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Bulletin du 28 mars 2019

Table des matières :

Bulletin CFPSAA Infos 2019-03 – du 28 mars 2019

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SOMMAIRE

ÉDITORIAL

La CFPSAA se préoccupe de tous les sujets de notre vie quotidienne et nous les traitons selon les impératifs de l’actualité, à l’exemple de la suppression des feux à certains carrefours, question dont nous nous sommes emparés depuis quelques mois. Et puis, il y a les sujets permanents pour lesquels nous siégeons au CNCPH (Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées) et, notamment, celui de l’emploi. Nous sommes actuellement en train d’étudier des décrets sur l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés qui entreront en vigueur au 1er janvier 2020, pour lesquels la commission Emploi du CNCPH doit émettre un projet d’avis. C’est un sujet difficile qui soulève quelques débats au sein de la commission. Sans entrer dans les détails techniques, l’idée est de mieux valoriser l’emploi des travailleurs handicapés, ainsi que la sous-traitance, assurée souvent par des ESAT. Il faut faire attention à la complexité des nouveaux modes de calcul proposés qui peuvent avoir un effet pervers et décourager à terme certaines entreprises dont le reste à charge serait trop important. l’Agefiph (organisme dédié à l’emploi des personnes handicapées), devra les aider dans la mise en place de ces nouvelles dispositions. Ce travail mobilise toute notre vigilance.

L’emploi se traduit aussi et, surtout pour nous, par l’accessibilité numérique. La révolution technologique ne doit pas laisser les personnes déficientes visuelles sur le bord de la route et la CFPSAA met tout en œuvre pour convaincre sur ce dossier. Les éditeurs de logiciels professionnels doivent les rendre accessibles dès leurs créations, et la législation doit prendre en compte ce paramètre.

Au-delà des logiciels professionnels, il y a aussi l’accessibilité des biens et services, qu’il s’agisse de ceux proposés par les banques, les assurances, ou autres… et, bien sûr, des équipements électroménagers. L’approche des élections européennes du 26 mai 2019, est une opportunité pour élargir notre champ d’action. A cet effet, nous nous sommes mis en ordre de bataille avec d’autres associations pour interpeler les futurs élus européens. Nous venons de diffuser un communiqué d’alerte à l’intention des candidats en campagne. La Fédération des Aveugles de France, l’Association Valentin Haüy et l’association Voir Ensemble, ont signé ce texte avec nous. C’est une première action, d’autres suivront jusqu’au jour du scrutin et nous agissons en concordance avec l’Union Européenne des aveugles. Un dernier mot sur le grand débat qui se termine. Il apparaît que les personnes handicapées ont fait ressortir 4 grands thèmes : la justice, les ressources, la protection sociale, et l’accessibilité des logements. Bien difficile de savoir comment ces thèmes seront traités, et au-delà comment sera exploité l’ensemble de cette concertation citoyenne. A suivre donc…

Edouard Ferrero Président de la CFPSAA

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1) ACTUALITÉS DE LA CFPSAA

1-A) FUTURS ÉLUS EUROPÉENS, NE NOUS OUBLIEZ PAS !

Communiqué commun

Le 13 mars 2019, le Parlement européen a adopté en séance plénière, un texte qui a pour but de faire évoluer l’accessibilité aux biens et aux services en Europe pour les publics en situation de handicap, notamment visuel.

Les citoyens aveugles et malvoyants sont très fortement exclus de l’accessibilité à de très nombreux biens et services : en 2019 il est encore difficile, voire impossible, d’utiliser de nombreux services tels que ceux proposés par les banques, les assurances…, d’utiliser des appareils électroménagers ou de lire un livre numérique par exemple.

Le texte du 13 mars constitue donc un nouveau socle juridique, porteur d’espoir pour l’ensemble des personnes déficientes visuelles, mais il ne reflète malheureusement pas l’ensemble des ambitions portées par nos organisations de défense des droits de ces personnes, qui, par ailleurs, s’acquittent de leur devoir électoral au même titre que l’ensemble de la population.

Au moment où nous nous apprêtons à renouveler le Parlement européen, nous demandons, avec confiance mais fermeté, que nos futurs élus s’attachent à faire valoir nos droits et à amplifier ce mouvement vers une Europe plus inclusive.

Paris, le 19 mars 2019 Signataires : CFPSAA Fédération des Aveugles de France AVH Voir Ensemble

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2) ACTUALITÉS INSTITUTIONNELLES

2-A) POLITIQUE EN FAVEUR DES PERSONNES HANDICAPÉES

La secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées a présenté une communication portant sur la politique en faveur des personnes handicapées. Elle sera complétée par une communication sur la mise en œuvre de la stratégie autisme d’ici avril 2019. Le choix du Gouvernement de faire du handicap la priorité de ce quinquennat vise à construire une société réellement solidaire et fraternelle, une société inclusive. L’année 2019, avec l’organisation d’une conférence nationale du handicap dans un format nouveau, qui valorise les initiatives citoyennes, doit consacrer des avancées effectives pour les personnes handicapées, au premier rang desquelles figure la revalorisation de l’allocation adulte handicapé (AAH). Après avoir été portée à 860 euros par mois au 1er novembre 2018, elle atteindra 900 euros au 1er novembre prochain. L’engagement présidentiel aura été atteint en deux ans. Cette politique s’articule autour de cinq priorités. 1/ L’école inclusive La scolarisation des élèves qui ont des besoins éducatifs spécifiques est un facteur de progrès pour tous : c’est une priorité partagée avec le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse. La réussite quantitative est réelle : 340 000 élèves étaient scolarisés à la rentrée 2018, soit le triple d’il y a dix ans. Un saut qualitatif est en train de s’opérer pour que l’école soit réellement inclusive, avec l’appui des professionnels médico sociaux, pour tous les élèves en situation de handicap. La concertation « Ensemble pour l’école inclusive » a mobilisé plus de 120 participants d’octobre 2018 à février 2019. Elle a permis de dessiner de nombreuses pistes pour simplifier les parcours des élèves et de leurs familles, accompagner les enseignants dans l’adaptation de leurs pratiques aux besoins éducatifs spécifiques, organiser l’intervention des professionnels du handicap dans l’école. Le projet de loi pour une école de la confiance permet effectivement de soutenir cette école au service de la réussite de tous, avec : la scolarisation des enfants dès trois ans ; la continuité de formation pour les 16 à 18 ans ; l’amélioration de la formation des enseignants au handicap ; le renforcement des équipes de suivi ; la reconnaissance des accompagnants ; la création de pôles d’accompagnement coordonnés au sein des établissements, etc. Avec la fin du recours aux contrats aidés pour accompagner les élèves à compter de la rentrée 2019, et la revalorisation du métier des accompagnants qui vont bénéficier d’emplois plus pérennes, un nouveau service public s’organise. Il doit permettre une rentrée 2019 plus sereine pour un grand nombre de familles. Depuis le 1er janvier, grâce à un accueil en crèche facilité pour les enfants handicapés, avec le bonus « inclusion handicap » des caisses d’allocations familiales, d’un montant pouvant aller jusqu’à 1 300 euros par place et par an, il sera possible de suivre par ailleurs les progrès des parcours inclusifs dès le plus jeune âge.

2/ L’entreprise inclusive La réforme de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés, qui impose à toute entreprise de plus de vingt salariés d’employer 6 % de personnes en situation de handicap, a été adoptée dans le cadre de la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Elle vise à simplifier à la fois son calcul et sa déclaration, automatisée par la déclaration sociale nominative. Cette réforme doit ouvrir près de 100 000 emplois supplémentaires pour les travailleurs en situation de handicap. Son entrée en vigueur au 1er janvier 2020 sera accompagnée d’outils destinés à simplifier le calcul de l’obligation et à lisser les coûts de transition pour les entreprises. Par ailleurs, employeurs et travailleurs bénéficieront d’un appui renforcé pour leurs recrutements ou le maintien dans l’emploi, dans le cadre d’une nouvelle offre de services d’accompagnement dont le contenu fait l’objet de concertations engagées avec l’ensemble des partenaires sociaux et des représentants des associations. Leurs conclusions seront présentées à l’été. Elles doivent permettre de développer l’apprentissage des personnes handicapées, avec l’appui des référents handicap généralisés dans les centres de formation des apprentis, et de passer de 1 000 personnes en emploi accompagné à 50 000 avec la mobilisation du service public de l’emploi. Pour favoriser la reconnaissance de compétences autres, la seconde journée du DuoDay aura lieu le 16 mai 2019. La plateforme de relation www.duoday.fr est d’ores et déjà ouverte aux inscriptions. L’objectif est d’atteindre 40 000 duos. 3/ L’exercice d’une pleine citoyenneté Le droit de se marier, celui de se pacser et celui de divorcer sans recourir à l’autorisation judiciaire pour les personnes majeures sous tutelle, entreront en vigueur dès la promulgation du projet de loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice, en mars 2019. Par ailleurs, il sera garanti aux personnes majeures sous tutelle un exercice personnel de leur droit de vote : leur tuteur ne pourra les représenter et les personnes les prenant en charge ne pourront voter à leur place. S’agissant des personnes sous tutelle qui étaient privées jusqu’alors de l’exercice de leur droit de vote par une décision de justice et qui vont recouvrer l’exercice de ce droit, elles pourront l’exercer dès les prochaines élections européennes et, pour les y aider, la date d’inscription sur les listes électorales a été décalée, à titre dérogatoire, du 31 mars au 16 mai 2019. Les autres personnes sous tutelle pourront quant à elles s’inscrire dans les conditions de droit commun et au plus tard le 31 mars 2019. L’enjeu des élections européennes est majeur pour permettre la participation de tous à la détermination de l’avenir d’un continent qui compte 80 millions de personnes en situation de handicap. La France a pris l’initiative de réunir l’ensemble des ministres européens chargés du handicap, le 14 mars prochain, au ministère de l’Europe et des affaires étrangères. Cette réunion permettra notamment d’échanger sur les bonnes pratiques pour changer le quotidien des personnes handicapées et conforter une mobilisation à l’échelle de l’Union européenne autour de la recherche sur les causes de l’autisme.

4/ Simplifier l’accès aux droits Depuis le 1er janvier 2019, l’AAH, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ou le bénéfice d’une carte mobilité inclusion peuvent désormais être accordés à vie pour les personnes dont le handicap n’est pas susceptible d’évolution. S’agissant des plus jeunes, l’allocation d’éducation pour enfant handicapé (AEEH) de base peut être attribuée jusqu’aux vingt ans de l’enfant, tandis que la durée minimale d’attribution d’un éventuel complément à l’AEEH est triplée pour passer à trois ans.. L’accès à des droits à vie va permettre de réduire fortement la charge des maisons départementales des personnes handicapées. Elles pourront davantage informer, orienter et accompagner les personnes handicapées ainsi que leurs familles, mais aussi traiter plus rapidement les dossiers les plus urgents. Un système d’information commun, piloté par la caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, leur permet de gérer l’intégralité d’une demande et d’améliorer ainsi l’équité et la qualité des réponses. Une démarche innovante « Territoires 100 % inclusifs » a également été engagée avec les conseils départementaux. Une trentaine de départements portent un élan collectif, destiné à soutenir des avancées concrètes pour le quotidien des personnes et faciliter l’accès à l’école, l’emploi, la santé, les transports, la culture ou le sport. 5/ Développer l’accessibilité de tout à tous En application de la loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique, les opérateurs de télécommunication ont mis en place, en octobre 2018, une solution de services de communication électronique à destination des personnes sourdes ou aphasiques, incluant la fourniture d’un service de traduction simultanée écrite et visuelle. L’accessibilité du numéro d’urgence 114, destiné aux personnes sourdes et malentendantes, a été renforcée pour recevoir et répondre à tout appel de requérant en situation de handicap, quel que soit le support, la technologie, ou la langue utilisée (français, langue des signes). À compter d’octobre 2019, l’obligation d’installer un ascenseur à partir du 3ème étage pour les logements neufs entrera en vigueur, concomitamment à la disposition de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique visant à promouvoir le logement 100 % évolutif. Les jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 seront enfin l’occasion de donner à voir une démarche exemplaire en matière d’accessibilité universelle, animée par la société de livraison des ouvrages olympiques, avec l’appui du secrétariat général du comité interministériel du handicap. Les cahiers des charges du village olympique et du « cluster » des médias qu’elle doit réaliser intègreront dès cette année cette ambition. Retour sommaire

2-B) GRAND DÉBAT : LES 4 PRIORITÉS DES PERSONNES HANDICAPÉES

Le Grand débat, ce fut l’occasion, pour les personnes handicapées, d’exprimer leurs revendications. Début février, APF France handicap avait ouvert une plateforme participative dédiée. 4 axes majeurs d’amélioration ont émergé... Numéro 1 : la justice.

« Les libertés et les droits fondamentaux doivent enfin être respectés ! » C’est la préoccupation principale des personnes handicapées. Depuis l’ouverture du Grand débat national, elles se sont exprimées pour mettre en lumière les problématiques qu’elles rencontrent. A cet effet, l’association APF France handicap a créé une plateforme participative en ligne qui proposait cinq thèmes dédiés au handicap : le respect et la liberté des droits fondamentaux, l’accès à la cité, l’accès à l’emploi et à l’éducation, la reconnaissance d’une protection sociale réelle et la garantie d’une vie sociale et familiale épanouie. Un mois-et-demi plus tard, c’est l’heure du bilan. Trois autres priorités sont dans leur ligne de mire…

Justice à deux vitesses Les personnes handicapées sont unanimes : à l’heure actuelle, « les droits fondamentaux sont bafoués ». La majorité des participants souhaitent que les conventions et les traités internationaux relatifs aux droits humains soient « enfin appliqués ». « Il est plus que temps que l’égalité des droits et des chances, la non-discrimination, la pleine citoyenneté et la possibilité pour chacun de choisir et de maîtriser son existence soient pleinement reconnus par nos gouvernements », déclarent-ils. APF France handicap réclame notamment au gouvernement une justice accessible à tous.

Ressources insuffisantes Avec deux millions de personnes en situation de handicap vivant sous le seuil de pauvreté, la priorité numéro 2 concerne les ressources. Selon elles, malgré une augmentation de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), les mesures restent « insuffisantes ». « Certains bénéficiaires ne seront d’ailleurs pas concernés par cette revalorisation, notamment ceux qui vivent en couple », déplorent-elles. Elles demandent donc l’annulation de la prise en compte des ressources du conjoint dans la base de calcul de l’AAH et la création d’un « revenu minimum d’existence ».

Protection sociale inégale Autre prérogative : l’arrêt d’une protection sociale « en pointillés ». Les internautes pointent un accès aux soins « compliqué » et une prestation de compensation du handicap (PCH) insuffisante, qui génère des restes-à-charge « indécents ». « Les personnes handicapées sont frappées de plein fouet par les inégalités sociales et territoriales dans le domaine de la santé, constate APF France handicap. Aussi, est-il nécessaire de faire respecter l’obligation d’accessibilité des locaux et de rendre impérative l’adaptation des équipements de soins et d’examens. » Pour ce faire, l’association formule cinq recommandations : l’élargissement du financement de la Sécurité sociale, l’installation de maisons de santé multidisciplinaires pour lutter contre les déserts médicaux, la formation du personnel médical et paramédical, le développement d’une offre de service d’accompagnement de proximité et la création du « risque autonomie ».

Logements peu accessibles Enfin, les personnes handicapées s’insurgent contre l’adoption de la loi ELAN et notamment son article 64 qui prévoit de passer de 100 % de logements neufs accessibles à seulement 20 %. « Le principe d’accessibilité n’est pas respecté », estime APF France handicap. Face à ce constat, l’association demande de rendre effectif le droit au logement, de renforcer les obligations et les sanctions administratives et de créer un fond public « Objectif accessibilité ». L’ensemble des contributions recueillies sur la plateforme sera adressé à la Mission Grand débat dans les prochains jours… En attendant, l’association demande au gouvernement de prendre en compte les recommandations de la rapporteure de l’ONU, Catalina Devandas-Aguilar, dans le rapport qu’elle vient de rendre public 21 mars 2019 • Par Cassandre Rogeret / Handicap.fr

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2-C) DISCRIMINATIONS – MACHIN POUR LES CHIENS D’ASSISTANCE

Le secrétariat d’État aux personnes handicapées confie à la Délégation Ministérielle à l’Accessibilité (DMA) la tâche d’étudier la création d’un "Observatoire de l’accessibilité des chiens guides d’aveugles ou d’assistance". Telle est la réponse du ministère de la transition écologique et solidaire à une question écrite du sénateur socialiste du Pas-de-Calais, Michel Dagbert portant sur le multiples refus d’accès constatés ces derniers mois : "Le Gouvernement a engagé une action visant à en déterminer les causes et à bâtir un plan d’action qui corrigerait les dysfonctionnements et créerait les conditions de disparition de ces refus d’accès récurrents de personnes handicapées et de leurs chiens dans tous les domaines de la vie courante et donc de la citoyenneté." Le Gouvernement ne mise que sur la pédagogie au long cours, la mutualisation de "bonnes pratiques des uns et des autres" et la création d’un observatoire alors qu’il en existe déjà un : l’Observatoire interministériel de l’accessibilité et de la conception universelle créé par la loi du 11 février 2005 et mis en sommeil depuis plus de quatre ans sans être dissous. Le Gouvernement n’envisage aucune disposition immédiate pour faire respecter la loi qui date de juillet 1987, telle une campagne d’information ou des consignes données aux forces de police et de gendarmerie pour constater les refus dès qu’ils sont appelés pour le faire. La secrétaire d’État aux Personnes handicapées s’est donc déchargée sur la DMA des actions qu’elle avait annoncées aux associations de chiens d’assistance le 26 octobre 2018. Yanous - Actu n° 527 Les articles de Yanous-Actualités sont diffusés avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard

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4) ACTUALITÉS FRANÇAISE DU HANDICAP

4-A) DEUX PRIX POUR L’AUDIODESCRIPTION

Marius ou Visio, les deux prix qui viennent d’être attribués visent à populariser plus encore l’audiodescription de films dès leur diffusion, et mettent l’accent sur une qualité toujours menacée par des histoires d’argent. Éclaircissement. Entre 8.000 et 9.000€, voilà le coût moyen pour l’audiodescription d’un film de cinéma ou téléfilm d’une heure et demie. Une misère à côté des millions d’euros de l’ensemble de la production ! Mais une dépense que producteurs et diffuseurs s’efforcent de comprimer au risque de produire un résultat médiocre. C’est donc la qualité que les deux prix décernés en février veulent promouvoir.

La Fondation Visio, dédiée à la recherche innovation, a attribué le 2 février un prix doté de 3.800€ au projet de film Les Versants, co-signé par Guillaume Rénusson, réalisateur, et Clément Peny. Là, il s’agissait de lire en public, dont un jury composé de cinq personnes déficientes visuelles, trois scénarios de films déjà financés et qui seront tournés dans les prochains mois, le prix de la Fondation Visio couvrant la moitié de l’audiodescription du film lauréat. "Si la lecture est intéressante et le scénario suffisamment fort, on se représente les images, commente Carole Dieudionné, l’une des jurées. On a réfléchi ensemble aux critères : le ressenti des émotions, l’intérêt à audiodécrire." Comme les autres jurés, elle a particulièrement apprécié Les Versants lu par Loïc Corbery, talentueux sociétaire de la Comédie Française : "Il a livré une lecture admirable, il offrait la lecture au public, des silences, des regards. Ça nous a permis de nous immerger, on a eu froid avec les personnages, on a ressenti !" Depuis cette expérience, Carole Dieudonné dont la vision évolue vers une cécité totale active ponctuellement le canal d’audiodescription de son téléviseur : "Quand elle est bien faite, elle est un atout pour apprécier un film." Un prix qui s’inscrit dans le cadre du festival Premiers Plans consacré, à Angers (Maine-et-Loire), aux premiers films et qui propose de nombreuses projections avec audiodescription et sous-titrage sourds et malentendants. "Notre quotidien c’est de rencontrer des personnes déficientes visuelles, précise Pascale Humbert, Directrice de la Fondation Visio également installée à Angers. Elles sont férues de cinéma, mais l’offre audiodécrite est encore insuffisante. On veut promouvoir et financer une audiodescription de qualité, ça ne s’improvise pas." Dune Cherville, audiodescriptrice de théâtre et de films depuis une quinzaine d’années, ne dira pas le contraire : c’est son travail d’écriture et d’interprétation qui a été distingué le 19 février par la centaine de jurés du 2e Marius de l’audiodescription, réunis par la Confédération Française pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes (CFPSAA). "C’est un travail d’auteur. On part des images pour dire des mots." C’est pour son audiodescription de Pupille, film de Jeanne Herry, qu’elle est récompensée. Il s’agit de l’un des sept films que les jurés ont notés, tous issus de la sélection des César du cinéma pour le trophée du meilleur film. Mais l’intégration du trophée audiodescription au sein desdits César n’est toujours pas à l’ordre du jour (lire l’actualité du 5 décembre 2018). "On n’a pas de réponse de l’académie des César, regrette Sylvie Ganche, bibliothécaire rennaise organisatrice du Marius. Nous, on note sur 10 la description de l’action, de l’expression du visage, les décours et costumes, la voix du narrateur, et les fautes, par exemple sur les noms. Tous les jurés ont reçu un lien de téléchargement de la bande son d’audiodescription, quelques-uns complètent avec des DVD." Sylvie Ganche est satisfaite par ce 2e Marius, bien couvert par les médias et remis dans une salle comble du Centre National du Cinéma (CNC). Également juré et organisateur, le Toulousain Christian Call espère une diversification de l’offre de programmes audiodécrits télévisés : "Ils sont trop concentrés sur la fiction française. C’est pour cela que la CFPSAA a créé un panel d’usagers d’audiodescription, pour être l’interface entre les diffuseurs et le public, agir sur la diversité et la qualité." C’est sur l’agenda du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel : dix ans après une première charte, une seconde est en cours de validation après concertation avec les professionnels concernés. "La charte actuelle est minimale et n’avait pas servi la profession d’audiodescripteur, commente Dune Cherville. Confrontées à des obligations croissantes, les chaines télé font appel à des laboratoires qui ne sont pas intéressés à produire de la qualité, et font baisser les tarifs d’écriture." Elle a également été échaudée par la fermeture brutale, début janvier, du service de l’Association Valentin Haûy, qui avait pourtant importé sous le nom d’audiovision l’audiodescription en France : "On a été remerciés par une simple lettre invoquant le sentiment du devoir accompli !", s’étonne encore Dune Cherville. Dans un tel contexte, les audiodescripteurs qui travaillent sous le statut d’auteur pèsent peu. Stabiliser la qualité constitue donc l’un des enjeux de la seconde charte... et de l’audiodescription des années qui viennent.

Laurent Lejard, mars 2019

Yanous-Actu n°526

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4-B) LE HANDICAP EN TÊTE DES DISCRIMINATIONS EN 2018

Le handicap, une nouvelle fois en tête des discriminations, en France. Le 12 mars 2019, le Défenseur des droits a rendu son rapport annuel de 2018. Hausse des saisines, défaillance des services publics, décentralisation à outrance... Il a du boulot ! Thèmes : Défenseur des droits Triste constat pour le handicap… Pour la deuxième année consécutive, il reste la principale cause de discriminations (22,8 %), « largement » devant l’origine (14,9 %) et l’état de santé (10,5 %). Elles sévissent principalement dans le domaine de l’emploi, aussi bien à l’embauche que tout au long de la carrière. Lire l’article complet sur le site de handicap.fr 12 mars 2019 • Par Cassandre Rogeret / Handicap.fr Retour sommaire

4-C) COMBAT DE CHIENS

Pour la première fois en France, un commerçant ayant refusé l’accès à un chien d’assistance a été condamné en justice, alors qu’un observatoire constitue la seule réponse du Gouvernement et de son administration aux refus discriminatoires…

Le 6 mars dernier, le gérant d’une supérette de Nîmes (Gard) a été condamné pour avoir refusé l’accès à un chien d’assistance accompagnant son maitre handicapé moteur. Le Tribunal de Police l’a condamné à payer 200 euros d’amende plus 300 euros de dommages et intérêts à la victime. Comme d’habitude, le commerçant avait invoqué l’hygiène et n’avait pas voulu comprendre que les chiens d’assistance sont spécialement formés pour ne pas baver dans le rayon viande (ils sont éduqués, eux !). Ce jugement était une première pour le maitre, victime d’une demi-douzaine de refus à l’année longue et dont toutes les plaintes précédentes avaient été classées sans suite. Et probablement une première pour la France entière : on n’a pas le souvenir d’une telle condamnation depuis les 32 années d’existence légale des chiens d’assistance. Pourtant, "L’accès aux transports, aux lieux ouverts au public, ainsi qu’à ceux permettant une activité professionnelle, formatrice ou éducative est autorisé aux chiens guides d’aveugle ou d’assistance", stipule l’article 88 de la loi du 30 juillet 1987. Une loi maintes fois bafouée, humiliant maitre et chien, piétinant leur réalité, leur existence, et constituant une discrimination jusqu’alors impunie. "Nous ignorons pourquoi cette plainte a été jusqu’en jugement et non les autres, précise l’avocate du plaignant, Salomé Perrier. Peut-être le fait que le gérant ne se soit pas déplacé lors des convocations en police, peut-être l’effet de la vidéo ’buzz’ du jeune homme malvoyant de Marseille, peut-être une prise de conscience des nouvelles générations de policiers..." Justement, le scandale public résultant de l’expulsion violente d’un client aveugle d’un Monoprix marseillais avait révolté notre secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, Sophie Cluzel, à un tel point qu’elle réclamait des sanctions le 9 octobre 2018 sur France 3 : "Ça c’est intolérable. Il faut faire de la pédagogie permanente mais il faut surtout faire du punitif. Je suis désolée, on ne peut plus tolérer cela. Des amendes, immédiatement, qui sont dressées, des procès-verbaux avec des amendes, 450 euros, c’est dans la loi." Ce moment de folie répressive passé, le Gouvernement a repris ses esprits, il n’a pas donné instruction aux Procureurs de la République de poursuivre les plaintes et va revenir à l’approche pédagogique en créant un "Observatoire de l’accessibilité des chiens guides d’aveugles ou d’assistance" placé sous l’égide de la Délégation Ministérielle à l’Accessibilité. C’est ce que répond le ministère de la Transition écologique et solidaire à la question d’un sénateur sur les multiples refus d’accès constatés ces derniers mois : "Le Gouvernement a engagé une action visant à en déterminer les causes et à bâtir un plan d’action qui corrigerait les dysfonctionnements et créerait les conditions de disparition de ces refus d’accès récurrents de personnes handicapées et de leurs chiens dans tous les domaines de la vie courante et donc de la citoyenneté." Les causes, on les connaît pourtant depuis longtemps : stupidité et mauvaise foi de gestionnaires ou propriétaires qui font leur propre loi dans leur établissement, formation lacunaire d’employés auxquels des consignes illégales sont données. Les premiers ne peuvent entendre que la punition, les seconds doivent être informés par leurs employeurs. "Cette question [sénatoriale] prouve qu’il est parfois possible d’intéresser un politique à la cause que nous défendons depuis plus de 40 ans, positive la présidente de l’Association Nationale des Maitres de Chiens Guides d’Aveugles, Dominique Latgé. On ne peut pas parler d’une absence de volet répressif, concernant l’infraction de troisième classe de refus d’un chien guide ou d’assistance dans un lieu recevant du public. Ce volet existe depuis 1993, l’ennui n’est donc pas qu’il n’existe pas, mais vient du fait qu’il n’est jamais appliqué, les plaintes pour refus de chien guide n’aboutissant dans la quasi-totalité des cas qu’à un classement sans suite. En effet, il n’existe encore aucune jurisprudence concernant un éventuel cas de refus." L’ANMCGA reste partisane de la discussion : "Généralement, les choses s’arrangent par la négociation, l’envoi de courriers, d’autocollants, etc. Il s’agit là de sensibilisation à petits pas, ça fonctionne bien, mais il est certain qu’une politique d’envergure nationale serait la bienvenue." Le futur observatoire de l’accessibilité des chiens guides d’aveugles ou d’assistance sera-t-il l’outil de cette "politique d’envergure nationale" ou un "machin" de plus ?

Laurent Lejard, mars 2019. Yanous Actu n° 527

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5) ACTUALITÉS INTERNATIONALES DU HANDICAP

5-A) ACTE EUROPÉEN DE L’ACCESSIBILITÉ : C’EST VOTÉ MAIS…

Smartphones, distributeurs de billets, services bancaires et numéro d’urgence plus accessibles en Europe ? L’Accessibility act a été voté le 13 mars 2019. Les États ont maintenant 6 ans pour l’appliquer. Une étape positive mais peut mieux faire. Ordinateurs, smartphones, tablettes, téléviseurs, guichets automatiques, terminaux de paiement, livres électroniques, sites de commerce électronique, applications mobiles et machines de billetterie bientôt réellement accessibles ? L’Union européenne planchait depuis fin 2017 sur un « Acte européen de l’accessibilité des biens et des services » (article et lien ci-dessous). Le 13 mars 2019, il a été soumis aux députés en séance plénière, et voté ! Un raz-de-marée : 613 voix pour sur 670.

Concrètement, c’est quoi ? Ce texte de 137 pages, défendu âprement par la vice-présidente du Parlement européen, Sylvie Guillaume, pour qu’il ne soit pas « vidé de sa substance » devrait donc permettre aux 80 millions d’Européens en situation de handicap, et plus globalement aux personnes à mobilité réduite, de bénéficier davantage de produits et services accessibles et surtout à des prix plus compétitifs. Concrètement, ce paquet législatif porte sur : tous les biens et services numériques permettant la délivrance de titres de transport quels qu’ils soient ; les services de transport et d’information ; les services de délivrance de billets et tous les terminaux de paiement ainsi que l’ensemble des services bancaires aux consommateurs ; les ordinateurs et les systèmes d’exploitation ; les smartphones, les tablettes et les équipements télévisuels ; les livres électroniques et les logiciels spécialisés ; le commerce en ligne ; et le numéro d’urgence européen 112. Réactions contrastées Les réactions sont en demi-teinte. Satisfaction du côté de la Fédération des éditeurs européens (FEE/FEP) qui assure intégrer depuis des années des fonctionnalités d’accessibilité dans la production d’e-books. Dans un communiqué, ses membres se disent impatients de discuter avec la Commission européenne de la façon dont les livres numériques pourraient servir de modèle. Du côté des personnes aveugles et malvoyantes, un collectif de quatre associations françaises réagit ; « en 2019, il est encore difficile, voire impossible, d’utiliser de nombreux services tels que ceux proposés par les banques, les assurances, des appareils électroménagers ou de lire un livre numérique », et ce texte constitue donc un nouveau socle juridique « porteur d’espoir ». Mais il y met néanmoins un bémol : « Il ne reflète malheureusement pas l’ensemble des ambitions portées par nos organisations », réclamant « d’amplifier ce mouvement vers une Europe plus inclusive ».

Encore des failles Si cette étapes est qualifiée par la plupart de « positive », ce texte exclut en effet encore des domaines essentiels tels que les transports, le bâti ou les appareils ménagers (tels que les machines à laver ou micro-ondes). Par ailleurs, les microentreprises (moins de 10 salariés ou de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires) fournissant ce type de services sont dispensées de se conformer aux exigences de la loi ; cette exemption en réduira considérablement l’impact. Des « failles » que regrettent les concernés ! « Il est honteux de voir comment les États membres ont réussi à réduire le champ d’application de la loi. Les gouvernements doivent maintenant se racheter et faire preuve d’une grande ambition lorsqu’ils incorporent la loi dans leur législation nationale », a ainsi déclaré Yannis Vardakastanis, président du Forum européen des personnes handicapées. Cet Accessibility act était au cœur des discussions dès le lendemain de sa signature, à l’occasion de la rencontre « informelle » de 25 ministres et hauts fonctionnaires européens réunis à Paris à l’invitation de Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat au Handicap, pour échanger sur les politiques publiques en matière de handicap et promouvoir les bonnes pratiques (article en lien ci-dessous). Pour entrer en vigueur, il doit maintenant être adopté par le Conseil de l’Europe puis publié au Journal officiel de l’UE. Les États membres auront alors trois ans pour transposer cette directive dans leur législation nationale. Et six ans pour l’appliquer !

19 mars 2019 • Par Handicap.fr / Emmanuelle Dal’Secco

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5-B) L’ACTE EUROPÉEN SUR L’ACCESSIBILITÉ ADOPTÉ : DES LIVRES NUMÉRIQUES POUR TOUS

Mercredi 13 mars 2019, le Parlement européen a annoncé l’adoption de la loi européenne sur l’accessibilité, un paquet législatif qui couvre plusieurs domaines relatifs au handicap et à l’accessibilité aux biens et services. La Fédération des éditeurs européens (FEE/FEP) se félicite de cette nouvelle.

« Il est de notre responsabilité, en tant qu’éditeurs, de veiller à ce que les lecteurs soient aussi nombreux et variés que possible. Pouvoir offrir l’accès aux livres que nous éditons au plus grand nombre est un service nécessaire », a affirmé le président de la FEP, Rudy Vanschoonbeek.

La Fédération des éditeurs européens intègre depuis des années des fonctionnalités d’accessibilité dans la production d’ebooks. Dans un communiqué, les membres se disent impatients de discuter avec la Commission européenne de la façon dont les livres numériques pourraient servir de modèle.

Elle rencontrera aussi les organisations représentant, mais aussi s’occupant, des personnes souffrant de handicap pour mieux les informer sur l’accessibilité des livres numériques. C’est d’ailleurs à cette occasion que la FEP, la Fondation LIA (Italie) et EDItEUR ont organisé un atelier à la Foire du livre de Londres sur le thème « Un écosystème d’édition numérique accessible : Comment tirer le meilleur parti du Traité de Marrakech et de la loi européenne sur l’accessibilité ? », mercredi 13 mars.

La section VII de l’annexe 1 de cet acte européen sur l’accessibilité porte plus particulièrement sur les livres numériques et les appareils dédiés à leur lecture. Pour s’assurer de leur facilité d’utilisation par tous, l’Acte européen prévoit des mesures destinées à simplifier l’achat, l’accès et la lecture des ouvrages. On peut citer par exemple l’intégration d’alternatives au contenu visuel des livres numériques, la mise en conformité des sites internet d’accès et d’achat aux livres numériques ou encore le design et l’emballage des lecteurs ebook.

80 millions de personnes dans l’UE touchées par un handicap Avec cette loi européenne sur l’accessibilité, les personnes souffrant de handicap bénéficieront de produits et de services plus accessibles sur le marché, mais aussi à des prix plus compétitifs. Elle avance aussi moins d’obstacles pour accéder à l’éducation et au marché du travail avec plus d’emplois disponibles dans les entreprises où l’expertise en accessibilité est nécessaire.

En outre, le Parlement européen a pris en compte les obligations découlant de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées et s’inscrit dans la stratégie européenne 2010-2020 en faveur des personnes handicapées.

La Convention relative aux droits des personnes handicapées est le premier instrument international qui établit juridiquement des normes minimales pour les droits des personnes handicapées. Le Conseil européen a adopté la décision de conclusion de la convention le 26 novembre 2009. Pour l’Union européenne, la convention est entrée en vigueur le 22 janvier 2011. Tous les pays de l’UE ont signé et ratifié la convention. Ainsi, ils se sont engagés à défendre et à protéger les droits des personnes handicapées tels qu’il est inscrit dans la convention des Nations unies.

La FEE ou FEP est une association qui regroupe 29 associations nationales d’éditeurs de livres dans l’Union européenne et l’Espace économique européen. La FEE est donc la voix de la grande majorité des éditeurs en Europe. Fondée en 1967, elle suit de près la législation européenne et conseille les associations d’éditeurs sur les questions législatives comme les droits d’auteurs. Camille Cado – 15 mars 2019

AL Actualitté (Les univers du livre)

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5-C) LE BRAILLE, UN AMI ET UN ASSISTANT INDISPENSABLES

Par John Heilbrunn, vice-président de l’Association danoise des aveugles. Pour commencer, permettez-moi de vous avouer que je suis un grand utilisateur du braille, un amoureux, un passionné et un promoteur du braille. J’ai la conviction que le braille libère et qu’il est la clé de la réussite scolaire et professionnelle et de l’autonomie des personnes aveugles ou atteintes de très basse vision. Le braille est excellent sur le papier, dans la signalétique, sur les plages braille de haute technologie, et il ne fait aucun doute que le braille a de l’avenir. Certains diront peut-être que le braille sur papier n’est pas respectueux de l’environnement, et je leur répondrai qu’avec le recyclage du papier pratiqué de nos jours, même les documents en braille imprimés à la demande peuvent être déchiquetés et réutilisés. Fondamentalement, l’utilisation mixte du braille sur papier et sur écran est un moyen d’aller de l’avant, et dans notre monde de haute technologie, il s’intégrera dans un système de communication avec d’autres outils comme le fait de raccorder une plage braille à un ordinateur pour transformer les signes braille en texte sur l’écran, lu par une voix de synthèse, et inversement pour convertir le texte à l’écran en braille tactile sur la plage, sans oublier le smartphone, utilisé essentiellement avec la commande vocale par les personnes déficientes visuelles. Ceux qui prétendent que l’utilisation du braille est démodée, dépassée ou obsolète ont donc tort et entravent le soulèvement des personnes aveugles dans la société. Une étude menée de 2016 à 2017 sous la supervision de personnes de références issues principalement du Danemark, de Suède, de Finlande, d’Autriche et d’Italie, a examiné la situation dans 9 pays européens pour évaluer différents points allant du nombre estimé de lecteurs/utilisateurs de braille parmi les jeunes, aux programmes et établissements de formation, à l’utilisation de divers formats braille, notamment le braille abrégé, en passant par la disponibilité des machines à écrire et des plages braille, et a analysé l’offre existante pour rendre le braille attrayant et agréable pour les enfants dès leur plus jeune âge. Sur ce point, l’étude a mis l’accent sur l’importance de l’investissement des parents dès les premières années des enfants concernés. En regardant en arrière, disons, il y a 40-50 ans, le braille représentait pour tous les aveugles la seule façon de s’informer, de prendre des notes, d’écrire des lettres et d’effectuer par eux-mêmes d’autres tâches. Naturellement, ils pouvaient utiliser une machine à écrire, écouter la radio ou autre, mais ils n’avaient aucun contrôle sur le résultat, alors qu’en utilisant le braille, ils pouvaient interagir avec le texte et maîtriser le contenu qu’ils examinaient. Aujourd’hui, les possibilités, les options et les équipements ont beaucoup évolué et pourraient certainement s’orienter bien davantage vers la promotion du braille. Les embosseuses à grande vitesse peuvent produire du braille de bonne qualité et en grande quantité, c’est pourquoi l’impression à la demande est un élément clé dans de nombreux contextes, tant dans les bibliothèques pour personnes déficientes visuelles que dans les centres de ressources et, du moins en théorie, dans le cadre privé des enfants et des jeunes scolarisés. Les TIC permettent une production sur mesure dans laquelle le braille peut être embossé aussi bien en version normale qu’en version abrégée. C’est clairement très différent des versions papier faites à la main, qui étaient dupliquées au préalable sur la méthode de thermoformage (consistant à chauffer les feuilles de plastique et faire des copies à l’aide d’une méthode d’aspiration). Lorsque j’étais un jeune étudiant, je portais mes livres en braille dans un énorme sac, et mon père m’a fabriqué un deux-roues pour compenser les sérieuses blessures causées par le transport prolongé de plusieurs kilos de matériel. Aujourd’hui, grâce aux possibilités offertes par la haute technologie, les ordinateurs équipés de plages et de bloc-notes braille, qui sont dans le fond des ordinateurs en braille, il est possible de transporter d’immenses quantités d’informations, de livres, de notes, etc. dans un petit sac, d’écrire, de lire et d’éditer des notes, de rechercher et de partager avec ses collègues étudiants voyants en utilisant le bout de ses doigts, en combinant la technologie et l’utilisation du braille. Rien n’est comparable à la sensation de liberté éprouvée en réunion quand une personne nous fournit du matériel de base en braille. De même, un menu en braille proposé à des clients aveugles au restaurant suscite toujours l’admiration des voyants et une grande satisfaction chez ceux qui ne peuvent pas lire le menu, mais veulent choisir eux-mêmes leurs plats et boissons. Toute personne, enfant ou adulte, peut apprécier de se divertir en jouant simplement aux cartes, sur un pied d’égalité. Dans les trains, les marquages en braille indiquant le siège et les fonctions à l’intérieur des toilettes offrent aux personnes aveugles un supplément d’autonomie et leur permettent de se déplacer librement. Tout cela semble bien et très positif. Et pourtant, le braille pourrait être beaucoup plus considéré et utilisé qu’il ne l’est aujourd’hui. D’après les recherches effectuées dans le rapport sur le braille mentionné au début de cet article, il semble que la connaissance de la disponibilité des services, qu’un effort national coordonné et un tableau complet de la situation du braille dans chaque pays, pour ainsi dire, sont étonnamment faibles, avec bien sûr quelques différences selon la taille des pays cibles. Les différences régionales et le manque de coordination organisationnelle laissent entrevoir un paysage qui est loin d’être aussi fertile et bien cartographié que nous l’avions espéré. D’autre part, il y a dans tous les pays cibles des personnes manifestement très engagées qui jugent vraiment nécessaire de promouvoir le braille et de montrer son utilité et sa nécessité indiscutables. Lors d’une conférence qui s’est tenue à la fin de l’étude, des séances de réflexion très créatives ont été organisées pour souligner pourquoi et dans quelles situations le braille pourrait être utilisé davantage, et comment il pourrait améliorer la vie et les conditions des personnes aveugles ou dont la vision résiduelle est très limitée. Ce qui semble apparaître comme un dénominateur commun dans tous les pays, c’est la baisse notable des compétences des enseignants de braille, tant en termes de quantité que de qualité. Les enseignants auxiliaires, qui maîtrisaient autrefois parfaitement le système braille et pouvaient donc répondre aux questions et fournir un soutien fiable, ne sont plus aussi disponibles, et de surcroît, dans les écoles inclusives actuelles, ces enseignants sont très accaparés par des tâches tournées vers des enfants ayant d’autres troubles et qui nécessitent une attention particulière. Les enfants aveugles sont tout simplement oubliés et deviennent assez invisibles. Néanmoins, il est clair pour chacun que le braille pourrait être affiché et utilisé dans de nombreuses situations et environnements tels que : • l’étiquetage des médicaments et de la maison (cuisine, salle de bains, etc.), • le marquage des distributeurs automatiques, le marquage dans l’environnement tel que la signalisation dans les ascenseurs, • des cartes et des dessins 3D de l’aménagement de l’environnement, • des moyens d’aide pour organiser ses affaires, notamment les disques et CD, • pour améliorer le développement personnel, y compris dans le cadre de l’emploi, en utilisant par exemple des documents en braille dans différentes langues, en mathématiques et dans d’autres sciences, • pour produire du matériel pour chanter, jouer de la musique dans le cadre des loisirs ou professionnel, et surtout, pour encourager les enfants aveugles ou ayant une vision résiduelle très faible à apprendre le braille, à l’aimer et à s’amuser avec, l’intérêt et l’implication des familles jouant un rôle capital sur ce point (il faut noter qu’à l’heure actuelle, de nombreux parents se raccrochent à des solutions fondées sur la vue, souvent à grand renfort de grossissement, pour lutter contre la prise de conscience et la reconnaissance de la cécité bien réelle et irréversible de leur enfant, avec les conséquences que cela implique en termes d’approches nouvelles et différentes utilisées par les habitants du monde des voyants). EBU Focus (Focus de l’Union Européenne des Aveugles) Retour sommaire

5-D) LES NOUVEAUX OUTILS D’INFORMATION DE L’UNION EUROPÉENNE DES AVEUGLES

Depuis 2018, l’UEA (Union européenne des aveugles / EBU en anglais) propose deux nouveaux outils d’information :

- EBU Focus, un trimestriel d’information sur un thème précis : le braille, l’emploi, le transport ferroviaire, etc. Vous pouvez lire le dernier numéro de Focus en français ici et vous inscrire ici.
- EBU Access Cast, un podcast (en anglais) sur les nouvelles technologies adaptées aux personnes déficientes visuelles. Chaque mois, Mario et Tanja (Luxembourg), Jakob (Estonie) et Bart (Belgique) font le tour des derniers produits et services accessibles. Enceintes connectées, smartphones, plages braille, lecteurs d’écran, synthèses vocales, lecteurs de billets… tout y passe ! Un bon moyen aussi de se tenir informé sur la législation européenne et son impact sur la vie quotidienne de millions d’aveugles et malvoyants en Europe. Vous pouvez écouter le podcast ici et réagir sur le compte Twitter du podcast

http://www.euroblind.org/ Retour sommaire

5-E) DÉCLARATION DE L’UMA POUR LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME LE 8 MARS 2019

L’Union Mondiale des Aveugles se joint aux Nations Unies pour célébrer la Journée internationale de la femme le 8 mars 2019. Le slogan de la Journée internationale de la femme de l’ONU cette année est « Penser équitablement, bâtir intelligemment, innover pour le changement ». La thématique propose de réfléchir aux moyens innovants permettant de faire progresser l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, notamment dans les domaines suivants : les systèmes de protection sociale, l’accès aux services publics et la construction d’infrastructures durables. C’est une journée propice à la promotion de l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes, y compris celles ayant une déficience visuelle.

En général, les jeunes filles et les femmes aveugles et malvoyantes se heurtent à de multiples formes de discrimination, en enfreinte à leurs droits humains basiques et à leur autonomisation. La discrimination basée sur le genre et celle basée sur le handicap se recoupant, les femmes aveugles et malvoyantes sont un collectif à haut risque en termes de violence basée sur le genre, négligence, maltraitance, harcèlement et exploitation.

Selon les dernières estimations, 55% de la vision modérée ou sévère personnes ayant une déficience sont des femmes (139 millions). Les états doivent répondre aux besoins uniques des femmes aveugles et malvoyantes pour assurer leur participation égalitaire et leur accès à l’éducation, aux soins sanitaires, à la rééducation et à l’emploi, entre autres droits basiques.

D’après l’Article 6 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées de l’ONU (CRPD), les états parties reconnaissent que les femmes et les jeunes filles handicapées sont sujettes à de multiples discriminations, et doivent donc prendre des mesures pour leur assurer la jouissance complète et égalitaire de tous leurs droits humains et libertés fondamentales.

Sans oublier que les inégalités liées au genre continuent à brider les femmes et à les priver de leurs droits et opportunités basiques, que décrit l’Objectif de développement durable numéro 5. Cet Objectif établit que l’autonomisation des femmes exige de répondre aux questions structurelles qui se posent, comme les normes sociales et les comportements injustes, sans oublier le développement de cadres juridiques progressistes parlant en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. La réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) exige des approches novatrices et intégrées, capables de rompre avec le statu quo, notamment lorsqu’il s’agit de la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation de toutes les femmes et les filles.

L’Union Mondiale des Aveugles rappelle donc aux états de remplir leurs obligations en protégeant et en respectant les droits des femmes, en particulier des femmes aveugles et malvoyantes. Et pour cette nouvelle commémoration de la Journée internationale de la femme, nous appelons les états, les agences de l’ONU, les partenaires au développement et la société civile à inclure les droits des femmes handicapées dans leurs plans, programmes et politiques de développement. Nous prions les gouvernements de mettre un terme à toutes les formes de discrimination contre les femmes handicapées et de mettre en œuvre les dispositions nécessaires à la promotion de l’égalité des genres et autres droits fondamentaux de toutes les femmes. Il est donc fondamental que les idées et les expériences des femmes interviennent également dans la conception et la mise en œuvre des innovations qui façonneront les sociétés de demain.

L’Union Mondiale des Aveugles (UMA) est l’organisation mondiale qui représente les quelques 253 millions de personnes aveugles et malvoyantes dans le monde. Ses membres sont des organisations de personnes aveugles qui parlent en leur propre nom, des organisations qui servent le collectif dans plus de 190 pays, ainsi que des organismes internationaux qui travaillent dans le domaine du handicap visuel. Visitez notre site web : http://www.worldblindunion.org/Fren...

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6) ACCESSIBILITÉ

6-A) FRANCE : DE NOUVELLES AIDES POUR RENDRE LES BIBLIOTHÈQUES PLUS ACCESSIBLES

Le rapport d’Érik Orsenna sur l’amélioration des horaires d’ouverture des bibliothèques contenait un volet spécifique sur l’accessibilité, et les multiples publics dits empêchés. Le Centre national du livre avait déjà développé des dispositifs d’aides pour les établissements engagés sur cette voie. Désormais, une nouvelle orientation se dessine.

Que l’on parle de personnes souffrant de handicap, hospitalisées, ou de détenus, l’accès au livre, comme le soulignait le rapport, passe par une amélioration de l’offre. Le conseil d’administration du CNL avait adopté le 29 novembre dernier une réforme du dispositif d’aides aux bibliothèques allant dans ce sens.

Ouvrir plus, ouvrir mieux

La « Subvention au développement de la lecture », nomenclature qui remplace « Subvention pour la diffusion du livre en bibliothèque », entend répondre aux différentes propositions du rapport Orsenna. « Ainsi, l’aide au développement se concentre sur des projets à destination des publics empêchés, définis comme personnes en situation de handicap, sous main de justice, hospitalisées ou en perte d’autonomie », indique le CNL.

Révisant son dispositif d’aides, le Centre se veut en cohérence avec le Plan bibliothèque et la perspective récemment rappelée par le ministre de la Culture d’ouvrir plus et mieux.

Dans cette perspective, Franck Riester avait fait part de sa volonté d’aider les bibliothèques à se numériser « plus largement et plus rapidement ». Mais également d’en faire des espaces « d’aide aux devoirs, de formation professionnelle, de soutien au retour à l’emploi ; des lieux d’inclusion, accessibles à tous, et en particulier aux personnes en situation de handicap ».

Le ministère voit double

Initialement, le projet de réforme introduit par le CNL devait également porter sur tout projet innovant dans les établissements de prêt. Cependant, le ministère de la Culture était intervenu, pour restreindre le périmètre d’action – jugeant qu’il y aurait un possible doublon avec le Plan bibliothèque.

La Gazette des communes l’évoquait : la rue de Valois avait demandé expressément au Centre de revoir sa copie. Les pistes choisies initialement auraient été redondantes avec les orientations que Françoise Nyssen, alors locataire, avait établies. C’est qu’outre le volet innovation, le CNL avait en effet pour perspective de toucher les personnes socialement, culturellement, mais également géographiquement éloignées de la lecture, pointaient nos confrères.

Le Centre se trouverait donc dans une année charnière, contraint d’attendre 2020 pour appliquer le second volet de son programme, concernant les projets innovants. Dans tous les cas, la réforme impulsée souhaite financer l’équipement en livres et la formation dans les centres de loisirs. Une manière bienvenue de s’assurer que la lecture prenne toute sa place en ces lieux.

Médiation, acquisition, formation

Globalement, l’approche adoptée se focalise sur l’acquisition et la médiation des fonds. Les projets qui pourront bénéficier de cette aide doivent représente plus de 2000 € d’investissement. Il exclut en revanche les bibliothèques universitaires, scolaires, se centrant sur les bibliothèques du réseau de lecture publique et les associations œuvrant principalement en faveur de l’accès au livre et à la lecture des publics empêchés.

L’intervention du CNL concernera donc • les acquisitions de collections documentaires, dont les formats relevant de l’édition adaptée ; • les actions de médiation et de valorisation des fonds ; • l’achat d’outils de lecture ; • les coûts de formation et de sensibilisation du personnel pour les bibliothèques d’établissements pénitentiaires ou hospitaliers.

Les aides disponibles vont de 30 à 70 % des besoins exprimés dans une limite de 50.000 € par projet. Les dépôts pourront s’effectuer avant le 3 avril et le 19 juin, pour des passages en commission en mai et septembre de cette année. Parmi les recommandations que l’Académicien avait formulées, pour garantir le droit à la lecture, l’une d’entre elles portait spécifiquement sur les détenus en prison. Il suggérait notamment de développer « les partenariats avec les bibliothèques et en garantissant aux associations intervenant dans le secteur les moyens d’assurer leurs missions. L’objectif est que chaque prison ait un partenariat avec une bibliothèque, notamment les bibliothèques départementales. »

Nicolas Gary – 06 février 2019 AL Actualitté (Les univers du livre)

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6-B) LOOKOUT, L’AI DE GOOGLE QUI RECONNAÎT LES OBJETS, DÉBARQUE SUR PIXEL

Google présente sa nouvelle application « Lookout », capable grâce à une intelligence artificielle de reconnaître des objets, des textes et des produits. Un nouveau « regard » disponible sur Pixel. L’info : Google sort son application « Lookout » (littéralement « regarder » en français) pour les smartphones Pixel, Pixel 2 ou Pixel 3 qui fonctionnent à partir d’Android 8.0 Oreo et plus. Disponible sur le Play Store, l’appli dotée d’une intelligence artificielle est capable de reconnaître des objets et de les nommer à haute voix, mais aussi - plus étonnant - de lire des textes ou encore de donner les informations commerciales d’un produit. Les trois fonctions s’appellent : « Explore » pour découvrir les objets, « Shopping » pour les code-barres, ou « Lecture rapide ». Pour faire fonctionner l’appli, il suffit de pointer le téléphone sur l’objet, le texte ou le produit que l’on souhaite « nommer » - comme pour la technologie Lens. Destinée principalement aux personnes malvoyantes, l’application donne des indications sur l’emplacement des objets en question dans l’espace. Ces précisions sont fournies selon les repères classiques d’un cadran d’horloge. Ce qui donne des phrases telles que : « À midi, un chien ». Facile à prendre en main, l’utilisateur peut se dédier à sa tâche en cours, tout en écoutant l’assistant vocal lui décrire le décor. Site 01Net.com

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6-C) NOUVELLE VERSION DU VIP-READER

Le lecteur PDF VIP-Reader aide les personnes malvoyantes à lire les documents PDF conçus sans barrières. Il permet, par exemple, à l’utilisateur d’agrandir la taille des caractères et de régler le contraste à volonté sur une interface conviviale, en fonction de ses besoins. Créé en 2013 par l’UCBA, en collaboration avec la fondation Accès pour tous et l’entreprise xyMedia (aujourd’hui axes4), ce logiciel a été mis à jour. Son installation est bien plus facile qu’autrefois : à peine téléchargé sur le site de l’UCBA, il est directement exécutable. De plus, un bouton vert a été ajouté pour régler le contraste et le programme a été adapté aux nouvelles exigences des systèmes d’exploitation. Il peut être téléchargé depuis : https://www.ucba.ch/fr/moyens-auxil...

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8) EMPLOI

8-A) EMPLOI/ACCESSIBILITÉ - ÉPILOGUE POUR UNE FONCTIONNAIRE

Après cinq années de situation professionnelle hasardeuse, Nathalie Barbosa peut enfin mettre un point final au conflit créé par l’inertie de son employeur, la Préfecture de Police de Paris, à l’inaccessibilité de son poste de travail (lire cette enquête). Mutée début 2014 au standard de Police Secours, cet agent aveugle ne pouvait utiliser l’outil informatisé faute d’étude et de réalisation des adaptations nécessaires. Contrainte de se mettre en arrêt maladie, elle avait résisté à son administration en saisissant le Défenseur des Droits et son poste de travail n’avait été équipé qu’en août 2017 des adaptations indispensables. La Préfecture de Police a compensé l’automne dernier les pertes de salaire subies par la fonctionnaire (lire l’actualité du 29 octobre 2018), et vient enfin de l’indemniser des autres préjudices, notamment moral, que Nathalie Barbosa a subis. "Il ne faut pas se laisser faire, conclut-elle, et aller jusqu’au bout." Yanous-Actu n° 526

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12) LES ASSOCIATIONS MEMBRES DE LA CFPSAA

12-A) QUESTIONNAIRE EN FAVEUR D’UN ÉTUDIANT

Je prépare actuellement une licence pro Accompagnement et Formation et, dans le cadre de mon mémoire, je souhaite traiter de la question de l’accessibilité de la formation sur plusieurs axes. Spécifiquement en ce qui concerne le handicap visuel. Dans ce cadre, je viens de mettre en ligne un questionnaire à destination des personnes présentant un handicap visuel.. Auriez-vous, si vous êtes concerné, prendre deux minutes pour y répondre et, si vous connaissez des personnes concernées, le leur transmettre afin qu’elles puissent y répondre ? Le lien vers le questionnaire est : https://docs.google.com/forms/d/e/1... Information transmise par le GIAA (Groupement des Intellectuels Aveugles ou amblyopes) Retour sommaire

12-B) SIGNATURE DE LA CHARTE DU COLLECTIF DÉFICIENTS VISUELS OCCITANIE

Communiqué de la Fédération des Aveugles de France - Paris, le 25 mars 2019

À l’initiative de la Fédération des Aveugles de France, plusieurs associations représentatives des personnes déficientes visuelles en région Occitanie, se réuniront à l’occasion de la signature officielle de la charte du CODV-OC (Collectif Déficients Visuels Occitanie), le 29 mars à 11H à l’Hôtel de Région (22 Boulevard Maréchal Juin – 31400 TOULOUSE).

Le CODV-OC s’inscrit dans le projet de la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France visant à regrouper en Pôles régionaux l’ensemble de ses associations membres.

Concrètement, le CODV-OC a pour objectif d’informer les services publics ou privés des différentes actions menées en région pour favoriser l’inclusion sociale et économique des personnes déficientes visuelles.

A l’occasion de cette signature, plusieurs associations et personnalités seront présentes dont :
-  Vincent MICHEL, Président de la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France,
-  Michel BOUSSATON, conseiller régional déléguée à la santé de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée
-  Christophe ALVES, Adjoint au Maire de Toulouse en charge de la Vie Associative et du Handicap

Liste des associations membres du CODV-OC : ADVA (Association des Déficients Visuels de l’Aude), ADVR (Association des Déficients Visuels du Roussillon), ARAMAV (Association pour la Réinsertion des Aveugles et Malvoyants), Association Ça va brailler, APPM (Association Pourquoi Pas Moi), CTEB (Centre de Transcription et d’Edition en Braille), FAAF Gard-Lozère (FAAF 30-48), FAF-LR (Fédération des Aveugles et Amblyopes de France – Languedoc Roussillon), IRRP (Information Recherche Rétinite Pigmentaire).

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter le dossier de presse du CODV-OC.

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12-C) LES ACTUALITÉS SOUFFLEURS D’IMAGES

Imaginarium à l’Avant-Seine Théâtre de Colombes

Visite en groupe de l’exposition Imaginarium, de Matej Forman. A l’Avant Seine théâtre de Colombes Parvis des Droits de l’Homme, 88 rue Saint Denis 92700 Colombes Le mardi 23 avril à 15 h00. 6 euros par personne. Partons à l’Avant Seine/ Théâtre de Colombes (92) pour une exposition gigantesque (1000 m² !) inédite en France, ouverte à tous dès 6 ans. Imaginarium, présentée du samedi 13 avril au samedi 11 mai 2019 a été imaginée par le scénographe de théâtre et illustrateur Matej Forman, déjà connu pour ses spectacles délirants avec Le Théâtre des Frères Forman (Obludarium, Deadtown). C’est entouré d’une quinzaine d’artistes tchèques qu’il revient au théâtre avec cette exposition ludique et tactile. Il nous invite à plonger dans une contrée fantasmagorique, entre villes et forêts imaginaires, décors de théâtre forain, œuvres artisanales, manèges et mécanismes, à manipuler, fouiller, actionner... Rendez- vous le mardi 23 avril pour cette visite exceptionnelle, en groupe avec une médiatrice et des souffleurs d’images, pour 6 euros par personne. Renseignement et inscription auprès du service Souffleurs d’Images : 01 42 74 17 87 ou écrire à souffleursdimages@crth.org

A découvrir prochainement à l’Avant-Seine, théâtre de Colombes : Caléidoscope de Calista Sinclair, le mardi 16 avril à 20 h 30. Sur chacune des marches de l’arc-en-ciel se trouve une femme qui soit accepte la couleur de sa vie, soit tente de la changer. Vive elleS ! La comédienne touche-à-tout Calista Sinclair délaisse son costume d’assistante du magicien Eric Antoine et réunit tout son talent pour évoquer la femme sous de nouveaux angles.

La lune : du voyage réel aux voyages imaginaires

Sortie de groupe au Grand Palais Visite en groupe au Grand Palais – 3 avenue du Général Eisenhower 75008 Paris Le mardi 14 mai à partir de 14h45. Gratuit. À l’occasion des 50 ans des premiers pas de l’Homme sur la Lune, cette exposition dévoile les relations que l’homme entretient avec cet astre. De l’exploration scientifique à la création artistique, l’exposition invite à une promenade à travers les œuvres d’art et les objets qui ont incarné les innombrables visions et sentiments que la lune a inspirés. Observable par chacun de nous à l’œil nu, discrète et omniprésente à la fois, la Lune nous interroge depuis toujours. Les avancées de la connaissance accomplies depuis le XVIIe siècle ont permis aux hommes de l’observer et même de la conquérir. Pourtant, cela ne semble pas avoir changé fondamentalement nos rapports avec elle. L’astre conserve son aura et son pouvoir de fascination. Elle continue de nous interroger sur nous-mêmes, à la façon d’un miroir. La Lune nous invite au rêve et à la contemplation au Grand Palais, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, avec des œuvres essentiellement produites en Europe mais venant aussi des civilisations africaines, arabes et extrême-orientales. Vous découvrirez également des instruments scientifiques témoignant de la recherche des connaissances sur l’astre. Plus de 1900 œuvres exposées, de l’antiquité à l’art contemporain, peinture, sculpture, photographie, vidéo…et des œuvres originales créées pour l’exposition, en passant par Marc Chagall, Man Ray, François Morellet, Joan Miro, Auguste Rodin, Félix Vallotton… Rendez- vous le mardi 14 mai pour cette visite exceptionnelle, en petit groupe, d’une quinzaine de personnes avec une conférencière du musée et des souffleurs d’images. Visite gratuite dans la limite des places disponibles, comptez 3 heures. Renseignement et inscription obligatoire auprès du service Souffleurs d’Images : 01 42 74 17 87 ou écrire à souffleursdimages@crth.org L’info en plus : une visite audiodécrite de l’exposition La Lune, du voyage réel au voyage imaginaire est proposée le mardi 18 juin 2019, à 14 h. Renseignement et inscription Extrait des « Actualités » Souffleurs d’Images souffleursdimages@crth.org http://crth.org/?page=souffleurs

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