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Confédération Française pour
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des Aveugles et Amblyopes

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Bulletin 06 du 30 juin 2016

Table des matières :

Bulletin CFPSAA Infos 2016-06 - du 30 juin 2016

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SOMMAIRE

EDITORIAL

Le temps passe vite et voici à nouveau la période estivale. Attentats et mauvais temps nous la font oublier, mais le calendrier en atteste et pour beaucoup de nos concitoyens les vacances approchent. Comme chaque année, l’activité en général, et l’activité sociale, en particulier, se fera plus discrète. La CFPSAA n’y fera pas exception en août, mais notre planning est encore bien rempli pour les semaines à venir. Les thèmes de l’emploi, des MDPH et de l’accessibilité continuent de nous mobiliser et les commissions de la CFPSAA travaillent au cœur de ces préoccupations. Vous savez quelle importance j’attache à l’emploi pour les personnes déficientes visuelles et pour les plus jeunes d’entre nous qui doivent être préparés aux bouleversements de la société. 10 ans après la loi « Emploi et Handicap » de 2005, le « Club Être », issu du journal « Être » a réalisé une étude pour savoir de quelle manière l’emploi a été favorisé, depuis cette loi, pour les personnes handicapées. L’équipe qui a réalisé ce dossier nous a saisis pour avis. Notre Commission Emploi vient donc d’entreprendre un gros travail d’analyse pour rendre un avis représentatif. Nous aurons l’occasion de vous en reparler. Les MDPH, quant à elles, sont actuellement l’objet d’inquiétude pour certains d’entre nous, et nous continuons de préparer des « contrefeux » pour essayer d’adoucir des décisions qui nous seraient contraires. Dans ce contexte, et avec nos amis du comité d’entente, auquel je participe activement pour y porter la voix de la cécité, nous venons de rencontrer le directeur de cabinet de Ségolène Neuville, Secrétaire d’État en charge des Personnes handicapées, pour lui soumettre un cahier des charges en regard des projets gouvernementaux touchant aux MDPH/MDA. Le travail ne faiblit pas non plus pour notre commission Accessibilité, qui suit et surveille de très près le projet « Equisens » et celui de « l’Atlas Sonore » de la RATP, le matériel roulant de la SNCF, ou encore le plan piéton à Paris. A noter que Thierry Jammes qui préside avec talent cette commission a été le Grand Témoin des Assises de l’Accessibilité au cours du Salon AUTONOMIC de Paris début juin. Enfin, nous aurons encore un Conseil d’administration en juillet pour faire un point général et fixer notre feuille de route pour la rentrée. Un dernier mot en matière d’accessibilité numérique : comme vous le verrez un peu plus loin la CFPSAA soutient l’initiative de la Fédération des Aveugles de France pour alerter sur des terminaux de paiement « nouvelle génération » qui commencent à fleurir ici ou là. Nous avons porté le communiqué de la Fédération auprès des pouvoirs publics et d’ores et déjà, cela a fait réagir l’une de nos sénatrices qui a décidé d’ouvrir une enquête sur ce sujet. Nous poursuivons notre démarche au niveau européen, puisqu’il semble que ce matériel nous vienne d’Allemagne. Nous vous retrouverons pour un prochain bulletin fin juillet, mais à tous ceux qui partent maintenant, je souhaite de bonnes vacances.

Edouard Ferrero Président de la CFPSAA

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1)- ACTUALITES DE LA CFPSAA

1-A) LA CFPSAA AU SEIN DU COMITÉ D’ENTENTE

MDPH – MDA : POSITIONNEMENT DU COMITÉ D’ENTENTE SUR LE CAHIER DES CHARGES « MDA », PRÉSENTÉ À SÉGOLÈNE NEUVILLE LE 28 JUIN 2016

L’article 82 de la loi d’adaptation de la société au vieillissement du 28 décembre 2015 introduit la possibilité pour un conseil départemental de créer une maison de l’autonomie par la « la mise en commun des missions d’accueil, d’information, de conseil, d’orientation et, le cas échéant, d’instruction des demandes, d’évaluation des besoins et d’élaboration des plans d’aide au profit des personnes âgées et des personnes handicapées. L’organisation de la maison départementale de l’autonomie garantit la qualité de l’évaluation des besoins et de l’élaboration des plans d’aide, d’une part, des personnes handicapées conformément à un référentiel prévu par arrêté du ministre chargé des personnes handicapées et, d’autre part, des personnes âgées sur la base des référentiels mentionnés à l’article L.232-6. »…..Lorsque cette organisation répond aux prescriptions d’un cahier des charges défini par décret, la CNSA lui délivre le label de maison départementale de l’autonomie dans les conditions précisées par le même décret. »

Ce « label » de MDA est donc soumis à un cahier des charges précisé par décret et nous sommes très attachés à la mise en œuvre de ce point.

Des associations membres du comité d’entente ont participé à un groupe de travail relatif à l’élaboration de ce cahier des charges.

Le comité d’entente souhaite rappeler ses positions sur les MDPH et les MDA et notamment sur la question de la composition des équipes de la MDPH et des équipes des conseils départementaux chargés d’instruire les demandes d’APA.

Tout d’abord, le comité d’entente tient à réaffirmer son attachement à une MDPH renforcée, indépendante dans ses prises de décisions et dont le fonctionnement et les moyens progressent au bénéfice de ses usagers. Or, nous constatons déjà que dans la plupart des départements, le fonctionnement des MDPH se dégrade : augmentation du nombre de demandes, augmentation du nombre de missions (par exemple le dispositif d’orientation permanente), insuffisance des moyens financiers et humains. Les MDPH sont dans une situation de très grande fragilité et d’iniquité selon les départements.

Le comité d’entente considère que la création d’une Maison départementale de l’autonomie n’est pas la solution pour améliorer le fonctionnement des MDPH ; pire, cela accroît sa fragilité.

La motivation première des conseils départementaux qui se sont déjà engagés ou s’engagent dans la création d’une MDA s’inscrit plus dans une optimisation des moyens (voire leur réduction) que dans un objectif d’amélioration d’une réponse aux usagers : notre état des lieux dans l’ensemble des départements concernés nous le démontre : comment la mutualisation de moyens de deux dispositifs distincts – et dont les équipes sont déjà débordées – pourrait améliorer les réponses aux personnes en situation de handicap, d’une part, et aux personnes âgées, d’autre part ?

Dans ce contexte, le débat en cours sur l’élaboration du cahier des charges MDA et notamment sur l’objectif de certains de « mutualisation » des équipes nous amène à confirmer notre ferme opposition à cette orientation en contradiction avec le texte de la loi.

Les positions du comité d’entente sur ce sujet sont les suivantes et le projet de cahier des charges sur les MDA doit prendre en compte les points suivants :
-  en premier lieu, le gouvernement doit rappeler à tous que : o la constitution d’une MDA n’est qu’une option possible pour un conseil départemental et non une obligation et que par contre toutes les MDA existantes doivent être labélisée o les deux dispositifs d’accès aux droits pour les personnes handicapées (MDPH) et les personnes âgées (services internes des conseils départementaux) doivent être distincts
-  la création d’une MDA ne doit pas se réaliser au détriment des moyens de la MDPH – déjà insuffisants - et des réponses apportées aux personnes en situation de handicap et de leur famille
-  la création de la MDA ne doit pas être le prétexte à une « départementalisation rampante ou accélérée » de la MDPH : direction et professionnels rattachés aux services du département, par exemple.
-  la mise en commun des missions d’accueil, d’information, de conseil, d’orientation nécessite une formation adaptée pour les agents qui prennent en compte la diversité des populations (enfants, adultes, personnes âgées) et de leurs projets, sans confusion et avec la possibilité de pouvoir recourir à des professionnels spécialisés dédiés issus des deux dispositifs PH/ PA seulement si ils répondent à ces impératifs.

Concernant les équipes d’évaluation, le comité d’entente est ferme sur l’absolue nécessité d’avoir des équipes distinctes et non polyvalentes constituées des compétences propres à chaque population. L’existence dans la plupart des MDPH d’équipes distinctes Adultes et Enfants, la création de plus en plus fréquente d’équipes Jeunes 18/25 ans montrent combien la composition des équipes a besoin d’être différenciée. Ceci démontre l’erreur d’un regroupement pensé par certains, source potentielle d’une mésestimation des besoins des personnes. Les anciens disaient « Bon à tout, bon à rien ! » C’est ce qui menacerait les MDA visant des regroupements intempestifs.

En effet, si le comité d’entente milite pour que les travailleurs sociaux puissent accompagner l’ensemble des populations afin d’éviter une approche trop sectorisée, le processus d’évaluation des besoins des enfants, des adultes en situation de handicap ou des personnes âgées nécessite une approche adaptée.

En effet, cette évaluation des besoins s’appuient sur des outils complétement distincts qui n’ont pas du tout la même philosophie, ni la même assise technique. Avec la grille Aggir pour les personnes âgées, nous avons un système d’iso-ressources réglementaire (c’est-à-dire un groupe dans lequel les mêmes caractéristiques sont équitablement répartis, un outil de mesure de moyenne) censé apprécier un degré de dépendance. Avec le GEVA, nous avons un outil dynamique, incitatif plus que réglementaire, qui doit apprécier le niveau d’autonomie de la personne. D’un côté donc, un outil qui mesure ce que l’on ne peut plus faire, de l’autre un outil qui mesure des capacités... La différence est de taille. Dans le feu d’évaluations faites à la chaîne, les travailleurs sociaux débordés, pourraient-ils être en permanence en mesure de jongler entre deux philosophies aussi tranchées l’une de l’autre.

Les constats et études qui ont pu être faites, montrent que les évaluations effectuées par des équipes indifférenciées se font toujours au détriment des personnes en situation de handicap. C’est la raison pour laquelle nous sommes attachés à ce que les équipes d’évaluation des MDPH soient formées aux concepts, process, procédures, réglementations, savoirs faire et savoir être requis par la loi du 11 février 2005 et uniquement dédiées aux usagers relevant des GIP MDPH.

Le comité d’entente rappelle que, tant que la suppression des barrières d’âge relatives au droit à compensation ne sera pas supprimée, la convergence de dispositifs - notamment en terme d’évaluation – est prématurée, voire dangereuse pour l’accès aux droits des personnes en situation de handicap, dans l’esprit de la loi du 11 février 2005.

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3) ACTUALITÉS SOCIALES

3-A) INSERTION DES PERSONNES HANDICAPÉES DANS LA FONCTION PUBLIQUE – DÉCRET MODIFIÉ

Extrait du Journal Officiel :

JORF n°0136 du 12 juin 2016texte n° 31 Décret n° 2016-783 du 10 juin 2016 modifiant le décret n° 2006-501 du 3 mai 2006 relatif au fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique NOR : RDFF1600191D ELI : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/... Alias : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/...

Publics concernés : les agents, employeurs et organisations syndicales des trois versants de la fonction publique ainsi que les organismes ou associations qui concourent à l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique. Objet : assurer un meilleur fonctionnement du fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP). Entrée en vigueur : le texte entre en vigueur le lendemain de sa publication, à l’exception des dispositions relatives aux dépenses réalisées en application du premier alinéa de l’article L. 323-8 du code du travail, qui entrent en vigueur à compter du 1er janvier 2017. Notice : le décret permet au FIPHFP de verser des financements aux organismes ou associations qui concourent à l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique et autorise le fonds à utiliser ses crédits de sa propre initiative. Les agents handicapés pourront le saisir directement. La durée du mandat du comité national et des comités locaux (hors représentation des employeurs territoriaux) et la représentation des organisations syndicales sont alignées sur celles du Conseil commun de la fonction publique tout en maintenant la parité avec les employeurs publics. Une deuxième vice-présidence est créée. Enfin le texte précise certaines modalités de fonctionnement du fonds et harmonise le mode de calcul des équivalents bénéficiaires avec celui du secteur privé. Références : le décret et le texte qu’il modifie, dans sa rédaction issue de cette modification, peuvent être consultés sur le site Légifrance (http://www.legifrance.gouv.fr).

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3-B) PRIME D’ACTIVITÉ APPLIQUÉE AUX TRAVAILLEURS EN SITUATION DE HANDICAP

Mise à jour 03 juin 2016

Objet de la Prime d’activité La prime d’activité est une aide financière mensuelle qui vise à encourager l’activité et à soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs aux ressources modestes. Pour percevoir la prime d’activité, il faut exercer une activité professionnelle.

Depuis le 01/01/2016, la Prime d’activité a remplacé le Rsa « Activité » et la Prime pour l’emploi.

Conditions générales d’éligibilité
- Exercer une activité salariée, non salariée ou en ESAT ;
- Être âge de 18 ans ou + ;
- Gagner moins de 1500€ net/mois ;
- Être soit de nationalité française, soit de nationalité étrangère en situation régulière en France (sous réserve de conditions de résidence) ; soit ressortissant de l’EEE (Espace Économique Européen) ou Suisse ;
- Résider en France ; Ne pas être en congé parental, en congé sabbatique, en congé sans solde ni en disponibilité (sauf présence de revenus d’activité en trimestre de référence) ou travailleur détaché.

Modalités générales
- un droit quérable, c’est-à-dire qui n’est pas automatiquement attribué (contrairement à la PPE) qui suppose d’en faire la demande auprès de la CAF ou de la MSA selon le régime dont les personnes dépendent ;
- calculé à partir de déclarations trimestrielles qui tiennent compte des ressources de l’ensemble des membres du foyer (contrairement à la PPE qui était individuelle) ;
- versée chaque mois (contrairement à la PPE qui était annuelle) ; pour son paiement, les droits sont figés sur le trimestre suivant la déclaration trimestrielle de ressources basée sur le trimestre précédent (c’est-à-dire que son montant ne variera pas en dépit d’éventuels changements de situation, familiale et professionnelle, au cours du trimestre, en positif comme en négatif).

Au-delà d’un certain montant de revenu d’activité (1500€, soit 1,3 Smic pour une personne seule) et en tenant de l’ensemble des ressources du foyer, la Prime d’activité n’est pas versée.

Résumé La prime d’activité doit être demandée. Chaque trimestre, il faut effectuer une déclaration de ressources en ligne qui tient compte des ressources de l’ensemble du foyer. La prime est versée chaque mois. Son montant sur 3 mois est le même.

A noter : la prime d’activité n’est pas imposable.

Site CAF https://www.caf.fr/visite-guidee/la... (Inclu une présentation de la prime d’activité et un « questions/réponses »)

Simulateur https://www.caf.fr/aides-et-service... (sélectionner « prime d’activité » dans la rubrique « allocataire » ou « non allocataire » en fonction de la situation)

Note technique transmise par l’APF

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4) ACTUALITÉS FRANÇAISES DU HANDICAP

4-A) LETTRE DU COMITÉ D’ENTENTE ADRESSÉE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE À LA SUITE DE LA CONFÉRENCE NATIONALE DU HANDICAP

Monsieur le Président de la République, Les 70 associations nationales représentatives des personnes en situation de handicap, réunies au sein du Comité d’entente inter-associatif afin de représenter de façon structurée 6 millions de nos concitoyens souhaitent vous remercier pour la tenue de la Conférence Nationale du Handicap et pour le cap résolument inclusif que vous avez souhaité lui donner. Les thématiques retenues ont permis d’illustrer les axes forts tracés par le Gouvernement pour la réalisation d’une société plus inclusive : la réponse accompagnée pour tous, le logement accompagné, l’emploi accompagné et la scolarisation pour tous. Les associations du Comité d’Entente s’interrogent cependant sur l’équilibre de la scénarisation de l’évènement : beaucoup de temps consacrés aux témoins des tables rondes et à la réussite d’initiatives qui malheureusement aujourd’hui ne peuvent être pérennisées ou essaimées faute de financements disponibles. Les 30 minutes laissées à l’expression des représentants des personnes en situation de handicap nous ont permis de présenter nos principaux argumentaires sans toutefois tomber dans une caricature que l’exercice aurait pu nous imposer. Vous trouverez en annexe un recueil de nos interventions. Elles représentent la voix d’au moins 6 millions de nos concitoyens qui aimeraient que les expériences réussies qui ont été présentées deviennent leur quotidien. Il n’en est cependant rien malgré les chantiers de fond mis en œuvre. Le Comité d’entente, composante politique de la représentation des personnes en situation de handicap, souhaiterait pouvoir être reçu par vous afin de prendre le temps d’étayer les propositions qu’il souhaite vous faire. Au-delà des thématiques abordées lors de la conférence nationale du handicap, nous souhaitons également aborder avec vous d’autres aspects de la politique du handicap, qui n’ont pu, faute de temps, trouver leur place dans cette matinée, mais qui n’en constituent pas moins des attentes importantes des personnes handicapées, qu’il s’agisse par exemple de l’accessibilité, des ressources ou de la compensation. Depuis le début de votre quinquennat, les représentants associatifs n’ont été reçus que dans le cadre institutionnel d’un conseil consultatif dont le rôle n’est pas de représenter les seules personnes en situation de handicap. Confiants dans la ligne que vous avez tracée lors de cette dernière conférence mais responsables en tenant à vous exprimer de vive voix là où sont encore les freins à la mise en œuvre de votre politique, Nous vous prions de croire, Monsieur le président, à l’expression de notre plus haute considération. Paris, le 15 juin 2016 Retour sommaire

4-B) FINANCEMENT DU HANDICAP : LA FRANCE DANS LA MOYENNE EUROPÉENNE

La France consacre 2,1 % de sa richesse nationale aux prestations invalidité. Soit le même niveau que la moyenne européenne. Mais ici, ces dépenses continuent à croître alors qu’elles diminuent dans de nombreux pays. Un peu moins que l’Allemagne ; à peine plus que le Portugal. Comparée à ses voisins européens, la France est un élève moyen si l’on considère la part de sa richesse nationale consacrée à l’invalidité, rapporte la Drees dans sa dernière édition de La Protection sociale en France et en Europe. En 2013, elle a dépensé l’équivalent de 2,1 % de son PIB, exactement comme la moyenne européenne, pour financer les prestations handicap et accidents du travail-maladies professionnelles (voir encadré). Loin derrière le Danemark (4,2 %), la Suède (3,6 %) et la Finlande (3,4 %) mais beaucoup mieux que la Roumanie (1,1 %), Chypre (0,7 %) et Malte (0,7 %), les derniers de la classe.

La France fait figure « d’exception » Depuis 2009, après une quinzaine d’années de progression (+1,9 % par an en moyenne), ces dépenses se sont stabilisées au niveau européen. Elles sont même orientées à la baisse dans de nombreux grands pays. Le recul observé en Espagne (-0,5 %), en Suède (-1,7 %) en Italie (-2,1 %) et au Royaume-Uni (-2,8 %), sur la période 2009-2013, témoigne des ajustements opérés après la crise économique de 2007 et 2008. « La France (+2,5 %) et, dans une moindre mesure, l’Allemagne (+1,5 %) font figure d’exceptions, souligne les auteurs. Cette singularité française peut s’expliquer en particulier par la montée en charge de la loi handicap du 11 février 2005 qui a instauré la prestation de compensation du handicap et par le relèvement progressif du montant de l’allocation adulte handicapé. » Le montant de l’AAH a en effet été revalorisé de 25 % entre 2007 et 2012. Mais depuis il n’a augmenté que de 4 %.

Franck Seuret. Faire Face – Site d’information

Que recouvrent ces chiffres ? Le risque invalidité, au sens européen, correspond aux prestations des risques invalidité et accidents du travail-maladies professionnelles des comptes de la protection sociale en France :
- Le risque invalidité, au sens français, recouvre les prestations versées aux personnes handicapées (allocation adulte handicapé, pensions d’invalidité, prestation de compensation du handicap, etc.) et le coût de l’accueil dans des établissements et services spécialisés. Il représente 1,8 % du PIB français.
- Le risque accidents du travail et maladies professionnelles finance les indemnités perçues par les victimes, à hauteur de 0,3 % du PIB français. En agrégeant ces deux chiffres, pour permettre des comparaisons européennes, la Drees obtient donc 2,1 % du PIB consacré au risque invalidité. Pour mesurer le coût total de la politique du handicap, il faudrait y ajouter d’autres postes budgétaires comme les auxiliaires de vie scolaire ou bien encore les exonérations fiscales et sociales accordées aux personnes en situation de handicap, par exemple. Faire Face - 14 juin 2016

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4-C) LETTRE DU COMITÉ D’ENTENTE À SÉGOLÈNE NEUVILLE, SECRÉTAIRE D’ÉTAT CHARGÉE DES PERSONNES HANDICAPÉES, CONCERNANT LE POLYHANDICAP

Madame la Ministre,

Lorsque vous avez reçu, le 10 mai dernier, plusieurs associations membres du Comité d’Entente à la suite de votre discours prononcé à Perpignan annonçant un plan polyhandicap et confirmé par le président de la République lors de la CNH du 19 mai 2016, vous avez souligné qu’au sein de la circulaire budgétaire pour 2016 vous aviez d’ores et déjà prévu des mesures en faveur des personnes polyhandicapées.

Dire que la lecture attentive de cette circulaire nous a déçus serait un euphémisme. Aucune mesure nouvelle n’est annoncée. Au contraire, l’attention demandée aux agences régionales de la santé de mobiliser tous les leviers " dans le cadre des CPOM " pour améliorer chaque fois que nécessaire les conditions d’accueil et d’accompagnement des personnes polyhandicapées fait au final peser la responsabilité uniquement sur les gestionnaires. Les CPOM ne peuvent à eux seuls résoudre les problématiques qui vous ont été exposées qu’il s’agisse par exemple du manque de places, d’un meilleur accès aux soins, de la montée en compétence des aidants ou encore des disparités territoriales observées.

Ainsi que vous l’ont exprimé les associations que vous avez reçues, l’amélioration des conditions d’accompagnement des personnes polyhandicapées nécessite un véritable plan doté d’engagements pluriannuels de l’État sur des mesures concrètes et mesurables pour les personnes concernées et leurs familles. Au-delà des questions de formation, il est indispensable de garantir des accueils pérennes pour les " sans solution ", le plan d’accompagnement global n’étant pour eux qu’un pis-aller, et un financement adapté des structures pour adultes leur permettant d’assurer un accompagnement respectueux de leur dignité.

Vous avez pris l’engagement de réunir à nouveau les associations précitées. Le Comité d’entente soutient leurs attentes et espère que la poursuite du dialogue permettra, compte tenu de la volonté de progresser que vous avez manifestée, de trouver les moyens de mettre en place le plan que nécessite la situation des personnes polyhandicapées.

C’est à cette condition que nous construirons une société qui donne toute sa place à la dignité et à la citoyenneté des personnes les plus vulnérables. Nous vous prions de croire, Madame la Ministre, en l’assurance de notre haute considération.

Paris, le 30 mai 2016

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6) ACCESSIBILITE

6-A) TERMINAUX DE PAIEMENT : L’INACCESSIBILITÉ AU RENDEZ-VOUS

Communiqué de la Fédération des aveugles de France

La Fédération des Aveugles de France s’inquiète du développement en France de terminaux de paiement nouvelle génération proposés par l’entreprise SumUp, totalement inaccessibles aux personnes déficientes visuelles. Pourtant, malgré leur inaccessibilité, un certain nombre de restaurateurs, hôteliers ou bien encore sociétés de taxis s’en emparent, une source réelle d’inquiétude chez les usagers déficients visuels.

Ces nouveaux terminaux de paiement tactiles ne disposent d’aucun point de repère permettant de distinguer par le toucher les différentes touches du clavier pour taper son code confidentiel. Au-delà de l’inaccessibilité qui pose problème, c’est bien le caractère confidentiel du code de la carte bancaire qui est remis en question, la personne déficiente visuelle se retrouvant dans l’obligation de communiquer au propriétaire du terminal son code afin que celui-ci procède au paiement.

Le développement de ces terminaux de paiement représente une régression sans précédent pour les personnes déficientes visuelles qui une fois de plus se retrouvent confrontées à une réelle discrimination qui les privent du droit fondamental de consommer des biens et services comme l’ensemble des autres citoyens.

Le paiement par carte bleue est actuellement le moyen de paiement le plus utilisé par les deux millions de personnes déficientes visuelles en France.

Consciente des formidables opportunités offertes par les nouvelles technologies pour faciliter les transactions de paiement, la Fédération des Aveugles de France rappelle la nécessité de donner à tous la possibilité d’en profiter.

Paris, le 16 juin 2016

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12) LES ASSOCIATIONS MEMBRES DE LA CFPSA

12-A) COUP DE PROJECTEUR SUR « LES DOIGTS QUI RÊVENT », LA MAISON D’ÉDITION ASSOCIATIVE

« Les Doigts Qui Rêvent » fait partie de la CFPSAA, mais peut-être ne la connaissons-nous pas assez. Et pourtant, cette association a une mission majeure, celle de donner l’accès à la lecture des enfants aveugles et malvoyants de tous les pays. Elle est née en 1993 du constat du manque total d’accès à l’album pour enfants déficients visuels. Un groupe de parents d’enfants concernés et un enseignant spécialisé ont alors décidé d’agir. L’enseignant de ce groupe était parvenu à faire produire un album tactile illustré très vite remarqué (tant ils étaient rares à l’époque) par le milieu spécialisé ainsi que par les parents et les bibliothécaires mais les problèmes de sa fabrication (rocambolesque) avaient démontré aussi qu’il y avait urgence, en France, à créer une structure adéquate. La direction du Centre spécialisé de Rééducation où était né ce premier album tactile illustré ne souhaitant pas se lancer dans cette mission éditoriale pourtant nécessaire et fondamentale, ce groupe informel, sans aucun moyen ni aucune aide institutionnelle, a décidé de s’y lancer, et dès 1994 les statuts de « Ldqr » ont été déposés. Depuis, l’association n’a fait que grandir, et produit des albums tactiles illustrés autrement appelés TiB pour Tactile Illustrated Book en anglais. Ses actions aujourd’hui vont de l’édition aux conférences sur la problématique de l’image tactile dans le monde entier, en passant par des animations sur la « différence » et elle mène également des recherches sur l’image tactile depuis 2002 en partenariat avec 4 universités et des projets internationaux comme Typhlo & Tactus (www.tactus.com) depuis 1999, qui regroupe plus de 16 pays. Les éditions des « Doigts Qui Rêvent s’adressent aux enfants et adolescents. Elles couvrent les champs scolaire, littéraire et artistique en 9 collections. Au-delà on peut trouver également la collection « Corpus tactilis » pour les professionnels et les parents qui recouvre une quarantaine de traductions étrangères (certains titres sont disponibles à la BNFA) ainsi qu’une revue annuelle, Terra Haptica (peer to peer) qui atteindra son 6ème numéro cette année. Enfin dernière particularité, la fabrication des albums tactiles illustrés est réalisée depuis la création, dans l’économie sociale et solidaire. Pour vous donner quelques chiffres, plus de 40 000 TiB ont été produits dont un quart en différentes langues, soit plus de 250 titres toutes langues confondues. Le temps moyen de main d’œuvre est de 3h30 par exemplaire et le prix moyen de revient à 160 €. Le prix de vente moyen est de 66 € et le prix de vente aux parents est de 25 € (pour une adhésion à 10 € par an). Pour en savoir plus : http://Ldqr.org/contact.php Retour sommaire

12-B) LA POSSIBILITÉ DE « VOIR AUTREMENT DEMAIN » AVEC L’ARAMAV

L’ARAMAV, structure méconnue des Gardois, est pourtant une pointure dans son domaine. Premier centre européen, clinique de réadaptation et de rééducation pour déficients visuels, l’institut se lance dans un projet un peu fou qui vise à récolter des fonds, à développer l’économie locale et à aider les non et malvoyants à voir "autrement". L’ARAMAV est une sorte d’exception en France voire dans le monde. D’une simple activité clinique concernant la vision, l’affaire bascule peu à peu vers la recherche. Aujourd’hui, l’ARAMAV et une société d’implants rétiniens, évaluent et optimisent les résultats de la dernière génération de prothèses grâce à une expérience conséquente en matière de rééducation de la basse vision. Les progrès sont nombreux et concluants mais c’est aux entrepreneurs de se lancer dans la bataille sous l’égide de la structure. En 2016, technologies et techniques sont suffisamment avancées pour pouvoir implanter chez les non-voyants une "idée visuelle". "Le projet de vision prothétique est conséquent. Nous voulons que le développement économique avec le développement de starts up et petites entreprises qui pourront innover avec l’aide notre expertise et de nos patients" évoque Gérard Dupeyron, Chef du service d’ophtalmologie au CHU de Nîmes et médecin chef de l’ARAMAV. 150 pixels et une nouvelle forme de vue Un espoir pour les aveugles, des projets de recherche clinique, un implant de qualité mais qui sera amené à devenir plus performant encore, un hôtel d’entreprise agrandi pour faciliter les rapports entre les divers protagonistes de l’opération... La finalité du projet est de stimuler le cerveau à l’aide de 150 flashs lumineux (pixels) qui définiraient l’espace environnant. Quelques patients, même si cela n’est pas facile à trouver, pourraient se faire opérer d’ici la fin de l’année et 6 mois de rééducation plus tard, voir enfin quelque chose au bout du tunnel. "Nous sommes tous concernés par la cécité mais nous occultons souvent ce handicap parce que nous en avons peur ! Il faut expliquer ce qu’est la déficience visuelle, il faut que Nîmes soit connue pour cela ! L’opération chirurgicale ne pose pas de problème particulier mais la rééducation sera longue car le réglage de l’appareil devrait durer un mois et il faudra encore plusieurs semaines pour que la personne se sente à l’aise et comprenne son environnement. Le signal émis sera limité mais le cerveau s’adaptera et interprétera cette nouvelle forme de vision prothétique" affirme Gérard Dupeyron. Ainsi, pour être plus concret, le projet va en quelque sorte suivre l’évolution des prothèses auditives qui sont aujourd’hui opérationnelles et efficaces. Nîmes et la France en avance sur leur temps L’implant est créé par une société française, les premières starts up (2 Nîmoises, 1 Nancéienne et 1 Parisienne) adhérentes au projet travaillent autour du GPS, d’un boîtier télévisuel, d’une canne à électronique embarquée et de l’informatique simplifié. La rencontre entre la technique et l’humain. Et pour faciliter cette nouvelle approche, Le Lions Club donne du sens et du lien. Il avait même pour objectif de faire disparaître la cécité d’ici 2020... Il n’y parviendra sans doute pas mais les progrès sont réels et importants depuis plus de 20 ans. Dans les murs de l’ARAMAV, plus de 2500 patients sont venus se réadapter et les 3 millions de malvoyants français risquent de voir la vie sous un autre angle avec cette nouvelle prothèse. La synergie existante autour du projet "Voir autrement demain" mêle les professionnels de la vue, les chercheurs, les entrepreneurs et les mécènes qui sont naturellement les bienvenus pour mettre leur pierre à l’édifice ! La mise en lumière de l’opération aura lieu lundi 20 juin prochain à l’Atria à Nîmes. Vente aux enchères de tableaux, présentation du projet, table ronde et les 4 starts up sélectionnées pour démarrer seront au programme. Renseignement et inscription franck.bellini@orange.fr ou gedahan2@orange.fr Objectif Gard – 1er Journal numérique du Gard Retour sommaire

12-C) LES AUXILIAIRES DES AVEUGLES : LE JOURNAL DE L’ASSOCIATION

« L’auxiliaire des Aveugles et des mal voyants » Notre journal est publié depuis plus de 35 ans et nous permet de rester en contact avec nos membres à travers la France. Il paraît 3 fois par an et contient des rubriques telles que des chroniques et des tribunes, des informations sur notre association et sur chaque délégation départementale, des nouvelles familiales et des petites annonces ainsi que des informations et des reportages sur des sorties culturelles. Si vous êtes abonné à notre journal ou membre de notre association, vous pouvez passer une annonce pour vendre un article pouvant intéresser un autre membre, pour vous mettre en contact avec quelqu’un de votre région ou pour toute autre information. Extrait du Site des « Auxiliaires des Aveugles » En savoir plus : www.lesauxiliairesdesaveugle...

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12-D) HANDICAPZÉRO ET LE TOUR DE FRANCE

Tour 2016 : une édition qui célèbre l’engagement du Tour de France

20 ans de collaboration entre l’organisateur et l’association HandiCaPZéro pour qu’aucun Tour de France ne débute sans un livre de route adapté ! D’abord en braille, puis en audio, et plus récemment en caractères agrandis, ce livre de route est chaque année plébiscité par les fans déficients visuels.

Pour fêter ce 20ème anniversaire, le traditionnel livre de route est évidemment proposé. Il est accompagné pour célébrer cette occasion d’une édition spéciale conçue pour l’événement : le guide des étapes de montagne. Un outil très utile pour interpréter les difficultés des parcours de montagne. 9 profils d’étape épurés et contrastés où le relief est ponctué d’indicateurs et légendé en braille et caractères agrandis.

Le livre de route (quel que soit son format) et le guide des étapes de montagne sont gratuits, il suffit de les commander au 0800.39.39.51 (service et appel gratuits) ou en ligne sur handicapzero.org :
- livre de route (son contenu est intégralement accessible en ligne)
- guide des étapes de montagne

20 ans toujours…

- 2 juillet, les contenus web issus du site officiel letour.fr sont accessibles sur handicapzero.org (rubrique sport/Tour de France/en direct du site letour.fr)
- 15 juillet, Stéphane Boussard (cycliste aveugle) et Magali le Flock, en tandem, participent à l’étape du cœur Bourg-Saint-Andéol / La Caverne du Pont-d’Arc aux côtés de l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque.
- 24 juillet, 20 personnes aveugles et malvoyantes sont conviées pour assister à l’arrivée sur les Champs Élysées.

À propos de HandiCaPZéro HandiCaPZéro (créée en 1987) facilite l’autonomie quotidienne des personnes aveugles et malvoyantes. En partenariat avec des entreprises et des collectivités, l’association propose gratuitement des dispositifs accessibles : éditions adaptées (braille, caractères agrandis, audio), web... dans les domaines de l’information, la santé, la vie pratique, l’assurance, le sport, les loisirs... handicapzero.org

Communiqué du 29 juin 2016

12-E) EURO 2016, LE TERRAIN DE L’ACCESSIBILITÉ

Bien que l’Euro 2016 soit commencé depuis quelques jours, il est encore temps de rappeler le dispositif proposé par HandiCaPZéro.

Extrait du Communiqué du 7 juin 2016 :

« Fidèle à ses principes, HandiCaPZéro propose un dispositif d’informations accessible pour apprécier et suivre l’Euro 2016, dans les meilleures conditions. Impossible en effet de manquer ce rendez-vous incontournable du football européen, qui se déroule actuellement en France.

L’association, soutenue par Samsung, a donc imaginé un guide 100 % Euro 2016 accessible aux supporters aveugles et malvoyants. L’objectif : tout savoir sur la compétition qui va mobiliser des millions de personnes durant plusieurs semaines.

Côté contenu : une large place est donnée aux Bleus ; la compétition est présentée en détails : retour sur les palmarès, équipes, poules, calendrier, stades d’accueil… rien ne manquera. Pour satisfaire tous les supporters, chacun son format : le guide est proposé gratuitement en braille, audio (sur CD et en téléchargement) et en caractères agrandis.

Pratique • commander (ou consulter en ligne) le guide Euro 2016 (braille, audio, caractères agrandis) sur handicapzero.org (rubrique sport/Euro 2016/guide Euro 2016) ou au 0800.39.39.51 (appel et service gratuits). • quel que soit son format, le guide Euro 2016 est gratuit (son expédition aussi). »

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15) LOISIRS – VOYAGES

15-A) TOURISME ET HANDICAP AU PALMARÈS DES PRIX « COUP DE CŒUR » 2016 –GITES DE FRANCE

Deux sites labélisés Tourisme et Handicap ont été récompensés :
- Catégorie City Break – Mondo Bisaro – Charente
- Catégorie Hébergement Accessible – Gîte de la Godetière – Vendée

Extrait du communiqué des Gîtes de France – juin 2016

« Pour la cinquième année consécutive, Gîtes de France®, leader européen de l’hébergement chez et par l’habitant avec 60 000 hébergements et 47 000 propriétaires, a récompensé dans le cadre de ses Prix “Coup de cœur“ des propriétaires qui conçoivent leurs activités touristiques en accord avec les valeurs du label : promouvoir un tourisme chez l’habitant, convivial, authentique, responsable et solidaire au cœur des régions françaises. Cette édition 2016 était ouverte à tous les nouveaux propriétaires ayant rejoint le réseau en 2015 et qui pouvaient postuler dans six catégories : “Le plus beau gîte“, “La plus belle chambre d’hôtes“, “Le plus bel hébergement en ville - City Break“, “Le plus bel hébergement insolite“, “L’hébergement responsable“, “L’hébergement accessible – Tourisme et Handicap“.

Les dossiers ont été examinés avec attention par un jury constitué de représentants de la Fédération Nationale des Gîtes de France et de personnalités issues du monde médiatique et institutionnel, choisis pour leurs expertises complémentaires sur les thématiques du tourisme, de la décoration et de l’habitat ainsi que sur les problématiques environnementales, de l’accessibilité et du handicap :

Marie-Dominique Perrin : journaliste “tourisme “pour l’émission “Télématin“ de France 2 (chroniques “Partir“ et “Made in France“). Spécialiste de la chambre d’hôtes depuis 25 ans, elle est l’auteur de nombreux guides en la matière (Hachette Éditions). Sandrine De Bruyne : Rédactrice en chef de Maison Créative, chroniqueuse maison et décoration sur Campagnes TV. Jean-Luc Fessard : Vice-Président de l’Association des Journalistes de l’Environnement, Membre du Conseil d’Administration de l’Association des Journalistes et Écrivains pour la Nature et l’Environnement, journaliste pour L’Hôtellerie-restauration. Rezki Mammar : Journaliste à Vivre FM, “la radio du handicap“. Annette Masson : Présidente de “Tourisme et Handicaps“, association qui a pour rôle de sensibiliser et de motiver les professionnels du tourisme à rendre leurs lieux accessibles aux personnes en situation de handicap. L’association délivre le label de l’État “Tourisme et Handicap“. Théo Cizeron : Chargé des « partenariats entreprises » de WWF France, section française de l’ONG mondiale de protection de la nature.

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15-B) INFORMATION VILLAGE VACANCES VSA CORRÈZE

Quelques places sont encore disponibles pour cet été sur le Village Vacances VSA-CORREZE. Ce village Vacances de dimension familiale, OUVERT À TOUS, a été créé par l’Association des Familles d’Enfants Handicapés de La Poste et Orange (www.afeh.net) association membre du Comité d’Entente.

VSA-CORREZE, Village Vacances est particulièrement adapté à toute personne en perte d’autonomie. Labellisé Tourisme et Handicap il est aussi Lauréat des Trophées de l’Accessibilité des Régions 2015. Ce village vacances de dimension familiale permet un séjour en famille ou en petit groupe avec tv, wifi, signalétique braille, boucle magnétique, domotique, 8 pavillons pour 41 personnes au total. A la demande des vacanciers un accompagnement est proposé sous forme de services à la personne. Avec une piscine adaptée, couverte, chauffée, grande salle multi activités, bar, restaurant, VSA-CORREZE garantit la liberté en toute intimité. Sérénité, sécurité, authenticité, modernité assurés ! A découvrir la belle région du Limousin, Périgord et Lot en toute proximité avec ses villages de caractères et plus beaux villages de France sans oublier histoire et patrimoine, fêtes et traditions, gastronomie et vins ! http://www.vsa-correze.com/ Courriel : contact@vsa-correze.com Téléphone : 05 55 17 01 67

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15-C) UN VOYAGE À NANTES

Capitale de l’ancien duché de Bretagne, successivement négrière puis industrielle, cette grande ville en pleine restructuration propose de multiples activités culturelles adaptées aux habitants et visiteurs handicapés. Visite guidée.

Fréquemment dans l’actualité ces derniers mois, Nantes vaut bien mieux qu’une guerre au long cours autour de la création d’une nouvelle zone aéroportuaire... Capitale de la Bretagne lors de sa période ducale, durant le XVe siècle, elle fut un important port du commerce triangulaire, traite négrière qui aux XVIIIe et XIXe siècles fit la fortune de négociants et armateurs dont subsistent de majestueux immeubles bourgeois sur la rive droite de la Loire. Construits sur des terrains meubles, ils sont aujourd’hui affaissés, déformés, semblant parfois à la limite de l’effondrement ! Pour alimenter ce commerce très lucratif, une industrie de construction navale s’établit sur une vaste île de Loire, qui perdura jusqu’aux années 1980 et laisse encore de vastes friches en cours de reconquête.

Pour aborder une ville dont le patrimoine a souffert à la fois des guerres et des crises économiques, une première visite s’impose au musée d’histoire de Nantes, installé au Château des Ducs de Bretagne. Jadis en bord de fleuve, il en est maintenant éloigné d’un bon kilomètre depuis l’assèchement des bras de Loire d’une cité qualifiée jusqu’aux années 1930 de "Venise de l’ouest". Fondé en 1207 sur des vestiges de remparts gallo-romains dont une partie subsiste dans les sous-sols, puis agrandi, le château acquiert sa forme actuelle à la fin du XVe siècle : fortification moyenâgeuse et raffinement gothique flamboyant de la cour et des logis. Rouvert au public en 2007 après une importante rénovation incluant une mise en accessibilité récompensée par de multiples trophées, la plus grande partie de ses espaces est parcourable en fauteuil roulant, portion de remparts comprise.

Au fil de la visite des 28 salles accessibles (sur 32), on découvre la fondation de la ville, son évolution au Moyen-Âge, le commerce triangulaire, la Révolution, la période industrielle, la traite clandestine après 1848, l’activité de port de pêche et l’industrie agroalimentaire, etc. Ces visites sont accompagnées d’un audioguide sur smartphone comportant l’audiodescription d’objets, de supports tactiles ou en français facile à lire et à comprendre, d’un visioguide en Langue des Signes Française, avec prêt de fauteuil roulant ou de sièges pliants. Une nouvelle salle d’accueil du public doit prochainement améliorer encore l’accès des publics handicapés, qui ne peuvent néanmoins échapper à quelques dizaines de mètres d’épouvantables pavés (XXe siècle) couvrant le pont de franchissement des douves... D’autres améliorations sont envisagées, telle la réfection du sol de la cour qui se dégrade aux intempéries jadis chantées par Barbara, mais l’accessibilité au restaurant demeurera limitée à un recoin en rez-de-chaussée, l’Architecte des Bâtiments de France n’en voulait d’ailleurs pas dans l’enceinte du château. De même, le réalisateur des films présentant la construction du château et la vie d’Anne de Bretagne a refusé leur sous-titrage "pour des raisons esthétiques"... Les visiteurs sourds signant pourront toutefois les apprécier, un écran latéral diffusant une interprétation en LSF. Avant de quitter les lieux, jetez un oeil sur le bâtiment de style gothique opposé à l’entrée, qui abrite des bureaux et ne se visite pas : c’est le Petit Gouvernement, le roi Henri IV y signa, le 30 avril 1598, le célèbre Edit de Nantes accordant aux protestants la liberté de pratiquer leur culte.

A 200 mètres de là, la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul est un autre témoignage du gothique des années 1430 pour ce qui concerne le grand portail qui comporte une rareté : son angle de droite est orné d’une chaire sur laquelle l’évêque prêchait en plein-air ! Construite en granit et tuffeau, la construction de l’édifice a en fait duré plusieurs siècles, jusqu’en... 1891 pour l’achèvement du chœur tout en maintenant une belle unité de style. Elle abrite notamment le tombeau en marbre du duc François II et sa femme Marguerite de Foix, pillé à la Révolution, qui va très prochainement être restauré. En redescendant par la rue de Verdun, on découvre quelques maisons à pans de bois rescapées des incendies et destructions. Près de la place du Change, l’église Sainte Croix en baroque français apparait étrangement rehaussée d’un beffroi... Affluent de la Loire, L’Erdre passe tout près, mais sous la chaussée du cours des 50 otages, une fontaine allégorique érigée au XIXe siècle la rappelle sur la place royale. A proximité, le passage Pommeraye est l’un des emblèmes de la ville, plusieurs fois magnifié par Jacques Demy dans ses films. Récemment restauré, il a retrouvé la clarté de ses verrières et sculptures, la splendeur de ses escaliers, l’élégance de son décor, une folie bâtie en 1843 par un notaire grâce à la dot de son épouse qu’il ruina ! Il faut prendre le temps d’admirer les colonnes en fonte, les bois, stucs, statues allégoriques, et une horloge marquant le jour et la nuit. Une extension latérale récente du niveau intermédiaire est desservie par ascenseur, ce qui donne aux visiteurs handicapés moteurs la possibilité d’accéder désormais aux trois niveaux du passage. Un peu plus bas, la place Graslin, débarrassée de la circulation automobile, déploie une autre élégance, celle de la fin du XVIIIe siècle. En forme de demi-lune, son côté rectiligne est fermé par le théâtre Graslin, désormais dévolu aux concerts classiques et à l’opéra, dont quelques-uns sont chaque année représentés avec audiodescription. Face au théâtre, la brasserie La cigale, ouverte en 1895, est un incontournable local avec son style éclectique annonciateur de l’Art Nouveau, et un décor évoquant divers aspects de l’histoire de Nantes. Terminons cette visite du cœur de ville par la place du Commerce, établie sur le comblement d’un bras de Loire, dont la Bourse du XVIIIe siècle est devenue le temple. En revenant vers le château des Ducs apparaît, de l’autre côté des voies de chemins de fer, l’étonnante tour LU, l’une des deux qui surmontait l’usine de biscuits Lefèvre-Utile. Devenue Lieu Unique, elle a été transformée en établissement culturel proposant des expositions d’art contemporain, spectacles de tous genres (dont quelques-uns avec audiodescription), librairie, disquaire, hammam, crèche, bar restaurant, ateliers artistiques, salon de musique... L’offre adaptée aux personnes handicapées concerne les spectacles, expositions, visites, une diversité rare dans un lieu éclectique dont la vue panoramique depuis la tour est actuellement impossible pour cause de travaux, mais l’ascenseur en serait, paraît-il, accessible...

Autre théâtre nantais attentif aux publics handicapés, Le Grand T est excentré tout en restant atteignable par bus (les tramways sont accessibles de même que la plupart des lignes de bus). L’accès des spectateurs en fauteuil roulant s’effectue par l’extérieur de la salle, les places offrent une parfaite visibilité depuis l’allée centrale, une partie des spectacles est adaptée aux personnes déficientes sensorielles. Retour en ville : un cheminement marqué en vert sur le sol relie les principaux sites touristiques et bâtiments d’intérêt, par exemple sur l’Ile de Nantes, anciennes friches industrielles et chantiers navals en cours de reconversion en quartier de la création. A l’angle de l’école d’architecture, l’Absence café témoigne de la convivialité sans compromis recherchée par les concepteurs, un petit estaminet installé dans une indéfinissable coque en fibre de verre bleu cyan. Les amateurs de panorama apprécieront la vue depuis le toit l’école d’architecture, conçu pour être une place publique... à condition de trouver l’ascenseur qui le dessert. A quelques dizaines de mètres, l’immeuble Manny attire le regard avec son habillage de lames d’aluminium blanches évoquant le mammouth du film L’âge de glace. Ce magasin de design est traversé par un passage piéton sonorisé conçu par le Berlinois Rolf Julius : il diffuse un cliquetis métallique. Plus loin, un immense mètre ruban conçu par Lilian Bourgeat parcourt la cour d’un immeuble de bureaux, un jardin de schistes et plantes de friches traversé de rails et poutres invoquant la mémoire des chantiers navals nantais. Proches, les immenses bâtiments Alsthom sont en cours de transformation pour recevoir l’an prochain l’école supérieure des Beaux-Arts. Ici, l’architecture contemporaine déploie son langage dans toutes ses dimensions et expérimentations, telle la cabane canadienne installée en bord de Loire, près du sévère palais de Justice construit par Jean Nouvel. Cette démarche de restructuration et revitalisation urbaine par l’art contemporain, assez rare en France, est initiée par Jean Blaise (créateur des Allumés, d’Estuaire et du Voyage à Nantes) qui a su entrainer la municipalité dans cette aventure : son action de développement touristique et culturel résulte du rassemblement des directions culture et tourisme, un service occupant 250 personnes. Le voyage à Nantes est même devenu l’appellation de l’Office de Tourisme qui propose en outre des informations pour les visiteurs handicapés.

En poursuivant sur l’ile, on arrive à la seconde attraction nantaise, les Machines de l’Ile. Que dire de l’enchantement qui saisit petits et grands face aux étonnantes créatures mécaniques offertes à leurs mains et leurs yeux ? Un parcours dans le Grand éléphant vous tente ? Il est accessible à tous, avec réservation conseillée pour choisir son parcours et être sûr d’avoir une place si on est en fauteuil roulant, un seul étant accepté par voyage. Embarquement également possible dans le Carrousel des Mondes Marins, dont les trois étages sont desservis par un ascenseur : deux engins sont accessibles en restant sur son fauteuil roulant (remorqueur et sulky des mers), les autres nécessitant un transfert voire quelques contorsions... Selon les jours, il fonctionne en tours de manèges ou visite commentée. Une galerie et un atelier ouverts au public proposent de découvrir d’autres créations (araignée, fourmi de voyage, chenille arpenteuse, fourmi porteuse, etc.), toujours dans un univers de théâtre de rue accommodé d’une sauce mécano-artistique inspirée des créations imaginaires de Jules Verne et Leonard de Vinci. Les Machines de l’Ile préparent un gigantesque projet pour les années 2020, dont une branche (malheureusement inaccessible) est déjà réalisée, l’Arbre aux hérons. Créée en 2013, la mission accessibilité a élaboré une organisation et des supports de visite adaptés, incluant un accès prioritaire aux personnes handicapées, un tarif réduit avec gratuité pour un accompagnateur, des toilettes aménagées disséminées sur le site, des ascenseurs sonorisés, un livret d’accueil en braille, relief et grands caractères, un prêt de fauteuil, de chaise pliante, de casque anti-bruit ou de bouchons d’oreille, des maquettes à toucher, une médiation adaptée, une boucle magnétique au pôle image à l’étage de la galerie et au carrousel... Une médiatrice machiniste est même formée à la LSF, les chiens-guides ou d’assistance sont acceptés.

On peut revenir sur la rive droite de Nantes en longeant le bord du fleuve, grâce à une agréable promenade piétonne aisément circulable. Une curiosité permet de franchir la Loire : la hauteur de la passerelle Victor Schoelcher suit celle de la marée, rendant en fonction de son niveau son franchissement impossible sans aide pour les piétons en fauteuil roulant. D’un coup de Navibus, accessible avec aide, le visiteur quitte l’ambiance urbaine pour la quiétude d’un village, celui de Trentemoult. Bâti sur d’anciens bancs de sable, on dit de ses habitants qu’ils ont une mentalité d’iliens, les maisons rénovées de couleurs vives attirent l’oeil. Interdites à l’époque, elles résultent d’une volonté de s’affranchir du côte absurde de l’autorité et se sont finalement imposées, créant par leur accumulation un effet fascinant, rendant agréable la déambulation par les petites rues. Sur le quai, une maison commerce à l’enseigne "Au confort moderne" surprend : c’est le décor d’un film tourné ici il y a 25 ans et qui marque encore les "iliens" qui y ont participé, La reine blanche. Au loin, en aval, le pont de Cheviré et le port de commerce ouvrent sur la nouvelle réalité industrielle de Nantes, qui a quitté la ville pour s’étendre vers l’estuaire jusqu’à Saint-Nazaire, mais c’est un autre voyage...

Laurent Lejard, juin 2016 Yanous-Actu n° 470

Les articles de Yanous-Actualités sont diffusés avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard

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15-D) LIBRAIRIE AUDIO : LES NOUVEAUTES DE JUIN 2016

La Librairie Sonore de Frémeaux & Associés présente un coffret DVD regroupant le séminaire intégral du philosophe Benny Lévy consacré à l’Alcibiade de Platon ; « le cours de référence sur l’engagement politique », capté en 1996 par Pascale Thirode et Jackie Berroyer. Par ailleurs, en coédition avec les PUF, un coffret 5 CD permet d’aborder l’Histoire et les histoires de la Bible. Le grand retour phonographique du violoniste virtuose Didier Lockwood, grande figure du jazz, pour un disque électro-jazz en apesanteur.

Un Film De Pascale Thirode & Jackie Berroyer Benny Lévy, qui ne fut pas moins que l’élève d’Althusser, l’assistant de Sartre, le disciple de Levinas, dont l’œuvre se situe aux confins des traditions juives et occidentales, est aujourd’hui considéré comme l’un des intellectuels et des passeurs les plus brillants de sa génération. A travers l’étude de l’Alcibiade de Platon, grand texte philosophique fondateur puisqu’il interroge l’engagement politique, Benny Lévy délivre un formidable séminaire de 14 heures motivé par une indicible envie de transmettre et une manière particulièrement revigorante d’aborder et de s’approprier le texte et les idées. En savoir plus...

Histoire De La Bible (Collection Puf Fremeaux)

Olivier Millet, professeur de littérature française à l’université Paris-Sorbonne et agrégé de Lettres classiques, nous propose une approche à la fois historique et vivante du Livre des livres. Évangiles, législations, mythes, contes populaires, épopées, apocalypses. La Bible est composée d’une extrême diversité de genres et de textes littéraires, dont l’incorporation au sein d’un « canon » unifié résulte d’une forte tradition interprétative, juive ou chrétienne. En savoir plus...

Et d’autres titres à découvrir sur le site de la Librairie Audio

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