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Confédération Française pour
la Promotion Sociale
des Aveugles et Amblyopes

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Bulletin du 29 avril 2019

Table des matières :

Bulletin CFPSAA Infos 2019-04 – du 29 avril 2019

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SOMMAIRE

ÉDITORIAL

Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ; Mais dans quelque mille ans, le temps fera broncher Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde, Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde Rongera tristement ses vieux os de rocher !

Bien des hommes, de tous les pays de la terre Viendront, pour contempler cette ruine austère, Rêveurs, et relisant le livre de Victor : Alors ils croiront voir la vieille basilique, Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique, Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort !

Gérard de Nerval, Notre-Dame de Paris. Odelette (1834)

Le patrimoine français a été abîmé, et l’onde de choc qui a parcouru le pays, s’est propagée mondialement. Le Président de la république a reporté son discours et l’ensemble de la classe politique a fait une pause, marquant le deuil du travail des anciens bâtisseurs, de ceux qui nous ont précédés au cours des siècles derniers. Alors, nous aussi, nous avons observé un moment de silence et remis à quelques jours le travail à destination des candidats aux élections européennes.

La CFPSAA poursuit, en effet, avec ses autres partenaires associatifs, la sensibilisation et l’information des candidats aux élections européennes, sous forme d’interpellation à échéances régulières jusqu’au jour du scrutin. Après deux communiqués pour fixer le contexte dans lequel nous nous tournons vers eux, les prochains messages prendront un tour plus technique, pour leur démontrer, à titre d’exemples, les besoins précis qu’ils auront à prendre compte s’ils sont élus.

Derrière l’actualité, il y a le travail permanent et au programme de la CFPSAA, on compte l’analyse des décrets devant réformer l’OETH (Obligation d’emploi des Travailleur Handicapés), visant à améliorer et simplifier l’emploi de ces personnes. Pour rappel, ces travaux s’effectuent dans le cadre de notre participation au CNCPH. Nous sommes également en vigilance sur les questions liées à la SNCF. Nous avons été saisis de problèmes d’accessibilité aux wagons sur certains trains et nous militons pour l’installation de balises sonores. Il y a encore le problème des marches isolées, invisibles pour la population malvoyante, pour lequel nous soulignons la nécessité de mettre en place des bandes d’éveil de vigilance. Et puis il y a le Comité d’Entente auquel s’attache tout particulièrement votre serviteur. Nous y menons actuellement des travaux devant contribuer à réformer le CNCPH dans la perspective d’une meilleure co-construction avec cette instance consultative, chargée d’assurer la participation des personnes handicapées à l’élaboration des lois et politiques les concernant. Vous trouverez dans ce bulletin quelques extraits de nos interventions et, à l’instant, j’apprends que notre communiqué à destination des futurs élus européens a été repris lors d’un journal d’information du « petit matin » sur France Inter, le 24 avril. Nos amis de la Fédération des Aveugles de France étaient invités à s’exprimer sur la pratique du vote pour les personnes déficientes visuelles, et cela a créé l’opportunité de relayer notre initiative.

Bien fidèlement Edouard Ferrero, Président de la CFPSAA

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1) ACTUALITÉS DE LA CFPSAA

1-A) FUTURS ÉLUS EUROPÉENS, NE NOUS OUBLIEZ PAS. ENTENDEZ LES AVEUGLES ! (ACTE 2)

La citoyenneté des personnes aveugles et malvoyantes se traduit par l’accès à tous les domaines de la vie quotidienne, et l’égalité des chances pour tous passe par des compensations pour certains. Nos associations mènent une campagne permanente pour l’obtention et le maintien de ces compensations. Elles veillent sans cesse à l’application des règles édictées par la législation française de février 2005 en faveur des personnes handicapées.

Vous, qui entrez en campagne à l’échelon européen, vous devez avoir conscience qu’il n’est plus imaginable, au 21ème siècle, de laisser sur le bord de la route une partie de la population, simplement par manque de volonté politique et industrielle. Les citoyens aveugles et malvoyants sont très fortement exclus de l’accessibilité à de très nombreux biens et services. A l’heure du numérique et de la technologie, ces personnes devraient accéder sans difficulté aux études, à l’emploi, à la consommation, au sport, aux loisirs ou à la culture. Il faut peu de choses en réalité pour rendre cela possible. Ces process, lorsqu’ils sont mis en place, représentent finalement un progrès pour tous et des retombées économiques positives. Pensez-y.

La campagne est courte. L’objet n’est pas de vous détailler tous les aspects techniques nécessaires à une accessibilité réussie de chaque secteur concerné. Notre postulat : vous sensibiliser au bien-fondé de nos demandes. Nous avons choisi pour ce faire 3 thèmes « grands témoins » pour lesquels vous recevrez une communication spécifique et concise jusqu’au jour du scrutin. Il s’agit de : l’accessibilité numérique, l’électroménager, et la pratique du droit de vote. Si nous nous félicitons de l’orientation du texte du 13 mars dernier adopté par le parlement européen sur l’évolution de l’accessibilité aux biens et services en Europe, parce que cela doit nécessairement passer par l’Europe, nous restons vigilants sur la suite qui devra porter haut et fort nos ambitions. C’est avec vous que nous devrons y travailler. Alors tenons-nous prêts, tenez-vous prêts, pour faire avancer la défense des droits des personnes déficientes visuelles.

Notre prochain message sur l’accessibilité numérique arrive bientôt ! Communiqué commun : CFPSAA Fédération des Aveugles de France AVH Voir Ensemble

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1-B) SUR LES BALISES SONORES AUX PORTES D’ENTRÉE DES WAGONS DANS LES TRAINS

Extrait du courrier adressé par à Xavier Bertrand, Président de la Région des Hauts-de-France : « Par la présente, je souhaite vous féliciter de la commande de nouveaux trains pour la région Hauts-de-France et votre exigence de qualité pour les usagers. J’en profite pour vous alerter sur les besoins des personnes déficientes visuelles que je représente en tant que Président de la Confédération Française pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes.

En effet, j’ai appris votre vigilance quant à l’amélioration des conditions de voyage des utilisateurs et je ne peux m’empêcher de saisir cette occasion pour vous rappeler que les personnes déficientes visuelles ont du mal à trouver les portes d’entrée des wagons des trains. Aussi, je vous précise qu’une solution répondant à notre besoin existe dans votre région : les balises sonores d’aide au repérage des portes « A.R.P. ». Placer de telles balises au niveau des portes d’entrée des wagons permet aux usagers déficients visuels de trouver la porte d’entrée en les activant via une télécommande universelle. Il vous revient d’en indiquer la nécessité lors de la rédaction du cahier des charges en vue de la mise en service prévue en 2021 ».

Courrier signé par le président de la CFPSAA Travail effectué par la commission Accessibilité de la CFPSAA

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1-C) SUR L’ACCESSIBILITÉ DES MARCHES ISOLÉES

Extrait du Courrier adressé au président de l’IESF (Ingénieurs et scientifiques de France)

Ce courrier a pour but de vous expliquer l’intérêt de l’implantation d’une Bande d’éveil de Vigilance (B.E.V.) contrastée en amont des marches isolées.

En effet, ces dernières ne sont pas visibles dans le cheminement et par conséquent sont sources de chutes évidentes, d’autant plus que la population de notre pays vieillit et la malvoyance s’installe. Le relief est de moins en moins perceptible. Nous connaissons tous des personnes qui ont chuté du fait d’une marche isolée.

C’est pourquoi, nos associations APF et CFPSAA, attirent votre attention sur l’installation de Bande d’Éveils de Vigilance (B.E.V.) contrastée en amont de cette dernière.

Courrier signé en commun avec l’APF Travaux de la Commission Accessibilité de la CFPSAA

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2) ACTUALITÉS INSTITUTIONNELLES

2-A) QUESTION ÉCRITE : ACCIDENTÉS DE LA VIE ET HANDICAPÉS EN MILIEU PROFESSIONNEL

Question écrite n° 09278 de M. Alain Fouché (Vienne - Les Indépendants) publiée dans le JO Sénat du 07/03/2019 - page 1222 M. Alain Fouché attire l’attention de Mme la secrétaire d’État auprès de la ministre des solidarités et de la santé sur la politique à l’égard des accidentés de la vie en milieu professionnel. Le handicap est une priorité sur laquelle s’est engagé le Gouvernement afin de construire une société inclusive et réellement solidaire. Un bilan sur les avancées depuis 2017 en faveur des personnes en situation de handicap vient d’être rendu par le Gouvernement. Force est de constater qu’un certain nombre d’éléments vont dans le bon sens notamment pour rendre l’école plus inclusive et permettre à tous les enfants en situation de handicap de s’y épanouir. Cependant, les difficultés perdurent entre le monde de l’entreprise et les personnes en situation de handicap. Un rapport d’information n° 35 (2018-2019) de la commission des affaires sociales du Sénat a d’ailleurs formulé un certain nombre de propositions intéressantes. Par ailleurs, la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées - en particulier le seuil de 6 % d’obligation d’emploi de personnes en situation de handicap prévu à l’article article L. 5212-1 à 5 du code du travail - n’est pas respectée et trop peu sanctionnée. La réforme doit donc être plus ambitieuse à ce sujet. Enfin, une politique volontariste en faveur de l’insertion professionnelle et de l’indemnisation des accidents du travail et des maladies professionnelles doit voir le jour. Aussi, il lui demande de bien vouloir lui préciser quelles réformes pourraient voir le jour à la suite du bilan présenté en février 2019 et quelles seront les ambitions du Gouvernement dans le cadre de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. Transmise au Ministère du travail Réponse du Ministère du travail, publiée dans le JO Sénat du 28/03/2019 - page 1713 Le Gouvernement a fait de la politique du handicap et de la construction d’une société inclusive une priorité du quinquennat. Aujourd’hui, le taux de chômage des personnes handicapées, qui s’élève à 19 %, est deux fois supérieur à la moyenne nationale. Les demandeurs d’emploi handicapés sont par ailleurs plus âgés que la moyenne des demandeurs d’emploi (46 % ont 50 ans ou plus contre 23 % pour l’ensemble des demandeurs d’emploi) et moins qualifiés (25 % seulement ont un niveau d’études supérieur ou égal au bac contre 44 % pour l’ensemble des demandeurs d’emploi). Dans l’objectif de réduire cet écart et de permettre à chacun d’accéder à l’emploi, le Gouvernement veut mobiliser fortement l’ensemble des dispositifs de droit commun, notamment l’ensemble des politiques de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’apprentissage. Les personnes en situation de handicap peu qualifiées bénéficieront ainsi pleinement de la réforme de l’apprentissage et du plan d’investissement dans les compétences, qui cible les publics peu ou pas qualifiés, pour être formées et accompagnées vers l’emploi. Par ailleurs, afin d’accompagner et de sécuriser les parcours professionnels des personnes handicapées, l’offre de service des opérateurs de placement spécialisés a été étendue depuis le 1er janvier 2018 pour assurer, au-delà des missions d’insertion professionnelle, des missions de maintien dans l’emploi des personnes handicapées. Il existe ainsi désormais un guichet unique, pour les bénéficiaires et pour les employeurs, spécialisé dans le champ du handicap, aux côtés de Pôle emploi et des missions locales, là où deux réseaux distincts coexistaient auparavant (Cap emploi et SAMETH). De plus, le dispositif de l’emploi accompagné, qui s’inscrit dans le cadre d’une démarche d’accompagnement global et associe les acteurs de l’éducation, du secteur médico-social et de l’insertion professionnelle, est désormais opérationnel dans toutes les régions. Par ailleurs, une réforme a été engagée le 1er janvier 2019 pour rénover et accompagner le changement d’échelle du secteur adapté, en développant des expérimentations facilitant les passerelles entre entreprise adaptée et autres employeurs. Cette réforme s’appuie sur l’engagement national « Cap vers l’entreprise inclusive 2018-2022 » signé le 12 juillet 2018 par la ministre du travail, et la secrétaire d’État aux personnes handicapées, avec l’UNEA, APF handicap et l’Unapei. Les signataires se sont engagés à créer 40 000 emplois supplémentaires en entreprises adaptées pour les personnes en situation de handicap et à porter les aides publiques au secteur adapté à 500 millions d’euros par an d’ici 2022. Enfin, une concertation sur la réforme des politiques d’emploi des travailleurs handicapés a été lancée le 18 février 2018 par le ministre de l’économie et des finances, la ministre du travail, la secrétaire d’État aux personnes handicapées et le secrétaire d’État auprès du ministre de l’action et des comptes publics. Cette concertation associe les partenaires sociaux et les associations représentant les personnes en situation de handicap et porte sur deux chantiers : l’incitation des entreprises et administrations à employer des personnes handicapées, autour de la rénovation et de la simplification de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) : ce premier temps de concertation a permis de définir le nouveau cadre de l’OETH dans la loi du 5 septembre 2018 « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » et cette réforme sera mise en œuvre à compter du 1er janvier 2020 ; l’enrichissement de l’offre de service de soutien à l’insertion professionnelle et au maintien en emploi, afin qu’elle soit plus lisible et plus accessible pour les travailleurs handicapés comme pour les employeurs. L’ensemble des travaux engagés permettra de renouveler profondément les politiques de l’emploi en faveur des personnes handicapées afin de leur donner toutes les chances d’accès à l’emploi et d’améliorer leur accompagnement tout au long de leur parcours d’insertion professionnelle, comme s’y est engagé le Gouvernement lors du dernier Comité interministériel du handicap organisé le 25 octobre 2018. Retour Sommaire

2-B) QUESTION ORALE / ENTREPRISES ADAPTÉES

Question orale n° 0613S de Mme Annick Billon (Vendée - UC), publiée dans le JO Sénat du 31/01/2019 - page 490 Mme Annick Billon attire l’attention de Mme la secrétaire d’État, auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées sur le sort des entreprises adaptées. Après l’adoption de la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, la réforme de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) se poursuit en ce moment dans le cadre de la rédaction des décrets d’application de la loi qui définiront les modalités d’application de cette obligation d’emploi révisée. Afin de favoriser l’emploi direct des personnes handicapées, la loi prévoit désormais que les contrats de sous-traitance passés par les entreprises ou collectivités aux établissements et services d’aide par le travail (ESAT), aux entreprises adaptées (EA) et aux travailleurs indépendants en situation de handicap (TIH), qui représentent au total près de 250 000 travailleurs en situation de handicap, ne pourront désormais plus être comptabilisés pour remplir leur obligation d’emploi (le quota de 6 %). Le Gouvernement indique cependant que les futures modalités de calcul de recours à la sous-traitance seront définies dans le futur décret avec un objectif de « neutralité financière ». Les associations représentantes des personnes handicapées alertent de leurs inquiétudes quant à l’effet de cette réforme sur les donneurs d’ordre qui ne seront plus incités de la même manière demain à avoir recours à la sous-traitance. Les associations sont en effet inquiètes que la réforme vienne directement fragiliser le travail des 250 000 personnes en situation de handicap qui ont aujourd’hui un accès à un travail au moyen de l’accompagnement proposé par les ESAT et dont la capacité de travail est inférieure ou égale au tiers de celle d’une personne dite « valide », qui sont salariées en entreprise adaptée ou travailleur indépendants. Elle lui demande de lui indiquer concrètement comment le Gouvernement compte garantir également une neutralité financière pour les ESAT, EA et TIH dont les activités pourraient être impactées directement et négativement par la réforme de l’OETH qui vise pourtant à améliorer l’accès au travail des personnes handicapées. Réponse du Secrétariat d’État auprès du Premier ministre, chargé des personnes handicapées, publiée dans le JO Sénat du 20/03/2019 - page 3156 Mme Annick Billon : Madame la secrétaire d’État, après l’adoption de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, la réforme de l’obligation d’emploi des personnes handicapées se poursuit en ce moment dans le cadre de la rédaction des décrets d’application, qui définiront les modalités de cette obligation d’emploi révisée. Afin de favoriser l’emploi direct des personnes handicapées, la loi prévoit désormais que les contrats de sous-traitance passés par les entreprises ou collectivités avec les établissements et services d’aide par le travail, les ÉSAT, les entreprises adaptées, les EA, ou avec les travailleurs indépendants en situation de handicap, les TIH, qui représentent au total près de 250 000 travailleurs, ne pourront désormais plus être comptabilisés pour remplir leurs obligations d’emploi. Le Gouvernement indique cependant que les futures modalités de calcul de recours à la sous-traitance seront définies dans le futur décret avec un objectif de neutralité financière. Or il existe de fortes inquiétudes quant à l’effet de cette réforme sur les donneurs d’ordre, qui ne seront désormais plus incités de la même manière à avoir recours à la sous-traitance. Il est à craindre que la réforme ne vienne directement fragiliser le travail des 250 000 personnes en situation de handicap, qui ont aujourd’hui accès à un travail grâce à l’accompagnement proposé par les établissements et services d’aides par le travail, les entreprises adaptées ou le statut de travailleur indépendant handicapé. Aussi, pourriez-vous, madame la secrétaire d’État, indiquer concrètement comment le Gouvernement compte garantir également une neutralité financière pour les ÉSAT, EA et TIH, dont les activités pourraient être impactées directement et négativement par la réforme de l’obligation d’emploi des personnes handicapées. M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d’État. Mme Sophie Cluzel, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées : Madame la sénatrice Billon, vous m’interrogez sur l’impact de la réforme de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés sur le secteur adapté et protégé, qui emploie 110 000 travailleurs handicapés s’agissant des ÉSAT, et 40 000 travailleurs s’agissant des entreprises adaptées. En effet, la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel a rénové cette obligation d’emploi des travailleurs handicapés. Elle va conduire, à compter du 1er janvier 2020, à mieux distinguer l’emploi direct et l’emploi indirect des personnes handicapées, non pour opposer ces deux formes d’emploi, mais bien pour pouvoir décompter, en toute transparence, ce qui est fait par les uns et par les autres. Ainsi, à compter de 2020, les entreprises ordinaires rendront bien compte, via leur déclaration annuelle, du nombre de travailleurs handicapés qu’elles emploient directement, quelle que soit la forme de cet emploi – CDD, stage, intérim, période de mise en situation professionnelle. Muriel Pénicaud et moi-même avons veillé à ce que cette déclaration leur soit doublement facilitée. D’abord, les règles de déclaration des effectifs handicapés seront identiques à celles qui sont utilisées par l’ensemble des autres obligations déclaratives. Il n’y avait aucune raison qu’un salarié employé à temps plein six mois de l’année soit décompté de manière différente selon qu’il était handicapé ou pas. Ensuite, ces déclarations seront automatisées, via la déclaration sociale nominative, pour en finir avec les cinq formulaires actuels et la centaine de rubriques à renseigner – la complexité ne sera plus une excuse –, et pour rapprocher les règles entre secteur privé et secteur public. Pour autant, je vous confirme, comme je l’ai fait vendredi dernier devant l’ensemble des directeurs d’ÉSAT réunis en colloque, que l’obligation d’emploi va continuer à être très fortement incitative pour le recours à la sous-traitance du secteur adapté et protégé. En effet, le montant des dépenses de sous-traitance, qui était jusqu’à présent transformé, de manière assez incompréhensible, il faut le reconnaître, en équivalent emplois pour l’entreprise commanditaire, pourra être déduit en valeur du montant de la contribution due par les entreprises qui n’atteignent pas la cible de 6 %. Les concertations sont en cours, mais je veux vous dire que mon objectif est bien de continuer à simplifier le plus possible ce dispositif, par exemple, en arrêtant de valoriser différemment les achats selon le type de prestations ou la taille de l’entreprise. Il faut arrêter de couper les cheveux en quatre, car les acheteurs ont besoin de plus de lisibilité. Les conditions de déduction seront même plus avantageuses, les simulations effectuées par mes services ayant montré que le dispositif proposé permettrait aux entreprises de déduire, par le recours à la sous-traitance, 25 millions d’euros supplémentaires de leur contribution, soit près de 40 % de plus qu’aujourd’hui. L’intention du Gouvernement est donc très claire : continuer de valoriser le recours à un secteur adapté et protégé, qui joue un rôle majeur dans les parcours d’emploi de quelque 150 000 travailleurs handicapés, et que nous entendons bien renforcer avec le doublement des emplois dans le secteur adapté d’ici à 2022. C’est l’engagement conclu le 12 juillet dernier avec l’Union nationale des entreprises adaptées, l’UNEA, Muriel Pénicaud, l’Unapei, l’Union nationale des associations de parents de personnes handicapées mentales et de leurs amis, l’APF France Handicap et moi-même. C’est un engagement que nous tiendrons et qui s’accompagne d’un effort financier du Gouvernement de plus de 500 millions d’euros et de 50 millions dédiés à la formation. Madame la sénatrice, vous pouvez rassurer ce secteur qui fait partie de ces maillons indispensables à l’insertion professionnelle des personnes handicapées. M. le président : La parole est à Mme Annick Billon, pour répondre à Mme la secrétaire d’État. Mme Annick Billon : Madame la secrétaire d’État, je vous remercie de votre réponse, apportée dans le temps imparti ! (Sourires.) Je me félicite des engagements qui sont pris. L’objectif de décompte est important. L’automatisation et la simplification sont nécessaires. Au Sénat, nous y travaillons depuis de nombreuses années. Par ailleurs, le rapprochement des règles participe aussi de la simplification. Concernant l’obligation d’emploi incitative, je vous remercie de vos éléments de réponse. Les établissements et services d’aide par le travail, les entreprises adaptées et les travailleurs indépendants attendaient cette précision. Retour Sommaire

3) ACTUALITÉS SOCIALES

3-A) MONTANTS DES PRESTATIONS SOCIALES AU 1ER AVRIL 2019

Pension invalidité, AEEH : hausse inférieure à l’inflation Depuis le 1er avril 2019, les prestations familiales et sociales versées par les Caf sont revalorisées de 0,3%, soit très nettement en-deçà de l’inflation estimée à 1,6% sur les 12 derniers mois. Pension d’invalidité et AEEH sont concernées.

Comme tous les ans, chaque 1er avril, les montants de certaines prestations familiales et sociales versées par les caisses d’Allocations familiales (Caf) sont revus à la hausse. En 2019, dans un contexte social tendu où le pouvoir d’achat des plus modestes est au cœur des revendications, les bénéficiaires devront pourtant se serrer la ceinture puisque cette revalorisation est minime, 0,3%, bien en-deçà de l’inflation estimée à 1,6 % sur les douze derniers mois. Économiser 400 millions d’euros Comme l’indique un rapport sénatorial, cette mesure « déroge […] à la règle selon laquelle les prestations sont revalorisées annuellement au niveau de l’inflation constatée sur l’année précédente ». Une hausse « de 0,3 % […] constituera une perte de pouvoir d’achat pour les allocataires, compte tenu des prévisions d’inflation pour 2018, 2019 et 2020 », écrivent les auteurs. Pour ces trois années, le gouvernement attend une hausse des prix de respectivement 1,6 %, 1,3 % et 1,4 %. Décidée par le gouvernement et votée par le Parlement, cette mesure vise à économiser 400 millions d’euros au global cette année sur l’ensemble des prestations familiales. Le premier versement intégrant ces nouveaux montants s’effectuera à partir du mois de mai. AEEH et ses compléments Dans le champ du handicap, cela concerne en premier lieu l’AEEH (allocation d’éducation de l’enfant handicapé). Cette prestation destinée à compenser les frais d’éducation et de soins apportés à un enfant en situation de handicap de moins de 20 ans est versée à la personne qui en assume la charge. Elle passera ainsi à 132,21 euros par mois (contre 131,81 en 2018). Elle n’est pas soumise à condition de ressources et peut être complétée, dans certains cas, d’un complément d’allocation.

Voici les montants 2019 de son complément, selon la catégorie : 1ère : 99,16 € 2ème : 268,55 € 3ème : 380,11 € 4ème : 589,04 € 5ème : 752,82 € 6ème : 1 121,92 €

La majoration spécifique pour parent isolé d’enfant handicapé peut également être accordée, au minimum à partir du deuxième complément de l’AEEH. 2ème : 53,71 € 3ème : 74,37 € 4ème : 235,50 € 5ème : 301,61 € 6ème : 442,08 €

Ces deux allocations ne sont pas soumises au prélèvement de la CRDS (Contribution à la réduction de la dette sociale). Pension invalidité à la diète Les pensions d’invalidité et les rentes d’accident du travail-maladies professionnelles ne sont pas épargnées avec également une revalorisation de 0,3 %, tout comme la majoration pour aide constante d’une tierce personne et le capital décès. L’ASI augmente de 1.6 % Seule l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) échappe à la diète, avec une hausse de 1,6%, correspondant à l’inflation réelle. Elle est accordée, sous conditions de ressources, aux pensionnés d’invalidité ayant de faibles ressources (moins de 8 670,46 euros par an pour une personne seule). L’AAH stagne De son côté, l’AAH n’augmente pas d’un centime, comme c’est pourtant d’ordinaire le cas à cette date. Mais cela s’explique par le fait que l’Allocation adulte handicapé a bénéficié de deux revalorisations exceptionnelles, en deux temps, au 1er novembre 2018 (plus 41 euros) et au 1er novembre 2019 (plus 40 euros). Actuellement d’un montant de 860 euros, elle atteindra alors 900 euros d’ici 7 mois.

Par Handicap.fr / Emmanuelle Dal’Secco – 9 avril 2019

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4) ACTUALITÉS FRANÇAISE DU HANDICAP

4-A) GRÈVE DU 4 AVRIL 2019

Les Instituts nationaux des jeunes sourds et aveugles appellent à la grève le 4 avril 2019. Ils se sentent menacés par le cap que s’est donné le gouvernement de privilégier l’école en milieu ordinaire. Les parents exigent d’avoir le choix. La fronde s’organise chez les jeunes sourds et aveugles, la grève est déclarée. Les parents d’élèves, usagers et professionnels des 5 Instituts nationaux des jeunes sourds (INJS) et de l’Institut national des jeunes aveugles (INJA) regrettent une « absence totale d’écoute et de dialogue sur l’avenir des établissements spécialisés dans le cadre de la construction de l’École inclusive », malgré la rencontre le 14 février 2019 avec Sophie Cluzel, secrétaire d’état au Handicap. Face à ce constat, une intersyndicale et l’association de parents et amis des Instituts nationaux lancent donc un appel à la grève le 4 avril 2019 et à un rassemblement devant le ministère de la Santé à 14h30 pour se diriger vers celui de l’Éducation nationale. Un rapport qui fait grincer Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales de mai 2018 reconnait « une vraie utilité » aux Instituts nationaux « à préserver », tout en recommandant « de développer les pratiques d’inclusion dans des réseaux d’écoles et d’établissements d’enseignement partenaires ». Mais ces instituts, qui prennent en charge plus de mille élèves représentant 9,2% des enfants sourds et 3,6% des jeunes aveugles, contestent la « réduction de leur offre scolaire » interne au profit de l’inclusion dans le milieu ordinaire. Selon leur communiqué, « pour beaucoup d’entre eux, suivre une scolarité en collège ou lycée ordinaire n’a rien d’évident et nécessite une préparation, des adaptations et un accompagnement individualisé que permettent les instituts spécialisés ». Le libre choix Les parents réclament donc d’avoir le « libre choix », argument auquel Sophie Cluzel serait, selon eux, restée « imperméable ». « Nous ne sommes pas opposés à l’école inclusive », explique Hélène Sester, secrétaire générale Unsa Education et professeure de mathématiques dans un institut pour jeunes sourds. « Nous contribuons même à l’inclusion des élèves dans des classes ordinaires en leur offrant un soutien ». Mais « le passage du collectif à l’individuel n’est pas facile, les élèves sont dispersés dans les classes et il nous est plus difficile de les suivre », poursuit-elle. Elle affirme, par ailleurs, que « certains ne peuvent pas suivre un enseignement en milieu ordinaire et il faut maintenir la possibilité de scolarisation en institut ». Enfin, les instituts craignent que, à terme, les mesures prises « empêchent la possibilité d’allers-retours entre le milieu ordinaire et spécialisé ». Une baisse de budget Or ces établissements assurent « participer actuellement à la construction d’une école réellement inclusive, dans le cadre de projets de scolarisation qui allient les différents dispositifs (au sein des INJ et de l’EN), en s’adaptant aux besoins spécifiques (tant pédagogiques, qu’éducatifs, que du point de point de vue de l’acquisition d’une autonomie au sens large) de chaque enfant. » Selon les syndicats, l’évolution vers l’école inclusive s’est traduite par des baisses de budget de l’ordre de 15% en 2018 pour les Instituts nationaux et un transfert d’élèves vers l’enseignement ordinaire. Ils jugent que les « modifications et la suppression de certains dispositifs se font de manière précipitée et sont réalisés sans concertation nationale et sans préparation de l’Éducation nationale ». Une situation qualifiée de « désastreuse ». Réponse du cabinet de Sophie Cluzel « Nous reconnaissons les compétences et la qualité d’investissement de ces instituts », répond le cabinet de la ministre, qui se dit conscient que des parents leur sont « très reconnaissants car certains enfants peuvent être réellement en souffrance au sein de l’école ordinaire ». En même temps, le secrétariat d’État au Handicap juge que « le monde évolue ainsi que le besoin des élèves » et que ce système « historique », « ne répond pas au cap que se sont donné Sophie Cluzel et Jean-Michel Blanquer (ministre de l’Éducation nationale), c’est à dire une inclusion en milieu ordinaire ». « Il ne s’agit pas de les balayer d’un revers de la main. Nous continuerons à en avoir besoin, pas question de les fermer, de se priver des professionnels et de remettre en cause leur statut national mais, pour autant, ce dernier doit être un label de qualité et le rapport de l’Igas nous dit, qu’aujourd’hui, les conditions ne sont pas complètement réunies. Cela implique de travailler sur des territoires, avec des professionnels, encore plus intensément ». Un point de convergence serait-il trouvé puisque, dans ce contexte tendu, l’intersyndicale réclame, elle aussi, « la planification d’un calendrier de réunions de travail avec le cabinet de Sophie Cluzel » ? Info transmise par le GIAA Retour Sommaire

4-B) INJA, INJS, DES INSTITUTS MENACÉS

Le démantèlement des Instituts Nationaux des Jeunes Aveugles et des Jeunes Sourds est lancé au nom d’une conception dogmatique de l’école inclusive qui piétine les besoins éducatifs spécifiques des élèves concernés, braille et langue des signes inclus. Décryptage.

L’Abbé de l’Épée et Valentin Haüy ont de quoi se retourner dans leurs tombes ! Les instituts d’éducation destinés aux jeunes sourds ou aveugles qu’ils ont créés il y a plus de deux siècles sont menacés de disparition, transformés en centre-ressources aux enseignants itinérants allant prodiguer formation aux professeurs et conseils aux élèves sourds ou aveugles scolarisés par-ci par-là. Un millier d’enfants et de jeunes suivent actuellement une scolarité primaire et secondaire dans ces cinq établissements spécialisés : un Institut National des Jeunes Aveugles (INJA, Paris 7e) et quatre Instituts Nationaux de Jeunes Sourds (INJS, à Bordeaux, Chambéry, Metz et Paris 5e). S’ils sont sous la tutelle du ministère des Solidarités et de la santé, ces établissements suivent le programme de l’Education Nationale qui prépare les élèves, avec d’excellents résultats, aux examens nationaux du brevet des collèges et du baccalauréat, et propose quelques filières professionnelles. Ils aident également les jeunes à acquérir l’autonomie nécessaire à leur vie sociale et professionnelle, au milieu de tous, par l’intervention d’instructeurs en locomotion, d’orthophonistes, etc "Les Instituts nationaux sont une bouffée d’air pour des jeunes qui ont souffert en intégration scolaire", constate Hélène Sester, porte-parole de l’intersyndicale des personnels des INJS-INJA. Ils peuvent effectivement subir des moqueries, harcèlement et discriminations du fait de leur handicap, au risque de les mettre en échec scolaire dans cette "école inclusive" qui crie misère et craque de toutes parts. Ce n’est pas dans les établissements de l’Educ Nat’ que les jeunes aveugles accéderont à l’éducation musicale qui a ouvert des carrières professionnelles à nombre d’entre eux. Tout cela en externat ou internat, avec les aménagements nécessaires et l’apprentissage et maitrise du braille, ou pour les sourds du Langage Parlé Complété ou de la Langue des Signes. "Je suis professeur de mathématiques, j’enseigne en langue des signes française ou en français oral avec appui éventuel du langage parlé complété, reprend Hélène Sester. Je maitrise l’enseignement adapté pour lequel j’ai suivi une formation de deux ans." Elle estime que la formation des enseignants spécialisés qui travaillent pour l’Éducation Nationale est insuffisante : "Ils ne peuvent enseigner le braille ou la langue des signes, l’Éducation Nationale doit faire appel à des intervenants extérieurs." Ce qu’elle fait peu. Quant aux professeurs, ils ne bénéficient que d’une sensibilisation aux handicaps dans les quelques Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation (ESPE) qui la proposent. Or, pour un aveugle la maitrise de l’orthographe et de la grammaire en français comme pour les langues étrangères repose sur la pratique du braille : sauf à épeler chaque mot, une synthèse vocale ne permet pas de les vérifier par simple écoute. Il en va de même pour les jeunes sourds dont la langue des signes constitue la langue naturelle, génératrice d’échanges entre sourds et entendants qui la pratiquent mais aussi d’ouverture vers une culture porteuse d’activités et débouchés professionnels. Les instituts nationaux respectent le libre-choix du mode de communication des élèves, et disposent d’enseignants qualifiés pour cela, ce qui n’est pas le cas des écoles, collèges et lycées : dans aucune ville de France un élève aveugle peut suivre une scolarité complète en français oral-braille écrit dans des établissements publics : seules quatre villes proposent une scolarité bilingue français écrit-langue des signes aux enfants et jeunes sourds (lire cette brève du 4 juin 2015 toujours d’actualité).

L’Administration impose ses choix Cette réforme qui entre en phase active remonte à la première tentative de septembre 2016 (lire l’actualité du 10 septembre 2016) de transférer INJA et INJS aux Agences Régionales de Santé (ARS), au risque de créer des inégalités territoriales. Cette tentative avait été mise en échec par la mobilisation des personnels, des élèves et de leurs parents. Mais le Gouvernement avait alors chargé des hauts-fonctionnaires des Inspections Générales des Affaires Sociales et de l’Éducation Nationale d’étudier des scénarios d’évolution des instituts dont les crédits budgétaires n’évoluaient plus depuis plusieurs années : la volonté de nuire à cette éducation spécialisée a commencé pendant le quinquennat de François Hollande et se poursuit durant celui d’Emmanuel Macron, signe que c’est la haute administration qui est à la manœuvre. D’ailleurs, pour le secrétariat d’État aux personnes handicapées les deux rapports des hauts-fonctionnaires de 2017 et 2018 ont valeur de concertation (lire l’actualité du 5 septembre 2018). L’objectif à court terme est de réaliser 14,5 millions d’économies sur le budget de l’État et à moyen terme de vendre les locaux, dont ceux de Paris qui ont une valeur immobilière élevée.

Les élèves seraient alors placés en établissements ordinaires avec une prise en charge éducative complémentaire sur décision des Agences Régionales de Santé. "L’idée, explique Jocelyne Dubois, présidente de l’association des Parents et Amis des instituts nationaux (APA-INJ), est qu’ils soient accompagnés comme dans les Unités Localisées d’Inclusion Scolaire par un enseignant référent." Une idée qu’elle désapprouve vivement : "Ce qui a motivé la scolarisation de nos enfants dans ces instituts, c’est qu’ils allaient trouver un enseignement spécifique à leurs déficiences. Qu’ils deviennent des centre-ressources va priver nos enfants de compétences et de prises en charge équivalentes." Là encore, la misère de l’Éducation Nationale suscite un net rejet d’une école inclusive au rabais. "Qu’en sera-t-il du braille ? poursuit-elle. Il est dispensé à l’INJA aux aveugles et à la carte pour les élèves malvoyants. Des enfants ont une déficience évolutive, comme mon fils qui va avoir besoin du braille." Elle se demande comment les établissements ordinaires vont faire travailler à l’écrit les jeunes déficients visuels : "C’est une faille du raisonnement ministériel. Je suis pas sûre qu’ils aient compris qu’ils menaient les enfants à l’échec scolaire."

Des solutions mais pas d’interlocuteur. Les parents d’élèves espèrent encore sortir par le haut d’un conflit qui a déjà mis les personnels en grève. "L’idée que nous défendons, reprend Jocelyne Dubois, est de laisser le libre-choix du mode de scolarité. Un mode subi risque de ne pas réussir, tous les élèves n’ont pas les mêmes besoins. Notre idée est qu’il y ait des aller-retour entre Instituts et classe ordinaire. Accepter ce droit à l’échec est nécessaire." Comme le pratique l’INJS de Paris avec la Cité Scolaire Rodin (Paris 13e). Secrétaire de l’APA-INJ dont le fils est scolarisé à l’INJS, Laura Catry ne voit que des problèmes à la restructuration : "L’INJS de Paris avait été épargné par le démantèlement des services. Mais Bordeaux a suivi les consignes d’intégration des élèves dans les écoles, et petit à petit on demande aux professeurs d’aller dans toute la région Nouvelle Aquitaine." Autant dire qu’ils passent autant de temps à voyager qu’à travailler auprès des élèves, cette région comptant 13 départements. "En 2018, poursuit-elle, l’INJS a décidé de fermer des bac pros, transférés dans des lycées et des jeunes se retrouvent en souffrance. L’école ordinaire n’est pas prête à recevoir nos élèves, on est tous inquiets pour nos enfants." 20% des élèves des INJS sont en effet atteints de troubles associés, généralement détectés lors de leur scolarité.

Mais les parents font face au mur du dogmatisme : "On a rencontré en février la secrétaire d’État aux personnes handicapées, conclut Jocelyne Dubois. Sophie Cluzel est complètement fermée, elle s’est mise dans la tête que l’école inclusive conviendra à tout le monde." Un projet qui s’appuie sur la création de Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisés (PIAL) pour rationaliser les moyens. Les enfants et jeunes handicapés seront regroupés dans des établissements disposant de personnels d’accompagnement, de quelques moyens pédagogiques et, un jour, de salles de soins accueillant des praticiens paramédicaux, quitte à faire des dizaines de kilomètres chaque jour : finie la scolarisation dans l’école de proximité, place à une carte scolaire pour enfants et jeunes handicapés. Un nouveau grand gâchis en perspective...

Laurent Lejard, avril 2019. Yanous-Actu n° 529

Les articles de Yanous-Actualités sont diffusés avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard

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4-C) CHIENS GUIDES ET UBER

L’actrice de télé-réalité Elsa Dasc, 25 ans, connue pour sa participation aux Princes de l’amour a décidé d’accueillir un chien-guide d’aveugle en éducation. Et ce qui devait arriver arriva : des chauffeurs Uber refusent de la prendre en charge avec cet animal que la législation autorise dans tous les modes de transports depuis 32 ans. Fâchée par sa énième négociation avec un conducteur, elle a informé ses fans via Instagram en termes pédagogiques : "Les chauffeurs Uber, je vais faire une mise au point, je vous présente Olympe, futur chien guide. Qui dit chien guide, dit malvoyant donc besoin d’assistance. Ce chien-là est fait pour cela. Donc quand il y a marqué interdit aux chiens, ce chien-là légalement parlant peut entrer où il veut. À chaque fois avec vous, je suis obligée de marchander. C’est un truc de dingue... Si un jour un malvoyant a besoin d’un taxi et qu’il a son chien, il fait quoi ? Il le laisse au bord de la route ? Non ! Arrêtez de dire que les poils vont se mettre sur vos sièges ! Est-ce que c’est plus important qu’aider un malvoyant ? Tu as beau leur dire, ils s’en foutent, ils ne veulent pas de poils. ll y a plus grave dans la vie comme perdre la vue par exemple..." Interrogé par nos soins, un porte-parole d’Uber rappelle que cette société met "en place des mesures assurant l’accès de notre service au plus grand nombre. Nous rappelons régulièrement à nos chauffeurs partenaires l’importance et l’obligation de transporter les personnes malvoyantes accompagnées de chien guide d’aveugle. Nous prenons très au sérieux les cas de refus de prise en charge qui peuvent être un motif de suspension temporaire d’un chauffeur sur notre plateforme." Lors de la dernière campagne nationale d’information des associations de chiens guides d’aveugles de juin 2018, la présidente de l’Association Nationale des Maitres de Chiens Guides d’Aveugles (ANMCGA) avait rappelé que "beaucoup de refus viennent d’Uber, bien que les recommandations s’imposent, c’est la même réglementation que dans les taxis."

Yanous – Actu n° 528

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5) ACTUALITÉS INTERNATIONALES DU HANDICAP

5-A) JOURNÉE MONDIALE DE LA SANTÉ – 7 AVRIL 2019

Communiqué de l’Union Mondiale des Aveugles

L’Union Mondiale des Aveugles et l’Organisation Mondiale de la Santé s’unissent pour fêter la Journée mondiale de la santé le 7 avril 2019.

La Journée mondiale de la santé est une journée de sensibilisation à la santé globale qui a lieu chaque année le 7 avril. Elle est parrainée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et autres organisations liées. Le thème central de la campagne de cette année est « La couverture-santé universelle : pour tous et partout ». Pour l’OMS, parler de soins de santé universels signifie que tous les individus et communautés reçoivent les services sanitaires dont ils ont besoin sans que cela ne constitue un poids financier pour eux. Elle inclut tout l’éventail des services sanitaires essentiels et de qualité, de la promotion de la santé à la prévention, en passant par les traitements, la rééducation et les soins palliatifs. Dans la lignée de l’Objectif de développement durable nº3 « donner les moyens de vivre une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tous les âges », l’Union Mondiale des Aveugles, désireuse de voir se répandre l’accès universel aux services de soins sanitaires essentiels, prie les organismes de soins de santé publics et privés de fournir des informations sous des formats accessibles comme le braille, les gros caractères et la description audio de sorte que les personnes aveugles et malvoyantes aient les mêmes possibilités d’accès à ces services sanitaires essentiels que les autres. Ce droit humain basique à un accès digne aux soins de santé et à l’information s’inscrit dans le droit-fil de l’article 25 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées qui préconise que « les États Parties reconnaissent que les personnes handicapées ont le droit de jouir du meilleur état de santé possible sans discrimination fondée sur le handicap ». L’Union Mondiale des Aveugles appelle donc les gouvernements à garantir que les services sanitaires essentiels soient accessibles et abordables pour tous. Nous demandons en particulier pour notre communauté des soins de santé visuelle accessibles, des dépistages gratuits, des aides visuelles subventionnées et des services de rééducation. L’UMA poursuit sa collaboration avec l’Organisation Mondiale de la Santé pour garantir que les besoins de santé des personnes aveugles et malvoyantes soient intégralement inclus dans les programmes de santé universels. Chiffres clé (OMS) • Au moins la moitié de la population dans le monde ne bénéficie pas encore d’une couverture complète de services sanitaires essentiels. • Près de 100 millions de personnes tombent encore dans la pauvreté extrême (soit vivent avec 1,90 $US ou moins par jour) car elles doivent payer pour bénéficier de soins sanitaires. • Plus de 800 millions de personnes (presque 12 % de la population mondiale) consacrent au moins 10 % du budget du foyer aux soins sanitaires. • Tous les États Membres de l’ONU ont accepté de travailler pour une couverture de santé universelle (UHC pour les sigles en anglais) dans le cadre des Objectifs de développement durable.


L’Union Mondiale des Aveugles (UMA) est l’organisation mondiale qui représente les quelques 253 millions de personnes aveugles et malvoyantes dans le monde. Ses membres sont des organisations de personnes aveugles qui parlent en leur propre nom, des organisations qui servent le collectif dans plus de 190 pays, ainsi que des organismes internationaux qui travaillent dans le domaine du handicap visuel. Visitez notre site web : www.worldblindunion.org

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8) EMPLOI

8-A) ANNONCE POUR UN REMPLACEMENT

Le Centre de Réadaptation Professionnelle FORJA, Paris 14e, propose : un CDD de remplacement pour cause d’arrêt maladie pour un poste de formateur(trice) FLE (13h de face à face hebdomadaires + 8.5h de prépa + 2h de réunion) jusqu’à la mi-juillet 2019. Le public accueilli est celui de personnes adultes déficientes visuelles. Le profil recherché est de Master 1 ou 2 de Lettres modernes ou classiques ou justifier de 5 ans d’expérience d’enseignement ; L’obtention du CAEGADV ou justifier d’une expérience d’enseignement avec des personnes déficientes visuelles, ou encore la connaissance du braille sont de vrais plus. Une certification FLE ou DUFLE ou une sensibilisation à l’enseignement du FLE est indispensable. Une spécialisation "alpha" serait appréciée. La mission principale du poste réside dans le fait d’enseigner les bases orales et écrites de la langue française en tenant compte des spécificités linguistiques et des outils de compensation technique du handicap visuel des stagiaires. Le CRP dépend de la CC66. Toute reprise de l’ancienneté est évidemment possible. Au-delà des compétences relatives aux contenus, il est attendu du (de la) professionnel(le) de la bienveillance envers les usagers, le souci de proposer des séquences à la pédagogie différenciée, le goût du travail en équipe. Pour toute candidature, merci de contacter la directrice de l’établissement Mme Laure SIMONNET au 01.45.45.60.60 ou par mail (laure.simonnet@fondation-ove.fr)

8-B) RECRUTEMENT/TRAVAILLEUR SOCIO-ÉDUCATIF H/F (VOIR ENSEMBLE SAVS RÉMORA95

L’association Voir Ensemble recrute pour son SAVS Rémora95 (Service d’accompagnement à la vie sociale) 1 travailleur socio-éducatif H/F de préférence signant. Cadre contractuel : Temps plein, CDI - Poste à pourvoir le 05/05/2019 CC 66, 35h

Missions : • Assurer un suivi global des personnes accompagnées présentant une déficience sensorielle (visuel et/ou auditif) en fonction de ses besoins et de ses attentes définis par le projet personnalisé • Favoriser et encourager la prise d’autonomie dans tous les actes de la vie quotidienne • Coordonner l’action éducative en fonction du projet de service • Faciliter la communication entre les personnes déficientes auditives et les personnes entendantes • Travailler en lien avec le réseau partenarial • Évaluer les besoins de compensation des personnes déficientes sensorielles

Profil souhaité : Travailleur social diplômé (ES - AS – CESF)

Compétences :
- Maîtriser les écrits professionnels
- Travailler en équipe pluridisciplinaire
- Connaitre la démarche de projet
- Maîtriser les techniques d’entretien individuel/collectif et le cadre spécifique du domicile

Lieux de travail : SAVS Rémora95 – 8 Rue Traversière – 95000 CERGY

Candidature à envoyer à : Mme Karine CHAURIN, Directrice des services Ile de France - Mail : remora95@voirensemble.asso.fr

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8-C) ANNONCE RECRUTEMENT/FORMATEUR BUREAUTIQUE

Le Centre de Réadaptation Professionnelle FORJA, Paris 14e, propose : un CDD de remplacement pour cause d’arrêt maladie pour un poste de formateur(trice) en bureautique * Contrat CDD temps partiel jusqu’au 10 mai 2019 (10h de face à face hebdomadaires + 6.5h de prépa + 2h de réunion) * Extension du CDD en temps plein du 13 mai au 28 juin 2019 (soit 21h/semaine +14h de prépa + 2h de réunion) Mission(s) : • Assumer l’encadrement de stagiaires adultes déficients visuels du niveau IV à IV. A la fois sur les compétences bureautiques du Titre Professionnel d’Employé Administratif et d’Accueil mais aussi sur les autres stagiaires susceptibles de monter sur des formations qualifiantes en interne ou en externe. Les accompagner dans leur approfondissement de leurs connaissances sur Word, Excel, un peu Powerpoint et la maîtrise des logiciels de revue d’écran spécifiques à la déficience visuelle utilisés quotidiennement • Participer avec l’équipe pluridisciplinaire à améliorer chez les stagiaires l’organisation et la méthodologie de travail
- Faciliter le transfert de compétences techniques informatiques/bureautiques dans les exigences des poursuites de parcours individualisés envisagées
- Amener chaque stagiaire au maximum de ses potentialités • Accompagner les stagiaires dans le cadre d’un projet personnalisé et différencié. • Participer à la rédaction des bilans semestriels et participer à l’évaluation des bilans pluridisciplinaire d’accompagnement • Participer aux réunions pédagogiques et institutionnelles • Évaluer régulièrement les stagiaires sur leurs compétences à la fois dans des dispositifs formels ou informels Compétences requises : • Avoir déjà formé des adultes • Connaissance du public déficient visuel et maîtrise des logiciels et des matériels spécifiques (NVDA, Jaws, Zoomtext, plage tactile) • Capacité de synthèse et d’adaptabilité Etre capable de créer un environnement favorable aux apprentissages, avec un cadre clair, souple et ferme à la fois. • Capacité d’empathie • Capacité à travailler en équipe pluridisciplinaire • Disponibilité • Maîtrise pointue des logiciels courants Excel, Word, Powerpoint • Ouverture d’esprit à une formation destinée aux nouveaux personnels pour les aider à appréhender la déficience visuelle • En partant des besoins des usagers et de leurs capacités d’apprentissage, concevoir des contenus et des actions pédagogiques différenciés • Capacité de remise en question • Force de propositions Expérience professionnelle - diplômes : Maîtrise universitaire (MI ou MII), formateur(trice) ou ayant une expérience dans la formation et l’enseignement avec des adultes. CAFPETADV apprécié ou tout diplôme en lien avec l’enseignement ou la formation auprès de publics DV.

Le CRP dépend de la CC66. Toute reprise de l’ancienneté est évidemment possible. Au-delà des compétences relatives aux contenus, il est attendu du (de la) professionnel(le) de la bienveillance envers les usagers, le souci de proposer des séquences à la pédagogie différenciée, le goût du travail en équipe. Pour toute candidature, merci de contacter la directrice de l’établissement Mme Laure SIMONNET au 01.45.45.60.60 ou par mail (laure.simonnet@fondation-ove.fr) Poste à pourvoir immédiatement

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8-D) RECRUTEMENT – ADJOINTS ADMINISTRATIFS

Un recrutement pour 4 postes d’adjoints administratifs par la voie contractuelle (recrutement spécifique de personnes reconnues handicapées). Aucune condition d’âge et de diplôme n’est requise, en revanche les candidats doivent être de nationalité française ou « ressortissants » de l’Union européenne. Vous trouverez ci-joint ou via le lien ci-dessous le dossier de candidature, les conditions d’accès et la fiche de poste.

Les postes offerts sont localisés comme indiqué ci-dessous : • Un poste au greffe du tribunal de grande instance de Paris (75) • Un poste offert au tribunal de grande instance de Bobigny (93) • Un poste au tribunal d’instance de Longjumeau (91) • Un poste au tribunal d’instance de Villejuif (94) Le dossier de candidature peut être téléchargé sur le site internet du ministère de la justice (www.metiers.justice.gouv.fr rubrique “métiers” - “métiers administratifs et de l’informatique ” – « adjoints administratifs ») ou http://www.metiers.justice.gouv.fr/... Les candidatures devront nous parvenir avant le 9 mai 2019 à 23h59, dernier délai (le cachet de la poste faisant foi), à l’adresse suivante : service administratif régional de la cour d’appel de Paris, bureau de la formation, du recrutement et de l’information sociale (3ème étage) au 12 rue Charles Fourier à Paris (75013). Les candidats devront impérativement mentionner sur le dossier la juridiction pour laquelle ils souhaitent postuler. Les candidats retenus, après sélection sur dossier, seront convoqués devant une commission de sélection pour un entretien dont le but est de déterminer l’aptitude générale du postulant aux fonctions sollicitées. Retour Sommaire

15) LOISIRS – VOYAGES

15-A) CRÉATION D’UN JEU – MESSAGE D’UNE CLASSE DE 3ÈME

« Nous sommes la classe de 3ème prépa métiers du lycée les Fauvettes à Cannes, nous voulons vous présenter notre projet de mini entreprise EPA (Entreprendre Pour Apprendre). Création d’un jeu – Message d’une classe de 3ème Notre projet consiste en la création d’un jeu de société du nom de Challenge Your Brain qui est aussi le nom de notre mini- entreprise. Notre jeu est basé les révisions du programme de Troisième en vue de l’obtention du brevet des collèges. Il est adapté aux daltoniens, aux dyslexiques et aux malvoyants. Il s’adresse donc à des collégiens, des personnes âgées mais aussi à des adultes qui souhaitent passer un bon moment entre amis ou en famille. Contenu de notre jeu : 1 pochette en tissu pour le rangement ; 1 règle du jeu ; 1 dé ; 6 pions personnalisables ; 330 cartes sur 6 thèmes : français, anglais, mathématiques, science et technologie, histoire/EMS, géographie ; 1 plateau de jeu en bâche plastique (pratique pour le rangement). Notre jeu est présenté au prix de 30 euros. » Si vous êtes intéressés par notre jeu ou si vous souhaitez des renseignements complémentaires, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse mail : challengeyourbrain2@gmail.com Lucie Nicot et Tifany Longo Service administratif et RH Mini-entreprise CHALLENGE YOUR BRAIN

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