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Confédération Française pour
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Bulletin du 24 mai 2019

Table des matières :

Bulletin CFPSAA Infos 2019-05 – du 24 mai 2019

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SOMMAIRE

ÉDITORIAL

C’est presque une tradition, les élections européennes ne passionnent pas les français. Les médias nous le rappellent et les alertes sont nombreuses sur les conséquences de l’abstention qui bat généralement des records à cette occasion. Pourtant, élire nos représentants au niveau européens a toute son importance. Le parlement européen a un rôle majeur dans le processus de décisions de l’Union européenne, et ses décisions impactent notre vie quotidienne puisqu’elles sont retranscrites dans le droit français. Lorsque la commission européenne fait une proposition de loi, les députés amendent et votent le texte, avec le Conseil de l’Union européenne. Leur position est donc essentielle, d’autant que le Parlement européen est compétent dans une vingtaine de grands domaines, tel que l’emploi et les affaires sociales, l’environnement, la santé publique, la sécurité alimentaire, ou encore les transports, pour ne citer que ceux-là. Tous ces domaines nous concernent, et pour chacun d’entre eux, nous intervenons pour y faire intégrer les besoins spécifiques des personnes déficientes visuelles.

Les directives et règlements de l’Union européennes permettent d’harmoniser les pratiques entre les États membres. A titre d’exemple, le règlement de 2007 sur les droits des passagers ferroviaires qui prévoit des dispositions pour l’accès à la réservation et l’assistance des passagers en situation de handicap : En France, Accès plus a été mis en place à cet effet. Les pays peuvent, bien sûr, aller plus loin en améliorant certaines dispositions législatives nationales, mais ce socle commun à l’Europe permet de s’enrichir mutuellement. Cela vaut donc le coup de contribuer à l’élection des 79 français qui siègeront parmi les 705 élus de l’hémicycle européen. Conscients de tout cela, nous avons réuni nos forces avec la Fédération des Aveugles de France, l’Association Valentin Haüy et l’Association Voir Ensemble, pour mettre en place une campagne de communication. Nous nous sommes adressés aux candidats, à la presse, aux réseaux sociaux, et aux réseaux associatifs. S’il est toujours difficile d’évaluer l’impact d’une telle démarche, il n’est pas possible d’en être absent. Certains candidats nous ont déjà répondu et nous ciblerons de manière plus aigüe ceux qui seront élus. Vous trouverez dans ce bulletin quelques-uns de nos messages.

L’actualité en cachant toujours une autre, nous sommes solidaires des démarches du Comité d’entente dans le cadre du projet de loi « Pour une école de la confiance » dans la perspective de la rentrée scolaire 2019. Ce projet de loi vise à l’inclusion des élèves dans les classes ordinaires et si nous saluons cette orientation, nous devons impérativement faire comprendre aux institutions que les établissements spécialisés restent incontournables pour beaucoup d’enfants, et le choix selon les situations, doit rester celui des parents. Dans le même esprit, Nous sommes, également, solidaires des actions de l’INJA et des l’INJS qui luttent actuellement pour préserver la qualité de leur enseignement et leur sécurité budgétaire.

Bien fidèlement Edouard Ferrero, Président de la CFPSAA

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1) ACTUALITÉS DE LA CFPSAA

1-A) COMMUNIQUÉS COMMUNS : CFPSAA, FÉDÉRATION DES AVEUGLES DE FRANCE, AVH, VOIR ENSEMBLE

Futurs élus européens, ne nous oubliez pas. Ciblez le numérique ! (Acte3)

Juste une fiction : demain, par quelque fatalité, vous devenez aveugles ! Que se passe-t-il ? D’abord un cap difficile et une nécessaire période de réadaptation. Et puis, vous souhaitez continuer d’être ce que vous êtes, poursuivre votre vie professionnelle, votre vie citoyenne, tout simplement. C’est possible, mais à une condition : que la technologie réponde à votre besoin d’autonomie, que les outils dont vous allez vous servir soient accessibles. C’est cela qu’on appelle l’accessibilité numérique. Ces outils, en voici la liste non exhaustive :

• les « logiciels métiers » : ils sont partie prenante de la vie professionnelle et permettent le travail en temps réel. Accessibles, ils mettent les personnes déficientes visuelles à égalité avec leurs collègues. Seules restent les compétences.

• les sites de e-commerce : accessibles, ils permettent aux personnes déficientes visuelles d’être autonomes dans leurs achats en ligne ou toute recherche incombant à la vie d’aujourd’hui.

• les sites de réservation en ligne : accessibles, ils permettent l’accès aux billetteries pour les transports, la vie culturelle (théâtre ou musée), ou toute autre forme de loisirs.

• les sites des organismes publics ou privés : accessibles, ils permettent notamment aux personnes aveugles et malvoyantes de gérer leurs comptes bancaires en toute autonomie.

Il faut agir sur les pouvoirs publics et sur les professionnels : tout doit être nativement accessible !

L’Acte Européen d’Accessibilité, récemment adopté, est tourné vers le numérique. Il faudra rester vigilant et à la hauteur de toutes les avancées technologiques à venir. La politique numérique de l’Europe doit être forte pour impliquer toujours davantage les transpositions nationales. Pour finir sur une note qui pourrait presque être humoristique, il faut souligner que la directive pour l’accessibilité du Web ne s’applique pas, et c’est un comble, aux sites et applications mobiles des institutions européennes ! Nous savons que la diversité des langues entraîne une complexité de mise en place, mais, au moins le Parlement, qui représente le citoyen, devrait montrer l’exemple ! Nous ne pouvons pas rater le tournant du numérique. Il est vital pour l’ensemble de la population impactée par une déficience visuelle. Merci de votre attention.

30 avril 2019

Futurs élus européens, ne nous oubliez pas. Actualisez l’électroménager ! (Acte 4)

Suite de notre mini-série : une soirée chez un couple d’amis. Ils sont aveugles tous les deux. Nous pénétrons dans un appartement moderne et l’excellent fumet perçu dès l’entrée promet un diner délicieux. Dans notre univers de voyants, cela nous étonne un peu, que des personnes aveugles cuisinent avec talent. Et pourtant, c’est souvent le cas ! Mais nos amis sont inquiets : leur gazinière doit être changée et laisser place à une plaque à induction. Comment utiliser ce nouveau matériel tout tactile ? Aucun repère, ni vocal, ni de compensation au toucher, n’y est associé. Et le problème surgira à nouveau lorsqu’il faudra changer la machine à laver. Le tout tactile est de plus en plus présent dans les biens d’équipement ménager, sans aucune adaptation prévue, pour les personnes déficientes visuelles. Cela concerne principalement : les cuisinières vitrocéramique, les plaques à induction, les fours à microonde, les lave-linge et lave-vaisselle, certaines machines à café et les futurs robots-ménagers en expansion.

Pour qu’un produit soit commercialisé en France, il doit recevoir une autorisation de mise sur le marché pour l’ensemble de l’Union Européenne. Il faut agir à ce niveau. Interpeller les constructeurs, leur soumettre un cahier des charges pour l’accessibilité. Beaucoup trop de produits ne sont pas accessibles, et c’est particulièrement le cas pour les plaques à induction ou les lave-linge. Si elles ne peuvent plus les utiliser, les personnes déficientes visuelles régresseront vers une perte d’autonomie. Le préjudice est moral, citoyen et économique.

Avec sa directive « Biens et service », L’Acte Européen d’Accessibilité est tourné, vous le savez maintenant, vers le numérique, mais il ne répond pas à tous les besoins des personnes déficientes visuelles. Certains champs ne sont pas suffisamment couverts, c’est le cas pour les biens d’équipement électroménager. Les eurodéputés peuvent interpeller la Commission pour qu’elle lance des initiatives encourageant l’accessibilité de tous les secteurs des biens et services et notamment celui de l’électroménager. C’est indispensable pour 2 millions de personnes souffrant de cécité, ce le sera de plus en plus avec le vieillissement de la population. Une fois de plus nous voulions vous alerter. Bientôt, notre dernier message. Nous vous souhaitons une bonne campagne. 7 mai 2019

Futurs élus européens, ne nous oubliez pas. Facilitez notre acte électoral ! (Acte 5)

Dernière étape : mai 2019, période électorale. Le déroulement de la campagne permet de mieux vous connaître. Comme tout un chacun, les personnes déficientes visuelles souhaitent s’informer mais s’irritent de ne pouvoir examiner la propagande électorale. Les sites des candidats ou des partis politiques ne sont pas accessibles et les professions de foi sont évidemment illisibles pour une personne non voyante qui souhaite se concentrer au-delà du tumulte médiatique. Et puis, le jour du scrutin arrive : le citoyen aveugle ne peut voter sans l’aide d’un tiers. Aucune trace de braille dans les bureaux de vote et, à quelques exceptions près, pas de machines à voter permettant le vote électronique avec casque audio et voix numérisée indiquant les choix possibles (seuls 3 % des bureaux de vote sont équipés). De son côté, le Ministère de l’intérieur a fait des efforts pour rendre son site d’information électorale accessible mais il ne peut transcrire des documents qui eux, ne le sont pas ! Ce qu’il faudrait : • En amont : rendre accessibles la propagande, les sites des candidats et les sites des partis politique ; • Sur place : équiper les bureaux de vote de machines à voter, réfléchir à la mise en place de mentions en braille sur ou devant l’étalage des bulletins de vote. Les élus et futurs élus doivent dès à présent montrer le chemin de l’exemplarité en matière d’accessibilité des campagnes électorales et du vote, sans oublier l’égal accès à la candidature. Les partis politiques doivent dès à présent se préoccuper de la mise en accessibilité de leurs sites web ; Les eurodéputés ont le pouvoir d’adopter une résolution garantissant la pleine accessibilité des élections européennes de 2024. Cette revendication peut sembler ne pas être cruciale car les personnes aveugles, de leur propre aveu, arrivent à voter malgré tout. Mais il n’est pas normal à l’ère du numérique et de la technologie de ne pouvoir voter que par débrouillardise. Cette revendication est le symbole de l’égalité des citoyens, égalité face à l’information, face au choix politique et face à l’accomplissement de l’acte électoral. Merci de nous avoir accordé votre attention depuis ces dernières semaines. Bonne fin de campagne et à bientôt.

14 mai 2019

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2) ACTUALITÉS INSTITUTIONNELLES

2-A) AVIS DU CNCPH (PARTICIPATION DE LA CFPSAA À CES AVIS)

Ces avis (défavorables) a été émis jeudi 18 avril en séance plénière du CNCPH, et publiés le vendredi 26 avril. La CFPSAA a contribué à ce travail.

Il s’agit d’une part de l’avis sur le projet de décret relatif à l’accessibilité aux personnes handicapées des services de communication au public en ligne - 18 avril 2019 et de l’avis sur le projet d’arrêté portant référentiel général pour l’amélioration de l’accessibilité.

Lien pour lire ces avis : https://www.gouvernement.fr/avis-et...

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2-B) DIFFICULTÉS RELATIVES AUX CONDITIONS D’ATTRIBUTION DE L’ALLOCATION AUX ADULTES HANDICAPÉS

Question écrite n° 09609 de Mme Martine Berthet (Savoie - Les Républicains) publiée dans le JO Sénat du 21/03/2019 - page 1510 Mme Martine Berthet attire l’attention de Mme la secrétaire d’État, auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées sur les modalités d’attribution de l’allocation aux adultes handicapés, telles que définies par l’article L. 821-1 du code de la sécurité sociale. En effet, cet article énonce que l’allocation aux adultes handicapés (AAH) est attribuée sous conditions de ressources, même pour les personnes handicapées à plus de 80 % et handicapées à vie. Or, certaines personnes lourdement handicapées ne sont pas éligibles à l’AAH en raison du revenu trop élevé de leur compagnon. Le plafond est fixé à 19 505 euros par an pour un couple sans enfant soit 1 625 euros par mois. Ces personnes parfois trop handicapées pour travailler même en établissement et service d’aide par le travail (ESAT), se retrouvent totalement dépendantes financièrement de leur conjoint, qui doit de plus soutenir seul l’impact financier, parfois considérable, du handicap. Nombre d’entre eux se demandent s’ils n’ont pas d’autre choix que de vivre seuls en bénéficiant de l’AAH ou de dépendre de manière définitive de leurs parents ou de leur conjoint, réduisant ainsi drastiquement le niveau de vie de chacun. Pour toutes ces raisons, conditionner l’attribution de l’AAH aux ressources est particulièrement discutable, sur le plan moral comme sur le plan de son efficacité. Aussi, elle souhaiterait savoir comment le Gouvernement entend répondre aux inquiétudes de toutes les personnes handicapées et de leur famille concernées par ces difficultés. Réponse du Secrétariat d’État auprès du Premier ministre, chargé des personnes handicapées publiée dans le JO Sénat du 11/04/2019 - page 1987 L’allocation aux adultes handicapés (AAH) est un minimum social ; elle vise à assurer un minimum de revenu aux personnes auxquelles le handicap interdit ou limite fortement la capacité de travailler. Elle bénéficie à un peu plus d’un million cent mille allocataires en situation de handicap, pour un coût global de plus de dix milliards d’euros en 2019. Conformément à l’engagement présidentiel, l’AAH fait l’objet d’une revalorisation exceptionnelle pour lutter contre la pauvreté subie des personnes du fait de leur handicap. Ainsi, son montant a été porté à 860 € mensuel au 1er novembre 2018. Il sera revalorisé à 900 € mensuel au 1er novembre 2019. Cela représente un investissement de plus de 2 milliards d’ici à fin 2022. Plus de 900 000 bénéficiaires, dont plus de 60 % des allocataires de l’AAH en couple, vont bénéficier de cette revalorisation. Comme tout minimum social, cette allocation s’ajuste aux ressources de son bénéficiaire, appréciées à l’échelle de son foyer afin d’atteindre un niveau minimum garanti. Cela signifie que le montant effectivement payé au bénéficiaire est égal à la différence entre le montant maximum de l’allocation, majoré selon la taille de son foyer, et l’ensemble des autres ressources perçues par la personne handicapée, et, s’il y a lieu, son conjoint, concubin ou partenaire lié par un PACS. S’agissant de l’AAH, les ressources du conjoint sont spécifiquement minorées de 20 % pour le calcul de l’allocation. L’appréciation des revenus au niveau du foyer est protectrice pour le bénéficiaire de l’AAH dont le conjoint disposerait pas de revenu propre : il peut ainsi cumuler plus longtemps son AAH avec un revenu d’activité. À titre d’exemple, postérieurement à la prochaine revalorisation de l’AAH à 900 € en novembre 2019, un allocataire en couple dont le conjoint serait inactif pourra continuer de percevoir l’AAH à taux plein, soit 900€, en complément d’un salaire correspondant à un SMIC. Si on ne prenait plus en compte l’ensemble du foyer, l’allocataire ne pourrait plus prétendre qu’à 344 € mensuels, soit un manque à gagner important. Il ne s’agit pas d’organiser une dépendance financière entre l’allocataire et son conjoint mais de garantir que la solidarité nationale soutienne le plus ceux qui en ont le plus besoin. Afin de permettre aux personnes en situation de handicap d’accéder à un niveau de vie adéquat sans discrimination comme garanti par la convention internationale des droits des personnes handicapés, ainsi que, pour les plus pauvres, d’accéder à une aide destinée à couvrir les frais liés au handicap, l’AAH s’articule avec un certain nombre d’autres dispositifs de droit commun ou spécifiques, tels que la prestation de compensation du handicap qui a directement vocation à compenser le handicap. La PCH, créée en 2005, bénéficie à plus de 280 000 personnes et représente une dépense totale annuelle de près de 2 milliards d’euros. Le niveau de vie des personnes handicapées et de leurs proches est également soutenu par des dispositions fiscales spécifiques, puisque chaque contribuable titulaire de la carte invalidité bénéficie d’une demi-part fiscale supplémentaire pour le calcul de son impôt sur le revenu. Cet avantage est étendu aux enfants ainsi qu’à toute personne rattachée au foyer titulaire d’une carte d’invalidité. Plus de un million six cent mille ménages en bénéficient pour une dépense totale évaluée à 500 millions d’euros. Retour sommaire

2-C) RÉMUNÉRATION DES PH – QUESTION ÉCRITE AU SÉNAT

M. Laurent Duplomb rappelle à Mme la secrétaire d’État, auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées les termes de sa question n°04993 posée le 17/05/2018 sous le titre : " Rémunération des travailleurs handicapés et allocations ", qui n’a pas obtenu de réponse à ce jour. Réponse du Secrétariat d’État auprès du Premier ministre, chargé des personnes handicapées publiée dans le JO Sénat du 11/04/2019 - page 1981 En établissements ou services d’aide par le travail (ESAT), les travailleurs handicapés perçoivent une rémunération garantie composée d’une aide au poste versée par l’État et d’une rémunération directement versée par l’ESAT. Lorsqu’ils sont bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), le montant de leur rémunération garantie cumulée à l’AAH ne peut dépasser un plafond déterminé en fonction de la situation familiale de l’allocataire et de l’évolution du Smic. Ce plafond est fixé à 100 % du Smic mensuel brut pour une personne seule, à 130 % du Smic mensuel brut pour un couple et est majoré de 15 % du Smic mensuel brut par enfant à charge. Lorsque le total du montant de la rémunération garantie et de l’AAH est supérieur à ce plafond, c’est le montant de l’AAH qui est diminué pour atteindre le plafond. Pour le calcul du montant de l’AAH, un abattement spécifique est appliqué aux rémunérations perçues en ESAT afin de conserver un caractère incitatif à l’exercice de cette activité. Ce dispositif permet de majorer le montant de l’AAH du travailleur handicapé en fonction de l’augmentation de la rémunération versée par l’ESAT, dans la limite du plafond évoqué ci-dessus. Les travailleurs handicapés en ESAT, bénéficiaires de l’AAH, voient ainsi leur rémunération progresser, notamment en raison de leur compétence, de leur assiduité ou de leur implication, dans la limite du plafond évoqué ci-dessus. Le Gouvernement a par ailleurs réaffirmé son engagement en faveur de l’emploi des personnes handicapées lors du comité interministériel du handicap du 25 octobre 2018 afin de poursuivre le développement de l’accès et du maintien en emploi, public et privé. Dans le prolongement de la majoration, intervenue en 2018, du compte personnel de formation, à hauteur de 800€ par an pour les travailleurs handicapés en ESAT, le cadre d’intervention des établissements et services médico-sociaux en charge de la rédaptation professionnelle ou d’aide par le travail sera rénové afin de renforcer leurs missions de formation et d’accompagnement des travailleurs handicapés vers et dans l’emploi, notamment en milieu ordinaire.

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2-D) CHÔMAGE DES TRAVAILLEURS HANDICAPÉS

Question écrite n° 09520 de Mme Marie-Françoise Perol-Dumont (Haute-Vienne - SOCR) publiée dans le JO Sénat du 21/03/2019 - page 1509 Mme Marie-Françoise Perol-Dumont interroge Mme la secrétaire d’État, auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées sur le chômage des travailleurs en situation de handicap, qui n’a cessé d’augmenter en 2018 et qui reste deux fois plus élevé que la moyenne nationale (19 % contre 10 % environ). Plus de 500 000 personnes en situation de handicap sont toujours sans emploi. Moins formées, moins qualifiées et souvent plus âgées que la moyenne des demandeurs d’emploi, elles sont sur-représentées dans les statistiques du chômage. Alors que le chômage national tend à baisser légèrement, celui des travailleurs handicapés augmente au contraire, de 3,5% en un an. En 2017, le handicap est devenu la première cause de saisine du Défenseur des droits sur la question des discriminations. Celle-ci en effet pose débat dans l’employabilité des travailleurs handicapés. Or, d’ici 2022, le comité interministériel du handicap s’est donné pour objectif de faciliter l’embauche et le maintien en emploi des travailleurs handicapés par les employeurs publics et privés, de rénover l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés, d’augmenter leur niveau de qualification, ainsi que de mieux accompagner et sécuriser les transitions entre l’éducation et l’emploi. Elle lui demande donc de quelle manière précise elle entend œuvrer pour mener ces objectifs à bien.. Réponse du Secrétariat d’État auprès du Premier ministre, chargé des personnes handicapées publiée dans le JO Sénat du 11/04/2019 - page 1986 Le Gouvernement a fait de la politique du handicap et de la construction d’une société inclusive une priorité du quinquennat. Aujourd’hui, le taux de chômage des personnes handicapées, qui s’élève à 19 %, est deux fois supérieur à la moyenne nationale. Les demandeurs d’emploi handicapés sont par ailleurs plus âgés que la moyenne des demandeurs d’emploi (46 % ont 50 ans ou plus contre 23 % pour l’ensemble des demandeurs d’emploi) et moins qualifiés (25 % seulement ont un niveau d’études supérieur ou égal au bac contre 44 % pour l’ensemble des demandeurs d’emploi). Dans l’objectif de réduire cet écart et de permettre à chacun d’accéder à l’emploi, le gouvernement veut mobiliser fortement l’ensemble des dispositifs de droit commun, notamment l’ensemble des politiques de l’emploi, de la formation professionnelle, de l’apprentissage. Les personnes en situation de handicap peu qualifiées bénéficieront ainsi pleinement de la réforme de l’apprentissage et du plan d’investissement dans les compétences, qui cible les publics peu ou pas qualifiés, pour être formées et accompagnées vers l’emploi. Par ailleurs, les travailleurs en situation de handicap peuvent bénéficier d’un appui spécifique dans leur démarche d’insertion ou de maintien dans l’emploi. En ce sens, le dispositif de l’emploi accompagné, qui s’inscrit dans le cadre d’une démarche d’accompagnement global et associe les acteurs de l’éducation, du secteur médico-social et de l’insertion professionnelle, est désormais opérationnel dans toutes les régions. De plus, une réforme a été engagée le 1er janvier 2019 pour rénover et accompagner le changement d’échelle du secteur adapté, en développant des expérimentations facilitant les passerelles entre entreprise adapté et autres employeurs. Cette réforme s’appuie sur l’engagement national « Cap vers l’entreprise inclusive 2018-2022 » signé le jeudi 12 juillet 2018 par Muriel Pénicaud, ministère du travail, et Sophie Cluzel, secrétaire d’État aux personnes handicapées, avec l’UNEA, APF handicap et l’Unapei. Les signataires se sont engagés à créer 40 000 emplois supplémentaires en entreprises adaptées pour les personnes en situation de handicap et à porter les aides publiques au secteur adapté à 500 millions d’euros par an d’ici 2022. Enfin, une réforme globale des outils de la politique d’emploi des travailleurs handicapés a été engagée début 2018 par le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire, la ministre du travail Muriel Pénicaud, la secrétaire d’État aux personnes handicapées Sophie Cluzel et le secrétaire d’État auprès du ministre de l’action et des comptes publics Olivier Dussopt en concertation avec les partenaires sociaux et les associations représentant les personnes en situation de handicap, qui porte sur deux volets : l’incitation des entreprises et administrations à employer des personnes handicapées, autour de la redéfinition et de la simplification de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) : cette réforme, définie dans le cadre de la loi du 5 septembre 2018 « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel », sera mise en oeuvre à compter du 1er janvier 2020 ; l’enrichissement de l’offre de service de soutien à l’insertion professionnelle et au maintien en emploi, afin qu’elle soit plus lisible et plus accessible pour les travailleurs handicapés comme pour les employeurs. L’ensemble des travaux engagés permettra de renouveler profondément les politiques de l’emploi en faveur des personnes handicapées afin de leur donner toutes les chances d’accès à l’emploi et d’améliorer leur accompagnement tout au long de leur parcours d’insertion professionnelle, selon l’engagement réitéré du Gouvernement lors du dernier comité interministériel du handicap organisé le 25 octobre 2018. Retour sommaire

2-E) DÉCRET STATUT PARTICULIER ÉDUCATEUR POUR INSTITUT SOURD ET AVEUGLE

JORF n°0108 du 10 mai 2019 - texte n° 13

Décret n° 2019-420 du 7 mai 2019 portant statut particulier du corps des éducateurs spécialisés des instituts nationaux de jeunes sourds et de l’Institut national des jeunes aveugles

Publics concernés : fonctionnaires relevant du corps des éducateurs spécialisés des instituts nationaux de jeunes sourds et de l’Institut national des jeunes aveugles. Objet : création d’un nouveau corps des éducateurs spécialisés des instituts nationaux de jeunes sourds et de l’Institut national des jeunes aveugles, classé en catégorie A.

Entrée en vigueur : le texte entre en vigueur le 1er février 2019.

Notice : le texte crée un nouveau corps des éducateurs spécialisés des instituts nationaux de jeunes sourds et de l’Institut national des jeunes aveugles, classé en catégorie A, et relevant du ministre chargé des affaires sociales. Il définit les missions de ce corps.

Références : le décret peut être consulté sur le site Légifrance (https://www.legifrance.gouv.fr).

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2-F) INSERTION PROFESSIONNELLE DES PERSONNES HANDICAPÉES

Question écrite n° 09229 de M. Claude Bérit-Débat (Dordogne - SOCR) publiée dans le JO Sénat du 07/03/2019 - page 1215 M. Claude Bérit-Débat attire l’attention de Mme la secrétaire d’État, auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées sur les conséquences de la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, concernant les établissements et services d’aide par le travail (ESAT). Ce texte a pour objectif de mieux faire respecter la part de travailleurs handicapés au sein des entreprises. L’objectif est louable et ne peut être que soutenu. Cependant, il a pour conséquence de mettre en difficulté les ESAT, chargés justement d’accompagner nombre de personnes handicapées vers le monde professionnel. Il n’est pas envisageable pour ces personnes d’accéder directement à un emploi en entreprise et elles ont besoin d’un soutien éducatif continu. Or, désormais, les entreprises ne pourront plus s’acquitter de leur obligation d’emploi de travailleurs handicapés, à hauteur de 50 % maximum, en confiant, notamment, des prestations de services et de la sous-traitance au secteur du travail protégé et adapté représenté notamment par les ESAT. Pour répondre à l’obligation précitée, elles devront directement respecter le taux d’emploi des travailleurs handicapés ou bien verser une contribution à l’association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (AGEFIPH). Même si le montant des contrats passés avec les ESAT doit être pris en compte dans la contribution annuelle des employeurs, ces structures vont ainsi être impactées négativement dans leurs activités de production et de commerce qui constituent une part essentielle pour ne pas dire vitale de leurs ressources financières. Contre son objectif initial, la loi précitée freinerait ainsi l’insertion professionnelle d’une frange de personnes handicapées qui ne peut accéder au monde du travail et s’ouvrir davantage à l’extérieur que grâce à l’intervention des ESAT. Aussi, il lui demande quelles mesures le Gouvernement envisage pour corriger les effets pervers de cette loi envers les ESAT. Réponse du Secrétariat d’État auprès du Premier ministre, chargé des personnes handicapées publiée dans le JO Sénat du 11/04/2019 - page 1984 La loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » réforme l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés conformément à l’engagement souscrit en comité interministériel du handicap du 20 septembre 2017 afin de lutter contre le chômage de masse des personnes handicapés, soit le double de celui des personnes valides, et permettre aux personnes handicapées d’accéder à un emploi et travailler comme les autres. Trente ans après la loi de 1987 qui a créé l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés à hauteur de 6 % des effectifs salariés, cette réforme était indispensable pour donner sa pleine effectivité à cette obligation, alors que le taux d’emploi direct dans le secteur privé n’est de 3,5 %, et ne progresse que de 0,1% par an. Si cette réforme vise à augmenter le taux d’emploi des travailleurs handicapés en entreprise, elle n’a pas pour objectif d’opposer emploi direct et emploi indirect car les achats de biens et services auprès des entreprises adaptées, des établissements spécialisés d’aide par le travail et des travailleurs indépendants handicapés (contrats de sous-traitance) restent valorisés. La loi du 5 septembre 2018 change seulement les modalités de prise en compte de ces achats. Les modalités actuelles, très complexes, d’acquittement des contrats de sous-traitance sont remplacées par une nouvelle valorisation. Les contrats de sous-traitance seront toujours pris en compte mais sous forme de déduction à la contribution des entreprises. Dans le cadre de la concertation avec les partenaires sociaux et les représentants des associations, l’État s’est engagé à ce que ce nouveau mode de valorisation s’inscrive dans un principe de neutralité afin de garantir un effet incitatif de la sous-traitance pour les entreprises. Plusieurs réunions de travail ont eu lieu ces derniers mois entre les services de l’État, les représentants des secteurs adaptés et protégés et les partenaires sociaux pour définir ces modalités de calcul. Elles sont inscrites dans un projet de décret qui fait actuellement l’objet de consultation officielle, avec un objectif de neutralité financière par rapport à aujourd’hui. Les activités des ESAT, EA et TIH ne seront donc pas impactées par ce nouveau mode de calcul. Le Gouvernement soutient pleinement le rôle joué par les entreprises adaptées et les établissements et service d’aide par le travail (ESAT) dans l’insertion des travailleurs handicapés, comme en atteste l’engagement national conclu le 12 juillet dernier avec l’Union nationale des entreprises adaptées (UNEA), APF France handicap et l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales, et de leurs amis (UNAPEI). Les signataires se sont engagés à créer 40 000 emplois supplémentaires en entreprises adaptées pour les personnes en situation de handicap d’ici 2022, l’État s’engageant à accompagner cet objectif par un effort budgétaire. Les différentes aides publiques seront portées à 500 millions d’euros par an d’ici 2022. Parallèlement, le Gouvernement a prévu différentes mesures pour accompagner les entreprises dans cette réforme de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés. Tout d’abord, la loi valorise toutes les formes d’emploi des travailleurs handicapés (stages, période de mise en situation professionnelle, intérim). Ces formes d’emploi pourront être comptabilisées dans le taux d’emploi direct des entreprises. Par ailleurs, le Gouvernement a lancé en juillet 2018 une concertation visant à rénover et mettre en cohérence l’offre de services aux entreprises au bénéfice de l’emploi des travailleurs en situation de handicap. Retour sommaire

4) ACTUALITÉS FRANÇAISES DU HANDICAP

4-A) PROJET DE LOI ÉCOLE DE LA CONFIANCE

Message du Comité d’entente au Sénat

Le comité d’entente (qui rassemble 55 associations nationales représentatives de tous les types de handicaps) que l’Unapei anime souhaite vous écrire ce message car nous avons pris connaissance récemment de l’adoption en commission de l’amendement COM 32 sur l’article 5 quinquies du projet de loi pour une école de la confiance. Cet amendement a introduit une nouvelle phrase qui dit : « La scolarisation en milieu ordinaire est un droit dans la mesure où elle favorise les apprentissages et permet de conforter l’enfant, l’adolescent ou l’adulte handicapé dans ses acquis pédagogiques. »

Certaines associations ont déjà du vous alerter des dangers que représente une telle rédaction pour les droits des personnes en situation de handicap avec de vrais risques de discriminations pour les élèves en situation de handicap. Elle est par ailleurs contraire aux droits fondamentaux des personnes handicapées.

Il nous semble dangereux de lier cette la problématique du nombre de places dans les établissements spécialisés à la définition du droit à la scolarisation des enfants : seule doit compter la réponse aux besoins dans le respect du projet des familles.

Nous ne doutons pas de votre engagement envers les personnes handicapées et leurs familles et le comité d’entente, vous demande instamment de faire retirer cette mention de l’article 5 quinquies de la petite loi lors de son examen en commission mixte paritaire.

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5) ACTUALITÉS INTERNATIONALES DU HANDICAP

5-A) DEPUIS LE BUREAU DU PRÉSIDENT DE L’UMA

Lettre aux pays membres de l’UMA :

Chers membres de l’Union Mondiale des Aveugles,

Les technologies émergentes font partie des nombreuses difficultés que rencontrent les personnes aveugles et malvoyantes. La technologie a incontestablement ouvert un nombre incalculable de portes, mais le fait que l’accessibilité ne soit pas prise en considération lors des phases précoces de la conception la rend souvent inutilisable pour les personnes aveugles et malvoyantes.

L’une des technologies émergentes les plus excitantes actuellement est l’automobile sans chauffeur. L’incapacité à conduire limite de multiples façons les opportunités de déplacement pour les personnes aveugles mais les véhicules sans chauffeur offrent la possibilité d’une indépendance jusqu’à présent inconcevable. Cela dit, les automobiles sans chauffeur, ou ce que l’industrie appelle « véhicules autonomes et connectés », doivent être équipées de commandes qui permettront aux personnes aveugles et malvoyantes de les faire fonctionner en toute indépendance.

En février 2019, j’ai pris la parole à une conférence de l’ONU organisée conjointement par le Forum global de la sécurité routière (WP.1) et le Forum mondial pour l’harmonisation des réglementations sur les véhicules (WP.29). La conférence s’intitulait « Automatisation dans les transports : Déploiement sécuritaire des véhicules automatiques dans la circulation ».

Dans ma présentation, je priais les décideurs politiques et les ingénieurs de prendre en considération les besoins des personnes aveugles et malvoyantes. J’insistais sur le fait qu’il fallait allier accessibilité et ergonomie dans la conception des véhicules sans chauffeur. J’effectuais la distinction entre les commandes accessibles et les considérations relatives à l’ergonomie, comme la capacité à repérer un véhicule sans chauffeur, la capacité de savoir quand le véhicule est arrivé à destination et quand il est simplement à l’arrêt temporaire, etc. J’ai aussi ajouté que prendre en considération les besoins des personnes aveugles et malvoyantes n’était pas un acte philanthropique mais un impératif économique.

J’ai en effet souligné qu’actuellement, 253 millions de personnes aveugles et malvoyantes dans le monde ne conduisent pas. Cela représente un marché nouveau et inexploré, qui va au-delà du marché existant des conducteurs avec permis. Et cela signifie que, si les fabricants reconnaissent que les personnes aveugles et malvoyantes sont une nouvelle source de clientèle, et s’ils tiennent compte de leurs besoins aux phases précoces de la conception de leurs véhicules autonomes, ils ont le potentiel d’attirer un quart de milliard de nouveaux clients.

Les véhicules autonomes et connectés sont de plus en plus près de devenir une réalité. On les verra bientôt dans les rues et, si nous voulons pouvoir les conduire, nous devons exercer un plaidoyer actif. Nous allons poursuivre notre travail auprès des agents règlementaires des Nations Unies ; nous allons poursuivre notre travail auprès des fabricants automobiles ; et nous allons poursuivre notre travail auprès des gouvernements nationaux et décideurs politiques pour garantir que la promesse d’un transport automobile indépendant n’est pas un nouveau mirage ni une promesse non tenue mais bel et bien une réalité pratique.

Merci pour tout ce que vous faites.

Dr. Fredric K. Schroeder, Président de l’UMA

Bulletin de l’UMA (Union Mondiale des Aveugles) – Avril 2019

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5-B) INITIATIVE CANNE BLANCHE AU KENYA

L’initiative Canne blanche : Le Kenya Chapter a eu lieu du 7 au 14 mars 2019 sous le titre « Autonomisation des aveugles : une canne blanche après une autre ». L’objectif de cette campagne était de fournir une assistance technique et un soutien aux personnes aveugles qui vivent dans des zones défavorisées afin d’accroître leur indépendance et leur autonomie.

D’après le Bureau national de la statistique du Kenya, près de 1,5 million de personnes sont malvoyantes au Kenya et parmi elles, les deux tiers sont aveugles. Cette dernière catégorie se heurte à de grandes difficultés du fait du manque d’aides adéquates à la mobilité (cannes blanches). Un nombre important de personnes malvoyantes dépendent de leur famille et amis pour se faire aider. En réponse à cette crise, Global Cane Outreach et You Cane Give ont donné 115 cannes blanches et 100 bibles audio solaires à des personnes qui ont récemment perdu la vue au Kenya.

L’initiative Canne blanche : Kenya Chapter est un projet engagé pour fournir une assistance technique et un soutien aux personnes aveugles vivant dans des zones défavorisées. Cette initiative était un partenariat entre YouCane Give, Global Cane Outreach, Mugambi Paul Initiative (également connue sous le nom de Mpofu Namba1), l’Union africaine des aveugles (AFUB) et l’Union kenyane des aveugles (KUB).

L’Afrique souffre d’un grand besoin de cannes blanches, qui manquent cruellement dans cette partie du monde, affirme James A. Boehm, Directeur exécutif de l’initiative YouCaneGive. L’initiative YouCaneGive travaille déjà sur de futurs projets et collecte actuellement des fonds pour le prochain voyage au Kenya en 2020. « Nous travaillons avec des partenaires comme l’Union africaine des aveugles (AFUB) pour préparer la stratégie du projet dans d’autres pays africains. Nous avons aussi reçu plusieurs demandes de cannes blanches d’autres pays comme le Mexique, le Ghana, l’Éthiopie et l’Ouganda entre autres.

Nous aimerions donc demander au public et autres institutions de prêter leur aide à l’initiative YouCaneGive pour engager ces missions à travers des dons comme : • des cannes blanches qui peuvent être réparées et remises en service ; • un soutien financier ; et • toute autre contribution pouvant être jugée utile.

Pour plus d’informations, veuillez contacter James A. Boehm (Directeur exécutif - Initiative YouCaneGive) à l’adresse suivante : youcanegive@gmail.com ; et Paul Mugambi (Mugambi Paul Initiatives) en écrivant à : shamgpaul@gmail.com

Bulletin de l’UMA (Union Mondiale des Aveugles) – Avril 2019

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5-C) MONTÉNÉGRO – CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LE TRAITÉ DE MARRAKECH

L’Union des aveugles du Monténégro a organisé une conférence internationale intitulée « Le Traité de Marrakech et ses avantages pour les personnes aveugles, malvoyantes ou ayant des difficultés à la lecture des caractères imprimés » à Podgorica au mois de février.

La Conférence internationale s’inscrit dans le cadre du projet « Ratifier plus facilement le Traité de Marrakech dans les pays balkans occidentaux », financée par l’Union Européenne des Aveugles à travers son fonds de solidarité. Les partenaires du projet étaient les Unions des aveugles d’Albanie, de Macédoine, de Serbie et de République de Srpska. Des tables rondes ont eu lieu à Skopje, Banja Luka, Belgrade et Podgorica. Un spot vidéo a été confectionné à propos de l’importance du Traité de Marrakech, entre autres activités.

La conférence a réuni des représentants de l’Union Européenne des Aveugles, des pays partenaires dans la région, et des institutions étroitement liées à la question du Traité de Marrakech et sa ratification.

Plus d’informations sur le site web de l’UEA.

Bulletin de l’UMA (Union Mondiale des Aveugles) – Avril 2019

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8) EMPLOI

8-A) OFFRE D’EMPLOI : INSTRUCTEUR DE LOCOMOTION (F/H)

Référence de l’offre : Service médico-social SIAM 92 : SAFEP et SAAAS Siège : 14 avenue du Général de Gaulle – 92150 Suresnes Exercice : Département des Hauts-de-Seine (92)

CDI Temps partiel (17h30 hebdomadaires) CCNT du 15 mars 1966 Salarié non cadre

Description de l’établissement La Fédération APAJH, premier acteur généraliste dans le secteur du handicap (130 établissements en gestion directe et 3419 salariés) s’engage par son action militante et gestionnaire d’établissements à faire avancer la réflexion et l’action en faveur de la personne en situation de handicap dans une perspective d’épanouissement et d’inclusion sociale et professionnelle. Le SIAM 92, SESSAD constitué d’un SAFEP et d’un SAAAS, contribue à la réussite de cet engagement en dispensant un soutien spécialisé en milieu ordinaire de personnes de 0 à 20 ans en situation de handicap visuel, de leurs familles et des acteurs de leur environnement.

Missions L’instructeur de locomotion participe avec l’équipe pluridisciplinaire à l’accompagnement de la socialisation, de la scolarisation et de la formation des jeunes déficients visuels, dans le cadre d’un projet individualisé d’accompagnement. Prenant en compte la globalité de la situation de handicap visuel de la personne, il aide celle-ci à acquérir une autonomie lui permettant de se déplacer en confort et en sécurité par le développement de son potentiel multi-sensoriel et cognitif et l’enseignement de techniques spécifiques. L’instructeur de locomotion exerce ses fonctions en déplacement sur les différents lieux de l’environnement des personnes accompagnées et au siège du service.

Profil Diplôme requis : Certificat d’Aptitude à l’Éducation et à la Rééducation de la Locomotion pour Déficients Visuels (CAERLDV) Véhicule indispensable : Exercice en ambulatoire

Renseignements administratifs Date d’arrivée souhaitée : dès mai 2019 Candidature à adresser à : Mme la Directrice – SIAM 92 – 14 avenue du Général de Gaulle – 92150 Suresnes  : 01 41 44 88 10 (secrétariat) Mél. : siam92@apajh.asso.fr

Personne à contacter pour tout renseignement sur le poste : Secrétariat du SIAM 92

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10) NOUVELLES TECHNOLOGIES

10-A) LA CARTE VITALE SUR SMARTPHONE ARRIVERA EN 2020

La e-carte Vitale sera très sécurisée et proposée en 2021 à l’ensemble des assurés sociaux. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé ce jeudi l’expérimentation de la future e-carte Vitale « dès cette année », pour une généralisation en 2021, et l’arrivée de l’e-prescription à partir de 2020. Fini la carte Vitale oubliée ou perdue au milieu d’autres cartes dans le portefeuille. Voilà l’« apCV », la future appli « Carte Vitale » qui bientôt ne quittera plus votre smartphone qui déjà ne vous quitte plus. Mise au point par l’Assurance maladie, en coopération avec le GIE Sesam-Vitale, elle a été testée en avant-première ce jeudi matin par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, à l’occasion de la présentation de sa feuille de route sur le « virage numérique en santé ». Un virage qu’est donc en passe de prendre la Carte Vitale et ses 59 millions de détenteurs. Expérimentation en 2019

Avec près d’un an de retard sur le calendrier initial, une expérimentation va débuter, après publication d’un décret spécial, au troisième trimestre 2019. Sans doute dans les départements du Rhône et des Alpes-Maritimes, et pour un an. Cette e-carte sera bien entendu très sécurisée et sera proposée en 2021 à l’ensemble des assurés sociaux. Dans un premier temps, ce sera en doublon avec la bonne vieille carte physique jaune et verte qui célèbre en ce mois d’avril ses 21 ans de bons et loyaux services, dont l’accès aux tiers payant chez les médecins et les pharmaciens.

Carte d’identité en santé

Cette « apCV » est destAinée à « devenir l’outil d’identification et d’authentification des patients dans le système de santé », précise l’entourage d’Agnès Buzyn. Parmi les avantages de cette dématérialisation figure la mise à jour automatique des droits, simplement, sans avoir à se connecter à une borne. Cette application va également permettre d’accéder à différents services, notamment à son compte Ameli et aux services associés, présents et à venir. Et pourquoi pas, à terme, à son dossier médical personnel.

Et bientôt la e-prescription Cette application n’est qu’une des 26 propositions présentées jeudi par Agnès Buzyn pour une santé résolument numérique. Après l’apparition du DMP, le dossier médical personnel, après la télémédecine, ce virage va bientôt concerner également la prescription médicale. Particulièrement les prescriptions de médicaments qui représentent 50 % des ordonnances. Une expérimentation de e-prescription sera là aussi lancée cette année en vue d’un « début de généralisation » en 2020. Elle doit permettre, précise le ministère de la Santé, de « sécuriser le circuit de transmission de l’ordonnance et favoriser la coordination entre les professionnels ». Grâce à cette e-prescription, le patient pourra trouver, lorsqu’il arrivera dans sa pharmacie habituelle, sa commande déjà prête, car le pharmacien aura reçu l’e-ordonnance dans sa boîte email à peine le patient sorti du cabinet de son médecin. Et s’il est loin de chez lui, il pourra la retrouver facilement dans son compte. La digitalisation ne s’arrête pas là. Les actes infirmiers et les analyses biologiques suivront le même chemin un an plus tard, puis ce sera au tour des kinés l’année suivante. Olivier Corsan – Le Parisien.fr Retour sommaire

15) LOISIRS – VOYAGES

15-A) VACANCES ACCESSIBLES – QUELQUES IDÉES

Des vacances accessibles aux déficients visuels Spécialement conçues pour les personnes aveugles ou malvoyantes, ces structures proposent des voyages et séjours adaptés aux personnes déficientes visuelles. Association Tourisme et Handicap L’ATH s’est mobilisée pour participer à des salons grand public. Des bénévoles de l’association mais aussi, de plus en plus souvent, des prestataires labellisés informent le public handicapé de l’existence du label et des lieux où trouver l’information. • Pour plus d’informations, visitez la rubrique Label Tourisme et Handicaps du site Tourisme et handicaps.org. BE HANDI – Agence pour les personnes en situation de handicap Seule agence avec des accompagnateurs qualifiés en fonction de vos besoins durant le séjour, pour profiter au maximum de vos vacances. Be Handi est expert dans la conception de séjours adaptés à tous. Leur expertise dans le domaine du handicap, leur proximité avec les clients et leurs réactivités font leur force. Une agence de voyages dédiée pour vous !

Extrait de la newsletter CECIAA Retour sommaire

15-B) VOYAGE EN ESPAGNE/CANTABRIE ET PYRÉNÉES ORIENTALES

Du samedi 8 au lundi 17 juin 2019 2 places encore disponible. Si vous êtes intéressés, contactez directement le Président des Cannes Blanches, André Clauzel. Avec l’association des cannes blanches

Jour 1 : Samedi 8 juin : PARIS - BORDEAUX Départ vers 7h30, à Duroc, en direction de Bordeaux.

Jour 2 : Dimanche 9 juin : BORDEAUX- CANTABRIE Départ en autocar de Bordeaux en matinée pour une arrivée en après-midi à SUANCES.

Jour 3 : LUNDI 10 JUIN : CANTABRIE / SUANCES

Jour 4 : Mardi 11 JUIN : CANTABRIE – LAREDO – SANTONA - SANTANDERNTANDER

Jour 5 : Mercredi 12 JUIN : CANTABRIE – SANTILLANA DEL MAR - SUANCES Petit déjeuner.

Jour 6 : Jeudi 13 JUIN : PYRENNES CATALANES

Jour 7 : Vendredi 14 JUIN : VALL D’ASSUA – VAL FERRARA

Jour 8 : Samedi 15 JUIN / ISIL – VALLS D’ANEU

Jour 9 : Dimanche 16 JUIN : ESTERRI D’ANEU - SAINTES . Jour 10 : Lundi 17 JUIN : retour : SAINTES – VOTRE VILLE

PRIX PAR PERSONNE

Base 45 personnes : 1200 € Payable en 4 fois. Acompte avant le 1er décembre. Le supplément chambre individuelle : 200€ Les guides ont le voyage offert à condition de nous remplir un contrat. Un guide en général conduit deux personnes. Les guides que nous ne connaissons pas, seront convoqués pour faire leur connaissance. Un malvoyant ayant la carte d’invalidité, ne peut être guide.

Notre prix comprend Le transport en autocar de grand tourisme Logement en hôtel 4* en Cantabrie et 3* en Pyrénées catalanes base chambre double. La pension complète du déjeuner du jour 1 au déjeuner du jour 10 Les visites mentionnées au programme L’assurance annulation multirisques : certificat médical à l’appui.

Les chiens guides sont acceptés. Précisez s’ils vous guident. Avez-vous un régime ? À nous transmettre.

Si vous êtes intéressés et pour le programme complet : Contact : André Clauzel aclescannesblanches@gmail.com 06 63 17 41 35

Information transmise par Yves et Sylvie Martin

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15-C) LA LUNE DU VOYAGE RÉEL AUX VOYAGES IMAGINAIRES

Sortie de groupe au grand Palais À l’occasion des 50 ans des premiers pas de l’Homme sur la Lune, cette exposition dévoile les relations que l’homme entretient avec cet astre. De l’exploration scientifique à la création artistique, l’exposition invite à une promenade à travers les œuvres d’art et les objets qui ont incarné les innombrables visions et sentiments que la lune a inspirés. Observable par chacun de nous à l’œil nu, discrète et omniprésente à la fois, la Lune nous interroge depuis toujours. Les avancées de la connaissance accomplies depuis le XVIIe siècle ont permis aux hommes de l’observer et même de la conquérir. Pourtant, cela ne semble pas avoir changé fondamentalement nos rapports avec elle. L’astre conserve son aura et son pouvoir de fascination. Elle continue de nous interroger sur nous-mêmes, à la façon d’un miroir. La Lune nous invite au rêve et à la contemplation au Grand Palais, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, avec des œuvres essentiellement produites en Europe mais venant aussi des civilisations africaines, arabes et extrême-orientales. Vous découvrirez également des instruments scientifiques témoignant de la recherche des connaissances sur l’astre. Plus de 1900 œuvres exposées, de l’antiquité à l’art contemporain, peinture, sculpture, photographie, vidéo…et des œuvres originales créées pour l’exposition, en passant par Marc Chagall, Man Ray, François Morellet, Joan Miro, Auguste Rodin, Félix Vallotton… Rendez- vous le mardi 14 mai pour cette visite exceptionnelle, en petit groupe, d’une quinzaine de personnes avec une conférencière du musée et des souffleurs d’images. Visite gratuite dans la limite des places disponibles, comptez 3 heures. Renseignement et inscription obligatoire auprès du service Souffleurs d’Images : 01 42 74 17 87 ou écrire à souffleursdimages@crth.org

Visite en groupe de l’exposition La Lune Au Grand Palais. 3 avenue du Général Eisenhower 75008 PARIS Le mardi 14 mai. À partir de 14h15. Gratuit. L’info en plus : une visite audio écrite de l’exposition La Lune, du voyage réel au voyage imaginaire est proposée le mardi 18 juin 2019, à 14 h. Nouveau partenaire : Museum d’histoire naturelle Au carrefour des sciences de la terre, de la vie et de l’homme, le muséum se consacre quotidiennement, et ce depuis près de 400 ans, à la nature et à ses relations avec l’espèce humaine. Riche de son histoire, au cœur de l’actualité, le muséum travaille aussi pour l’avenir. Cette institution historique a été créée en 1635. A l’origine jardin royal à vocation médicinale et lieu d’enseignement, elle est devenue Muséum d’Histoire naturelle en 1793. Depuis quatre siècles, elle est à la source de découvertes scientifiques majeures en sciences naturelles. Elle s’est développée au fil du temps grâce à de grands esprits. Buffon au XVIIIème siècle, Daubenton, Lamarck, Geoffroy Saint-Hilaire ou encore Cuvier au XIXème siècle ont dispensé un enseignement hors pair, enrichi et étudié les collections et ont eu à cœur de transmettre leurs savoirs au public. Depuis février 2019, vous pouvez visiter avec un souffleur d’images, le Musée de l’Homme, le Parc Zoologique et le Grand site du Jardin des Plantes. Le Musée de l’Homme : inauguré en juin 1938, le musée de l’Homme présente l’évolution de l’Homme et des sociétés, en croisant les approches biologiques, sociales et culturelles selon la pensée de Paul Rivet : « l’humanité est un tout indivisible, non seulement dans l’espace, mais aussi dans le temps ». Situé dans l’aile Passy du palais de Chaillot, dans un bâtiment construit à l’occasion de l’exposition universelle de 1937, il rouvre en 2015 après 6 ans de travaux en réaffirmant le concept de musée-laboratoire voulu par son fondateur. Prochainement au Musée de l’Homme : Dans ma peau, exposition temporaire, du 13 mars au 3 juin 2019. Plongez au cœur du grand organe du corps humain. Enveloppe de vie et d’identité, marqueur du temps et de l’environnement, la peau est notre plus grand organe. Régulièrement soignée et parée, la peau nous est familière en surface. Mais que sait-on vraiment de ce fascinant organe ? Parc Zoologique : créé en 1934, le zoo dépend du Muséum national d’histoire naturelle, établissement public sous la double tutelle du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et du Ministère de la Transition écologique et solidaire. Le Muséum gère par ailleurs deux autres parcs animaliers : la Ménagerie, le zoo du Jardin des Plantes et la Réserve de la Haute-Touche dans l’Indre. Grand site du jardin des plantes : jardin botanique riche de quatre siècles d’aventures scientifiques, le Jardin des Plantes est le cœur historique du Muséum national d’Histoire naturelle. Chaque jour s’y côtoient des milliers de visiteurs, des centaines de chercheurs et d’étudiants. Dans les nombreux bâtiments qu’il abrite, il héberge l’essentiel des collections naturalistes du Muséum. Unique et multiple, ce lieu extraordinaire est à la fois musée, jardin botanique et zoologique, centre de recherche et université. A découvrir : Les 6 galeries : la grande Galerie de l’Évolution, avec la Galerie des Enfants, la Galerie de Minéralogie et de Géologie, les Galeries d’Anatomie comparée et de Paléontologie, la Galerie de Botanique, les Grandes Serres du Jardin des Plantes, la Ménagerie et le zoo du Jardin des Plantes. Les onze jardins dans le Jardin, les Carrés de la perspective, le Jardin des plantes ressources, l’École de botanique, le Jardin alpin, le Jardin écologique, les Grandes Serres, le Jardin de roses et de roches, le Jardin des pivoines, le Jardin des abeilles et des oiseaux, le Labyrinthe, le Jardin des iris et des plantes vivaces. Extrait de la Lettre d’information Souffleurs d’Images Mai 2019 Retour sommaire

15-D) « LOUIS BRAILLE M’A TRANSFORMÉE ! »

Dans un émouvant roman, Hélène Jousse livre une biographie des années-clés de la vie de Louis Braille, comblant une lacune et offrant aux lecteurs sa perception d’une personnalité d’exception qui l’a profondément marquée. Interview.

"Les mains de Louis Braille", tel est le titre du premier livre de la sculpteuse Hélène Jousse. Une biographie romancée des années d’enfance de l’inventeur du système de lecture et écriture qui a ouvert aux aveugles un accès universel à la connaissance. Hélène Jousse raconte l’accident qui a rendu Louis Braille aveugle dès trois ans, ses années d’enfance en famille à la campagne puis à Paris à l’Institution Royale des Jeunes Aveugles alors installée dans un ancien séminaire insalubre et malsain, les rencontres bonnes ou mauvaises qui ont construit sa personnalité, ses tâtonnements dans l’élaboration du système d’écriture par points qui portera son nom bien après sa mort prématurée, à 43 ans. Une biographie romancée sensible portée par une narratrice (dans laquelle l’autrice se livre également) chargée d’écrire un scénario de film qui va profondément remettre en cause sa philosophie et sa relation à l’autre. Hélène Jousse revient sur ce qui l’a conduite à écrire la première biographie de langue française consacrée à Louis Braille. Question : Qu’est-ce qui vous a amené à écrire cette biographie romancée ? Hélène Jousse : Ce qui m’a poussée à écrire ce livre, c’est Louis Braille lui-même ! Un personnage que j’ai vu d’abord comme un petit garçon, tout comme mon héroïne la narratrice. C’est l’enfant Louis Braille qui m’a bouleversée. J’ai découvert sa vie grâce à un livre pour enfant que m’a tendu mon fils alors petit à l’époque ["Louis Braille l’enfant de la nuit" NDLR]. Je n’avais pas acheté le livre, je ne sais pas comment il est entré à la maison mais j’ai eu l’impression que Louis Braille venait à ma rencontre. Quand j’ai refermé le livre, j’étais tellement émue et aussi mal à l’aise de l’avoir ignorée que je me suis dit "il faut que j’écrive sur Louis Braille, que je partage cette émotion". En cherchant d’autres ouvrages, j’ai découvert qu’il n’y avait rien, pas de biographie ni en français ni en anglais. Je suis allée au Panthéon où repose Louis Braille depuis le centenaire de sa mort : dans la librairie on trouve des livres sur tous les grands hommes qui sont en-dessous... et rien sur Louis Braille ! Question : On ne trouve effectivement qu’un seul ouvrage, traduit de l’américain.

Hélène Jousse : A l’époque, quand j’ai commencé à écrire, le Mellor n’existait pas ["Louis Braille : le génie au bout des doigts", par Michaël Mellor, traduit de l’américain par Claire Mulkai, Éditions du Patrimoine en 2008, épuisé NDLR], c’est plutôt un ouvrage documentaire qu’une biographie. Il a réuni des documents assez confidentiels, des lettres de Louis Braille qui écrivait avec un guide-mains. Moi, je voulais faire un récit, qui n’est pas romancé parce que tous les événements sont vrais. On connaît les faits mais on sait peu de chose sur leur déroulement parce que Louis Braille est mort jeune et totalement inconnu. On dispose d’un petit récit de François-René Pignier, le directeur de l’Institution Royale des Jeunes Aveugles avec lequel Louis Braille avait lié amitié, ce qui était étonnant vu l’écart de générations. Mais c’était la personnalité tellement lumineuse de Louis Braille qu’il attirait les gens, avec une grande modestie, une grande humilité. Ce qui m’a attirée, c’est autant son génie que ses qualités humaines, tellement désintéressé, généreux, tourné vers les autres. Et à la fois un héros très contemporain, je crois, je tiens à parler de lui aux adolescents. C’est un adolescent qui a inventé le braille, et le premier codeur : je dis aux adolescents que Louis Braille aurait été aujourd’hui un génie de l’intelligence artificielle ! La cellule braille est d’une grande intelligence autant que d’une grande simplicité, et un code génial qui permet en six points que la pulpe du doigt peut reconnaître de façon synthétique de donner tout l’alphabet, la ponctuation, les chiffres, etc. Question : C’est le procédé qui a donné la lecture et l’écriture aux aveugles.

Hélène Jousse : Par chance, la famille Braille lisait. Dans les campagnes au début du XIXe siècle, une famille sur trois seulement avait accès à la lecture, la plupart était analphabète. La mère de Louis Braille, une femme extraordinaire très inventive dans sa manière de l’aider, lui lisait des histoires. Sinon jamais il n’aurait eu conscience de ce à côté de quoi il passait. Quand il a compris le trésor que les livres représentent, la liberté de penser qui ne peut pas se développer sans la lecture et l’écriture, l’indépendance, il s’est dit très jeune "je ferai lire les aveugles, je n’accepte pas que les aveugles restent dans cet obscurantisme". Il n’avait que 12 ans quand il a commencé à chercher, qu’il a compris ce qu’il pourrait faire du système de lecture dans le noir par des points qu’apportait le capitane Barbier.

Question : Sous la poussée du numérique, le braille est en recul et ne concerne plus selon les pays que 8 à 12% des personnes non-voyantes, même parmi celles qui sont nées ou devenues précocement aveugles...

Hélène Jousse : C’est aussi l’une des raisons qui m’a poussée à écrire ce livre. C’est tout à fait dommage, et aussi dommageable pour les gens qui ne font pas l’effort de devenir braillistes. Je ne vais pas m’arrêter à ce livre, j’ai d’autres projets qui visent à faire prendre conscience aux aveugles, tout particulièrement aux jeunes, de l’intérêt de lire. C’est la même chose que pour nous : quelqu’un qui ne lit pas peut accéder aux histoires d’une autre manière, regarder des séries, écouter des CD. Mais la lecture permet à l’imaginaire de se mettre en branle de toute autre manière, rien ne la remplace, ni pour nous, ni pour les aveugles. La publication de mon livre m’a permis de plonger dans cet univers, je suis très admirative des gens que je rencontre. Louis Braille m’a éclairée sur moi et mon enfance. Comme ma narratrice, Louis Braille m’a transformée. Ce livre est une porte vers des personnes passionnantes et avec lesquelles j’ai envie de faire des choses !

Propos recueillis par Laurent Lejard, mai 2019

Yanous-Actu n° 530 Les articles de Yanous-Actualités sont diffusés avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard

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15-E) OVIDE – LES MÉTAMORPHOSES

Les Métamorphoses sont composées au début de l’ère chrétienne par le poète latin Ovide, juste avant sa relégation sur les rives de la mer Noire. Ce recueil est constitué d’une multitude de courts récits inspirés des mythologies, des épopées et des tragédies grecques et romaines. Un livre-monde, tour à tour édifiant, galant et burlesque dont la voix inspirée de Michel Vuillermoz, sociétaire de la Comédie-Française, révèle l’esprit et les saveurs. Claude COLOMBINI FRÉMEAUX

Frémeaux & Associés et Les Belles Lettres proposent, pour la première fois en livres sonores, une bibliothèque idéale des grands textes littéraires de l’Antiquité grecque et latine. Que l’on ait lu ces œuvres ou toujours rêvé de le faire, cette collection donne à entendre des textes toujours actuels, servis par des traductions fidèles et par l’interprétation des plus grands comédiens de langue française.

Librairie Audio (parmi les nouveautés de mai 2019)

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