenseur des droits vient d’être saisi afin qu’il constate la discrimination résultant de cette inaccessibilité pour de très nombreux travailleurs déficients visuels. Des dizaines de témoignages ont été rassemblées pour appuyer cette démarche.

La FÉDÉEH et la CFPSAA réclament : l’accessibilité totale des logiciels et de leurs mises à jour dés leur conception la mise en accessibilité des logiciels existants la mention d’une clause d’accessibilité obligatoire dans tous les appels d’offres publics ou privés

Quelques chiffres éloquents D’après les statistiques du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (données Handi-U 2012-2013), parmi les 9 troubles recensés les étudiants déficients visuels sont ceux qui parviennent à suivre les cursus les plus longs. D’après l’enquête INSEE « discriminations liées au handicap et à la santé », ¾ des chômeurs déficients sensoriels estiment avoir subi professionnellement « des injustices ou refus de droit », ce qui est beaucoup plus que pour les autres types de handicap. Aujourd’hui 41% des personnes aveugles en âge de travailler sont sans emploi.

À propos de « la FÉDÉEH », fédération étudiante pour la réussite des jeunes en situation de handicap ! Représentation nationale de la communauté étudiante active dans le champ du handicap, la Fédération Étudiante pour une Dynamique Études et Emploi avec un Handicap soutient le déploiement national d’un réseau social de jeunes handicapés et d’un réseau d’associations étudiantes dédiées au handicap. Avec l’aide des membres de son Conseil ressources (structures spécialisées, établissements supérieurs, experts et entreprises) elle mobilise et accompagne ses bénévoles étudiants dans la mise en place d’actions pour la réussite des jeunes handicapés : tutorat d’élèves du secondaire, bourses d’études, prix associatifs étudiants, parrainage vers l’emploi, socialisation, campagne d’opinion, concertation et rencontre d’employeurs. La FÉDÉEH manifeste sa culture d’empowerment à travers l’animation de son réseau d’entraide fondé sur la pairémulation entre jeunes handicapés et leur participation majoritaire à sa gouvernance.

À propos de la CFPSAA (Confédération Française pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes) !

Fondée en 1948, la CFPSAA rassemble les principales associations œuvrant pour la pleine citoyenneté des personnes handicapées visuelles. Elle a pour objectif : de coordonner la réflexion et les actions de ses associations membres, particulièrement dans tout domaine qui présente un intérêt général pour les personnes aveugles ou amblyopes tel que : l’accès à l’éducation, à la culture, à la formation professionnelle et à l’emploi, à la vie autonome (compensation du handicap, nouvelles technologies, accessibilité), aux soins et à la rééducation, à l’intégration sociale, aux sports, aux loisirs, etc. de coordonner leurs actions et demandes pour proposer ou défendre un point de vue commun sur les dossiers dont elle a connaissance. de favoriser l’amélioration de l’intégration scolaire, professionnelle, économique, culturelle et sociale des personnes aveugles ou malvoyantes, notamment par l’évolution et l’adaptation des législations. de promouvoir toutes initiatives susceptibles de faire mieux connaître les aptitudes et les compétences des personnes aveugles ou amblyopes et d’en améliorer l’image.

Contacts presse : Yasmina EL OURAT - Responsable communication - 01 48 10 38 55 - yasmina.elourat@fedeeh.org Philippe CHAZAL - Président de la CFPSAA- 01 45 30 96 12 / 06 72 10 94 12 – presidence@cfpsaa.fr

1-B) LANCEMENT DU COLLECTIF NATIONAL POUR UNE FRANCE ACCESSIBLE POUR TOUS

Alors que l’accessibilité est une obligation nationale depuis 1975 et répond à une forte demande des citoyens français, la loi de 2005 qui prévoyait l’accessibilité au 1er janvier 2015 n’a pas été respectée et des délais supplémentaires sont aujourd’hui proposés pour rendre la France accessible. Face à ce constat qui prive des millions de citoyens d’une réelle liberté d’aller et venir, plusieurs organisations représentatives de personnes en situation de handicap, des personnes âgées, des familles, d’usagers des transports en communs et de la voie publique (cyclistes et piétons) décident de s’unir pour créer un collectif national pour une France accessible pour tous. La création de ce collectif fait suite à la publication de l’Ordonnance relative à l’accessibilité qui crée les Agendas d’accessibilité programmés (Ad’AP).

L’ambition de ce collectif est de rassembler tous ceux dont le quotidien dépend de l’accessibilité et de la conception universelle pour tous ou qui en sont promoteurs. Son ambition est aussi de promouvoir l’accessibilité auprès de l’opinion publique et des décideurs politiques. Car l’accessibilité universelle n’est pas une demande catégorielle mais concerne l’ensemble de la population et notamment : les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les parents avec poussettes, les femmes enceintes, les blessés temporaires, les enfants en bas âge, les cyclistes, les voyageurs avec bagages, les livreurs et toutes les personnes valides pour le confort procuré.

Ce collectif pour une France accessible pour tous rappelle son opposition au texte actuel de l’Ordonnance relative à l’accessibilité des établissements recevant du public et des transports en commun, contre lequel il entend dès maintenant se mobiliser tant au plan national que local. En effet, cette Ordonnance constitue un recul des ambitions de la loi de 2005 mais aussi un coup porté à la nécessaire adaptation de la société au vieillissement. Le collectif rejoint les recommandations faîtes par le Défenseur des Droits au Gouvernement, et partage l’avis défavorable que le CNCPH (Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées) a émis par rapport à l’Ordonnance. Aussi, le Collectif pour une France accessible appelle les Parlementaires à refuser de ratifier en l’état l’Ordonnance qui leur sera présentée prochainement par le Gouvernement.

Plus les mesures pour achever les transformations nécessaires tarderont à être prises aujourd’hui, plus lourdes seront les dépenses pour répondre aux citoyens de demain.

Ce collectif appelle toutes les organisations engagées pour l’accessibilité universelle à le rejoindre.

Premières organisations participantes au collectif :

l’Association française contre les myopathies (AFM-Téléthon) l’Association Nationale Pour l’Intégration des personnes Handicapées Moteurs (ANPIHM) l’Association des paralysés de France (APF) la Confédération française pour la promotion sociale des aveugles et amblyopes (CFPSAA) la Confédération française des Retraités (CFR) le Conseil National des Associations Familiales Laïques (CNAFAL) les Droits du piéton la Fédération française des associations d’infirmes moteurs cérébraux (FFAIMC) la Fédération Nationale des Associations de Retraités (FNAR) la FNATH, association des accidentés de la vie la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) le Groupement français des personnes handicapées (GFPH) le Groupement pour l’Insertion des personnes handicapées physiques (GIHP) la Fédération Jumeaux et plus l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (UNAFAM) l’Union nationale des associations de parents d’enfants inadaptés (UNAPEI) l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss)

1-B) RÉPONSE DE LA CFPSAA À UNE CONSULTATION PUBLIQUE

Le 31 mars 2014 une étude réalisée par l’association Braillenet mettait en exergue que sur un échantillon de 600 sites internet publics, moins de 4% avaient publié une attestation de conformité au RGAA valide.

Le RGAA est un référentiel de bonnes pratiques permettant normalement aux personnes handicapées d’être davantage en capacité d’utiliser les espaces numériques quel que soit leur forme.

Le gouvernement, motivé par les associations des personnes handicapées a confié la mission au SGMAP de rédiger une nouvelle version de ce référentiel, d’ici la fin de l’année.

Les personnes déficientes visuelles, principales bénéficiaires de cette démarche d’accessibilité avaient pour espoir que la nouvelle version du RGAA puisse : Intégrer les évolutions du monde numérique et notamment les applications et informations diffusées sur les mobiles ; Être plus facilement comprise et utilisée par les responsables digitaux des structures privées ou publiques ; Être intégrée dans des outils de contrôle afin de faciliter son implémentation. Force est de constater que cette nouvelle version du RGAA ne satisfait pas l’ensemble de nos attentes. À ce jour, les périphériques mobiles (téléphones et tablettes) ne sont pas dans le périmètre de ce nouveau référentiel. De plus, les professionnels du monde numérique constatent que ce référentiel est beaucoup plus complexe, et sera plus couteux à implémenter dans les développements et plus couteux à tester.

Par contre, un effort a été porté sur la capacité de ce dernier à être implémenté dans des outils de contrôle.

La CFPSAA tient à rappeler que l’accès aux espaces numériques est un droit depuis la loi du 11 février 2005, et qu’elle a notamment pour objectif de faciliter l’intégration des personnes déficientes visuelles dans le monde professionnel, social et culturel.

Les utilisateurs que nous représentons ont avant tout besoin de pouvoir accéder simplement aux différentes informations et services numériques qu’ils soient privés ou publics. Le constat est que le référentiel aussi complet qu’il soit, ne permet pas aujourd’hui à la majorité des espaces numériques de respecter nos besoins les plus évidents comme commenter les graphiques, avoir des liens explicites ou encore des formulaires utilisables.

Au-delà de la mise à jour du RGAA 3, la CFPSAA souhaite proposer quelques règles d’usages qui sont pour ses membres, indispensables.

En conclusion, la CFPSAA demande que compte tenu de la complexité du RGAA3 l’administration puisse s’assurer de la Prise en compte de ce référentiel auprès des publics concernés.

La CFPSAA demande également que le document des modalités d’application puisse évoluer afin d’intégrer de véritables sanctions tant au niveau du privé que du public, de mettre en place une structure de contrôle et d’accompagnement avec un calendrier clairement défini ainsi qu’un budget de fonctionnement pérenne.

La structure créée devra avoir pour objectif la mise en place d’un dispositif complet, efficace et pérenne pour l’application effective des normes reconnues. En effet, la véritable clé de l’accessibilité pour tous se trouve dans l’amélioration des compétences, par la sensibilisation et la formation professionnelle ainsi que la planification méthodique du déploiement de l’accessibilité. Elle devra avoir les moyens d’effectuer une vérification rigoureuse du respect de l’accessibilité par des contrôles systématiques afin de vérifier que les objectifs de conformité et de qualité sont atteints.

Cette structure devra également assurer, l’encouragement de la mise en oeuvre de l’accessibilité par la promotion des bonnes pratiques et la mise à disposition d’outils de développement et de contrôle appropriés.

2) ACTUALITÉS INSTITUTIONNELLES

2-A) CONFÉRENCE NATIONAL DU HANDICAP : FORUM RÉGIONAL

24 novembre au Palais des Congrès de Nantes

En ouverture des débats, la Secrétaire d’État chargée des personnes handicapés et de la lutte contre l’exclusion Ségolène NEUVILLE a tenue à rappeler que les conférences nationales du handicap se déroulent tous les trois ans et que l’édition de cette année s’intègre dans le prolongement du comité interministériel qui a programmé pour l’occasion une série d’actions régionales sur divers sujets à savoir la jeunesse, l’emploi, l’accessibilité, la prévention... Cette conférence sera suivie de plusieurs rencontres décentralisées qui auront lieues à Dijon, Lille et dans les Pyrénées Orientales, à la suite de quoi l’Élysée organisera une restitution des travaux avec un focus sur la mise en œuvre des objectifs identifiés. (Lundi 1er décembre sur la thématique de l’Emploi à Dijon, Vendredi 5 décembre sur la thématique de la Jeunesse à Lille, Lundi 8 décembre sur la thématique de l’accompagnement et accès aux soins à Ille sur Têt et une Conférence nationale du handicap en décembre à Paris)

La Secrétaire d’État a également mis en avant la nécessité d’un véritable changement culturel dans l’élaboration des politiques publiques relatives aux personnes handicapées, évolution qui découle de l’application de la Convention de 2006 des Nations Unies sur le même sujet qui fut ratifiée par la France en 2010.

L’après-midi de débats fut divisée en deux tables rondes, la première consacrée à l’accessibilité de la ville (cadre bâti et logement) et la seconde à l’accessibilité numérique. L’animation fut dirigée par la sénatrice de l’Essonne et Présidente de l’Observatoire Interministériel de l’Accessibilité et de la Conception Universelle Claire Lise CAMPION.

L’accessibilité de la ville, une définition claire et des objectifs précis L’accessibilité a été définit comme la faculté de s’approprier l’espace public. Des précisions ont été apportées concernant les bonnes pratiques internationales afin d’expliquer qu’à Rome, Berlin et aux Etats-Unis, plus personne ne songe à ne pas remplacer des équipements vétustes. En comparaison en France, ce réflexe n’est pas obligatoire et la seule solution opérationnelle consiste à maintenir les sanctions pour ceux qui ne respectent pas la loi de 2005.

La sénatrice a rappelé les objectifs visés par le gouvernement :
- élaboration d’outils d’auto diagnostic : www.accessibilite.gouv.fr
- évolution des mentalités (ex : recrutement de 1000 ambassadeurs par le service public)
- Communication active sur les agendas, la méthode et la mise en pratique.

Selon elle, l’accessibilité se doit d’être universelle et de répondre à la problématique « accessibilité à tout pour tous » avec un développement dans tous les secteurs ; du logement à l’information (avec notamment la charte de qualité pour l’usage de la langue des signes française), en passant par la communication, le sport et les loisirs (avec des initiatives telles que le label « Tourisme et handicap » ou « Destination pour tous »). La consommation est également citée avec un « Internet pour tous ». Par ailleurs, il a été rappelé pour évoquer que l’accessibilité revenait vers le grand public, l’histoire de la machine à écrire crée par un italien pour une comtesse aveugle, la fabuleuse histoire du téléphone dont le créateur cherchait à communiquer avec son épouse sourde et l’histoire de la télécommande qui servait en premier lieu aux personnes en fauteuil roulant.

Plusieurs intervenants nantais, représentants institutionnels ou de comités exemplaires, témoins et contributeurs issues de la société civile ou d’associations locales ont ensuite pris la parole à tour de rôle pour présenter leurs expériences et leurs bonnes pratiques en précisant leurs conditions de vie, leurs façons de procéder et les problématiques d’accessibilité du logement auxquelles ils doivent faire. A leurs côtés, la Maire de Nantes Johanna ROLLAND ainsi que l’ancien Premier Ministre Jean-Marc AYRAULT ont présenté les grands axes à traiter cette année.

La maire de Nantes Johanna ROLLAND a défendu le plan mené dans sa ville concernant l’accessibilité bâtiment. Elle a précisé que l’accessibilité handicap est un sujet qui reprend l’exemplarité de la conception même du modèle à mettre en place sur tous les territoires. Elle a pris pour exemple le château des Ducs de Bretagne qui est entièrement accessible et dont les nantais se félicitent. Clin d’œil au témoignage d’une maman avec sa poussette selon qui « c’est bien agréable d’avoir un château accessible à tous ». Pour la maire, c’est la rigueur méthodologique qui a permis à la ville de Nantes d’être l’une des premières villes françaises en termes d’accessibilité (fauteuil roulant), notamment grâce au travail en commun avec tous les acteurs, le partage leur savoir-faire et l’expertise des usagers du quotidien en lieu et place d’une fracture sociale ou numérique liée à un manque d’éducation à l’accessibilité. A ce sujet, la maire a précisé que bientôt à Nantes, 114 écoles publiques seront accessibles mais qu’en attendant l’effectivité de cette volonté, l’objectif est que chaque quartier soit doté d’une école accessible pour tous. Le même travail est mené avec les commerçants locaux (UNACOD) et les services publics de proximité. Une allusion a également été faite au pôle « French Tech = territoire numérique ».

L’ancien Premier Ministre JM. AYRAULT est intervenu pour rappeler la volonté politique nationale de faire de l’accessibilité une priorité avec l’ambition d’apporter « une expertise globale en intégrant tous les acteurs ». Selon lui, le projet ne peut aboutir que si les conditions de temps, de moyen et de continuité sont réunies. L’ancien Premier Ministre a également abordé le fléau du chômage des personnes handicapés qui représente « le double de la moyenne nationale » et nécessite donc selon lui de faire « le choix de l’inclusion totale ». Il a affirmé son souhait de continuer la mobilisation de tous les acteurs afin de ne perdre aucun instant et de donner un coup d’accélérateur. Il a assuré comprendre les attentes de tous mais a rappelé que les évolutions en matière d’accessibilité prennent du temps, d’où l’existence d’un agenda d’accessibilité programmée dont l’objectif est d’informer tout le monde des avancées réalisées.

Une précision a été apporté quant à l’exclusion du dispositif règlementaire concernant les déficients souffrants d’acouphène qui sont exclu de la loi de 2005 alors qu’ils représentent entre 7 et 8 millions de personnes.

Nous devons dire ici que le contexte de cette journée était agité. En effet, d’une part une manifestation organisée par le collectif « Pour une France accessible » avait lieu devant les portes du congrès alors que dans la salle un certain nombre d’invités ont pris vivement la parole sur le refus des AD’AP et les pertes qu’occasionnent pour les personnes handicapés les nouveaux textes règlementaires et les nouveaux délais. Nous devons dire aussi que l’essentiel des débats s’est focalisé sur le cadre bâti, rien sur le transport et quelques mots sur la voierie. A croire que les personnes handicapées de notre pays n’ont pas de vie sociale ou professionnelle.

L’accessibilité numérique : encore des efforts à faire pour des possibilités toujours plus poussées

La deuxième partie de l’après-midi a donc été consacrée à l’accessibilité numérique et la sénatrice Claire Lise CAMPION, en a profité pour rappeler que le centre relais téléphonique pour les personnes sourdes était très attendu. Selon elle, il faut absolument éviter une rupture de service à la fin de l’expérience en juin 2015.

La parlementaire des côtes d’Armor, Corinne ERHEL a résumé les quatre axes majeurs du rapport sur l’accessibilité numérique dont elle est la principale rédactrice :
- accessibilité et connexion de qualité
- usage en mobilité (Smartphone et tablette)
- communication interpersonnelle (protection de la vie privée et des données perso)
- disponibilité humaine (nécessité d’avoir des intervenants diplômés et de qualité). A ce propos, on dénombre 390 diplômés en langue des signes pour 500 000 personnes potentiellement intéressées.

Selon elle, les efforts doivent principalement porter sur les sites web publics mais certains sites internet privés sont déjà accessibles et fonctionnent bien. C’est pourquoi, il faut les montrer comme l’exemple à suivre et valoriser les initiatives vertueuses tout en intégrant cette caractéristique dans la Responsabilité Sociale des Entreprises. D’où la nécessité de développer au mieux, des éco-systèmes régionaux capables de faire avancer les choses rapidement (partage de connaissance, synthèse vocale…).

Ensuite, l’intervention de Mathieu FROIDURE, président de la commission NTIC de la CFPSAA, sur l’accessibilité internet du point de vue citoyenneté et consommation a permis de préciser que l’accessibilité numérique ne concerne pas seulement le réseau internet. En effet, les mobiles (type Smartphone) ont eux aussi besoin d’être rendu accessible tout comme les machines à laver, les fours à micro-onde et bien d’autres objets du quotidien. Concernant l’emploi des personnes handicapés, le technicien a également insisté sur la nécessité de former les entreprises afin de faciliter l’intégration des déficients en expliquant qu’il s’agit là d’ « un énorme enjeu de société ». Enfin, et pour rebondir face aux commentaires de la première partie des débats, il a précisé que les déplacements physiques représentent indéniablement un sujet très important mais qui a un prix alors qu’adapter le numérique, c’est assez abordable à condition d’intégrer les processus en amont, via des règles d’usages et de bons sens, le tout couplé à une formation et une normalisation généralisée. Mathieu a rappelé qu’il ne faudrait pas refaire les mêmes erreurs du passé en citant l’exemple du clavier virtuel sécurisé pour le secteur bancaire. Il a enfin relayé avec force la réflexion selon laquelle « inciter c’est bien, mais contraindre c’est mieux » avant de justifier ses propos via des exemples parlant de la vie de tous les jours tel que « voter avec un papier c’est compliqué quand on ne voit pas » de même qu’en tant que consommateur, « le web reste la solution la plus pratique » alors que les commerçants ne sont aucunement obligé de rendre leur site internet accessible.

Un représentant de la DISIC est intervenu pour préciser que son institution a pour objectif principal de coordonner les actions des administrations françaises en matière de NTIC. Par conséquent, la DISIC pilote le RG2A pour le secteur public depuis le décret 2009. Une mise à jour technique de ce dispositif interviendra via la publication d’un nouvel arrêté en février-mars prochain alors qu’un label devrait voir le jour au tout début d’année 2015. Celui-ci est le fruit du rapprochement indispensable entre le RG2A public et ACCI WEB pour modéliser un outil légal afin de contraindre les acteurs du secteur et généraliser la dynamique. Néanmoins, la question du secteur privé se pose également. En effet, selon lui, « on est au début du numérique accessible » et il ne faudrait donc pas prendre autant de retard que le bâti. C’est pourquoi le mieux est de valoriser via un label de contrôle, les bonnes pratiques de ceux qui améliorent leur niveau d’accessibilité. « Le site web vit et si on ne fait pas attention dans la durée, il peut très rapidement ne plus être accessible. Le référentiel RG2A pourrait être participatif, c’est déjà un peu le cas car les usagers nous ont fait leur retour et nous l’avons fait évoluer.

La FEVAD a quant à elle précisé que la prise de conscience n’est pas réelle dans le monde du commerce, qu’il est facile de rendre accessible à la majorité du handicap mais qu’il est plus difficile pour le handicap visuel. Son représentant nous a rappelé que les e-commerçants américains sont nettement plus accessibles et que de gros efforts restent à faire en France sans pour autant s’engager à faire mieux demain.

L’Institut National de la Consommation, représenté par sa directrice Madame Fabienne CHOL, a pour objectif principal de donner à tous les informations concernant les produits et services ainsi que les droits et les devoirs des consommateurs. Mme CHOL indique que l’institut a réalisé une expérience grandeur nature via l’association HANDEO qui a fait tester, par un panel de personnes en situation de handicap, différents biens et services de la vie quotidienne. La représentante a affirmé avec force que la domotique, contrairement à ce qui est véhiculé dans le grand public, ne résoudrait pas tous les problèmes. Encore faudrait-il que la télécommande de cette domotique soit accessible à tous. Elle nous encourage à vérifier leur site internet de l’INC qui est en reconstruction est sera accessible pour tous en mars 2015.

En conclusion retenons que l’après-midi fut parsemée de phrases lourdes de sens :
- « C’est compliqué de faire simple, mais une fois que c’est fait, c’est simple de le généraliser. »
- « L’objectif premier reste de généraliser plus largement le facile à lire et le facile à comprendre. »
- « Le discours des usagers est important à prendre en compte pour savoir à quoi correspondent leurs besoins. »

Mais il y a également eu des ’interventions du public assez explicites comme par exemple celle de Thierry JAMMES sur le thème : « On mange plus souvent qu’on ne remplit des documents administratifs », cela veut bien dire qu’il faut rendre accessible le e-commerce. La Secrétaire d’État chargée du numérique Axelle LEMAIRE a clos les débats en alertant sur le fait que « le numérique doit rester un facteur d’inclusion et non d’exclusion ». Selon elle, le combat pour faire avancer le numérique en France est aussi « au cœur de tous les sujets et il doit être porté par tous les Français et par tous les ministères ». La ministre de rappeler que pour faire une République Numérique il faut avoir en tête une égalité pour tous, des politiques collectives ambitieuses et surtout pas d’exclusion. Elle a également précisé deux axes à creuser :
- la diffusion de l’utilisation des services numériques comme levier d’amélioration globale des conditions de vie,
- l’accessibilité des nouveaux services et moyens d’échanges avec pour objectif d’accélérer la prise de conscience (choix des logiciels accessibles pour les agents de l’état au sein des collectivités).

Par ailleurs, le RG3A sera donc mise en place à partir de mars prochain. A voir si l’ensemble des administrations seront à la page. Pour y arriver, il faut favoriser un dialogue fructueux sur la mise en accessibilité des grands sites internet et l’intégration des normes correspondantes. Ne pas oublier également les banques et les assurances, la presse et toutes les autres plates-formes et réseaux sociaux.

Concernant la formation, le constat est alarmant : en effet, peu d’écoles supérieures ont des volets d’accessibilité intégrés dans leurs différents apprentissages alors que l’objectif à viser dès à présent serait que le codeur d’aujourd’hui soit en mesure de demander le respect des normes qui permettront de rendre l’ensemble des sites de demain accessibles pour tous.

Enfin, pour ce qui est des services de communications téléphoniques, les opérateurs ont pris des engagements pour améliorer leur offre de service. Rien de tel que la transparence en ce domaine via l’ARCEP qui va sortir un rapport sur la qualité des services offerts sous l’angle de l’accessibilité.

En conclusion, il faut retenir que peu importe le support ou l’objet concerné, l’impulsion dépendra de la capacité et de la formation des médiateurs numériques. En outre, la signature d’une convention entre l’État et l’association des paralysés de France permettra d’aider à la diffusion de l’accessibilité numérique. Par conséquent, il est impératif que les start-up soient obligées de respecter ce genre de normes afin que les 40 milliards d’objets connectés qui nous entoureront d’ici cinq ans soient tous accessibles. Pour autant, il ne faut pas oublier non plus la numérisation des ouvrages adaptés aux déficients visuels.

Enfin, l’annonce d’une concertation publique lancée par le Premier Ministre le 4 octobre dernier sur la stratégie de la France dans le domaine de l’accessibilité numérique ainsi que l’élaboration d’une directive européenne sur la question de l’accessibilité sont deux bonnes nouvelles à suivre de près.

2-B) LA CNSA ADOPTE UN BUDGET EN HAUSSE DE 4,4% POUR 2015

Lors de la réunion de son conseil mardi 18 novembre, la caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a adopté un budget 2015 de 22,667 milliards d’euros, en hausse de 4,4 % par rapport à 2014. Mais ce budget est à nouveau construit en déficit (- 116,6 millions d’euros), principalement en raison d’un prélèvement sur les réserves pour financer les établissements et services médico-sociaux, a précisé la caisse dans un communiqué.

Ce déficit sera imputé sur les 277 millions de réserves qui devraient être disponibles en fin d’année. En 2015, comme s’y était engagé le gouvernement, l’intégralité des recettes de la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA), soit 682,5 millions d’euros, sera versée à la CNSA.

Adopté par 46 voix pour, 22 voix contre et quatre abstentions, tandis que six membres n’ont pas pris part au vote et que cinq autres ont pris acte, le budget de la caisse continue de susciter des "divergences de points de vue".

Des divergences de points de vue Ainsi, en votant contre, les membres du GR 31 - qui regroupe les 31 organisations représentatives des personnes âgées et des personnes handicapées ainsi que des établissements et des services d’aide à domicile qui siègent à la CNSA - ont dénoncé "l’insuffisance du taux de reconduction des moyens des établissements et services qui ne leur permet pas de faire face à l’augmentation des charges" et la réouverture très encadrée du tarif global "alors qu’un arrêt du Conseil d’État a annulé les dispositions sur l’option tarifaire figurant dans les circulaires des campagnes budgétaires 2012 et 2013", a expliqué la caisse.

De leur côté, les représentants des conseils généraux ont exprimé des "réserves" sur le financement par les recettes propres de la CNSA de différentes dépenses (agences nationales, compensation de certaines dépenses de l’État pour les maisons départementales pour les personnes handicapées...), tout en soulignant "la part importante" de leur contribution au financement de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et de la prestation de compensation du handicap (PCH) et "le contexte difficile pour les MDPH". Certains partenaires sociaux se sont quant à eux "montrés soucieux des conséquences de la moindre progression du budget sur les conditions de travail des professionnels du secteur médico-social et sur la qualité de l’accompagnement des personnes âgées et des personnes handicapées à domicile ou en établissement", a encore fait savoir la caisse.

Le financement des établissements Au titre de la section I de son budget, la CNSA a prévu 19,169 milliards d’euros pour financer les établissements et services médico-sociaux, dont 9,532 milliards sont dédiés au secteur des personnes handicapées et 9,637 milliards à celui des personnes âgées. Dans cette enveloppe, 145 millions visent à financer l’évolution des coûts de fonctionnement et salariaux des établissements et services déjà installés (+ 0,8 %). Et 340,65 millions sont des mesures nouvelles, dont : 100 millions consacrés à la poursuite de la médicalisation des établissements d’hébergement pour personnes dépendantes (EHPAD) ; 57,3 millions et 155,9 millions dédiés respectivement à la création de places en établissements et services pour personnes âgées et pour personnes handicapées ; 6,05 millions pour le plan "maladies neuro-dégénératives" et 21,4 millions pour le plan "autisme". La CNSA signale en outre que, comme en 2013 et en 2014, 13 millions d’économies vont être réalisées grâce à la convergence tarifaire appliquée dans les EHPAD (c’est-à-dire, via un ajustement du budget alloué aux établissements dont les dépenses de soins sont supérieures au tarif plafond). La réouverture partielle du tarif global pour ces structures est par ailleurs supportée par les réserves à hauteur de 10 millions d’euros. Également financés sur la section I du budget de la caisse, bien qu’il ne s’agisse ni d’établissements ni de services, les groupes d’entraide mutuelle (GEM) bénéficieront en 2015 d’une enveloppe en hausse de un million, soit au total 30 millions. Et l’augmentation des crédits destinés aux maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer (MAIA) va aussi se poursuivre l’an prochain : 71,1 millions, soit 4,5 millions supplémentaires, financeront les 238 dispositifs actuellement en fonctionnement ainsi que 50 nouvelles MAIA.

Les concours aux départements S’agissant des sections II et III de son budget, la CNSA annonce la couverture de 31 % des dépenses d’APA des départements (1,746 milliard, + 0,5 % par rapport à 2014) et de 34 % des dépenses de PCH (564 millions, + 2,6 % par rapport à 2014). Elle prévoit en outre de consacrer 74 millions au fonctionnement des MDPH, dont 10 millions sont issus d’un fonds de concours de l’État. La section IV de son budget comporte quant à elle 74,2 millions pour le financement de la modernisation et de la professionnalisation des services d’aide à domicile ainsi que de la formation des aidants et des accueillants familiaux. Et 20 millions, inscrits à la section V du budget, iront au soutien à la recherche, aux études et aux actions innovantes ainsi qu’aux systèmes d’information construits par la CNSA. Article rédigé par Lydia Laga

3) ACTUALITES SOCIALES

3 – A) BUDGET DE LA SÉCU : LE DÉTAIL DES 9,6 MILLIARDS D’ÉCONOMIES

Par Boris Manenti

INFOGRAPHIE. Retraites, hôpitaux, allocations familiales… les différents postes sur lesquels le gouvernement espère faire des économies avec son texte examiné ce mardi.

L’Assemblée nationale doit adopter, mardi 28 octobre, le budget de la Sécurité sociale.

Mesure la plus controversée du projet de budget de la Sécurité sociale, soumis mardi au vote de l’Assemblée, la modulation des allocations familiales n’est pas celle qui rapporte le plus dans des comptes où 9,6 milliards d’économies sont prévues.

"L’Obs" détaille l’ensemble des économies que le gouvernement espère trouver avec son projet de loi pour le financement de la Sécu (PLFSS). 9,6 milliards d’économies pour la Sécu | Create Infographics

Le gouvernement entend trouver 9,6 milliards d’euros d’économies en 2015 dans le champ social, incluant Sécurité sociale, assurance chômage, retraites complémentaires obligatoires ; sans compter les "mesures nouvelles" annoncées lundi par Michel Sapin à la Commission européenne pour réduire de 3,6 milliards supplémentaires le déficit public (Etat, protection sociale, collectivités territoriales). 4 milliards issus de réformes déjà réalisées
- Branche famille : "près de 600 millions d’euros", selon le secrétaire d’Etat au Budget, Christian ECKERT, pour moitié engendrés par des mesures prises dans le budget 2014 de la Sécurité sociale (baisse du quotient familial et de l’allocation de base de la Prestation d’accueil du jeune enfant - PAJE - pour les plus aisés). 300 autres millions découlent d’une sous-consommation en 2013 de crédits alloués à la Caisse nationale d’Allocations familiales (Cnaf).
- Branche vieillesse : 1,5 milliard d’euros gagnés grâce au décalage de la date de revalorisation des retraites d’avril à octobre (900 millions pour le régime général, 600 millions pour les autres régimes de base, y compris les régimes spéciaux).
- Régimes gérés par les partenaires sociaux : 1,9 milliard épargné. La sous-indexation des prestations de retraites complémentaires permet, selon le gouvernement, une économie de près de 850 millions d’euros (des syndicats la chiffrent autour de 600), 600 autres millions étant liés à la nouvelle convention d’assurance chômage (830 millions selon l’Unédic).

5,6 milliards d’économies avec de nouvelles mesures Les seules mesures inscrites dans le PLFSS 2015 engendreront environ 4,6 milliards d’euros d’économies :
- Branche maladie : 3,185 milliards : 520 millions sur l’efficacité de la dépense hospitalière, 370 millions avec le développement de la chirurgie ambulatoire et la réduction des hospitalisations inadéquates, 1,06 milliard via les produits de santé et la promotion des génériques, 1,15 milliard grâce à la pertinence et au bon usage des soins, 75 millions issus de la lutte contre la fraude.

- Branche famille : 700 millions, dont 400 millions d’euros proviennent de la modulation des allocations selon le revenu. La ministre des Affaires sociales, Marisol TOURAINE, chiffre le coût de la mesure de lissage à 20 millions d’euros en année pleine. Le projet de partage accru du congé parental, une mesure réglementaire d’harmonisation des dates de versements et une mesure de trésorerie sur la prime à la naissance (qui ne modifie pas les montants versés aux familles) contribueront au reste.

- Réforme du capital décès : 200 millions d’euros.

- Réduction des coûts de gestion des organismes de protection sociale : de 400 à 500 millions d’euros. Un milliard d’économies provient de mesures hors PLFSS :
- Lutte contre la fraude aux prestations sociales (près de 100 millions).
- Diminution des dépenses d’intervention des fonds d’action sanitaire et sociale (200 millions).
- Economies complémentaires en gestion sur les dépenses de l’Unédic(200 millions).

- Décalage de l’adoption de la loi vieillissement, qui ne devrait pas entrer en vigueur avant mi-2015 : cela "réduira ponctuellement de plusieurs centaines de millions d’euros" les dépenses engagées en 2015, précise l’entourage de Christian ECKERT. Ce projet de loi, voté en première lecture à l’Assemblée le 17 septembre, prévoit notamment une revalorisation de l’Allocation personnalisée d’autonomie à domicile, versée à près de 700.000 personnes âgées.
- 30 millions liés à l’impact sur la branche famille des mesures prévues dans le budget 2015 sur les aides au logement.

Dépenses et recettes votées lors de la discussion
- L’Assemblée nationale a approuvé la suppression, à partir de juillet 2015, des franchises et participations forfaitaires pour les bénéficiaires de l’aide à la complémentaire santé. Coût de la mesure : 38 millions d’euros en année pleine, et un peu moins de 20 millions d’euros dès 2015, selon Marisol TOURAINE.
- Une augmentation des taxes sur les cigares et cigarillos a été décidée, mais son éventuel rendement n’a pas été évoqué. B.M. (avec AFP)

Budget de la Sécu : le détail des 9,6 milliards d’économies

3-B) L’AGIRC-ARRCO DRESSE LE PROFIL DES PERSONNES HANDICAPÉES VIEILLISSANTES

Qui sont les personnes handicapées vieillissantes ?

Près de un an après le rapport « GOHET » sur l’avancée en âge des personnes handicapées, les organismes de retraite complémentaire ARRCO (non-cadres) et AGIRC (cadres) publient les conclusions d’une enquête qui dresse le profil des personnes handicapées de plus de 40 ans vivant à domicile et détaille leurs besoins.

Domaine d’intervention « historique » de l’action sociale de l’AGIRC-ARRCO, l’accompagnement des personnes handicapées fait partie de ses objectifs stratégiques pour la période 2014-2018. Selon ces derniers, les instituts de retraite complémentaire rattachés à l’AGIRC-ARRCO sont chargés de cibler les populations handicapées pour favoriser leur autonomie et promouvoir des solutions diversifiées pour les aidants.

Coordonnée par la Fédération nationale de gérontologie, cette enquête a été réalisée par téléphone auprès de plus de 600 personnes handicapées de plus de 40 ans (ainsi que de 400 aidants), vivant en Ile-de-France et dans la région Rhône-Alpes(1). Il en ressort que ce public est composé aussi bien d’hommes que de femmes âgées de 40 à 65 ans en situation de handicap moteur (31 %), souffrant d’un problème de santé invalidant (28 %) ou d’un plurihandicap (15 %). 45 % travaillent à temps partiel et près des trois quarts ont un revenu inférieur au SMIC.

Plus de 40 % des personnes vieil¬lissantes handicapées vivent seules. Lorsqu’elles sont séparées de leur conjoint, il est fréquent qu’elles ne soient pas aidées par un proche (70 % des cas). De même, plus de la moitié des veufs n’ont pas d’aidant. Pour les auteurs, ces personnes – séparées ou veuves – « devraient bénéficier d’un suivi compte tenu de leur isolement potentiel ».

28 % des personnes vieillissantes en situation de handicap reçoivent une aide professionnelle à domicile. En matière d’accès aux soins, l’enquête révèle que 6 % des personnes vieillissantes ont renoncé au moins une fois à voir leur médecin généraliste dans les 12 derniers mois, 8 % ont renoncé à voir un spécialiste. Parmi les raisons invoquées figurent les motifs financiers, le temps d’attente pour obtenir un rendez-vous ou l’accessibilité du cabinet médical.

70 % des aidants sont des femmes qui aident principalement des hommes. Il s’agit souvent du conjoint de la personne handicapée (36 %), mais également du parent (29 %) ou encore de son enfant (21 %). 10 % des aidants ont également pour eux-mêmes une reconnaissance officielle d’un handicap et la moitié reçoit une prestation compensatoire. L’aide apportée par les aidants consiste principalement en un soutien moral, deux tiers d’entre eux accompagnent la personne dans les tâches de la vie quotidienne et un tiers financièrement. Seulement 8 % des aidants sont dédommagés financièrement pour l’aide apportée à la personne.

(1) Échantillon constitué à partir des fichiers « retraite » de l’AGIRC-ARRCO. Parallèlement, les deux caisses publient un guide à l’usage des établissements pour personnes âgées en matière de santé bucco-dentaire, réalisé en partenariat avec l’Union française de la santé bucco-dentaire.

3-C) LES ÉTATS GÉNÉRAUX DU TRAVAIL SOCIAL REPORTÉS À MI-2015 SELON SÉGOLÈNE NEUVILLE

Plusieurs fois reportée puis annoncée pour janvier 2015, la date des états généraux du travail social restait encore à être précisée. L’événement aura finalement lieu à la fin du premier semestre 2015, a annoncé jeudi 13 novembre Ségolène NEUVILLE, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, devant les membres de l’Association des journalistes de l’information sociale (AJIS).

La troisième conférence nationale du handicap (CNH) se tiendra en revanche "entre le 10 et le 15 décembre prochain", a-t-elle confirmé

Pour ce qui est des états généraux du travail social, la matière rassemblée lors des assises interrégionales lancées il y a un an - et "qui ont réuni plus de 3 000 participants" - et dans les "8 000 réponses au questionnaire en ligne" est "en cours d’analyse par les cinq groupes de travail" installés l’été dernier - sur la place des usagers, les métiers et complémentarités, la coordination des acteurs, la formation initiale et continue et le développement social et le travail social collectif -, a rappelé la secrétaire d’État.

Négociations à venir Leurs rapports devraient être remis "fin décembre, début janvier". Jusqu’à mi-2015, devrait ensuite se dérouler une phase de discussion, associant les parlementaires, "avec les collectivités locales, les associations et les syndicats". Car si l’objectif est de "mettre en pratique des propositions" issues des travaux, tout ne sera pas applicable immédiatement, a fait valoir Ségolène Neuville. Les sujets liés aux métiers du travail social - la refonte de l’architecture des diplômes et ses effets en termes de revalorisation salariale et statutaire - doivent obligatoirement passer, a-t-elle insisté, par une « négociation entre syndicats et employeurs ».  Autant dire que les travailleurs sociaux devront encore patienter de longs mois pour obtenir des réponses à leurs interrogations sur l’avenir et les moyens du travail social. Sans compter que le dossier de la reconnaissance au niveau II des diplômes aujourd’hui au niveau III bute depuis longtemps sur des questions financières.

Bilan du plan pauvreté en janvier Les états généraux du travail social font partie des engagements du plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté de janvier 2013, qui "seront tous tenus", selon la secrétaire d’État. Deux ans après son adoption, "le président de la République m’a demandé de faire un bilan et de proposer d’autres mesures", a-t-elle ajouté. Un état des lieux qui s’appuiera sur la mission de suivi assurée par François CHÉRÈQUE, sur les travaux du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) - et notamment de son huitième collège (composé de personnes en situation de pauvreté ou de précarité) - auquel a été "confiée une mission de simplification des formulaires", et sur les plans régionaux de lutte contre la pauvreté demandés aux directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS).

"En janvier, il y aura un événement, dont la forme reste à définir, sur le plan de lutte contre la pauvreté à mi-parcours", a encore indiqué Ségolène NEUVILLE. L’organisation d’une conférence nationale de lutte contre la pauvreté en début d’année, telle qu’annoncée en janvier 2014 par Jean-Marc Ayrault, n’est donc pas encore confirmée. Parmi les mesures du plan qui restent à mettre en œuvre, le gouvernement est "en train de travailler" à la fusion du RSA "activité" et de la prime pour l’emploi, a souligné Ségolène Neuville. Une réforme qui "ne se fera pas à moyens constants" et qui devrait être "opérationnelle courant 2016". Article rédigé par Maryannick Le Bris

3-D) UNE ÉTUDE DU FONDS CMU MET EN ÉVIDENCE LA PRÉCARITÉ DE CERTAINS TITULAIRES DE L’AAH

Parmi les personnes handicapées reconnues comme telles par l’assurance maladie, les titulaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) sont ceux qui recourent le plus à la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) et à l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS), indique une étude que vient de publier le Fonds CMU sur "La protection sociale complémentaire des personnes en situation de handicap et précarité", dans le cadre d’un groupe de travail animé par l’IGAS et portant sur "handicap et pauvreté".

Réalisée en partenariat avec trois caisses primaires d’assurance maladie présentant des profils de populations différents - à Bordeaux (Gironde), Hainaut (Nord) et Nanterre (Hauts-de-Seine) -, cette enquête porte sur un échantillon de 2,2 millions d’assurés, dont 6 % ont un statut lié au handicap, soit 138 000 assurés dont près des deux tiers (64 %) relèvent d’une affection de longue durée (ALD) - contre 15 % des valides -, le tiers restant étant constitué de bénéficiaires de l’AAH, qui recourent donc à 11 % à la CMU-C et à 5 % à l’ACS, ces taux étant "supérieurs à ceux connus pour les autres statuts liés au handicap", commente le Fonds CMU. Mais, "compte tenu du fait que le montant de l’AAH, pour une personne seule, est supérieur au plafond de la CMU-C, il s’agit donc, pour les cas concernés par la CMU-C, d’assurés vivant au sein de foyers dont le total des revenus est inférieur au plafond ou des cas d’ACS minorée, notamment en cas d’hospitalisation longue ou dans de placement dans une maison d’accueil spécialisée (MAS)", précise l’étude. Et pour ce qui est de l’ACS, la proportion très élevée "confirme que l’AAH est corrélée avec la pauvreté", justifiant l’objectif d’un meilleur taux de recours pour ce public. En revanche, pour les autres catégories d’assurés en situation de handicap,"le recours à la CMU-C est inférieur au recours de la population générale", s’étonne l’organisme, qui recommande d’étudier "de plus près" le non-recours à l’ACS, "compte tenu des fortes présomptions de précarité".

La protection sociale complémentaire des personnes en situation de handicap et de précarité, à télécharger sur le site du Fonds CMU.

4)- ACTUALITES FRANCAISES DU HANDICAP

4-A) EXTRAIT DES MAGAZINES YANOUS ACTUALITÉ N° 433-434-435-436

www.yanous.com Actualité française du handicap du 1er Septembre au 21 Novembre 2014

Vendredi 21 novembre - Politique - Mini CNH le 11 décembre. La troisième Conférence nationale du Handicap devrait finalement avoir lieu le 11 décembre prochain au siège de la Présidence de la République, uniquement pendant la matinée. 200 participants seulement seront conviés au palais de l’Élysée, qui n’est pas accessible en autonomie et ne semble pas disposer de toilettes adaptées. Selon les services de la Présidence, l’accueil des personnes handicapées "respectera les normes en vigueur". Cette CNH ne devrait pas durer plus de trois heures, consacrées à restituer les débats des quatre rencontres régionales thématiques et annoncer des mesures gouvernementales. Quelques-unes, préparées par le secrétaire d’État à la réforme de l’État et à la simplification, Thierry MANDON, porteront sur la simplification de formalités administratives incombant à des personnes handicapées. Celles-ci n’ont pas été élaborées en concertation avec les associations représentatives : "Il serait exagéré de dire qu’il y a eu une véritable concertation mais on peut dire qu’il y a eu un échange autour de ce sujet", commente prudemment Arnaud de BROCA, secrétaire général de la FNATH. "Il s’avère qu’en matière d’accessibilité, et notamment de carte de stationnement, la Commission accessibilité du CNCPH n’a pas été sollicitée depuis cet été sur des sujets de simplification administrative", complète Nicolas MÉRILLE, Conseiller national accessibilité et conception universelle de l’Association des Paralysés de France.

Jeudi 20 novembre - Tourisme - Destination pour Tous enterré. Un seul territoire a finalement déposé un dossier pour le second appel à candidatures concernant le label Destination pour tous, communique le secrétariat d’État au Commerce et chargé du tourisme intérieur. Cet appel était théoriquement clos le 30 juin dernier, mais un délai supplémentaire avait été accordé à quelques candidats afin de boucler leur dossier, sans suite. La commission ad hoc, gérée par l’Association Tourisme et Handicaps, n’aura que la seule candidature de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) à examiner, le label étant en fait supprimé avant d’avoir vécu. Bordeaux est la première ville à l’avoir reçu, en juin 2014, pour le handicap moteur et mental. Contrairement à ce qu’avait annoncé en juin le secrétariat d’État chargé du Tourisme intérieur, aucune action de communication n’a accompagné la délivrance du premier label qui apparaît donc définitivement enterré alors que sa gestion avait été financée à hauteur de 50.000€.

Mercredi 19 novembre - Accessibilité - Pelle d’or. Les membres du Collectif du Loiret pour une France accessible à tous ont lancé une action mensuelle de protestation contre la réforme destructrice de l’accessibilité. Chaque mois, ils remettront une "Pelle d’or" à une organisation qui agit pour empêcher les personnes handicapées d’accéder à des immeubles, lieux publics, transports, etc. La première Pelle d’or a été déposée aujourd’hui devant le siège de Chambre Régionale de la Fédération des Promoteurs Immobiliers à Fleury-les-Aubrais. Le Collectif a rappelé dans un discours les demandes constantes de cette profession pour réduire voire supprimer les normes d’accessibilité des logements neufs.

Mercredi 19 novembre - Accessibilité/Transports - Gratuité à l’Assemblée. La commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale a enfin désigné un rapporteur afin d’examiner la proposition de loi relative à la gratuité du stationnement des véhicules transportant une personne handicapée. C’est la député socialiste des Côtes d’Armor, Annie LE HOUÉROU, qui hérite de cette tâche. La proposition de loi adoptée par le Sénat le 12 décembre 2013 sera en conséquence examinée par l’Assemblée Nationale le 25 novembre : "Le groupe socialiste républicain et citoyen est très favorable à la proposition de loi de Didier GUILLAUME, [qu’il] examinera très certainement au mois de novembre en commission des Affaires sociales", avait précisé son secrétariat général dans un message adressé à la rédaction le 12 novembre

Mardi 18 novembre - Finances - Budget 2015 de la CNSA. Le Conseil de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) a adopté le budget 2015, par 46 voix contre 22 (et une quinzaine d’abstentions, "ne prend pas part au vote" et "prend acte" !). S’il est globalement en hausse de 4,4% par rapport au troisième budget modificatif 2014, la dotation en aides à la personne (Prestation de Compensation du Handicap et Allocation Personnalisée d’Autonomie) n’augmente que de 1%, ce qui devrait entrainer une baisse des montants accordés aux bénéficiaires et/ou un financement plus important des Conseils Généraux constituant un nouveau transfert de charges. Parmi les nouveaux crédits, 177,3 millions d’euros seront consacrés à la création de places en établissements médico-sociaux pour personnes handicapées

Lundi 17 novembre - Emploi/Cécité - Soutien informatique et logiciel. La Fédération des Aveugles de France (FAF) lance une Hotline informatique dédiée aux travailleurs déficients visuels et aux entreprises qui les emploient, afin de les informer et les dépanner en matière d’accessibilité informatique et logicielle. "Cette Hotline a vocation d’aider les salariés aveugles et malvoyants à résoudre les difficultés rencontrées dans leur environnement professionnel : problèmes de logiciels et matériels spécifiques, accompagnement à l’utilisation des applications dédiées", précise la FAF dans un communiqué. Des techniciens basés au siège de la fédération répondent aux questions posées par mél, pour un coût d’intervention horaire allant de 100 à 75€ selon le volume d’heures de dépannage préachetées. Ce service pourrait être étendu en 2015 aux particuliers, à un coût horaire inférieur.

Vendredi 14 novembre - Transports - RATP et Ad’Ap. La Régie Autonome des Transports Parisiens entend poursuivre la mise en accessibilité de son réseau telle qu’elle était prévue par le Schéma Directeur d’Accessibilité (SDA) tout en préparant un Agenda d’Accessibilité Programmée (Ad’Ap). "Les 65 gares [RER] exploitées par la RATP figurent au SDA, aujourd’hui 62 d’entre elles sont accessibles, les 3 dernières sont programmées entre 2015 et 2019, précise la responsable de la mission accessibilité, Betty CHAPPE. D’ores et déjà, l’ensemble de nos lignes de Paris et proche couronne est concerné. Nous sommes à plus de 200 lignes déclarées accessibles (avec plus de 70% de points d’arrêt aménagés). En 2014, nous aurons ainsi déclaré 46 lignes nouvellement accessibles (contre 23 l’an passé), et comme notre ambition est une progression continue, 48 lignes déclarées antérieurement ont fait l’objet de modifications accroissant leur pourcentage d’arrêts accessibles, en accompagnement des progressions des aménagements des points d’arrêt par les gestionnaires de voirie." La RATP exploite 350 lignes de bus en Ile-de-France. La prestation d’embarquement/débarquement des voyageurs du RER qui se déplacent en fauteuil roulant sera maintenue, même si la station est souterraine.

Lundi 10 novembre - Transports - Assistance domicile-train. La SNCF a conclu un accord exclusif avec Apef Services, réseau de sociétés de service à la personne, d’acheminement personnalisé de voyageurs pour leurs trajets domicile-gare : prise en charge des bagages, des chiens guides, aide à la fermeture du domicile (coupure de l’eau, du gaz, des volets, etc.), transport en véhicule, courses à l’intérieur de la gare, compostage du titre de transport, installation du client et de ses éventuels accompagnateurs et de leurs bagages à bord du train, prise en charge et transport à l’arrivée jusqu’au lieu de destination. Il faut compter de 30 à 50€ par prise en charge, déductibles à 50% de l’impôt sur le revenu. Cette prestation est également ouverte aux personnes handicapées sur demande lors de l’achat de billets auprès d’Accès Plus, service de la SNCF qui organise l’assistance à l’embarquement-débarquement et le transfert depuis et jusqu’au mode de transport choisi par le passager handicapé. Apef Service informe les voyageurs sur l’ampleur de son offre et les villes dans lesquelles elle est disponible en appelant le 0811 654 653 (coût d’un appel local). La SNCF précise que cette prestation est complémentaire à celles qui sont assurées depuis 20 ans par Les compagnons du voyage, que la remise consentie par Apef Service sur son tarif n’est pas limitée dans le temps et que la compagnie ferroviaire perçoit en retour une commission dont elle ne précise pas le montant. Créé en 1992, Apef Services compte 87 agences qui ont réalisé en 2013 un chiffre d’affaires de 32 millions d’euros.

Vendredi 7 novembre - Administration - Lyon Métropole et le handicap. Une ordonnance publiée au Journal Officiel adapte la législation applicable à la métropole de Lyon qui prendra effet le 1er janvier 2015. A cette date, l’action du Conseil Général du Rhône en matière de transports publics, d’enseignement secondaire dans les collèges, d’aide aux personnes handicapées ou âgées sera, avec d’autres compétences, transférée au Conseil de la Métropole pour ce qui concerne la population de son territoire. L’ordonnance contient essentiellement des dispositions organisationnelles et financières complexes, dont la répartition entre les deux collectivités des taxes et impôts locaux, dotations de l’État et de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie en ce qui concerne le financement de la Prestation de Compensation du Handicap et de l’Allocation Compensatrice Tierce-Personne. "Une ordonnance sur la Maison Départementale des Personnes Handicapées du Rhône est dans les tuyaux depuis cet été, précise la syndicaliste CGT Laurence MARGERIT. Il semblerait qu’il y aura une seule MDPH avec deux entités." Et de préciser également que le Rhône a beaucoup de retard dans l’instruction des dossiers de demandes concernant les enfants, "malgré le travail des personnels qui ne comptent pas leurs heures, à cause de la complexité des procédures".

Jeudi 6 novembre - Transports/Accessibilité - Décrets Ad’Ap et arrêts. Deux décrets publiés au Journal Officiel mettent en application les dispositions réformant l’accessibilité telle que contenue dans l’ordonnance du 26 septembre 2014 ; Le premier décret réglemente les contenu, dépôt et instruction des schémas directeurs d’accessibilité - agenda d’accessibilité programmée pour la mise en accessibilité des services de transport public de voyageurs. L’avis de la commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité n’est que consultatif et doit être prononcé "dans un délai de deux mois à compter de sa saisine [à défaut] elle est réputée avoir émis un avis." De même "Le défaut de notification d’une décision sur la demande d’approbation d’un schéma directeur d’accessibilité - agenda d’accessibilité programmée à l’expiration du délai [de cinq mois] vaut approbation implicite du schéma et, le cas échéant, octroi implicite des dérogations pour impossibilité technique avérée sollicitées." Chaque préfecture devra tenir à jour sur son site Internet "un document retraçant les demandes d’approbation enregistrées, les services de transports publics de voyageurs concernés, la décision prise ainsi que la durée octroyée pour mettre en oeuvre le schéma." Le second décret fixe les critères de détermination des points d’arrêts prioritaires. Si ceux situés jusqu’à 200 mètres d’établissements pour personnes handicapées le sont, ce n’est pas le cas de ceux desservant domicile et lieu de travail ou d’activité habituels d’un usager handicapé. En Île-de-France des lignes pourront être désignées prioritaires et devront alors comporter 70% de points d’arrêts aménagés, les gares du RER ne sont pas prioritaires et les autres gares ou points d’arrêts doivent être situées à 200 mètres au plus d’une structure d’accueil pour personnes handicapées ou personnes âgées ou quotidiennement fréquentés par plus de 5.000 voyageurs pour être prioritaires. En dehors de l’Île-de-France, ce chiffre est de 1.000 voyageurs par jour. Tous les arrêts situés dans des rues en pente de plus de 5% sont considérés comme techniquement impossibles à aménager, de même lorsque le trottoir ne présente pas "la distance minimale de 1,50 m prévue pour le retournement de la personne en fauteuil roulant sur le point d’arrêt une fois la rampe déployée".

Mardi 4 novembre - Emploi - Rapport sur l’accompagnement. La députée socialiste des Côtes d’Armor Annie Le HOUÉROU a remis au ministre du Travail et de l’emploi, François REBSAMEN, le rapport d’étude "Dynamiser l’emploi des personnes handicapées en milieu ordinaire" qu’il lui avait commandé. Cette mission réexamine des problématiques maintes fois étudiées, telle la réalité du droit à l’emploi, les relations entre milieu ordinaire et protégé de travail sur lequel elle déplore le désengagement de l’Agefiph en matière d’aide à la mise à disposition des travailleurs d’Établissements et Services d’Aide par le Travail. Si la députée relève que "l’accompagnement dans la durée des personnes en emploi en milieu ordinaire n’est ni véritablement ni systématiquement prévu", ses 14 propositions sont techniques et organisationnelles, et s’inscrivent dans le cadre législatif et réglementaire.

Lundi 3 novembre - Citoyenneté - Les députés rétablissent les propagandes. Lors de l’examen du Projet de Loi de Finances pour 2015, les députés de tous les groupes parlementaires ont déposé des amendements de suppression de l’article 46 qui lui-même supprimait l’impression et l’envoi à domicile des professions de foi des candidats aux élections. Pour réaliser 130 millions d’euros d’économies en 2015, le Gouvernement voulait remplacer les documents papier par leur mise en ligne sur Internet, ce que les formations politiques refusent. Les députés n’ont pas retenu l’argument gouvernemental selon lequel la France est l’un des trois pays de l’Union Européenne à imprimer et expédier à domicile les propagandes des candidats aux élections. Ce projet avait suscité des protestations de citoyens déficients visuels

Samedi 1er novembre - Education/Santé/Accessibilité - Silence vaut rejet. Une série de décrets parus au Journal Officiel détaille les demandes pour lesquelles le silence gardé par l’Administration veut rejet. Sont notamment concernés dans le domaine de l’éducation les demandes d’aménagement de la formation pour un étudiant présentant un handicap, d’aménagement, dispense ou étalement de la session d’examen pour un candidat présentant un handicap y compris dans l’enseignement supérieur général, technique ou agricole. Il en sera de même pour les demandes d’admission à l’Institution Nationale des Invalides, dans des établissements et services sociaux et médico-sociaux et les écoles de reconversion professionnelle relevant de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, d’un résident dans les établissements gérés par cet office, ainsi que de la délivrance de la carte d’invalidité ou de la carte spéciale de priorité des invalides de guerre. En matière d’accessibilité, ce délai de "silence vaut rejet" est porté à 3 mois et 2 semaines pour l’autorisation de dérogation en matière d’accessibilité des établissements recevant du public de 1re ou 2e catégorie dans le cadre d’une demande d’autorisation de travaux de création, d’aménagement ou de modification, et à 4 mois pour une autorisation de travaux de création, d’aménagement ou de modification d’un établissement recevant du public lorsque la dérogation en matière d’accessibilité sollicitée n’a pas été accordée. Il reste à 2 mois pour l’autorisation de dérogation à l’obligation d’installation d’un ascenseur pour la réalisation de bâtiments d’habitation collectifs nouveaux ayant un caractère expérimental.

Lundi 27 octobre - Accessibilité/Transports - Gratuité oubliée. La proposition de loi relative à la gratuité du stationnement automobile pour les titulaires de la carte européenne de stationnement n’a toujours pas été examinée en commission par l’Assemblée Nationale, onze mois après son adoption au Sénat. Une collaboratrice de la députée socialiste de la Nièvre et présidente du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées, Martine Carrillon-Couvreur, précise la situation : "Comme vous le savez, la commission des affaires sociales vient de terminer après plusieurs semaines les travaux concernant le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale et continue pour quelques semaines encore, ses travaux sur les missions budgétaires. Nous n’avons pas encore évoqué ce sujet qui reste, comme d’autres en attente, pour le calendrier à venir." Egalement interrogé, le groupe socialiste à l’Assemblée Nationale a opposé une fin de non-recevoir à une question concernant l’inscription de la proposition de loi à l’ordre du jour au titre d’une niche parlementaire. Ce texte, qui accorde la gratuité sur tous les stationnements de surface y compris les parcs fermés, a pourtant été déposé et soutenu par le groupe socialiste du Sénat.

Samedi 25 octobre - Culture - Picasso accessible. Après cinq années de fermeture pour rénovation et agrandissement, le musée Picasso (Paris 3e) a rouvert au public. Il présente sur cinq niveaux un parcours chronologique dans l’immense oeuvre du peintre espagnol, des premières toiles aux derniers dessins, en passant par la sculpture, les céramiques, etc., moins d’un dixième de la collection nationale pouvant être exposé. L’ensemble des salles est accessible à l’exception de l’ancienne chapelle de l’hôtel Salé, un hôtel particulier du XVIIe siècle dont ne subsistent d’origine que les façades et l’impressionnant escalier d’honneur. Si le nombre de visiteurs est limité à 700, les personnes handicapées entrent sans attendre et bénéficient de la gratuité sans prendre de billet, accompagnateur compris, sur présentation de la carte d’invalidité ; des fauteuils roulants et sièges cannes sont prêtés à l’accueil. Un cheminement en pavés sciés à été imposé à l’architecte en chef des monuments historiques, deux ascenseurs desservent les étages en respectant la chronologie des oeuvres. Les visiteurs sourds disposent d’un visioguide couvrant une douzaine d’étapes du parcours chronologique, des visites en Langue des Signes Française ou labiales sont organisées pour les groupes, les malentendants peuvent demander une boucle magnétique portable pour l’audioguide et l’audiophone utilisé par les guides-conférenciers, mais rien n’est actuellement proposé aux visiteurs déficients visuels pour lesquels l’adaptation de visites est toutefois possible en attendant que les projets de supports adaptés aboutissent en 2015. Un plan "parcours confort" devrait être disponible vers la fin de l’année, les circulations s’avérant d’autant plus complexes que la signalétique est indigente. Des visites adaptées sont proposées aux groupes de visiteurs déficients intellectuels et un livret de visite est en projet pour les individuels, pour le 1er semestre 2015.

Jeudi 16 octobre - La perle de la semaine. Où se trouve donc la fiche diagnostic-handicap et l’étude d’impact sur les personnes handicapées du Projet de Loi de Finances (PLF) pour 2015 ? Elle ne figure pas parmi les documents déposés à l’Assemblée Nationale qui examine pourtant le texte ces jours-ci. On a donc interrogé sur ce point les services du Premier ministre, Manuel VALLS. Rappelons que ce dernier a rappelé à ses ministres, par circulaire le 4 juillet dernier, que l’impact sur les personnes handicapées des projets de lois et de décrets devait faire l’objet d’une étude pour chacune des dispositions nouvelles, rassemblées dans une fiche diagnostic-handicap annexée au projet de texte. Le service de presse du Premier ministre renvoie au secrétariat d’État aux personnes handicapées de Ségolène NEUVILLE. Lequel, depuis, cherche encore l’étude d’impact-handicap qui figure pourtant parmi les documents annexes du PLF 2015 publiés sur le Forum de la Performance du ministère du budget...

Vendredi 10 octobre - Citoyenneté - Fin de l’envoi de la propagande. Candidat aveugle tête de liste UMP battu aux élections municipales de Saint-Herblain (Loire-Atlantique) de mars dernier, Matthieu ANNEREAU dénonce la suppression de l’envoi au domicile des électeurs des professions de foi des candidats : "Cette disposition, inscrite dans l’article 46 du projet de loi de Finances (PLF), si elle peut paraître judicieuse d’un point de vue des économies réalisées et de sa dimension environnementale, laisse apparaître, une nouvelle fois, le peu de considération que le Gouvernement manifeste à l’adresse des personnes fragiles, âgées, et le manque de discernement de celui-ci quant au traitement des cas particuliers." Matthieu ANNEREAU rappelle que l’envoi à domicile de ces documents est une nécessité pour les personnes à mobilité réduite ou âgées. "Le Gouvernement propose de supprimer l’envoi à domicile de la propagande électorale sous format papier pour les élections [qui] seront organisées au cours de l’année 2015", peut-on lire dans l’exposé des motifs du PLF. L’envoi serait remplacé par la mise en ligne sur un site internet public des circulaires et des bulletins de vote des candidats, ainsi que leur mise à disposition pour consultation dans chaque préfecture, sous-préfecture et mairie. L’étude d’impact du PLF précise : "Cette mesure permettra, en adaptant les sites internet à cet effet, de favoriser une meilleure accessibilité de certaines personnes handicapées aux documents électoraux." Toutefois, l’obligation d’adapter ces sites Internet aux personnes handicapées, notamment déficientes visuelles, ne figure pas expressément dans le projet de loi. "L’envoi au domicile des électeurs des documents officiels de la campagne électorale est un élément essentiel de la démocratie, réagit le président de la Fédération des Aveugles de France, Vincent Michel. Ainsi, tout électeur, handicapé ou non, âgé ou plus jeune, peut lire à loisir et analyser sereinement les engagements des uns et des autres et mesurer la cohérence des projets avancés [...] Renoncer pour de sombres raisons économiques serait donc porter un coup grave à la démocratie et à la réflexion qu’elle exige pour pouvoir se vivre pleinement." Le Projet de Loi de Finances pour 2015 est en cours d’examen par le Parlement.

Mercredi 8 octobre - Éducation - Temps périscolaire. En réponse à une question orale posée à l’Assemblée Nationale par le député UDI François-Xavier VILLAIN sur l’absence de prise en charge des élèves handicapés dans le cadre des nouveaux rythmes, la ministre de l’Éducation Nationale, Najat VALLAUD-BELKACEM a répondu qu’elle incombait aux communes : "Je rappelle ici que les activités périscolaires relèvent de la responsabilité des communes. Elles doivent bien entendu, comme n’importe quel service public, respecter l’égalité entre les enfants, qu’ils soient ou non en situation de handicap. Tout cela pour vous dire, monsieur le député, que mon ministère, j’en prends l’engagement ici, est tout à fait prêt à faciliter la mise à disposition des AVS que nous avons formés, qualifiés et CDIsés auprès des collectivités qui accepteront de les embaucher sur le temps périscolaire afin qu’ils suivent les mêmes enfants une journée entière." L’encadrement des élèves handicapés lors des activités organisées dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires doit en conséquence être pris en charge par les communes, sans financement complémentaire, au nom de l’égalité entre tous les élèves.

Mardi 7 octobre - La perle de la semaine. Brillamment obtenue par Charles PASINO, conseiller municipal de Dinan (Côtes d’Armor) lors de la réunion du conseil relatée par le quotidien Le Télégramme. Membre de la majorité municipale, il a interpellé le maire sur la nouvelle signalétique des monuments historiques d’une ville au riche patrimoine, arguant que "l’accessibilité des personnes handicapées à cette signalétique ne devait pas être pénalisante pour les valides. On est parfois obligé de se casser en deux pour lire un panneau trop bas."

Lundi 6 octobre - Loisirs/Tourisme - Tour Eiffel mieux accessible. Les visiteurs handicapés moteurs pourront désormais accéder à la coursive qui fait le tour du premier étage de la Tour Eiffel (Paris 7e). Située en contrebas du plancher, une rampe vient d’y être aménagée, parsemée de panneaux explicatifs réalisés en relief, braille et noir pour quelques-uns. Une longue-vue (payante) à hauteur de fauteuil roulant doit prochainement être mise en service pour apprécier le panorama. Le nouveau pavillon des services (boutiques, restauration rapide, projection immersive sonore sans texte) est équipé d’un ascenseur conduisant aux toilettes (dont celle qui est adaptée) d’un étonnant rouge vif voulu par l’architecte. Le périmètre central est bordé de vitres sur lesquelles les visiteurs peuvent marcher mais la sensation de hauteur est atténuée par le sablage du verre destiné à le rendre antidérapant. Les garde-corps métalliques ont été remplacés par du verre afin d’offrir une vue plongeante vers le sol. Le salon Gustave Eiffel, loué pour des séminaires et événements privés, est désormais de plain-pied, les tribunes inaccessibles supprimées. Rappelons que le restaurant "58 Tour Eiffel" (à ne pas confondre avec le prestigieux Jules-Verne, situé au 2e étage) est doté d’un élévateur et de toilettes adaptées depuis sa rénovation il y a quelques années.

Samedi 4 octobre - Culture - Hokusai accessible. Les galeries nationales du Grand Palais (Paris 8e) accueillent jusqu’au 18 janvier 2015 une importante rétrospective de l’oeuvre du peintre japonais Hokusai (1760-1849). Mondialement connu pour l’estampe La Vague, Hokusai a produit d’innombrables dessins, croquis, mangas, dont les oeuvres présentées seront renouvelées le 30 novembre pour assurer leur bonne conservation. Celle-ci nécessite en effet un faible éclairement. Un parcours audio tactile est proposé aux visiteurs déficients visuels dans lequel dix oeuvres sont décrites et commentées, avec reproductions tactiles. Une seule visite en Langue des Signes Française sera proposée aux visiteurs sourds le 9 janvier 2015 à 15h30, sur réservation obligatoire en ligne.

Vendredi 3 octobre - La perle de la semaine. Un aveugle au volant du fourgon des voleurs ! C’est la surprise qu’ont eu les policiers qui ont interpellé sur le fait un groupe de cambrioleurs originaires de Géorgie qui s’attaquaient nuitamment à une boutique lyonnaise. Signalés par un voisin, les malfrats n’ont pas réussi à entrer dans le magasin dont l’alarme sonore s’est déclenchée, une patrouille de police rapidement sur les lieux les a arrêtés et a découvert qu’un complice aveugle les attendait, installé à la place du conducteur de leur fourgon...

Jeudi 2 octobre - La perle de la semaine. "Les détails du coût et des médias concernés par la campagne accessibilité ne sont pas publics." Telle est la réponse sans appel de la secrétaire d’État aux Personnes handicapées, Ségolène Neuville, à la demande de précision sur la campagne de communication qu’elle lance pour expliquer aux Français l’action gouvernementale en matière d’accessibilité. Annoncée sur Internet et des radios, cette campagne vise à justifier l’ordonnance publiée samedi dernier au Journal Officiel et qui organise l’inaccessibilité partielle du cadre bâti et des transports. Bien que Ségolène Neuville utilise les moyens de l’État et l’argent de la Nation pour monter son action de propagande, elle refuse toute transparence sur le coût et la sélection des médias utilisés...

Jeudi 2 octobre - Fiscalité/Accessibilité - Chaud et froid à Montauban. Le conseil municipal de Montauban (Tarn-et-Garonne) a unanimement voté l’abattement spécial à la base de 10% sur la Taxe d’Habitation payée par les habitants handicapés ou invalides. Ces derniers devront formuler une demande auprès de leur centre des impôts pour en bénéficier, l’application n’étant pas automatique. La maire UMP de la ville, Brigitte BARÈGES, a en revanche confirmé l’obligation de paiement du stationnement automobile pour les titulaires de la carte européenne de stationnement, expliquant que la gratuité précédemment accordée sur les places réservées n’était qu’une tolérance : "Il n’y a pas de raison que les personnes handicapées ne paient pas leur stationnement", a-t-elle justifié, oubliant que son parti politique avait soutenu au Sénat le 7 octobre 2013 une proposition de loi accordant cette gratuité. Texte rejeté par la majorité de gauche... qui a pourtant adopté cette mesure deux mois plus tard, le 12 décembre, dans une proposition de loi identique du groupe socialiste sur laquelle le groupe UMP avait trouvé matière à s’abstenir ! "Cependant je reconnais qu’on aurait dû prévenir les usagers plus tôt", concède Brigitte BARÈGES. Laquelle s’est par ailleurs fait remarquer ces dernières années pour avoir revendiqué la "préférence nationale" en matière d’accès à l’emploi, et tenu des propos homophobes, racistes et xénophobes.

Jeudi 2 octobre - Politique - Pas de réponse aux sénateurs. Les sénateurs qui n’ont pas été réélus dimanche dernier lors du renouvellement de la moitié du Sénat voient leurs questions au Gouvernement retirées "pour cause de fin de mandat". Parmi les huit concernant des sujets handicap, la plus ancienne date du 23 août 2012 (Inclusion sociale des personnes en situation du handicap), deux autres ont été posées en septembre et novembre 2012, trois en 2013, les deux dernières cette année. Les ministres disposent d’un délai maximal de deux mois pour répondre mais la pratique montre que cette règle n’est pas respectée. Le handicap figure parmi les domaines dans lesquels les réponses ministérielles sont les moins nombreuses et les plus longues à être fournies. Les questions aux ministres sont l’un des outils à la disposition des parlementaires pour assurer le contrôle de l’exécution des lois.

Mercredi 1er octobre - Finances/Emploi - 29 millions confirmés. L’article 62 du projet de loi de finances pour 2015 contient le prélèvement par l’Etat de 29 millions d’euros sur les réserves de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph), cela en 2015, 2016 et 2017. Cette ponction pourtant rejetée par le Conseil d’Administration de l’organisme sera affectée au financement des contrats uniques d’insertion et des emplois d’avenir, qui est normalement de la compétence de l’Etat. Il s’agit donc d’un nouveau transfert de charges, après ceux qui ont été opérés en 2008 (ponction de 50 millions en faveur du budget de l’Etat) et 2011 (transfert définitif sans compensation du financement de la formation professionnelle des travailleurs handicapés, de la gestion de la déclaration d’emploi et de celle de la lourdeur du handicap soit 130 millions par an). Mais à la différence de ces derniers, la ponction d’un total de 97 millions d’euros financera tous les contrats aidés, et pas seulement ceux qui sont signés par des travailleurs handicapés, ce qui laisse penser qu’il s’agit d’un détournement manifeste des missions confiées par la loi du 10 juillet 1987 à l’Agefiph. Par ailleurs, les crédits de la mission Handicap et dépendance augmentent de 1,38%, passant de 11.442.918.986€ à 11.600.499.861€ en 2015. Hormis 200.000€, ils sont intégralement affectés au paiement de prestations, dont l’Allocation aux Adultes Handicapés pour 80% environ. On ne connaît pas encore la ventilation des crédits budgétaires dans les différentes Missions, mais le montant similaire pour 2015 à celui de 2014 en matière d’économie sociale et solidaire laisse penser qu’il n’y aura pas de création d’aides au poste pour les salariés handicapés employés en Entreprises Adaptés.

Mercredi 1er octobre - Finances/Éducation - Budget 2015. Le projet de loi de finances pour 2015 budgète la création de 350 emplois supplémentaires d’accompagnants d’élèves handicapés à la rentrée 2015, complétant les 350 déjà recrutés en septembre dernier pour renforcer les personnels en poste. 3.000 d’entre eux devraient voir leur contrat passer de durée déterminée à durée indéterminée dans le cadre de la "CDIsation" annoncée le 22 août 2013 par le Premier ministre d’alors, Jean-Marc Ayrault. 1.700 personnels ont déjà été "CDIsés" pendant l’année scolaire 2013-2014. Sera également financée l’installation à l’horizon 2017 au sein d’écoles maternelles d’une centaine d’unités d’enseignement à destination d’enfants autistes, soit une moyenne d’une par département français.

Mardi 23 septembre - Fiscalité - Fin d’abattement en Gironde. Le conseil communautaire de la Communauté de communes des Portes de l’Entre-deux-Mers a décidé de supprimer l’abattement de 10% à la base pratiqué sur la taxe d’habitation acquittée par les foyers comportant une personne handicapée. Cette disposition concerne les titulaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées, de l’Allocation Adulte Handicapé, de la carte d’invalidité, ou atteints d’une infirmité ou d’une invalidité les empêchant de subvenir à leurs besoins par leur travail, ou les contribuables hébergeant un bénéficiaire de l’une des catégories concernées. La disposition a été introduite par la loi de finances rectificative pour 2006, et nécessite que la commune d’imposition accorde cet abattement, puis que les bénéficiaires potentiels formulent une demande auprès de l’administration fiscale. Si des collectivités locales ont accordé cet abattement, il est rare qu’elles le suppriment ensuite : le conseil de la Communauté de communes des Portes de l’Entre-deux-Mers justifie sa décision par un risque de déficit budgétaire en 2016, à cause de la baisse des dotations de l’État.

Vendredi 19 septembre - Emploi - Pas de remise en cause de l’OETH. Le ministre du Travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social a demandé aux syndicats de salariés et de patrons de négocier une réforme des seuils sociaux "pour revivifier le dialogue social dans les entreprises". Cette négociation portera notamment sur l’effectif salarié nécessaire pour créer un Comité d’Entreprise, désigner un délégué du personnel. Le ministère précise toutefois que le seuil de l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés, actuellement fixé à 20 salariés en équivalent temps-plein, n’entre pas dans le champ de cette négociation.

Mercredi 17 septembre - Emploi/Finances - Ponction déjà acceptée. Dans un communiqué commun, plusieurs organisations membres du Conseil d’Administration de l’Agefiph sont prêtes à accepter la ponction des réserves financières de cet organisme. Si la CFDT, l’APAJH, l’APF, la CFPSAA et l’UNISDA "dénoncent la nouvelle ponction, de 29 millions d’euros, opérée par l’État sur le budget de l’Agefiph dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances 2015", elles demandent que la ponction "si elle s’avère inéluctable, constitue une mesure nouvelle visant à accroitre l’effort porté en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap et non un transfert indirect de charges constitutif d’un désengagement de l’État." Il s’agirait selon elles de flécher ces crédits "vers la création de contrats aidés supplémentaires à ceux actuellement portés au budget de l’État." Cela reviendrait à transférer à l’Agefiph la charge de financer des contrats aidés que le ministère du Travail valorisera au titre de son action. Ce communiqué tourne le dos au refus pur et simple exprimé par le Comité d’Entente qui regroupe 70 organisations nationales représentatives des personnes handicapées et des parents d’enfants handicapés dont sont pourtant membres l’APAJH, l’APF, la CFPSAA et l’UNISDA.

Mercredi 17 septembre - Administration - Les MDPH deviennent MDA. Les députés ont adopté en première lecture le projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement. Parmi ses dispositions en faveur des personnes âgées, l’une transfère l’instruction de leurs demandes d’aide à domicile en cas de perte d’autonomie aux Maisons Départementales des Personnes Handicapées qui deviendraient des Maisons Départementales de l’Autonomie. Déjà mises en oeuvre dans quelques départements, ces MDA ne seraient pas obligatoirement dotées de moyens humains et matériels proportionnés à l’augmentation du public à "traiter", ce qui laisse craindre une dégradation du service rendu aux personnes handicapées. Actuellement, le délai de décision en matière de Prestation de Compensation du Handicap peut atteindre 18 mois.

Mardi 16 septembre - Culture - Chez Niki de Saint Phalle. La magnifique rétrospective consacrée à la plasticienne féministe Niki de Saint Phalle exposée au Grand Palais (Paris 8e) jusqu’au 2 février 2015 s’accompagne de quelques actions en direction des publics handicapés. Le 27 septembre, dans le cadre de la Journée Mondiale des Sourds, sera proposé un workshop "Les Signes de l’art et la captation des signes appliqués à l’histoire de l’art" par l’association Signes de Sens, suivi à 15 heures d’une visite conférence LSF de l’exposition. Un parcours audio-tactile est également proposé aux visiteurs malvoyants tout le temps de l’exposition, dont dix oeuvres sont décrites et commentées dans un audioguide spécifique : "Ces dix oeuvres sont reproduites sur des supports thermoformés, à disposition, en libre consultation, dans les salles. Les visiteurs malvoyants peuvent alors associer les descriptions et commentaires d’oeuvres à la découverte tactile de ces oeuvres." Attention, cet audioguide est distinct de l’application téléchargeable. Sculpteuse et performeuse, Niki de Saint Phalle (1930-202) s’est fait mondialement connaître par ses représentations de la Femme, toutes en rondeur. L’exposition présente les autres aspects de son travail, dont les tirs au fusil sur des assemblages d’objets contenant des poches de peinture, des installations monumentales créées dans plusieurs pays. Au-delà de l’univers très coloré des "Nanas", l’artiste a su également sculpter les souffrances et les aspirations des femmes de son époque.

Lundi 15 septembre - Sports - Un statut du sportif. Le secrétaire d’État aux Sports, Thierry BRAILLARD, a installé une mission d’étude chargée d’élaborer un statut protecteur pour les sportifs professionnels ou de haut-niveau. Les sportifs et personnalités composant cette mission, tous valides, sont chargés de définir des dispositions pouvant être introduites dans le Code du Travail. Si aucun handisportif ou représentant des fédérations handisport et sport adapté participe à la mission, la Fédération Française Handisport sera auditionnée, précise néanmoins le secrétariat d’État aux sports.

Vendredi 12 septembre - Accessibilité - Les CCI aident l’inaccessibilité. La quasi-totalité des Chambres de Commerce et d’Industrie a lancé des appels d’offres destinés à confier à des entreprises le soin de rédiger et monter des dossiers de demandes de dérogation en matière d’accessibilité des Etablissements Recevant du Public. Dernier en date, celui de la CCI de l’Essonne porte sur un maximum de 90.000€ HT, représentant une cinquantaine de missions au "profit de commerçants exploitants un ERP de 5ème catégorie". Les CCI anticipent visiblement sur la mise en oeuvre de la prochaine réglementation en matière d’accessibilité, les exploitants d’Etablissements Recevant du Public ne disposant que jusqu’à fin septembre 2015, si l’ordonnance modifiant les dispositions en vigueur est publiée comme prévu la semaine prochaine, pour se mettre en règle.

Jeudi 11 septembre - Emploi - Hold up à l’Agefiph. Le Conseil d’Administration de l’Association nationale de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) a rejeté la demande gouvernementale de ponctionner ses réserves financières de 29 millions d’euros pendant trois ans. Le ministère du Travail veut opérer ce prélèvement en l’introduisant dans le projet de finances pour 2015 qui sera présenté au Parlement cet automne, afin de financer des contrats aidés et de réaliser une économie budgétaire par transfert de charge. Cette ponction intervient alors que le chômage des personnes handicapées a augmenté de plus de 80% entre 2008 et 2013, et que la collecte par l’Agefiph des contributions des entreprises au titre de l’obligation d’emploi a fortement diminué ces dernières années. Une telle ponction avait été réalisée en 2008 par le gouvernement de François FILLON.

Jeudi 11 septembre - Politique - Neuville fait du vide. Bien que maintenue dans ses fonctions lors de la nomination du second gouvernement dirigé par Manuel VALLS, la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, Ségolène NEUVILLE, renouvelle l’intégralité de son cabinet à l’exception de la chargée des relations avec les élus et le Parlement, Myriam BOUALI. Ségolène NEUVILLE vient tout juste d’en nommer la directrice, Laurence Lefèvre, haut-fonctionnaire quinquagénaire qui a travaillé dans les domaines sociaux (petite enfance, discriminations, santé mentale). Le conseiller technique sourd chargé du handicap, Jérémie BOROY, nommé le 30 mai dernier, n’est pas renouvelé dans ses fonctions. Ce remaniement d’ampleur laisse la secrétaire d’État sans soutien politique et technique alors que l’Ordonnance instaurant la mise en inaccessibilité durable du cadre bâti, des transports et de la voirie devrait être présentée au Conseil des Ministres du 25 septembre puis immédiatement promulguée et suivie des décrets et arrêtés.

Mercredi 10 septembre - Transports - Liquidation en Gironde. La société de transports de personnes handicapées Transadapt Services, l’une des sept à opérer en Gironde dans le cadre d’une délégation de service public conclue avec le Conseil Général, est mise en liquidation judiciaire par le Tribunal de Commerce. La société desservait les communes du Grand Saint-Emilionnais, du Blayais et du Bazadais, dont les intercommunalités n’ont été informées que par les clients inquiets de l’annulation de leurs transports programmés depuis plusieurs jours. La direction de Transadapt Services avait annoncé son intention d’arrêter l’activité fin décembre bien que son marché courre jusqu’en 2016, mais elle a visiblement accéléré en déposant le bilan puis obtenant la liquidation. 1.700 usagers utilisaient les services de cette société, qui n’a aucun rapport avec la parisienne Trans’Adapt 75, dont l’activité est similaire.

Mercredi 10 septembre - La perle de la semaine. Trois mois, c’est le délai qui aura été nécessaire à la publication au Journal Officiel d’un arrêté signé le 10 juin dernier, simplifiant la déclaration annuelle des revenus. Désormais, les contribuables qui ont souscrit un contrat d’assurance-vie, de rente-survie ou d’épargne handicap n’auront plus à joindre à leur déclaration, s’ils la font encore sur format papier, le certificat de réduction d’impôt lié aux primes versées. Ce document doit toutefois être conservé afin d’être fourni à l’administration fiscale si elle le réclame. 25% des montants placés sur un contrat de rente-survie ou épargne handicap sont déductibles de l’impôt sur les revenus, dans un plafond global de 1.525€ majoré de 300€ par enfant à charge, ce qui représente par exemple 381,25€ de réduction pour un célibataire. Compte tenu du retard de publication au JO, cette disposition ne sera applicable que pour la prochaine déclaration de revenus : bien joué !

Mardi 2 septembre - La perle de la semaine. Les Établissements Recevant du Public propriété de la ville de Bordeaux seront accessibles dans... 17 ans ! C’est ce qu’a précisé l’adjoint au Maire chargé des personnes handicapées, l’UMP Joël Solari, à un journaliste de Bordeaux Gazette : "Le diagnostic des coûts à venir atteignant la somme très élevée de 35 millions d’Euros [...] La mairie poursuit cette transformation en investissant 2 millions d’Euros par an." Ce qui représente un étalement sur 17 ans au-delà de l’actuelle date-butoir du 1er janvier 2015 d’obligation d’accessibilité du cadre bâti. Rappelons que Bordeaux a obtenu en juin dernier, sans avoir encore le droit de le promouvoir, le premier label Destination pour Tous pour les handicaps moteur et mental.

Lundi 1er septembre - Accessibilité - Gratuité à Nevers. Le maire de la préfecture de la Nièvre a décidé d’appliquer dès aujourd’hui la gratuité sur les seuls emplacements de stationnement réservé aux véhicules des titulaires handicapés de la carte européenne. Les places concernées ont été recensées, certaines vont être rénovées, d’autres supprimées. Avec l’aimable autorisation de Laurent LEJARD rédacteur en chef du magazine Yanous

4-B) LA SEMAINE DU HANDICAP DANS LES MÉDIAS

Une programmation spéciale vise à sensibiliser le grand public à la situation des personnes handicapées.

Une semaine pour réconcilier emploi et handicap Des actions pour faciliter leur insertion sont aussi impulsées par le CSA et la loi.

Un dossier spécial de 32 pages pour « dépasser les handicaps » dans 20 Minutes, une « Journée emploi » consacrée aux personnes handicapées sur RTL, le « JT de 20 heures » de France 2 proposé pour la première fois en langue des signes et en sous-titrage synchronisés (accessible aux sourds et aux malentendants en direct tous les jours de cette semaine sur francetv pluzz et à titre d’expérimentation sur certains modèles de téléviseurs connectés)…

Les différents médias ont concocté pour ce lundi 17 novembre 2014 une programmation spéciale à l’occasion de la 18e édition de la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées. Sur France Télévisions, de nombreux magazines (« Histoires courtes » et « Télématin » sur France 2, « Questions pour un champion » ou « 30 millions d’amis » sur France 3, « Le Magazine de la santé » ou « Entrée Libre » sur France 5, « Mémô » ou « Les P’tits plats de Babelle » sur France Ô…) proposeront aussi toute la semaine un focus sur une thématique liée au handicap.

4e saison de « Vestiaires » Bonne nouvelle, France 2 diffuse à cette occasion la saison 4 de « Vestiaires » (du lundi au vendredi à 13 h 50, puis à 20 h 45 à partir du 15 décembre), l’occasion de retrouver Romy et Orson, les deux nageurs handicapés à l’humour irrésistible.

La sensibilisation du grand public se fait aussi à travers des programmes courts. Toute la semaine, M6 et W9 diffuseront des pastilles (à 13h40 sur M6 et à 20h40 sur W9) sur des champions de Handisport, réalisées par des journalistes apprentis en situation de handicap, intitulées « Différents comme tout le monde ». Sur les 6 antennes de France 3 Nord-Ouest, sont proposés une trentaine de portraits d’une minute trente, intitulés « La tête de l’emploi », produits en partenariat avec l’ADAPT (Association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées).

Des personnes handicapées (encore) moins visibles à l’écran Ces efforts louables restent concentrés sur une courte période. Si les personnes en situation de handicap (visible ou invisible) composent près de 15 % de la population française selon l’Insee (soit 9,6 millions de personnes), elles n’ont représenté que 0,4 % des personnes visibles sur 1 500 heures de programmes passées au crible en 2013. Soit moitié moins qu’en 2012 (0,8 %), qui, il est vrai, « incluait les Jeux Paralympiques », selon le dernier rapport du CSA sur la représentation de la diversité de la population française, qui déplore que « le handicap demeure malheureusement encore à un niveau de représentation marginal ». Si l’on compare également les chiffres de 2013 à ceux 2011 et 2010, « le taux des personnes présentant un handicap visible ou connu est tout de même en diminution puisqu’en 2011 et 2010, le handicap concernait respectivement 0,6 % et 0,5 % des personnes indexées ».

Des actions en faveur de l’emploi Cette semaine, sont aussi proposées des opérations spéciales à destination de ces publics. Dans le cadre de l’opération, « Un jour, un métier », France Télévisions, en partenariat avec l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées), accueille mardi 18 novembre 2014 une trentaine de jeunes lycéens ou étudiants ainsi que des demandeurs d’emploi en situation de handicap pour leur faire découvrir les métiers de l’audiovisuel. RTL fera de même le lendemain, en ouvrant ses portes à une dizaine d’élèves de l’INJA (Institut National des Jeunes Aveugles).

Dans un contexte budgétaire restreint, France Télévisions s’est engagée « dans une politique active de soutien à l’emploi et à l’insertion des travailleurs en situation de handicap », indique le groupe public dans un communiqué. Ce qui s’est traduit par une hausse du taux d’emploi des salariés handicapés, qui est passé « de 3,67 % en 2011 à 4,45 % fin 2013 ».

Tous aussi concernés par des mesures d’économies, M6, TF1 ou Radio France ont aussi maintenu le cap sur le front de l’insertion des handicapés.

Sous l’impulsion du CSA et de la loi Une nouvelle « Charte pour l’insertion des personnes handicapées dans l’audiovisuel » , concoctée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), a été signée le 11 février 2014 en présence de la ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette CARLOTTI, pour inciter les radios et télévisions à être encore plus volontaires.

Le législateur est encore plus incitatif. La loi sur le handicap de 2005, qui maintient l’obligation pour les entreprises de plus de vingt salariés d’atteindre un taux d’emploi de personnes handicapées de 6 %, a renforcé les sanctions de celles qui n’y parviennent pas. Ces dernières sont contraintes de verser une contribution à l’Agefiph. Or cette somme a été triplée en 2010 (pouvant atteindre 14 000 € par an et par bénéficiaire manquant pour les entreprises qui n’auraient pris aucune mesure depuis trois ans). En revanche, les employeurs qui négocient des accords d’entreprises sur le sujet sont dispensés de verser une contribution à l’Agefiph, à condition de « réallouer » cette somme au bénéfice de l’intégration des personnes handicapées. Que ce soit par un emploi direct ou le recours à des entreprises sous-traitantes faisant travailler des personnes en situation de handicap.

Aude CARASCO

4-C) RACKET SUR L’EMPLOI

La ponction par l’État de 174 millions d’euros sur les budgets de l’Agefiph et du FIPHFP réduit d’autant les aides aux travailleurs handicapés alors que leur chômage a doublé en six ans. Un véritable larcin commis par un gouvernement sans arguments. Le 3 novembre dernier, le Gouvernement a obtenu de l’Assemblée Nationale, lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2015 (PLF), 58 millions d’euros de transferts de charges au détriment des aides à l’emploi des travailleurs handicapés. Il les a littéralement "piqués" dans les réserves financières de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph) et du Fonds d’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP). Et si le Gouvernement a concédé 7 millions d’euros pour financer 500 nouvelles aides au poste en Entreprises Adaptées, c’est en puisant dans la ligne budgétaire qui finance les maisons de l’emploi. Ce détournement était partiellement connu depuis début septembre, lorsque le ministre chargé de l’Emploi, François Rebsamen, avait informé la direction de l’Agefiph, par simple lettre et sans concertation, d’une ponction de 29 millions via le PLF. Face à la faiblesse des réactions, limitées à une poignée de communiqués, le ministre a donc récidivé son vol en déposant devant les députés, deux minutes seulement avant qu’ils soient amenés à l’examiner, un amendement étendant la même ponction au FIPHFP : "Il s’agit d’un amendement important, a justifié François Rebsamen en séance, car il minore de 29 millions d’euros les dépenses faites sur le budget du ministère de l’Emploi au titre des emplois aidés. Cette minoration résulte de la mise en place d’une contribution du Fonds d’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique." Ce que le président de l’Association des Paralysés de France, Alain Rochon, qui fut jusqu’à sa retraite haut-fonctionnaire au ministère des Finances, qualifie de "racket budgétaire" en rappelant qu’il avait maintes fois assisté à ce genre de prédation. Ces ponctions seront réalisées au moins pendant trois ans, ce qui fera disparaître au total 174 millions d’euros d’aides à l’emploi des travailleurs handicapés alors que le chômage de ces derniers a doublé en 6 ans pour atteindre 423.000. Au prétexte de la crise économique, le financement des aides à l’emploi des personnes handicapées n’a cessé de régresser : baisse constante du produit de la contribution des entreprises qui n’atteignent pas le quota légal de 6% de travailleurs handicapés, transfert de charges du gouvernement Fillon en 2010 entrainant une perte annuelle de budget de 110 millions d’euros d’aides, 44 millions économisés dans le budget de l’État avec l’arrêt en 2013 du plan de création de 10.000 places en Établissements et Services d’Aide par le Travail. L’actuel gouvernement a également annoncé son intention de réduire le nombre de bénéficiaires de l’Allocation aux Adultes Handicapés au titre de la restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi, cette prestation étant payée par l’Etat, pour les expédier vers le RSA financé par les départements. Alors que le chômage de l’ensemble des salariés continue à augmenter, le budget 2015 se contente de maintenir les moyens alloués à Pôle Emploi que tous les observateurs considèrent comme très insuffisant. Or le Comité Interministériel du Handicap du 25 septembre 2013 a décidé de revoir les critères d’orientation vers les services Cap Emploi, spécialisés dans le soutien et l’aide au retour au travail des chômeurs handicapés, afin que seuls ceux qui sont les plus éloignés de l’emploi puissent être ainsi pris en charge. Si ce projet est mis en oeuvre, les travailleurs handicapés licenciés ou arrivant sur le marché du travail risquent de poireauter à Pôle Emploi sans conseil ni soutien efficace, le temps d’en faire des "travailleurs éloignés de l’emploi"... pris en charge par les Cap Emploi. De son côté, l’Agefiph confrontée à la baisse de ses ressources réduit le nombre et le montant des aides aux travailleurs handicapés, qui constituent ainsi la "variable d’ajustement" et sont les victimes finales de cette véritable politique de pillage. Quand un simple justiciable se sert dans la poche d’un autre, il est puni. Mais aucune sanction n’est jamais infligée à un ministre lorsqu’il finance l’action de son périmètre ministériel en se servant de l’argent d’une association chargée d’un service public. Aujourd’hui comme hier, les voleurs sont au Gouvernement, où ils bénéficient de l’impunité la plus totale.

Avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard, rédacteur en chef du magazine yanous

4-D) LE CHIEN GUIDE OU D’ASSISTANCE, UNE AIDE A L’AUTONOMIE POUR DAVANTAGE DE PERSONNES HANDICAPÉES

Les chiens guides et les chiens d’assistance constituent une aide pertinente permettant à de nombreuses personnes handicapées de vivre en plus grande autonomie. Or la liberté d’accès, total et gratuit à tous les transports et les lieux ouverts au public, était juridiquement limitée aux chiens des seules personnes handicapées avec un taux d’incapacité de plus de 80 %. L’ordonnance n°2014-1090 du 26 septembre 2014 a corrigé cette lacune législative en modifiant l’article 88 de la loi n°87-588 : désormais les chiens des personnes handicapées titulaires de la carte de priorité (taux d’incapacité compris entre 50 et 79 %) et les chiens en formation (afin qu’ils s’habituent aux lieux qu’ils fréquenteront avec leur futur maître) peuvent accéder à tous ces lieux et services de transport. Ce droit ne comporte aucune exception : le fait d’interdire l’accès à un chien guide ou d’assistance est sanctionné par une contravention de 3ème catégorie. Cette disposition est d’application immédiate : elle est entrée en vigueur le lendemain de la publication de l’ordonnance n°2014-1090, soit le 28 septembre 2014. L’élargissement des personnes pouvant entrer dans les lieux publics et les services publics de transport avec leur chien guide ou d’assistance a été précédé par la création d’un véritable statut du chien guide ou d’assistance. Ainsi un "certificat national" a été créé. Celui-ci est remis aux familles d’accueil, pour les chiens en cours d’éducation, par les centres d’éducation, puis aux personnes handicapées attributaires d’un chien éduqué. Parallèlement la procédure de labellisation des centres d’éducation pour chiens-guides d’aveugles ou d’assistance a été simplifiée.

4-E) LE LYCÉE AIRBUS

Le lycée Airbus : premier lycée professionnel à offrir un accompagnement dynamique pour les élèves handicapés. Le Lycée Professionnel Privé des Métiers de l’Aéronautique Airbus est l’un des rares lycées professionnels d’entreprise en France

Le Lycée Airbus, lycée privé d’enseignement professionnel en aéronautique, est le premier lycée professionnel à proposer, depuis septembre 2014, aux élèves en situation de handicap un accompagnement dynamique tout au long de leur formation.

Au-delà des travaux d’accessibilité du lycée Airbus, différents moyens techniques et humains sont proposés au élèves handicapés pour assurer l’égalité des droits et des chances, et ce, dès l’inscription aux tests d’admission et sur toute la durée de la scolarité.

Pour établir les mesures individuelles de compensation à mettre en place, une analyse de chaque situation est réalisée avec les acteurs clés du handicap : médecin, assistante sociale, référent handicap et diversité, équipe pédagogique. Elle permet de déterminer les mesures de compensation nécessaires. Il peut s’agir de dispositifs et d’accompagnements particuliers à mettre en œuvre comme par exemple du matériel informatique adapté (grands écrans, tablettes...), des police de caractères spécifiques pour faciliter la lecture pour les jeunes dyslexiques, ou encore des aménagements de temps de travail adapté pour l’élève, ou un accompagnement spécialisé de l’élève par un codeur*, un signeur**, ou encore un tuteur...

Cette démarche s’inscrit dans une logique d’équité et d’égalité des chances et non d’une approche qui consisterait à « favoriser » les personnes concernées.

Dans le cadre de la politique d’emploi des personnes en situation de handicap conduite au sein d’Airbus, le lycée des métiers de l’aéronautique a mis en place des actions de sensibilisation interne pour tous les acteurs. Ces actions concernent aussi bien les élèves que l’équipe pédagogique afin qu’ils soient en mesure de comprendre la notion compensation du handicap ou de lutter contre les stéréotypes. Tous ces acteurs doivent être impliqués pour réussir l’intégration des élèves concernés.

Cette nouvelle démarche s’est avérée très positive, car cette année, plus de 80 candidats ayant des besoins spécifiques liés à une situation de santé ont présenté leur candidature au concours d’admission. Quinze d’entre eux ont été admis aux épreuves orales et sept ont été définitivement admis dans le cursus de formation Bac Pro à la rentrée de septembre 2014. (représentant un taux de 7% d’élèves en situation de handicap admis en première année).

Depuis plusieurs années Airbus s’est engagé dans des actions en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap, validées par deux accords successifs signés en 2011 et 2014. Ils concernent le développement professionnel des collaborateurs handicapés, leur maintien dans l’emploi, la formation via l’alternance et la sous-traitance d’activités avec le secteur protégé et adapté. En complément, Airbus mène de nombreuses actions de sensibilisation auprès de ses salariés, comme ce sera le cas notamment lors de la semaine du handicap.

ZOOM sur le lycées Airbus Le Lycée Professionnel Privé des Métiers de l’Aéronautique Airbus est l’un des rares lycées professionnels d’entreprise en France. Créé en 1949, il est situé au cœur de l’usine Saint-Eloi à Toulouse, la plus ancienne des usines Airbus. Le Lycée Airbus forme ainsi chaque année près de 360 jeunes garçons et filles entre 15 et 18 ans à quatre métiers du secteur aéronautique : Opérateur machine-outil, Chaudronnier, Electricien, Mécanicien. Les formations dispensées sont des Bac Professionnels, préparés en trois ans et se déroulant sous statut scolaire les deux premières années puis sous statut d’apprentissage la dernière année. Les meilleurs élèves peuvent ensuite poursuivre leurs études par un BTS aéronautique préparé en deux ans, sous contrat d’apprentissage. Le Lycée Airbus est lié par un contrat d’association au Ministère de l’Education Nationale. L’enseignement y est gratuit, et les élèves bénéficient de la réversion des bourses d’Etat, conformément à la réglementation en vigueur.http://www.lyceeairbus.com/

Le lycée Airbus : premier lycée professionnel à offrir un accompagnement dynamique pour les élèves handicapés.

4-F) BÉATRICE IDIARD-CHAMOIS « FAIT DES BÉBÉS ».

Celle qui est probablement la seule sage-femme de France à travailler en fauteuil roulant conduit une action unique en matière de préparation à la maternité et la parentalité des personnes handicapées motrices ou sensorielles. Entretien. A bientôt 50 ans, Béatrice Idiard-Chamois est un cas : une boule d’énergie à la bonne humeur et au rire éclatant au service de la plus noble mission humaine, aider à faire naitre des bébés ; mais pas n’importe lesquels, ceux qu’ont voulu des couples dont au moins l’un des membres est handicapé moteur ou sensoriel. Elle les reçoit à Paris, à l’Institut Mutualiste Montsouris pour une consultation Parentalité Handicap moteur et sensoriel, et travaille également au sein du Service de guidance périnatale et parentale des personnes en situation de handicap (SAPPH) de la Fondation Hospitalière Sainte-Marie. Les handicaps, elle les connaît bien, et pas seulement parce qu’elle vit avec : atteinte d’une maladie génétique, le syndrome de Marfan, elle est née très malvoyante et se déplace en fauteuil roulant depuis un suivi médical erroné qui a généré en 1999 un infarctus médullaire. Malgré sa maladie, elle a voulu avoir un enfant, et s’est confrontée aux médecins pour lesquels le syndrome de Marfan contre-indiquait une maternité : "Ç’a été un petit peu compliqué : un affrontement avec les médecins, une totale opposition pendant toute la grossesse. Ma fille va parfaitement bien, elle a 21 ans..." Pour elle, les médecins ont eu peur : "La peur de l’autre, c’est hyper important. Quand il y a une singularité, les médecins se protègent et voient la maladie ou le handicap, ils ne voient pas la personne." En dépit de ces désagréments, Béatrice Idiard-Chamois travaille aujourd’hui à leur contact sans être des leurs : "Les études de médecine, ça m’apparaissait trop long, compliqué, lourd pour moi et ma fatigabilité. Sage-femme, ça m’allait bien. Mon choix de métier a été totalement paradoxal : au départ, vers 17-18 ans, je voulais être militaire, météorologiste dans la marine ! On choisit une profession parce qu’on ne se connaît pas soi-même ; il est très important de faire son chemin, à l’époque je n’étais pas prête à m’occuper de personnes handicapées, alors que j’en étais moi-même une." Ce cheminement l’a également conduite à créer une consultation pour les futurs parents handicapés : "Je ne savais pas où on allait. Ce sont les patientes qui sont venues, bien avant les médias." Depuis la création en 2006 de cette consultation spécialisée, Béatrice Idiard-Chamois a reçu plus de 300 couples : "Leur désir d’enfant est davantage mûri, assumé. Le suivi est plus personnalisé, englobant, contactant. Il y a très peu d’abandon d’une femme handicapée pendant sa grossesse, je n’ai pas constaté d’écart significatif par rapport aux couples de personnes valides. Et la prise en charge anticipe sur l’après, le retour à la maison. Ce qui marche, c’est une alchimie." Une action encore unique en France, qui a suscité l’intérêt des médias : "C’est cela qui fait qu’on soulève une montagne, parce qu’on a bougé une pierre. Ça a été bénéfique, c’est bien d’en parler. Le sujet est traité sans spectaculaire, je me suis toujours refusée à travailler sur des émissions à sensations. Au préalable, je rencontre longuement les journalistes pour apprécier leur intérêt et mettre des limites." Béatrice Idiard-Chamois ne connais pas d’équivalent en régions. À Strasbourg, l’hôpital Saint-Vincent de Paul travaille actuellement avec l’Association des Paralysés de France pour former ses personnels. Le Centre Hospitalier Universitaire de Nantes s’y intéresse également. "On peut trouver de bons professionnels, oui et non, estime-t-elle. Récemment dans un colloque, un Professeur de médecine de Bordeaux a évoqué les lacunes en parcours de soins. Pour moi, c’est la prise en charge de toute la personne, du bagage qu’elle traîne, alors que le professeur parlait de handicap lourd, ce que je ne veux pas mettre en avant. Moi je considère la personne. On peut être très bien pris en charge techniquement, mais sans la dimension personnelle." "Pour pouvoir accompagner, il faut savoir accueillir la personne dans sa totalité, pas seulement sa pathologie. Pour une même pathologie, chacun réagit différemment. Alors que beaucoup de médecins ne voient qu’un utérus et un bébé. Quand on raisonne comme ça, la personne pose des questions, fait des reproches, souvent on lui répond en l’envoyant chez le psy ou l’assistante sociale." Béatrice Idiard-Chamois se retrouve toutefois dans la position particulière d’un soignant handicapé qui traite des patientes handicapées : "Il faut des personnes ’in-gérables’ pour changer les mentalités et bouger les choses. Je suis très bien dans ma verticalité, mon intégrité d’être. Parfois des patientes me posent des questions sur ma pathologie, je leur réponds. Mais pas sur le ton ’je sais ce que tu vis’. J’ai eu des difficultés avec des patientes, parfois refusé de soigner. Quand je ne sens pas la personne, je l’adresse à d’autres." Et elle porte un regard lucide sur sa position au sein du monde médical : "Je suis regardée parfois comme une extraterrestre ! D’abord parce que je ne suis pas encore morte, et que je déploie une forte énergie, ensuite parce que je ne crois pas dans la tutelle publique et les politiques. Ils n’ont aucun rapport humain, gèrent leur ego. Que ce soit Roselyne Bachelot, Marie-Arlette Carlotti, Ségolène Neuville. Les grosses associations sont tenues par les politiques, elles ne sont pas indépendantes. Ça ne changera pas d’en haut, mais d’en bas, par le terrain. Les lois ont été mal appliquées. On est des cas, des handicaps. Dans les Maisons Départementales des Personnes handicapées on est tronçonnés en formalités." Et finalement, Béatrice Idiard-Chamois affirme sa présence : "Je suis intégrée parce que je suis là !"

Avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard, rédacteur en chef du magazine yanous

4-G) SYLVIE CARUSO, NAGEUSE HORS-PAIR

Conseillère municipale de Montigny-lès-Metz depuis six ans, elle contribue à améliorer l’accessibilité urbaine tout en animant des cours de natation dans une piscine municipale, montrant à tous qu’une femme non-voyante peut savoir nager en toutes eaux... Sylvie Caruso entame son deuxième mandat au conseil municipal de Montigny-les-Metz, troisième ville de Moselle en nombre d’habitants, toujours dans la même équipe, celle du maire centriste UDI Jean-Luc Bohl élu en 2001 et deux fois réélu depuis. "Personnellement, je ne suis pas engagée politiquement, je n’ai pas d’étiquette, explique-t-elle. Je pense qu’il y a des choses à prendre dans tous les partis, je l’avais dit au maire, je ne veux pas m’impliquer dans la politique politicienne. Il me connaissait par le réseau associatif, où je représentais des personnes non et malvoyantes, il m’a sollicité pour mon engagement associatif." Sylvie Caruso est aveugle depuis la fin de l’adolescence, à cause de la maladie de Stargardt qui a détruit sa vision dès ses neuf ans, une maladie encore sans thérapie mais elle veut garder l’espoir : "J’ai 54 ans et demi. Je n’ai pas pu voir mes enfants, j’espère voir mes petits-enfants..." Elle travaille depuis 35 ans à Gaz de France, devenu GDF Suez : "L’entreprise m’a proposé de nombreuses solutions à tester, beaucoup de monde s’occupe de moi. J’y suis entrée par la petite porte parce que mon père travaillait comme contremaître dans une centrale thermique. Notre famille est originaire de Normandie, mon père était officier militaire, on a quitté cette région pour s’installer en Lorraine où il y avait davantage d’opportunités pour des non-voyants." L’une des soeurs de Sylvie Caruso a en effet été touchée par la même maladie : "À l’époque, il y avait davantage d’opportunités en Lorraine du fait de la proximité de la Belgique, du Luxembourg et de l’Allemagne. C’est une richesse pour nous. Et les frontaliers se sont donnés la peine, l’Allemagne est très forte en matière d’aménagement de la voirie."

A Montigny-les-Metz, elle agit en faveur des personnes handicapées, et se désole de la nouvelle législation sur l’accessibilité qui repousse les échéances et allège les normes : "La loi de 2015 venait au bout de 40 ans après la loi d’orientation, et maintenant on va encore faire des dérogations parce que ces gens [exploitants ou propriétaires d’Établissements Recevant du Public NDLR] n’ont pas eu le temps de faire des adaptations, alors ils appellent tout de suite pour obtenir leurs dérogations ! On se moque de nous, les personnes handicapées, il faut rester zen... Je constate un véritable recul : on avance de cinq pas, on recule de dix. Et surtout, on ne sait pas travailler en symbiose, ce que je constate dans mon travail à GDF : on trouve le moyen de ne pas synchroniser des travaux sur les réseaux, mais de les faire se succéder. Dans le handicap, c’est pareil : on est des personnes très différentes, j’assiste à longueur de temps à des réunions, les Architectes des Bâtiments de France ont toujours des circonstances atténuantes et on entend que ce n’est pas possible. Que de temps perdu ! Mais je reste convaincue qu’il ne faut pas lâcher." Une situation qu’elle vit au quotidien dans l’agglomération messine : "On a travaillé pendant des années pour que la ligne de bus en site propre Mettis soit inaugurée en octobre 2013, mais en oubliant l’accès des personnes à mobilité réduite ! Des places ont été refaites avec beaucoup d’erreurs, les non-voyants et les malvoyants en pleurent, on entend bien l’annonce sonore dans les véhicules, mais sur les places, on ne sait plus où on est, on ne peut pas s’orienter." Ce nouveau réseau, qui remplace le projet de tramway défendu par l’équipe municipale battue à Metz lors des élections de 2008, fait actuellement l’objet de travaux de mise en accessibilité, alors que la ville dispose depuis plus de vingt ans d’un service ad hoc. Une situation que ne peut accepter Sylvie Caruso, qui ne rencontre aucune difficulté quand elle vient à Paris par le train : "Notre association a aménagé la Gare de l’Est jusqu’à la sortie, avec guidage podo-tactile, bornes sonores, marquage braille des rambardes d’escalier. On communique sur un réseau d’associations pour faire connaître les nouveautés. La gare de Metz est aménagée depuis un an avec guidage podo-tactile et bornes sonores. Il a fallu s’accrocher pour que cela fonctionne." Des soucis qu’elle ne rencontre pas dans la piscine où elle anime des cours de natation, et qui vient d’être rénovée avec une accessibilité de qualité : "J’anime des cours de natation depuis l’âge de 18 ans. J’ai appris à travailler avec des enfants, au moyen de jeux, et aussi appris à nager à des adultes." Elle travaille en touchant le corps, pour guider le geste de l’apprenti nageur, comprendre comment il fait le mouvement pour le corriger au besoin. Et reste très fière que son père lui ait appris toutes les nages. Maintenant, elle veut aider des adultes entre 30 et 60 ans, qui veulent savoir nager mais qui ont peur de l’eau. "C’est une certaine confiance que les parents m’ont donnée il y a 30 ans. On peut apprendre à nager rien qu’en écoutant la voix. Et des maîtres-nageurs ont pris exemple sur moi. Le handicap se surmonte, et tout est possible quand on a la volonté."

Avec l’aimable autorisation de Laurent LEJARD rédacteur en chef du magazine Yanous

4-H) ENSEMBLE AU MUSÉE.

Depuis son ouverture en 2006, le musée parisien du Quai Branly a su construire une offre d’activités adaptées aux publics handicapés, et propose également des visites riches en échange mêlant tous les visiteurs. Consacré aux arts et civilisations des continents africain, américain, asiatique et océanique, le musée du Quai Branly regorge d’oeuvres fabuleuses. Le défi était de rendre accessible au public des objets usuels, cultuels, cérémoniels, emplis d’un sens que le public français et européen ne connaît pas toujours et que le musée veut leur faire percevoir. Une mission encore plus difficile pour les visiteurs handicapés, pour lesquels une offre adaptée d’activités a été élaborée, dont la directrice des publics, Anne Picq, dresse un bilan très positif tout en restant prudente avec les chiffres de fréquentation : "On a réalisé énormément d’actions couronnées de résultats. Tous les agents sont formés à l’accueil des personnes handicapées, leur attention est très importante, surtout pour les personnes dont le handicap n’est pas visible. On forme les personnels externes à cet accueil, en complément de la formation reçue dans l’entreprise qui les emploie. Pour les activités concernant les groupes, on s’appuie sur des relais. Et pour les individuels, le musée offre une palette de services et d’activités. Lors des expositions temporaires, on est en mesure de proposer une offre identique à celle des autres visiteurs." Le musée vise une accessibilité universelle, notamment pour les ateliers proposés aux enfants et aux scolaires : "On n’est pas dans une position passive, mais proactive, poursuit Anne Picq. Dans les expositions temporaires, les fiches de salles conçues pour les visiteurs déficients mentaux sont en fait utilisées par tous les visiteurs. Les tables tactiles élaborées par le lunetier Alain Mikli sont aussi appréciées par tous. Des activités telle ’L’aventure d’une oeuvre dans le noir’ est une découverte et un mélange d’expérience entre aveugles et voyants. En février dernier, lors de la Semaine d’événements famille, certaines activités sur la musique ont travaillé sur la vibration osseuse du son, mêlant tous les publics, sourds compris. Ce qui est apprécié par les publics handicapés, c’est qu’ils ont accès à l’intégralité de l’offre d’activités. Ils sont très agréablement surpris des outils proposés, on sent une grande satisfaction." Pour autant, le musée poursuit son travail de recherche et d’élaboration d’outils innovants, dont certains seront testés pendant la Semaine de l’accessibilité : une galerie tactile, la découverte de l’expo temporaire Mayas avec des fiches en relief et braille, l’application en Langue des Signes Française des Experts quai Branly : "On aimerait développer une meilleure proposition, avec des espaces tactiles, des actions autour des instruments de musique en direction des personnes déficientes auditives. On fait du benchmark. Par exemple, le spectacle Frontières [représenté pendant la semaine de l’accessibilité NDLR] est un conte visuel, une proposition internationale accessible à tous, avec les différentes nationalités." Guide conférencière au musée, Marie-Odile Fontaine travaille pour les groupes ou les individuels, quel que soit leur handicap, et assure également des visites ouvertes à tous. "Il y a peu de participants sur les visites spécifiques à un type de handicap, et presque personne sur les visites handicap mental. Mais pour les aveugles et déficients visuels, il y a plus de monde, six à huit personnes." Ce sont les visites mêlant personnes valides et handicapées qui fonctionnent le mieux, par exemple celle qui aborde le thème de la différence : "Pour chaque continent, ajoute Marie-Odile Fontaine, on présente un objet ou une oeuvre représentative de la différence. Au musée, la mixité est peu fréquente, alors dans cette visite il y a beaucoup plus d’échanges qu’avec un public lambda, elle est plus riche en retour, le public valide ressent un plus, une ouverture. On peut toucher quelques oeuvres, utiliser des extraits sonores, la rivière tactile, des documents en relief. Sans cette visite, la rivière serait restée un peu obscure pour les visiteurs voyants, alors qu’elle apporte beaucoup d’informations avec un contenu scientifique exigeant. Le public des personnes handicapées pose des questions différentes, demande des précisions sur l’objet présenté comme sa forme ou son usage, ou plus spécifiques. Par exemple, les visiteurs handicapés mentaux sont réactifs sur le voyage chamanique, ils posent des questions, ressentent les fétiches, alors que pour nous ces fétiches ne fonctionnent plus." Marie-Odile Fontaine conserve un souvenir émerveillé de cette proposition : "Les visites que j’ai faites avec un public mixte ont toutes été des visites exceptionnelles. On ne fait pas du théorique, on vit ce qu’on expose. Mais c’est trop rare, il y a encore une grande barrière entre publics handicapés et valides. Il faudrait programmer davantage de visites mixtes tout public, y compris avec des visiteurs venant d’institutions médico-sociales. Pour inciter dans les deux sens : les personnes handicapées vers les valides, les valides vers les personnes handicapées." Avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard, rédacteur en chef du magazine Yanous

Le musée du Quai Branly (Paris 7e) organise sa biennale Semaine de l’accessibilité du 29 novembre au 7 décembre 2014. Au programme, des visites guidées ou contées, des ateliers (dégustation dans le noir, danse du corps et des mains , objets magiques, etc.), des rencontres et lectures, des spectacles, des séminaires pour professionnels de l’accessibilité : un très riche programme !

5) ACTUALITÉS INTERNATIONALES DU HANDICAP

5-A) GREFFIER AVEUGLE AU TOGO

Koffi Awoukou Tamakloe a été admis à travailler à la Cour d’Appel de Lomé comme administrateur de Greffe, ajoutant une nouvelle pièce à l’intégration sociale et professionnelle des personnes handicapées dans ce pays africain. Portrait. Après Jérémy Yao Vidja, un non-voyant qui a participé aux élections législatives togolaises de juillet 2013 et a été élu député, c’est au tour d’une autre personne en situation de déficience visuelle de briser les barrières qui empêchent les personnes handicapées de prendre part à la vie de la société ou d’un pays pour leur épanouissement. Ainsi, après sa prestation de serment le 22 aout dernier, maitre Koffi Awoukou Tamakloe est actuellement administrateur de Greffe à la Cour d’Appel de Lomé. Né en 1984 à Agou, localité située à une centaine de kilomètres de Lomé, Koffi Awoukou Tamakloe a fait ses études dans la capitale. Mais arrivé au secondaire, il a eu de sérieuses difficultés qui l’ont amené au centre des aveugles de Kpalimé (ville située à 120 km de Lomé), une institution spécialisée dans la formation des personnes déficientes visuelles. Après avoir passé une année à apprendre le braille et l’utilisation de la machine à écrire qui permet aux personnes aveugles de s’insérer académiquement dans les écoles ordinaires, il s’est inscrit au collège protestant de Kpalimé où il a obtenu un baccalauréat littéraire en 2005. Il a poursuivi ensuite à l’Université de Lomé d’où il est sorti nanti d’une licence et d’une maitrise en droit public. En 2011, il a été admis au cours d’entrée au Centre de Formation des Professions de Justice de Lomé (CFPJ), une grande école de la République Togolaise qui forme en carrière judiciaire notamment les magistrats, les administrateurs de Greffe et autres. "Mon entrée au CFPJ n’était pas facile car on sentait une certaine réticence des institutions, des grandes écoles à admettre les personnes en situation de handicap visuel faute de moyens didactiques, confie Koffi Awoukou Tamakloe. J’ai donc pu convaincre la directrice de l’époque, qui est une Française qui m’a favorablement accueilli, et les autorités du CFPJ et de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) qui étaient associées à l’époque au concours m’ont permis de passer le concours où les épreuves ce jour là au moins étaient transcrites en braille. Je les ai rendues à la machine dactylo et j’ai été admis 10e sur plusieurs centaines." La formation n’était pas facile car il lui fallait suivre des cours théoriques avec des documents tous en noir. "Donc je devais les adapter, soit me les faire transcrire en braille, me les faire enregistrer sur des supports numériques ou les lire avec des logiciels de revue d’écran qui permettent à la personne handicapée d’accéder aux données numériques," précise Koffi Awoukou Tamakloe. Aussi, durant cette formation, il n’y avait pas d’accompagnement en tant que tel : "J’utilisais la tablette qui permet aux personnes non-voyantes de prendre le cours en braille. Je prenais toutes mes notes en braille. Le centre avait mis néanmoins un ordinateur de bureau à ma disposition, sur lequel j’ai fait installer mon logiciel adapté pour les cours informatiques. Pour les autres choses, je me faisais assister par les camarades." Après deux années de formation passée au CFPJ en option Greffe et Parquet, il est sorti Administrateur de Greffe où il occupe actuellement un poste à la Cour d’Appel de Lomé. Afin de lui faciliter la tâche, les ONG Christian Blind Mission (CBM) et Visions Solidaires lui ont permis de disposer dans son bureau à la Cour d’Appel d’un ordinateur sur lequel a été installé un logiciel de synthèse vocale qui permet d’adapter les données. On a également mis à sa disposition un scanner pour numériser les documents papier. L’État compte en outre l’équiper en logistique et matériel. Koffi Awoukou Tamakloe aspire aller toujours loin dans les études : "J’aime le domaine de la recherche, je voudrais faire une thèse de troisième cycle en droit public, en relations internationales et pourquoi pas enseigner dans le supérieur." Belle ambition !

Ali Soumaila, octobre 2014.

Avec l’aimable autorisation de Laurent LEJARD Rédacteur en Chef du magazine Yanous

5-B) UN ÉTUDIANT ARGENTIN INVENTE DES CHAUSSURES INTELLIGENTES POUR AVEUGLES

Un étudiant argentin veut révolutionner la vie des aveugles en remplaçant leur canne par des chaussures « intelligentes ». Équipées de capteurs ultrasons, elles vibrent à l’approche d’obstacles. L’invention, baptisée « Duspavoni », a été présentée vendredi dernier à la Foire Nationale des Sciences, à Buenos Aires. Un étudiant argentin, dont une amie commençait à perdre la vue, a développé une technologie sans précédent : des chaussures pour aveugles. « Elle m’a dit que les jeunes aveugles n’aimaient pas la canne car ils se sentaient stigmatisés », raconte-t-il à EFE, principale agence de presse espagnole. Plus discrètes, les chaussures pour aveugle créent beaucoup moins de malaise que l’habituelle canne blanche. Tout réside dans leurs semelles : des capteurs ultrasons sont placés à l’intérieur, et détectent les objets, hommes ou animaux jusqu’à 64 centimètres d’éloignement. Dès que la personne qui les porte s’approche d’un obstacle, les chaussures se mettent à vibrer. « Si l’objet est devant, l’extrémité des chaussures vibre. Si c’est sur le côté, la semelle vibre, et si c’est derrière, les talons vibrent », explique Juan Manuel BUSTAMANTE. L’étudiant au collège de Rio Gallegos, en Argentine, a travaillé six mois sur le projet. Il espère « révolutionner la vie des malvoyants, partiellement ou totalement infirmes ». Ces chaussures, baptisées « Duspavoni », sont équipées de batteries rechargeables, par un câble USB ou un chargeur de portable. Après cinq heures de charge, elles tiennent jusqu’à quatre jours. L’étudiant a présenté son projet vendredi dernier à l’occasion de la Foire Nationale des Sciences de Buenos Aires. Extrait du Figaro.fr

6) ACCESSIBILITÉ

6-A) ACCESSIBILITÉ : LA COLÈRE GRONDE !

Depuis la publication de l’Ordonnance relative à l’accessibilité, les associations ne décolèrent pas et les actions de mobilisation se multiplient partout en France. À l’occasion du forum régional sur l’accessibilité à Nantes ce lundi 24 novembre - forum préparant la Conférence nationale du handicap du 11 décembre - le collectif pour une France accessible pour tous tient à rappeler son opposition au texte actuel de l’Ordonnance. Ainsi, le collectif demande aux Parlementaires de ne pas ratifier, en l’état, l’Ordonnance sur l’accessibilité qui leur sera présentée prochainement par le Gouvernement.

Le collectif pour une France accessible pour tous, qui réunit des organisations représentatives de personnes en situation de handicap, des personnes âgées, des familles, d’usagers des transports en communs et de la voie publique (cyclistes et piétons) a pour ambition de rassembler tous ceux dont le quotidien dépend de l’accessibilité et de la conception universelle pour tous ou qui en sont promoteurs. Son ambition est aussi de promouvoir l’accessibilité auprès de l’opinion publique et des décideurs politiques. Car l’accessibilité universelle n’est pas une demande catégorielle mais concerne l’ensemble de la population et notamment : les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les parents avec poussettes, les femmes enceintes, les blessés temporaires, les enfants en bas âge, les cyclistes, les voyageurs avec bagages, les livreurs et toutes les personnes valides pour le confort procuré.

Le collectif pour une France accessible tient à rappeler que l’accessibilité est une obligation nationale depuis 1975 et répond à une forte demande des citoyens français. La loi du 11 février 2005 qui prévoyait l’accessibilité au 1er janvier 2015 n’a pas été respectée et les délais supplémentaires, aujourd’hui proposés pour rendre la France accessible, ne sont pas acceptables. Cette Ordonnance constitue un recul des ambitions de la loi de 2005 mais aussi un coup porté à la nécessaire adaptation de la société au vieillissement. Plus les mesures pour achever les transformations nécessaires tarderont à être prises aujourd’hui, plus lourdes seront les dépenses pour répondre aux citoyens de demain.

Le collectif rejoint les recommandations faîtes par le Défenseur des Droits au Gouvernement et partage l’avis défavorable que le CNCPH (Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées) a émis par rapport à l’Ordonnance.

Ce collectif appelle toutes les organisations engagées pour l’accessibilité universelle à le rejoindre. Premières organisations participantes au collectif :

-  l’Association française contre les myopathies (AFM-Téléthon)
-  Association française pour le développement des Véloroutes et Voies Vertes de France (AF3V)
-  l’Association de défense des polyhandicapés (Adepo)
-  l’ANPIHM (Association Nationale Pour l’Intégration des personnes Handicapées Moteurs)
-  l’Association des paralysés de France (APF)
-  la Confédération française pour la promotion sociale des aveugles et amblyopes (CFPSAA)
-  la Confédération française des Retraités (CFR)
-  le Conseil National des Associations Familiales Laïques (CNAFAL)
-  les Droits du piéton
-  la Fédération française des associations d’infirmes moteurs cérébraux (FFAIMC)
-  la Fédération française des Dys
-  la Fédération nationale des Associations et Amis de Personnes âgées Et de leurs familles (FNAPAEF)
-  la Fédération Nationale des Associations de Retraités (FNAR)
-  la FNATH, association des accidentés de la vie
-  la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT)
-  le Groupement français des personnes handicapées (GFPH)
-  le Groupement pour l’Insertion des personnes handicapées physiques (GIHP)
-  la Fédération Jumeaux et plus
-  Mobile en ville
-  l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (UNAFAM)
-  l’Union nationale des associations de parents d’enfants inadaptés (UNAPEI)
-  l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss)
-  Union Nationale pour l’Insertion sociale du Déficient Auditif (Unisda)

7) CULTURE

7-A) SALLES DE CINEMA UGC ÉQUIPÉES POUR L’AUDIODESCRIPTION

Sylvain NIVARD et Guy ROCHEREAU de la commission culture de la CFPSAA ont rencontré fin Octobre le directeur d’exploitation du groupe UGC qui leur a annoncé que tous les cinémas UGC sont désormais équipés pour l’audio-description.

Vous trouverez ci joint la liste de ces salles UGC classées par ordre de code postal.

Il a été demandé à UGC la possibilité de recevoir régulièrement la programmation des films avec audio-description afin de vous la diffuser. Nous espérons une réponse positive.

En attendant, n’hésitez pas à consulter sur le site WEB du cinéma UGC, le plus proche de votre domicile, la programmation des films en audio-description ou bien à demander directement à la caisse du cinéma quand il y aura un film en audio-description.

LISTE DES COMPLEXES UGC 2015 Complexe C P Ville Nbre de salle UGC CINE CITE MONDEVILLE 14120 Mondeville 12 UGC TOULOUSE 31 000 Toulouse 6 UGC CINE CITE BORDEAUX 33 000 Bordeaux 18 UGC CINE CITE ATLANTIS 44 800 Saint Herblain 12 UGC NANCY ST JEAN 54000 Nancy 6 UGC CINE CITE LUDRES 54710 Ludres 14 UGC CINE CITE LILLE 59000 Lille 14 UGC CINE CITE VILLENEUVE D’ASCQ 59650 Villeneuve d’Ascq 12 UGC CINE CITE STRASBOURG 67100 Strasbourg 22 UGC CINE CITE LYON CONFLUENCE 69002 LYON 14 UGC ASTORIA 69 006 Lyon 5 UGC LYON PART DIEU 2 69431 Lyon 14 UGC LYON PART DIEU 4 69431 Lyon UGC CINE CITE LYON 69463 Lyon 14 UGC CINE CITE LES HALLES 75 001 Paris 19 UGC MONTPARNASSE 75 006 Paris 7 UGC ROTONDE 75 006 Paris 3 UGC DANTON 75 006 Paris 4 UGC ODEON 75 006 Paris 4 UGC GEORGE V 75 008 Paris 11 UGC NORMANDIE 75 008 Paris 4 UGC OPERA 75 009 Paris 4 UGC LYON BASTILLE 75 012 Paris 7 UGC CINE CITE BERCY 75 012 Paris 18 UGC GOBELINS 75 013 Paris 7 UGC MAILLOT 75 017 Paris 4 UGC CINE CITE PARIS 19 75 019 Paris 14 UGC CINE CITE ROUEN 76100 Rouen 14 UGC VELIZY 78 140 Velizy Villacoublay 6 UGC CINE CITE SQY OUEST 78 180 Montigny Le Bretonneux 16 UGC LES ULIS 91 940 Les Ulis 4 UGC CINE CITE LA DEFENSE 92 800 Puteaux 16 UGC CINE CITE ROSNY 93 110 Rosny sous Bois 15 UGC CINE CITE NOISY LE GRAND 93 193 Noisy le Grand 8 UGC CINE CITE PARINOR 93 600 Aulnay sous Bois 14 UGC CINE CITE CRETEIL 94 000 Créteil 12 UGC CINE CITE CERGY LE HAUT 95 800 Cergy le Haut 10 UGC ENGHIEN 95 880 ENGHIEN 6

7-B) PRIX HANDI-LIVRES

9ème édition du prix littéraire Handi-Livres sous la présidence de Laure ADLER

Les noms des 7 lauréats viennent d’être dévoilés. Une sélection de 30 livres a été soumise à un jury composé de professionnels du handicap, de journalistes et d’écrivains.

Le jury a décidé, en plus des six prix, de décerner une Mention spéciale pour saluer la qualité de l’ouvrage Homo erectus, le combat d’une profession de Philippe FOURNY publié par le Cherche Midi Éditeur.

Les lauréats par catégorie, sont :
- Catégorie Roman : Vingt sixième étage d’Alain Bron / in octavo éditions
- Catégorie Biographie : Plus fort la vie de Philippe CROIZON en collaboration avec Emmanuelle DAL SECCO / Arthaud
- Catégorie Guide (ex aequo) , : Mix & Délices de Réseau Lucioles et Trouble des apprentissages : dictionnaire pratique de Jérôme BESSAC / Édition Tom Pousse
- Catégorie Jeunesse Enfant : Chien Guide pour la vie de Laure Perrin et Béatrice Rodriguez / Akela Editions
- Catégorie Jeunesse Adolescent : Les Autodafeurs 1 de Marine CARTERON / Éditions Rouergue
- Catégorie Livre adapté : Petit Duvet de Sandrine-Marie SIMON / Mes Mains en Or
- Mention Spéciale : Homo erectus, le combat d’une profession de Philippe FOURNY / le Cherche Midi Éditeur

8) EMPLOI

8-A) BONNES ET MAUVAISES PRATIQUES EN MATIERE D’EMPLOI DES DEFICIENTS VISUELS EN FRANCE

En France, comme dans de très nombreux pays d’Europe, on estime que moins d’une personne sur trois, déficiente visuelle en âge de travailler, occupe effectivement un emploi. Il convient donc de s’interroger tant sur les facteurs qui favorisent l’emploi de cette population, que sur ceux qui sont un frein à leur embauche. Tel est l’objet du présent document.

LES BONNES PRATIQUES EN MATIERE D’EMPLOI.

1 – Le quota d’emploi obligatoire de 6% de travailleurs handicapés.

En France, depuis 1987, toute entreprise privée qui emploie plus de vingt salariés est tenue d’employer des travailleurs handicapés à hauteur de 6% de son effectif total. Une loi de 2005 a étendu cette obligation à l’ensemble des Administrations : Etat, collectivités locales, hôpitaux. Ce quota a grandement favorisé l’emploi des travailleurs handicapés.

2 – Le choix de l’employeur

Pour remplir son obligation légale, l’employeur public ou privé a le choix entre quatre possibilités :
-  L’emploi effectif de travailleurs handicapés,
-  La fourniture de travaux, en sous-traitance, aux Etablissements ou Services d’Aide par le Travail (ESAT) ou aux Entreprises Adaptées(EA) dans la limite de 50% de l’obligation d’emploi, ,
-  Le paiement d’une contribution forfaitaire à l’un des deux Fonds pour l’Emploi des Travailleurs Handicapés,
-  La conclusion d’un accord/convention avec les organisations syndicales de l’entreprise prévoyant l’embauche d’un certain nombre de travailleurs handicapés sur une certaine période, le reclassement des travailleurs de l’entreprise qui deviennent handicapés, leur formation etc. Ce choix laissé à l’employeur lui permet de diversifier les moyens pour remplir son obligation, il peut être également considéré comme une bonne pratique.

3 – Les fonds pour l’emploi des travailleurs handicapés.

Depuis la loi de 2005, deux Fonds pour l’Emploi des Travailleurs Handicapés existent : l’AGEFIPH pour les entreprises privées, le FIPHFP pour le secteur public. Ces fonds reçoivent les contributions forfaitaires des employeurs privés ou publics qui ont choisi ce moyen pour atteindre le quota de 6% qui leur est imposé par la loi, ainsi que les pénalités imposées aux entreprises/administrations qui, après mise en demeure, n’atteignent pas ce quota. Les fonds ainsi recueillis sont utilisés pour :
-  financer l’adaptation des postes de travail ou de l’environnement professionnel des travailleurs handicapés,
-  leur formation/apprentissage,
-  la sensibilisation des employeurs.

Il s’agit de fonds dédiés qui ne peuvent être utilisés que conformément à ces objectifs, les associations représentatives des personnes handicapées sont présentes au Conseil d’Administration de chacun de ces fonds aux côtés des organisations syndicales de salariés et d’employeurs.

Là encore, la mise en place de ces deux fonds est une excellente pratique, il est envisagé de les réunir en un seul mais cela pose le problème de l’utilisation des fonds publics qui doivent rester très contrôlés par l’Etat.

4 – ESAT ET EA.

a) Les Établissements et Services d’Aide par le Travail (ESAT) : on compte en France environ 1400 ESAT qui offrent un travail, un soutien social, médical, psychologique et/ou éducatif aux quelques 110 000 personnes handicapées qu’ils accueillent. Seule une quinzaine d’entre eux sont spécialisés pour accueillir des déficients visuels (environ 700 personnes). Comme tous les ESAT, ceux ne sont pas des « entreprises ordinaires » au sens du Code du Travail, mais font partie du « secteur protégé » et sont des « établissements médico-sociaux ». En principe, le travail a une vocation d’aide et de réinsertion sociale, des « activités de soutien » sont proposées aux personnes handicapées qui n’ont pas le statut de « travailleurs » (ils ne peuvent se syndiquer, perçoivent un salaire compris entre 5 et 35% du SMIC, complété par une « aide au poste » payée par l’Etat, qui porte donc leur « rémunération garantie » entre 55 et 110% du SMIC). Le salaire des moniteurs d’ateliers est pris en charge par l’État, bien que depuis quelques années le « budget commercial » en absorbe une partie de plus en plus importante.

b) Les Entreprises Adaptées (EA) : on compte en France un peu plus de 700 Entreprises Adaptées. Ces dernières accueillent quelques 30000 salariés, dont environ 80 % de travailleurs handicapés. Moins de 10 de ces entreprises accueillent spécifiquement des déficients visuels (soit moins de 300 travailleurs.) Les EA sont de véritables entreprises du « secteur ordinaire », leurs salariés ont les mêmes droits que n’importe quel travailleur. Ils perçoivent un salaire, au minimum le SMIC. Faisant pleinement partie du marché du travail, les Entreprises Adaptées ont des objectifs économiques à réaliser et des équilibres à trouver. Leur spécificité tient dans le fait que Les Entreprises Adaptées passent un contrat d’objectifs triennal (COT) avec les services de l’Etat, qui vaut agrément. De ce fait, elles peuvent bénéficier de deux aides de l’Etat : • Une aide au poste à hauteur de 80 % du SMIC brut, qui ne tient pas compte des charges sociales. • Une subvention spécifique qui compense les surcoûts liés à l’emploi de personnes handicapées à efficience réduite.

5 – Les centres de rééducation professionnelle (CRP)

Une dizaine de CRP spécialisés pour déficients visuels accueillent chaque année quelques 500 stagiaires. Avant d’entrer en formation, les déficients visuels qui le sont devenus à l’âge adulte (maladie, accident), suivent un stage « d’adaptation » qui leur permet si besoin d’apprendre le braille, les techniques de locomotion, de se familiariser avec la pratique de l’informatique adaptée et d’avoir une remise à niveau. Les formations dispensées sont assez variées : kinésithérapie, technicien de bien-être, accueil/communication, travaux manuels. Les frais de fonctionnement des CRP sont pris en charge par l’Assurance Maladie qui assume aussi les frais d’hébergement des stagiaires durant leur formation car ils résident souvent très loin du CFRP. Durant leur formation, les stagiaires perçoivent un salaire payé par l’Etat, égal à 80% du salaire qu’ils percevaient avant de perdre la vue ou égal à 650 euros s’ils n’ont jamais travaillé. Tous les CRP peuvent percevoir un impôt la « taxe d’apprentissage » qui leur permet d’acquérir le matériel pédagogique dont ils ont besoin souvent fort coûteux et de rémunérer des formateurs spécialisés non pris en compte dans le cadre du budget ordinaire.

Ces CRP constituent une excellente pratique : les stagiaires y reçoivent le soutien psychologique dont ils ont souvent besoin, le service social, les spécialistes de la vision, une personne en charge de préparer l’insertion professionnelle après la formation, travaillent ensemble au sein d’une « équipe pluridisciplinaire ». Enfin et surtout, les enseignements sont adaptés aux besoins de chacun : documents remis en braille ou caractères agrandis, schémas en relief, utilisation de logiciels qui permettent aux stagiaires de travailler en écriture agrandie, braille, ou sonore.

6 - Actions diverses.

a) Les services de transport spécialisés. De très nombreux départements ont favorisé la mise en place de services de transport spécialisés confiés, le plus souvent, à des entreprises privées. Ces services bénéficient d’un financement alloué par le département, complété par une participation du bénéficiaire. Ils sont essentiellement utilisés pour transporter les personnes handicapées de leur domicile à leur lieu de travail mais peuvent aussi favoriser les loisirs ou effectuer des transports pour des raisons médicales.

b) La prestation compensatrice du handicap (PCH) indépendante du revenu du travailleur handicapé et de sa famille. Depuis 2005, toute personne handicapée peut bénéficier d’une PCH qui a pour but de compenser les charges supplémentaires qu’impose le handicap à la personne qui en est atteinte (aides humaines, acquisition d’aides techniques pour sa vie personnelle, entretien d’un chien guide). Cette aide est forfaitaire pour les personnes aveugles, elle est fonction des besoins reconnus par une commission spécialisée pour les déficients visuels. En tout cas, elle est indépendante des revenus que procure l’activité professionnelle de la personne handicapée et des ressources de sa famille ce qui n’était pas le cas avant 2005 et favorise grandement la mise au travail.

LES FREINS A L’EMPLOI.

7 – Depuis 2005 la gravité du handicap n’est plus prise en compte pour évaluer le taux d’emploi des travailleurs handicapés.

Jusqu’en 2005, une même personne pouvait compter pour plusieurs « unités bénéficiaires » lors de l’évaluation du taux d’emploi de travailleurs handicapés par une entreprise, en fonction de la gravité de son handicap, de son âge, de son passé professionnel. Ainsi, une personne aveugle de moins de trente ans sortant d’un Centre de Rééducation Professionnelle comptait pour trois unités. Depuis la loi de 2005, toute personne handicapée, quelque soit la gravité de son handicap, son âge ou son passé professionnel compte pour une unité ce qui défavorise les demandeurs d’emplois lourdement handicapés. Les entreprises préfèrent désormais embaucher des travailleurs faiblement handicapés qui leur procurent les mêmes avantages.

8 – Les accords d’entreprise

Ces accords qui visent à dispenser les entreprises d’une partie de leur obligation d’emploi des travailleurs handicapés sont souvent peu précis et insuffisamment contrôlés.

9 – Certaines administrations sont dispensées du paiement de la contribution.

L’Éducation Nationale qui est en France le plus gros employeur public est dispensé du paiement de la contribution pour l’emploi des travailleurs handicapés, en raison du fait qu’elle emploie des Auxiliaires de Vie Scolaire qui ont pour mission d’aider les élèves ou étudiants handicapés tout au long de leur scolarité. Aider les étudiants et embaucher des personnes handicapées sont pourtant deux objectifs différents, la dispense actuelle est très défavorable aux enseignants handicapés qui ne sont pas assez nombreux dans les écoles ordinaires. D’autres Administrations comme le Ministère de l’Agriculture sont aussi dispensées du paiement de la contribution pour des raisons tout aussi regrettables.

10 - Les freins à l’acquisition des aides techniques.

Plusieurs facteurs rendent difficile l’obtention des aides techniques nécessaires pour l’adaptation du poste de travail de la personne handicapée :
-  Le FIPHFP ne peut être sollicité directement par un Fonctionnaire handicapé, seule l’Administration peut demander le financement du matériel dont a besoin un fonctionnaire handicapé ;
-  Le coût des aides techniques est souvent très élevé, beaucoup plus onéreux en France que dans les pays voisins. Ceci s’explique par le tout petit nombre de distributeurs ce qui limite la concurrence entre eux, l’un d’eux jouissant ainsi d’un quasi monopole ;
-  L’AGEFIPH et le FIPHFP refusent trop souvent de financer l’entretien régulier des aides techniques et leur renouvellement pourtant nécessaire après une période de cinq ans ;
-  Il n’existe aucune possibilité pour une entreprise ou Administration d’obtenir le prêt d’aides techniques pour l’accueil temporaire de stagiaires handicapés ou lors d’une embauche, dans l’attente de la fourniture du matériel définitif ;

11 - Accessibilité Numérique Très Insuffisante.

-  Les logiciels et sites internet ne sont que très rarement rendus accessibles aux déficients visuels dès leur conception, ce qui serait pourtant beaucoup moins coûteux que de le faire ultérieurement. Si cela est fort gênant dans la vie quotidienne des personnes handicapées, la gêne est encore plus importante pour les travailleurs. Faute de logiciels, sites intranet ou extranet accessibles, ils ne peuvent accomplir toutes les tâches confiées à leurs collègues, sont exclus de toute mobilité et de toute progression de carrière. Nous tentons de faire reconnaître l’inaccessibilité des logiciels professionnels et sites internet comme une discrimination dans l’emploi pouvant être pénalement sanctionnée. Notons enfin qu’il n’existe pas de liste complète, régulièrement tenue à jour, des logiciels dont l’adaptation a été réalisée pour les rendre accessibles aux salariés/fonctionnaires handicapés, l’adaptation d’un même logiciel peut ainsi être demandée et financée plusieurs fois par des délégations régionales différentes du FIPHFP ou de l’AGEFIPH.

12 - Trop de services d’aide à l’emploi des travailleurs handicapés non coordonnés.

Trop de services agissent ensemble pour favoriser l’emploi des travailleurs handicapés, sans coordination entre eux ni réelle spécialisation pour la déficience visuelle. Parmi ces services, citons :
- Pôle Emploi : service national auquel s’adresse l’ensemble des demandeurs d’emplois, handicapés ou non. Il convient d’y être inscrit pour bénéficier des aides publiques versées par l’Etat aux personnes sans emploi ;
- Cap Emploi : un Cap Emploi par département est spécialement en charge du placement des demandeurs d’emplois handicapés, le financement de ces services est fonction des résultats obtenus ce qui les pousse à aider en priorité les demandeurs d’emplois faiblement handicapés. Les déficients visuels représentent moins de 5% des personnes handicapées inscrites aux Cap Emploi de sorte que les spécificités de ce handicap sont mal connues des personnes en charge du placement ;
- Les SAMETH : Services d’Aide au Maintien dans l’Emploi des Travailleurs Handicapés. Ils aident les entreprises à reclasser les travailleurs devenus handicapés par suite d’une maladie ou accident, mais, là encore, ne connaissent pas suffisamment les spécificités du handicap visuel ;
- Les Associations de Déficients Visuels. Certaines d’entre elles ont mis en place un service visant à favoriser l’emploi de leurs membres, elles sont sollicitées soit directement par les déficients visuels eux-mêmes, soit par les services indiqués ci-dessus qui leur demandent des « Prestations Ponctuelles Spécifiques » faiblement rémunérées et souvent accordées pour des durées insuffisantes. Faute de moyens, les associations ne peuvent développer de tels services sur l’ensemble du territoire ni mettre en place l’ensemble des actions nécessaires pour être pleinement efficaces : information des entreprises, diagnostiques/évaluations, formations des demandeurs d’emplois…

13 – ESAT ou EA : des financements insuffisants et peu d’évolution des travailleurs.

a) Des financements insuffisants. Les ESAT et EA connaissent souvent de graves difficultés financières qui sont le résultat de financements insuffisants qui ne compensent pas le manque de productivité des travailleurs handicapés, le coût de l’encadrement, les aménagements spécifiques indispensables à des travailleurs qui, en plus d’un handicap visuel, ont souvent un second handicap (auditif, mental) plus ou moins grave. Une préoccupation majeure est le vieillissement des travailleurs : 20% d’entre eux ont plus de 50 ans.

b) Peu d’évolution des travailleurs handicapés. Bien que l’évolution professionnelle des travailleurs reste un objectif majeur des ESAT ou EA, on constate que bien peu d’entre eux souhaitent ou sont capables de passer d’un ESAT vers une EA, ou d’une EA vers une entreprise ou une Administration. Plusieurs raisons à cela : tout d’abord, les ESAT ou EA préfèrent garder parmi leurs effectifs des travailleurs de bon niveau qui améliorent ainsi la productivité de l’ensemble. De plus, les personnes handicapées elles-mêmes hésitent souvent à quitter une structure au sein de laquelle elles sont parfaitement intégrées pour aller vers une nouvelle où elles devront affronter de nouvelles difficultés.

14 - Des prestations sociales peu incitatives au travail.

Contrairement à la PCH évoquée au paragraphe 6-b ci-dessus, l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) qui a pour but de procurer un minimum de ressources aux personnes handicapées inactives, voit son montant calculé en fonction des ressources du bénéficiaire et de sa famille. L’AAH ouvre aussi droit à certains avantages fiscaux qui disparaissent en cas de suppression de celle-ci. Dans ces conditions, les personnes handicapées dont les salaires resteraient voisins du Salaire Minimum n’ont pas toujours intérêt à exercer une activité professionnelle.

Paris, le 20 octobre 2014

Philippe CHAZAL Président de la Commission des Droits de l’Union Européenne des Aveugles

8-B) ENQUÊTE HANDICAP ET EMPLOI : QU’EN PENSENT LES FRANCAIS ?

Résumé : Selon une enquête, plus de 4 Français sur 5 se disent à l’aise à l’idée de travailler aux côtés d’une personne en situation de handicap. Un monde idéal où l’inclusion est entrée dans les mœurs ? C’est la magie des sondages... Par Handicap.fr / E. Dal’Secco le 08-10-2014 La prochaine « Semaine pour l’emploi des personnes en situation de handicap » se tiendra du 17 au 23 novembre 2014. A cette occasion, le CED, une association regroupant une équipe d’experts du recrutement, de la communication et de la formation sur les sujets du handicap et de la diversité, dresse l’état des lieux des perceptions des Français à l’égard du handicap et de l’emploi grâce à une étude inédite réalisée en septembre 2014 par CSA1. Pas moins productif qu’un « valide » 94 % des sondés pensent que l’on peut exercer une activité professionnelle lorsque l’on est en situation de handicap. 88% déclarent être à l’aise avec le fait de travailler avec une personne handicapée. Ils sont également deux-tiers à estimer qu’une personne en situation de handicap n’est pas moins productive qu’une autre dite « valide ». Un sentiment d’autant plus fort chez les titulaires d’un diplôme post-bac qui sont 74 % à le penser, contre 60 % des ouvriers. De plus, à compétences égales, une large majorité de Français (59 %) affirme que le handicap ne jouerait pas dans leur décision s’ils étaient amenés à recruter. Tout semble aller parfaitement au royaume de l’inclusion… Des obstacles à surmonter Conscients du fait qu’il reste encore des progrès à accomplir, 94 % des Français a néanmoins conscience qu’une personne en situation de handicap est confrontée à des difficultés sur son lieu de travail. En tête de liste de ces obstacles, un environnement de travail non adapté pour 68 % des personnes interrogées, suivi de d’un manque de formation des managers, insuffisante pour 15 % des sondés, et le regard des collaborateurs pour 11 %. Une autre réalité Ces chiffres apparemment positifs témoignent-ils d’un recul des préjugés sur les salariés handicapés ? Car ils sont néanmoins à mettre en perspective avec la réalité du marché de l’emploi : près de 21 % des personnes en situation de handicap sont aujourd’hui au chômage, soit plus du double des personnes en âge de travailler. Seulement un quart des sondés sont convaincus que les entreprises françaises mettent en place les actions nécessaires pour favoriser leur recrutement. Dans les faits, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap dans le secteur privé est de 3,1 %, loin des 6 % imposés par la loi. Plus des deux tiers des sondés pensent que l’existence de ce quota est juste, même si une minorité (20 %) connait précisément son contenu. Un serious games Preuve que l’inclusion est pavée de bonnes intentions… Alors malgré une perception « positive » du handicap, il reste un certain nombre de progrès à faire pour parvenir à une égalité effective. Partant de ce constat, CED œuvre actuellement à la conception d’un serious video game pragmatique et ludique destiné à favoriser la diversité dans l’entreprise. A l’occasion de sa conférence annuelle qui se tiendra le 4 novembre 2014, l’association sollicitera l’ensemble de ses partenaires, entreprises, associations, autorités publiques et particuliers, à participer à la conception de ce jeu, en organisant des « workshop » destinés à faire émerger des idées. Construit sur la base de ces réflexions, ce serious video game devrait être lancé courant 2015.

8-C) EMPLOI DES PERSONNES HANDICAPÉES : LES ASSOCIATIONS TIRENT LA SONNETTE D’ALARME

Publié le 14/11/2014 • Par Agathe Vovard, avec l’AFP

Un chômage qui augmente deux fois plus vite que la moyenne, de faibles qualifications : les associations tirent la sonnette d’alarme à l’occasion de la 18e semaine de l’emploi des personnes handicapées, qui s’ouvre lundi 17 novembre 2014 dans un contexte "critique".

« Les données sont alarmantes, avec un doublement historique en six ans du nombre de chômeurs », résume Prosper Teboul, directeur général de l’Association des paralysés de France (APF). Fin 2013, 413 421 personnes handicapées étaient à la recherche d’un emploi, une hausse de 11,5 % en un an et un doublement par rapport à la fin 2007.

Les personnes handicapées sont encore plus touchées par la crise que les autres : un demandeur d’emploi sur deux est chômeur de longue durée, près d’un sur deux est âgé de plus de 50 ans, leur taux de chômage est de 22 %.

« Une personne handicapée qui perd son emploi met en moyenne quatre ans avant de reprendre pied dans l’emploi », selon le président de l’APF, Alain Rochon.

La situation ne s’est pas améliorée cette année, puisque la France comptait fin juin 427 947 demandeurs d’emploi handicapés, une hausse de 10,6 % sur un an, deux fois plus rapide que la hausse de l’ensemble des chômeurs (+ 5,2 %), selon le dernier bilan de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) basé sur les données de Pôle emploi.

L’Agefiph rappelle que les personnes souffrant d’un handicap lourd ne sont pas les seules concernées. « Les personnes en fauteuil ne représentent que 2 % des personnes handicapées », souligne-t-elle, citant l’exemple d’un cuisinier qui suite à un accident, souffre d’un problème aux genoux l’empêchant de rester debout toute la journée.

L’Association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (Adapt), qui a créé cette semaine de sensibilisation, l’a axée cette année sur « la sécurisation des parcours », de la scolarisation à la vie professionnelle.

« Risque de rupture »
- « De l’école primaire au collège, du collège au lycée, du lycée à l’école professionnelle, à l’université ou dans une école supérieure, à chaque fois qu’il y a passage, il y a un risque de rupture pour un jeune handicapé », souligne le directeur de l’Adapt, Eric Blanchet. 29% des demandeurs d’emplois handicapés ont un niveau inférieur au CAP, selon l’Adapt. « Pour les adultes, le risque de rupture est la perte d’emploi suite à un accident, ou à une maladie invalidante ou professionnelle », ajoute M. Blanchet. Ceci nécessite de mettre en place un accompagnement, aussi bien de la personne handicapée que de l’entreprise qui va l’employer, souligne-t-il.

Moins qualifiées que le reste de la population, les personnes handicapées ont aussi plus de mal à accéder à la formation professionnelle. « Le système de formation professionnelle est en train d’exclure les handicapés. En trois ans, l’accès a été divisé par deux », s’inquiète Yves Barou, président de l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa).

29 millions d’euros sur le FIPHFP - Le gouvernement a fait adopter, lors de l’examen du projet de budget 2015 à l’Assemblée, un prélèvement de 29 millions d’euros sur les réserves du Fonds d’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP). Une ponction équivalente est prévue sur l’Agefiph, qui oeuvre pour l’insertion dans les entreprises privées. Aux yeux des associations, cela « ne pourra que fragiliser les actions engagées envers les personnes en situation de handicap ».

« La fonction publique a un devoir d’exemplarité, le FIPHFP n’est pas une vache à lait pour combler les budgets ministériels ! », insistent aussi dans un communiqué commun des organisations siégeant au FIPHFP(1). Le gouvernement pour sa part fait valoir que ces sommes sont destinées à financer des emplois aidés, dont bénéficient également les personnes handicapées. « Il semble ignorer que le FIPHFP a justement pris récemment des mesures visant à améliorer le dispositif des emplois d’avenir pour les personnes en situation de handicap. En effet, le FIPHFP accompagne ce dispositif de formations qualifiantes afin qu’il constitue un réel tremplin vers l’insertion professionnelle », souligne-t-on dans le communiqué syndical et associatif.

La prochaine conférence nationale du handicap, qui doit se tenir « en décembre », comportera un volet sur l’emploi, souligne le secrétariat d’Etat aux personnes handicapées. Pour préparer ce rendez-vous, un forum régional sur l’emploi doit se tenir à Dijon le 1er décembre, en présence du ministre du Travail, François Rebsamen. « Nous voulons des actions réelles et concrètes, pas un compte rendu de différents rapports », souligne M. Rochon. Les entreprises de plus de 20 salariés ont l’obligation d’employer 6 % de personnes handicapées, sous peine de pénalités financières. Mais selon l’APF, ce taux est « autour de 4,5 % » dans le public et proche de 3 % dans le privé

Emploi des personnes handicapées : les associations tirent la sonnette d’alarme - Lagazette.fr

8-D) LE NOMBRE DE CHÔMEURS HANDICAPÉS A DOUBLÉ DEPUIS 2007

L’exécutif est prévenu : à l’approche, lundi prochain, de la semaine pour l’emploi des personnes handicapées et, le 18 décembre, de la Conférence nationale du handicap, la grogne monte depuis le terrain. Mercredi dernier, l’Association des paralysés de France (APF) a « tiré la sonnette d’alarme » en pointant l’explosion du nombre de chômeurs handicapés. Dans les catégories A, B, C, la France en comptait fin juin 428.000, un total qui a doublé en six ans au prix d’une hausse deux fois plus rapide que celle du chômage global. Pénalisés par leurs qualifications en moyenne plus faibles, ils représentent 8,3 % des chômeurs et leurs perspectives de retour à l’emploi sont d’autant plus réduites que près d’un sur deux a plus de 50 ans. Leur ancienneté moyenne au chômage atteint désormais… 748 jours ! L’APF s’appuie sur ces chiffres pour exiger un « véritable plan d’action », avec des efforts sur l’accès à la formation et une négociation interprofessionnelle sur les chômeurs les plus en difficulté, incluant le cas des handicapés. Cette demande rejoint celle formulée depuis cet été par les associations de lutte contre l’exclusion, mais restée lettre morte. Le tableau dressé par l’APF doit toutefois être nuancé : la forte hausse du nombre de chômeurs handicapés s’explique aussi par le boom des reconnaissances de handicap (+ 50 % de 2007 à 2012). Cela explique notamment que, dans le même temps, le nombre de handicapés en emploi augmente lui aussi. Des arbitrages budgétaires contestés Le coup de pression de l’APF, association très militante, n’est pas une surprise à l’approche de la conférence handicap. Il n’en témoigne pas moins d’une crainte généralisée que, faute de budget et de volonté politique, l’événement ne tourne au pétard mouillé. « On sait que la crise pèse, mais, comme toujours, ce sont les plus faibles qui trinquent le plus. On a l’impression que le pouvoir a fait le choix du chômage de masse des handicapés », confient plusieurs signataires de pacte pour l’emploi des personnes handicapées de 2011. Le débat fait rage aussi dans le cadre du budget 2015. Contrairement aux promesses passées du ministère du Travail, la première mouture du budget de l’emploi ne prévoyait pas d’aide à la création de 500 nouveaux postes dans les entreprises adaptées (EA), spécialisées dans l’emploi des handicapés les plus en difficulté, qui constituent 80 % de leurs 30.000 salariés. Après un intense lobbying, cette aide a été rétablie par les députés mercredi dernier, avec l’aval du gouvernement, pour un coût de 7 millions d’euros. « Plus ne serait pas du luxe. Nos entreprises créent chaque année des emplois et les études montrent que c’est un bon investissement : quand l’Etat nous donne 1 euro, il en récupère au final plus en TVA, impôts, etc. », insiste Jean-Marc Froger, président de l’Union nationale des EA (Unea). Mais un autre arbitrage budgétaire a fait bondir les associations : pour maintenir un haut niveau d’emplois aidés l’an prochain, le gouvernement va procéder à deux ponctions, de 29 millions d’euros chacune, sur les deux fonds d’aide aux employeurs embauchant des personnes handicapées, l’Agefiph (secteur privé) et le Fiphfp (public). « Quel signal ! On demande un plan d’action et, en réponse, on a une ponction des fonds ! », se désole Véronique Bustreel, conseillère nationale emploi de l’APF. Le ministère du Travail rétorque que ces ponctions se feront sur les réserves importantes de ces fonds, sans pénaliser leurs actions l’an prochain. Il souligne aussi que, en 2015, les crédits destinés aux handicapés dans le budget de l’emploi atteindront 621 millions, soit 20 % de plus qu’en 2012. D. P., Les Echos @DerekPerrotte

8-E) CHER EMPLOI DURECT.

La Fédération des particuliers employeurs publie une étude intéressante portant notamment sur l’emploi direct d’aides humaines par des personnes handicapées dépendantes, qui met en évidence la complexité de la tâche mais élude certaines réalités. Confrontées à la valse des personnels fournis par des organismes prestataires ou mandataires d’aides humaines, des personnes lourdement handicapées ont choisi d’embaucher directement. Elles étaient près de 1.200 en France à employer ainsi pour au moins 12 heures d’aides humaines quotidiennes, selon une étude réalisée par la Fédération des particuliers employeurs (FEPEM) à partir de données de l’Agence centrale des organismes de Sécurité Sociale (ACOSS). Des "petites entreprises à domicile" qui emploient en moyenne 4,7 salariés quant il faut assurer une aide tout au long de la journée, et une surveillance la nuit : "Au total l’accompagnement rémunéré par les particuliers employeurs en situation de handicap lourd s’élève, sur un trimestre, à 1,85 million d’heures, ce qui représente environ 4.600 emplois équivalents temps pleins (ETP), et correspond à 16,52 millions d’euros de salaires nets distribués." L’emploi direct d’aides humaines est devenu, grâce à la loi du 11 février 2005 qui a créé il y a huit ans la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), un secteur important, qui compte désormais dans le paysage économique de l’emploi à domicile si malmené ces temps derniers. Parce que le financement de ces aides à domicile reste encore mal couvert alors qu’il fait réaliser des économies au budget de l’État et de la Sécurité Sociale, dès que l’on compare au coût de création d’une place en établissement médico-social, à son prix de journée à l’année longue, et à la perte de ressources que représente l’absence de productivité de la plupart des personnes handicapées qui y sont accueillies. Lorsque l’on vit en milieu ordinaire, on peut travailler, sortir, se distraire, agir, être comme tout le monde. Mais pour cela, le particulier employeur handicapé dépendant assume tous les risques d’une petite entreprise. Il doit savoir recruter, former, fiabiliser, manager, organiser son équipe d’aides humaines, faire la comptabilité et la paie, remplir les formalités déclaratives, régler les litiges y compris devant les tribunaux. Tout cela sans formation préalable ni soutien public ou juridique autre que celui des associations de personnes handicapées ou de la FEPEM. Et en gérant une PCH qui ne prend pas en compte toutes les dépenses et frais. Son montant est de 130% du SMIC et ne couvre que les salaires et cotisations sociales "ordinaires", pas les heures supplémentaires majorées de 25 ou 50%, ni la médecine du travail, ni le remplacement pour maladie, etc. En 2006, le président de l’association Être et Avoir, Dominique Rabaud, qui a beaucoup oeuvré lors de la création de la PCH, estimait le coût réel d’aide humaine à 14,43€ en intégrant l’ensemble des frais et dépenses, ce qui correspondait d’ailleurs au tarif accordé en cas de recours à un prestataire : le Gouvernement avait alors fixé le taux horaire à 11,02€. Actuellement à 12,39€, "ce tarif sera caduc dès que l’accord de classification des salaires de la Convention collective des salariés du particulier employeur sera étendue", précise Sophie Bressé, chargée d’étude à la FEPEM. Mais quel serait actuellement le juste prix de l’heure d’aide humaine en emploi direct ? Aucune étude ne l’établit, alors que la présidente de la FEPEM, Béatrice Levaux est catégorique : "La PCH en emploi direct coûte moins cher, et cela il faut le valoriser." Quant à connaître son coût réel, "le chiffrage fait partie des travaux en cours à la FEPEM", justifie Sophie Bressé. Un rendez-vous en partie manqué à rattraper rapidement... Avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard, rédacteur en chef du magazine Yanous.

8-F) CASINO : SIGNE UN NOUVEL ACCORD SUR L’EMPLOI DES SALARIÉS EN SITUATION DE HANDICAP

(Boursier.com) — Fort d’un taux d’emploi de travailleurs handicapés s’élevant à 11,93% et perpétuant sa longue tradition d’innovation sociale, le groupe Casino a signé un 6ème accord sur l’emploi des salariés en situation de handicap pour la période 2014-2016 avec trois organisations syndicales représentatives : SNTA FO, CFDT et CFE-CGC.

Il complète les accords collectifs spécifiques conclus dans le cadre de la politique diversité mise en oeuvre depuis 1995 sur la diversité des origines, les seniors, l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Cet accord réaffirme la volonté des parties de favoriser l’égalité des chances dans l’accès à l’emploi et l’évolution professionnelle des personnes en situation de handicap.

Au cours du précédent accord triennal, Casino a dépassé ses objectifs, portant notamment à 11,93% le taux d’emploi de travailleurs handicapés.

L’accord prolonge l’engagement de longue date de Casino en matière d’embauche de salariés handicapés. Il prévoit le recrutement de 100 personnes handicapées dont au moins 10% de jeunes de moins de 30 ans en situation de handicap. Pour favoriser l’intégration des personnes handicapées, l’accord prévoit de renforcer le développement de l’alternance et l’accueil de 160 stagiaires. Un système de parrainage est mis en place pour accompagner les nouveaux embauchés ou les collaborateurs atteints de handicap et orientés vers un nouveau métier.

Concernant le maintien dans l’emploi, un module d’e-learning sera mis à disposition pour favoriser la reprise d’activité des salariés. Une expérimentation dans le département de la Loire sera menée en partenariat avec un réseau d’entreprises pour favoriser des passerelles vers des métiers compatibles.

Le travail engagé en matière d’accessibilité professionnelle et numérique sera poursuivi grâce à la nomination de référents qui détermineront le niveau d’accessibilité numérique souhaité pour les outils.

Pour favoriser la communication avec les personnes sourdes ou malentendantes, qu’elles soient collègues ou clientes, de nouvelles actions de sensibilisation seront menées en 2015 à l’occasion de l’anniversaire des 20 ans de la politique en faveur des personnes en situation de handicap. La sensibilisation des collaborateurs sera poursuivie notamment avec la diffusion d’"Audicap", module de sensibilisation au handicap auditif. Plus de 1200 personnes de l’encadrement et des ressources humaines ont été sensibilisées à l’intégration des personnes en situation de handicap lors du précédent accord à travers des campagnes d’information (CD de formation "franchir le cap du handicap", vidéos de témoignages de salariés handicapés, affiches, plaquettes, refonte de l’intranet, etc...).

Hector Chaunu — ©2014, Boursier.com

9) JURIDIQUE

9-A) INACCESSIBILITÉ DES LOGICIELS : SAISIES DU DÉFENSEUR DES DROITS

Le 16 octobre dernier, la CFPSAA a transmis au Défenseur des Droits un ensemble de dossiers de travailleurs déficients visuels qui rencontrent des difficultés dans leur emploi dues à l’inaccessibilité de certains logiciels. Vous trouverez ci-après le courrier destiné au Défenseur des Droits.

Monsieur le Défenseur des Droits

Vous connaissez la Confédération Française pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes (CFPSAA) qui depuis 1948 a pour but de défendre les droits des personnes aveugles ou gravement déficientes visuelles. Un des porte-parole du Comité d’Entente des associations représentatives de personnes handicapées et de parents d’enfants handicapés, la CFPSAA est aujourd’hui reconnue par les pouvoirs publics comme interlocuteur privilégié. Depuis juin dernier, j’ai l’honneur d’assurer la Vice-présidence du Conseil National Consultatif des Personnes handicapées (CNCPH).

Alors que l’emploi constitue pour les personnes handicapées en général et pour les déficients visuels en particulier, le principal facteur d’inclusion sociale, nous constatons aujourd’hui avec inquiétude que les efforts financiers importants déployés essentiellement par le FIPHFP et l’AGEFIPH pour l’aménagement des postes de travail sont très souvent rendus inefficaces par le fait que les logiciels et applications déployés au sein des administrations/entreprises restent quant à eux totalement inaccessibles aux salariés déficients visuels.

Grace aux aides financières du FIPHFP et de l’AGEFIPH, des sociétés spécialisées seraient pourtant aujourd’hui en mesure de mettre en place des adaptations nécessaires pour que la quasi-totalité des logiciels et applications utilisés puissent être rendus accessibles. Pour ces outils en cours de développement, l’accessibilité devrait être obligatoirement prise en compte dès leur conception et figurer très clairement dans les cahiers des charges. Ce ne serait là qu’une stricte application du principe de l’accessibilité universelle inscrit dans le Convention de l’ONU sur les droits des personnes handicapées.

Face à la situation actuelle trois personnes déficientes visuelles ont saisi vos services et ont demandé à la CFPSAA de soutenir leur demande ce que nous faisons formellement par le présent courrier. Il s’agit de :
- Monsieur X dont le dossier a été enregistré dans vos services sous le numéro Z
- Madame X également enregistrée dans vos services sous le numéro Z
- Monsieur X, dossier en cours de traitement.

Une autre nous a demandé de le faire en son nom, Monsieur X dont nous vous transmettons la lettre de saisine et l’ensemble du dossier.

Par ailleurs, et pour différentes raisons, une trentaine de salariés déficients visuels qui rencontrent les mêmes difficultés, ne souhaitent pas entreprendre des recours à l’encontre de leur employeur. Il s’agit soit de salariés nouvellement embauchés, soit de personnes qui craignent des répercussions négatives sur le déroulement de leur carrière, soit enfin de salariés qui devant les difficultés rencontrées ont été poussés à démissionner. Tous ont néanmoins souhaité apporter leurs témoignages afin que vous puissiez constater, Monsieur le Défenseur des Droits, que le fait d’imposer à des personnes handicapées de travailler avec des logiciels/applications qui ne leur sont pas accessibles, constitue indiscutablement une discrimination totalement inacceptable.

La situation actuelle est préjudiciable lors du recrutement de travailleurs handicapés, tout au long de la carrière de ceux-ci, qui, ne pouvant effectuer l’ensemble des tâches, qui leur incombe comme leurs collègues, se trouvent de fait exclus de tout évolution de carrière.

Dans quelques cas, des auxiliaires de vie sont proposées aux salariés handicapés mais cette solution n’est que partiellement satisfaisante car ces personnes ne sont pas nécessairement formées, ont des statuts précaires et agissent en total contradiction avec le souhait d’autonomie des salariés concernés.

Nous comptons sur vos actions afin que le silence gardé par les responsables de ressources humaines, les promesses demeurées sans suite malgré les recommandations des professionnels de la déficience visuelle ne puissent plus être la règle.

Toutes ces personnes se sentent dépossédées, inutiles, mises à l’écart, incomprises, moralement et physiquement épuisées (multiplication des arrêts de travail, dépression…) et instrumentalisées afin de « combler » l’obligation d’emploi de leur entreprise. Pourtant elles n’ont d’autre souhait que de participer à l’effort et à la vie de l’entreprise comme n’importe quel autre salarié.

C’est pourquoi, Monsieur le Défenseur des Droits, nous vous laissons le soin d’examiner dans le détail ces dossiers et témoignages, et vous demandons instamment d’initier les actions nécessaires afin de faire cesser au plus vite ces discriminations.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour approfondir ce dossier si nécessaire et vous remercions par avance de toute l’attention que vous porterez à son examen.

10) NOUVELLES TECHNOLOGIES

10-A) ACCESSIBILITÉ NUMÉRIQUE : L’ADMINISTRATION BIENTÔT EXEMPLAIRE ?

Avec la version 3.0 du référentiel RGAA, les sites et applications de la fonction publique peuvent être accessibles aux personnes en situation de handicap, tout en intégrant des dernières évolutions du web.

Moins de 4 % des sites de l’Administration seraient accessibles aux personnes handicapées selon l’association BrailleNet. Et encore ne s’agit-il que les administrateurs qui, en mai 2013, avaient rempli une déclaration de conformité au Référentiel général d’accessibilité pour les administrations (RGAA). Ce qui ne présume en rien qu’ils étaient jusqu’au bout de la démarche. Dans le département des Yvelines, seule une commune sur les 78 étudiées par la société Com’access s’est ainsi déclarée conforme.

Une proportion très basse alors que le décret du 14 mai 2009 imposait, à partir de sa publication, une mise en œuvre de l’accessibilité de tous les services en ligne sites, intranets, applications internes… - de l’Etat et de trois ans pour ceux des collectivités territoriales. La loi du 11 février 2005 précisait, elle, que « la personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap quels que soient l’origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie. »

L’accessibilité numérique est pourtant un sujet de société majeur. Déficiences visuelles ou auditives, handicap moteur ou cognitif…. Selon une enquête de l’Insee, un français sur cinq dit éprouver des difficultés importantes à l’accès aux services en lignes et autres téléprocédures. Il existe bien des technologies pour réduire ce handicap comme les agrandisseurs d’écran, les claviers braille, les dispositifs de pointage ou les moteurs de synthèse vocale. Toutefois, si les sites web ne respectent pas les standards d’accessibilité lors de leur développement, la navigation relève du parcours du combattant.

« ON PEUT FAIRE DU WEB MODERNE TOUT EN LE RENDANT ACCESSIBLE »

Heureusement, les choses bougent dans le bon sens. Les (fausses) excuses qui prévalaient – complexité de mise en œuvre, appauvrissement fonctionnel – vont être battues en brèche avec la version 3.0 du RGAA. Cette dernière mouture prend en compte les dernières évolutions technologiques du web, en particulier HTML 5 et ARIA qui structurent et permettent de réconcilier accessibilité numérique et sites web ou applications riches. « Le RGAA 2.0 imposait des alternatives à JavaScript, le RGAA 3.0 rend cette obligation obsolète au travers le support de HTML5 », se réjouit Philippe Bron, architecte à la Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication (Disic). C’est un changement majeur. On peut faire du web moderne et riche aujourd’hui tout en le rendant accessible. RGAA 3.0 prend en compte les évolutions du web applicatif. » La version bêta du RGAA 3.0 a été ouverte à un petit groupe interne à l’Administration puis à la communauté AccessiWeb et enfin à tous. Encadrée par la Disic, cette phase d’appel à commentaires publics s’est terminée le 31 octobre et a permis de recolter 190 questions et remarques. Une fois ces dernières intégrés, le référentiel passera en commission entre mi-novembre et début décembre. L’arrêté pour déclarer la version 3.0 en vigueur devrait intervenir courant décembre. A l’aide de ressources comprenant notamment des tutoriels et une liste de composants web, le RGAA aide les développeurs à rendre leurs contenus accessibles. Les développeurs déjà formés au référentiel AccessiWeb y retrouveront leurs petits. Ce denier, placé sous licence libre par l’association BrailleNet, étant appelé à ne faire qu’un avec le RGAA. A noter que le RGAA est conforme aux WCAG (web content accessibility guidelines), la norme internationale de l’accessibilité numérique, devenue un standard ISO depuis octobre 2012. Exemples à suivre selon Com’access sur la base de son propre site

ACCESSIBILITÉ NUMÉRIQUE ET ACCESSIBILITÉ DES BÂTIMENTS, MÊME COMBAT Pour Armony Altinier, cofondatrice du cabinet spécialisé Access42 et partie prenante de la mise à jour du RGAA, cette version 3.0 marque un grand pas dans l’accessibilité globale. « Les personnes en situation de handicap sont d’autant plus demandeuses que ce sont de grandes utilisatrices de l’e-administration. Nombre d’entre elles prennent leur ordinateur pour faire leurs démarches administratives faute de pouvoir se rendre en mairie, en préfecture. » Il faut rendre accessible numériquement une fonction publique qui ne l’est pas toujours physiquement. « C’est à la fois plus simple et moins coûteux que poser des rampes, prévoir des ascenseurs dans les bâtiments. Mais bien entendu, ce n’est qu’en pensant une accessibilité universelle, tant physique que numérique, que nous pourrons obtenir une société réellement inclusive. » Dans les grands principes, la mise en conformiste consiste à proposer des équivalents textuels à des contenus qui ne les sont pas, de rendre toutes les fonctionnalités accessibles au clavier et optimiser la compatibilité avec les technologies d’assistance. A l’inverse, des contenus sont à proscrire comme ces animations qui sur le site des derniers Jeux Olympiques ont provoqué des crises d’épilepsie. Enfin, l’accessibilité renvoie aussi à la notion de compensation. Si un contenu n’est pas accessible, il faut offrir une alternative. « On peut par exemple reprendre le contenu d’un PDF sur une page web ou proposer d’en envoyer une version accessible par mail », illustre Armony Altinier.

L’ACCESSIBILITÉ, UN VRAI « MARCHÉ » POUR LES PRESTATAIRES

Le coût de l’accessibilité ? « Ce n’est pas forcément plus cher, estime Armony Altinier. Il s’agit surtout de mettre son contenu en conformité avec les standards du langage, sauf pour les vidéos pour lesquelles il faut prévoir un budget supplémentaire (transcription, sous-titrage, audiodescription si nécessaire). » Selon elle, cela demande une prise en compte tout au long de la vie du projet, dès le cahier des charges jusqu’au recettage et à la mise à jour continue du site. « Le plus difficile c’est de changer ses habitudes pour intégrer l’accessibilité. C’est moins une question technique que de volonté. »Sachant que le FIPHFP, le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique, peut participer au financement de cette mise aux normes. Avec le RGAA 3.0, les prestataires seront aussi davantage impliqués sachant que pour concevoir et maintenir leurs milliers de sites, la fonction publique fait un large appel à l’externalisation. « Problème, si dans les appels d’offres, il y a toujours la mention de mise en conformité au RGAA mais c’est juste un copié-collé, déplore Armony Altinier. La conformité est rarement vérifiée derrière par le donneur d’ordre ou, s’il le fait, ce n’est pas par un audit indépendant. » Dans le guide d’accompagnement du RGAA 3.0, il est recommandé que l’audit de conformité soit réalisé par des personnes indépendantes au projet (qu’elles soient internes à l’administration ou prestataire). Prestataires, préparez-vous, un marché s’ouvre à vous ! L’accessibilité passe, enfin, par une sensibilisation des développeurs de l’Administration. « Il faut accompagner le changement par des actions de communication, des supports de formation, avance Philippe Bron. A la Disic, on réfléchit aussi à la façon de valoriser les sites vertueux sous forme de label ou de certification. » Avec, espère de son côté Armony Altinier, un effet d’entraînement dans la sphère privée. « Certains sites privés, même s’ils ne sont pas contraints par la loi, arborent le label AccessiWeb. C’est une manière de soigner leur communication mais aussi pour les sites d’e-commerce de ne pas se priver d’une clientèle importante, de 15 à 20 % de la population. »

Extrait de 01Business

10-B) UTILISER L’APPLICATION DE CONFÉRENCE TALKING COMMUNITIES AVEC UNE APPLICATION IPHONE OU IPAD

Pour ceux qui souhaitent participer à une conversation Talking Communities, mais pour une raison quelconque ne parviennent pas à se connecter à partir d’un ordinateur, il existe une application Talking Communities pour iPhone/iPad qui fonctionne très bien. Elle ne contient pas toutes les fonctionnalités de la version sur ordinateur et pourrait donc ne pas convenir à un modérateur d’appel qui voudrait utiliser certaines options comme l’enregistrement, mais constitue un très bon choix pour ceux qui souhaitent simplement participer à une conversation. Voici les instructions pour utiliser l’application TC : 1. Téléchargez gratuitement l’application Talking Communities depuis l’Apple store (elle s’appelle « tcConference »). 2. N’essayez pas d’accéder à votre salle de réunion TC à partir de l’application iPhone. Suivez simplement les étapes ci-dessous. 3. Accédez à l’URL de la salle de conférence à partir de votre iPhone/iPad. Vous avez dû recevoir le lien dans l’invitation à une réunion envoyé par l’organisateur de la réunion. (L’UMA possède plusieurs URL différentes qui correspondent aux salles créées pour les régions, les groupes de travail et les comités de l’UMA ou pour ses partenaires). 4. Vous pouvez accéder à un lien contenu dans un e-mail, un SMS, une note que vous avez créée, etc.). Il faut simplement cliquer sur ce lien à partir de votre iPhone/iPad. 5. Le lien vous amène à l’écran d’accueil pour la salle TC. Cet écran d’accueil est identique à celui qui s’affiche sur la version de l’ordinateur. 6. Cliquez sur le bouton « Click here to enter the room » 7. L’application tcConference affiche un écran d’ouverture de session. Vous devez saisir votre nom d’utilisateur (Username), qui est votre nom. Laissez le champ « Password » vide, sauf si vous êtes le modérateur. Dans ce cas, entrez votre mot de passe de modérateur, qui est généralement « mod » pour la plupart de nos salles. 8. Cliquez ensuite sur le bouton « Connect » et un message vous indiquera que vous êtes connecté(e). 9. Une fois connecté(e), appuyez sur le bouton « Chat/Voice » en bas à droite de l’écran. 10. Vous accéderez ainsi à l’écran « Talk » pour parler. 11. Le bouton de gauche (Talk) permet de parler et d’arrêter la conversation. Le bouton de droite (Mute) sert à couper le son. Il y a aussi un champ pour saisir du texte si vous souhaitez envoyer un message en tchat, mais la plupart du temps, il suffit d’utiliser le bouton Talk/Stop. 12. Rappelez-vous que pour prendre le micro pour parler, il vous suffit d’appuyer sur le bouton Talk. Lorsque vous avez fini de parler, dites simplement « terminé » pour que les autres participants sachent que vous relâchez le micro. Ensuite, vous devez appuyer sur le bouton d’arrêt (qui est le même que le bouton Talk) pour libérer le micro. 13. Pour vous déconnecter, quittez simplement l’application. Si vous rouvrez l’application, l’écran de connexion s’affichera et il vous suffira d’appuyer sur « Connect » pour vous reconnecter.

10-C) OBI 3.5 – LOGICIEL POUR ENREGISTRER DU LIVRE AU FORMAT DAISY ET EPUB3

De Fernando PINTO DA SILVA – DAISY FRANCE

OBI est un logiciel de production de livre audio « Open Source » mis à disposition par l’équipe de développement du Consortium DAISY. L’objectif de cet outil est de proposer à l’ensemble de la communauté DAISY un outil libre et localisable pour la production de contenus accessibles compatibles avec les dernières spécifications de la norme. En facilitant la création d’un ouvrage structuré à la norme DAISY 2.02, DAISY 3.0 ou EPUB 3, par un enregistrement direct de la voix humaine ou importation de fichier audio, Obi intéresse l’ensemble des acteurs de l’édition adapté : donneurs de voix bénévoles ou professionnels, associations ou entreprises…

Avec une utilisation qui nécessite un minimum d’apprentissage, Obi est un puissant outil permettant à moindre coût la réalisation de contenus exclusivement audio accessibles et structurés dont les riches fonctionnalités donnent aux publics « empêchés de lire » une expérience de lecture très similaire à celle offerte par la lecture d’une publication grand public.

Depuis sa version 2.5 et pour chaque nouvelle version, l’association Valentin Haüy, à travers le CERTAM, en coopération avec l’équipe de développement du consortium DAISY assure la traduction de l’interface utilisateur et de l’aide contextuelle du logiciel. L’utilisation de Obi dans sa langue maternelle offre l’avantage de responsabiliser individus et organisations sur la création de contenus audio accessibles par une totale maitrise de la chaine de production, de l’enregistrement jusqu’à la diffusion. Afin d’améliorer les fonctionnalités du logiciel et son adaptation aux spécificités du public francophone, le CERTAM participe également aux retours d’usages pris en compte dans le développement des futures versions du programme.

La dernière version du logiciel, Obi 3.5, a été rendue publique le 31 Août 2014. Elle ajoute le format EPUB 3 accessible aux précédents formats de production DAISY 2.02 et DAISY 3. De nombreuses améliorations demandées par les membres du Consortium DAISY ont été ajoutées, comme l’importation d’une structure à partir d’un fichier texte ou CSV, l’utilisation de profils de configuration pour les préférences audio, des options de lecture et d’enregistrement intelligentes ou encore l’amélioration des fonctionnalités de traitement de l’audio.

Avantages et caractéristiques du logiciel Obi

-  Production de livres audio navigable, richement structuré et conforment aux dernières spécifications des normes DAISY et EPUB 3.
-  Support de plusieurs normes permettant aux utilisateurs de convertir les publications d’un format accessible vers un autre.
-  Fonctionnalité complète pour la création et la modification d’éléments structurels facultatifs comme les notes de bas de page, les annotations, etc. Cette caractéristique rare sur un outil de production de livres audio permet d’éliminer une différence subtile mais essentielle entre les livres audio numériques et les livres physiques.
-  Possibilité de générer un livre navigable DAISY ou EPUB 3 à partir de fichiers audio préenregistrés avec importation de la structure complète et l’audio du livre. Ce processus automatisé est intéressant pour convertir des livres audio MP3, MP4 ou WAV existants vers les formats DAISY ou EPUB 3.
-  Modification de publications DAISY ou EPUB 3 existantes par importation de la structure et/ou de l’audio.
-  Accessibilité complète avec les lecteurs d’écran : navigation au clavier, agrandissement des textes et graphiques, indications audio...
-  Interface utilisateur conçue pour répondre aux exigences des utilisateurs voyants comme des utilisateurs déficients visuels.
-  Personnalisation de l’aspect et de l’ergonomie d’Obi par modification des couleurs et des raccourcis clavier.
-  Capacité à fusionner plusieurs projets Obi pour un partage de la production entre plusieurs postes de travail avant fusion en un unique projet.
-  Zoom du spectre audio dans une autre vue du contenu facilitant le montage de l’audio.
-  Configuration des préférences audio par simple clic permettant de choisir le profil de réglage des paramètres d’enregistrement et de lecture les mieux adaptés.
-  Monitoring de l’audio pour un contrôle des niveaux d’enregistrement.
-  Possibilité de structuration des phrases à la volée.
-  Possibilité de détection des silences pour une division automatique des phrases audio.
-  Sauvegarde des métadonnées courantes comme valeurs par défaut pour une réutilisation dans d’autres projets.
-  Courbe d’apprentissage minimale avec une interface utilisateur simple et complète et un regroupement logique des éléments de menu ou des boîtes de dialogues ainsi qu’une assistance rapide et pertinente via l’aide contextuelle.
-  Tolérance face aux erreurs par retour vers un état antérieur grâce à l’annulation et au rétablissement des dernières opérations effectuées.
-  Marquage de phrase par une étiquette « A Faire » pour un travail ultérieur.
-  Réduction de la probabilité de perte de données par sauvegarde et récupération automatique du projet.
-  Exécution rapide et facile d’opérations de post-production, comme la validation de l’ouvrage et le renommage par lot des fichiers audio.

Configuration logicielle requise pour Obi 3.5 : Windows XP (SP2 and later), Vista, Windows 7, Windows 8 Net Framework 2.0+ and DirectX 9c Runtime Environment 6.0

11) UNION EUROPÉENNE/MONDIALE DES AVEUGLES

11-A) LA FIN DU PROJET VIDAL

Le projet VISAL vient de s’achever au terme de deux ans de travail acharné et de coopération européenne très efficace.

Lancé en novembre 2012 avec le soutien du programme Éducation et Formation tout au long de la vie de la Commission européenne, ce projet avait pour objectif de renforcer l’autonomie des personnes âgées déficientes visuelles à travers la création d’un cours informel, dirigé par des animateurs formés. Une boîte à outils spécifique a également été conçue pour bâtir une méthodologie permettant de coordonner, préparer, faciliter et évaluer les sept sessions qui composent le cours. Cette boîte est déjà disponible en allemand, anglais, croate, néerlandais et slovaque à l’adresse http://goo.gl/Fxwt53 (External link) . Les traductions en espagnol, français, hongrois, italien et norvégien sont en cours.

Durant le projet, 169 personnes âgées DV issues d’Autriche, de Croatie, du Royaume-Uni et de Slovaquie ont participé à 126 sessions VISAL, divisées en deux séries afin d’optimiser la boîte à outils. De plus, des conférences nationales ont été organisées à la fin du projet pour permettre aux anciens participants VISAL d’exploiter leur confiance et leurs compétences sociales nouvellement acquises en organisant eux-mêmes un événement. Ces manifestations ont permis d’aborder des questions fondamentales pour les personnes âgées aveugles et malvoyantes, comme l’apprentissage tout au long de la vie et la participation à la société. L’aspect innovant de l’approche VISAL consiste à offrir des possibilités d’apprentissage informel à des séniors DV, qui leur permettent ensuite de jouer un rôle plus actif dans leur communauté locale, s’ils le désirent. Pour les séniors déficients visuels, organiser des possibilités de rencontres pour parler de leur vie quotidienne et de la façon dont ils peuvent influer sur leur communauté est tout à fait nouveau.

Le projet VISAL recherche les changements à petite échelle, plutôt que les modifications d’envergure, et les participants ont déclaré que le projet a eu un effet positif sur différents aspects de leur vie, notamment leur engagement dans des associations communautaires, des groupes, des clubs, ainsi que dans leurs contacts avec les amis et la famille. Ils prennent désormais des décisions plus facilement et sont conscients de leur influence. La conférence finale de diffusion du projet s’est déroulée à Bratislava en Slovaquie les 2 et 3 octobre 2014 en présence de 65 délégués venus de 24 pays européens. Ce fut l’occasion de présenter la boîte à outils, de pratiquer des sessions VISAL, d’écouter les récits des anciens participants et de trouver des solutions concrètes pour aider ces derniers à organiser des cours VISAL dans leurs pays en tant que nouveaux ambassadeurs VISAL. La conférence a également permis de réaffirmer la nécessité d’une collaboration renforcée entre les associations de personnes déficientes visuelles et de séniors, afin qu’elles relèvent ensemble le défi du vieillissement de la population. Les actes de la conférence ainsi qu’un rapport et des enregistrements audio sont disponibles sur une page dédiée, à l’adresse : http://goo.gl/c374dX (External link) .

Consultez le site Internet VISAL sur : www.visal-project.eu (External link) . Vous y trouverez toutes les ressources nécessaires pour organiser des cours dans votre pays : des documents (boîte à outils, exercices supplémentaires et formulaires d’évaluation supplémentaires, manuel de formation des formateurs, évaluation des projets), des supports médias (vidéos, photos, émissions audio), des témoignages et des récits de participants au projet VISAL, ainsi qu’une section sur la déficience visuelle et le vieillissement. POUR EN SAVOIR PLUS SUR VISAL, CONTACTEZ GARY MAY, CHARGÉ D’INFORMATION ET DE COMMUNICATION À L’UEA, À L’ADRESSE : EBUINFOCOM@EUROBLIND.ORG

11-B) TRAITÉ DE MARRAKECH

Communiqué de presse Bruxelles, le 21 octobre 2014 La Commission européenne propose la ratification du traité de Marrakech visant à faciliter l’accès des déficients visuels aux livres La Commission a proposé, ce jour, la ratification, au nom de l’Union européenne, du traité de Marrakech visant à faciliter l’accès des aveugles, des déficients visuels et des personnes ayant d’autres difficultés de lecture des textes imprimés aux œuvres publiées. Ce traité permettra l’échange transfrontière, non seulement dans l’UE, mais aussi entre l’UE et les pays tiers, d’exemplaires de livres en braille ou en gros caractères, de livres numériques ou audionumériques dotés d’outils de navigation spéciaux, produits en vertu d’exceptions au droit d’auteur. Selon Michel Barnier, vice-président de la Commission européenne chargé du marché intérieur et des services, « le traité de Marrakech simplifiera la vie de millions de déficients visuels dans le monde. L’Union européenne peut contribuer à améliorer l’accès aux livres, dans les mêmes conditions pour tous, et participer ainsi à la lutte contre la pénurie de livres. La proposition de la Commission montre que l’Europe est toute disposée à soutenir l’entrée en vigueur rapide de ce traité important. Je compte sur le Conseil et le Parlement européen pour autoriser cette ratification dans les plus brefs délais. » Contexte L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 285 millions de personnes dans le monde souffrent d’une déficience visuelle : 39 millions d’entre elles sont aveugles et 246 millions ont une acuité visuelle réduite. Selon l’Union mondiale des aveugles, en Europe, seuls 5 % des livres publiés sont disponibles dans un format accessible aux déficients visuels, taux qui tombe même à 1 % dans les pays en développement. L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), qui est l’agence des Nations unies compétente en matière de propriété intellectuelle (brevets, droits d’auteur, marques, dessins et modèles, etc.), a organisé, du 17 au 28 juin 2013 à Marrakech, une conférence diplomatique pour la conclusion d’un traité visant à faciliter l’accès des aveugles, des déficients visuels et des personnes ayant d’autres difficultés de lecture des textes imprimés aux œuvres publiées. Ce traité crée des exceptions obligatoires au droit d’auteur, grâce auxquelles les organismes au service des aveugles pourront, sans autorisation des titulaires de droits, produire, distribuer et mettre à la disposition des déficients visuels des exemplaires de livres dans un format qui leur soit accessible. Il permet également, sous certaines conditions, l’échange transfrontière de tels exemplaires. Le traité a été adopté le 27 juin 2013 (doc. IP/13/624 et MEMO/13/627). L’Union européenne a été autorisée par le Conseil à le signer le 30 avril 2014 à Genève. Hormis l’Union, 79 États membres de l’OMPI l’ont également signé. Il appartient à présent au Conseil d’autoriser sa ratification par l’Union européenne, sur proposition de la Commission et après accord du Parlement européen. Le traité de Marrakech entrera en vigueur lorsqu’il aura été ratifié par vingt États membres de l’OMPI ; à ce jour, il a été ratifié par deux d’entre eux (l’Inde et El Salvador). Pour de plus amples informations : http://ec.europa.eu/internal_market...

11-C) DOSSIER BRUIT : VOITURES SILENCIEUSES

Réexamen du « dossier bruit » : les enseignements de la campagne « Voitures silencieuses » menée par l’UEA Par Hans Kaltwasser Les véhicules modernes offrent une multitude d’avantages écologiques et sociaux. Ils présentent cependant des inconvénients évidents pour les personnes atteintes d’une perte de la vue. Le 3 avril 2014, le Parlement européen a entériné la deuxième lecture du texte final du règlement concernant le niveau sonore des véhicules à moteur (COM (2011) 856), qui avait été négocié par les institutions européennes dans le cadre d’un trilogue en novembre 2013. Alors que la nouvelle législation est annoncée par les responsables politiques européens, les militants écologistes et les constructeurs automobiles comme une avancée majeure pour concilier des exigences contradictoires en termes de préoccupations environnementales et de sécurité des « usagers de la route vulnérables », certaines questions restent encore ouvertes concernant les personnes qui ont une perte de la vue.

Technologie verte versus droits de l’homme ? Au cours des dernières années, la présence des voitures silencieuses n’a cessé de s’accroître sur le marché, et leur production devrait encore augmenter dans les années à venir. Si les personnes aveugles et malvoyantes se réjouissent incontestablement des avantages liés à cette technologie verte en termes d’amélioration de la santé, de réduction des émissions, d’économie de carburant, etc., elles s’inquiètent aussi grandement du fait que ces véhicules vont sérieusement affecter leur sécurité et leur capacité à se déplacer de façon autonome. Soyons clairs sur ce point : les personnes aveugles et malvoyantes ont le droit de sortir dans la rue et de se déplacer de façon autonome et sûre, tel que l’énonce la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (UNCRPD). Elles veulent pouvoir marcher dans les rues de leur ville avec aisance et confiance, aller faire leurs courses dans les magasins comme n’importe quelle personne voyante, sortir le soir pour assister à un concert ou dîner au restaurant et partager des moments agréables avec leurs amis. Pourtant, l’avènement des voitures silencieuses menace la jouissance de ce droit fondamental, car pour les personnes atteintes d’une perte de la vue, traverser la rue sans pouvoir détecter à l’oreille les véhicules silencieux va mettre leur vie en péril.

Le problème Des recherches ont montré que les voitures électriques et hybrides sont trop silencieuses pour que les personnes aveugles puissent les détecter. Le taux d’accidents impliquant des véhicules silencieux est deux fois plus élevé qu’avec des voitures équipées d’un moteur à combustion interne. Ce sont généralement les situations de conduite à faible vitesse comme le ralentissement, l’arrêt ou l’engagement dans une place de stationnement qui sont les plus dangereuses. Une allée d’où sortira une voiture silencieuse sera bien plus risquée qu’une route très fréquentée. D’une façon générale, tous les piétons sont en danger, mais les personnes aveugles et malvoyantes sont bien plus exposées aux accidents graves avec une voiture silencieuse qu’elles ne peuvent ni voir, ni entendre approcher. On estime que ce danger va s’intensifier au cours des prochaines années avec la mixité des véhicules qui va très probablement se généraliser en Europe, combinant véhicules électriques/hybrides et voitures classiques à moteur à combustion interne.

Le « dossier bruit » et l’appel à l’action lancé par l’UEA En décembre 2011, les institutions européennes ont commencé à travailler sur le règlement (COM (2011) 856), élaboré pour réduire de façon drastique le niveau sonore des véhicules à moteur, tout en abordant la question de l’audibilité des voitures silencieuses, c’est-à-dire des véhicules hybrides et électriques. L’objectif global du « dossier bruit », dès le projet de loi connu, a été de produire un texte de loi qui garantisse la sécurité des piétons aveugles et malvoyants, sans élever inutilement le niveau global de bruit ambiant. En tant qu’organisation représentant les intérêts de 30 millions de personnes atteintes d’une perte de la vue en Europe, l’UEA a travaillé en collaboration avec le Parlement et le Conseil et offert toutes ses compétences pour que le règlement garantisse un maximum de protection à tous les « usagers de la route vulnérables ». La Commission Sécurité routière et accès aux transports de l’UEA a rédigé un document de principe, utilisé ensuite par la Commission de liaison comme outil de campagne dans son travail de lobby avec le Parlement et le Conseil. Ce document a identifié un ensemble de scénarios à risque et présenté un certain nombre d’exigences pour les véhicules silencieux, jugées nécessaires par l’UEA pour faire des voitures électriques et hybrides une technologie automobile sûre. Compte tenu des grandes menaces que les véhicules silencieux font peser sur les personnes aveugles et malvoyantes, l’UEA a demandé que le règlement intègre une clause obligeant les constructeurs automobiles à équiper leurs voitures hybrides et électriques d’un « système d’avertissement acoustique du véhicule » (AVAS), qui informe clairement et facilement les piétons du mode de fonctionnement du véhicule, à savoir l’accélération, la décélération, la direction, la marche arrière et l’arrêt temporaire, notamment lorsque la voiture s’arrête à un feu de circulation. L’UEA a également exprimé son inquiétude sur le fait que la proposition de règlement contenait une disposition prévoyant l’installation d’un interrupteur de pause sur les voitures silencieuses, pour permettre au conducteur de désactiver le son généré par le système AVAS. Le conducteur risquant d’oublier de réactiver le son, l’UEA a estimé que le règlement doit exiger l’activation de l’AVAS dans une plage de vitesse comprise entre 0 et 40 km/h.

Éléments clés de la nouvelle législation Le texte législatif adopté en séance plénière contenait deux éléments clés qui ont une incidence sur la sécurité des piétons aveugles et malvoyants et doivent être évoqués brièvement : 1. AVAS : les constructeurs automobiles devront installer le système dans les nouveaux types de voitures hybrides et électriques d’ici le 1er juillet 2019 et dans tous les nouveaux véhicules hybrides et électriques d’ici le 1er juillet 2021. 2. Interrupteur de pause : l’interrupteur marche-arrêt qui permet au conducteur de désactiver l’AVAS deviendra également obligatoire. Si l’UEA se félicite du fait que les voitures silencieuses devront obligatoirement émettre un son pour avertir les piétons aveugles et malvoyants de leur présence et de leurs manœuvres, elle regrette néanmoins que le dispositif de mise en pause n’ait pas été purement interdit. Le texte législatif a certes été amélioré par rapport à la version antérieure, puisque le système AVAS se déclenchera obligatoirement par défaut au démarrage de la voiture. Mais il faudra attendre de voir à l’usage si cette disposition aura l’effet escompté, à savoir inciter le conducteur à laisser l’AVAS activé pour éviter de devoir l’éteindre systématiquement à chaque redémarrage. Pour l’UEA, l’échec d’interdiction de la mise en pause du système affaiblit clairement le règlement et lui enlève beaucoup de ses avantages. De toute évidence, le système d’interrupteur a été maintenu par crainte d’accroître de façon excessive le bruit ambiant, et de rendre ainsi plus difficile à atteindre l’objectif ambitieux du règlement visant à réduire de façon drastique les nouvelles limites de bruit. Cependant, à la lumière des recherches récentes menées à l’université de Dresde, il est tout à fait possible de concevoir l’AVAS de telle sorte qu’il produise un niveau sonore conforme aux nouvelles limites de bruit, tout en signalant clairement et facilement aux piétons la présence d’un véhicule silencieux. Dans ce contexte, il convient de rappeler l’urgente nécessité de clarifier les responsabilités juridiques dans le cas où un piéton aveugle serait percuté par une voiture silencieuse dont le conducteur aurait désactivé l’AVAS. Il est également regrettable que le règlement prévoit des périodes de transition aussi longues, puisqu’il n’est pas obligatoire d’équiper les nouvelles voitures hybrides et électriques d’AVAS avant 2021. Des milliers et des milliers de voitures silencieuses vont ainsi rouler sans le système AVAS pendant sept ans ; une perspective réellement effrayante pour des millions d’usagers de la route vulnérables en Europe.

Conclusion Avec l’adoption du nouveau règlement par l’assemblée plénière, la campagne sur les voitures silencieuses menée par l’UEA va maintenant s’orienter vers les États membres de l’Union européenne et les constructeurs automobiles, pour s’assurer qu’une solution viable concernant l’interrupteur de pause permettra d’améliorer la sécurité des personnes ayant une perte de la vue et leur redonnera confiance dans leurs déplacements extérieurs. Il est encourageant de constater que l’UEA a réussi à sensibiliser ses interlocuteurs sur ces points lors des discussions organisées plus tôt dans l’année avec l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA). L’ACEA s’est engagée à aborder ces questions auprès de ses membres et à les inciter à chercher des solutions acceptables pour les personnes aveugles et malvoyantes. L’une des possibilités pourrait être un interrupteur de pause encastré et commandé par un menu.

12) LES ASSOCIATIONS MEMBRES DE LA CFPSAA

12-A) 3ÈME ÉDITION DES JOURNÉES D’ÉTUDES « INFORMATIQUE ADAPTÉE »

La Fédération des Aveugles de France organise les 1er et 2 décembre prochains la troisième édition des journées d’études « informatique adaptée » Organisées à la cité des Sciences, ces journées feront alterner présentations, démonstrations, exposés, tables rondes, … sur de nombreux sujets. Pour plus de renseignements et inscription, suivez le lien : http://www.aveuglesdefrance.org/art...

12-B) POUR LES FANS DE FOOT

Handicapzero met à la disposition de tous les fans de football aveugles et malvoyants les guides d’info de la Ligue 1 et de la Ligue 2. Tout savoir pour suivre les 2 championnats français… Chaque édition est gratuite et proposée en braille, en audio et en caractères agrandis.

Ligue 1 et la Ligue 2 accessibles au public aveugle et malvoyant

Lors de la précédente saison (c’était une première), la Ligue de Football Professionnel proposait aux passionnés aveugles et malvoyants un dispositif d’information accessible, en partenariat avec l’association HandiCaPZéro. Cette année, La L.F.P. renouvèle l’opération pour la Ligue 1 et l’ouvre à la Ligue 2. Une bonne nouvelle pour tous les supporters ! Il s’agit de mettre gratuitement à disposition un guide adapté et l’actualité web, accessible en temps réel, de la Ligue 1 et nouveauté 2014/2015 : de la Ligue 2.

Ligue 1 ou Ligue 2, chaque dispositif propose :
- un guide complet (présentation du championnat 2014/2015, classement de la saison précédente, calendrier, arbitres, clubs…) disponible en braille, caractères agrandis, audio et en ligne sur handicapzero.org
- une rubrique "en direct de la Ligue 1" et "en direct de la Ligue 2" (résultats et classements en provenance du site lfp.fr)

tout savoir sur le service guides
- commandez (ou consultez en ligne) le guide Ligue 1 et/ou Ligue 2 sur handicapzero.org (outil "recevoir l’édition adaptée"), à partir des liens suivants ligue 1, Ligue 2,
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Actualité des Championnats composition des équipes avant match, résultats, classements des équipes et des buteurs en ligne en direct de la Ligue 1, en direct de la Ligue 2.

Frédéric Thiriez, président de la L.F.P. "La Ligue de Football Professionnel travaille à l’amélioration du confort et des services dédiées aux personnes de situation de handicap. Depuis deux saisons, un dispositif d’audio-description a été ainsi mis en place lors de la Finale de la Coupe de la Ligue. Dans le cadre de notre partenariat avec la FDJ, nous récompensons également chaque saison les clubs, qui œuvrent pour un meilleur accueil au stade des personnes en situation de handicap ou qui créent en leur sein des sections pour les personnes en situation de handicap. La réalisation de ces deux guides constitue donc pour la L.F.P. une étape supplémentaire dans ce domaine. Avec ces deux guides et leur relais dédiés sur le site d’HandiCaPZéro, nous offrons un accès facilité à tous nos fans déficients visuels".

à propos de la L.F.P. La Ligue de Football Professionnel réglemente le football professionnel français. A ce titre la L.F.P. organise et gère quatre compétitions : la Ligue 1 (380 matches), la Ligue 2 (380 matches), la Coupe de la Ligue (44 matches) et le Trophée des Champions (1 match). La L.F.P. est le premier organisateur de spectacle vivant de France, avec plus de 800 matches par saison, plus de 10 millions de spectateurs (dont 7,3M pour la Ligue 1, 2,6M pour la Ligue 2 et 0,5M pour la Coupe de la Ligue). Lors de la saison 2013-2014, la Ligue 1 comptait 73 diffuseurs dans 216 territoires.

à propos de HandiCaPZéro HandiCaPZéro (créée en 1987) facilite l’autonomie quotidienne des personnes aveugles et malvoyantes. En partenariat avec des entreprises et des collectivités, l’association propose gratuitement des dispositifs accessibles : éditions adaptées (braille, caractères agrandis, audio Daisy), web... dans les domaines de l’information, la santé, l’emploi, la vie pratique, le sport, les loisirs... handicapzero.org

15) LOISIRS – VOYAGES

15-A) LES YEUX DE L’IMAGINAIRE : ECOUTER LES PHOTOGRAPHIES

Colette GOURVITCH a le plaisir de vous annoncer la création depuis le mois de septembre d’une proposition de cours : ©Les yeux de l’imaginaire

Les yeux de l’imaginaire est un cours de culture photographique réservé à toutes les personnes malvoyantes et non voyantes

Pour plus d’informations : http://www.lesyeuxdelimaginaire.com Retour sommaire

15-B) À TABLE AVEC DEUX PETITES CURIEUSES – EXPOSITION

Jusqu’au 28 décembre 2014

La médiathèque Marguerite Duras expose pour la première fois une installation multi sensorielle, accessible aux aveugles et malvoyants. Cette installation se compose de deux tables, réalisées par Brigitte De MALAU. Chaque table a été conçue en lien avec un conte : Boucle d’Or et Alice au pays des merveilles.

Des bibliothécaires sont présents pour vous accompagner dans la découverte de ces tables le mercredi de 16h à 17h30 et le samedi de 16h à 18h jusqu’au 28 décembre. N’hésitez pas à nous contacter pour une visite sur rendez-vous à un autre horaire ou pour un groupe.

Salle d’exposition, RDC

Les petites curieuses : Alice et Boucle d’Or

« Dévorée de curiosité, Alice traversa le champ en courant à sa poursuite, et eut la chance d’arriver juste à temps pour le voir s’enfoncer comme une flèche dans un large terrier placé sous la haie. Un instant plus tard, elle y pénétrait à son tour, sans se demander une seule fois comment diable elle pourrait bien en sortir. »

« Boucle d’Or ce jour-là avait aussi eu l’envie de se promener dans la forêt et, chemin faisant, elle arriva près de la maison des trois ours. Elle frappa à la porte mais n’entendit aucune réponse. Alors comme elle était bien curieuse de savoir qui pouvait vivre ici elle entra. »

Deux tables de curiosités suggèrent deux passages précis l’un renvoie à l’autre : les expériences sensorielles évoquant la soupe d’herbes sauvages et le thé d’Extrême-Orient se complètent. L’envie doit naître du livre ou l’y conduire... La bibliothèque est cette forêt qui pose le décor imaginaire où se déroulent les histoires avec du bizarre et du merveilleux !

15-C) NATURAL BEAUTY MUSEUM

Le XXe siècle a produit nombre de musées imaginaires – espaces physiques ou productions mentales, inventant des modèles alternatifs à l’espace d’exposition traditionnel. Avec le Natural Beauty Museum, Patricia Allio et Éléonore Weber formulent une contre-utopie scénique, où l’espace muséal est chargé de présences réelles et virtuelles, diffractant la place de la nature dans notre imaginaire. À l’intérieur de ce « musée de la beauté naturelle » – où l’art aurait disparu au profit du paysage –, les acteurs/visiteurs arpentent des salles qui semblent étrangement vides et paisibles. Au cours de la visite, des invités apparaissent, des dispositifs interactifs s’enclenchent – outils d’intensification des émotions, panoramas tactiles… Au fil de cette exploration fantaisiste, des témoignages et des interventions viennent peu à peu creuser les contradictions, déréglant la logique de ravissement à l’œuvre dans la contemplation de la nature : la « pastorale » dissimule une inquiétante étrangeté, une sorte de trouble qui affecte tous les niveaux de la perception. Avec ce musée spéculaire et spéculatif, Allio & Weber poursuivent leur entreprise documentaire et critique. Traquant les symptômes de l’époque, elles les retournent, puis en font des propositions performatives, mettant en scène et en crise la logique du discours normatif, sa structure, ses impensés. Natural Beauty Museum revisite notre relation à la norme du beau et notre besoin de sublime, en s’attachant à un nouveau symptôme que les deux auteures metteures en scène ont appelé le « syndrome de la nature », et dont nous sommes tous un peu atteints.

En tournée

26 novembre 2014 Le Moulin du Roc - Scène Nationale de Niort

2 décembre 2014 MA scène nationale - Pays de Montbéliard

16 et 17 décembre 2014 Théâtre 95 - Cergy Pontoise

26 mars 2015 La Halle aux grains - Scène Nationale de Blois

8 et 9 avril 2015 Scène Nationale 61 - Alençon

22 et 23 avril 2015 La Filature - Scène Nationale de Mulhouse Production : Compagnie Allio & Weber Coproductions : Le Festival d’Automne, Le Centre Pompidou, Le Parc de la Villette, Théâtre 95 – Cergy Pontoise, La Filature – Scène Nationale de Mulhouse, La Halle aux Grains – Scène Nationale de Blois, MA scène nationale – Pays de Montbéliard, Le Moulin du Roc – Scène Nationale de Niort. Avec l’aide à la création du Ministère de la Culture - DRAC Ile-de-France, Avec le soutien de : Scène Nationale 61 – Alençon Flers Mortagne Soutien en résidence : Le CENTQUATRE-PARIS, Montevideo à Marseille, Le Centre Pompidou de Metz. En partenariat avec : Bubble Tree / Pierre Stéphane Dumas

http://www.festival-automne.com/edi... Conception et mise en scène : Eléonore Weber et Patricia Allio Avec Didier Galas et Ouiza Ouyed Audiodescription : Laurent Mantel Lumière : Emmanuel Valette Création son et images : Felix Création vidéo : Alexandra Mélot Scénographie et régie générale : Estelle Gautier Costumes : Laure Mahéo Production : Morgann Cantin-Kermarrec

15-D) COLLECTION SENSITINÉRAIRE

Le syndicat National de l’Edition a le plaisir de présenter aux Assises la collection sensitinéraire des Éditions du Patrimoine qui reproduit sur du papier embossé avec 7 niveaux de reliefs des œuvres d’art du patrimoine français (CD Daisy et livret gros caractère inclus).

Les éditions du Patrimoine vous annoncent la parution d’un nouveau livre de la collection, consacré à la tenture de l’Apocalypse d’Angers.

Profitez du superbe travail produit par la communication sur le prochain Sensitinéraires consacré à la tenture de l’Apocalypse d’Angers ! https://www.youtube.com/watch?v=-al...

Le lancement du livre aura lieu le 20 novembre à Angers.

15-E) LA GALERIE TACTILE DU LOUVRE – UN NOUVEAU PARCOURS « SCULPTER LE CORPS »

La galerie tactile du musée propose des présentations thématiques de moulages d’oeuvres du musée destinés à être touchés par les non-voyants, les malvoyants, les enfants ou les visiteurs qui souhaitent faire l’expérience de la perception tactile. Elle présente à partir du 28 mai un nouveau parcours sur le thème du corps sculpté.

Le parcours "Sculpter le corps" La présentation de moulages de sculptures de l’espace tactile est renouvelée pour la sixième fois depuis son ouverture en 1995. Le thème sélectionné pour la période 2014-2017 est celui du corps nu et du corps habillé. L’exposition, intitulée « Sculpter le corps », comprend 18 moulages représentant la diversité de la collection de sculpture du musée, de l’Antiquité aux temps modernes. Le propos s’articule autour de quatre sections : la nudité divine, les baigneuses, la Vérité et les grâces, le drapé couvrant et découvrant. Pour la première fois, deux oeuvres authentiques sont présentées aux côtés des reproductions : il s’agit du Temps découvrant la Vérité, un plâtre anonyme du début du 19e siècle, ainsi qu’une version en pierre de la Baigneuse de Christophe - Gabriel Allégrain (1710-1795). Ces oeuvres ne pourront pas être touchées par le public, mais permettent une comparaison directe entre originaux et copies. La signalétique composée de cartels en braille sera désormais trilingue.

Les aides à la visite sur place Dès l’entrée de la galerie, un plan tactile permet d’envisager la superficie du lieu et la disposition des oeuvres. La galerie privilégie une présentation continue des oeuvres avec une main courante, doublée d’une bande podotactile qui guide le visiteur d’oeuvres en oeuvres, de façon autonome, tout au long du parcours. Les aires podotactiles aux matériaux et couleurs contrastées signalent au visiteur les oeuvres de plain-pied au centre de la galerie. La découverte des oeuvres en trois dimensions supposant une approche corporelle, des socles tournants sont installés sur les consoles, pour les petits formats, tandis que les grands formats sont exposés au centre de la galerie pour en faire le tour. Les moulages, en plâtre ou en résine, sont accompagnés d’un échantillon du matériau de la sculpture originale permettant au visiteur d’appréhender le travail du sculpteur sur la matière, ainsi que de cartels en braille et gros caractères.

Les visites conférences de la galerie Des visites-découvertes de la galerie sont proposées aux déficients visuels. Les conférenciers les amènent à saisir la construction et les lignes de force des sculptures, à découvrir les subtilités des reliefs… Des visites tactiles dans le noir sont également proposées aux personnes voyantes. Le conférencier, formé par une personne non-voyante, explicitera la démarche et les objectifs de la visite tactile. Puis les visiteurs, individuellement ou par deux, se répartiront les yeux bandés devant les moulages sélectionnés pour les aborder par le toucher. A l’issue de cette approche, ils seront invités à échanger leur expérience tactile et les connaissances acquises, avant d’aller découvrir les oeuvres originales dans le musée.

Un audioguide adapté L’audioguide du musée a été adapté pour la visite de la galerie tactile par les personnes non voyantes ou mal voyantes. Le contrôle de la console Nintendo 3DS peut être mené entièrement à l’aide des boutons. Le commentaire de l’ensemble des oeuvres contient des indications permettant d’appréhender les matières et couleurs des objets présentés.

Informations pratiques Lieu Galerie tactile - aile Denon - niveau entresol - accès par la Galerie Donatello Accessible aux jours et horaires d’ouverture du musée sauf le vendredi en nocturne Informations : 01 40 20 52 63

15-F) SI PROCHE LUXEMBOURG !

À la frontière nord-est de la France, (re)découverte d’un Grand-Duché fondateur de l’Union Européenne, où le vivre ensemble fait force de loi depuis toujours et où le tourisme accessible s’impose comme une évidence. Fondé au Xe siècle, le Luxembourg a d’abord existé comme comté avant que son rattachement au Saint-Empire Romain-Germanique l’élève au rang de duché (XIVe siècle). Longtemps aux mains des Habsbourg, sa superficie a varié au fil des siècles mais son coeur, la ville de Luxembourg, est resté le même, véritable forteresse au coeur de l’Europe occidentale. Brièvement français durant le Premier Empire (sous le nom de département des Forêts), le Luxembourg est devenu un grand-duché indépendant en 1815, aussitôt intégré à la couronne des Pays-Bas. Partie de la Belgique après les révoltes de 1830, il est vite revenu à la Hollande mais y a perdu une partie de son territoire, désormais Luxembourg wallon. Cela n’a nullement empêché le français d’être toujours couramment parlé (en sus de l’anglais, idiome européen) à côté de l’allemand et, bien sûr, du luxembourgeois. On vous saluera d’ailleurs toujours prioritairement dans cette langue ("Moien !" "Bonjour !") avant de poursuivre dans la vôtre : les Luxembourgeois sont de vrais polyglottes. Mais revenons à l’Histoire : le Luxembourg fut à l’origine d’une grave crise diplomatique en 1867 quand le roi Guillaume III des Pays-Bas voulut le vendre à la France de Napoléon III. Les grandes puissances européennes s’y étant opposé, cela eut pour conséquence de pérenniser l’autonomie du Grand-Duché et favoriser l’accession au trône d’une dynastie indépendante de celle régnant sur la Hollande. Ainsi, le grand-duc actuel, Henri, appartient-il à une branche cadette de la Maison de Bourbon-Parme, les femmes pouvant également accéder au trône. L’une d’entre elles, la grande-duchesse Charlotte (1896-1985) est d’ailleurs devenue un emblème national grâce à son héroïsme pendant la Seconde guerre mondiale et son activisme dans la construction européenne, faisant de Luxembourg-ville l’un des sièges institutionnels de l’Union Européenne. Malgré ses à peine plus de 100.000 habitants, la capitale où est né Robert Schuman (1886-1963), l’un des "pères" de l’Europe, regroupe en effet dans un même quartier ultramoderne (Kirchberg) le Secrétariat du Parlement européen, la Cour de justice de l’Union européenne, la Cour des comptes européenne, l’organisme statistique Eurostat et, sans surprise quand on sait l’importance de la place financière luxembourgeoise, la Banque européenne d’investissement. L’opulence du Luxembourg, second pays le plus riche du monde selon le FMI, ne se traduit pas pour autant par le clinquant ou l’arrogance du premier, le Qatar : si les revenus y sont nettement plus élevés qu’ailleurs, pour un coût de la vie globalement similaire à celui de ses voisins (raison pour laquelle la moitié de la main d’oeuvre est d’origine transfrontalière), ici on reste simple et on ne fait pas étalage de sa fortune, à l’exception notable de l’automobile, qui s’affiche très haut de gamme... La découverte de Luxembourg-ville peut utilement commencer par le musée d’Histoire, bâtiment spectaculaire occupant un édifice accroché à flanc de falaise, où l’immense ascenseur panoramique vaut presque à lui seul le détour ! Parfaitement accessible en fauteuil roulant (comme la plupart des musées luxembourgeois), l’endroit retrace l’évolution urbaine depuis sa fondation, notamment au moyen de très élégantes maquettes. Des expositions temporaires sur différentes thématiques y sont par ailleurs présentées. Repas possible sur place (cafétéria avec vue), toilettes adaptées mais stationnement difficile, comme dans tout le centre-ancien : si vous venez en voiture, mieux vaut stationner (gratuitement) en entrée de ville et prendre les transports en commun, assez globalement accessibles. Seconde option, ouverte aux résidents handicapés comme aux touristes : utiliser les services adaptés, tel Novabus, qui opèrent de porte à porte, sur commande, à des tarifs très raisonnables, et dont les références, entre autres informations utiles, peuvent être consultées à partir de cette page dédiée sur le site de la municipalité. Autre adresse utile, pour mieux comprendre ce qui a "fait" le Luxembourg : le Musée National d’Histoire et d’Art (MNHA), installé dans plusieurs bâtiments de la ville-haute (Marché aux poissons) et dont la muséographie, en cours de réaménagement (mais le musée reste ouvert) est au moins aussi réussie et accessible que celle de son "confrère" évoqué ci-dessus. Les périodes couvertes vont de la préhistoire au Moyen-Âge, avec de beaux vestiges gallo-romains ainsi que quelques incursions picturales dans les siècles ultérieurs, sans oublier les arts décoratifs et populaires ainsi que les armes et uniformes : largement de quoi occuper une journée, surtout si on s’attarde dans les expositions temporaires qui y sont régulièrement proposées ! Le centre-ancien de Luxembourg est piétonnier ou doté de trottoirs suffisamment vastes pour que la circulation en fauteuil roulant s’y fasse sans encombre ; nombre des feux tricolores sont sonores. L’élégante place Guillaume II, coeur emblématique de la cité avec la Place d’Armes toute proche, est dominée par la statue équestre du non moins emblématique grand-duc, esthète et collectionneur d’art, qui lui a donné son nom. Bordée de restaurants d’un côté et par l’Hôtel de Ville de l’autre, elle ouvre, via la rue de la Reine, sur le palais grand-ducal, dont la façade discrète, de style Renaissance, mérite néanmoins le coup d’oeil. Des visites guidées y sont organisées en été. Le palais jouxte la très contemporaine Chambre des députés. Derrière l’Hôtel de Ville, la cathédrale, accessible de plain-pied, a été édifiée au XVIIe siècle mais fortement remaniée au XXe. La crypte abritant les tombeaux des souverains luxembourgeois, dont celui du célèbre Jean l’Aveugle, est malheureusement inaccessible en fauteuil roulant. Ici repose aussi la grande-duchesse Charlotte mentionnée ci-avant, dont une émouvante statue occupe le centre de la petite place Clairefontaine attenante. En se rendant, à travers les vieilles rues, jusqu’au bord de la vénérable falaise dominant la vallée de l’Alzette, on peut atteindre la Cité Judiciaire, depuis laquelle un ascenseur permet de descendre aisément au quartier pittoresque et branché du Grund, où se trouvent le musée d’Histoire Naturelle (accessible, en cours de rénovation de sa muséographie) et l’immense abbaye de Neumünster, devenue caserne puis prison avant d’abriter un centre culturel très actif qui accueille étudiants, chercheurs et grand public. Ambiance à la fois studieuse et festive garantie, repas possible sur place. Le point de vue sur cette falaise qui écrase presque le paysage permet par ailleurs de mieux appréhender le côté imprenable des casemates et des citadelles, perchées plusieurs dizaines de mètres plus haut, panorama qui se comprend mieux encore depuis la corniche elle-même, en remontant vers la vieille-ville (toujours par l’ascenseur car la pente est fort raide). Un autre point de vue intéressant s’offre depuis la place de la Constitution, que l’on peut difficilement manquer car y domine, du sommet de sa colonne, la silhouette dorée de la "Gëlle Fra" (monument du Souvenir). De là, on peut apercevoir les autres quartiers de la ville ainsi que les ponts vertigineux franchissant la vallée très encaissée de la Pétrusse, affluent de l’Alzette. Si on longe ensuite le boulevard vers l’avenue Marie-Thérèse, on peut remonter jusqu’au quartier de Kirchberg sans quitter les parterres de fleurs et le couvert paisible des arbres centenaires du parc municipal : une véritable oasis de verdure en pleine ville, parfaitement accessible (poussettes et vélos y abondent, en toute sérénité) ponctuée de pièces d’eau, dont le monument le plus célèbre est la Villa Vauban, maison bourgeoise élevée au XIXe siècle sur d’anciennes fortifications (d’où son nom) et transformée en musée des Beaux-Arts à la faveur de plusieurs legs. Accessible sans encombre, elle présente une collection permanente très diversifiée couvrant la période du XVIIe au XIXe siècle, ainsi que des expositions temporaires de stature internationale offrant l’opportunité de découvrir des oeuvres rarement exposées. Un autre ascenseur, à l’extrémité du parc, permet d’accéder au paisible quartier de Pfaffenthal, dans la vallée de l’Alzette, où l’on peut admirer d’autres vestiges des fortifications Vauban, dominées du haut de ses 74 m par l’imposant pont Grande-duchesse Charlotte ("pont rouge") reliant le quartier de Kirchberg. Ce dernier est le plus moderne de la ville. Outre les institutions européennes déjà mentionnées, ainsi que le siège de nombreuses entreprises, s’y trouvent le bâtiment immaculé, tout en courbes, de la Philharmonie, dû à l’architecte Christian de Portzamparc (2005) et, dans l’immédiate proximité, le musée d’Art moderne (Mudam) d’Ieoh Ming Pei inauguré un an plus tard à l’emplacement d’un ancien bastion dont subsistent quelques traces remarquablement mises en valeur. La Philharmonie, dont la programmation s’inscrit dans le circuit international, offre évidemment une excellente acoustique et plusieurs options de placement pour les spectateurs handicapés moteurs. Cerise sur le gâteau, les tarifs n’ont rien de prohibitif. Quant au Mudam, son immense verrière centrale rappelle irrésistiblement la pyramide du Louvre élevée par le même architecte. Côté expositions, quelques oeuvres installées in situ restent à demeure, telle l’étonnante chapelle "gothique" de Wim Delvoye, mais la majorité de la collection fait l’objet d’expositions temporaires thématiques, souvent en collaboration avec de grandes institutions artistiques étrangères. Restauration possible sur place dans un restaurant oeuvre d’art, accès automobile au plus près de l’entrée sur simple demande. Mais à l’instar de la France, le Luxembourg ne se résume pas à sa capitale. Outre la découverte d’une grande diversité de paysages, mentionnons, à une soixantaine de kilomètres vers le nord, la possibilité de faire escale à Munshausen dans un écomusée (Robbesscheier) dédié au cheval ardennais et doté d’une calèche accessible au moyen de laquelle on peut embarquer, en fauteuil roulant, pour un tour du domaine haut en couleurs ! Tous les espaces muséographiques et ateliers de l’écomusée sont pleinement accessibles, y compris le restaurant typique et l’immense grange transformée en boutique de producteurs et artisans locaux. Il est même possible de dormir sur place, le personnel du "Tourist center" se faisant fort, en outre, de renseigner les visiteurs handicapés sur l’offre d’hébergements adaptés et d’activités possibles dans la région, pour de vraies vacances au vert, en famille. À quelques encablures de là, dominant le village pittoresque et très chic de Clervaux, le château-fort médiéval, aux épais murs blancs, a été relevé de ses cendres pour abriter une exposition permanente de photographie intitulée "The family of man". Rassemblée dans les années 1950 par le photographe américain d’origine luxembourgeoise Edward Steichen (1879-1973), elle a été crée pour le Museum of Modern Art de New York et rassemble plus de 500 photographies en noir et blanc, de 276 auteurs dont certains très célèbres, originaires de 68 pays. Une oeuvre gigantesque, pleine de sang, de larmes mais aussi d’espoir, qui a fait le tour du monde et ému plus de 10 millions de visiteurs avant de se poser ici, classée par l’Unesco en 2003 en prélude à une importante campagne de restauration qui s’est achevée dix ans plus tard. Le résultat continue d’émouvoir... La muséographie, qui respecte le projet original d’Edward Steichen, n’en est pas moins parfaitement accessible, complétée par un audioguide sur iPad accommodant les prothèses auditives. Stationnement réservé au pied de l’ascenseur : ne pas monter jusqu’au sommet de la colline mais suivre le panneau, sur la droite. Plein sud, tout contre la frontière française, c’est à un autre voyage que l’on vous convie : à Rumelange, le Musée National des Mines de Fer (MNM) a installé la majeure partie de ses collections sous terre, dans une ancienne mine désaffectée en 1963 (les autres ont fermé dans les années 1980). On y accède au moyen d’un "petit train", réplique aménagée d’un authentique train de mineurs, puis on déambule, en visite guidée, au milieu de machines dont le gigantisme et l’automatisation croissent avec l’avancée de la technologie. La balade en fauteuil roulant nécessite un peu d’aide mais le côté atypique et spectaculaire de cette découverte à la fois dans le temps et l’espace compense largement ce désagrément. Petite restauration possible sur place, toilettes adaptées. En se dirigeant vers l’est, littéralement face à l’Allemagne, le voyage se fait fluvial, sur la Moselle frontalière, le long des vignobles accrochés à flanc de coteau. On peut embarquer à bord du "Princesse Marie-Astrid", splendide bateau-restaurant parfaitement accessible, pour une croisière plus ou moins longue au fil de l’eau, entre Remich et Trèves (Allemagne) ou Schengen, un nom qui parle aux européens... C’est d’ailleurs sur ce bateau qu’a été signé le célèbre accord en 1985. Et si l’envie vous taraude de goûter aux nectars locaux, les caves Saint-Martin, fondées en 1919 à Remich, sont un but de visite idéal et original, l’endroit étant entièrement taillé dans la falaise calcaire. On y élève de délicieux crémants d’assemblage ainsi que les trois couleurs standards du vin, élaboré ici à partir de cépage pinot noir. Une production limitée, qui s’exporte peu, et donc l’occasion unique d’en ramener chez soi à peu de frais. Les caves, de plain-pied, se découvrent en visite guidée, laquelle s’achève sur la traditionnelle dégustation : de quoi trinquer (sans abuser) à la gloire de l’entente mosellane ! Achevons cette (re)découverte du Luxembourg dans le luxe, le calme et (presque) la volupté : le domaine thermal de Mondorf-les-Bains, frontalier avec la France (Thionville n’est qu’à une vingtaine de kilomètres), existe depuis le XIXe siècle. On n’a cessé, depuis lors, d’apprécier la quiétude de l’endroit et la qualité de ses eaux riches en sels minéraux. L’État luxembourgeois en est désormais propriétaire mais la gestion a été confiée à une société privée. S’il reste quelques bâtiments des anciens thermes Art-Déco, la plupart des installations date des années 1980, y compris pour l’hôtel quatre étoiles, qui amorce un vaste programme de rénovation (mais l’établissement restera ouvert). Que l’on séjourne ou non dans ce splendide environnement, où l’accueil des clients handicapés relève du sur-mesure, on peut jouir d’une journée complète aux thermes, partiellement accessibles mais dotés de tous les équipements nécessaires, y compris une potence de mise à l’eau. On peut également faire une romantique promenade dans l’immense parc arboré, avec une halte au Musée de l’Aviation qui s’y trouve, et émerveiller ses papilles au restaurant De Jangeli, l’une des meilleures tables du pays. De quoi donner envie de rester de ce côté-là de la frontière ! Jacques Vernes, octobre 2014. Sur le web, le site officiel Visit Luxembourg permet de préparer un séjour au Grand-Duché dans ses moindres détails, y compris les établissements bénéficiant du label d’accessibilité européen EureWelcome, dont on pourra par ailleurs utilement consulter la base de données détaillée en suivant ce lien.

Avec l’aimable autorisation de Laurent LEJARD – rédacteur en Chef du magazine Yanous

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