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Bulletin 05 du 31 mai 2017

Table des matières :

Bulletin CFPSAA Infos 2017-05 – du 31 Mai 2017

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SOMMAIRE

ÉDITORIAL

Voilà c’est fait : nous avons un nouveau président de la République. Nouvelle méthodes, nouveaux repères. Certains espèrent, d’autres sont inquiets Et nous, en tant que déficients visuels, que pensons-nous ? Nous avons au moins en tête qu’Emmanuel Macron avait terminé le débat d’entre les deux tours avec une carte blanche dédiée aux personnes en situation de handicap. Il s’est engagé à faire du handicap l’une des priorités de son quinquennat. Puis, nous avons attendu la formation du gouvernement. Saluons l’arrivée de Sophie Cluzel en tant que Secrétaire d’État, chargée du Handicap. Particulièrement concernée dans son environnement proche par cette problématique, elle a fondé plusieurs associations et vient donc de notre secteur. Cela nous permet d’envisager une écoute optimale. En tout état de cause, nous escomptons un dialogue positif consolidant les solutions, sans que les sujets ne partent en fumée. Ces sujets restent nombreux et nous les connaissons bien : la révolution numérique, l’inclusion scolaire, la formation professionnelle, l’emploi, le sport et les loisirs, bref tout ce qui fait la vie quotidienne. Nous restons également préoccupés par la prise en charge des personnes âgées déficientes visuelles. Là aussi, Il faudra prendre des décisions en faveur de cette population fragile. L’ensemble de ces sujets et leurs enjeux, Emmanuel Macron semble les avoir intégrés, lui qui a promis, entre autres, une revalorisation de l’AAH, une meilleure inclusion scolaire, un accès à l’emploi favorisé, etc. Cela semble de bonne augure, Mais jusqu’où et comment pourra-t-il agir ? Les élections législatives portent encore une attente, changeront-elles la donne si aucune majorité ne venait à émerger ? Je terminerai en rappelant le constat que lui-même, notre nouveau président de la République a fait. Je le cite : « Le premier Ministre, Jean-Marc Ayrault avait exigé par circulaire, que ses ministres intègrent dans chaque projet de texte de loi, une partie consacrée aux personnes en situation de handicap. Après 5 ans on peut mesurer que cela a été très mal suivi. Il faut donc rafraichir cette circulaire et la rappeler à tout le monde ». Il affirme encore « pour le handicap, il faut une volonté politique forte. » Espérons que cette volonté restera inchangée, la nôtre ne faiblira pas.

Edouard Ferrero Président de la CFPSAA

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2) ACTUALITÉS INSTITUTIONNELLES

2-A) 10È BAROMÈTRE SUR LA PERCEPTION DES DISCRIMINATIONS DANS L’EMPLOI : LE MILIEU PROFESSIONNEL TOUJOURS TROP DISCRIMINANT

Chaque année, le Défenseur des droits et l’Organisation Internationale du travail (OIT) s’associent pour étudier la perception des discriminations dans l’emploi. Ce 10è baromètre, issu de l’enquête « Accès aux droits » du Défenseur des droits, démontre que le monde professionnel apparait comme un milieu particulièrement discriminant. L’objectif de ce baromètre est de mettre en lumière les expériences déclarées de discrimination dans l’emploi et d’étudier l’hétérogénéité des situations de discrimination selon les groupes sociaux. Les résultats indiquent que, dans l’opinion publique, une personne sur deux considère que les discriminations sont fréquentes lors de la recherche d’emploi ; une personne sur trois au cours de la carrière. S’agissant des expériences de discrimination, un tiers de la population active (34%) a déclaré avoir fait l’objet d’au moins une discrimination au cours des cinq dernières années en raison du sexe, de l’état de santé ou du handicap, de l’âge, de la grossesse ou maternité, des convictions religieuses ou encore de l’origine ; 10% rapportant avoir rencontré « souvent » ou « très souvent » des discriminations sur cette même période. Ce haut niveau de discriminations perçues et rapportées est stable depuis plusieurs années. Il fait de l’emploi, qu’il s’agisse de l’embauche ou de l’évolution de carrière, l’un des domaines où les discriminations sont les plus répandues. Ces résultats montrent aussi que certains groupes sociaux sont plus exposés que d’autres aux discriminations dans l’emploi. Le fait d’être une femme ayant des enfants en bas âge, la situation de handicap, le jeune âge pour les hommes, l’origine extra-européenne réelle ou supposée sont autant de caractéristiques susceptibles de renforcer les discriminations. Ces expériences de discriminations nombreuses, mises en regard avec le faible niveau de recours constaté dans l’enquête, rappellent la nécessité pour les pouvoirs publics, comme pour les acteurs de l’emploi, de mettre en place une action vigoureuse de lutte contre toutes les formes de discrimination. Le Défenseur des droits regrette à cet égard la mobilisation tardive du Gouvernement en la matière qui n’a pas permis de déployer des politiques publiques à la hauteur des enjeux. Le Défenseur des droits contribue activement à ce combat pour l’égalité et contre les discriminations. Tout d’abord, il constitue une voie d’accès aux droits précieuse pour les personnes qui peuvent le saisir pour tout fait de discrimination. Ensuite, le Défenseur cherche à favoriser l’accès aux droits des personnes et à mieux prévenir les discriminations au travers des bonnes pratiques qu’il recommande dans ses outils, ses actions d’information et de formation ou encore par les avis et propositions de réforme qu’il porte à l’occasion, notamment, de projets et propositions de lois. L’institution se veut ainsi pleinement actrice du changement des pratiques et des réformes nécessaires pour que l’objectif d’égalité se réalise dans le monde professionnel.

La Lettre du Défenseur des Droits – Mai 2017

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4)- ACTUALITÉS FRANÇAISE DU HANDICAP

4-A) DU BON USAGE DES FEUX

De nombreux articles sur la thématique de "la fin des feux rouges" sont parus dans les médias, chacun avec son propre angle éditorial. Beaucoup faisaient référence au Cerema. Il nous a semblé souhaitable de proposer une vue plus complète bien que simplifiée sur ce sujet sous forme de question réponse. • A quoi servent les feux ? Ils permettent aux usagers de traverser un flot important sans attendre trop longtemps, sans forcer le passage. Ils régulent ainsi le passage des usagers et permettent d’écouler beaucoup de trafic dans un espace réduit, que les usagers soient des piétons ou des véhicules. • Les feux sont-ils utiles ? Oui, comme tout équipement ils ont leur domaine de pertinence. • Alors pourquoi en supprimer ? Lorsqu’on évoque la suppression de feux, il ne s’agit pas de tous les feux mais bien des feux qui ne sont plus utiles. • Qu’est-ce qui justifie ces suppressions ? Les villes évoluent, les niveaux de trafic, les vitesses, les usages. Aussi des feux qui ont été utiles à une époque peuvent avoir perdu leur pertinence, par exemple une rue à 50km/h transformée en aire piétonne ou la modification d’un plan de circulation permettant de transformer un quartier en zone 30 en ayant détourné le trafic véhicule. • Où peut-on supprimer des feux ? Là où les trafics « véhicules » sont faibles. • Où sont-ils réellement utiles ? Sur les rues et aux carrefours à trafic véhicules élevé pour permettre en premier lieu aux piétons de traverser sans trop attendre ni forcer le passage. Ensuite, aux carrefours à trafic élevé pour donner la priorité de passage aux véhicules de transport en commun (Bus, tram) par rapport aux autres usagers • Les feux améliorent-ils la sécurité ? *La question n’est pas simple, toutefois les études convergent pour monter qu’il y a des bénéfices sur la sécurité lorsque le trafic véhicule est élevé, ce qui n’est pas le cas lorsque le trafic est faible.

Trois phénomènes sont notamment documentés relativement aux accidents en carrefour à feux :
- Les prises de vitesse pendant le vert de la part des conducteurs qui veulent éviter le rouge, avec des effets négatifs sur la sécurité,
- Les chocs arrière.
- La trop grande confiance du piéton notamment enfant ou âgé dans la couleur du feu. Le guide de conception des carrefours à feux aux États-Unis (MUTC) a montré que la suppression des feux qui ont perdu leur pertinence aboutie à une réduction de l’accidentalité pour peu qu’elle se fasse dans un cadre réfléchi et conforme aux règles de l’art. Par ailleurs, au niveau comportement on constate un faible respect des feux lorsqu’ils ne sont pas crédibles tant par les conducteurs que les piétons, ce qui peut avoir des conséquences sur la crédibilité des feux là où ils sont pertinents. En conclusion les différents modes de gestion des intersections (priorité à droite, cédez-le-passage, stop, mini-giratoire, giratoire, feux) ont chacun leur domaine d’emploi. Les feux gardent leur pertinence mais pas partout. Étude du Cerema, l’organisme de l’État sur les questions techniques liées au transport et à la voirie Retour sommaire

4-B) AMENDE DE 3ÈME CLASSE TOUCHANT LES REFUS DE CHIEN GUIDE

Article R. 241-22 du code de l’action sociale et des familles modifié par le décret n° 2005-1714 du 29 décembre 2005 relatif à la carte d’invalidité I. Rappel de la loi « Le fait d’interdire l’accès aux lieux ouverts au public aux chiens accompagnant les personnes titulaires de la carte d’invalidité est puni d’une amende de 3eme classe s’élevant de 150€ à 450 € pour une personne physique ou de 2 250 € pour une personne morale. »

A. Concrètement : En vertu de l’article 529 du code de procédure pénale, un agent de police, sur constatation de l’infraction, peut dresser la contravention sans qu’il soit nécessaire de déposer une plainte.

B. Définition de la personne morale : Expression désignant une construction juridique à laquelle la loi confère des droits semblables à ceux des personnes physique physiques (nom, domicile, nationalité, droit d’acquérir, d’administrer et de céder un patrimoine…). Ainsi voici une liste de personnes morales ou "personnes juridiques" qui sont susceptible de refuser à tort votre chien guide :
-  Les E.R.P. et les I.O.P publics ou privés
-  Les transports
-  Les lieux de formations dont les écoles
-  les associations déclarées
-  les sociétés commerciales (type hypermarchés, les hôpitaux, ont la personnalité morale)
-  les fondations Cette amende de 3eme classe ne peut pas s’appliquer aux personnes morales de droit public que sont notamment l’État et les collectivités territoriales. En revanche l’indivision ne dispose pas de la personnalité morale. II. Autre loi de 1994 sur la responsabilité pénale des personnes morales et des dirigeants de société Les personnes morales (les SA et SARL, par exemple) sont pénalement responsables de toutes les infractions commises par leurs organes ou représentants. Cette responsabilité pénale n’exclut pas celle des personnes physiques (et notamment celle du dirigeant) auteurs ou complices des mêmes faits Il n’existe pas de seuil minimal des peines encourues par les personnes morales mais des plafonds et c’est pourquoi le juge peut descendre dans l’échelle des peines. Lorsque la peine encourue est une amende, cette amende peut être quintuplée lorsqu’elle est appliquée à une personne morale. Les amendes encourues sont les suivantes (art 131-13 du Code pénal) : Contraventions Personnes physiques Personnes morales 1re classe 38 € au plus 190 € au plus 2e classe 150 € au plus 750 € au plus 3e classe 450 € au plus 2 250 € au plus 4e classe 750 € au plus 3 750 € au plus 5e classe 1 500 € au plus[3] 7 500 € au plus[4]

A. Plus précisément : L’article 121-2 du Code pénal, modifié par la loi du 9 mars 2004, précise comme suit : « Les personnes morales, à l’exclusion de l’État, sont responsables pénalement, selon les distinctions des articles 121-4 à 121-7, des infractions commises, pour leur compte, par leurs organes ou représentants ». Mais il y a des restrictions, ne rêvons pas d’agir contre un commissariat de police ayant refusé un chien guide, ou même contre une municipalité car la loi exclut l’État qui assure la protection des intérêts généraux et qui a la charge de poursuivre et punir les délinquants. En ce qui concerne les personnes morales de droit public : elles ne sont pas exclues du domaine d’application de la loi toutefois leur responsabilité est soumise à une condition. En effet, les établissements publics, les collectivités territoriales et leurs groupements ne sont responsables que pour les infractions commises dans l’exercice des activités susceptibles de faire l’objet de délégation de service public (ex : l’exploitation d’un théâtre, Crim. 3 avr. 2002). III. Autres informations législatives concernant le chien guide A. Surcoût lié à la présence d’un chien guide L’article 88 de la loi n° 87-588 du 30 juillet 1987 portant diverses mesures d’ordre social indique comme suit : " La présence du chien guide d’aveugle ou d’assistance aux côtés de la personne handicapée ne doit pas entraîner de facturation supplémentaire dans l’accès aux services et prestations auxquels celle-ci peut prétendre. " B. Port de la muselière Les chiens guides d’aveugles ne sont pas soumis au port de la muselière, et ce même dans les lieux publics. Le chapitre Ier du titre Ier du livre II du code rural est complété par une section 4 ainsi rédigée : « Art. L. 211-30. - Les chiens accompagnant les personnes handicapées, quel que soit le type de handicap, moteur, sensoriel ou mental, et dont les propriétaires justifient de l’éducation de l’animal sont dispensés du port de la muselière dans les transports, les lieux publics, les locaux ouverts au public ainsi que ceux permettant une activité professionnelle, formatrice ou éducative. » Bernadette Pilloy Vice-présidente de la CFPSAA Commission accessibilité

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5) ACTUALITÉS INTERNATIONALES DU HANDICAP

5-A) UNE AGENCE DE VOYAGE PORTUGAISE DÉDIÉE AU TOURISME ACCESSIBLE

Portugal 4all Senses c’est une agence de voyages siégée à Lisbonne, dédiée au tourisme d’accessibilité. Nous croyons que voyager doit être accessible à toute personne et nous sommes pionniers dans l’élaboration d’expériences de voyages pour des aveugles ou des porteurs d’un handicap visuel. Nos vacances et plans de voyages ont été planifiés de façon inclusive, en encourageant toute personne à plonger dans la culture portugaise, par les sens. Avec nous, vous pouvez voyager à travers le temps et découvrir les 800 ans d’histoire, qui font de Lisbonne la deuxième plus vieille capitale de l’Europe. Exploitez la cité magique de Sintra et ses palais enchantés et entourés de romantiques jardins. Venez à l’extrémité plus occidentale de l’Europe et sentez la force de l’océan Atlantique. Détendez-vous dans des plages de sable ou participez à des activités en plein air. 2799 heures de soleil, par an et en moyenne, font de Lisbonne la ville la plus ensoleillée de l’Europe. Profitez d’une dose extra et gratuite de vitamine D et découvrez la raison pour laquelle Lisbonne est connue comme la ville lumière ! Dégustez des vins portugais et laissez-vous séduire par ses odorats et ses secrets. Savourez la riche et diversifiée cuisine portugaise où le poisson et les fruits de mer sont des points forts. La morue est reine et les Portugais la préparent de 1001 façons. Que vous soyez à la recherche de culture, d’une magnifique cuisine ou d’un simple motif pour vous détendre, avec nous vous pouvez le faire, car au Portugal vous y trouverez tout ! Venez avec nous et ensemble nous irons exploiter le Portugal, dans un voyage plein de sens, saveurs et émotions !

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5-B) UN NOUVEAU SITE WEB POUR PERMETTRE AUX AVEUGLES ET MALVOYANTS DE VIVRE DES EXPÉRIENCES EN EXTÉRIEUR

Un nouveau site web vient d’être lancé. Portant le nom de Nature for the Blind, il fournit des informations concernant des randonnées en Braille, jardins sensoriels et autres expériences en extérieur que peuvent découvrir les visiteurs aveugles et malvoyants et autres handicapés. Fondé en 2013 par Evan Barnard, Nature for All est un organisme qui propose des expériences en extérieur pour les personnes handicapées à travers la construction de sentiers en Braille et jardins sensoriels dans les espaces publiques du monde entier, les transformant donc en espaces inclusifs. Il y a aussi des programmes et événements en extérieur pour les déficients visuels et des opportunités pour les étudiants bénévoles de rejoindre d’autres jeunes malvoyants pour des expériences en pleine nature. Le nouveau site web donne des informations sur 165 randonnées en Braille et jardins sensoriels de 28 pays dans le monde, sans oublier diverses opportunités pour les malvoyants à travers les écoles pour aveugles, les programmes didactiques, les sports en extérieur et autres ressources de voyages.

Nature for the Blind anime aussi les personnes du monde entier à lui envoyer des informations et des photos de leurs randonnées braille et jardins sensoriels locaux. Vous pouvez envoyer informations et photos à communications@nature4all.org

Bulletin de l’UMA (Union Mondiale des Aveugles) – Avril 2017

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5-C) L’UIT APPROUVE LA NORME OUVERTE WAYFINDR COMME NORME GLOBALE

L’Union Internationale des Télécommunications (UIT) vient d’approuver la norme Wayfindr comme nouvelle norme ouverte globale. Wayfindr est la première norme ouverte pour la navigation audio en intérieur dans le monde, et elle peut être considérée comme une bonne pratique dans la conception de systèmes de navigation interopérables et incluant une fonction audio pour aider les personnes handicapées visuelles et tout autre individu susceptible de bénéficier de la navigation audio. Reconnue par les 193 pays membres de l’UIT, elle est disponible à tous ceux qui recherchent des conseils experts sur la façon de confectionner et de développer une infrastructure de communications interopérable. Les organisations qui désirent un environnement inclusif peuvent être tranquilles : cette norme, utilisée dès le début de leur mise en œuvre, leur permettra de fournir une expérience accessible d’excellence à tous leurs clients grâce à une utilisation simple à tout autre endroit qui aurait mis en place la même norme. L’adoption de la navigation audio en intérieur sera d’une grande aide pour les 285 millions de personnes handicapées visuelles dont la vie changera radicalement puisqu’elle leur permettra de se déplacer en toute autonomie dans les environnements intérieurs.

Wayfindr souhaite travailler avec les organisations et administrations pour explorer les voies qui mèneront à la mise en œuvre de la norme ouverte dans leurs environnements construits ou applications. Si vous souhaitez travailler avec Wayfindr, vous pouvez nous contacter via hello@wayfindr.net. La Recommandation est disponible au téléchargement en suivant ce lien : https://itu.int/rec/T-REC-F.921

Bulletin de l’UMA (Union Mondiale des Aveugles) – Avril 2017

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5-D) UNE DÉCISION DE JUSTICE SANS PRÉCÉDENT AU PAKISTAN PERMET AUX PERSONNES AVEUGLES ET MALVOYANTES DE TRAVAILLER DANS LA FONCTION PUBLIQUE

C’est une décision absolument sans précédent pour les aveugles et malvoyants au Pakistan ! Deux décisions de justice contribuent à faire tomber les barrières à la discrimination des personnes handicapées dans la fonction publique. Par le passé, seules certaines professions de la fonction publique étaient possibles pour elles, mais les tribunaux ont commencé à prendre des décisions inédites et les représentants des personnes handicapées se sont aussi manifestés auprès du Premier Ministre. La fonction publique est désormais ouverte à toutes les personnes handicapées, y compris les aveugles et malvoyants. L’Union Européenne des Aveugles a contribué à ce grand changement puisque son ancien Président, Sir John Wall, CBE, a écrit au Président du Pakistan en 2003 lui demandant l’ouverture de la fonction publique aux aveugles et malvoyants dans le pays.

Bulletin de l’UMA (Union Mondiale des Aveugles) – Avril 2017

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8) EMPLOI

8-A) EMPLOI : DÉCLARER SON HANDICAP

Lorsqu’un handicap survient au cours de la vie, il impacte votre parcours professionnel. Des aides et aménagements existent pour vous permettre de vous maintenir dans l’emploi.

Vers qui vous tourner pour identifier le handicap et trouver des solutions ? Consultez le médecin du travail : il va pouvoir identifier la nature de vos difficultés. L’analyse de votre poste de travail est le préalable nécessaire à la mise en œuvre de solutions adaptées. L’employeur est alors tenu d’enclencher une démarche d’aménagement. Le médecin du travail joue un rôle pivot dans la démarche engagée : il intervient si nécessaire en étroite concertation avec les acteurs médicaux et sociaux, les experts techniques (ergothérapeutes, ergonomes, professions paramédicales). Ensemble, ils analysent la situation (espaces de travail, équipement, organisation du travail) et envisagent avec vous les solutions alternatives. Une fois ce bilan conjoint établi, le médecin du travail propose à votre employeur des ajustements, techniques et/ou organisationnels.

Quel impact sur votre parcours professionnel ? Vous pouvez conserver le même poste ou un équivalent à condition qu’il fasse l’objet des aménagements préconisés par les spécialistes médicaux et les experts techniques. C’est la situation d’inaptitude. Vous pouvez occuper un poste différent au sein de la même organisation mais compatible avec vos capacités. Le cas échéant, vous pouvez bénéficier d’aides pour votre reconversion. C’est le reclassement.

Déclarer son handicap, c’est une nécessité pour qu’il soit pris en compte L’apparition d’un handicap peut être mal vécue. Lorsqu’il diminue les capacités professionnelles, les conditions de travail ne sont plus adaptées à la nouvelle situation. Dans ce cas, il peut être souhaitable de faire reconnaître rapidement son handicap pour éviter de mettre sa santé et sa sécurité en danger. Des solutions existent pour mieux vivre cette situation professionnelle. Un seul préalable : en parler au médecin du travail. Sa consultation est couverte par le secret médical. Il saura conseiller sur la démarche la mieux adaptée et veillera à son bon déroulement. La déclaration du handicap vise surtout à faire valoir un statut, et donc à protéger l’agent. De son côté, l’employeur pourra solliciter l’appui du FIPHFP et organiser le maintien dans l’emploi.

Pour toute demande d’information : Cliquez sur : Demande d’information personne en situation de handicap

Vous êtes une personne en situation de handicap, ce formulaire vous permet de contacter le FIPHFP, qui vous répondra dans les meilleurs délais.

Extrait du Site du FIPHFP

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8-B) AVEUGLE, IL SE BAT POUR RENDRE L’EMPLOI PUBLIC ACCESSIBLE AUX HANDICAPÉS

Au quotidien, Jean-Xavier Welkamp se sert de matériel adaptés qui lui permettent, comme tout le monde, d’envoyer des sms, des mails ou des textes plus longs.

En février 2016, nous avions rencontré cet homme de 61 ans qui se bat pour que les personnes porteuses de handicap, et notamment du sien, la cécité, puissent avoir un emploi. Un emploi qui soit accessible grâce à l’adaptabilité des outils de travail. Contrôleur du travail à la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIREECTE), cet habitant de Libercourt avait été mis à disposition de la MDPH. Mais un changement de logiciel a tout chamboulé. Plusieurs MDPH en France se sont équipées de ce logiciel, appelé Iodas, mais il est inaccessible aux aveugles. Après avoir cherché des solutions, Jean-Xavier Welkamp a dû quitter son poste. Il est tombé en dépression, mais s’est lancé dans une croisade pour l’accessibilité des services numériques aux personnes souffrant de troubles visuels. En 2014, il s’est adressé au défenseur des droits, Jacques Toubon. Ce dernier a envoyé la société AccesSolutions à la MDPH pour vérifier l’accessibilité de Iodas. « La juriste du défenseur des droits a fait venir la société à Paris pour montrer au défenseur comment on peut rendre un logiciel accessible, indique Jean-Xavier Welkamp. La France qui a signé la convention relative aux droits des personnes handicapées est à la traîne. Parce que l’administration n’oblige pas les entreprises à accessibiliser leurs logiciels. » Un document a été rédigé par la juriste et signé par Jacques Toubon en février. Ce document de 16 pages (voir ci-dessous) a attiré l’attention des politiques. Et notamment d’un député LR de Haute-Savoie, Martial Saddier, qui a posé une question au gouvernement le 28 mars. Il demandait à connaître les mesures que le gouvernement envisage pour améliorer l’accessibilité numérique notamment dans le domaine de l’emploi public. Il n’a pas obtenu de réponse pour l’instant. Il en recevra peut-être une du prochain gouvernement… Jean-Xavier Welkamp est également soutenu par une inspectrice du travail et la CGT. Le syndicat lui a permis de faire appel à une avocate parisienne pour engager une procédure contre le conseil départemental du Nord (voir ci-dessous). Depuis trois mois, le Libercourtois travaille au Cap Emploi de Marcq-en-Barœul comme intervenant permanent sur le handicap. Il travaille toujours pour la DIREECTE où il s’occupe des ruptures conventionnelles. Mais il compte aller jusqu’au bout de ses démarches. « Je veux qu’on puisse avancer, grâce à la jurisprudence, dans l’accessibilité des outils de travail. Que les concepteurs de logiciels aient une formation obligatoire sur l’accessibilité. Deux non-voyants sur trois en âge de travailler sont sans emploi. » Un mémoire signé du défenseur des droits Le mémoire écrit par la juriste du défenseur des droits a été publié en février 2017. Ce document veut rappeler le cadre juridique en matière de droit à l’accessibilité numérique et l’interdiction de toute discrimination fondée, notamment, sur le handicap. Et il émet des recommandations à l’attention du Premier Ministre et des ministères mis en cause. Il rappelle qu’en France, 1,7 million de personnes sont atteintes d’une déficience visuelle. Voici un extrait de la conclusion du document de 16 pages signé par Jacques Toubon : « Le Défenseur des droits recommande au Premier Ministre d’adresser, dans un délai de six mois, une circulaire à l’attention des administrations soulignant leurs obligations en matière d’accessibilité numérique en appelant en particulier leur attention sur la nécessité de former les personnels, notamment les agents des directions des systèmes d’information. » Une procédure contre le Département En février 2016, le directeur de la MDPH, interrogé par nos soins, reconnaissait qu’il y avait eu un problème technique, mais que sa structure avait cherché une solution pour Jean-Xavier Welkamp. Il nous indiquait que le défenseur des droits avait classé l’affaire, ce qui n’est pas la réalité puisqu’un mémoire a bien été rédigé et signé par Jacques Toubon. En demandant l’aide d’une avocate, M. Welkamp a engagé une procédure contre le conseil départemental auprès du tribunal administratif. « C’est bien le Département qui a choisi Iodas, le logiciel utilisé par la MDPH, indique-t-il. Pour moi, il est responsable. Mais il essaye de se désengager. » En effet, le Département a fait valoir auprès du tribunal qu’il ne serait pas responsable dans cette affaire puisqu’il considère que la MDPH est une personnalité juridique autonome et que Jean-Xavier Welkamp était détaché de la DIREECTE. Or, selon Me Athon-Perez, la MDPH est bien sous la tutelle administrative et financière du Département et sous la responsabilité du président. M. Welkamp veut obtenir la réparation de l’ensemble des préjudices résultant des fautes commises par la collectivité à son égard. Et souhaite que l’accessibilité soit effective. Car le problème persiste puisque la MDPH utilise toujours Iodas. « La version web a été mise en place après mon départ, indique-t-il, mais elle n’a pas été testée en accessibilité. La MDPH envoie des non-voyants en centre de rééducation professionnelle qui sert à reclasser des personnes inaptes à leur métier. Mais elle ne pourra pas les embaucher parce que le logiciel n’est pas adapté ! »

La Voix du Nord Par Cédric Gout | Publié le 01/05/2017

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15) LOISIRS – VOYAGES

15-A) XAVIER MÉRAND : DE LA CHANSON ET DES JEUX !

Après une carrière de chanteur, Xavier Mérand se consacre à sa seconde passion, les jeux de société qu’il adapte pour que voyants, malvoyants et aveugles jouent ensemble.

Rencontre : Un local en rez-de-chaussée du quartier de Bercy, dans le 12e arrondissement de Paris, des jeux de sociétés classés dans deux rangements distincts : d’un côté, adaptés pour des joueurs déficients visuels, en face en version du commerce. C’est Accessijeux, association créée par Xavier Mérand, l’un des (très) rares chanteurs aveugles ou malvoyants. "Je voulais être dessinateur, mon grand-père faisait des dessins animés, raconte-t-il. J’ai été confronté à la déficience visuelle pendant mes études, il me devenait difficile de dessiner." Il s’est alors réorienté vers des études plus traditionnelles, tout en se formant au son, et s’est inscrit aux Ateliers Chansons de Paris (devenus depuis la Manufacture chanson), "un Fame à la Ménil’muche [Ménilmontant]". Il y a appris le chant, la danse, le rythme de 1996 à 1998, et a débuté sa carrière, il avait alors 23 ans. "Dès la sortie de l’école, j’étais lancé dans une grande dynamique. Il y avait des concours, j’ai appris mon métier en chantant dans des bars mais c’était compliqué de devenir professionnel. Je faisais tout, payant les musiciens, réalisant la communication graphique, sans boite de production derrière. Ce que j’ai appris me sert à travailler très vite aujourd’hui." Au début auteur-compositeur-interprète, il a ensuite confié ses textes à des compositeurs. Sa carrière a été essentiellement parisienne : "J’ai fait peu de concerts en région, surtout dans des événements autour du handicap. Je remplissais les salles à Paris ’au chapeau’ [quête réalisée en fin de spectacle]. J’étais dans une position un peu casse-gueule, arrivé à la quarantaine il était temps d’évoluer..."

C’est là que démarre la seconde carrière de Xavier Mérand : le jeu en société, une passion qui remonte à l’enfance. "J’ai toujours joué avec mes trois sœurs, au Monopoly, au Cluedo, je dessinais dans ma chambre ou je jouais. Dès que je suis devenu papa, on a repris en famille jusqu’à découvrir Catane, qui révolutionné le jeu de société. Il repose peu sur le hasard mais beaucoup sur la stratégie et la réflexion, on est acteur du jeu en permanence parce que les décisions des autres sont impliquantes pour soi." Ce retour au jeu de société lui a donné l’envie de faire partager ce plaisir au plus grand nombre, et pour cela d’en adapter aux personnes déficientes visuelles, ce qui l’a conduit à créer l’association Accessijeux. Elle réalise ces adaptations (résumé des règles en braille intégralité en version sonore, stickers tactiles collés sur les cartes ou pions, repères tactiles, etc.) tout en achetant les jeux au prix de gros afin de rester compétitifs par rapport à la version standard. L’association compte près d’une cinquantaine de jeux à son catalogue de vente en ligne. Chacun est présenté en détail, indiquant comment il s’organise selon la capacité visuelle des participants.

Accessijeux participe également à des festivals du jeu, et organise chaque premier jeudi du mois une soirée à la Maison des Associations du 12e qui lui sert également à tester de nouvelles adaptations. "La difficulté pour les joueurs déficients visuels, c’est le déplacement, précise Xavier Mérand. Les personnes déficientes visuelles qui vivent en résidence ne se connaissent pas, peu sortent. On va les chercher avec des bénévoles, pour contourner les difficultés liées aux transports collectifs ou le coût d’un taxi. Une amateure vient de Rueil-Malmaison, elle fait deux heures de transport ! C’est un maintien de la socialisation. On essaye de faire en sorte que ça fonctionne à Paris." Actuellement, quelques ludothèques en région proposent des jeux adaptés et des animations et sont intéressées par le travail d’Accessijeux. "On attend de pérenniser pour essaimer," conclut Xavier Mérand.

Propos recueillis par Laurent Lejard, mai 2017

Yanous-Actu n° 488

Les articles de Yanous-Actualités sont diffusés avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard

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15-B) JOURNÉES NATIONALES DE L’ARCHÉOLOGIE – INRAP

Dans le cadre de la 8e édition des Journées nationales de l’archéologie (JNA), l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques) propose des visites traduites en LSF sur ses chantiers de fouille et dans ses centres de recherches archéologiques ouverts à cette occasion. Des ateliers sont accessibles aux malvoyants et non-voyants au village de l’archéologie à Paris. Le programme des visites traduites en LSF : • Alizay (27) - Samedi 17 juin à 15h • Amiens (80) - Samedi 17 juin à 15h • Civaux (86) - Dimanche 18 juin 15h • Dijon (21) - Dimanche 18 Juin 15h. • Guérande (44) - Dimanche 18 juin à 15h • Narbonne (11) - Samedi 17 juin à 15h • Paris, Village de l’archéologie (75) - Samedi 17 juin à 15h • Réau (77) - Samedi 17 juin à 15h • Rennes (35) - Samedi 17 juin à 15h • Roquelaure (32) - Samedi 17 juin à 15h • Saint-Dizier (52) - Samedi 17 juin à 15h • Trets (13) - Samedi 17 juin à 15h • Valence (26) - Samedi 17 juin à 15h

Les ateliers accessibles aux malvoyants et non-voyants au village de l’archéologie à Paris : • Les squelettes nous parlent l’Atelier anthropologie > Moulages de sépultures et d’ossements à toucher. • Taille de silex l Démonstration > Possibilité exceptionnelle de pouvoir toucher les outils réalisés et les matériaux utilisés. • Mille et un tessons l’Atelier céramologie > Manipulation et fiche-jeu tactilo-visuelle Le bon tesson pour reconstituer la poterie. • Archéologues en herbe l’Atelier d’initiation à la fouille > Difficilement accessible / Participation possible si un parent ou un ami accompagne individuellement.

Ces activités sont en accès libre et gratuit. Retour sommaire

15-C) SPECTACLE ET EXPOSITION

Spectacle : 1er au 10 juin 2017 - Théâtre Paris-Vilette (75019) - Handicap visuel. "Des hommes en devenir", spectacle d’après le roman de Bruce Machart, mise en scène d’Emmanuel Meirieu. Ils vivent parmi vous. Sans le savoir, vous les avez peut-être déjà croisés. Ils sont aide-soignant, vendeur démarcheur, coursier... Cinq témoignages qui ont la dimension de leur colère, de leur douleur et de leur courage, pour nous aider à vivre avec nos morts, nos absents, nos disparus. Cinq hommes qui n’ont pas peur de garder un peu de tendresse au fond de leurs poitrines pour venir l’exposer au grand jour. Ce spectacle, pour adultes et adolescents, ne nécessite pas d’audio-description mais plusieurs représentations sont proposées avec programmes détaillés (caractères agrandis, braille) : le 1er juin à 20h, le 2 à 19h, le 3 à 20h, le 4 à 16h, le 7 à 20h, le 8 à 20h, le 9 à 19h et le 10 à 20h. Tarif individuel préférentiel : 15€ pour la personne aveugle et son accompagnateur. Visite tactile (gratuite sur réservation) le 1er juin à 18h30, rencontre avec le metteur en scène (gratuite sur réservation) le 9 juin à l’issue de la représentation. Réservations au 01 40 03 72 23 ou par mél. Lieu : Théâtre Paris-Villette, 211 avenue Jean Jaurès 75019 Paris.

Exposition : 3 juin 2017 (14h30) - Musée du Quai Branly (75007) - Handicap visuel. Visite guidée descriptive et tactile de l’exposition "Picasso Primitif". Lieu : Musée du Quai Branly Jacques Chirac, 37 quai Branly, 75007 Paris. Renseignements complémentaires et réservations en suivant ce lien.

Yanous-Actu n° 489

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15-D) TOURISME À VENISE POUR LES PERSONNES AVEUGLES ET MALVOYANTES

Deux compagnies touristiques, Esplora et La Girobussola, proposent aux aveugles et aux malvoyants un nouveau circuit au cœur de Venise. Il dure 4 jours et 3 nuits et un guide pour deux personnes est proposé. Au cours de ces quatre jours, vous découvrirez les formes et les districts de Venise grâce à des cartes tactiles et des modèles en 3D. Les lieux les plus célèbres de Venise n’auront plus de secret pour vous : la place Saint Marc, le Palais Ducal, le Pont du Rialto, le marché aux poissons, le Lido et le Ghetto juif. Ce circuit coûte 90 euros par jour et par personne, et il ne comprend ni l’hébergement, ni le voyage jusqu’à Venise.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Lorenzo à l’adresse Lorenzo@esploriamo.org ou Marta à l’adresse info@girobussola.org

Bulletin de l’UMA (Union Mondiale des Aveugles) – Avril 2017

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15-E) HONORÉ DE BALZAC – LE PÈRE GORIOT

Lu par Bruno Putzulu Œuvre maîtresse de la littérature française du XIXe siècle, à l’exemple du Rouge et le Noir et de Madame Bovary, Le Père Goriot sera dès sa première édition un immense succès. En scribe de son temps, Balzac y décrit l’intimité de la pension Vauquer, dont les habitants secrètent toutes les humeurs, toutes les ambitions et toutes les amertumes du Paris populaire. Une étude de mœurs pittoresque dont la voix limpide et nuancée de Bruno Putzulu épouse au plus juste les détails et les contours du style. Claude Colombini

Site de la Librairie Audio

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15-F) UN ÉVÈNEMENT À DESTINATION DES ENFANTS : À LA RENCONTRE DE LA DIFFÉRENCE AUTOUR DE L’ART LYRIQUE

Ouvrir les portes de l’Opéra-Comique aux publics en situation de handicap

Une opération en deux volets :

Samedi 3 juin 2017 : Atelier d’initiation pratique Un atelier d’initiation au chant avec des classes de la Maîtrise Populaire de l’Opéra-Comique, animé par Sarah Koné, directrice artistique de la Maîtrise. A l’auditorium de Gecina à 15h. L’atelier sera suivi d’un goûter pour permettre aux enfants d’échanger après cet atelier, avec les parents accompagnateurs.

Samedi 24 juin 2017 : Parcours mélomane 17h : Accueil des enfants pour une visite de la Salle Favart de l’Opéra-Comique : à la découverte d’un lieu de patrimoine méconnu et tout récemment rénové. 1830/19h : Pique-nique avant la représentation dans la salle Bizet de l’Opéra-Comique. 20h : Annie, représentation par la Maîtrise Populaire de l’Opéra-Comique L’atelier et le spectacle sont gratuits. Pour réserver vos places, contactez : Philomene.loambo@opera-comique.com ou au 01 70 23 01 02. Pour toute réservation d’une place pour un enfant en situation de handicap, la place est offerte pour son parent accompagnateur. (http://www.opera-comique.com/fr/act...)

Organisé par la Fondation Gecina avec l’Opéra-Comique

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15-G) HANDIVALISE

Handivalise se prépare pour les vacances d’été ! " Les beaux jours arrivent, et les projets de vacances avec ! Handivalise vous aide à les organiser en vous trouvant un accompagnateur disponible tout au long du trajet. Cela peut se faire en train, voiture, avion, autocar,...dans toute la France voire même à l’international. Nous pouvons également vous aider sur l’organisation du voyage. Grâce à un système collaboratif, Handivalise est la solution pour trouver un accompagnateur de confiance à petit prix ! La démarche est simple, il suffit de se créer un compte sur Handivalise (https://www.handivalise.fr/ ) et de poster vos trajets ! Au besoin contactez le : 07 81 89 64 01, ou par mail : sibylle@handivalise.fr). " www.handivalise.fr

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15-H) LAURA HURT, HARTISTE

Devenue malvoyante, cette artiste multidisciplinaire multiple les créations tout en préparant une thèse sur le spectacle accessible à tous mais regrette que son travail ne soit guère rémunéré à sa juste valeur depuis son entrée dans le handicap. Portrait.

Laura Hurt était une créatrice multidisciplinaire quand la malvoyance a commencé à l’affecter. Son parcours universitaire et artistique l’avait conduit au conservatoire de Nice ou elle a appris l’art dramatique, le chant lyrique et jazz, la danse contemporaine, et qui l’a diplômée en 2005. Puis elle a approfondi avec des études de théâtre à la Sorbonne à Paris. Elle a travaillé comme metteur en scène au contact de comédiens, dont des personnes handicapées, montant des créations contemporaines mêlant arts plastiques, théâtre, danse et musiques. Dans cette période, elle a connu des problèmes de vision, et trois années d’errance médicale pour parvenir en 2011 au diagnostic : kératocône de la cornée entrainant une lente et irréversible déformation et une cécité progressive.

"J’ai été suivie par un centre pour déficients visuels pendant deux ans puis j’ai repris des études en vue d’un doctorat. Heureusement que pendant cette période j’étais aidée par mon mari ! J’ai aussi repris mon art, en expérimentant, en mettant en scène tout en voyant mal." Elle a sculpté, peint, multiplié les savoir-faire pendant l’errance médicale, comme une préparation de l’après diagnostic, l’exploration tous les possibles pour projeter son travail créatif dans son avenir d’artiste malvoyante puis probablement, aveugle. Elle a réalisé des tableaux et œuvres tactiles présentés lors d’expositions ouvertes à tous les publics, à Nice. Récemment encore, elle exposait dans une galerie niçoise. Sa malvoyance, elle la montre dans ses créations vidéos, images au trait, fort contraste noir et blanc, contours incomplets des formes, la vision résiduelle de Laura Hurt... Au début de sa malvoyance, elle se déplaçait avec une canne blanche, puis elle a obtenu un chien-guide en 2015, une libération : "L’arrivée du chien guide, ça a été un déclic !" Avec l’autonomie procurée par Ice Tea, son guide à quatre pattes, elle a multiplié ses créations, donnant des conférences sur l’art accessible à tous qui est également le sujet de la thèse de doctorat dont elle achève la deuxième année de recherche. En parallèle, elle élabore un spectacle d’accessibilité universelle, mêlant texte, théâtre, danse, arts plastiques, multiforme, tactile, au plus près des spectateurs. Pour cela, elle adapte la vie d’Helen Keller dont elle a lu l’autobiographie pendant son errance médicale.

Mais tout n’est pas si simple depuis l’entrée de Laura Hurt en malvoyance : son statut d’artiste n’est plus le même. "Cela fait quelques années que je collabore avec la ville de Nice, j’ai eu accès à de belles salles. Mais depuis mon handicap, j’ai énormément de mal à être rémunérée. C’est un gros coup de gueule ! Quand je demande à âtre rémunérée pour mon travail, on me dit que ce n’est pas possible !" Pourtant, ses créations sont annoncées dans la presse et l’affichage municipal, elle était payée tant qu’elle était une artiste professionnelle valide, mais plus depuis qu’elle est artiste professionnelle malvoyante. "On me dit ’on aime beaucoup ce que vous faites’. Mon travail est tout à fait reconnu, j’ai des critiques très positives, mais les institutions ne suivent pas. J’ai même entendu quelqu’un dire qu’une personne handicapée ne peut pas être diplômée ! C’est tout un travail à faire sur le handicap". Une discrimination qu’elle explique ainsi : "La différence, c’est que le créateur est handicapé et fait jouer des valides. Alors que le contraire est admis, quand Madeleine Louarn ou Pippo Delbono font jouer des comédiens handicapés." Créatrice multidisciplinaire, Laura Hurt ne se définit pas comme féministe malgré un look assez particulier. "Je ne fais pas du spectacle féministe, mais du ressort de la force vitale, ni masculine, ni féminine. Je n’ai pas une ultra-féminité, plutôt un mix. Ce n’est pas une question qui me parle, qui m’intéresse. L’important, c’est l’humain. On peut être différent, mais pas par le sexe." Parmi ses projets, Laura Hurt présentera "Réveillons la censure" en septembre prochain à Nice, spectacle, album, installations plastiques, photos, conférences. "Le but est de montrer les corps différents même s’ils gênent ; quelque chose d’assez fort". Et elle poursuivra une thèse universitaire qui devrait l’occuper encore deux ou trois ans, une recherche alimentée par la création : "Le chercheur est aussi un artiste. Tout le travail pratique alimente le travail créatif."

Propos recueillis par Laurent Lejard, mai 2017

Yanous-Actu n° 489

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