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Confédération Française pour
la Promotion Sociale
des Aveugles et Amblyopes

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Bulletin 03 du 29 mars 2018

Table des matières :

Bulletin CFPSAA Infos 2018-03 – du 29 Février 2018

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SOMMAIRE

ÉDITORIAL

Les phases de négociations se poursuivent en matière d’emploi des personnes handicapées. Beaucoup de chantiers en cours qui se croisent entre eux, induisant des réformes telles que la formation professionnelle ou le financement des entreprises adaptées. Ces dernières semaines la DOETH (Déclaration Obligatoire d’Emploi des Travailleurs handicapés) a été particulièrement à l’ordre du jour du CNCPH (Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées), et entraîne nombre d’allers et retours de textes et de propositions.

La rapidité affichée du calendrier gouvernemental et les textes qui évoluent de jour en jour, entraînent un peu de confusion. Nous n’avons pas toujours les documents accessibles suffisamment tôt, et à peine le temps de formuler un avis qu’une nouvelle variante est déjà dans les tuyaux. Tout cela dans une période un peu tendue, compte tenu, de la réforme à venir des organismes de financement pour l’emploi des personnes handicapées tels que le FIPHFP et l’Agefiph. Il n’est donc pas très facile d’appréhender clairement les choses actuellement…. Nos revendications ont pourtant porté leurs fruits puisque Sophie Cluzel, Secrétaire d’État, chargée du Handicap, a pris en compte nos demandes répétées de concertation et qu’aujourd’hui nous sommes assis à la table des négociations.

La CFPSAA continue de négocier aussi pour l’amélioration de nos services pour les transports à la SNCF. Au moment où cette dernière agite le chiffon de la contestation et nous promet un printemps compliqué, notre commission Accessibilité s’implique pour que le site et les applications mobiles de la SNCF, qui ne sont que partiellement accessibles, le deviennent totalement pour les personnes déficientes visuelles.

Par ailleurs, la remise de prix du « Marius de l’Audiodescription » que nous vous avions annoncée, a eu lieu fin février. Nous sommes heureux d’avoir ainsi mis en lumière l’audiodescription auprès des professionnels du cinéma, et la soirée a été réussie et riche en émotion. Vous pourrez en lire le récit un peu plus loin dans ce bulletin.

Dans ce contexte un peu flou et sur fond de crise sociale, la CFPSAA reste opiniâtre et garde son cap : continuer de défendre tout ce qui impacte la vie des personnes aveugles et malvoyantes. Je vous souhaite un bon week-end de Pâques.

Edouard Ferrero Président de la CFPSAA

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1) ACTUALITÉS DE LA CFPSAA

1-A) LE MARIUS DE L’AUDIODESCRIPTION

Il fait froid ce mercredi 28 février à Paris. Devant le CNC, Centre National du Cinéma et de l’image animée, haut lieu de décision pour la création cinématographique française, une petite foule se presse. Quelques passants s’étonnent : les « César » n’ont pourtant lieu que dans 2 jours » ? 18h30 - Intérieur du CNC : la salle de projection est pleine et bruisse de chuchotements, de cliquetis de caméras et autre matériel de journalistes en quête d’interviews. Il se passe donc bien quelque chose et si ce n’est pas « César », c’est « Marius ». C’est une première : ce soir est décerné le « Marius de l’Audiodescription ». La CFPSAA vient d’initier ce prix qui doit récompenser le film le mieux audio décrit parmi les 7 films nommés dans la catégorie « meilleur film » aux César du Cinéma.

Depuis déjà longtemps, un panel de spectateurs, attaché à la CFPSAA, analyse les audiodescriptions et fait remonter ses observations. C’est dans l’esprit de Sylvie Ganche, membre de ce panel que l’idée a germé. Lorsqu’une idée est bonne il faut l’attraper au vol et un comité d’organisation s’est vite mis en place autour de ce projet emmené par Sylvain Nivard, Secrétaire Général du GIAA et spécialiste de l’accès au livre et à l’audiovisuel au sein de la Commission Culture de la CFPSAA. Après 3 mois de conciliabules et tractations diverses, pendant lesquels le jury, exclusivement composé de personnes aveugles et malvoyantes, a délibéré, les résultats sont tombés et la remise du trophée pouvait enfin avoir lieu.

Ce soir, le public est largement composé de professionnels du cinéma. Un mot d’accueil extrêmement chaleureux de Laurent Vennier du CNC, et, après les interventions d’Edouard Ferrero, Président de la CFPSAA, de Sylvain Nivard et Sylvie Ganche, le noir se fait soudain, et chacun se trouve dans les conditions de la cécité pour la diffusion de quelques extraits de films. Entre chaque séquence, le témoignage de Dominique Bertucat, elle aussi, membre du panel, démontre les points positifs qui font une l’audiodescription réussie.

La salle se rallume, voici le moment de dévoiler le palmarès gagnant. 3 films sont arrivés en tête : « Petit paysan, d’Hubert Charuel, Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel et 120 battements par minutes, de Robin Campillo. Le gagnant est : Petit paysan, dont l’audiodescription a été réalisée par Morgan Renault pour le laboratoire Titra film. Moment d’émotion pour la remise de ce premier « Marius » et Morgan Renault, statuette en main et, accompagnée de sa relectrice Marie-Pierre Warnault, décrit le parcours qui l’a conduit jusqu’ici sans omettre de remercier ceux qui lui ont transmis leur savoir.

L’assistance semble touchée par cette cérémonie, et si la remise du prix est un moment de plaisir et de satisfaction, au-delà, il y a la vie quotidienne des personnes aveugles et malvoyantes. La vocation de cette soirée est d’alerter les professionnels, et de transmettre un message orienté vers les bonnes pratiques. L’audiodescription fait partie de la post-production et à ce titre, elle pourrait trouver sa place dans la catégorie « César et techniques » du cinéma, dont le trophée est remis chaque année. La suite nous le dira, mais quelle que soit sa forme, ce prix se conjugue désormais au futur. Les personnes déficientes visuelles qui aiment le cinéma sont nombreuses et leurs attentes le sont tout autant. Une audiodescription réussie doit porter les émotions d’une œuvre et en faire percevoir les subtilités. Si notre « Marius » peut y contribuer, alors nous aurons gagné un peu d’égalité entre citoyens.

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1-B) LOISIRS/CÉCITÉ - MARIUS DE L’AUDIODESCRIPTION

La Confédération Française pour la promotion sociale des aveugles et amblyopes (CFPSAA) a remis le premier Marius de l’audiodescription au film Petit paysan, réalisé par Hubert Charuel en 2017 et audiodécrit par Morgan Renault pour Titra Film. Un jury de cinéastes aveugles a visionné les sept films sélectionnés pour les Césars 2018, qui se sont tous avérés audiodécrits à la grande surprise des organisateurs. Au Revoir Là-Haut, d’Albert Dupontel, et 120 battements par minute, de Robin Campillo, se sont classés 2e et 3e des sept films par ailleurs sélectionnés pour le César du meilleur film décerné demain par l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma. Les initiateurs du Marius de l’audiodescription espèrent d’ailleurs convaincre cette académie d’en faire un César technique lors de ses prochaines éditions. Jeudi 1er mars 2018 Yanous-Actu n° 505

Les articles de Yanous-Actualités sont diffusés avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard

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2) ACTUALITÉS INSTITUTIONNELLES

2-A) RECHERCHE SUR LE HANDICAP ET LA PERTE D’AUTONOMIE : LA CNSA PUBLIE LES RÉSULTATS DE DIX ANNÉES DE SOUTIEN

Communiqué La CNSA publie sur son site internet l’essentiel des résultats de recherche qu’elle a financés depuis sa création. Elle rend ainsi accessibles aux professionnels, aux personnes concernées et à leur entourage les nouvelles connaissances scientifiques produites par les chercheurs. Depuis 2007, la CNSA a soutenu plus de 250 projets de recherche — plus de 130 dans le secteur du handicap, près de 70 dans le secteur du grand âge et une soixantaine sur des questions transverses à tous les publics — pour un financement total de près de 32 millions d’euros. Ces projets ont été sélectionnés dans le cadre d’appel à projets conduits avec des partenaires (IReSP, Agence nationale de la recherche…), par des jurys indépendants composés principalement de scientifiques. La moitié d’entre eux sont terminés. La CNSA a souhaité capitaliser sur les enseignements de ces travaux1. À cette fin, elle met en ligne progressivement les rapports finaux des projets de recherche et une courte synthèse rédigée de façon simple pour être comprise par tous. La CNSA les rend publics, car ils peuvent alimenter utilement les réflexions des chercheurs et des acteurs du champ de l’autonomie et encourager certains d’entre eux à participer à de futurs projets de recherche. L’agence entend ainsi conforter ce champ de la recherche et développer le dialogue entre le monde de la recherche académique et les parties prenantes du champ du handicap et de la perte d’autonomie (professionnels, associations, proches aidants, particuliers concernés, opérateurs, industriels…). Une action déterminante pour développer et structurer la communauté scientifique du secteur L’action de la CNSA a été déterminante pour développer et structurer la communauté scientifique de recherche sur le handicap et la perte d’autonomie. Les appels à projets dédiés – notamment ceux lancés par l’IReSP et financés par la Caisse – sont désormais connus et repérés et la qualité des projets progresse. Par ailleurs, les jeunes chercheurs, qui sont de plus en plus nombreux à proposer des projets sur ces thématiques, poursuivent majoritairement ensuite sur ce champ de recherche.

Prochaines étapes : séminaires de recherche et 5es rencontres scientifiques Pour valoriser ce riche matériau et les connaissances produites et diversifier les passerelles entre les chercheurs et les parties prenantes, l’agence organisera des séminaires de recherche dans le courant de l’année 2018. Les premiers porteront sur l’aide à domicile et le handicap psychique. Les 5es rencontres scientifiques, organisées les 17 et 18 octobre prochains, seront cette année encore l’occasion de vulgariser les apports scientifiques autour d’une question sociale ; cette année, celle de la prise en compte des savoirs issus de l’expérience des personnes et des professionnels. Comment accéder aux résultats de recherche ?
- Les rapports de recherche sont consultables dans la rubrique « Documentation > Rapports de recherche ».
- Les fiches de synthèse sont accessibles dans la rubrique « Soutien à la recherche et à l’innovation > Résultats de recherche ». 1 Les résultats présentés relèvent de la responsabilité des chercheurs. Site de la CNSA 9 mars 2018 Retour sommaire

2-B) QUESTION ÉCRITE/RÉPONSE DU SECRÉTAIRE D’ÉTAT, CHARGÉ DES PERSONNES HANDICAPÉES

Question écrite n° 00220 de M. Philippe Mouiller (Deux-Sèvres - Les Républicains) Publiée dans le JO Sénat du 13/07/2017 - page 2259

M. Philippe Mouiller attire l’attention de Mme la secrétaire d’État, auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées sur la falsification des cartes de stationnement réservées aux personnes handicapées. Cette carte leur permet de stationner sur les places réservées aux personnes à mobilité réduite et de bénéficier, dans certaines villes, de la gratuité du stationnement, sans limitation de durée.. On constate une augmentation conséquente de la fraude auxdites cartes de stationnement. Les fraudeurs usent de plusieurs stratagèmes : soit ils « empruntent » la carte d’un proche consentant, soit ils gardent, pour leur usage, la carte d’un parent décédé. Craignant de se faire dérober leur carte, des personnes handicapées en viennent à la garder sur eux et à en mettre une photocopie dans leur véhicule ; ce qui les expose à une amende de 1 500 euros. Il lui demande de bien vouloir lui indiquer les mesures qu’il entend prendre afin de mettre fin à ce phénomène.

Réponse du Secrétariat d’État, auprès du Premier ministre, chargé des personnes handicapées Publiée dans le JO Sénat du 15/02/2018 - page 686

Les difficultés de stationnement rencontrées par les personnes handicapées munies d’une carte européenne de stationnement constituent un sujet sensible, auquel le Gouvernement est particulièrement attaché. La lutte contre la fraude à la carte de stationnement pour personnes handicapées, dont sont victimes au premier chef les personnes handicapées, lui apparaît dès lors comme un impératif majeur. C’est pourquoi le renforcement de la sécurité du processus de fabrication de ces cartes et de leur utilisation a été engagé, afin précisément d’en empêcher la contrefaçon ou leur utilisation frauduleuse. Ces éléments ont conduit à la création de la Carte Mobilité Inclusion (CMI). La CMI est une des mesures de simplification annoncées dans le cadre de la Conférence nationale du handicap (CNH) de décembre 2014 et confirmée lors de la CNH de mai 2016. Cette carte se substitue progressivement depuis le 1er janvier 2017 aux cartes d’invalidité, de priorité et de stationnement destinées aux personnes handicapées. La CMI comprend donc trois mentions possibles : invalidité, priorité et stationnement. L’ensemble des critères d’attribution et des droits attachés aux anciennes cartes ont été maintenus. Les principaux objectifs visés par l’institution de la CMI sont la simplification des démarches des bénéficiaires et la sécurisation de la carte et de ses processus de fabrication. La CMI est en effet fabriquée exclusivement par l’Imprimerie nationale qui dispose de toute l’expertise nécessaire en matière de fabrication de titres sécurisés. La CMI est une carte personnelle et sécurisée qui comporte des éléments spécifiques et renforcés de sécurité destinés à empêcher les falsifications et contrefaçons et qui lui confèrent un caractère quasiment infalsifiable. L’un des principaux objectifs de la carte mobilité étant la lutte contre la fraude à la carte de stationnement pour personnes handicapées, le ministère de l’intérieur a été étroitement associé à l’ensemble des travaux réalisés au titre du projet Carte Mobilité Inclusion. Dans le cadre de ce projet CMI, divers dispositifs de simplification, modernisation et renforcement du contrôle, par les forces de l’ordre, de l’utilisation de la CMI-stationnement, ont été prévus. Il est ainsi désormais possible, par exemple, de vérifier l’authenticité et la validité de la CMI-stationnement via un serveur vocal interactif et un flash code (2DOC) apposé sur la carte. Par ailleurs, en cas de délivrance d’un duplicata, le précédent titre sera invalidé et, lors du contrôle, les forces de l’ordre seront informées du caractère invalide du titre ainsi que du motif de l’invalidation (perte ou vol). En outre, il est possible pour l’organisme ayant traité la demande de CMI (maison départementale des personnes handicapées ou conseil départemental) de signaler à l’Imprimerie nationale le décès du bénéficiaire, ce qui conduira également à l’invalidation du titre et à l’impossibilité de l’utiliser. L’institution de la carte mobilité inclusion permet ainsi de simplifier et d’optimiser les contrôles par les forces de l’ordre, d’empêcher la circulation et l’utilisation de documents contrefaits et de favoriser ainsi l’accès des personnes handicapées aux places de stationnement qui leur sont réservées.

Site Mon Sénat

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2-C) DE NOUVELLES COMPÉTENCES POUR LES JADE

Depuis octobre dernier, la promotion 2017-2018 des jeunes ambassadeurs des droits (JADE) intervient dans les collèges, lycées ou structures de loisirs. Avec la deuxième partie de leur formation suivie au siège, à Paris, ils pourront désormais sensibiliser aux droits des jeunes côtoyant des foyers de mineurs non-accompagnés, des centres d’accueil de l’aide sociale à l’enfance (ASE) ou encore des enfants hospitalisés et en situation de handicap. Grâce à une formation spécifique suivie en janvier, la promotion 2017-2018 des Jeunes ambassadeurs des droits auprès des enfants du Défenseur des droits est désormais prête à intervenir dans des établissements spécialisés. Originaires de tout le territoire français, âgés de 18 à 25 ans et volontaires en service civique, les jeunes ambassadeurs des droits (JADE) ont pour objectif de mieux faire connaître leurs droits aux jeunes enfants, notamment par des interventions en milieu scolaire. Ils interviennent aussi auprès des lycéens et des apprentis afin de les sensibiliser à la lutte contre les discriminations et à la promotion de l’égalité. Cette année, ils sont 102 jeunes à avoir décidé de s’engager avec le Défenseur des droits et devenir JADE. Depuis leur formation initiale en octobre dernier, les JADE ont apprivoisé le terrain : après s’être rapprochés de collèges, lycées ou structures de loisirs, ils interviennent désormais régulièrement auprès de jeunes pour les initier au droit. Une nouvelle audience : Du 22 au 26 janvier, le siège a accueilli les 78 JADE de France métropolitaine. Des agents du Défenseur des droits, d’anciens JADE mais aussi d’autres professionnels ont répondu aux questions des jeunes ambassadeurs, qui ont pu exprimer et discuter des éventuelles difficultés rencontrées au cours de leurs premiers mois et qui ont ainsi pu repartir avec des solutions. Cette rencontre était surtout consacrée à l’acquisition de nouveaux procédés et compétences. Chaque année, les JADE sont en effet amenés, au cours du printemps, à faire des « interventions spécialisées » auprès de mineurs dans des situations différentes du milieu scolaire habituel : jeunes hospitalisés, enfants en situation de handicap, centres éducatifs, foyers de mineurs non-accompagnés, centres d’accueil de l’aide sociale à l’enfance (ASE)… La formation a pour objectif d’apporter aux jeunes ambassadeurs des conseils afin d’avoir une attitude adaptée compte tenu de la spécificité de chacun de ces publics. Les JADE des territoires d’outre-mer suivent le même parcours mais sont quant à eux formés à domicile. Ce temps de formation permet aux jeunes ambassadeurs de se rendre compte des contextes dans lesquels vivent les jeunes. Ainsi, depuis 2009, une partie de la formation a lieu à l’Institut national des jeunes aveugles (INJA). Soyane, Margaux et Maëlle, toutes les trois JADE à Grenoble ont particulièrement apprécié cette visite. Elles pourront bientôt mettre en pratique ce qu’elles ont appris en intervenant auprès d’enfants en situation de handicap mental, moteur ou sensoriel. Une connaissance approfondie de l’institution et de ses métiers : Ces 4 jours ont été ponctués par des introductions aux différents métiers représentés au sein du Défenseur des droits, comme par exemple le travail d’une chargée de mission spécialisée sur les interventions en milieu pénitentiaire ; ou encore d’une chargée de mission responsable des relations avec les partenaires de l’institution. Les JADE ont également pu découvrir la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) La semaine s’est conclue par un moment de convivialité avec M. Patrick Gohet, adjoint au Défenseur des droits en charge de la lutte contre les discriminations et de la promotion de l’égalité. Une chose est sûre : les jeunes ambassadeurs sont tous impatients de commencer les interventions spécialisées !

L’actualité du Défenseur des Droits – février 2018

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3)- ACTUALITÉS SOCIALES

3-A) COMMUNIQUÉ DE L’AGEFIPH

Déclaration de l’Agefiph et de son Conseil d’administration – 27 février 2018

Au moment où plusieurs rapports interrogent les dispositifs de développement de l’emploi des personnes handicapées, l’Agefiph et son conseil d’administration (voir signataires à la fin de la déclaration) souhaitent rappeler plusieurs éléments portés en contribution à la concertation engagée par le gouvernement. Investie d’une mission d’intérêt général depuis la loi du 10 juillet 1987 qui a instauré en France une obligation de résultat en matière de politiques d’emploi des personnes handicapées dans l’entreprise, l’Agefiph a conçu, ajusté et développé la majorité des dispositifs d’accompagnement et de soutien aujourd’hui mobilisés par plusieurs centaines de milliers de personnes en situation de handicap comme par les employeurs privés et publics au service de l’insertion ou du maintien dans l’emploi. Fonds collecteur, redistributeur de financements, l’Agefiph est donc aussi et surtout un acteur majeur du développement de l’emploi au service des personnes handicapées et des entreprises. L’Agefiph œuvre très directement auprès de tous les acteurs, publics comme privés, pour que les personnes en situation de handicap aient accès comme les autres à tous les droits et dispositifs de l’emploi, de la formation, de l’orientation professionnelle et du travail. Ses actions spécifiques viennent en « activation » et en complémentarité du droit commun d’une part, en compensation de la situation de handicap et des besoins particuliers liés à cette situation, d’autre part ; de sorte que le handicap ne soit plus discriminant ni ignoré dans ses spécificités.

Depuis 30 ans, la gouvernance de l’Agefiph, unique et innovante, associe représentants des salariés, représentants d’employeurs, associations de personnes handicapées, et des personnalités qualifiées. Ce paritarisme élargi préfigure le principe fondamental inscrit au cœur de l’article 4 de la Convention internationale des droits des personnes handicapées ratifiée par la France en 2010. Par sa diversité, il apporte des visions croisées et complémentaires, qui permettent d’être en prise avec la réalité du monde du travail et de la vie des personnes concernées. Il permet aussi de produire du consensus et de prendre des orientations et des décisions d’autant plus fortes et légitimes. Ce mode de gouvernance est une richesse à préserver. Aujourd’hui, près d’un million de personnes handicapées sont en emploi, plus de 20 000 maintiens dans l’emploi sont accompagnés chaque année, près de 140 000 aides aux personnes, aux entreprises ou actions de formations sont financées. Au-delà de ces résultats, il convient de mieux répondre à la crise économique et au chômage croissant et persistant vécu par 510 000 personnes en situation de handicap, gagner en réactivité, en adéquation avec les politiques publiques initiées par l’État ou les Régions et s’adapter aussi à la révolution digitale des entreprises et aux transformations qu’elle engendre sur le travail. C’est pourquoi en février 2017, après plusieurs mois d’évaluation et d’élaboration, l’Agefiph s’est dotée d’un plan stratégique voté à l’unanimité de son conseil d’administration. Il lui confère un nouvel élan, une plus grande lisibilité et une plus grande force sur la base d’une offre d’intervention rénovée. Ce plan, structuré autour de trois axes principaux vise à :
- sécuriser les parcours professionnels pour accompagner les personnes tout au long de leur vie au travail, en s’attachant à prévenir ou accompagner le plus possible les ruptures,
- mieux mobiliser et accompagner le monde économique et social, en particulier les plus petites entreprises, favoriser aussi la dynamisation de la négociation collective,
- promouvoir l’emploi des personnes en situation de handicap, en agissant auprès des acteurs de l’emploi, de la formation, de l’orientation professionnelle et du travail, pour qu’ils prennent véritablement en compte l’insertion des personnes handicapées.

Ce plan a commencé à se déployer dès la fin de l’année 2017, sa mise en oeuvre se poursuit en 2018 par le déploiement d’aides, prestations et accompagnements, tant en direction des personnes que des entreprises, simplifiés et rénovés, plus compréhensibles et centrés sur la compensation complémentaire au droit commun. L’Agefiph et l’ensemble de son conseil d’administration paritaire élargi sont attentifs à la démarche de refondation annoncée par le gouvernement. L’ensemble des évaluations réalisées et des missions en cours doivent permettre d’aller plus loin pour passer de l’obligation d’emploi à l’inclusion dans l’emploi, notamment sur la base d’une meilleure connaissance des besoins des personnes et des entreprises, de synergies renforcées et d’une sécurisation à long terme des moyens dévolus à l’emploi des personnes en situation de handicap. Pour qu’enfin, le handicap ne soit plus une discrimination majeure à l’emploi.

Pour qu’enfin, les entreprises et les collectifs de travail accueillent de manière naturelle et évidente leurs collaborateurs et collègues en situation de handicap.

Pour qu’enfin, le chômage des personnes handicapées se résorbe. L’Agefiph souhaite apporter toute son expertise, son expérience, la diversité de son offre de service, sa capacité d’expérimentation au cœur des territoires, qui constitue sa démarche depuis 30 ans, au service de cette refondation.

Les organisations membres du Conseil d’Administration signataires : FO / CFE-CGC / CFTC FNATH / UNAPEI / UNAFAM / APF / CFPSAA Personnalités Qualifiées désignées par l’État

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4)- ACTUALITÉS FRANÇAISE DU HANDICAP

4-A) NOTE COMMUNE DU COMITÉ D’ENTENTE

Suite à la réunion du vendredi 2 mars entre Sophie Cluzel et les présidents d’associations membres du CNCPH pour présenter les orientations pour redéfinir et simplifier l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés, les 8 associations qui ont été désignées par le comité d’entente à l’occasion du vote organisé la semaine dernière ont produit une contribution qui a été communiquée ce jour au cabinet de Sophie Cluzel, ainsi qu’à Dominique Gillot (Titulaires : APAJH, APF, FNATH et Unapei / Suppléantes : Bucodes, CFPSAA, Trisomie 21, Unafam).

Note relative à la rénovation et la simplification de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés – 8 mars 2018 Extrait : Pour nous, associations représentatives des personnes en situation de handicap et de leur famille, la rénovation de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés doit conduire à accompagner une véritable transformation de la société vers une société effectivement plus inclusive assurant notamment l’accès, l’évolution professionnelle et le maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap, sur la base des mêmes droits que les autres personnes. Tout en approuvant les objectifs affichés par le gouvernement avec cette réforme, que nous attendions et qui concerne des piliers de la politique du handicap en France, nos associations attirent l’attention sur le faite que cette réforme ne peut dès lors être menée avec précipitation (calendrier serré) :
- sans partager une vision d’ensemble avec les autres chantiers en cours (apprentissage, formation professionnelle, assurance chômage, entreprises adaptées, retraite ….) ;
- sans mesures d’impact ;
- sans une vision globale du champ de la concertation concernant tant le secteur privé que le secteur public, leurs enjeux et leur calendrier, dans un souci d’harmoniser les réglementations existantes.

Pour cela, cette rénovation de l’OETH doit :
- s’accorder avec l’article 27 de la convention internationale des droits des personnes handicapées qui leur reconnait la « possibilité de gagner leur vie en accomplissant un travail librement choisi ou accepté sur un marché du travail et dans un milieu de travail ouverts, favorisant l’inclusion et accessibles aux personnes handicapées ».
- garantir une sécurisation des moyens nécessaires à la couverture des besoins de compensation de toutes les personnes en situation de handicap vers et dans l’emploi en complémentarité du droit commun et de ceux de toutes les entreprises quelle que soit leur taille, en particulier les plus petites ;
- sécuriser les transitions professionnelles à tous les âges ;
- s’accompagner d’un effort permettant de mieux identifier les besoins d’orientation, de formation, d’accompagnement et de compensation des personnes en situation de handicap pour accéder et se maintenir durablement dans l’emploi.

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4-B) PARIS 2024 ET LE COMITÉ PARALYMPIQUE SPORTIF FRANÇAIS PARTAGENT LA CANDIDATURE AVEC LES ACTEURS DU HANDICAP

Lundi soir, au Sénat, le comité de candidature et le CPSF ont reçu les acteurs du handicap au cours de la soirée « Partageons le podium » ; l’occasion de renouveler l’ambition de Paris 2024 en matière d’inclusion.

Près de 200 participants ont participé à un grande réunion d’échange autour de la candidature française et de son ambition en matière d’héritage, notamment en faveur des personnes en situation de handicap. A l’invitation de la sénatrice Dominique Gillot, Présidente du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées, fédérations, associations, délégations ministérielles, médias, comités sportifs départementaux et régionaux ont répondu présents.

Le CPSF et le comité de candidature de Paris 2024 ont réuni tous les acteurs du handicap autour des athlètes qui portent la candidature : Marie-Amélie Le Fur, triple championne paralympique et co-présidente du comité des athlètes Paris 2024, Michael Jeremiasz, porte-drapeau de la France aux Jeux Paralympiques de Rio et Ryadh Sallem, champion paralympique.

Une diversité d’acteurs qui témoigne du soutien national apporté à la candidature qui a fait de l’héritage des Jeux en France une préoccupation majeure. A l’image des 81% de britanniques qui confient avoir mesuré un changement positif vis-à-vis de l’inclusion suite aux Jeux de Londres en 2012, Paris 2024 veut franchir un nouveau palier en la matière.

Bernard Lapasset, coprésident de Paris 2024 : « Nous voulons proposer des Jeux qui s’adressent au plus grand nombre et qui dépassent les frontières ; qu’elles soient géographiques, sociales ou physiques. Nous voulons que les Jeux soient un accélérateur de changement et que notre société devienne plus inclusive à travers le sport. Athlètes et para-athlètes parlent une langue universelle qui est celle du sport. Avec Paris 2024 nous voulons ouvrir un nouveau chapitre qui puisse changer le quotidien de toutes les personnes en situation de handicap et répondre à l’engagement de tous les acteurs mobilisés sur ce terrain ».

Les Jeux Olympiques et Paralympiques ont été conçus comme un seul projet. Sur la question du handicap, trois thématiques guident le travail du comité de candidature et des parties prenantes :
- L’amélioration des conditions d’accès et de la pratique pour tous ; amateurs ou professionnels.
- Le développement de l’accessibilité des équipements.
- Le changement de perception sur le handicap dans la société.

C’est ce projet qui a été présenté au Comité International Paralympique à Bonn, le 9 février par les dirigeants de Paris 2024, Tony Estanguet, Etienne Thobois et Emmanuelle Assmann :
- Un concept commun pour les Jeux Olympiques et Paralympiques au cœur de Paris et dans des sites iconiques, comme la Tour Eiffel (Triathlon, Cyclisme sur route, Marathon), le Champ de Mars (Football à 5), l’esplanade des Invalides (tir à l’arc) et la Grande Halle de La Villette (Para Haltérophilie).
- 100% des sites de compétition et d’entrainement seront accessibles aux personnes en situation de handicap ; tout comme le village paralympique
- 90% des para-athlètes seront à moins de 30 min de leur site de compétition depuis le village

Un engagement qui a déjà été confirmé lors de la candidature et qui pose les bases d’ambitions fortes pour la période qui précédera les Jeux :
- Pour la première fois dans l’histoire d’une candidature, le comité a nommé un responsable de l’intégration paralympique.
- Le comité des athlètes qui est chargé des réflexions stratégiques et de la mobilisation nationale comprend de nombreux para-athlètes. Il est co-présidé par Marie-Amélie Le Fur, triple championne paralympique et Teddy Riner, double champion olympique.
- La « semaine olympique et paralympique à l’école » instaurée en janvier 2017 a contribué à sensibiliser 1 million d’enfants aux Jeux Olympiques et Paralympiques.
- Paris 2024 et la ville de Paris visent le doublement des créneaux handisport dans les équipements sportifs.
- L’État s’est fixé l’objectif de permettre à 20% des personnes en situation de handicap de pratiquer une activité sportive.

Marie-Amélie Le Fur : « Le sport a été un fil rouge tout au long de ma vie. Ce moteur m’a permis de me construire en tant que citoyenne, évidemment comme athlète et aujourd’hui comme manager. Le message que porte Paris 2024 est celui d’une société plus inclusive et qui partage une vision positive du vivre-ensemble. L’horizon des Jeux en 2024 est positif, il est fédérateur et résolument optimiste pour tous les athlètes, quel que soit leur handicap ».

Pour Paris 2024 et le CPSF, la phase de candidature et les Jeux Paris 2024 sont une occasion unique de développer la pratique de tous les sports et pour tous les publics. Ils sont aussi un accélérateur de politiques publiques en matière d’accessibilité et un outil clef pour contribuer à changer le regard sur le handicap.

Emmanuelle Assmann, présidente du Comité Paralympique et Sportif Français : « La présentation du projet Paris 2024 aux acteurs du handicap français est très importante pour mettre en lumière les ambitions du comité de candidature en matière d’accessibilité et de changement de regard sur le handicap. Paris 2024 est fermement engagé à assurer un niveau d’accessibilité exemplaire pour tous les sites de compétitions et à proposer une expérience optimisée des Jeux pour les personnes en situation de handicap. Un rendez-vous planétaire tel que les Jeux, au-delà de l’image d’excellence véhiculée par le sport de haut niveau, doit aussi être l’occasion de valoriser des enjeux sociétaux notamment dans la dimension du « vivre ensemble ». Je crois au pouvoir du sport et d’un tel événement pour participer à l’évolution, ne serait-ce qu’un peu, de notre société. Pour moi l’accessibilité c’est l’accès pour et par tous à la cité et aux infrastructures mais aussi à une offre de pratique sportive diversifiée et de qualité. Je suis persuadée que les Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris en 2024 seront un formidable accélérateur de changement. »

Parmi les nombreux projets qui seront développés dans le cadre des Jeux, Paris 2024 souhaite aussi développer une filière d’excellence du sport paralympique en France. Au Bourget, un centre d’entraînement paralympique sera créé à la suite des Jeux pour développer le haut-niveau chez les para-athlètes et permettre à la France de regagner sa place parmi les toutes meilleures nations du monde.

Ryadh Sallem, champion paralympique : « Les Jeux sont plus que des Jeux, ce sont des enjeux. Ils permettront de développer l’accessibilité, non seulement du bâti mais aussi des esprits. Il faut créer une culture du handicap plus naturelle, dans laquelle la singularité est acceptée et plus envisagée comme une exception. Les Jeux à Paris en 2024 permettront de faire cela grâce à l’héritage qu’ils laisseront, aussi bien dans les infrastructures que dans les mentalités ».

Les éléments du dossier de presse « HERITAGE » ainsi que les photos et vidéos liées au projet sont téléchargeables à l’adresse suivante : http://www.paris2024.media

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4-C) HANDICAP, ÉPILEPSIE, SURDITÉ : CES CHIENS QUI PROTÈGENT…

Résumé : On connait les chiens guides d’aveugle mais nos compagnons ont d’autres compétences pour assister, notamment, les personnes sourdes ou épileptiques. Une éducation ad hoc leur permet de donner l’alerte en cas de danger ou avant une crise.

Extraits : Ils ont changé la vie de leurs propriétaires : labradors, caniches ou cockers, ces compagnons à quatre pattes ont été éduqués pour rendre à leurs maîtres les facultés physiques qu’ils avaient perdues.

Des chiens d’alerte pour sourds Dans les allées du salon Crufts, la plus grande exposition canine au monde, organisée à Birmingham (centre de l’Angleterre) début mars 2018 (lien ci-dessous), l’association "Hearing dogs for deaf people" (des chiens à l’écoute pour les personnes sourdes) offre une démonstration. Ses éleveurs professionnels apprennent à des chiens à reconnaître les sons du quotidien, que ce soit la sonnerie d’un réveil, une personne qui frappe à la porte ou une alarme incendie, et à transmettre l’information, en donnant un coup de patte, ou en adoptant certaines positions. "Notre objectif, c’est de rendre aux sourds leur indépendance grâce à leur chien", explique Veronica Pearce, la porte-parole de l’association. "Nous avons beaucoup de bénéficiaires qui ont pu, grâce à cela, déménager, s’installer seuls, sans que leurs proches aient à s’inquiéter". Pour personnes épileptiques Sa nouvelle autonomie, Lynn Radcliffe la met, elle, au profit de sa passion pour le football. "J’étais à Wembley (un stade londonien) il y a quelques semaines, quand on a battu Arsenal, 3-0 !", évoque avec plaisir cette supportrice de Manchester City. Diagnostiquée épileptique en 1998, elle avait à l’époque perdu son permis de conduire et son emploi, et dû abandonner ses loisirs. "Tout était devenu dangereux, même des choses aussi basiques que traverser une route, je pouvais avoir une crise subitement", se remémore-t-elle, "il fallait que quelqu’un m’accompagne". Mais, depuis quelques années, elle a pu retrouver un quotidien quasi normal en accueillant chez elle Simba, un labrador qui a suivi un programme de dressage développé par l’association britannique "Support Dogs"….. En plus des épileptiques, "Support Dogs" accompagne également des adultes souffrant d’un handicap physique, et des enfants autistes. Au total, plus de 7 000 personnes au Royaume-Uni, dont 5 000 aveugles, sont assistées d’un chien dans leur vie quotidienne, selon "Assistance Dogs", qui fédère des associations de chiens guides dans le pays. Antoine Pollez Par L’AFP pour Handicap.fr, le 24-03-2018 – tous droits réservés. Retour sommaire

4-D) PRIVÉ DE TRANSPORT ADAPTÉ

Un salarié aveugle subit le doublement de son temps de transport pour aller travailler parce que le Pays Voironnais estime qu’il coûte trop cher pour le service de transport dédié aux personnes handicapées. Ubu en Isère « On n’a aucune obligation de le transporter de son domicile jusqu’à son lieu de travail", assène d’entrée Jean-François Gaujour, vice-président aux transports de la communauté d’agglomération du Pays Voironnais, conseiller départemental de l’Isère et maire de Saint-Etienne de Crossey depuis... 35 ans. Le corps du litige s’appelle Jean-René Martin, 56 ans, employé dans un grand magasin à Echirolles, à une quarantaine de kilomètres de sa maison de Merlas, au pied du massif de la Chartreuse. Jusqu’en décembre 2017, le service de transport de porte à porte destiné aux habitants handicapés (TAD PMR) du Pays Voironnais le conduisait de son domicile jusqu’au tramway, et depuis son terminus de Grenoble il était pris en charge par le TAD PMR local jusqu’à son lieu de travail. Une mécanique bien huilée, ancrée dans les habitudes d’un homme autonome qui demande simplement à vivre comme les autres, avec la "pincée" d’aménagements qui va bien. Mais voilà, il coûterait 4.500 euros chaque mois au Pays Voironnais, trop cher pour une collectivité qui a entrepris de réduire les dépenses d’un TAD PMR plutôt actif : "En 2016, lit-on dans le schéma directeur d’accessibilité des transports agenda d’accessibilité programmée, 2.023 courses ont été effectuées par les adhérents au service adapté (handicap moteur et/ou visuel à plus de 80%, au nombre de 144), soit une progression de 19,42 % par rapport à 2015. 2.256 voyageurs ont été transportés et 21 826 kms effectués." Conséquence, comme pour d’autres usagers qui s’en sont provisoirement accommodés par crainte d’être exclus du service, Jean-René Martin a été informé qu’il devrait utiliser les transports en commun. "Le mercredi 13 décembre 2017 à 11h 54, précise celui-ci, j’ai reçu un appel de Monsieur Cipro, directeur adjoint du service ’Mobilités’ du Pays Voironnais m’annonçant qu’à compter du 2 janvier 2018 je ne pourrais plus utiliser le TAD PMR du Pays Voironnais, et qu’il me faudrait à la place utiliser deux lignes régulières : une ligne scolaire qui passe devant mon domicile, pour aller jusqu’à Voiron, et une autre ligne régulière pour aller de Voiron jusqu’au Fontanil pour pouvoir reprendre le tram ensuite. La raison invoquée par Monsieur Cipro : mes trajets sont trop longs et trop nombreux et donc trop coûteux." Plus précisément, quatre allers-retours pour 47 semaines de travail. Face au refus de cet usager, une réunion de concertation a été organisée deux semaines plus tard, qui a accouché d’une cote mal taillée : Jean-René Martin sera transporté par le TAD PMR jusqu’à Voiron pour prendre un bus qui le conduit jusqu’au tramway. Bus d’accessibilité très aléatoire, le système d’annonce sonore des arrêts fonctionnant parfois, au gré de la volonté du conducteur ou de l’équipement du véhicule. Résultat, une heure de trajet en plus, quand tout se passe bien. Parce que depuis, cet employé est arrivé quatre fois très en retard au boulot, dont trois avec plus d’une heure. Son patron est encore compréhensif, mais cela va-t-il durer ? On pourrait décortiquer On pourrait décortiquer les arguments de chacun en cherchant du pour et du contre, prendre les transports collectifs comme tout le monde, expérimenter d’autres parcours via le train, changer ses habitudes, mais cette situation pose une question de principe : un TAD PMR a-t-il le droit de sélectionner (discriminer) ses clients handicapés ? Il remplit une mission de service public, repose sur une Délégation de Service Public qui impose des obligations à la collectivité qui le gère. Le règlement de celui du Pays Voironnais ne pose aucune condition autre que le niveau d’invalidité, 80% pour les usagers déficients visuels ce qui est le cas de Jean-René Martin. "Compte tenu des moyens disponibles, les salariés sont prioritaires sur les créneaux d’heures de pointe", précise un règlement qui ajoute : "un report sur le transport régulier accessible pourra être proposé en cas d’existence d’une ligne et d’arrêts accessibles à proximité des origines et destination souhaitées, sauf situation spécifique justifiée." Si le résultat consiste à doubler le temps total de transport, cette disposition est-elle compatible avec la priorité donnée à un travailleur, à la préservation de la santé et de l’autonomie d’une personne qui contribue à créer de la valeur ajoutée ? Mais pour Jean-François Gaujour, Jean-René Martin est responsable de ce qui lui arrive : « il a choisi de changer de lieu de travail et de domicile en s’installant dans ce village. Et en plus il travaille le samedi." A Merlas, donc, dont le maire, Jean Cailly, se désintéresse totalement de son administré bien qu’il ait participé à la réunion de décembre : "Je n’ai pas le détail de ce qui a été prévu. La question n’a pas été mise à l’ordre du jour du conseil municipal." Et il n’envisage pas de soutenir l’habitant (et électeur) qu’il devrait pourtant défendre. Résultat, le TAD PMR du pays Voironnais veut bien transporter des clients handicapés, mais pas loin et pas souvent. Ce n’est pas là le premier errement de cette collectivité, son schéma directeur d’accessibilité des transports avait été annulé par le Conseil d’État le 26 juin 2012, générant une intéressante jurisprudence qui tarde depuis à resservir. Il n’y a pas si longtemps, en 2014, ce territoire prétendait pourtant postuler à la marque touristique Destination pour Tous signalant des territoires accueillant pour les visiteurs handicapés. Ubu en Isère. Laurent Lejard, mars 2018 Yanous-Actu n° 506

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12) LES ASSOCIATIONS MEMBRES DE LA CFPSAA

12-A) ENQUÊTE INTERNATIONALE SUR L’USAGE DES TECHNOLOGIES D’ASSISTANCE INDISPENSABLES AUX PERSONNES DÉFICIENTES VISUELLES

Suite au succès de la première étude menée en 2015 sur l’usage des lecteurs d’écran, Access42 et la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France ont lancé, du 15 juin au 30 septembre 2017, une seconde étude de plus grande envergure.

Non seulement cette deuxième enquête concerne l’ensemble des technologies utilisées par les personnes aveugles et malvoyantes (et plus seulement les lecteurs d’écran*), mais elle est désormais diffusée dans cinq pays francophones (Belgique, France, Luxembourg, Québec et Suisse) grâce à 12 partenaires** rassemblés autour du projet. Le concours de statisticiennes de l’INSEE, Axelle Chauvet-Peyrard, Séverine Bidet-Caulet et Isabelle Ravet, représente une forte valeur ajoutée à l’analyse des données recueillies et un gage supplémentaire de la qualité de l’étude finale. Les principaux enseignements à retenir
- Le trio de tête des lecteurs d’écran les plus utilisés reste identique à celui de l’étude menée en 2015, tant sur desktop que sur mobile.
- Sur desktop, JAWS est toujours sur la plus haute marche du podium avec 45%, suivi par NVDA qui affiche une belle progression de 8 points (à 29%). 19% des répondants ont recours à VoiceOver. L’utilisation des autres lecteurs d’écran reste anecdotique.
- 89% des répondants disent utiliser un lecteur d’écran dans un contexte mobile (+9 points depuis 2015). La plateforme mobile la plus utilisée est toujours Apple (et son lecteur d’écran VoiceOver). Elle marque même une progression par rapport à 2015 (78 % contre 67 %), au détriment de Nokia (à seulement 3 %) et d’Android (14 %).
- Alors qu’en 2015, deux tiers des répondants avaient mis à jour leur lecteur d’écran dans l’année écoulée, cette année ils sont 75% à l’avoir fait. Comme en 2015, ce sont principalement les utilisateurs de NVDA et VoiceOver qui mettent à jour leur lecteur d’écran (respectivement à 93 et 84%), ce qui s’explique par la gratuité des mises à jour pour ces deux logiciels.
- Afin de contredire l’idée selon laquelle le braille serait désormais très peu utilisé, une nouvelle question sur son utilisation a fait son apparition dans cette seconde enquête. Plus de la moitié des répondants (51%) ont indiqué utiliser le braille avec leur lecteur d’écran.

Des données accessibles à tous Access42 et la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France ont fait le choix de diffuser les données de cette étude en « Licence ouverte ». Ces données sont donc désormais accessibles à tous sur Data.gouv.fr. Cette décision marque la volonté des deux partenaires à l’origine de l’enquête de faire connaître ces travaux, dont l’enjeu n’est rien de moins que le droit des personnes en situation de handicap visuel à accéder aux contenus numériques comme leurs concitoyens, au plus grand nombre. Les résultats complets de la deuxième Enquête internationale sur l’usage des technologies d’assistance indispensables aux personnes déficientes visuelles sont dès aujourd’hui consultables sur le site de la Fédération des Aveugles de France.

* Technologies d’assistance, largement utilisées par les personnes aveugles, qui retranscrivent l’information vocalement et/ou en braille. Les lecteurs d’écran interagissent avec les systèmes d’exploitation (OS), les navigateurs, les logiciels et sont intégrés nativement dans la plupart des OS. Ces outils permettent aux personnes en situation de handicap, et principalement aveugles, d’avoir accès aux contenus numériques.

**Cette étude est organisée par Access42 et la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France avec le précieux concours des organisations francophones suivantes : Access For All (Suisse), AnySurfer (Belgique), Desjardins (Québec), Fédération Suisse des Aveugles et des malvoyants FSA (Suisse), Gravelet Multimédia (Québec), Ligue Braille (Belgique), Œuvre Nationale des Aveugles (Belgique), Telono (Suisse), Union Centrale suisse pour le Bien des Aveugles UCBA (Suisse), Regroupement des Aveugles et Amblyopes du Québec, Renow (Luxembourg) et Julien Conti (Suisse).

Communiqué/Fédération des Aveugles et Amblyopes de France – 21 mars 2018

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12-B) F1 SAISON 2018 : PLUS VITE, PLUS ACCESSIBLE

Au calendrier de la saison 2018 du Championnat de Formule 1 : 21 dates avec le retour attendu du Grand Prix de France le 24 juin ! Bonne nouvelle, également, pour les fans aveugles et malvoyants : le magazine de cette nouvelle saison, soutenu cette année par Renault Sport et concocté par Jean-Louis Moncet, est proposé par l’association HandiCaPZéro.

A découvrir notamment dans ce contenu : • questions à Cyril Abiteboul (DG Renault Sport Racing), • McLaren-Renault : le mariage de l’année, • retour du Grand Prix de France, • ce qui change en 2018, • écuries, pilotes et monoplaces… A commander en braille, audio, caractères agrandis 23a Le magazine est adapté et accessible en braille, caractères agrandis et audio. L’édition, quel que soit le format choisi, est gratuite. Pour ne rien manquer de la compétition, les classements enrichissent l’info du magazine et s’affichent sur handicapzero.org après chaque course : podium détaillé, classements des pilotes et constructeurs (rubrique sport/Formule 1/classements).

En savoir plus : handicapzero.org

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15) LOISIRS – VOYAGES

15-A) JOURNÉES NATIONALES TOURISME ET HANDICAP / AVRIL 2018

En Avril 2018, l’Association Tourisme & Handicaps organise les Journées Nationales Tourisme & Handicap. D’un traditionnel week-end qui se tenait depuis 11 ans début avril, les12èmeJournées Nationales Tourisme & Handicap, JNTH, jouent les prolongations et se déroulent tout le mois d’Avril afin de répondre aux demandes des professionnels et d’offrir aux visiteurs un grand choix de dates.

Près de 200 détenteurs de la marque d’État Tourisme & Handicap*, et les inscriptions continuent ! Dans toutes les régions de la métropole et des outre-mer (Martinique et Guadeloupe), ouvrent leurs portes aux personnes en situation de handicap, à leurs familles et amis pour leur réserver un accueil personnalisé avec animation et offres promotionnelles. L’engagement des professionnels L’engagement des professionnels du tourisme aux Journées Nationales Tourisme & Handicap a une double signification : Pouvoir accueillir les personnes en situation de handicap grâce à la réalisation d’aménagements spécifiques permettant l’accessibilité, comme le stipule la Loi de l’Égalité des Chances pour tous instaurée en 2005. Vouloir accueillir, en dépassant la notion de contrainte, pour offrir un accueil qui allie la garantie de la qualité d’usage et de confort pour tous à l’engagement personnel en faveur des personnes handicapées. La promotion des vacances pour tous Depuis 2001, date de sa création, l’Association Tourisme & Handicaps poursuit ses objectifs :
- Répondre aux attentes des personnes en situation de handicap en matière de vacances et de loisirs,
- Sensibiliser les professionnels du tourisme, les gestionnaires d’activités aux questions suscitées par le handicap : accessibilité et autonomie,
- Adapter les prestations à toutes les déficiences auditive, mentale, motrice, visuelle,
- Intégrer l’offre spécifique à l’offre généraliste. En soutenant la marque d’État Tourisme & Handicap*, l’Association Tourisme & Handicaps a implanté au fil des années un véritable symbole illustrant l’ouverture vers un autre horizon pour les personnes handicapées. Cette marque est un signe de reconnaissance synonyme de sécurité et de fiabilité. Les Journées Nationales Tourisme & Handicap sont là pour en faire la preuve.

Quelques exemples, parmi tant d’autres, illustrant la variété des propositions A. Musées et lieux de visite l Le Musée du Château de la Mayenne (Mayenne) organise des visites gustatives autour de la gastronomie médiévale à la découverte d’une table seigneuriale www.museeduchateaudemayenne.fr - Tel : 02 43 00 17 17. l Le Musée d’Histoire Naturelle de Toulouse (Haute-Garonne) organise des visites sensorielles, destinées au public non et malvoyant et au public malentendant, à la découverte des rapaces ainsi qu’un atelier gourmand sur la thématique des œufs. www.museum.toulouse.fr - Tel : 05 67 73 89 73

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15-B) MÉDIATHÈQUES DE VAL D’EUROPE AGGLOMÉRATION

La programmation culturelle du réseau des médiathèques de val d’Europe Agglomération est disponible pour la période de mai à juin 2018.

La médiathèque propose un accueil adapté aux personnes mal et non-voyantes : Au rez-de-chaussée de la Médiathèque, l’espace appelé « Lire autrement », matérialisé par une balise sonore, regroupe :
- une collection de livres-audio : (textes lus), ouvrages documentaires et fictions, ouvrages en langues étrangères, pour les adultes et pour les enfants.
- une collection très riche de livres tactiles pour la jeunesse.
- des livres tactiles d’art pour les adultes
- un fonds de livres en grands caractères pour les adultes malvoyants.
- des livres audio au format Daisy : ouvrages documentaires et fictions, pour les adultes et pour les enfants.
- au premier étage, vous pouvez trouver des DVD en audiodescription

Un accueil et un accompagnement ainsi que des ateliers d’initiation à la bureautique adaptée pour les non-voyants sont possibles. Vous pouvez également découvrir des jeux adaptés pour le handicap visuel ainsi qu’un lecteur de livre Daisy.

Contact : Olivia.pfortner@vdeagglo.fr http://mediatheques.valdeuropeagglo.fr

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15-C) ACCESSIBILITÉ : L’ODÉON S’ENGAGE

Spectateurs aveugles et malvoyants : Représentations avec audiodescription Merci de préciser le nombre de casques d’audiodescription nécessaires, et de signaler l’éventuelle présence d’un chien guide.

SERVICE AUTOUR DES AUDIODESCRIPTIONS Programme en braille et gros caractères à disposition lors de ces séances (merci de préciser votre besoin au moment de la réservation). Une présentation de l’histoire, des personnages et du décor est proposée en introduction de l’audiodescription diffusée par casque. Visite tactile du décor sur maquette : une présentation du décor est proposée 30 minutes avant le début de la représentation en audiodescription (sur inscription). LA VISITE TACTILE – NOUVEAU ! À partir d’une maquette tactile, découvrez la cage de scène puis suivez une visite adaptée du théâtre (groupe à partir de 6 personnes sur réservation. Tarif 6€). Sur le blog Place de l’Odéon, découvrez la visite tactile du décor des Trois Sœurs ! Contact : Alice.herve@theatre-odeon.fr

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15-D) LA POSSIBLE ÉCHAPPÉE – SPECTACLE « TRACES DE RÊVES »

Le 6 avril, découvrez le spectacle « Traces de Rêves », 3ème création de l’atelier du foyer de Fleury

Après Boîtes à Rêves et Trace ta Trace, les participants de l’atelier de danse du foyer de Fleury à Meudon retrouvent la scène avec Traces de Rêves, 3ème création de cet atelier. Ce spectacle se déroulera le 6 avril à 20h30 au théâtre de la Tour des Dames, en partenariat avec le foyer de Meudon-Fleury. Traces de Rêves est un voyage poétique composé de huit tableaux chorégraphiques mettant en scène 9 danseurs du foyer de Fleury. Cette création est une succession de séquences faisant écho aux images décousues qui traversent nos rêves entre fiction et réalité. L’écriture de ce spectacle s’articule autour des souhaits des danseurs du foyer et de leurs séquences favorites lors des deux précédents spectacles. Une nouvelle écriture est née… Laissons-nous surprendre par leurs Traces de Rêves, le 6 avril à 20h30 au théâtre de la Tour des Dames – 75009 Paris Réservez dès maintenant vos billets en ligne : la billetterie est ouverte

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