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Confédération Française pour
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Bulletin 03 du 31 mars 2016

Table des matières :

Bulletin CFPSAA Infos 2016-03 - du 31 mars 2016

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EDITORIAL

La presse nous livre le plan de réaménagement des places parisiennes. C’est un sujet que nous abordons souvent à la CFPSAA et que nous suivons de très près. L’objectif affiché de la Mairie de Paris est de « donner plus de place à celles et ceux qui ont envie de vivre dans une ville plus pacifiée, avec moins de voitures et de stress ». Qu’en sera-t-il pour nous déficients visuels ? Certes nous serons heureux de profiter de ces nouveaux espaces dédiés à l’art de vivre, prévus avec plus de verdure, de bancs et de points d’eau. Cela d’une manière générale, bien sûr, chaque place a sa particularité et peut présenter ses difficultés comme la place de la nation, par exemple, dont la configuration est complexe.

Avec pour schéma conducteur « le piéton est roi », la municipalité parisienne a engagé nombre de concertations avec les riverains et les associations. Nous avons été en première ligne et la sensibilisation qui a été faite par les spécialistes de l’accessibilité de la CFPSAA semble avoir été assimilée. Preuve en est le message de la Maire de Paris, sur son compte twitter, dans lequel elle remercie le Conseil de Paris pour la prise en compte des demandes des personnes déficientes visuelles. C’est un fil d’Ariane qui a été proposé, et qui, de place en place permettra l’intégration des bandes de guidage au sol ou de tout autre acheminement détectable et repérable. Bien sûr, il ne faut pas crier victoire, tout ne sera peut-être pas équipé de manière optimale, mais pour une fois les choses semblent aller dans le bon sens. Je suis heureux lorsque je vois nos efforts porter quelques fruits. Nous ne sommes pas tous parisiens, mais cela servira de modèle pour les aménagements qui suivront en province, dans le même élan.

L’actualité nous apporte aussi chaque jour de nouveaux sondages quant à l’élection présidentielle de 2017 et aux primaires de l’automne prochain. Certains candidats se manifestent auprès des associations pour prendre en compte les besoins de la société dans leur programme. C’est ainsi que le Comité d’entente auquel j’appartiens a été sollicité pour s’exprimer, auprès de certains, au nom des personnes handicapées. Je tiens à souligner que l’équipe de campagne de François Fillon a souhaité rencontrer de manière plus spécifique la CFPSAA. Nous avons eu un dialogue ouvert et constructif me permettant un vaste tour d’horizon sur tout ce qui touche à la déficience visuelle, et cela, de la petite enfance au grand âge. L’accessibilité numérique, l’école, les études, l’employabilité et le volet social ont été à l’ordre du jour de cette réunion. J’ai pu leur exposer combien l’Accessibilité au sens large du terme était le vecteur transversal de l’ensemble de ces sujets. C’est mon rôle de rencontrer les acteurs institutionnels de notre pays en dehors de toute opinion politique et je rappelle que la CFPSAA est totalement apolitique. Simplement, je souhaiterais que chaque candidat et, au-delà des primaires, puissent avoir la même démarche.

Je ne peux terminer ce message, dans lequel je vous ai parlé de la ville, qu’en évoquant les derniers attentats que Bruxelles vient de subir, avec une grande pensée pour les victimes.

Je vous signale encore que vous êtes les bienvenus le 21 avril à l’Assemblée Générale de la CFPSAA dont vous trouverez l’annonce dans ce bulletin.

Edouard Ferrero Président de la CFPSAA

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1) ACTUALITÉS DE LA CFPSAA

1-A) ASSEMBLE GENERALE ORDINAIRE DE LA CFPSAA

L’Assemblée Générale annuelle de la CFPSAA se tiendra le jeudi 21 avril 2016 au siège de la CFPSAA.

Les sympathisants et bienfaiteurs qui le souhaitent ont la possibilité d’y assister, nous serons heureux de les accueillir.

Date : Jeudi 21 avril 2016 Heure : 14h30 Lieu : 6, rue Gager-Gabillot – 75015 Paris

Merci de nous prévenir de votre présence un peu avant par mail ou téléphone. Mail : contact@cfpsaa.fr Tél : 01 45 30 96 12

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2) ACTUALITÉS INSTITUTIONNELLES

2-A) DIRECTIVE EUROPEENNE SUR L’ACCESSIBILITE DU WEB : DEFENDRE NOTRE DROIT D’ACCES AUX CONTENUS EN LIGNE

En janvier, les gouvernements de l’UE ont entamé des négociations avec les représentants du Parlement européen sur le contenu de la future directive européenne. Le résultat de ces négociations permettra de définir si oui ou non les personnes aveugles et malvoyantes disposeront à l’avenir d’un accès égal aux contenus en ligne, c’est pourquoi nous suivons de près ces évolutions. Bien que l’accès aux services en ligne soit considéré comme un acquis pour la plupart des gens, la quasi-totalité des sites Internet, des contenus Web et des applications sont aujourd’hui inaccessibles aux personnes aveugles et malvoyantes. C’est pourquoi nous nous sommes félicités que le Parlement européen adopte massivement en février 2014 un texte fort en faveur d’une directive européenne sur l’accessibilité du Web. Nous pensions alors que des avancées s’ensuivraient ! En revanche, nous avons été choqués de voir comment, au cours des deux dernières années, la plupart des gouvernements de l’UE ont activement tenté non seulement de retarder les travaux sur cette directive, mais aussi de la vider de son contenu significatif. L’UEA a exprimé à plusieurs reprises ses inquiétudes, tant lors des rencontres publiques que des réunions avec des ministres et des fonctionnaires, car nous pensons disposer aujourd’hui d’une occasion unique de mettre fin à la discrimination dans l’accès à l’information et aux services pour cette génération de personnes aveugles et malvoyantes, mais aussi pour la suivante. Des discussions se déroulent actuellement à huis clos et des représentants des gouvernements de l’UE, soutenus par la présidence néerlandaise, vont proposer des amendements à leur position. Une ébauche du document de négociation (External link) montre que les gouvernements de l’UE proposent d’inclure une longue liste d’exemptions à la directive. S’ils y parviennent, les personnes handicapées seraient privées d’accès à bon nombre de contenus en lignes tels que :
- les intranets et extranets ;
- les contenus audio et vidéo en direct et préenregistrés ;
- les documents téléchargeables ;
- les contenus de tiers intégrés dans les sites Web d’organismes du secteur public ;
- les sites Web des radiodiffuseurs de service public et leurs filiales ;
- les sites Web des organisations non-gouvernementales ;
- les sites Web gérés ou édités directement par les écoles ou les crèches. De telles exclusions sont inacceptables. Elles empêcheraient des millions de citoyens européens handicapés d’accéder à des contenus, des informations et des services que chacun considère aujourd’hui comme acquis. Elles feraient également grandement obstacle à l’emploi des personnes handicapées. La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (UNCRPD), ratifiée par l’UE et ses États membres, contient des dispositions contraignantes en matière d’égalité d’accès à l’information et à la communication (External Link) et l’UEA appelle au respect de ces dispositions. Nous plaidons également en faveur d’une directive incluant un mécanisme d’application fort et des sanctions en cas de non-respect. Nous vivons à l’ère du numérique. Les personnes aveugles et malvoyantes se servent des smartphones et des applications, comme tout un chacun. L’information et les services en ligne peuvent et doivent être accessibles à tous. Il faut maintenant s’assurer que cela devienne une réalité. Carine Marzin, Responsable du Réseau Campagnes de l’UEA Newsletter de l’UEA (Union Européenne des Aveugles)

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2-B) PROPOSITION D’ACTE LEGISLATIF EUROPEEN SUR L’ACCESSIBILITE (AEA) : UNE NOUVELLE EUROPE ACCESSIBLE POUR LES PERSONNES AVEUGLES ET MALVOYANTES ?

De Dan Pescod, Campaigns Manager, RNIB

Accès refusé En novembre 2014, dans son rapport intitulé « Accès refusé », l’UEA citait des exemples de produits et services inaccessibles, qui le resteraient probablement faute de législation européenne globale. Il s’agissait de produits et services importants au quotidien, comme les distributeurs automatiques de billets, les télévisions et les ordinateurs personnels. http://www.euroblind.org/news/nr/2569 Une conception inclusive ? La technologie et les connaissances existent pour éliminer ces obstacles. Le fait que certains distributeurs automatiques de billets, téléphones, ordinateurs, etc., soient déjà accessibles en est la preuve. Pourtant, la plupart de ces dispositifs ne sont toujours pas accessibles. À moins que la loi n’impose une conception inclusive, ces produits resteront pour l’essentiel hors de portée des personnes aveugles et malvoyantes. L’Acte européen sur l’Accessibilité en renfort ? L’un des dispositifs législatifs fondamentaux que nous demandons pour lever ces obstacles est « l’Acte européen sur l’Accessibilité » (AEA) promis par la Commission européenne en 2011. L’UEA s’est donc félicitée lorsque, début décembre 2015, la Commission a finalement déposé le projet d’AEA. La directive nouvellement proposée vise à exiger qu’une large gamme de produits et services deviennent accessibles aux personnes handicapées ou ayant d’autres « limitations fonctionnelles ». Améliorer le marché intérieur, améliorer l’accessibilité... ou les deux ? La proposition d’AEA cherche seulement à harmoniser les lois dans les domaines où la Commission considère que la législation permettrait d’améliorer le fonctionnement du marché intérieur de l’UE, et non à mettre fin à la discrimination portant sur les produits ou services inaccessibles. Dans un sens, cette approche est en accord avec le « marché unique numérique » de l’UE ou initiative « DSM », qui s’attache aussi fortement à améliorer le marché de l’UE, c’est pourquoi il ne possède pas d’appellation plus large, telle que « l’UE numérique pour tous » ou la « Société numérique unique ». Cette distinction – le « marché, pas la société » est importante. Pourquoi ? Parce qu’il y a certains domaines de discrimination qui doivent être « réglés » dans le cadre de la réglementation de l’UE, alors qu’il semble qu’aucune législation ne permette d’harmoniser et donc d’améliorer le fonctionnement du « marché » de l’UE. Dans ces domaines, on nous a indiqué que la législation européenne pertinente est susceptible d’être la « directive sur l’égalité de traitement » (ETD) proposée par l’UE, et non l’AEA. Cependant, la mauvaise nouvelle, c’est que l’ETD se heurte depuis des années à l’opposition de certains États membres. C’est une période difficile pour parvenir à une législation centrée sur les questions sociales en Europe, alors que l’austérité s’est banalisée et que l’objectif prioritaire de l’UE est d’obtenir « plus d’emplois et plus de croissance ». Malgré ce contexte politique, la proposition d’AEA nous offre une formidable occasion d’accomplir de réels progrès dans la bonne direction. http://ec.europa.eu/social/main.jsp... (External link) La proposition d’Acte européen sur l’Accessibilité La proposition d’acte législatif européen sur l’accessibilité couvre le matériel informatique et les systèmes d’exploitation, les distributeurs automatiques de billets, les billetteries automatiques, les machines d’enregistrement, les téléphones et smartphones, les tablettes, les télévisions, les achats en ligne, les services bancaires, les livres électroniques et les sites Web des entreprises de transport, ce dont nous nous félicitons. Bien que nous soyons en accord avec cette proposition et l’essentiel de son contenu, nous avons néanmoins exprimé quelques inquiétudes dans notre réponse initiale à la Commission sur la proposition : http://www.euroblind.org/press-and-... Champ d’application De nombreux produits et services ne figurent pas dans cette proposition, alors qu’ils devraient en faire partie. Pour ne citer qu’un exemple, bien que les « DAB » ou les automates bancaires soient pris en compte, les terminaux de paiement utilisés en magasins pour régler avec une carte de crédit ne semblent pas concernés. Nous ne comprenons pas la logique de cette exclusion. Exceptions aux nouvelles règles La proposition de la Commission européenne prévoit des exceptions pour les entreprises qui estiment que la mise en conformité de leurs produits ou services serait trop chère ou trop compliquée. Nous avons demandé des éclaircissements sur ces exceptions et la mise en place de garanties solides afin d’éviter les abus. Nous ne voulons pas d’une loi qui finisse par devenir facultative pour ceux qu’elle est censée contraindre ! Nous souhaitons également mieux comprendre certaines dispositions de la nouvelle loi proposée. Pour être juste envers la Commission, il est difficile de formuler l’AEA de telle sorte qu’il impose une accessibilité suffisante, résiste à « l’épreuve du temps » et explique clairement quelles fonctions un produit ou un service accessible doit réaliser. Nous espérons travailler avec la Commission et les autres parties intéressées afin de renforcer et de clarifier le libellé, si nécessaire. Et maintenant ? Nous avons déjà rencontré des acteurs clés de la Commission, du Conseil et du Parlement pour examiner le projet d’AEA. Nous travaillons sur la question avec nos amis du Forum européen des personnes handicapées et de l’ANEC. Nous allons bien entendu suivre le processus législatif et formuler des observations au fur et à mesure pour aller dans le sens d’un acte législatif fort et efficace. Nous avons beaucoup de travail à accomplir, mais si nous obtenons un bon AEA, l’Europe aura vraiment fait un grand pas pour être enfin accessible aux personnes aveugles, malvoyantes et ayant d’autres handicaps. C’est clairement un objectif qui mérite d’être défendu. Retour au sommaire

2-C) POLITIQUE : MATTHIEU ANNEREAU VISE L’ASSEMBLEE

Militant aveugle « Les Républicains à Saint-Herblain (Loire Atlantique) où il est conseiller municipal et communautaire, Matthieu Annereau a obtenu l’investiture de son parti pour l’élection législative partielle qui aura lieu les 17 et 24 avril prochains. Les citoyens herblinois devront alors élire le député qui remplacera Jean-Marc Ayrault, élu en juin 2012 mais qui avait démissionné à deux reprises pour siéger au Gouvernement, la première de juin 2012 à mars 2014 où il était Premier ministre, la seconde le 11 février dernier pour devenir ministre des Affaires étrangères. Or son suppléant est décédé dix jours plus tard ce qui laisse vacant le siège de député et entraine cette élection partielle. Matthieu Annereau, qui a réalisé l’union à droite avec l’UDI dès le premier tour, espère ravir ce siège détenu par le Parti Socialiste depuis 1978, dont une vingtaine d’année par Jean-Marc Ayrault.

Yanous-Actu – n°464 – mars 2016 Les articles de Yanous-Actualités sont diffusés avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard

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3) ACTUALITÉS SOCIALES

3-A) L’AGEFIPH DIMINUE LE MONTANT DE CERTAINES DE SES AIDES ET PROLONGE SON « PLAN ALTERNANCE »

L’Agefiph diminue le montant de certaines de ses aides et prolonge son « plan alternance » Le conseil d’administration de l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées) a décidé de réduire, à effet du 1er avril 2016, le montant des aides consacrées à l’alternance, à l’insertion professionnelle et à la création d’entreprise, lors du vote de son budget 2016. En outre, l’association a annoncé, le 25 février, qu’elle poursuivait son « plan alternance » pour une année supplémentaire. Prenant acte de la baisse de ses ressources financières due à une diminution des contributions, l’Agefiph avait annoncé fin 2015 la refonte de son offre d’intervention (v. l’actualité n° 16954 du 12 novembre 2015). Le vote du budget pour 2016 a ainsi été l’occasion de revoir à la baisse le montant de certaines aides à compter du 1er avril 2016, à savoir les aides à l’alternance, l’aide à l’insertion professionnelle et l’aide à la création d’entreprise. L’association entend malgré tout poursuivre cette année, son plan d’actions en faveur des contrats d’apprentissage et de professionnalisation, lancé en juin 2013.

Réduction des aides au 1er avril 2016 Les montants des aides suivantes versées aux entreprises sont modifiés pour les contrats signés à compter du 1er avril 2016 :

– l’aide au contrat d’apprentissage sera désormais comprise entre 1 000 € pour un contrat d’apprentissage d’une durée de six à onze mois et 7 000 € pour un CDI d’apprentissage (contre des montants allant de 1 500 € à 13 000 € jusqu’alors) ;

– l’aide au contrat de professionnalisation sera ramenée à un montant allant de 1 000 € pour un contrat d’une durée de six à 11 mois, à 5 000 € pour un contrat en CDI (contre des montants allant de 1 500 € à 7 500 € jusqu’alors) ;

– les aides à la pérennisation des contrats en alternance seront diminuées de moitié, passant à 2 000 € pour une embauche en CDI à temps plein et 1 000 € pour une embauche en CDI à temps partiel. En cas d’embauche en CDD, les montants sont également divisés par deux : 1 000 € pour un CDD d’au moins 12 mois à temps plein et 500 € pour un CDD d’au moins 12 mois à temps partiel ;

– l’aide à l’insertion professionnelle (AIP) sera désormais de 2 000 € pour un temps complet, et de 1 000 € pour un temps partiel (contre respectivement 4 000 € et 2 000 € jusqu’alors).

Autre nouveauté concernant l’alternance, l’aide versée à la personne recrutée ne dépendra plus de la durée du contrat signé, mais uniquement de l’âge de l’alternant : 1 000 € pour les moins de 26 ans, 2 000 € pour les 26-44 ans, et 3 000 € à partir de 45 ans.

L’aide à la création d’activité sera, quant à elle, réduite à un forfait de 5 000 € (conte 6 000 € jusqu’alors).

Poursuite des actions en faveur de l’alternance Le plan de développement de l’alternance de l’Agefiph est prolongé pour l’année 2016. Il poursuit les objectifs suivants : « développer la qualification des personnes handicapées », « favoriser leurs parcours vers l’emploi », et « créer un réflexe durable en faveur de l’alternance ». Pour les atteindre, l’Agefiph développe ses actions sur trois plans. Outre les aides qu’elle verse, l’association entend poursuivre et améliorer les partenariats régionaux existants, vecteurs de développement de l’alternance (accompagnement des personnes handicapées avant, pendant, et après l’exécution du contrat). Par ailleurs, des actions de communication sont prévues afin de faire connaître les objectifs du plan et de stimuler les opportunités d’emploi. Elles débuteront dès le vendredi 25 mars 2016, avec les « Assises de l’apprentissage » organisées par l’Agefiph à l’occasion du championnat du monde des métiers pour les personnes en situation de handicap, à Bordeaux.

6 100 nouveaux contrats prévus en 2016 Côté bilan, le plan de développement de l’alternance enregistre, selon l’Agefiph, de bons résultats depuis son lancement en 2013. En avril 2015, l’association annonçait que 5 709 personnes en situation de handicap avaient signé un contrat d’alternance grâce à l’Agefiph entre 2012 et 2014, et visait une augmentation de 1 000 contrats supplémentaires pour l’année 2015 (v. l’actualité n° 16825 du 29 avril 2015). Le 25 février dernier, elle a indiqué que 6 183 nouveaux contrats avaient été conclus en 2015 (soit une hausse de 55 % par rapport à 2012), et elle anticipe 6 100 nouveaux contrats en 2016.

Liaisons Sociales Quotidien, 17/03/2016 © Tous droits réservés

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4) ACTUALITÉS FRANÇAISES DU HANDICAP

4-A) INFO HANDICAP

Lu sur Handicap.fr

La carte « mobilité inclusion » annoncée par le Président de la République lors de la Conférence nationale du handicap de décembre 2014, sera disponible à partir du premier janvier 2017. Elle se substituera aux cartes dites « de stationnement », « de priorité » et « d’invalidité » tout en maintenant les droits des personnes. L’objectif est de raccourcir nettement le délai d’obtention de la carte, quelle qu’elle soit (stationnement, priorité, inclusion). C’est l’annonce faite par Ségolène Neuville, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées à l’occasion de la Semaine nationale des personnes handicapées physiques qui se tient du 14 au 20 mars 2016.

Emmanuelle Dal’Secco

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4-B) MODIFICATION DES TARIFS DE L’ELEMENT AIDE HUMAINE DE LA PRESTATION DE COMPENSATION DU HANDICAP

Un arrêté du 25 février 2016 paru au Journal Officiel du 2 mars et qui entrera en vigueur le 1er avril prochain tire les conséquences de l’extension de l’accord de classification et de l’avenant salarial signés le 21 mars 2014 par la branche des salariés du particulier employeur. Actuellement, le tarif de l’élément aide humaine de la prestation de compensation du handicap (PCH) en cas de recours à un salarié employé directement, est fixé par un arrêté du 28 décembre 2005 en référence à la convention collective nationale des salariés du particulier employeur, et plus précisément au salaire horaire brut sans ancienneté d’une « assistante de vie pour personne dépendante de niveau 3 ». Le nouvel accord de classification du 21 mars 2014 substitue à cet emploi plusieurs emplois repères d’assistant de vie, qui se distinguent par la technicité croissante des taches et activités qu’ils ont vocation à réaliser, de A à D. L’extension de cet accord supprime la référence actuellement mentionnée dans l’arrêté du 28 décembre 2005 et nécessite d’actualiser les références utilisées au regard de l’accord précité. Le présent projet prend en compte pour les bénéficiaires de la PCH l’évolution des coûts de l’emploi direct résultant de l’accord de classification et de l’avenant salarial, mais il vise également à limiter autant que possible la charge nouvelle pour les finances publiques, et à ne pas alourdir la gestion et le contrôle de la prestation pour les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) et les départements. De façon générale, le tarif est calculé, pour les personnes salariant effectivement une aide à domicile en emploi direct, en référence à l’emploi d’assistant de vie C, dont les activités consistent notamment réaliser les tâches courantes et les actes essentiels de la vie quotidienne d’une personne dont l’autonomie est altérée et qu’elle ne peut effectuer seule. Pour les personnes atteintes de cécité ou de surdité bénéficiaires d’un forfait au titre de l’article D.245-9 du CASF, le tarif sera calculé en référence à l’emploi d’assistant de vie niveau A, dont les tâches consistent à accompagner la personne ou à effectuer pour elle les activités sociales, les courses, les tâches ménagères, l’entretien du linge, la préparation des repas, et les tâches administrative courantes. Dans son avis présenté au CNCPH du 19 février dernier, la Commission Compensation de ce Conseil devait notamment indiquer : « La référence à la catégorie A (activités ménagères) pour déterminer la base de calcul des forfaits surdité / cécité interroge la Commission, alors que ces besoins ne sont pas couverts par la PCH aide humaine. Sur la question des forfaits surdité cécité de la PCH : La commission note avec ce nouvel arrêté une augmentation de 12 euros par mois pour le forfait surdité et de 20 euros par mois pour le forfait cécité. Pour rappel, ces forfaits, contrairement à toutes les autres modalités de la PCH, ne sont soumis à aucun contrôle d’effectivité. Certaines associations (la CFPSAA) soulignent leur attachement à ces forfaits et alertent sur un certain nombre de dispositions qui risquent de les remettre en cause. »

Philippe CHAZAL

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5) ACTUALITÉS INTERNATIONALES DU HANDICAP

5-A) SYMPOSIUM ET AG DE L’UFA (UNION FRANCOPHONE DES AVEUGLES)

Par Marie-Renée Hector, Présidente du GIAA

Introduction Quelques mois après que Paul TEZANOU ait pris les fonctions de Président par Intérim de l’UFA, j’en ’ai été nommée Trésorière par Intérim par le Conseil d’Administration et j’ai pris mes fonctions à la mi-juin 2013. Pour accomplir les tâches qui m’incombaient, je me suis fait accompagner d’une assistante et amie, Mme Edwige BECEA engagée elle aussi pour la formation des jeunes aveugles à travers l’association Savoir+ dont elle est Présidente.

De juin 2013 à novembre 2016, le grand souci de l’équipe de l’Ufa a été de faire repartir l’association sur de bons rails et essayer au mieux de régler tout ce qui ne l’avait pas été depuis un certain temps. Notre première tâche fut de verser à Haïti tout ce qui lui était dû suite au tremblement de terre et aux concerts qui avaient permis de récolter des fonds. Fin 2014, après avoir représenté l’UFA au salon de la francophonie de Dakar, nous avons pu aider trois écoles respectivement du Tchad, du Niger et du Togo ; et participer à la création d’une bibliothèque sonore qui a été montée en Martinique avec l’aide de Vues et Voix.

En 2013 et 2014, nous avons âprement cherché un lieu abordable pour qu’ait lieu l’Assemblée Générale statutaire de notre Union. Malheureusement, les circonstances n’ayant pas joué en notre faveur, nous n’avons pas été en mesure de l’organiser en temps et en heure.

I. Préliminaires De son côté, notre Président par Intérim nous a proposé de faire tout ce qui était en ses moyens pour que l’assemblée générale puisse avoir lieu courant 2015 au Cameroun. Il lui a alors été suggéré d’en profiter pour organiser conjointement un symposium qui permettrait de développer des points importants concernant la lecture et ses divers supports, la législation liée à l’édition et la citoyenneté pour les déficients visuels africains. Au cours de ce symposium, une soirée festive serait organisée par des musiciens et une artiste peintre handicapée physique peindrait durant le concert, ce qui permettrait d’ouvrir la manifestation aux autres handicapés africains.

En décembre 2014, Paul TEZANOU a été nommé secrétaire d’État aux droits de l’homme. Qu’il en soit chaleureusement félicité car son action a ensuite été remarquable auprès de son gouvernement. Un travail organisationnel énorme a été fait concernant toute la logistique, accueil, accompagnement des participants et hôtellerie. Le gouvernement camerounais a mis en place toute une structure que nous avons tous hautement appréciée.

L’UFA, dans son ensemble, est grandement reconnaissante à l’égard de la CFPSAA et de l’UEA pour leur contribution financière. Pour sa part, elle a payé les billets d’avion des Africains et a pu faire prendre en charge quatre billets pour une partie de la délégation française, un photographe, deux invités et leurs accompagnateurs. Trois personnes ont financé elles-mêmes leurs billets d’avion.

II. Déroulement A notre arrivée à l’aéroport, chaque délégation a été accueillie par des gendarmes de la garde présidentielle détachés au service de l’UFA pendant toute la semaine. Ils ont rempli pour nous, toutes les formalités, ont récupéré nos bagages et nous ont répartis dans les voitures qui nous attendaient et directement conduits jusqu’à l’hôtel. Il s’agissait d’un hôtel non touristique, simple mais confortable. Pendant tout le séjour, nous étions escortés et guidés. Les étrangers devaient être accompagnés s’ils avaient besoin de quitter l’hôtel. Les conférences avaient lieu dans un hôtel équipé de grandes salles, nous nous y rendions chaque matin en délégation. Notre sécurité a été assurée de façon vraiment impressionnante du début à la fin de notre séjour à Yaoundé.

Les diverses manifestations ont débuté véritablement le mercredi 25 novembre au matin pour s’achever le dimanche 29 dans l’après-midi.
-  23 novembre : arrivée de la délégation française. Certaines délégations sont arrivées un peu avant et d’autres ne sont arrivées que le 24.
-  24 novembre dans l’après-midi : réunion d’information et dernières décisions à prendre concernant le déroulé.
-  Mercredi 25 et jeudi 26 : déroulé du symposium suivi d’une soirée musicale (concert)
-  Vendredi 27 : assemblée générale de l’UFA.
-  Samedi 28 : visites du monastère Monfébé et du monument de la réunification.
-  Durant la semaine plus le weekend : sur la place de la mairie de Yaoundé avait lieu une exposition artisanale où se trouvaient des stands où l’on pouvait acheter des produits et objets faits par les handicapés camerounais ; l’UFA avait également un stand, malheureusement nous n’avons pas pu y passer autant de temps que prévu, ne pouvant aisément nous libérer.

Thèmes abordés durant le symposium Durant ces deux jours, l’accent a été mis sur l’accès à la culture et à la citoyenneté. L’accès au livre a été abordé sous tous ses aspects, législatif, matériel et financier : les exigences liées au traité de Marrakech et aux droits de propriété intellectuelle, la convention des nations unies concernant les droits des handicapés, les élections au Cameroun et les actions entreprises pour les handicapés (document à l’appui), la lecture et le format daisy pour une plus grande diversité de production. Entre les conférences, notons que le plaisir artistique n’a pas été oublié grâce à quelques interludes musicaux – parmi eux des morceaux interprétés par une violoniste canadienne et de jeunes élèves musiciens et choristes de l’école de Dschang.

Assemblée générale Chacun de nous sait bien ce qu’est une assemblée générale avec lecture des différents rapports concernant les activités et les finances. Ces lectures et votes consécutifs se sont déroulé dans un climat apaisé et amical. Ensuite, ont eu lieu les choix des délégués, le plus long étant à faire pour l’Afrique du fait de leur grand nombre de pays membres. A nouveau, tout s’est déroulé dans le calme. Puis ont eu lieu les élections des membres du Conseil d’Administration et du bureau.

Composition du bureau :

M. Paul TEZANOU : élu président à l’unanimité. M. Michel FRADIN : nouveau candidat : élu Vice-Président à l’unanimité. Mme Marjorie THÉODORE : Secrétaire réélue à l’unanimité Mme Edwige BECEA : trésorière élue à l’unanimité. Pour ma part, j’ai décidé de ne pas me représenter pour des raisons pratiques, mais rester dans le Conseil d’Administration.

Conclusion

Au cours de l’assemblée générale, un plan d’action a été défini pour les quatre années à venir. Quelques légères modifications des statuts ont été également proposées. Nous espérons tous, désormais, que notre UFA puisse refaire le plein financièrement et énergiquement pour la poursuite des missions qui sont les siennes, avec plus que jamais l’aide de tous les acteurs de bonne volonté pour une solidarité accrue dans l’intérêt de ceux qui en ont le plus besoin.

Marie-Renée Hector Présidente du GIAA

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5-B) EXPERIENCES ET RESSENTIS DES PERSONNES AVEUGLES ET MALVOYANTES AU ROYAUME UNI

Beaucoup de personnes pensent qu’elles peuvent un jour perdre la vue. Cela peut se faire graduellement, par une détérioration de ce qu’elles peuvent voir, elles ont alors besoin d’être aidées pour apprendre et réapprendre à s’adapter à leur déficience visuelle ce qui peut intervenir longtemps après la survenue de leur handicap. Hélas, très souvent, la perte de la vue ne s’accompagne pas des soutiens psychologiques nécessaires, qui ne bénéficient qu’à un tout petit nombre d’intéressés.

On constate une baisse du taux d’emploi des personnes aveugles ou amblyopes en âge de travailler : seulement 27% d’entre elles ont un emploi. 40% sont isolées, sans aucune relation avec leurs voisins ou leur environnement. De faibles revenus, des informations inaccessibles, des difficultés à se déplacer et une exclusion du numérique ont contribué à cet isolement.

Les personnes atteintes de la déficience visuelle la plus sévère ou celles qui ont des handicaps supplémentaires sont les plus durement touchées. Elles sont rarement en mesure de décider de sortir, ont besoin de beaucoup d’aide à la lecture et à l’autonomie domestique, ont un choix limité d’activités, sont beaucoup moins susceptibles d’occuper un emploi et de définir elles-mêmes leur projet de vie.

INTRODUCTION. Ce document est un résumé du premier rapport établi dans le cadre du projet « ma voix » conduit par le RNIB, dont l’objectif est de mieux comprendre les conditions de vie, les points de vue et expériences des personnes enregistrées comme aveugles ou déficientes visuelles. La dernière enquête à grande échelle de ce type remonte à 2005. Nous devons souligner que la récession mondiale, la réforme de l’aide sociale, les réductions de services publics et l’utilisation accrue des nouvelles technologies peuvent avoir largement impacté la vie quotidienne des déficients visuels au cours des dix dernières années.

« Ma voix 2015 » apporte une mise à jour bien nécessaire au sujet des conditions actuelles de vie des personnes aveugles ou amblyopes au Royaume-Uni. Ce projet fournit une base de données fort utile pour planifier les stratégies, la politique, la conception des services, la collecte de fonds, et pour influencer l’ensemble du secteur de la déficience visuelle. Nos résultats sont basés sur des entretiens téléphoniques avec plus de 1200 participants venant de toutes les régions du Royaume-Uni. L’étude a été financée et produite par le RNIB, une société extérieure a mené les entretiens entre novembre 2014 et avril 2015.

METHODOLOGIE. Les participants ont été recrutés de deux façons. Tout d’abord, nous avons pris des contacts avec 22 autorités locales différentes qui nous ont adressé des informations au sujet des personnes enregistrées comme aveugles et comme déficientes visuelles. Nous avons ensuite contacté les personnes bénéficiaires des services du RNIB ce qui nous a permis d’augmenter la taille de notre échantillon. Par ailleurs, nous ne disposions d’aucun autre moyen pour connaître les personnes déficientes visuelles en Irlande du nord.

« Les résultats présentés dans ce rapport ont été pondérés, afin qu’ils soient représentatifs de la population générale des personnes aveugles et malvoyantes enregistrées au Royaume-Uni. » Sur le plan éthique, le projet a été agréé à la fois par l’Institut pour l’Excellence des Services Sociaux et par le comité scientifique de l’Association des Directeurs des Services Sociaux pour Adultes.

PRINCIPALES CONCLUSIONS. On constate d’énormes variations entre les expériences et points de vue des personnes aveugles et déficientes visuelles. « Je ne pense pas qu’assez de personnes savent comment vivent les personnes atteintes d’un handicap visuel et ce dont elles sont capables. » Bien qu’il soit possible de parler des obstacles et difficultés auxquels sont confrontés les aveugles et déficients visuels dans leur ensemble, nous devons savoir que la situation est très différente selon chaque individu. Son âge, son degré de vision fonctionnelle résiduelle, l’âge auquel il a perdu la vue, ses handicaps additionnels, tous ces facteurs ont une influence majeure sur la vie de chacun.

Si la vue résiduelle d’une personne est instable, ses conditions de vie vont évoluer durant une longue période de temps. « Lorsque votre diagnostic a été fait, la clinique ophtalmologique aurait dû mieux vous informer sur la façon dont votre état allait se dégrader au fil du temps. » Beaucoup de gens ont perdu la vue progressivement. Près de la moitié des personnes aujourd’hui enregistrées comme aveugles l’ont été comme déficientes visuelles, et environ les trois quarts des personnes aveugles et amblyopes ont connu une dégradation de leur vue au cours des douze derniers mois. Le plus souvent, la perte de la vue n’a pas été un long voyage tranquille mais plutôt une suite de changements et de défis auxquels il a fallu s’adapter.

La majorité des personnes n’a reçu aucun soutien psychologique lors de la perte de la vue. « J’aurais eu besoin que quelqu’un soit auprès de moi pour m’expliquer le diagnostic, j’ai dû rechercher sur google en rentrant chez moi. Les informations étaient très médicales et ne prenaient pas en compte la dimension psychologique et le ressenti de chacun. » Seulement 17% de la population qui a perdu la vue a reçu un soutien psychologique en lien avec la dégradation de sa vue. Les jeunes ont été davantage aidés pour s’adapter à leur nouvelle situation. Tous auraient souhaité recevoir un tel soutien. Deux tiers des personnes en âge de travailler et un tiers des retraités ont indiqué qu’elles auraient souhaité recevoir une aide psychologique si celle-ci avait été disponible pour elles.

La sensation de bien-être est moindre chez les personnes aveugles et déficientes visuelles que pour l’ensemble de la population. Elles sont moins optimistes sur le futur, se sentent moins utiles, ont plus de difficultés à se détendre et se sentent moins proches des autres. Une très faible proportion a reçu des informations sur les moyens à mettre en œuvre pour garder leur autonomie. « On aurait pu m’informer et me montrer par exemple comment utiliser une bouilloire sans me brûler. » Le plus souvent, les personnes qui perdent la vue ne sont renseignées que sur des gadgets ou sur les avantages sociaux dont elles peuvent bénéficier. Moins d’un tiers d’entre elles ont pu suivre des cours de locomotion dans l’année qui a suivi la perte de leur vision, et seulement 20% ont reçu une formation en activités de la vie journalière comme par exemple la préparation des repas. Les personnes âgées sont beaucoup moins susceptibles que les plus jeunes de recevoir de telles formations.

La plupart des personnes aveugles ou malvoyantes utilisent une aide domestique bénévole et sans contrat de travail. « J’aurais aimé que quelqu’un puisse m’aider à la maison, que mon mari ne soit pas seul à tout assumer. » La majorité des déficients visuels a besoin d’aides domestiques pour la préparation des repas, les soins personnels, l’utilisation des appareils de chauffage ou électroménagers ou le choix de vêtements. Près de la moitié d’entre eux indiquent avoir toujours ou fréquemment besoin d’aide pour lire des informations, ceci étant fait par la famille à domicile, par des amis ou des travailleurs sociaux rémunérés à l’extérieur.

Le nombre de personnes enregistrées comme aveugles ou déficientes visuelles occupant un emploi a sensiblement diminué. « Ma principale difficulté depuis quelques années a été de ne pas trouver de travail ce qui a affecté toute ma vie : impossibilité de me projeter dans le futur, nécessité de retourner vivre chez mes parents, dégradation sociale. Aujourd’hui, je me suis remis sur les rails. » Seulement 27% des personnes aveugles et déficientes visuelles en âge de travailler ont un emploi, (23% sont salariés, et environ 4% travaillent pour leur propre compte). En 2006, ces chiffres étaient de 33%, 28% de salariés et 5% de travailleurs libéraux. Un lien très fort existe entre le niveau d’employabilité et le degré de vision. Seulement une personne sur dix, ayant peu de vision fonctionnelle, a un emploi, (il s’agit de personnes incapables de reconnaître la forme d’un meuble dans une pièce.)

Les personnes aveugles ou malvoyantes en âge de travailler rencontrent des difficultés financières. « L’argent vous permet de choisir, si vous n’en avez pas, vous ne pouvez pas le faire. » Une personne aveugle ou malvoyante sur cinq a des difficultés plus ou moins importantes à « joindre les deux bouts. » Cela touche surtout les personnes en âge de travailler, près de la moitié des 30-49 ans est gênée financièrement. Plus d’un quart des personnes aveugles et déficientes visuelles de tous âges affirment que la pension d’invalidité qu’elles reçoivent est rarement ou jamais suffisante pour compenser les charges supplémentaires auxquelles elles doivent faire face en raison de leur handicap.

Les obstacles dans le domaine des transports et déplacements restent un problème majeur pour les personnes aveugles et malvoyantes, en particulier les obstacles sur la chaussée. « Si j’étais seule, il me serait très souvent difficile de me payer un taxi. En ce moment, c’est mon mari qui me conduit à l’hôpital. » 40% des personnes aveugles et malvoyantes ne sont pas en mesure de faire les déplacements qu’elles souhaitent ou dont elles ont besoin, et près de la moitié ont besoin d’aide pour sortir de chez elles. Deux tiers des personnes en âge de travailler et un tiers des personnes à la retraite sont entrées en collision avec un obstacle sur la chaussée au cours des trois derniers mois. Un accident sur trois a entraîné des blessures pour la victime.

Les aveugles et malvoyants se sentent coupés des autres et de leur environnement. « Je voudrais acquérir de nouvelles compétences qui me permettraient de me sentir utile autour de moi. » Quatre personnes aveugles ou déficientes visuelles sur dix se sentent en partie ou totalement coupées des autres et de leur environnement. C’est particulièrement vrai pour les personnes de plus de 75 ans dont la moitié vivent seules.

Beaucoup de personnes aveugles ou malvoyantes ont un choix d’activités limité pour occuper leur temps libre. « Je voudrais faire plus de promenades avec des gens autour de moi pour me parler. » La moitié d’entre elles affirment être toujours ou fréquemment limitées pour prendre part à des activités. Une personne sur quatre dit ne pas avoir de choix pour occuper son temps libre. De plus, presque deux tiers disent qu’elles aimeraient pratiquer davantage d’activités physiques.

L’accès à l’information est un problème récurrent. « Je suis une femme très indépendante, je l’ai été toute ma vie, et être obligée d’avoir recours à quelqu’un pour me lire des choses, parfois confidentielles, est très frustrant. 90% des personnes aveugles ou malvoyantes disent que les informations sur les emballages des médicaments ou de la nourriture sont très difficiles ou impossibles à lire. Quant à l’information fournie par différents services, 40% estiment que l’information provenant des services de santé n’est jamais accessible, 28% disent qu’il en est de même de l’information donnée par les banques.

On constate un fossé entre les générations quant à l’utilisation des nouvelles technologies. « Si je savais utiliser l’ordinateur, ma vie serait plus facile. » Globalement, moins d’une personne aveugle ou malvoyante sur trois est en mesure de tirer le meilleur parti des nouvelles technologies. Cette situation est étroitement liée à l’âge : 86% des 18-29 ans estiment utiliser correctement les nouvelles technologies alors que trois personnes sur quatre âgées de 75 ans et plus ne se servent pas d’un ordinateur, d’Internet ou d’un smart phone. La majorité des personnes qui n’utilisent pas actuellement les nouvelles technologies voudrait le faire si elles étaient plus accessibles.

La sensibilisation du grand public envers les déficients visuels et insuffisante ce qui explique une attitude trop souvent négative. « Si nous étions acceptés avec un handicap, notre vie quotidienne serait meilleure. Nous pourrions participer à la société, être compris et aurions une chance d’avancer dans la vie. » Plus d’un tiers des personnes aveugles ou déficientes visuelles affirment avoir parfois, fréquemment ou toujours, ressenti des attitudes négatives de la part du grand public, en raison de leur absence de vision. Tel est surtout le cas des personnes les plus jeunes et de celles enregistrées comme aveugles. Près de la moitié des personnes aveugles et malvoyantes en âge de travailler estiment avoir été traitées injustement par d’autres personnes au cours des douze derniers mois en raison de leur perte de vue, tout spécialement par des personnes croisées dans la rue ou par le personnel assurant la vente au détail dans les magasins.

PLUS D’INFORMATIONS. Ce document n’est qu’un bref résumé du rapport établi dans le cadre du projet « ma voix », le rapport complet peut être consulté (en anglais) en suivant ce lien : www.rnib.org.uk/myvoice

Article traduit de l’anglais par Philippe Chazal.

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5-C) JOURNEE MONDIALE DU LIVRE ET DU DROIT D’AUTEUR

Un communiqué de presse de l’UMA (Union Mondiale des Aveugles)

Toronto, le 23 avril 2016 : Des millions de personnes, dont des enfants et des étudiants, n’ont pas accès aux livres et autres matériels imprimés. Moins de 10 % des ouvrages publiés sont mis à disposition sous des formats accessibles dans les pays développés. Les personnes aveugles et malvoyantes, en particulier les étudiants dans les pays riches comme les États-Unis et l’Europe, se heurtent encore aujourd’hui à des barrières d’inégalité en termes d’accès aux ouvrages publiés. Du fait de ces barrières, de nombreux étudiants doivent attendre des périodes de temps aussi longues qu’inacceptables pour pouvoir obtenir leurs manuels scolaires ; si tant est qu’ils puissent les obtenir sous un format accessible. Dans les pays en développement, la situation est encore plus tragique, car moins de 1 % des livres sont rendus accessibles. De nombreux étudiants ne peuvent donc pas bénéficier d’un enseignement complet, en grande partie à cause du manque de manuels accessibles. Dans des pays comme l’Inde, le pays affichant le plus grand nombre de personnes aveugles ou malvoyantes, moins de la moitié des enfants handicapés visuels vont à l’école.

Cette pénurie de manuels publiés accessibles porte le nom de « Soif de livres ». L’Union Mondiale des Aveugles travaille aux côtés de nombreuses parties prenantes depuis des années pour y mettre fin. Ces efforts ont débouché sur la signature d’un traité international, le Traité de Marrakech, qui devrait étancher la soif de livres de deux façons importantes. D’abord, il va permettre aux « établissements autorisés », comme les organisations et bibliothèques de personnes aveugles de reproduire plus facilement les ouvrages sous des formats accessibles (Braille, DAISY, audio, gros caractères, livres électroniques, etc.) pour leur diffusion sans aucune fin de lucre. Ensuite, le Traité va permettre aux établissements autorisés de partager les livres accessibles et autres supports imprimés de façon transfrontalière avec d’autres de leurs homologues.

Le système international actuel ne permet pas le partage transfrontalier, ce qui oblige à dupliquer inutilement les ouvrages, et consomme des ressources déjà limitées. Cela dit, une fois que le Traité de Marrakech sera entré en vigueur, le partage transfrontalier deviendra légal et aidera à éviter ce double effort de reproduction d’un pays à l’autre. Le Traité permettra aussi aux pays possédant de grandes collections de livres accessibles de les partager avec les aveugles et les personnes ayant des difficultés à la lecture des caractères imprimés dans les pays dotés de moins de ressources. Le partage transfrontalier est essentiel pour lutter contre la soif de livres car les aveugles et les malvoyants font partie des plus pauvres parmi les pauvres, et leurs organisations n’ont bien souvent pas les ressources suffisantes pour produire les manuels nécessaires sous des formats accessibles.

Les aveugles et les personnes ayant des difficultés à la lecture des caractères imprimés veulent également pouvoir entrer dans une librairie ou dans une bibliothèque et choisir de lire le dernier best-seller, comme tout le monde. Les enfants aveugles et malvoyants veulent pouvoir aller à l’école et acquérir des connaissances au même titre que les enfants dotés de vue. On sait parfaitement que l’enseignement est la clé du potentiel à venir des enfants, car cela leur permet de trouver un emploi une fois devenus adultes, et de prendre une part active en tant qu’étudiants, parents, travailleurs et citoyens aux activités communautaires et familiales.

L’alphabétisation, l’enseignement et la pleine participation sociale ne doivent plus être refusées aux personnes aveugles et ayant des difficultés à la lecture des caractères imprimés dans le monde, et le Traité de Marrakech n’est que le début de la fin de cette soif de livres ; une fois ratifié et mis en place. Le Traité et ses avantages ne s’appliqueront qu’aux pays qui l’auront ratifié, et il n’entrera en vigueur que lorsqu’il aura été ratifié par 20 pays. Actuellement, on compte 15 ratifications, ce qui fait que le Traité pourrait bien entrer en vigueur courant 2016, faisant de la promesse de permettre l’accès à l’information et à l’alphabétisation pour tous une réalité. L’UMA appelle tous les gouvernements à cesser de refuser à leurs citoyens aveugles et ayant des difficultés à la lecture des caractères imprimés l’exercice de leur droit à la lecture en ratifiant et en mettant efficacement en place le Traité de Marrakech, de sorte à garantir que son esprit original, les droits de l’homme et l’égalité pour tous, se concrétise par cette mise en place.

Pour en savoir plus à propos de notre Campagne de ratification et de mise en place du Traité de Marrakech, de ce que les gouvernements font pour contribuer à étancher la soif de livres et télécharger une lettre qui vous aidera à animer votre gouvernement à ratifier le Traité, allez sur notre page consacrée à la Campagne : http://www.worldblindunion.org/Engl...

L’Union Mondiale des Aveugles (UMA) est l’organisation mondiale qui représente les quelques 285 millions de personnes aveugles et malvoyantes dans le monde. Ses membres sont des organisations dirigées par des personnes aveugles qui parlent en leur propre nom, des organisations qui servent le collectif dans plus de 190 pays, ainsi que des organismes internationaux qui travaillent dans le domaine du handicap visuel. Visitez notre site web : www.wbu.ngo Pour de plus amples informations, contacter : Union Mondiale des Aveugles Caitlin Reid Responsable de la communication Caitlin.Reid@wbu.ngo

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5-D) POURSUIVRE LE PROJET VISAL ET L’ETENDRE : UNE BELLE REUSSITE QUI DURE

Le projet VISAL (Visually impaired Seniors Active Learning – Apprentissage Actif pour les Séniors Déficients Visuels), financé par l’UE, a été élaboré et mené par l’Union Européenne des Aveugles avec six partenaires. L’objectif était de développer un cours de formation spécialement conçu pour ceux qui travaillent avec les personnes âgées DV afin d’aider ces dernières à devenir plus actives et à acquérir de la confiance en soi. Le projet s’est officiellement déroulé de 2012 à 2014, mais son succès a été tel que ses effets continuent aujourd’hui. Trois pays (la Hongrie, le Portugal et l’Italie) ont organisé des sessions VISAL en s’appuyant sur celles développées au cours du projet, pour permettre aux personnes travaillant étroitement auprès de séniors DV de les aider à retrouver un rôle actif dans la société. Le rapport envoyé par l’Italie livre le point de vue d’un facilitateur VISAL auprès des personnes âgées qui nous fait part de son expérience. Retour au sommaire

8) EMPLOI

8-A) EMPLOI – PRIORITE EN ILE-DE-FRANCE

Le Conseil Régional d’Ile-de-France a décidé en séance plénière que la grande cause régionale 2016 serait consacrée à l’emploi des personnes handicapées. Un rapport, présenté par Pierre Deniziot (Les Républicains), a été adopté en ce sens. Une série d’actions et d’initiatives vise à améliorer la collaboration entre les différents organismes qui œuvrent en faveur de leur emploi, pour élever le niveau de formation des chômeurs handicapés, soutenir leur accompagnement par les Cap Emploi, aider l’innovation et améliorer l’accès à l’apprentissage. Ces actions s’inscrivent dans les dispositifs existants, sans budget dédié. Les services du Conseil Régional se voient également fixer l’objectif d’atteindre dans les cinq ans l’obligation d’emploi de 6% de travailleurs handicapés. Lors de la présentation de ce rapport à la presse, la présidente du Conseil Régional, Valérie Pécresse, a également évoqué sa volonté de réviser rapidement le réseau et le fonctionnement des transports à la demande PAM, pour les rendre plus efficaces et économiques.

Yanous-Actu – n°464 – mars 2016

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8-B) CAMPAGNE DE RECRUTEMENT TH EN ALTERNANCE – GROUPE BOUYGUES

Pour la 4ème année consécutive, le Groupe Bouygues confie aux Cap emploi franciliens le sourcing pour son opération de recrutement en alternance TH. Le Cap emploi 75 centralise le repérage et la préparation des candidats sur les 38 offres des filiales concernées : TF1, Bouygues Immobilier, Bouygues Energies & Services, Bouygues Telecom, Bouygues Bâtiment Ile-de-France et Colas.

L’information et les offres sont publiées sur le site de l’Agefiph : https://www.agefiph.fr/Actus-Public....

Les postes sont à pourvoir dans tous les départements d’IDF, du Bac pro au Bac+5, sur des fonctions comptabilité, assistanat, RH, relation client, techniques…

N’hésitez pas à m’adresser jusqu’au 10 mai tout profil correspondant et à diffuser ces éléments à vos réseaux.

Les critères de formation sont souples, ces employeurs étant sensibilisés et ouverts à des parcours atypiques.

Je reste à votre disposition pour toute précision et m’engage à un retour sur chaque candidature.

Merci d’avance pour votre appui, à bientôt !

CapEmploi - 75019 Paris Julien Viaud Chargé de mission Entreprises Tél : 01 73 79 56 36 - Fax : 01 44 52 40 61

www.capemploi.com Organisme gestionnaire, association UNIRH75

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8-C) INTERDITS DE TRAVAIL !

Parce que les logiciels de l’Administration ne sont pas mis en accessibilité, des fonctionnaires aveugles ne peuvent travailler normalement et sont contraints de changer de poste ou se mettre en maladie. Enquête

Si les discours politiques vantent l’intérêt sociétal de favoriser l’emploi des personnes handicapées, des fonctionnaires, parce qu’ils sont aveugles, ne peuvent plus travailler. En cause, depuis au moins sept ans, l’impossibilité pour eux d’utiliser des applications logicielles comme l’explique le président de la Confédération Française pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes (CFPSAA), Edouard Ferrero : "Les premières remontées et observations concernant dans un premier temps l’inaccessibilité des logiciels libres comme Open-office remontent à 2009, quand j’étais administrateur du Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique [FIPHFP]. Mon action à l’époque a conduit le FIPHFP à faire remonter la question qui a fait l’objet en son temps de la déclaration du Président de la République [Nicolas Sarkozy NDLR] de l’affectation de 25 millions d’euros lors de la Conférence Nationale du Handicap de 2011. La CFPSAA, lors de diverses rencontres institutionnelles, n’a cessé de rappeler cette question." Elle fut d’ailleurs évoquée lors de la dernière Conférence Nationale du handicap (CNH) de décembre 2014 par l’actuel Président de la République, François Hollande. "Depuis, reprend Edouard Ferrero, je l’ai rappelée lors de mes rencontres avec la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, Ségolène Neuville, et son homologue en charge du numérique, Axelle Lemaire, à l’occasion des discussions sur la préparation du projet de loi pour une République numérique." Cette Confédération est également intervenue auprès du Défenseur des Droits afin de soutenir les recours engagés pour discrimination par des fonctionnaires empêchés de travailler. "Ces recours sont toujours à l’examen des services, et je constate que les ministères en cause ne répondent pas", conclut Edouard Ferrero.

Le chantier de mise en accessibilité des logiciels employés par l’administration n’a guère bougé, comme l’a vécu Jean-Xavier Welkamp, âgé de 60 ans. Contrôleur du travail, il a été détaché par la DIRECCTE au sein de la Maison Départementale des Personnes Handicapées du Nord. Il était notamment chargé d’informer les usagers de l’avancement de leur dossier, ce qu’il pouvait faire avec le logiciel de l’État utilisé jusqu’en 2008, Itac. Mais quand ce dernier a été remplacé par Iodas, développé par la société lyonnaise GFI et qui est employé par plus de la moitié des MDPH, il a constaté qu’il n’avait plus accès aux données et ne pouvait plus travailler en autonomie : "Iodas ne reconnaît ni Jaws ni NVDA, ni un clavier ou une plage braille, déplore Jean-Xavier Welkamp. Une nouvelle directrice adjointe m’a trouvé une solution de reclassement en quelque sorte, en me proposant de former les écoutantes de la plate-forme téléphonique sur les mesures de l’emploi et sur les autres mesures liées au handicap, d’aider les écoutantes dans les situations difficiles avec les usagers et d’intervenir à l’extérieur chez les partenaires. Cette mission a duré jusque fin 2010 et ensuite, je me suis à nouveau retrouvé sans l’outil informatique." Pendant cette période, la direction de la MDPH a laissé sans suite l’audit d’accessibilisation du logiciel Iodas, ou du poste de travail par l’embauche d’un auxiliaire de vie à l’activité professionnelle pourtant pris en charge par le FIPHFP. Une situation mal vécue par Jean-Xavier Welkamp, dont l’équilibre psychologique a été atteint au point qu’il se mette en maladie en 2011 et 2012 : "C’est en 2013 que j’ai demandé à mon psy de reprendre le travail car je me sentais mieux, peu importe les conditions, ce qu’il a fait. J’ai donc rencontré le nouveau directeur de la MDPH, Bruno Lombardo [lequel n’a pas souhaité s’exprimer NDLR], qui m’a proposé de réintégrer la DIRECCTE sous prétexte que Iodas ne pouvait pas être adapté et que la MDPH 59 expérimentait la dématérialisation comme son homologue du Calvados. Donc, j’étais empêché de travailler." Une situation surprenante alors que la MDPH du Nord est surchargée de dossiers à instruire, un travailleur à temps-plein compétent lui aurait été bien utile. Mais le gâchis administratif, financier et humain se poursuit : après le refus, en décembre dernier, par la MDPH du Pas-de-Calais, de l’employer, Jean-Xavier Welkamp est en attente de poste dans son administration d’origine alors qu’il est en fin de carrière professionnelle... si on peut appeler cette situation une carrière. Pour faire valoir ses droits et obtenir une jurisprudence, il a saisi une avocate afin d’engager une procédure. Pourra-t-il compter sur le soutien du Défenseur des Droits ? Le recours qu’il a déposé le 2 juin 2014 est toujours à l’instruction. Le Défenseur des Droits refuse d’ailleurs d’indiquer l’état de cette instruction, alors qu’il est saisi du même problème depuis mai 2015 par une fonctionnaire de la Préfecture de Police de Paris, Nathalie Barbosa. Mutée il y a plus de deux ans au standard informatisé de Police Secours à cause de la fermeture du service où elle avait travaillé pendant presque 20 ans en grande banlieue, elle devait utiliser Pégase, un logiciel de gestion des fiches d’interventions. Or, la prise d’un appel ne s’effectue qu’à la souris, la synthèse vocale Jaws n’étant pas reconnue. Nathalie Barbosa ne pouvait donc pas travailler comme l’écrivait au Préfet de Police, dès le 27 mai 2014, le président de l’Association Nationale d’Action Sociale des personnels de la police nationale et du ministère de l’intérieur (ANAS) : "Cette situation devient très pesante et le sentiment d’abandon qu’elle éprouve affecte considérablement son moral, elle qui ne demande qu’à travailler le plus normalement possible." La hiérarchie n’a pris aucune mesure, et depuis décembre dernier, Nathalie Barbosa est en arrêt maladie à la demande du médecin de prévention de la Préfecture de Police, pour inaptitude temporaire : "Au début, on m’avait dit ’ne vous inquiétez pas, on va voir si c’est compatible’. Des techniciens qui ne connaissent ni Jaws ni l’accessibilité informatique sont intervenus, l’Administration n’a pas fait appel à un spécialiste en accessibilité numérique." Le médecin de prévention de la Préfecture de Police avait pourtant, le 25 juin 2014, émis une préconisation de "changement de service pour raisons de santé, avec aménagement du poste de travail dans le cadre d’une formation", laissée sans suite par la hiérarchie. Fin décembre 2014, une proposition de poste dans un autre service s’est là encore heurtée à l’inaccessibilité du logiciel métier utilisé. Le cabinet du Premier ministre disait vouloir recruter un travailleur handicapé et Nathalie Barbosa y a été reçue, sans réponse positive alors qu’elle est volontaire pour se qualifier dans un autre domaine. Mais pour l’Administration, il faut qu’elle soit d’abord affectée sur un poste pour être formée ensuite. Et si son arrêt maladie pour trois mois se poursuit, Nathalie Barbosa ne percevra plus que la moitié de son traitement. "Nathalie est quelqu’un de génial dont on ne veut pas !", clame l’un de ses collègues. Pour sa part, la Préfecture de Police refuse de s’exprimer. ...De même que le secrétariat d’État chargé des personnes handicapées. On se rappelle également que l’éphémère secrétaire d’État chargée du numérique en juin 2015, Clotilde Valter, avait refusé de répondre à une question sur l’accessibilité numérique : "On ne va pas rentrer dans un débat, je suis désolée, on parle de ça [le RGAA] aujourd’hui et on n’entre pas dans un débat. [...] Dans ce cas-là, je ne réponds pas à vos questions et je m’en vais !" Aujourd’hui, le ministère de la Fonction publique est plus disert, et reconnaît des lacunes volontaires : "L’application Chorus [de gestion comptable et budgétaire de l’État NDLR] n’a pas été rendue accessible aux personnes non-voyantes. Néanmoins, depuis quelques années, une partie des ministères s’est orientée sur l’utilisation de suites bureautiques gratuites de type LibreOffice qui ne sont pas accessibles. Pour pallier cette difficulté, la DINSIC [Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication, qui a également refusé de s’exprimer en invoquant des agendas surchargés ! NDLR], le ministère de l’Intérieur et les ministères économique et financier participent actuellement à un projet d’adaptation de lecteur afin de rendre LibreOffice accessible aux personnes non-voyantes." Mais il tempère son ardeur en invoquant un article du Statut Général de la Fonction publique qui limite le respect du principe d’égalité de traitement à l’égard des travailleurs handicapés "sous réserve que les charges consécutives à la mise en oeuvre de ces mesures ne soient pas disproportionnées, notamment compte tenu des aides qui peuvent compenser en tout ou partie les dépenses supportées à ce titre par l’employeur." Du côté du financeur de ces aides, le FIPHFP, qui a d’ailleurs réduit la couverture des surcouts liés aux handicaps depuis juillet 2015, n’a pas connaissance d’une mise en accessibilité des logiciels libres évoqués par le ministère de la Fonction publique. Il dispose pourtant d’un budget conséquent, 25 millions d’euros dont 11 déjà engagés. Cela a permis au Service d’Information du Gouvernement (SIG) de mettre en accessibilité des sites Internet du domaine gouv.fr, à la DINSIC de réviser le Référentiel Général d’Accessibilité de l’Administration (RGAA, lire ce Flop) et de labéliser e-accessible une poignée d’employeurs publics, de financer la mise en accessibilité de supports de formation ainsi que le déploiement de tablettes informatiques pour les enseignants du Centre National d’Enseignement à Distance (CNED). Le fonds a également financé la mise en accessibilité du site institutionnel pole-emploi.org, celle de l’intranet et de logiciels métiers utilisés par des agents handicapés. Pole Emploi prépare actuellement la mise en accessibilité du site destiné aux demandeurs d’emploi et employeurs, pole-emploi.fr, "un travail qui prendra du temps" précise sa direction de la communication. Si le FIPHFP est là pour accompagner, il ne peut que constater la mise en place de logiciels inaccessibles résultant de décisions politiques des administrations, et considère qu’elles devraient faire le choix de logiciels inclusifs dès le début d’un projet. Mais tant qu’une clause d’accessibilité ne sera pas introduite dans le cahier des charges des applications que les administrations commandent à des sociétés informatiques, il n’y a guère de raison pour que cela change, l’accessibilité numérique n’étant pas un réflexe suffisamment répandu. Dans ce cadre, le FIPHFP prépare l’introduction dans son nouveau "catalogue des aides" d’une offre de mise en accessibilité numérique. Mais il ne pourra, seul, financer et accompagner la mise en accessibilité des 96% d’applications restantes utilisées par les diverses administrations, d’autant qu’il n’a pas été saisi pour cela. Concernant les MDPH, le logiciel Iodas sera-t-il mis en accessibilité ? Rien n’est moins sûr, à comprendre ce que répond la Caisse nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) : "La loi d’adaptation de la société au vieillissement charge effectivement la CNSA de concevoir et de mettre en oeuvre un système d’information commun aux maisons départementales des personnes handicapées. La démarche retenue consiste à harmoniser les 101 systèmes d’information (SI) actuels des MDPH [...] La CNSA n’a pas de relations contractuelles avec les éditeurs de logiciels dont les MDPH ou les Conseils Départementaux sont clients. Son objectif est donc d’associer l’ensemble des acteurs aux travaux, pour faire évoluer les pratiques afin de prendre en compte, autant que faire se peut, les règles d’accessibilité dans les logiciels." Faute de contrainte ou de pilotage "fort", les fonctionnaires appelés à travailler sur ces outils devront se contenter de ce "autant que faire se peut"... Quant aux futurs usagers handicapés des téléprocédures et consultations en ligne de l’avancement de leur dossier, rien ne garantit que l’accessibilité numérique "qui va bien" soit effective. A l’heure où le Gouvernement demande au Parlement de légiférer pour une République numérique, les personnes handicapées n’ont aucune assurance d’y être incluses, que ce soit comme usager ou travailleur. Laurent Lejard, mars 2016 – Yanous Retour au sommaire

12) LES ASSOCIATIONS MEMBRES DE LA CFPSA

12-A) LE CRP PAUL ET LILIANE GUINOT VOUS OUVRE SES PORTES LE JEUDI 07 AVRIL 2016 DE 9H00 A 17H00

Au programme de cette journée :
- accueil par nos stagiaires
- visite de l’Établissement
- découverte de nos formations
- démonstrations d’outils adaptés à la déficience visuelle
- échanges avec nos équipes pluri-disciplinaires…

Venez découvrir notre spécificité et nos actions en faveur des personnes aveugles ou malvoyantes.

Renseignements et inscription sur notre site www.guinot.asso.fr ou par Téléphone au 01 46 78 01 00

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12-B) FORMULE 1 : RIEN NE DEVRAIT ECHAPPER AUX FANS DEFICIENTS VISUELS !

Pour ce Championnat du Monde 2016, le dispositif pour tout fan aveugle ou malvoyant est en place : un magazine et un guide des circuits sont proposés (gratuitement) en braille, caractères agrandis et audio par HandiCaPZéro, avec le soutien de Total. Suivront dès le 20 mars, les classements pilotes et écuries en ligne après chaque course.

magazine Un contenu plutôt soutenu qui débute par l’édito de Thibault Larue et l’interview de Frédéric Vasseur (nouveau Directeur de la Compétition Renault). Trois articles pour mieux comprendre les enjeux : "Mercedes vs Ferrari, le match de rêve", "le nouveau visage de Renault", "les raisons de suivre la saison 2016". Suivis par tout ce qu’il faut savoir : règlements technique et sportif 2016, pilotes, écuries, circuits…

Guide des circuits L’édition regroupe les 21 circuits du Championnat du Monde 2016 dont le nouveau circuit de Bakou (Azerbaïdjan). Son grand format (A3+) permet une meilleure interprétation de chaque circuit. Facile à manipuler, le guide contient 21 planches, une pour chaque grand prix. Chacune propose un tracé simplifié, contrasté et en relief, également ponctué d’indicateurs tactiles (départ, virages…) en braille et caractères agrandis. Idéal pour appréhender toute la topologie des circuits, connaître chaque virage et comprendre chaque action de course. Il est signé Jean-Louis Moncet et Thomas Hilly (Auto plus).

Classements Après chaque course : le podium est détaillé, les classements des pilotes et des constructeurs sont actualisés dans la rubrique classements sur handicapzero.org (rubrique sport/Formule 1/classements).

Pratique Commande en ligne sur handicapzero.org/sport/Formule 1 (outil "recevoir l’édition adaptée" pour le magazine et/ou pour le guide) ou par téléphone au 0800.39.39.51 (service et appel gratuits). Expédié(s) gratuitement (dans la limite des stocks disponibles).

Rappel HandiCaPZéro (créée en 1987) facilite l’autonomie quotidienne des personnes aveugles et malvoyantes. En partenariat avec des entreprises et des collectivités, l’association propose gratuitement des dispositifs accessibles : éditions adaptées (braille, caractères agrandis, audio Daisy), web... dans les domaines de l’information, la santé, l’assurance, la vie pratique, le sport, les loisirs...

Communiqué – HandiCaPZéro – mars 2016

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15) LOISIRS – VOYAGES

15-A) VSA-CORREZE – VILLAGE VACANCES OUVERT A TOUS

Un village particulièrement adapté à la personne en situation de handicap,

L’Association des Familles d’Enfants Handicapés de La Poste et Orange (membre du Comité d’Entente) a réalisé et ouvert à l’été 2013 un Village Vacances de dimension familiale OUVERT A TOUS, situé à Allassac tout près de Brive en Corrèze.

Labellisé Tourisme et Handicap, Lauréat des Trophées de l’Accessibilité des Régions 2015, notre village vacances propose si besoin, l’accompagnement.

Il se définit lors de la réservation du séjour à la demande des vacanciers ou des groupes. Il se décline en services sur mesure à la personne ou à la famille.

*Le niveau d’équipement des 8 pavillons et des structures collectives fait que, quelle soit sa situation, chacun peut y vivre des vacances avec les autres, parmi les autres, comme les autres ! En particulier, une piscine couverte et chauffée, accessible tous handicaps, permet de profiter pleinement des plaisirs de la baignade. VSA-CORREZE est situé au cœur de la commune d’Allassac. Ouvert sur la nature, situé en toute proximité d’une zone pavillonnaire, il donne un sens concret à l’inclusion puisque ouvert à tous.

Dans le cadre des Journées nationales Tourisme et Handicap des 2 et 3 Avril 2016, notre village serait heureux d’accueillir si possible vos responsables locaux (de 10 heures à 18 heures) afin qu’ils puissent prendre la mesure de cette belle réalisation, voulue et réalisée par une association de parents concernés par le handicap de leur enfant.

Site internet Village Vacances VSA-CORRÈZE http://www.vsa-correze.com/ Courriel : contact@vsa-correze.com Téléphone : 05 55 17 01 67

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15-B) LIBRAIRIE AUDIO : LES NOUVEAUTES DE MARS 2016

La Librairie Sonore de Frémeaux & Associés vous propose, l’explication en 2 CD de Michel Bouquet sur les grands auteurs de théâtre (Molière, Shakespeare, Beckett). A l’heure de l’après Cop21 où l’écologie devient la considération majeure de notre temps, Luc Ferry propose une vision transversale et démystifiée de l’écologie. Un coffret 3 CD permet de retrouver les œuvres de jeunesse du grand poète Georges Moustaki, qui jeune auteur, s’était fait une grande réputation en offrant aux vedettes d’alors (Montand, Barbara, Colette Renard et surtout Piaf) leurs plus beaux succès.

Molière Shakespeare – Corneille : expliqués par Michel Bouquet

Michel Bouquet, qui figure parmi les plus grands acteurs de notre temps, dévoile une analyse sensible, passionnée et essentielle de Molière, Shakespeare, Corneille, Pinter ou encore Beckett. Ce document sonore, synthèse des cours donnés par le comédien lorsqu’il était professeur au Conservatoire national supérieur d’art dramatique en1986-1987, est le fruit d’un long travail initié en 2006 par le metteur en scène Georges Werler, qui assistait alors le comédien et l’avait enregistré.

Intégrale Georges Moustaki et ses premiers interprètes – 1955-1962

Publiés Georges Moustaki est l’un des plus brillants auteurs-compositeurs-interprètes français. Avant d’atteindre le rang de célébrité avec « Le métèque » à la fin des années 1960, c’est comme auteur de chansons qu’il se fait connaitre du grand public. En effet, il écrit et compose pour les grandes vedettes de son temps : Montand, Barbara, Colette Renard, Dalida, Reggiani et surtout Édith Piaf à qui il offrit « Milord », l’un de ses plus grands succès.

Et d’autres titres à découvrir sur le site de la Librairie Audio

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