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Bulletin 13 du 31 mai 2011

Table des matières :

Bulletin CFPSAA Infos 2011-13

1)- ÉDITORIAL

Le Président de la CFPSAA étant en congés et ne disposant pas de connexion Internet sur son lieu de vacances, ce bulletin ne comporte exceptionnellement pas d’éditorial. Monsieur Chazal sera heureux de vous retrouver pour le prochain numéro qui paraîtra dans une quinzaine de jours.

2)- COMPTE RENDU DE LA COMMISSION CULTURE DE LA CFPSAA DU 16 MAI

Présents :

- Sylvain Nivard (GIAA)

- Bernard Boulanger (UGAMPA)

- Yannick Lequeux (Association des Donneurs de Voix)

- Salima Kerbouaï (Handicap-Zéro)

- Cécile Guimbert (Voir Ensemble)

- Marie-Claude Cressant (ANPEA)

- Alex Bernier (BrailleNet)

- Julien Veron (BrailleNet)

- Fernando Pinto da Silva (DAISY France)

- Martine Haage (Fondation la cause)

- Guy Rochereau (CFPSAA)

- Marie de Saint Blanquat (GIAA)

- Francis Pérez (SÉSAME)

- Yves Morineaux (AVH)

- Hoëlle Corvest Cité des sciences

Présentation de la Fondation la Cause, par Martine Haage qui rejoint la Commission Culture :

- Membre associée de la CFPSAA depuis un an et demi ;

- La fondation a 90 ans

- Depuis 30 ans, elle édite un annuaire de toutes les associations d’aveugles et malvoyants en France (dernière édition parue récemment) ;

- Propose une bibliothèque numérique (300 titres MP3 et DAISY), une bibliothèque sonore sur K7 (2000 titres) et une bibliothèque braille (6600 titres) ; inscrit à la BDEA sur laquelle le catalogue est publié, distribue ses ouvrages en France et pour les francophones en général

- Émission de radio mensuelle (100.7MHz) ;

- Membre de la Fédération Protestante de France ;

2-A)- EXCEPTION AU DROIT D’AUTEUR

Par Sylvain Nivard.

1) Rapport annuel des associations agréées

- La commission d’agrément regroupant associations et éditeurs se réunit régulièrement ;

- 50 agréées (dont 10 de niveau II pouvant demander les fichiers sources des éditeurs)

- Dernière réunion de la commission le 3 mai où ont été présentés les rapports annuels des associations agréées. Une synthèse a été faite et présentée à la commission : satisfaction globale, quelques soucis marginaux (associations demandant des fichiers en double).

- Prochaine commission prévue en septembre.

- Changement de Président à venir en juillet 2011 (c’est au tour des représentants d’associations d’assurer la Présidence).

- GIAA, ADV, la Cause et BrailleNet disent avoir des demandes de livres adaptés pour d’autres types de handicap/maladie (de sclérose en plaque, dyslexiques).

- Fernando Pinto da Silva : Demande d’une copie de la synthèse des rapports annuels

- Alex Bernier : Demande des statistiques sur l’utilisation de Platon. Réponse de Sylvain Nivard : pour 2010, délai moyen de 29,9 jours pour transmettre un livre ; 30,4 jours d’attente pour les organismes agréés ; 1100 fichiers demandés ; 50 refusés ; 862 transmis ; 67% PDF ; 27% XML ; 3% RTF ou DOC ; 3% InDesign.

- La BnF remettra prochainement un rapport d’activité au ministère

2) Questions diverses

- Amendement voté par le Sénat pour permettre aux organismes agréés de demander des documents pendant dix ans après le dépôt légal avec une date minimum fixée à 2006. L’amendement doit passer devant l’Assemblée Nationale (pas encore prévu au calendrier). En contrepartie, les éditeurs demandent à ce que soit mentionné dans la loi le fait que les associations s’engagent à détruire les fichiers sources. La BnF a reçu une lettre de mission pour lui permettre de conserver les fichiers au-delà de la durée des deux ans, mais ne peut pas encore les distribuer. La BnF ne souhaite pour le moment pas accepter les demandes de documents de plus de deux ans (même si l’éditeur peut être d’accord pour transmettre le document).

- Réunion Hadopi : 75-80% de la réunion consacrée à la transcription des livres scolaires (formats inadaptés, délais trop longs, etc.) ; accès restreint à certaines plates-formes de lecture à cause des mesures de sécurisation des contenus (DRM). Hadopi compte contacter le SNE et les éditeurs ne livrant pas les fichiers.

- Question à propos des images relayée par Francis Pérez : le droit de transcription noir-braille s’applique-t-il aussi à l’imprimer-tactile ?

- Yannick Lequeux : le téléchargement est-il légal ?

- La BnF demande à certaines associations de traiter les fichiers en attente et de ne plus passer de demandes (125 fichiers pour l’AVH, 200 pour BrailleNet, quelques dizaines pour SÉSAME). Alex Bernier : la question de la durée de traitement des fichiers a-t-elle été posée par les éditeurs en commission d’agrément ou vient-elle seulement de la BnF ? Sylvain Nivard : Les éditeurs ne ce sont pas explicitement manifestés sur ce sujet en commission.

3) Fichiers sources et adaptation pour les partitions musicales

Fernando Pinto da Silva : Le problème n’est pas encore résolu. La BnF n’en fait pas une priorité pour le moment.

4) Groupe de travail de l’édition adaptée

- Projet de lettre à la BnF pour exprimer une position commune concernant entre autres les demandes répétées de traiter rapidement les fichiers sources.

- Travail sur les outils de traitement des fichiers XML.

5) Groupe de travail DAISY

Fernando Pinto da Silva :

- Constitué par : Handicap Zéro, SÉSAME, BrailleNet, le GIAA, la FAF, l’AVH.

- Objectifs : 1) promouvoir DAISY en France ; 2) localiser et internationaliser des outils en français (notamment pour la production audio et braille).

- Réunion la semaine dernière à Helsinki : CA du consortium DAISY ; Assemblée Générale et conférence technique.

- DAISY comme format de distribution devient EPUB 3

- Devenir du DAISY Pipeline : problèmes de financement

- Nouvelle version de TOBI (outil de production)

- Nouvelles versions annoncées pour Save as DAISY Alex Bernier

- Augmentation du montant de la cotisation annuelle de 5%

- Nouveau Président du consortium (Stephen King, RNIB)

2-B)- AUDIO-DESCRIPTION

Par Guy Rochereau et Sylvain Nivard

1) Panel

- Rassemble environ cent personnes

- Cela donne lieu à des échanges sur les films passés à la télévision

- Depuis une dizaine de jours : constitution d’une fiche par film pour le commenter de façon structurée ; but : discuter avec les audiodescripteurs ayant réalisés le film et les chaînes l’ayant produit.

- Faut-il décrire la technique de film ?

- Un sondage a été fait : dans l’ordre de préférence, audiodécrire en priorité des films (très majoritaires), puis des documentaires, puis des fictions.

- Risque que les producteurs aillent vers les prestataires les moins chers pour audiodécrire. Appel à des laboratoires sans expérience de l’audiodescription. Tentation de faire audiodécrire uniquement ce sur quoi les chaînes ont les droits. D’où l’importance de l’expression du point de vue des téléspectateurs déficients visuels pour limiter ce risque.

- Organisation d’une session d’initiation à l’audiodescription : première séance téléphonique où l’AFA et En Aparté ont donné les principales notions (a eu lieu début avril) ; session "pratique" prévue à l’AVH le 25 juin.

2) Contacts avec les chaînes télévisées

- Rencontre avec TF1, France Télévision et M6 (pas encore Canal+).

- France télévision : actuellement seule France 2 diffuse de l’audiodescription ; France 5 s’y met, France 3 débutera l’année prochaine.

3) Négociations avec le CNC et les exploitants de cinéma

- Rencontre avec la Directrice générale du CNC ;

- Rendez-vous la semaine prochaine avec l’association des producteurs ;

- Equipement des salles à améliorer (moins de 10 salles équipées)

- L’AVH fait un gros travail de terrain ; CFPSAA plutôt institutionnel.

4) Divers

- Souhait de certains audiodescripteurs de mettre dans la boucle des déficients visuels (à titre non bénévole). Réticences de l’AVH.

5) le CSA et le projet de décodeur vocal

- Objectif : avoir un décodeur accessible (touches braille, fonctions vocalisées)

- Il existe déjà des décodeurs accessibles en Angleterre et en Espagne

- Faible avancée : le CSA a demandé à un consultant de faire un état des lieux sur le sujet.

2-C)- MUSÉES

Par Marie de Saint Blanquat et Hoëlle Corvest

- RECA (Réunion des Établissements Culturels Accessibles) regroupe des musées, théâtres, opéras, etc. chaque année, se choisit un thème (technologie, accessibilité du cadre bâti, malvoyance, alarmes visuelles, etc.) ; les travaux réalisés sont versés sur un serveur du Ministère de la Culture (consultables par les membres du réseau seulement).

- Prochaine réunion du groupe de travail sur les musées d’ici juillet.

- Projet de questionnaire

- Formation des accompagnateurs de personnes handicapées visuelles : actuellement les accompagnateurs sont des guides (locomotion) mais ne permettent pas de découvrir/construire le sens. Les accompagnateurs doivent-ils être bénévoles ?

- Modules de sensibilisation au handicap dans les écoles de tourisme : pour le moment, la dimension "sécuritaire" est traitée. Ajouter une dimension culturelle serait intéressant.

2-D)- DIVERS – TOUR DE TABLE

- Annonce (Hoëlle Corvest) : colloque à la Cité de la Musique sur "l’accessibilité aux musées pour le public handicapé visuel", vendredi 20 mai.

- Rencontre le 19 mai après-midi à la Cité des Sciences pour proposer des éléments autour de la mise en œuvre de la complémentarité de support pour les expositions et ateliers.

- Braille et Culture travaille sur l’accessibilité des chemins de Saint Jacques (notamment avec la ville de Conques).

- Hoëlle Corvest : Les éditions du Patrimoine ont édité un ouvrage sur l’Abbaye de Cluny.

- Martine Haage : Portes ouvertes à la Cause samedi 21 mai ; annuaire terminé (1200 entrées).

Date de la prochaine réunion de la Commission Culture : lundi 19 septembre

3)- JOURNÉE DU HANDICAP DANS LA FONCTION PUBLIQUE

Dépêche AFP.

Journée du handicap dans la Fonction Publique : des syndicats sceptiques - PARIS, 12 mai 2011.

La première journée du handicap dans la Fonction Publique, organisée jeudi par le Gouvernement, a suscité le scepticisme de certains syndicats : Solidaires y voit une façon de "faire oublier les 364 autres" et la FSU se demande s’il ne s’agit pas que d’un "trompe-l’œil".

A l’heure actuelle, parmi les 5,2 millions d’agents de la Fonction Publique, quelque 200.000 sont handicapés, soit un taux de 4%, en dessous du seuil de 6% fixé par la loi depuis 1987.

Le Gouvernement, qui veut "faire changer les regards" et inciter les fonctionnaires concernés à déclarer leur handicap, a lancé une campagne baptisée "Handicap et Fonction Publique, la volonté de réussir".

Pour Solidaires, qui y décèle des motivations électorales, « cette belle phrase masque des objectifs moins avouables ». Le syndicat souligne que « le handicap continue hélas de se conjuguer encore trop souvent avec précarité, carrière plate et pression au travail ».

Dans un communiqué, l’organisation relève que le Gouvernement a un intérêt financier à « recenser au maximum les agents handicapés » dans « le contexte d’asphyxie organisée des finances publiques », mettant en garde contre « toute chasse abusive »

Depuis 2005, les employeurs publics doivent en effet verser une contribution au Fonds d’Insertion pour les Personnes Handicapées dans la Fonction Publique (FIPHFP) en cas de manquement aux objectifs de 6% (en 2010, 212,4 millions d’Euros ont été versés).

La FSU se demande pour sa part si cette journée n’est pas qu’un « trompe l’œil ». Dans un communiqué, le syndicat dit « partager les objectifs affichés » de la campagne, mais souligne que cela « e peut masquer les résultats plus que mitigés obtenus », notamment depuis 2005, date de la création du FIPHFP.

L’organisation souligne que « les personnes handicapées hésitent à faire reconnaître leur situation, par crainte de pénalisation dans leur carrière » et réclame « que l’on passe réellement (...) des discours aux actes »

4)- TÉMOIGNAGE PAR EDOUARD FERRERO

Edouard Ferrero, Attaché principal d’administration centrale, en poste au Bureau des relations bilatérales à la DGPAAT, est malvoyant. Il évoque la situation actuelle des personnes handicapées dans le Ministère où il travaille, et envisage ses évolutions souhaitables.

Que pensez-vous de la situation des personnes handicapées dans notre ministère ?

Edouard Ferrero : Permettez-moi d’évoquer cette situation à partir de mon expérience personnelle et en faisant un retour en arrière. Je constate d’abord qu’en 1982, lorsque je suis arrivé au Ministère de l’Agriculture, le nombre de personnes handicapées y était plus important qu’aujourd’hui. C’est l’époque où les nouvelles technologies ont commencé à faire leur entrée dans l’Administration, et où des crédits ont été mobilisés pour se doter d’équipements performants afin de répondre aux besoins des personnes handicapées. C’est dans ce contexte que je suis devenu autonome dans mon travail. Je suis conscient de l’effort qui a été accompli et j’en suis reconnaissant, pour moi-même et pour les personnes concernées par d’autres handicaps que le mien.

Et aujourd’hui, ou en est-on ?

E.F. : La situation actuelle est marquée par la loi de 2005 qui a entraîné la création, en 2006, du Fonds d’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique (FIPHFP). Ce dispositif, qui concerne l’ensemble de la Fonction Publique, Centrale, Territoriale et Hospitalière, s’inscrit dans la décision de porter à 6% des effectifs le pourcentage de personnes handicapées dans la Fonction Publique. Le fonds est en effet abondé lorsque ce pourcentage n’est pas atteint afin d’aménager des postes de travail et de disposer d’aides humaines. Je dirai que cet organisme piloté par trois collèges de représentants - employeurs, syndicats et associations – mène une politique significative, d’autant qu’il dispose de moyens importants.

Tout est-il donc pour le mieux ?

E.F. : Je suis obligé d’émettre quelques réserves. D’une part je constate que notre ministère est l’un des derniers à avoir conventionné avec le FIPHFP, et je me demande si, au-delà de la volonté d’affichage, la démarche actuelle correspond bien à une volonté de développer le recrutement de personnes handicapées. Je pense en particulier aux personnes lourdement handicapées. D’autre part, et je parle plus particulièrement pour le type d’handicap qui est le mien, je constate que des problèmes récurrents ne trouvent pas de solutions satisfaisantes. C’est ainsi que le déploiement d’Open Office n’est pas compatible avec la reconnaissance vocale dont disposent nos postes de travail. Je sais qu’un logiciel est disponible mais il n’a pas été déployé. De même, je ne peux utiliser que très difficilement le web, les sites publics internet, intranet notamment (gestor). Par ailleurs, je constate aussi que les fichiers pdf ne peuvent pas être imprimés en braille. Tous ces désagréments me conduisent à m’interroger sur la pérennisation de mon poste de travail car l’outil informatique devient de moins en moins accessible. Je dirai donc en conclusion que je souhaite que soit mis en place en matière de nouvelles technologies pour les déficients visuels le même programme que pour l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. Enfin, qu’à l’occasion de la signature de cette convention se fasse jour une réelle volonté d’aller de l’avant.

5)- ARTICLE CONSACRÉ À MANUELE BERTOLI

Article tiré du journal local « 24h »

Manuele Bertoli est le premier Conseiller d’Etat aveugle du pays.

Le socialiste raconte son parcours, son quotidien et la tâche qui l’attend dans un Gouvernement dominé par la Lega.

Quand on fait remarquer à Manuele Bertoli qu’il est plus élégamment vêtu que bien des politiciens pourtant capables d’user d’un miroir, il sourit :

- C’est ma femme qui joue le rôle de look-manager, elle aime bien.

L’autre jour, pour la cérémonie d’intronisation, elle est allée me choisir un complet avec un ami qui adore les vêtements. Ca m’arrange bien ; moi, ça n’est pas trop mon truc.

Atteint dès la naissance d’une maladie dégénérative des yeux, Manuele Bertoli, 50 ans, ne voit plus. Ca ne l’a pas empêché de faire de grandes choses : Parlementaire pendant douze ans, Président du PS tessinois, l’homme vient d’être élu au Gouvernement de son canton. Il est le premier aveugle dans l’histoire du pays à accéder à ce niveau de responsabilité politique.

« Fier comme tout. » Comme le veut la coutume tessinoise, le Ministre est entré en fonctions immédiatement.

Elu le 10 avril, il a déjà pris place dans son nouveau bureau, à la tête du Département de la Culture, de l’Education et des Sports. Fier ? "Oui, bien sûr !

Cela dit, j’espère avoir été choisi parce que je suis compétent.

Je n’aurais pas voulu être élu simplement parce que je suis aveugle.

Bon, je n’aurais pas voulu ne pas être élu parce que je suis aveugle non plus.

Bertoli rit et sourit beaucoup. Son handicap, il en parle comme s’il importait peu. Son histoire, il la raconte comme si elle était banale.

"Ma vue n’a jamais cessé de se dégrader. D’abord, à l’enfance, ça ne posait pas trop de problèmes. Puis, vers 12 ou 13 ans, j’ai commencé à développer une cécité nocturne. J’allais à l’école à vélo, mais, les soirs d’hiver, quand il faisait sombre, j’ai commencé à devoir rentrer à la maison en le poussant." Sa scolarité terminée, Bertoli accomplit une formation de maître d’école primaire.

Mais à l’heure de donner ses premières classes, ses yeux sont trop abîmés. "On m’a dit que je ne voyais plus assez bien pour enseigner. Voilà, c’était comme ça. Je devais faire autre chose."

Il se tourne vers le droit, migre à Genève.

"J’ai eu la chance de pouvoir faire mes études avec l’argent de l’AI. Ca a été un peu long, parce que j’avais de plus en plus de mal à lire, je devais vraiment coller les feuilles contre mon visage. Au bout d’un moment, j’ai dû utiliser un macro lecteur, un appareil qui grossit le texte et l’affiche par petits bouts, en immense, sur un écran."

« Sauvé par la technologie. » Après les études, il se spécialise dans le droit du bail, travaille au sein de l’Asloca, une association de défense des locataires. Il en deviendra Secrétaire de la section tessinoise. Idem pour la Fédération suisse des aveugles. Figure de plus en plus publique, il se lance en politique.

Conseil communal de Balerna, où il est né, Grand Conseil. Jusqu’à la victoire d’il y a quinze jours.

Aujourd’hui, la perception de l’élu "se limite à distinguer s’il y a ou non de la lumière".

Mais comment exercer sans l’usage de ses yeux une fonction qui exige la lecture d’innombrables documents ?

Selon le nouveau Ministre, tout est affaire de technologie. "J’ai eu beaucoup de chance au niveau du timing. A cinq ou six ans près, ça n’aurait pas été possible.

Les premiers ordinateurs qui convertissaient le texte en parole sont arrivés vers 1989-1990. Ils étaient énormes et très chers, mais bon, ils marchaient." Désormais, le Ministre utilise Jaws ("mâchoires"), un logiciel qui "lit" à haute voix tout ce qu’affiche l’écran.

Petite démonstration. Dès la première syllabe d’une ligne de texte, Bertoli sait s’il veut entendre la suite. Quand ça n’est pas le cas, un doigt sur la touche "flèche en bas" et le logiciel saute une ligne. Le curseur descend, descend, mitraillade ultrarapide de syllabes robotiques hachées menu. Et lorsque Bertoli choisit de s’arrêter pour écouter le texte, le débit, réglé au maximum, est si vif qu’un non-initié ne capte rien. Pour le reste - navigation dans les fenêtres, les menus - tout est faisable. " Mais si c’est une page pleine d’images, là, ça ne sert pas à grand-chose."

L’image, justement... On sait qu’en politique, elle fait beaucoup. Gros désavantage que de ne pas voir évoluer ses alliés et ses adversaires, avec leur apparence, leurs gestuelles, leurs tics ? "Je ne me pose pas la question, c’est comme ça, c’est tout.

Mais si un orateur s’agite, s’il n’arrête pas de gesticuler, je le sens. Je me dis "ouh là, il est nerveux !" Quand on perd la vue, on compense autrement, notamment en développant son ouïe. " Parole de pianiste de longue date dans un groupe de rock.

Curieux, tout de même ? Demande-t-il parfois à ses collègues à quoi ressemblent ses interlocuteurs ? « Oui, bien sûr, je suis comme tout le monde. Bon, certaines personnes, je m’en souviens de l’époque où je voyais encore. M. Bignasca par exemple (ndlr : le président de la Lega, le parti d’extrême droite tessinois). Je ne sais pas s’il a beaucoup changé.

Parfois, aussi, on me dit d’une élue qu’elle est très belle, et je tombe des nues ; si une femme a une voix horrible, j’ai de la peine à l’imaginer ». Il rigole. Sa femme à lui, il l’a rencontrée lors de colonies de vacances "mixtes", où se mêlaient des adolescents avec et sans handicap.

Elle faisait partie de la seconde catégorie. "On a été amis, on s’est fréquentés par périodes. On s’est marié il y a dix ans. " Dans son bureau, sur une étagère, une photo de ses deux enfants, Martino, 7 ans, et Yakobawit, une petite fille de 4 ans.

« Lega du dimanche. » Une grande fête en famille le jour de l’élection ? "Pas vraiment.

J’étais heureux bien sûr, mais aussi attristé par le résultat général." C’est que, pour la première fois de l’histoire du Tessin, la Lega, à l’autre bout du spectre politique, occupe deux des cinq sièges de l’exécutif.

En plus de Manuele Bertoli, on trouve encore une Ministre PRD et un PDC.

« Ce ne sera pas facile, c’est sûr. Mais il faut relativiser. Heureusement, il y a deux Lega bien différentes : celle du dimanche, qui crie très fort sur les affiches et dans son journal gratuit, et celle de tous les jours, qui doit gouverner, et pas seulement lancer des polémiques sur les Roms, les immigrants. Celle-là est beaucoup plus gérable, plus "normale", finalement ». Bertoli dit avoir "toujours été de gauche".

Son père, employé aux PTT, et sa mère, femme au foyer, l’étaient avant lui. "Pas impliqués dans les institutions, disons plutôt des militants de base." Populaire, considéré comme brillant même par ses adversaires, le Tessinois pourrait nourrir des ambitions fédérales. Il dit aimer les instances parlementaires de notre pays. Mais non.

"Berne, depuis le Tessin, c’est loin. J’ai une famille, je veux que mes enfants grandissent avec leur papa. Il réfléchit un instant. "Si on pouvait faire plus de choses par visioconférence, ce serait différent. Mais la Suisse est un pays bizarre pour ça, il faut toujours se déplacer. Il y a encore beaucoup de choses à changer. " Le changement, ça ne lui fait pas peur. Il l’incarne.

6)- DISCRIMINATION CHEZ CARREFOUR

Vendredi 20 mai - Discrimination/Cécité - Carrefour refoule un aveugle.

Un homme aveugle âgé de 24 ans, Nicolas Karasiewish, a raconté sur http://www.youtube.com/watch?v=CZof... Grand Lille TV comment un vigile de l’hypermarché Carrefour d’Euralille lui a interdit d’entrer, deux jours plus tôt. Il lui était reproché le risque de nuire au bon fonctionnement du magasin, dont la direction a précisé qu’il n’y avait pas de personnel pour accompagner un client aveugle venant faire ses achats. La police n’a pas accepté le dépôt d’une plainte pour discrimination, mais seulement d’une main-courante, renvoyant la victime auprès du Procureur de la République.

7)- SORTIE DU LIVRE D’HAMOU BOUAKKAZ

Cher(e) ami(e),

Voici que notre attente est enfin récompensée. Déjà disponible en librairie, le livre d’entretiens « Aveugle, arabe et homme politique, ça vous étonne ? » sort officiellement ce mardi 31 mai. Comme le souligne Stéphane Hessel dans sa préface, cet ouvrage n’est pas qu’un parcours biographique, la simple narration du cheminement fait par l’enfant aveugle d’immigrés algériens et analphabètes que j’étais.

Il se veut avant tout porteur d’ouvertures dans les débats politiques que nous vivons. Au long de ses chapitres, j’explore ainsi, avec ma liberté de ton habituelle, le projet socialiste et ceux qui le bâtissent, le travail d’équipe autour du Maire de Paris, le regard porté sur les nouveaux venus dans notre pays, sur les personnes porteuses de handicap. Bref, toutes les différentes dimensions, les facettes de lumière et d’ombre de notre société, toujours plus normative et excluante. Une société qui toutefois présente à mon avis de nombreuses opportunités de sortie par le haut, vers un équilibre enfin plus démocratique et humain.

Hamou Bouakkaz

Aveugle, arabe et homme politique, ça vous étonne ? Livre d’entretiens avec Noël Bouttier, Desclée de Brouwer, 2011

8)- MONUMENTA 2011 : ANISH KAPOOR INVESTIT LE GRAND PALAIS DU 11 MAI AU 23 JUIN 2011

Chaque année, un artiste contemporain est invité à créer une œuvre spécialement conçue pour l’occasion, dans le cadre exceptionnel de la Nef du Grand Palais à Paris.

Tel est le défi que relève Anish Kapoor, sculpteur britannique né à Bombay, en proposant une œuvre monumentale qui investit ce lieu gigantesque jusqu’au 23 juin pour cette nouvelle édition de Monumenta.

Le Ministère de la Culture et de la Communication s’est engagé à rendre accessible à chacun et à tous la quatrième édition de cette manifestation. Le Centre National des Arts Plastiques (CNAP), coproducteur de MONUMENTA, met en place divers dispositifs de visites et de médiation culturelle en direction des publics en situation de handicap.

Dans le cadre d’un partenariat avec le CNAP, l’Association Valentin Haüy a participé à la sensibilisation des médiateurs culturels de l’exposition, à l’accompagnement des personnes déficientes visuelles. Elle réalisera aussi des visites servant à tester l’efficacité du dispositif et faire un retour d’expérience au CNAP, en vue d’améliorer l’accès à la culture des publics handicapés. L’AVH a d’autre part participé à l’élaboration du livret braille et caractères agrandis qui sont remis aux visiteurs aveugles et malvoyants par les médiateurs de Monumenta.

La Nef du Grand Palais, récemment restaurée, est un immense espace grand comme deux terrains de football et recouvert d’une verrière transparente qui culmine à 45 mètres.

On part à la découverte d’une œuvre monochrome gigantesque en toile de plastique rouge : elle est constituée d’une seule pièce gonflée d’où partent trois lobes, comme trois excroissances, qui occupent la presque totalité de la superficie de la Nef. La partie centrale atteint pratiquement le plus haut point de la verrière.

Il est possible d’entrer directement dans l’œuvre ou de commencer par en faire le tour, de la longer à certains endroits ou de passer dessous à d’autres en laissant libre cours à son imaginaire.

Entrons dans l’œuvre par une porte qui ne s’ouvre que pour laisser passer le visiteur : les sons deviennent plus étouffés, l’atmosphère est chaude et capitonnée, la lumière faible et teintée de rouge. Alors chaque visiteur construit sa propre représentation de la sculpture et invente une façon personnelle d’habiter l’espace…

Nef du Grand Palais - Porte principale

Avenue Winston Churchill 75008 PARIS

Horaires :

Tous les jours, sauf le mardi

De 10h à 19h le lundi et le mercredi

De 10h à minuit, du jeudi au dimanche

Fermeture des caisses : 45 min avant la fermeture de l’exposition

Accès Métro : lignes 1, 9, 13

Stations : Franklin Roosevelt, Champs-Elysées-Clemenceau

Bus : lignes 28, 32, 42, 72, 73, 80, 83, 93

Plein tarif : 5 Euros

Tarif réduit : 2,50 Euros

Gratuité : suivre ce lien : www.monumenta.com/fr/2011/visite

Site internet : www.monumenta.com/

Accès internet aux publics empêchés : http://pourtous.monumenta.com/

9)- RECITAL CHANT-PIANO LE 5 JUIN 2011

Les Heures Musicales de Bon Secours présentent, le dimanche 5 juin 2011 à 19H30 précises, un RECITAL Chant-Piano (Haendel, Glück, Mozart, Fauré, Duparc, Messiaen) par Agnès ROBERT – soprano et Jérôme LEBOULLENGER – piano.

Rendez-vous à l’Eglise Protestante du Bon Secours,

20 rue Titon – 75011 Paris

Métros : Faidherbe Chaligny, Rue des Boulets, Charonne

Entrée gratuite – libre participation aux frais

Je serai heureuse de vous y rencontrer... Bien à vous,

Agnès ROBERT

Soprano

agnes.robert@club-internet.fr http://www.agnesrobert.fr

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