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Confédération Française pour
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des Aveugles et Amblyopes

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Bulletin 07 du 27 juillet 2016

Table des matières :

Bulletin CFPSAA Infos 2016-07 – du 27 juillet 2016

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EDITORIAL

C’est à nouveau, hélas, avec beaucoup de gravité que je m’adresse à vous en cette fin juillet. Le climat de terreur que nous venons de connaître et dans lequel il semble que nous devions continuer à vivre me consterne et toutes mes pensées vont vers les victimes touchées par les évènements de Nice, en espérant qu’aucun de vous ne soit concerné par cette triste soirée. A nouveau, nous avons reçu en tant qu’organisme officiel des condoléances d’associations étrangères et moi-même, je les adresse, au nom de la CFPSAA, à toutes les familles endeuillées. Chacun doit bien sûr continuer, et à la CFPSAA, nous gardons notre cap. Avant la trêve du mois d’août, nous avons encore participé aux différents travaux des organismes au sein desquels nous représentons les déficients visuels, et nous avons sollicité un entretien avec un représentant de l’IGAS qui aura lieu à la toute fin du mois. Apprenant que l’IGAS, corps de contrôle interministériel du secteur social, se penchait actuellement sur le dispositif des MDPH et de l’APH, nous voulons leur exposer très concrètement notre position sur ces sujets. Par ailleurs, notre dernier Conseil d’Administration a permis, de faire un point sur les lois en cours tant au niveau national qu’européen et de poser les pierres de notre chemin de rentrée qui annonce une activité intense. Nous suivrons notamment le programme des futurs candidats à l’élection présidentielle. Un dernier mot pour vous dire que je serai présent à l’Assemblée Générale de l’UMA (Union Mondiale des Aveugle) qui se tient tous les 4 ans et aura lieu au mois d’Août cette année. La CFPSAA y représente la France et détient 6 voix pour son droit de vote. C’est important de faire avancer la cause des personnes aveugles et malvoyantes au niveau mondial, cela ne peut que résonner un peu dans chaque pays et la solidarité de notre communauté se décline ainsi à l’international. Bonne vacances et bon été à tous.

Edouard Ferrero Président de la CFPSAA

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2)- ACTUALITES INSTITUTIONNELLES

2-A) AMENDEMENTS DÉFENDUS EN FAVEUR DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP, LORS DE L’ADOPTION DU PROJET DE LOI « POUR UNE RÉPUBLIQUE NUMÉRIQUE AU SÉNAT, PAR DOMINIQUE GILLOT, PRÉSIDENTE DU CNCPH Communiqué

Les Sénateurs ont adopté ce mardi 3 mai 2016, le projet de loi pour une République numérique à 323 voix pour et 1 contre. Pendant les débats, Dominique GILLOT, présidente du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées (CNCPH), et Sénatrice du Val d’Oise, a défendu plusieurs amendements visant à renforcer la prise en compte des besoins spécifiques des personnes en situation de handicap. Bien que la loi de 2005 et son article 47 consacre déjà l’accessibilité des personnes handicapées aux contenus numériques, la grande majorité des sites internet sont, aujourd’hui en pratique, inaccessibles. C’est donc pour améliorer l’accès aux services en ligne que Dominique GILLOT a fait adopter un amendement qui élargit le périmètre d’obligation d’accessibilité aux services de communication des entreprises bénéficiant d’un financement public et des entreprises fournissant des services d’intérêt général. Grâce aux débats constructifs en séance qui ont permis de considérer l’accessibilité numérique sous le prisme de l’universalité, l’article 44 actualise désormais les grandes lois relatives au handicap en les mettant en phase avec les évolutions technologiques, notamment numériques. S’il concernait au départ uniquement les sites internet, dans sa rédaction finale, l’article 44 comprend aussi bien les progiciels, que les applications mobiles, l’extranet, l’intranet ou encore le mobilier urbain. Une avancée majeure, attendue par les millions d’utilisateurs en situation permanente ou temporaire de handicap. A terme, tous les citoyens accèderont à un service de communication digital, d’intérêt public, de façon autonome et participeront ainsi pleinement à tous les aspects de la vie de la cité. Les amendements déposés par Dominique GILLOT sont le fruit d’une longue concertation avec les associations représentatives des personnes handicapées et traduisent son engagement de plus de 30 ans en faveur d’une société inclusive, respectueuse des droits humains fondamentaux. Retour sommaire

2-B) QUESTION AU GOUVERNEMENT SUR L’ACCESSIBILITÉ POUR LES DÉFICIENTS VISUELS DE LA DÉCLARATION DES REVENUS SUR INTERNET QUI SERA GÉNÉRALISÉE À PARTIR DE 2017

Question écrite n° 90148 Texte de la question publiée au JO le 13/10/2015 page 7666 M. Philippe Meunier appelle l’attention de M. le ministre des finances et des comptes publics sur la généralisation de la déclaration de revenus en ligne à partir de 2016. Or certains contribuables et notamment les handicapés visuels s’inquiètent. Ces derniers ne sont pas contre la généralisation de la télé déclaration en ligne à la condition toutefois que les sites internet des administrations leur soient rendus accessibles avec les contrastes visuels indispensables, les grosseurs des polices suffisantes et qu’ils soient compatibles avec les logiciels de lecture utilisés par les aveugles. Aussi, il souhaiterait connaître les intentions du Gouvernement sur ce sujet Texte de la réponse publiée au JO le 14/06/2016 page 5540 Dans le cadre de la généralisation progressive de la déclaration en ligne prévue par l’article 76 de la loi de finances pour 2016, l’administration travaille pour adapter son logiciel aux normes du référentiel général d’accessibilité pour les administrations (RGAA), lequel est destiné à définir, en France, les modalités techniques d’accessibilité des services en ligne de l’État, notamment par les personnes handicapées visuelles. Compte tenu du nombre très important des écrans et des enchaînements d’écrans concernés, cette adaptation représente un chantier relativement lourd et une charge financière importante qu’il convient d’étaler dans le temps. Dès à présent, une étude globale sur l’adaptation de la totalité de la déclaration en ligne a été programmée. En 2016, la direction générale des finances publiques devrait proposer une adaptation d’une partie de la déclaration en ligne. Ainsi la procédure dite " rapide" sera développée selon des principes de clarté et de simplicité de nature à faciliter sa praticabilité pour les usagers déficients visuels. Cette procédure qui permet de déclarer en ligne les revenus pré remplis, par confirmation, verrait également son périmètre élargi à la saisie des 20 rubriques les plus couramment utilisées afin de la rendre utilisable par un grand nombre d’usagers ayant des situations déclaratives simples. En tout état de cause, en application de l’article 76 précité, les contribuables qui, notamment pour des raisons de santé ou à cause d’un handicap, indiquent à l’administration ne pas être en mesure de souscrire la déclaration par voie électronique conservent la faculté de déclarer sur formulaire papier. Retour sommaire

3) ACTUALITÉS SOCIALES

3-A) SUR LE SYSTÈME D’INFORMATION COMMUN AUX MDPH

Stéphane Corbin, directeur de la compensation de la perte d’autonomie et Assia Afaifia, directrice de programme, évoquent les différentes étapes du système d’information commun des maisons départementales des personnes handicapées.

La loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement confie à la CNSA la mission de concevoir et de mettre en œuvre un système d’information commun des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH). Le choix d’un scénario de conception et de déploiement par harmonisation progressive du système d’information actuel de chaque MDPH a été retenu et précisé dans la convention d’objectifs et de moyens passée entre l’État et la CNSA. Ce programme « SI commun des MDPH », chantier majeur pour la CNSA, a démarré en 2016 à la suite d’une mission d’audit achevée en 2014 et d’une étude de faisabilité menée par l’ASIP Santé en 2015. Pourquoi créer un système d’information commun aux MDPH ? Stéphane Corbin : C’est un enjeu de professionnalisation des MDPH et c’est également une nécessité liée à l’évolution de la politique en direction des personnes handicapées. La récente conférence nationale du handicap a réaffirmé la nécessité de proposer une réponse individuelle aux personnes, par la mise en œuvre de la démarche « réponse accompagnée pour tous », par une meilleure connaissance des besoins des personnes, des orientations prononcées et de la qualité de l’offre. La recherche de l’individualisation de l’accompagnement implique deux choses : disposer d’une vision plus précise des besoins des personnes en situation de handicap et d’outils qui permettent à l’usager d’être mieux informé du suivi de ses demandes. Le système d’information commun aux MDPH, basé sur un langage commun et des données harmonisées, doit répondre à ces enjeux. Par ailleurs, les MDPH font face à une activité croissante, près de 4 millions de demandes en 2014. Pour continuer à produire des décisions dans des délais convenables, elles doivent avoir des processus plus performants. Le système d’information commun y contribuera. Assia Afaifia : Et ces processus peuvent différer d’un département à l’autre. Leur harmonisation participera à l’équité de traitement des usagers. SC : Le système d’information commun des MDPH n’est pas un simple projet informatique. C’est un projet qui touche les organisations. Comment ce système d’information commun sera-t-il organisé ? AA : Il repose sur un tronc commun et des services transverses. Le tronc commun décrira de façon harmonisée l’ensemble des activités de la MDPH, de l’accueil de la personne au suivi de la mise en œuvre de la décision qui la concerne. C’est ce qu’on appelle les processus métier de la MDPH. Les services transverses visent eux à rendre plus efficaces les échanges et le partage d’informations avec les partenaires de la MDPH (établissements et services médico-sociaux, services publics de l’emploi, Éducation nationale, caisses d’allocations familiales pour le versement des prestations, l’imprimerie nationale pour les cartes mobilité inclusion...). Outre l’élaboration du système d’information en lui-même, nous conduisons des chantiers transversaux : un diagnostic des systèmes d’information existants, la consolidation des relations avec les éditeurs chargés d’implémenter les cahiers des charges dans leurs logiciels, l’accompagnement des équipes au changement, la communication sur le projet… C’est un véritable programme que nous menons. Quelles sont les différentes étapes du programme ? SC : tous les 18 mois, nous franchirons un palier. Cette stratégie d’amélioration continue donnera de la visibilité sur l’évolution du programme à la CNSA, aux MDPH et à leurs partenaires. Chaque palier sera composé d’une phase de conception, de réalisation, puis de déploiement. A mi-parcours d’une phase de développement, nous amorcerons un nouveau palier. Quels sont les objectifs pour 2016 ? SC : 2016 est une année importante. Elle doit permettre de lancer une dynamique au sein de chaque MDPH autour de ce programme. Nous posons les bases du programme par les travaux sur le diagnostic et sur le tronc commun et nous préparons les premiers résultats qui seront visibles en 2017. AA : D’ici fin juin, nous disposerons de la première version du tronc commun. Elle sera traduite dans un référentiel fonctionnel et technique, autrement dit un cahier des charges, entre juin et septembre. Le développement par les éditeurs s’échelonnera entre octobre et février, ce qui nous permettra de déployer à compter de mars 2017. Pour ce qui est de l’orientation des personnes handicapées, la CNSA a publié en avril 2016 un cadre fonctionnel de référence du suivi des orientations, qui décrit l’ensemble des activités métier nécessaires au suivi des orientations. Il sera complété, au deuxième semestre 2016, par un cadre d’urbanisation du suivi des orientations, c’est-à-dire un document qui décrira les flux d’échanges entre les systèmes d’information des MDPH et les applications des établissements ou des services médico-sociaux qui accueillent les personnes handicapées. Nous disposerons d’ici fin juin d’une première une cartographie des systèmes d’information des MDPH et de leur fonctionnement. Nous avons besoin de connaître les versions utilisées, l’implication du service informatique du conseil départemental dans le projet… Cette première cartographie alimentera un observatoire que nous souhaitons mettre en place d’ici la fin de l’année. Comment les MDPH sont-elles associées au programme ? SC : Les MDPH seront associées à toutes les étapes du programme, c’est la clé de la réussite. Ce système d’information harmonisé va modifier leur façon de travailler, nous avons besoin qu’elles participent, qu’elles réagissent. C’est le principe de la co-construction. AA : Elles sont déjà très impliquées. Elles sont toutes mobilisées pour réaliser leur diagnostic, 99 d’entre elles ont rempli le questionnaire. Par ailleurs, 36 MDPH volontaires participent au groupe de travail sur le tronc commun depuis mars (12 réunions). Une partie d’entre elles travaillera sur le référentiel fonctionnel et technique dont je parlais tout à l’heure, puis nous nous appuierons sur des MDPH pilotes pour tester les premiers développements. Et comment travaillez-vous avec les différents partenaires ? SC : Au quotidien, la MDPH dialogue avec de nombreux partenaires et avec les usagers. Le système d’information doit donc être le reflet de ce dialogue. La CNSA mobilise donc les institutions nationales – nous venons d’ailleurs de signer une convention avec la CNAV et la CNAF –, les agences régionales de santé, les partenaires locaux (établissements et services, Pôle emploi, Cap emploi, Éducation nationale) et les associations d’usagers. Les conseils départementaux doivent être particulièrement mobilisés. C’est souvent eux qui portent le système d’information des MDPH et la réussite du programme tient en partie à la capacité des départements à inscrire ce programme dans leurs priorités. C’est pour cela que nous dialoguons de manière permanente avec les départements et leurs représentants nationaux (ADF, ANDASS). Enfin, l’association des directeurs de MDPH est un partenariat naturel que nous sollicitons régulièrement et qui participe au pilotage du programme. Nous avons également instauré des rendez-vous stratégiques et opérationnels avec les éditeurs, nous sommes invités à leurs « clubs utilisateurs ». Quels sont les moyens dédiés à ce programme ? SC : La CNSA a mis en place une équipe projet dédiée, composée à terme de 8 personnes. Cette équipe s’appuie aussi sur l’expertise de collègues lors de certains moments clés des chantiers. La CNSA a également conclu un partenariat avec l’ASIP Santé pour être accompagnée et disposer de son expertise, en particulier sur la définition des exigences techniques et d’interopérabilité, sur l’implémentation des spécifications par les éditeurs et la labellisation, sur la stratégie industrielle, et en matière d’appui juridique. Enfin, lors de la conférence nationale du handicap le 19 mai 2016, le président de la République a annoncé une participation financière de 15 millions d’euros : 13 millions d’euros pour soutenir la modernisation des systèmes d’information des MDPH (pour financer les développements, le déploiement et l’accompagnement au changement) et 2 millions d’euros pour le déploiement d’outils de suivi des orientations sur le territoire national. La lettre de la CNSA Retour sommaire

4) ACTUALITÉS FRANÇAISES DU HANDICAP

4-A) AUDITION DU DÉFENSEUR DES DROITS SUR LE PROJET DE LOI ÉGALITÉ ET CITOYENNETÉ

Auditionné le 31 mai 2016 par la commission spéciale de l’Assemblée nationale chargée d’examiner le projet de loi Égalité et Citoyenneté, le Défenseur des droits a formulé diverses recommandations, portant notamment sur la procédure d’attribution des logements sociaux. En matière de lutte contre les discriminations, il a recommandé la suppression des conditions de nationalité fixées pour l’accès aux trois fonctions publiques ainsi qu’aux emplois du secteur privé et d’élargir le recours civil en matière d’accès aux biens et aux services pour l’ensemble des critères de discrimination interdits par la loi. Le 1er juin 2016, le Défenseur des droits a publié l’avis n°16-15, à la suite de son audition du 31 mai 2016 par la commission spéciale de l’Assemblée nationale chargée d’examiner le projet de loi n°3679 Égalité et Citoyenneté. Le Défenseur des droits y souligne notamment la complexité du dispositif d’attribution des logements sociaux. Il recommande également la suppression des conditions de nationalité fixées pour l’accès aux trois fonctions publiques, aux emplois des établissements et entreprises publics ainsi qu’aux emplois du secteur privé, à l’exception de ceux relevant de la souveraineté nationale et de l’exercice de prérogatives de puissance publique. Sur la répression des délits de provocations, de diffamations et d’injures racistes ou discriminatoires figurant dans la loi du 29 juillet 1881 le Défenseur des droits préconise que le « sexisme » soit considéré comme une circonstance aggravante généralisée par l’article 38 du projet de loi. Outre son soutien à l’élargissement du recours civil en matière d’accès aux biens et aux services à l’ensemble des critères de discrimination interdits par la loi, le Défenseur des droits recommande :
- que le refus de procéder à des aménagements raisonnables en faveur des personnes handicapées soit expressément assimilé à une discrimination aux termes de la loi du 27 mai 2008 et de l’article 225-1 et 2 du Code pénal ;
- que le concept de harcèlement discriminatoire soit précisé plus avant, et qu’un recours civil puisse être prévu pour les personnes victimes de harcèlement sexuel commis dans d’autres domaines que celui de l’emploi ;
- la création d’indicateurs permettant de documenter la thématique de rapportage « égalité de traitement » au sein du rapport extra-financier des grandes entreprises visé à l’article L. 225-102 du code du commerce ;
- l’instauration d’une obligation d’audit portant sur la prévention des discriminations dans les grandes entreprises et administrations publiques dont la loi préciserait la périodicité ;
- la création d’un référent « égalité » dans les entreprises de 300 salariés et plus ;
- que l’expression « identité sexuelle » soit remplacée par l’expression « identité de genre », plus claire et plus inclusive, afin de protéger l’ensemble des personnes transgenres contre toute discrimination. La lettre du défenseur des droits – juillet 2016

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5) ACTUALITES INTERNATIONALES DU HANDICAP

5-A) DIRECTIVE EUROPÉENNE POUR LES SITES WEB : L’UNION FAIT LA FORCE

Paru dans « La Canne Blanche » juillet 2016

Quoi ? Qui ? Comment ? Ça vous dirait un petit tour dans le monde du lobbying, vu de l’intérieur ? Tout a commencé le 3 décembre 2012 lorsque la Commission Européenne publia une proposition de directive attendue de longue date et visant à rendre accessible les sites web d’organismes publics. En l’état, cette proposition n’était pas satisfaisante puisqu’elle n’incluait en réalité que peu de services publics et n’évoquait pas de mécanisme de contrôle. Par ailleurs, nous entrions dans une nouvelle ère technologique : celle du numérique et des applications mobiles. Là encore, rien ne les concernait dans ce texte. L’Union Européenne des Aveugles (UEA), habituée à mener des campagnes de lobbying, prit les choses en mains, par le biais de communiqués de presse, de prises de contact auprès des députées européens et de la Commission, ou encore par l’élaboration en 2014 d’un document très complet de recommandations à l’intention du Conseil européen et d’un rapport intitulé « Accès Refusé » donnant des exemples de produits et services inaccessibles. Mais au niveau de cette organisation aussi nous rentrions dans une nouvelle ère : celle de l’avènement des réseaux sociaux, et notamment de Twitter. Le principe ? Faire passer publiquement un message en 140 caractères. Bien qu’il puisse sembler contraignant, cet exercice s’avère en réalité assez formateur puisqu’il nous oblige à aller à l’essentiel. Mais comment dire en seulement 140 caractères tout ce que nous avons à dire ? Il faut comprendre que Twitter n’est pas une fin en soi mais un biais et une tribune extrêmement consultée où les décideurs politiques sont très présents. Dans un message, il est possible de mettre des liens (raccourcis au besoin pour utiliser le moins de caractères possible) renvoyant vers de vrais contenus techniques comme ceux élaborés par l’Union Européenne des Aveugles. Autre avantage de ce réseau social : cela permet de partager de l’information avec des usagers et des militants déficients visuels de tous horizons que nous n’aurions pas forcément rencontrés autrement. L’Union Européenne des Aveugles s’est donc dotée, tout comme la Fédération, d’un compte Twitter qui, au fur et à mesure de ses interactions avec les décideurs, les autres partenaires associatifs, les usagers et les militants s’est créé une véritable place, permettant d’identifier l’UEA comme un interlocuteur de choix pour les pouvoirs publics. Autre phase de ce développement : une fois que la stratégie était en place, il fallait mettre en capacité les membres nationaux pour la démultiplier. A cet effet, l’UEA a organisé, en 2014 puis en 2015, des sessions de formation à l’utilisation de ces réseaux auprès de représentants des membres nationaux en charge de la communication ou des campagnes. A la suite de ces formations naissait le réseau des « e-campaigners » de l’UEA, autrement dit des « lobbyistes connectés ». Cet effet démultiplicateur a permis de renforcer la pression mise sur les pouvoirs publics. Outre le fait d’exercer une pression, il s’agissait aussi de venir en aide aux décideurs en les informant. Les premiers à se rallier à notre cause furent les eurodéputés, familiers et demandeurs de ces échanges. D’autres alliés furent non négligeables, outre des différents rapporteurs de commissions ou certaines présidences de l’Union : les représentants permanents nationaux à Bruxelles. Au fil des échanges, vous leur apportez des informations techniques sur le sujet en question, puis ils comprennent et constatent que vos informations sont justes, ils peuvent à leur tour convaincre autour d’eux et une relation de confiance se créé. Chaque temps fort législatif est une nouvelle occasion de vous manifester et de vous rappeler au bon souvenir de ces décideurs pour qu’ils n’oublient pas d’intégrer les applications mobiles qui ne sont pas la même chose que les sites pour mobiles, l’intranet, l’extranet, les documents téléchargeables ou encore un vrai mécanisme de contrôle. Par ailleurs, cette campagne se jouait aussi directement sur les territoires nationaux auprès des ministres en charge du numérique, ce qui dans notre cas voulait dire un combat acharné aux côtés de la Confédération Française pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes (CFPSAA) et des sollicitations répétées auprès de Madame Axelle LEMAIRE et de son cabinet. Nous avons bien conscience d’une chose : le lobbying est une affaire au long cours, qui génère souvent de la frustration et du découragement, mais il est formateur et finit parfois par payer ! Il faut garder à l’esprit que la Fédération, la CFPSAA ou l’UEA n’ont pas l’exclusivité en la matière, et que nous avons en face de nous de lobbys extrêmement organisés et puissants. Dans ces combats, nous incarnons plus souvent David que Goliath mais parfois la fronde atteint sa cible et il faut s’en réjouir. Même si ces campagnes ne se soldent pas toujours pas le succès escompté, elles ont le méritent de nous former, de nous structurer, de nous découvrir des alliés pour des campagnes futures et de nous faire connaître en tant qu’interlocuteur capable d’apporter de l’expertise.

Qu’a-t-on obtenu et que va-t-il se passer ensuite ? Toujours est-il que dans le cas précis de cette directive pour les sites web, le succès a fini par être au rendez-vous à l’issu du Trilogue (négociations à huis clos entre le Parlement, la Commission et le Conseil) ! Rater le coche des applications mobiles aurait rendu cette directive obsolète avant même de voir le jour. Nous les avons obtenues, ainsi que l’intranet, l’extranet, les documents téléchargeables, une définition plus large des organismes publics concernés et un mécanisme de contrôle de la bonne application de ces dispositions que les gouvernements devront encore désigner. En termes de procédure, le texte stabilisé a été approuvé par la commission parlementaire en charge du Marché Intérieur et passera après l’été en session plénière au Parlement Européen. Le texte doit ensuite être discuté par le Comité des Représentants Permanents pour être enfin validé par le Conseil des Ministres. Cette phase doit en principe être une formalité mais restons prudents. Si tout cela se passe comme nous l’espérons, il va nous falloir ensuite rester vigilants sur la transposition par les États membres de cette directive qui devra intervenir dans un délai de 21 mois après sa publication au journal officiel. Par ailleurs, un autre texte va nous intéresser, l’Acte européen législatif sur l’accessibilité. Il s’agit là d’une proposition de directive parue en décembre 2015 et attendue depuis 2011, et qui vise à exiger d’un grand nombre de biens et services qu’ils soient accessibles aux personnes handicapées. Cette directive couvrirait notamment le matériel informatique et les systèmes d’exploitation, les distributeurs automatiques de billets, les distributeurs de tickets, les appareils d’enregistrement, les téléphones, smartphones, tablettes, téléviseurs, sites de vente en ligne, services bancaires, livres numériques et les sites des compagnies de transport. Cette directive vient donc en complément de la directive sur les sites publics. Cependant, en l’état, le texte n’est pas encore totalement satisfaisant. A titre d’exemple, si les distributeurs de billets sont inclus, les terminaux de paiement que l’on utilise pour régler les achats par carte de crédit dans les magasins n’apparaissent pas dans le champ d’application. D’autre part, des exceptions à la mise en œuvre figurent pour les entreprises qui estimeraient que la mise en accessibilité est trop complexe ou trop coûteuse. Vous l’aurez compris, le lobbying a encore de beaux jours devant lui, et nous aurons besoin de VOUS pour relayer nos demandes auprès des institutionnels.

Pour sourire un peu Pour mémoire, revoici la recette car celle-ci, vous ne la trouverez pas dans la rubrique habituelle, ni sur marmiton.org :
-  Un soupçon d’agacement à faire faire frémir dans un bouillon qui a déjà longuement mijoté ;
-  Une pincée d’éléments techniques et de constats effarants sur l’inaccessibilité ;
-  3 gousses de motivation ;
-  Une louche généreuse de persévérance auprès de nombreux interlocuteurs ;
-  6 cuillères à soupe de témoignages de personnes déficientes visuelles de plusieurs États membres ;
-  Saupoudrez le tout d’un compte Twitter bien rodé ;
-  Mélangez à feu doux pendant environ 2 ans (oui, c’est long) ;
-  Bon appétit !

Julie Bertholon, Responsable Lobbying et Réseau Fédération des Aveugles de France

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5-B) LE TRAITÉ DE MARRAKECH ATTEINT LES 20 RATIFICATIONS NÉCESSAIRES POUR ENTRER EN VIGUEUR

Communiqué de Presse de l’UMA (Union Mondiale des Aveugles)

Toronto, le 30 juin 2016 – Aujourd’hui est une journée historique, car le Canada est devenu le 20ème pays à ratifier le Traité de Marrakech (son nom complet est Traité de Marrakech visant à faciliter l’accès des aveugles, des déficients visuels et des personnes ayant d’autres difficultés de lecture des textes imprimés aux œuvres publiées). Les vingt pays qui ont ratifié le traité pourront jouir des avantages prévus dans le Traité, qui visent à étendre l’accès aux livres et à l’information aux personnes ayant des difficultés à la lecture des caractères imprimés que les personnes n’ayant pas ces difficultés possèdent déjà.

« C’est une nouvelle journée historique pour notre mouvement », a déclaré Arnt Holte, le Président de l’UMA. « Cela a été une grande victoire que de parvenir à un traité qui assurait l’accessibilité aux livres pour les personnes aveugles et malvoyantes, mais la véritable victoire arrive aujourd’hui, alors que le Canada devient le 20ème pays à ratifier le Traité de Marrakech. Le traité entrera en vigueur dans trois mois, le 30 septembre, et alors des millions de personnes aveugles et malvoyantes pourront accéder aux supports littéraires et didactiques, ce qui leur permettra de jouer un rôle plus participatif dans leur société » a-t-il ajouté.

L’UMA a emmené la campagne internationale en partenariat avec l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) pour parvenir au développement d’un traité international qui mettrait un terme à la « soif de livres » mondiale, puisque moins de 10 % des supports publiés sont disponibles sous des formats accessibles et souvent moins de 1 % dans les pays en développement. La grande victoire d’aujourd’hui est un formidable motif de célébration pour l’UMA et ses partenaires.

« Après de nombreuses années de dur travail de la part d’un nombre infini de personnes de la communauté aveugle et partenaires de divers secteurs, nous sommes maintenant à l’aube d’une nouvelle phase de travail », a affirmé Maryanne Diamond, Présidente de la campagne Le droit à la lecture de l’UMA et leader de la lutte pour le Traité de Marrakech.

« Cela dit, nous avons encore énormément à faire pour éradiquer la soif de livres. Aujourd’hui est synonyme de célébration et de regard vers l’avenir, mais nous ne pouvons pas oublier que la ratification internationale est encore loin », a ajouté Mme. Diamond. "Nous devons continuer à travailler de concert pour assurer que le traité puisse être mis en place et utilisé par les aveugles et les personnes ayant des difficultés à la lecture des caractères imprimés quel que soit l’endroit du monde où ils vivent », poursuit-elle. L’UMA appelle tous les pays à ratifier le traité, puis à le mettre en place effectivement ses dispositions pour la production et les échanges transfrontaliers de matériaux accessibles de sorte à atteindre son grand objectif : étendre les droits humains des personnes ayant des difficultés à la lecture des caractères imprimés par la promotion de l’accès à la littérature et à l’information.

Les vingt pays qui ont ratifié le traité sont l’Inde, El Salvador, les Émirats arabes unis, le Mali, l’Uruguay, le Paraguay, Singapour, l’Argentine, la Mexique, la Mongolie, la République de Corée, l’Australie, le Brésil, le Pérou, la République populaire démocratique de Corée, Israël, le Chili, l’Équateur, le Guatemala et le Canada.

Pour plus d’informations concernant le Traité de Marrakech et la façon dont il aidera à mettre fin à la soif de livres, pour mieux connaître notre campagne de ratification et de mise en place et pour savoir ce que vous pouvez faire pour encourager votre gouvernement à ratifier le traité, allez sur la page de notre site web consacré à la Campagne : http://www.worldblindunion.org/Engl...

L’Union Mondiale des Aveugles (UMA) est l’organisation mondiale qui représente les quelques 285 millions de personnes aveugles et malvoyantes dans le monde. Ses membres sont des organisations dirigées par des personnes aveugles qui parlent en leur propre nom, des organisations qui servent le collectif dans plus de 190 pays, ainsi que des organismes internationaux qui travaillent dans le domaine du handicap visuel. Visitez notre site web : www.wbu.ngo Retour sommaire

12) LES ASSOCIATIONS MEMBRES DE LA CFPSA

12-A) A PARIS, DES PLACES EN RÉSIDENCE ÉTUDIANTE ADAPTÉE !!!

En partenariat avec la Mairie de Paris, la Fondation Santé des Étudiants de France ouvrira pour la rentrée de septembre 2016 en plein cœur du quartier étudiant- (4 rue de quatrefages, Paris 5ème) : sa 3e résidence étudiante adaptée. Ces résidences ont pour vocation d’accueillir des étudiants en situation de handicap, fonctionnellement dépendants, pour leur permettre de suivre un cursus d’études supérieures comme tout autre étudiant en les libérant de toute contingence d’organisation de prise en charge de leur handicap, tout en les accompagnant dans un cheminement vers l’autonomie. L’objectif de la FSEF est d’apporter une solution d’hébergement avec service d’aide humaine et d’accompagnement intégré qui soit au plus près du lieu de formation des étudiants. Au total sur Paris, 16 logements sont disponibles (il reste quelques places). (PJ les informations utiles) Pour davantage de renseignements : envoyer mail à Sayna SHAHRYARI (sayna.shahryari@paris.fr), qui est Conseillère Vie étudiante auprès de M.C. Lemardeley, Chargée de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de la Vie étudiante à la Ville de Paris. Baisser les Barrières – Le Petit Journal de juillet 2016 Retour sommaire

12-B) LA TABLE RONDE DE « BAISSER LES BARRIÈRES »

Stages et Embauches des déficients visuels diplômés : quels freins ? Comment y faire face ?

Les stages sont difficiles à obtenir, les alternances davantage. Pourtant, les responsables des Missions Handicap des entreprises sont emplies du désir d’enclencher le processus. Ce jeudi 30 juin 2016, la Table ronde de « Baisser les Barrières » accueillait les représentantes de deux entreprises de taille et de configuration toute différentes, avec lesquelles nous avons essayé de voir comment soutenir et renforcer la dynamique du changement :
- Patricia MARIAGE, Responsable Mission Handicap E.D.F S.A [1].
- Suzanne KHATER, Manager CSR France (RSE) chez COLT TECHNOLOGY SERVICES

E.D.F. S.A (100.000 salariés, répartis sur plusieurs continents, dont 29.000 en France), qui parmi ses effectifs, compte actuellement 2.140 travailleurs en situation de handicap et qui soutient en parallèle un grand nombre d’associations ; COLT TECHNOLOGY France, avec un effectif de 300 personnes réparties sur 7 sites différents, et qui en est aux tout débuts de sa politique d’accueil pour des déficients visuels. L’entreprise concentre ses efforts sur les « journées de solidarité », durant lesquelles ses salariés donnent leur temps et leurs compétences au profit d’une association caritative partenaire choisie tous les deux ans. Rien de comparable, en effet, entre ces problématiques, si ce n’est un réel désir d’avancer dans l’intégration des personnes handicapées dans le milieu professionnel.

Pour aller au-delà des bonnes intentions, nous avons interrogé les intervenantes sur un problème précis qui se pose actuellement aux déficients visuels : l’accessibilité des logiciels professionnels. 1. Les logiciels d’entreprise- progiciels - achetés auprès d’éditeurs ou développés en interne sont rarement accessibles à la synthèse vocale qu’ils utilisent au jour le jour, à moins qu’une forte pression soit exercée en amont ; 2. Les logiciels métiers développés par les entreprises elles-mêmes ou par des entreprises prestataires, ne sont accessibles que lorsque la mention « accessibilité » est bien stipulée dans le cahier des charges ; 3. Les « applications spécifiques » sont le plus souvent accessibles, mais uniquement dans certains environnements techniques. Mais là encore, les sociétés spécialisées dans l’accessibilité numérique des applications sont peu nombreuses et encore peu compétentes en la matière. Il s’agit donc d’un problème réel et qui peut devenir un obstacle incontournable pour l’intégration d’un déficient visuel en entreprise. Des groupes de travail s’organisent pour mettre en commun les « bonnes pratiques ». Mais là encore, les points de vue sont tellement antagonistes, qu’il est intéressant de considérer les 2 bouts de la chaîne pour voir comment se positionner, et être le plus constructif possible : D’un côté, les entreprises qui s’émerveillent du chemin parcouru - De l’autre côté, les utilisateurs déficients visuels, certes satisfaits de ces projet et de ces objectifs, mais qui déplorent la lenteur de leur mise en pratique - Et les deux sont exacts : l’intérêt de ces tables rondes est de savoir « pointer le curseur » : Par exemple pour rendre ces progiciels et logiciels accessibles à la synthèse vocale, une adaptation est possible, a priori ou a posteriori. A posteriori, elle est extrêmement coûteuse, par conséquent les entreprises n’y procèdent pas. A priori, et incluse dans la réalisation première, cette accessibilité nécessite seulement d’être mentionnée dans le cahier des charges, (ce qui est déjà une lourde contrainte). Mais chez les utilisateurs déficients visuels, c’est exactement ce manque de prise en compte qui provoque le sentiment d’être délaissés par l’univers professionnel. Nous aurions tous à gagner, d’un dialogue constructif entre ces « deux extrémités de la chaine », puisque, faute de ce dialogue, il sera difficile de faire progresser les choses : Les Clubs d’entreprises, et EDF en particulier, mettent en place des groupes de travail et nomment des référents handicap pour chaque aspect de ces questions Mais les salariés déficients visuels pointent avec force que les normes et standards ne répondent pas toujours (ou partiellement) aux besoins qui sont les leurs, et que l’ultime étape restera toujours les tests effectués par l’utilisateur final.

L’intérêt de ces tables rondes est certainement de faire émerger des plages d’intervention possibles, des chantiers sur lesquels les jeunes puissent intervenir, d’inventer de nouvelles façons de travailler avec les différents acteurs (tant les éditeurs de logiciels, que les Directions informatiques des entreprises ), d’établir une collaboration, à des niveaux divers, qui restent à déterminer. Il serait très intéressant que les étudiants suivis par « Baisser les Barrières » puissent jouer ce rôle de test, soit en interne (lors d’un stage) soit dans le cadre d’une relation contractualisée avec chaque entreprise. Des chantiers pleins d’espoirs… la possibilité pour ces jeunes d’influer (même dans une faible mesure) sur la réalité, et donc sur leur avenir… N’est-ce pas une belle façon d’être au monde ?

Baisser les Barrières – Le Petit Journal de juillet 2016 Retour sommaire

12-C) LES AUXILIAIRES DES AVEUGLES

Créée en 1963 par un aveugle, M. Bernard de Fougy, l’association a pour vocation de mettre en contact, sur simple appel téléphonique de leur part, des aveugles ou des malvoyants avec des bénévoles prêts à les aider : les Auxiliaires. Les missions peuvent être de nature très diverses. Elles consistent par exemple à :
- Les guider dans leurs déplacements, courses, démarches administratives, passages d’examen.
- Leur rendre visite à domicile pour leur faire de la lecture ou pour écrire du courrier.
- Les accompagner dans leurs promenades, en vacances ou dans leurs activités culturelles ou sportives. L’association propose en effet des programmes réguliers d’activités culturelles (théâtre, concerts, visite de musées, etc.) ou sportives (randonnées pédestres et cyclisme en tandem). Plus de mille bénévoles assurent au total 23 000 missions annuelles pour 1502 déficients visuels dans toute la France, ce qui représente plus de 60 missions par jour (hors dimanches). À titre d’exemple, sur un an, ces missions représentent environ 8 000 visites à domicile, 5 000 heures de lecture et plus de 30 000 km parcourus en tandem… Au-delà de ces différentes activités, notre action apporte à chaque aveugle une présence et un soutien moral, très souvent sources d’estime réciproque. Extrait du Site des « Auxiliaires des Aveugles » En savoir plus : http://www.lesauxiliairesdesaveugle...

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15) LOISIRS – VOYAGES

15-A) LIBRAIRIE AUDIO

BEAT GENERATION L’ANTHOLOGIE MUSICALE 1936-1962

HEP CATS, HIPSTERS & BEATNIKS 1936-1962

Ce mouvement littéraire s’est construit autour de la culture jazz souterraine, qui exprimait la libération des corps et des esprits. Inspirés par les jazzmen et autres hep cats, les hipsters de la Beat Generation ont rejeté les valeurs traditionnelles de la société, adoptant les musiques afro-américaines, les voyages, les drogues, une sexualité libre et la spiritualité. Allen Ginsberg, William Burroughs et Jack Kerouac l’auteur de Sur la route ont lancé la contreculture américaine radicale qui se développerait dans les années 1960 et 1970, marquant considérablement les mœurs et le monde des arts, des idées — des hippies aux punks. En partenariat avec le Centre Pompidou à l’occasion de l’exposition « Beat Generation », l’histoire de la Beat Generation est évoquée par Bruno Blum dans un livret de 32 pages. En savoir plus sur le site de la librairie audio

L’ORAGE Ce CD, réalisé par Bernard Fort, célèbre audio-naturaliste animateur notamment du GMVL de Lyon, a été construit comme un seul orage, qui se déplacerait le plus lentement possible, de paysage en paysage, offrant ainsi de nombreuses variations sur un thème. Aussi l’entendrons-nous en montagne, en fond de vallée ou en plaine, dans des paysages forestiers, agricoles ou minéraux, mais toujours naturels. De nombreuses techniques de prises de son (stéréo d’intensité, stéréo de phase, stéréo M/S, etc.) ont été utilisées pour la réalisation de ces onze concerts naturels, en fonction des lieux et des situations, avec un réel souci de restitution des espaces. Les sons n’ont fait l’objet d’aucune manipulation autre que la sélection et l’assemblage séquences avec un grand respect des durées naturelles. Patrick FRÉMEAUX Éditeur de guides d’espèces, de paysages naturels, de cultures humaines primitives proches des sons de la nature ; La Librairie Sonore - Frémeaux- & Associés fédère tous les labels phonographiques (Sittelle, Ceba, Pithys, Biosound, Collection Allain Bougrain Dubourg) pour constituer le premier catalogue sonore des écosystèmes, une mémoire permanente du vivant et de la biodiversité acoustique dans une approche auditive à vocation écologique et pédagogique. Claude COLOMBINI Site de la Librairie Audio

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15-B) NOUVEAUTÉS AU CATALOGUE DE VOCALE PRESSE

1) - Arrivée du magazine de la Bibliothèque Publique d’Information (la BPI), De ligne en ligne, au catalogue de Vocale Presse. Il vous suffit de nous en faire la demande et nous l’ajouterons entièrement gratuitement à vos journaux.

2) - Arrivée du quotidien Aujourd’hui en France au catalogue de Vocale Presse. Aujourd’hui en France, c’est chaque jour un journal indépendant qui vous offre le panorama complet de l’actualité dont vous avez besoin. Aujourd’hui en France délivre à ses lecteurs une grande variété d’informations accessible à tous. Quel que soit votre niveau d’expertise en économie, en politique ou en culture, vous trouverez un article qui vous intéresse.

Vous pouvez essayer Aujourd’hui en France gratuitement pendant une semaine ou vérifier que le journal qui vous intéresse est au catalogue de Vocale Presse.

Contactez-nous au 04 91 65 51 19 pour une demande d’essai gratuit.

Pour en savoir plus : site internet de Vocale Presse

Lu sur dans la lettre d’information de juillet de Vocale Presse

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15-C) LE BRÉSIL DE PIERRE BARADAT

Pour son troisième séjour au Brésil, effectué cet hiver en plein été austral, ce trentenaire toulousain non-voyant a choisi de découvrir Salvador de Bahia et Rio de Janeiro, ville qui recevra en septembre les Jeux Paralympiques 2016. Témoignage

Ancien étudiant en langues étrangères appliquées (LEA), Pierre Baradat, Toulousain âgé de 37 ans, s’investit à titre individuel dans l’accessibilité de la Ville Rose : il a notamment participé à l’élaboration d’un atlas de Toulouse en braille, d’un atlas visuo-tactile de Midi-Pyrénées et des audiodescriptions des stations de métro et de tram du réseau de transport en commun Tisséo. Ses études en langues l’ont amené à voyager dans plusieurs pays, notamment au Brésil.

"J’ai déjà effectué deux séjours à Sao Paulo, en 2001 et 2004. Je parle le portugais, que j’ai appris à l’université toulousaine Jean-Jaurès. Cette fois, je suis allé à Salvador de Bahia et Rio de Janeiro, un voyage organisé par une agence tout ce qu’il y a de plus classique. A Salvador de Bahia, j’ai résidé dans une pousada [hôtel de charme NDLR] du quartier ancien, à côté du Pelourinho. Les trottoirs sont accidentés, encombrés, étroits, pavés, l’état de la chaussée laisse à désirer. J’ai bien aimé la gastronomie locale, la purée de manioc avec des crevettes par exemple. J’ai effectué quelques excursions avec des groupes de personnes valides, à la journée. J’ai bien ’cramé’ à la plage, par 40 degrés fin février début mars, et visité à l’improviste une école pour enfants déficients visuels, en demandant mon chemin mille fois ! L’école reçoit des adolescents et des jeunes de l’État de Bahia, elle est la seule pour cet État. Il n’y avait pas d’élèves ce jour-là, seulement quelques adultes en suivi de soins de rééducation. Pour l’éducation, ils sont très centrés Brésil : la fondation Dorina Nowill fournit des supports pédagogiques, dont un atlas du Brésil en braille, et distribue également la revue Veja sur CD audio."

Si la pratique de la langue a aidé Pierre Baradat à se faire comprendre, il a également pu compter sur le soutien des passants et des agents : "Ce qui m’a frappé c’est l’abondance de fonctionnaires qui aident les gens. À Rio de Janeiro, les déplacements étaient plus simples, avec un hôtel en face du métro et la plage de Copacabana à 500 m. J’ai fait une excursion dans la forêt de la Tijuca, je suis allé au Corcovado, au pain de sucre, au marché aux puces pour les pièces de monnaie. Beaucoup de gens vont torse nu, je l’ai remarqué quand on m’a guidé. Pour se déplacer dans Rio, je ne sais pas comment les personnes en fauteuil roulant vont faire, il y a peu d’abaissés de trottoirs, ils sont aléatoires. Les trottoirs sont encombrés de vendeurs à la sauvette de journaux ou de plats cuisinés. Les trottoirs sont soit très petits soit larges, faits de petits pavés, le respect des passages piétons les conducteurs Brésiliens ne connaissent pas ! Et quand on circule dans le centre, au milieu des travaux, les trottoirs sont défoncés."

Si la pratique de la langue a aidé Pierre Baradat à se faire comprendre, il a également pu compter sur le soutien des passants et des agents : "Ce qui m’a frappé c’est l’abondance de fonctionnaires qui aident les gens. À Rio de Janeiro, les déplacements étaient plus simples, avec un hôtel en face du métro et la plage de Copacabana à 500 m. J’ai fait une excursion dans la forêt de la Tijuca, je suis allé au Corcovado, au pain de sucre, au marché aux puces pour les pièces de monnaie. Beaucoup de gens vont torse nu, je l’ai remarqué quand on m’a guidé. Pour se déplacer dans Rio, je ne sais pas comment les personnes en fauteuil roulant vont faire, il y a peu d’abaissés de trottoirs, ils sont aléatoires. Les trottoirs sont encombrés de vendeurs à la sauvette de journaux ou de plats cuisinés. Les trottoirs sont soit très petits soit larges, faits de petits pavés, le respect des passages piétons les conducteurs Brésiliens ne connaissent pas ! Et quand on circule dans le centre, au milieu des travaux, les trottoirs sont défoncés." Ce n’est pas mieux pour les piétons déficients visuels : "J’ai remarqué un seul feu sonore, à côté de l’Institut Benjamin Constant qui assure du soutien scolaire et publie une revue trimestrielle en braille. Traverser les rues est assez ardu, il faut se faire aider, trouver les feux. Heureusement, on trouve de l’aide facilement. J’ai même été accompagné par un vigile pour attendre un bus. À l’intérieur, c’est à l’ancienne, avec un chauffeur et un receveur, les bus sont bardés de marches. Mais il y a la climatisation maintenant, par rapport à Sao Paulo. Dans le métro, il y a des bandes de guidage et des agents qui aident, et je n’ai jamais payé, j’ai déjà vu ça à Sao Paulo... Les annonces sonores sont en portugais ou en anglais, quand cela fonctionne. Un buzzer est placé près des portes. Il existe des plans en braille vers lesquels conduisent des guidages podotactiles. Ils sont très résumés, schématiques, et finalement peu informatifs, en relief et braille portugais." Pendant ce séjour, il n’est arrivé aucun incident fâcheux à Pierre Baradat dans une ville qualifiée de dangereuse pour les étrangers, surtout la nuit : "Une fois j’ai failli me faire tirer mon sac à la plage, dans lequel il n’y avait d’ailleurs pas grand-chose. Les autres fois, je l’ai confié avec ma canne blanche à un kiosque à boissons. Il est préférable de ne pas avoir sa carte bancaire, des bijoux ou trop d’argent. Passé dix ou onze heures du soir, il vaut mieux ne pas sortir seul. C’est paradoxal : la petite délinquance est partout mais on aide les aveugles ! Ce n’est que mon avis personnel, tout n’est pas parfait en France mais on n’a pas se plaindre. Et finalement, je me demande si les aménagements ne pèsent pas sur la relation spontanée avec les gens ».

Propos recueillis par Laurent Lejard, juin 2016. Site de Yanous – avec l’autorisation de L. Lejard Retour sommaire

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