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Confédération Française pour
la Promotion Sociale
des Aveugles et Amblyopes

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Bulletin 3 du 8 février 2008

N’oubliez pas de :

- envoyer votre témoignage à Jean-Pierre Gantet : voir bulletin N° 2008 -2 – du 31 JANVIER 2008 – 1) sachant que cet appel s’adresse à l’ensemble des déficients visuels, qu’ils soient malvoyants ou aveugles.

C’est avec une joie toute particulière que nous apprenons que Madame Françoise Madray-Lesigne, Secrétaire Générale de l’AVH et Présidente de l’Union Francophone des Aveugles (UFA), vient d’être promue au grade de Chevalier de l’Ordre National de la Légion d’Honneur. Une distinction bien méritée lorsque l’on sait qu’après des études en milieu ordinaire, Françoise a été la première non-voyante admise au difficile concours de l’Ecole Normale Supérieure de Sèvres. Il a fallu l’intervention personnelle du Général De Gaulle pour qu’elle soit autorisée à enseigner, d’abord en lycée, puis à l’université. Elle eut une brillante carrière qui fut reconnue par ses collègues, tant en France qu’à l’étranger. Depuis déjà 10 ans, Françoise consacre son temps au bénéfice des personnes aveugles et malvoyantes. S’occupant d’abord d’activités culturelles à l’AVH, c’est grâce à son implication personnelle qu’a été décidée l’ouverture de notre médiathèque qui sera inaugurée en janvier 2009. Enfin, son action auprès des pays francophones s’inspire de l’idée selon laquelle il vaut mieux apprendre à pêcher que de donner du poisson à ceux qui ont faim. Ainsi, l’UFA fournit des équipements à des écoles, des imprimeries, met en place des clubs pour apprendre à utiliser l’informatique aux étudiants non-voyants d’Afrique.

Nous sommes tous reconnaissants à Françoise de son action et lui adressons nos très cordiales félicitations.

Au cours de sa séance du 23 janvier dernier, le CNCPH a examiné différents textes sur lesquels il a émis des avis positifs :

un décret qui impose aux établissements recevant du public de faire effectuer un diagnostic sur leur accessibilité dans un délai raccourci ;

un autre sur la validation des acquis de l’expérience des travailleurs en ESAT ;

un autre qui place le FIPHFP sous la tutelle conjointe du Ministre de la Fonction Publique et du Ministre en charge des Personnes Handicapées ;

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a présenté son rapport pour l’année 2007 qui fait apparaître une progression considérable des émissions accessibles pour les personnes sourdes. Il nous a été promis, qu’en 2008, des efforts identiques seraient portés pour développer l’audiodescription sur toutes les chaînes de télévision.

Depuis une dizaine de jours, les réunions se multiplient, qu’elles concernent la préparation du « Plan Métiers » (au sujet duquel vous trouverez ma contribution concernant les déficients visuels en pièce 1), ou la mise en place d’un groupe de travail « Emploi-Ressources » qui doit rendre des conclusions début mai, dans la perspective d’une Conférence Nationale du Handicap prévue dans la seconde quinzaine de ce même mois.

Le rapport de Gilbert Montagné ne nous a toujours pas été communiqué. Le Cabinet de la Secrétaire d’Etat reçoit actuellement certaines associations pour préparer un plan d’action spécifique à la déficience visuelle qui devrait être annoncé début mars. Dès que nous en saurons davantage, vous en serez immédiatement informés.

EDF et La Poste ont confié à TNS-Sofres la constitution d’un panel de personnes non-voyantes afin de mieux connaitre nos besoins, vous trouverez en pièce 2 le communiqué qui vous sollicite pour y participer. Nous insistons pour que vous le fassiez nombreux, et ce, dès réception du présent bulletin.

Je vous communique aussi la réponse à une question écrite concernant un problème qui nous préoccupe tous tant à titre personnel qu’au niveau de nos associations : le maintien de la franchise postale pour les envois en écriture braille ou sur support audio (pièce 3). Alain Lequeu et Sylvain Nivard ont accepté d’approfondir pour nous ce dossier, je les en remercie. Ce sera un problème d’autant plus difficile que les instances européennes, sans doute sous la pression de certains lobbyings, viennent de refuser de prendre en compte les demandes soutenues par l’Union Européenne des Aveugles. Voir le communiqué de presse publié par l’UEA sous le titre : « La franchise postale mise en danger par le Conseil de l’Union Européenne et le Parlement » (pièce 4).

Nous apprenons qu’à ce jour, 123 états ont signé la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées. La France fait partie de ceux-ci. En revanche, notre pays n’a pas encore accepté le protocole additionnel qui permet aux associations ou individus d’aller en justice en cas de violation de ce texte.

Dix-sept pays ont déjà ratifié la Convention, il en faut vingt pour qu’elle soit effectivement appliquée. Les premiers états à avoir achevé le processus de ratification sont : la Jamaïque, la Hongrie, la Croatie, Panama, Cuba, le Gabon, l’Inde, le Bangladesh, l’Afrique du Sud, l’Espagne, la Namibie, le Nicaragua, le Salvador, le Mexique, l’Azerbaïdjan, le Laos et le Pérou. Il semble que la France envisage sérieusement de ratifier la Convention et, peut-être même, de signer le protocole additionnel au cours du second semestre de cette année, période pendant laquelle elle assumera la Présidence de l’Union Européenne. A l’ instant où nous rédigeons ce bulletin, nous apprenons que le parlement tunisien a ratifié la Convention et le protocole additionnel. La Tunisie devient ainsi le premier pays arabe à le faire.

Une de nos lectrices nous informe de l’existence d’un logiciel bien adapté nous permettant de remplir des chèques de façon autonome. Merci de cette information. Vous pouvez en savoir davantage sur le lien suivant : http://d.ch.free.fr/ChequeExpress.html

Deux informations de loisir pour terminer :

un stage de « Dessin en relief et communication graphique » proposé gratuitement par la Cité des Sciences (pièce jointe 5).

le Misanthrope de Molière présenté en audiodescription à la Comédie Française (pièce 6).

Bonne lecture et à la semaine prochaine !

DERNIERE HEURE : LES BANQUES RECRUTENT DES PERSONNES HANDICAPEES POUR DES POSTES DE TELE-CONSEILLERS.

Cette activité étant particulièrement accessible aux déficients visuels, nous invitons tous les demandeurs d’emploi intéressés à consulter la dernière pièce jointe de ce bulletin. Nous aimerions être tenus informés par eux des résultats obtenus.

Philippe Chazal Secrétaire Général

SOMMAIRE

1) PLAN METIERS : PROFESSIONNELS SPECIALISES NECESSAIRES AUX PERSONNES AVEUGLES OU GRAVEMENT DEFICIENTES VISUELLES.

1.A) LES METIERS D’AIDE A LA COMMUNICATION.

1. A – 1 L’accès à la lecture/écriture.

1. A – 2 L’accès à la culture.

1. A – 3 L’accès aux nouvelles technologies.

1.B) LES METIERS D’AIDE AU DEPLACEMENT.

1.C) LES METIERS D’AIDE A LA VIE QUOTIDIENNE

2) HANDISCOPE : LE PANEL DES PERSONNES HANDICAPEES, TNS SOFRES – EDF – LA POSTE

2. A) PRENDRE EN COMPTE VOS OPINIONS ET VOS ATTENTES.

2. B) QU’EST-CE QU’ETRE PANELISTE ?

2. C) LE RESPECT DE LA VIE PRIVEE

2. D) COMMENT PARTICIPER AU PANEL « HANDISCOPE » ?

3) REPONSE A LA QUESTION ECRITE SUR LA FRANCHISE POSTALE

4) LA FRANCHISE POSTALE MISE EN DANGER PAR LE CONSEIL DE L’UNION EUROPEENNE ET LE PARLEMENT (1er FEVRIER 2008)

5) STAGES GRATUITS : « DESSIN EN RELIEF ET COMMUNICATION GRAPHIQUE »

6) LE MISANTHROPE DE MOLIERE EN AUDIODESCRIPTION A LA COMEDIE FRANCAISE

7) RECRUTEMENTS TH DANS LA BANQUE

1) PLAN METIERS : PROFESSIONNELS SPECIALISES NECESSAIRES AUX PERSONNES AVEUGLES OU GRAVEMENT DEFICIENTES VISUELLES.

La réussite de l’intégration sociale des personnes handicapées en général, de celles atteintes de cécité ou de graves déficiences visuelles en particulier, que nous évoquerons ci-après, ne peut pas résulter, ni de la seule volonté du législateur, ni même du courage de la personne handicapée et de sa famille qui, s’ils sont des ingrédients nécessaires, ne sont pas suffisants. A tous les âges de la vie, que l’on parle d’intégration scolaire/universitaire, professionnelle ou sociale, l’intéressé doit y être préparé, aidé, par des personnes qualifiées dont les interventions sont absolument indispensables sur des périodes de temps plus ou moins longues, pour surmonter au mieux les difficultés liées au handicap.

L’absence totale ou une atteinte grave de la vision, sont particulièrement gênantes pour prendre connaissance des informations habituellement transmises par ce sens (qui sont de plus en plus nombreuses dans notre société de l’image), pour se déplacer, pour accomplir seul certaines activités de la vie quotidienne. Il est donc indispensable que des professionnels qualifiés puissent, soit enseigner aux déficients visuels les « techniques palliatives » qui leur permettront de surmonter leur handicap, soit leur transmettre les informations qui leur manquent en mode approprié.

Pour la clarté du présent document, nous parlerons successivement des métiers d’aide à la communication, au déplacement, à la vie quotidienne.

1.A) LES METIERS D’AIDE A LA COMMUNICATION.

1. A – 1 L’accès à la lecture/écriture.

a) Des enseignants spécialisés pour l’apprentissage du braille.

Après la parole, la lecture et l’écriture constituent, à n’en point douter, les moyens de communication les plus utilisés par l’homme pour transmettre et traiter des informations, les conserver, les retrouver. Aussi, les aveugles du monde entier affirment-ils que Louis BRAILLE leur a permis d’accéder au savoir et à la culture. Rien ne remplacera l’écriture en relief qui a su s’adapter aux nouvelles technologies et conserver toute sa place face aux enregistrements sonores ou aux logiciels de synthèse vocale qui ne lui font pas concurrence, mais lui sont aujourd’hui complémentaires.

Le braille se pratique d’autant mieux qu’il est appris jeune et utilisé fréquemment, ce qui explique que seulement 10 à 20% des personnes aveugles en font un usage quotidien. Les plus jeunes l’utilisent d’abord pour étudier, puis dans leur vie professionnelle, enfin pour se distraire. Les aveugles tardifs s’en servent pour lire le nom d’un produit sur un emballage, reconnaître un médicament, noter une adresse ou un numéro de téléphone.

Tous ont besoin pour l’assimiler, d’enseignants compétents, qui pratiquent aussi bien "l’intégral " que "l’abrégé", qui sauront les guider pour lire efficacement avec les deux mains et sans utiliser un éventuel résidu visuel :

- Pour les plus jeunes, un professeur des écoles ou du second degré, même rempli de bonne volonté, aura bien du mal à être parfaitement à l’aise pour enseigner cette discipline. On regrette que la formation dispensée par l’Education Nationale aux enseignants spécialisés se soit allégée, notamment sur le versant de l’apprentissage du braille, lors de sa transformation de CAPSAIS en CAPA SH en 2004 : certains ne l’apprennent plus bien que cela demeure plus que jamais indispensable.

- Pour les "aveugles tardifs", qui le deviennent à l’âge adulte, c’est dans le cadre d’une "réadaptation fonctionnelle", qu’ils devront s’initier au braille, son apprentissage se poursuivant tout au long de leur éventuelle formation ou rééducation professionnelle. Là encore, seuls des enseignants compétents seront en mesure de les aider.

Nous avons donc besoin de professeurs de braille bien formés, dont les compétences soient reconnues aussi bien par l’Education Nationale que par les Etablissements Spécialisés qui seront leurs employeurs principaux.

Plus généralement, il est fondamental de continuer à former des enseignants qui travaillent auprès des apprenants, jeunes ou adultes, en prenant en compte la globalité de la personne. Pour ce faire, ils doivent recevoir une large formation où entrent en compte tous les éléments de connaissance relatifs à la mise en œuvre des formes de compensation du handicap visuel. A ce jour, seul le centre de formation des enseignants intervenant auprès des jeunes déficients sensoriels (CNFEDS) offre cette possibilité.

b) Des orthoptistes/rééducateurs en basse vision compétents pour optimiser l’utilisation des "résidus visuels ".

Contrairement à une idée largement répandue il y a dix ans encore, l’utilisation d’un éventuel " résidu visuel" n’est pas forcément synonyme de fatigabilité, ne conduit pas inexorablement vers la cécité. Bien au contraire, la vision restante doit être utilisée au mieux, dans des conditions d’éclairage et de posture satisfaisantes. En lien étroit avec l’ophtalmologiste, l’orthoptiste ou le rééducateur en basse vision saura évaluer les capacités visuelles restantes, réentraîner la vision par des exercices appropriés, recommander les aides optiques répondant au mieux aux besoins et aptitudes de la personne suivie.

Ces professionnels sont aujourd’hui en nombre nettement insuffisant, leurs compétences ne sont pas reconnues à leur juste valeur.

c) Transcripteurs/adaptateurs de documents : des yeux au bout des doigts.

Nous l’avons dit, l’image tient une place de plus en plus importante dans notre société. Photos, graphiques, couleurs, remplissent les pages de nos imprimés en tous genres, qu’il s’agisse de livres scolaires ou de documentations plus ou moins techniques. Pour être totalement exploitables par leurs lecteurs déficients visuels, ces documents doivent donc être adaptés afin de transformer en mode " texte " des données "graphiques". Ce travail complexe requiert une parfaite maîtrise des différentes adaptations : braille, schémas en relief (deux ou même trois dimensions), utilisation des moyens techniques appropriés.

Nous savons que dans un très proche avenir, par application des dispositions contenues dans la " loi sur les droits d’auteur et sur les droits voisins dans la société de l’information ", les personnes handicapées " empêchées de lire " auront un accès facilité aux documents sources produits par les éditeurs et pourront ainsi prendre plus aisément connaissance des milliers d’ouvrages publiés chaque année dans notre pays. Force est de reconnaître que, pour les raisons évoquées au paragraphe précédent, ces documents devront souvent être, non seulement transcrits en braille ou format sonore, mais aussi adaptés pour que le visuel devienne texte ou image tactile. Le besoin de spécialistes capables de faire ces adaptations ne peut aujourd’hui être évalué avec précision, mais l’on peut penser qu’il sera très important sinon considérable.

Notons enfin qu’en dehors des établissements scolaires ou universitaires où ils jouent un rôle essentiel, ces professionnels sont aujourd’hui très recherchés par les conservateurs qui souhaitent rendre un musée ou un site touristique accessibles par la réalisation de reproductions en relief, maquettes, parcours tactiles. Les ouvrages récemment produits sur la Sainte Chapelle ou le Panthéon, la mise en relief des peintures faites par Picasso à Antibes, ont remporté un vif succès. Nous voudrions des centaines de documents comme ceux-ci pour accéder davantage à la culture.

La formation au métier de transcripteur/adaptateur est dispensée par la FISAF. Elle touche une dizaine de personnes par an, il en faudrait bien davantage. Les établissements spécialisés, " centres ressources ", musées ou bibliothèques qui pourraient les utiliser, ont le plus grand mal à trouver des professionnels compétents. Par ailleurs, nous suggérons de compléter la formation par un axe de recherche sur l’adaptation basse vision et sur l’adaptation des images en relief.

1. A – 2 L’accès à la culture.

Audiodescripteurs : l’explosion d’une profession hier encore inconnue.

L’article 74 II de la loi du 11 février 2005 sur " l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées " dispose : " Dans un délai d’un an à compter de la publication de la présente loi, le Gouvernement déposera devant le Parlement un rapport présentant les moyens permettant de développer l’audiodescription des programmes télévisés au niveau de la production et de la diffusion, ainsi qu’un plan de mise en œuvre de ces préconisations." Ce délai est largement dépassé sans que les résultats attendus ne se soient produits. Force est, cependant, de constater que, grâce à la persévérance de notre ami Gilbert MONTAGNE et à la qualité des productions audiodécrites réalisées notamment par l’Association Valentin HAÜY, la situation est en pleine évolution. Les Présidents du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de TF1 sont venus personnellement visiter les studios d’enregistrement. Ils se sont montrés enthousiastes et décidés à aller rapidement de l’avant en ce domaine. Les possibilités offertes par la Télévision Numérique Terrestre (TNT) vont d’ailleurs dans le bon sens. Le CNPSAA prépare enfin un "standard de l’audiodescription" qui, nous l’espérons, sera repris par arrêté des ministères concernés.

Dans ces conditions, on peut raisonnablement penser que quelques centaines d’audiodescripteurs seront nécessaires pour rendre accessible les documents audiovisuels, pièces de théâtre, spectacles en tous genres. Plusieurs théâtres parisiens, le Puy du Fou en Vendée, proposent des représentations audiodécrites depuis déjà quelques années. La formation et le statut de ces professionnels restent à définir.

1. A – 3 L’accès aux nouvelles technologies.

a) Développeurs Spécialisés de Logiciels.

Dans tous les domaines, que ce soit pour l’exercice d’une activité professionnelle, ou dans la vie quotidienne, les logiciels mis à la disposition du grand public sont multiples, ils évoluent en permanence. Leurs concepteurs n’ont que très rarement la préoccupation de les rendre, dès l’origine, accessibles aux personnes handicapées, ce qu’il convient donc de faire ultérieurement. Cette opération s’avère souvent longue et coûteuse, d’autant que les développeurs spécialisés compétents en ce domaine sont trop peu nombreux : moins d’une dizaine pour la France entière. Si le coût de l’adaptation est supporté par l’AGEFIPH ou le FIPHFP lorsqu’il s’applique à un poste de travail, rien n’est actuellement prévu pour les logiciels de la vie quotidienne, qui concernent, par exemple, la comptabilité/gestion, la tenue d’agendas, certains jeux : autant de domaines auxquels nous revendiquons légitimement d’accéder comme tout citoyen.

Le CNPSAA demande depuis longtemps la constitution d’une base de données nationale des logiciels adaptés, mais, pour des raisons aisément compréhensibles, à l’exception d’une seule société privée (ACCESSOLUTION), toutes les entreprises ont refusé de nous communiquer la liste des adaptations réalisées par elles.

En tout cas, pour parvenir à une intégration satisfaisante des personnes atteintes d’un handicap visuel, il est déjà, et sera, de plus en plus indispensable de former de tels professionnels : trois ou quatre par région seraient sans doute nécessaires.

b) Formateurs à l’utilisation de logiciels et aides techniques.

Selon une enquête réalisée en 2003 par plusieurs organismes spécialisés, 85% des personnes interrogées, toutes déficientes visuelles confondues, utilisaient régulièrement l’informatique Ce taux est nettement supérieur à la moyenne nationale. Ceci s’explique aisément par le fait, que, grâce aux nouvelles technologies, nous avons aujourd’hui accès à l’information dans presque tous les domaines. Nous ne pouvons donc nous en passer. Cependant, le niveau de connaissance des utilisateurs est très varié, allant du totalement néophyte au spécialiste. Trop souvent, les aides techniques et les logiciels sont vendus sans aucune " prise en main " ou avec une formation nettement insuffisante.

Des clubs animés par des bénévoles dispensent, dans plusieurs villes de France, des initiations à l’informatique. Ils remportent partout un vif succès. Il conviendrait, cependant, que des professionnels (enseignants pour les jeunes scolarisés, formateurs pour les adultes) assurent ces formations qui, nous tenons à insister sur ce point, sont difficilement réalisables par des non spécialistes : travailler sans utiliser la souris mais uniquement les raccourcis clavier, expliquer la structure de l’écran, nécessite des compétences certaines qui dépassent celles de personnes bénévoles de bonne volonté ou même de simples techniciens de l’informatique. De tels enseignants spécialisés manquent cruellement, tant dans les établissements scolaires ordinaires ou adaptés, les centres de rééducation fonctionnelle comme de formation professionnelle, qu’au sein des associations pour les personnes plus âgées qui, dans leur vie quotidienne, souhaitent aussi utiliser l’informatique.

1.B) LES METIERS D’AIDE AU DEPLACEMENT.

a) Instructeurs de locomotion : se déplacer en toute sécurité.

Les instructeurs de locomotion sont des professionnels du domaine paramédical. Un diplôme a été créé par le Ministère de la Santé dans un souci d’assurer à l’usager un apprentissage de qualité qui lui permettra de se déplacer avec aisance, en sécurité, de la façon la plus autonome possible.

Les instructeurs de locomotion enseignent aux personnes totalement aveugles ou gravement déficientes visuelles les techniques compensatoires pour le déplacement : maniement de la canne blanche, utilisation de la mémoire et des repères fondés sur les différents sens, comptage de pas… La représentation spatiale est souvent difficile pour les " aveugles nés".

Si un diplôme existe, le statut des instructeurs de locomotion n’est pas clairement défini. On constate de grandes disparités de rémunération selon qu’ils sont employés dans le secteur public ou privé, et même, au sein du secteur privé, selon la Convention Collective en vigueur dans l’établissement. Ceci explique sans doute que ces professionnels sont en nombre cruellement insuffisant (environ 90 pour la France entière alors qu’il en faudrait quatre à cinq fois plus). 9 à 12 sont actuellement formés chaque année par l’APAM-formation. Les établissements médico-sociaux (IME, IMPRO, ESAT, Centres de Formation Professionnelle), comme les associations qui en manifestent le besoin dans leurs délégations locales, rencontrent les plus grandes difficultés pour recruter ce personnel.

Il conviendrait sans doute de modifier l’arrêté qui gère l’accès à cette profession, pour pouvoir mettre en place des formations en modules plus souples et augmenter ainsi le nombre de personnes formées en réduisant, sous certaines conditions, la durée et le coût. Certains modules de la formation pourraient être placés dans le champ des VAE, d’autres restant obligatoires.

b) Les moniteurs et éducateurs de chiens guides d’aveugles.

Les moniteurs reçoivent une formation courte avant leur entrée en fonction, qui porte notamment sur l’éducation canine et une initiation à la déficience visuelle. Ils sont chargés d’éduquer le futur chien guide au harnais pendant trois ou quatre mois et préparent ainsi le travail aux éducateurs. Une réflexion est en cours actuellement pour élaborer une formation plus longue qui les préparerait à la formation d’éducateur et entraînerait une évolution de ce métier.

Les éducateurs de chiens guides d’aveugles doivent être titulaires du titre d’éducateur enregistré au Répertoire national de la Certification Professionnelle sous le code NSF 212t (enregistré de niveau III). Actuellement, cinquante personnes ont obtenu ce titre et deux promotions sont en formation (15 personnes).

(Arrêté du 27 mars 2002 publié au Journal Officiel du 6 avril 2002 portant homologation de titres et diplômes de l’enseignement technologique. Arrêté du 30 mars 2007 publié au Journal Officiel du 21 avril 2007 portant enregistrement au répertoire national des certifications professionnelles).

La formation des éducateurs se déroule en alternance sur trois années. Elle est dispensée par une structure qui dépend de la FFAC. Leur rôle est quadruple :

- éduquer le chien guide, c’est-à-dire, lui apprendre à éviter les obstacles, à rechercher les passages protégés, escaliers, arrêts de bus, stations de métro, portes, boîtes aux lettres…

- apprendre au déficient visuel attributaire d’un chien guide à se servir de celui-ci, comprendre son comportement, le nourrir, le soigner, le détendre ;

- apprendre au maître et au chien les parcours qu’ils auront à emprunter régulièrement ;

- effectuer enfin un suivi régulier du maître et du chien pendant toute la durée de "l’équipe "

Le nombre de moniteurs et d’éducateurs de chiens guides d’aveugles n’est pas suffisant. Leur statut n’est pas adapté à leur profession. Il serait donc souhaitable d’en définir un plus spécifique, ce qui reste compliqué en raison du petit nombre de personnes concernées. On notera enfin une importante demande de passerelles du métier d’éducateur de chiens guides à celui d’instructeur de locomotion. Ce qui est aujourd’hui difficilement possible compte tenu des conditions d’accès au diplôme d’instructeur de locomotion.

1.C) LES METIERS D’AIDE A LA VIE QUOTIDIENNE

a) Les rééducateurs en activités de la vie journalière : AVJ.

Ces professionnels, parfois qualifiés aussi "d’avéjistes" ou " opérateurs en AVJ ", interviennent auprès des personnes aveugles ou déficientes visuelles, enfants ou adultes, pour les aider à retrouver un maximum d’autonomie dans la vie quotidienne. Tenir une maison, (ménage petit entretien), faire ses courses, cuisiner, laver, repasser, sont autant d’activités pour lesquelles il peut être nécessaire d’utiliser certains "trucs" pour éviter des dangers, d’adapter les appareils pour qu’ils deviennent faciles à utiliser, de poser des repères pour identifier des produits ou des couleurs par exemple. Reconnaître tactilement la monnaie et apprendre à signer n’est pas toujours aisé, tant pour des aveugles récents que pour des jeunes enfants atteints de cécité ou de graves déficiences visuelles. Le travail de ces professionnels recouvre toutes ces dimensions.

De plus, avant toute rééducation, il convient souvent de développer les capacités sensorielles, en particulier tactiles, et l’habileté gestuelle de l’apprenant.

Les "avéjistes" sont le plus souvent titulaires du Diplôme d’Etat d’Educateur Spécialisé ou de celui d’Ergothérapeute, complété par une formation spécifique peu connue, ce qui conduit de nombreux professionnels à faire de l’instruction en AVJ sans formation. Un DUFA (Diplôme Universitaire de Formation Adultes) est proposé par la FISAF et l’Université Paris XIII.

Il serait nécessaire d’informer de l’existence de ce métier et de cette formation, de donner aux professionnels les moyens d’y accéder dans le cadre de la formation continue. Il n’existe aujourd’hui que quelques 80 rééducateurs en activités de la vie journalière, une dizaine étant formée chaque année. Il en faudrait bien davantage pour répondre aux besoins, tant des établissements médico-sociaux, des centres de ressources qui aident les jeunes scolarisés en milieu ordinaire, des centres de rééducation fonctionnelle ou de formation professionnelle que des délégations locales des associations qui fournissent aux personnes âgées déficientes visuelles un soutien de proximité.

b) Les auxiliaires de vie scolaire : AVS.

Les AVS interviennent pour accompagner et aider individuellement ou collectivement les élèves handicapés scolarisés en milieu ordinaire dans les établissements de l’Education Nationale. Les AVS peuvent aider l’enfant à communiquer, à entrer en relation avec ses camarades, à utiliser du matériel adapté. Elles peuvent faciliter ses déplacements, relayer, au besoin, les consignes du professeur, etc.

A priori, l’accompagnement de l’enfant aveugle ou déficient visuel par un AVS ne s’impose pas. Il est impératif que chaque enfant ait un accompagnement par les professionnels spécialisés précédemment présentés, et ce, en nombre de séances et d’heures adéquat à ses besoins. En aucun cas, un AVS ne peut "faire fonction de" ou remplacer ces rééducateurs spécialisés. L’AVS est requis uniquement lorsque l’enfant déficient visuel est porteur de handicaps associés (moteur, intellectuel, etc.), et pour les fonctions relevant de son référentiel métier.

La scolarisation d’un enfant déficient visuel ne doit pas être conditionnée par la présence obligatoire d’un AVS : aucun enseignant ne peut refuser l’accueil d’un enfant au motif qu’il n’y a pas d’AVS.

Pour conclure, nous voudrions souhaiter que certaines formations initiales comprennent obligatoirement des unités de valeur ou des cours précis sur le handicap en général, sur les types de déficiences visuelles et les formations complémentaires existantes pour ce qui nous concerne spécifiquement. Tel devrait être le cas notamment :

- des formations initiales du secteur médico-social : AMP, aides soignantes, infirmières, moniteurs éducateurs, éducateurs spécialisés, psychomotriciens, psychologues…

- des formations aux métiers du livre qui devraient inclure une information sur les notions de littérature adaptée (braille, adaptations basse vision, modes d’enregistrements sonores) et sur l’économie de l’édition adaptée ;

- des formations aux métiers de l’informatique qui ne comprennent aucune sensibilisation à l’accessibilité numérique ;

- des formations aux métiers techniques et de conception d’objets de toutes sortes qui ne prennent pas en compte l’ergonomie du matériel adapté.

Nous avons noté avec satisfaction que, par arrêté du 5 novembre 2007, le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable impose dans les diplômes relevant des secteurs du bâtiment, des travaux publics, des transports et de l’urbanisme, une formation à l’accessibilité du cadre bâti aux personnes handicapées.

C’est un début, souhaitons que nos différentes propositions s’engagent sur la même voie.

Paris, le 13 décembre 2007

Philippe CHAZAL

Secrétaire Général du Comité National pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes (CNPSAA).

2) HANDISCOPE : LE PANEL DES PERSONNES HANDICAPEES, TNS SOFRES – EDF – LA POSTE

2. A) PRENDRE EN COMPTE VOS OPINIONS ET VOS ATTENTES.

Aujourd’hui, en France, comme vous, plus de 6 millions de personnes sont handicapées.

Parce que le handicap est source de difficultés importantes dans tous les domaines de la vie économique et sociale, EDF et La Poste, en collaboration avec TNS Sofres, ont souhaité mettre en place un outil d’interrogation régulière afin de :

- Mieux vous connaître et recueillir votre opinion sur différents sujets de la vie quotidienne et de la vie économique et sociale,

- Adapter leurs offres à vos attentes spécifiques, mesurer l’adéquation de leurs aménagements, de leurs produits ou services et les évolutions qu’il convient d’y apporter pour qu’ils soient facilement utilisables par tous.

Pour pouvoir répondre à ces problématiques et prendre en compte votre opinion, nous construisons un panel de personnes couvrant quatre grands types de handicap : auditif, visuel, moteur et mental.

2. B) QU’EST-CE QU’ETRE PANELISTE ?

Devenir panéliste, c’est la possibilité de nous donner votre avis.

Vous serez consulté par TNS Sofres quelques fois dans l’année sur des thématiques variées. Vous pourrez répondre à nos questions par Internet, par téléphone ou par courrier, selon votre préférence.

Pour vous remercier de votre participation, vous recevrez des points cadeaux qui vous donneront droit à des chèques cadeaux valables dans de nombreux magasins.

2. C) LE RESPECT DE LA VIE PRIVEE

Nous attirons votre attention sur le soin que nous portons à garantir la confidentialité de vos réponses :

- Toutes les informations dont les collaborateurs de TNS Sofres ont connaissance dans l’exercice de leur profession sont couvertes par le secret professionnel auquel ils sont astreints,

- L’anonymat de vos réponses est toujours assuré car elles sont traitées statistiquement et jamais de façon personnalisée,

- Aucun fichier client ne sera construit à partir de vos réponses : vous ne serez jamais démarché commercialement suite à votre participation au panel.

2. D) COMMENT PARTICIPER AU PANEL « HANDISCOPE » ?

Pour devenir panéliste, il vous suffit de nous contacter par le moyen que vous préférez :

- par mail : handiscope@tns-sofres.com

- par téléphone (N° vert, gratuit depuis un poste fixe) : 0800 881 634

- Par courrier :

TNS Sofres – Panel « Handiscope »

138, avenue Marx Dormoy

92129 Montrouge Cedex

3) REPONSE A LA QUESTION ECRITE SUR LA FRANCHISE POSTALE

M. Jean-Michel Fourgous attire l’attention de Mme la Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi sur la question de la franchise postale s’appliquant à ce qu’il est convenu d’appeler des cécogrammes.

En vertu de conventions de l’Union Postale Universelle pour le régime international et de textes anciens pour le régime intérieur, une franchise postale est accordée, à l’exception de la surtaxe aérienne, aux cécogrammes. Il s’agit, d’une part, de documents en écriture braille (lettres, colis de livres), d’autre part du papier braille et matériel spécialisé expédié par les associations qui en assurent la vente ; enfin, cette franchise s’applique aux associations agréées chargées de diffuser des livres parlés quel qu’en soit le support (cassettes audio, CD).

La séparation de l’Etat et de La Poste en 1991, sans remettre en cause ce principe, en a, peu à peu, rendu l’application difficile. En effet, depuis le 1er juillet 1997, en vue d’obtenir le remboursement de cette charge de service public par l’État, La Poste fait remplir aux associations qui expédient du braille et des livres parlés des bordereaux estimatifs du prix de cet acheminement. Or, jusqu’à présent, cette formalité n’était accomplie qu’au départ des ouvrages vers le domicile des usagers. Depuis quelques mois, certaines directions départementales de La Poste exigent une signature pour tout colis de livres parlés expédié par un usager lorsqu’il arrive aux associations de déficients visuels, ce qui pose de nombreux problèmes pratiques à leurs responsables. De même, alors que les lettres ou revues en braille pouvaient être déposées par les particuliers dans toutes les boîtes aux lettres, il est devenu courant qu’elles soient renvoyées à leur expéditeur afin qu’il se rende dans un bureau de poste pour remplir un tel bordereau.

Ces tracasseries remettent en cause la franchise postale, droit auquel les personnes déficientes visuelles et leurs associations représentatives sont particulièrement attachées ; il en va en effet de leur droit au savoir, à la culture et aux loisirs, tant les colis de livres en braille ou parlé sont lourds et tant leur acheminement serait onéreux aussi bien pour les particuliers que pour les associations, qui ne pourraient supporter cette charge supplémentaire.

Il l’interroge sur les questions suivantes : l’État rembourse-t-il effectivement à La Poste le surcoût entraîné par cette charge de service public ? Si oui, quel est le montant de ce remboursement pour les trois dernières années ? La franchise postale s’étend-elle aux envois en recommandé simple et aux envois en recommandé avec accusé de réception, les pratiques entre les différents bureaux de poste étant très différentes sur ce point ? Quel est le champ d’application de l’obligation de remplir un bordereau, tant pour les documents sonores, que pour les envois en braille par les associations et par les particuliers ? Il lui demande enfin si les directives communautaires en préparation prévoient correctement le maintien de cette franchise postale, comme obligation de service universel.

La Convention de l’Union Postale Universelle prévoit dans son article 7-3 que les cécogrammes sont exonérés de toutes taxes postales, à l’exclusion des surtaxes aériennes.

La directive 97/67/CE du Parlement européen et du Conseil du 15 décembre 1997, concernant des règles communes pour le développement du marché intérieur des services postaux de la Communauté et l’amélioration de la qualité du service modifiée en 2002, fait également référence au service postal gratuit pour les aveugles en autorisant des dérogations pour les Etats membres aux limites de poids et de prix pour le secteur réservé.

Enfin, la proposition de 3me directive postale présentée par la Commission dispose que « les Etats membres peuvent maintenir ou introduire des services postaux gratuits pour les personnes aveugles et malvoyantes ».

Le décret n° 2007-29 du 5 janvier 2007 relatif au service universel postal et aux droits et obligations de la Poste, qui transpose la directive précitée dans le droit national, prévoit que le « service universel postal comprend dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé des postes, des services d’envois de cécogrammes à titre gratuit en envoi ordinaire ou en recommandé ». Les services du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi travaillent actuellement à mettre en place un cadre juridique adapté en liaison avec La Poste et les départements ministériels concernés. Ce texte fixera notamment les (types d’organismes pouvant prétendre à l’envoi des cécogrammes. Il appartiendra ensuite à La Poste d’organiser les modalités du service avec les clients.

Conformément aux dispositions du décret susvisé qui indique que « les prestations fournies par La Poste à l’Etat ou sur la demande de l’État à un tiers, sont rémunérées aux tarifs en vigueur », l’Etat rembourse La Poste pour le service gratuit de l’envoi des cécogrammes par l’intermédiaire d’une subvention imputée sur les crédits du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi. La subvention est versée annuellement, au vu des factures présentées par La Poste.

Le montant des remboursements des années 2003-2004-2005 a été versé globalement à La Poste en 2006, il s’élève à 5,7 ME pour l’année 2007. Le paiement de 2007, correspondant au trafic des cécogrammes en 2006, s’élève à 1,659 ME.

Dans l’attente du décret, qui fixera les modalités d’accès pour les associations à la franchise postale, La Poste continue d’appliquer la franchise postale aux dépôts faits par les associations.

4) LA FRANCHISE POSTALE MISE EN DANGER PAR LE CONSEIL DE L’UNION EUROPEENNE ET LE PARLEMENT (1er FEVRIER 2008)

L’Union Européenne des Aveugles (UEA) déplore le refus du Parlement Européen à garantir le maintien de la franchise postale pour les aveugles.

Le 31 janvier 2008, en Seconde Lecture de la Directive Postale, le Parlement Européen a voté l’Amendement 18* par 321 voix contre 320 mais a rejeté l’Amendement 19** par 298 voix contre 335.

Ces deux résultats nous sont défavorables puisque l’approbation d’un amendement en Seconde Lecture nécessite la majorité absolue non pas des voix exprimées mais de l’ensemble des parlementaires.

L’Union Européenne des Aveugles, qui représente l’ensemble des handicapés visuels d’Europe, est indignée par ce résultat. Nous avons été choqués par l’opposition forcenée des opérateurs et de certains milieux parlementaires. En particulier le Rapporteur Markus Ferbert a refusé de prendre en compte l’importance capitale que les amendements 18 et 19 revêtent pour l’ensemble des aveugles et malvoyants d’Europe : "Si l’on doit accorder la franchise postale pour les aveugles, alors pourquoi pas aux utilisateurs de fauteuils roulants ?", a-t-il déclaré en séance plénière !

On sait pourtant que la franchise postale existe parce qu’il nous est plus difficile et coûteux qu’aux personnes voyantes d’avoir accès aux informations et aux biens. Ces barrières, Monsieur Ferber le sait, sont spécifiques aux aveugles et établir une comparaison avec les personnes en fauteuil roulant est déplacé.

Bien que profondément déçus, nous savions qu’il était difficile de faire adopter des amendements en Seconde Lecture. Mais l’ampleur des voix qui se sont exprimées hier en notre faveur montre que nous avons su mobiliser et qu’un grand nombre de parlementaires ont pris conscience de l’importance de la franchise postale pour les personnes aveugles ou malvoyantes.

L’accès à l’information est un droit disposé dans la Convention des Nations Unies pour la Protection des Droits des Personnes Handicapées. Ce vote ne fait que renforcer la détermination de l’UEA et de ses membres pour continuer à défendre le maintien de la franchise postale dans le contexte de l’ouverture totale du marché postal européen à la concurrence d’ici 2009.

A propos de l’Union Européenne des Aveugles

Fondée en 1984, l’Union Européenne des Aveugles (UEA) est une organisation non gouvernementale européenne à but non lucratif. Elle constitue l’espace régional Europe au sein de l’Union Mondiale des Aveugles et se veut la seule organisation à représenter l’ensemble des personnes aveugles et malvoyantes vivant en Europe et à promouvoir leurs intérêts. L’UEA compte actuellement 45 pays membres, chacun d’entre eux étant représenté au sein de l’Organisation par une délégation nationale. Elle est dirigée par un Comité Exécutif de 13 membres élus. Ces derniers rendent compte des activités de l’Organisation à une Assemblée Générale qui se tient tous les quatre ans.

* Amendement 19

ARTICLE 1, POINT 14, POINT (A) Article 12, alinéa 1 (Directive 97/67/CE)

« Les États membres assureront des services postaux gratuits pour les personnes aveugles et malvoyantes. »

** Amendement 18

L’Amendement 26 réfère au Considérant du 23 et précise :

(23) Vu l’importance des services postaux pour les consommateurs aveugles et malvoyants, il est proposé de confirmer que le processus d’ouverture du marché ne devrait pas empêcher la poursuite de la fourniture de certains services gratuits qui ont été introduits par les États membres pour les aveugles et les malvoyants.

5) STAGES GRATUITS : « DESSIN EN RELIEF ET COMMUNICATION GRAPHIQUE »

Date limite d’inscription : 5 jours avant chaque stage

La Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris, associée à l’INSHEA et au Musée du Louvre depuis dix ans organisent des stages gratuits sur 4 niveaux de deux jours chacun sur l’approche de la lecture tactile.

Ils s’adressent à toutes les personnes handicapées visuelles adultes ainsi qu’aux accompagnateurs voyants intéressés à s’initier au décryptage des images qui permettent de lire un grand nombre d’informations sous les doigts.

Comme tout langage, l’image est soumise à des règles d’expression. La maîtrise de certaines d’entre elles permet, aux personnes privées de la vue partiellement ou totalement, de se construire les formes diverses qui leur échappent : volumes d’objets, tailles, minuscules ou immenses comme des bâtiments. Ces stages leur permettent aussi de discerner les expressions des visages, de comprendre des fonctionnements techniques, de décoder diverses symboliques.

En effet, l’objectif est de donner la possibilité de répondre concrètement aux questions habituelles que la personne handicapée visuelle se pose : « cette chose qui se nomme ainsi, qu’est ce que c’est ? Comment est-elle ? Comment fonctionne-t-elle ? Où est-elle ? »

Aucune connaissance graphique préalable n’est requise. Ces formations s’appuient sur une réflexion ergonomique et cognitive spécifique ; tous les documents et objets sont conçus pour convenir à une lecture tactile ou de basse vision.

Deux sessions de stages sur trois niveaux et un stage quatrième niveau sont proposés :

- Niveau 1 : Les représentations d’objets tridimensionnels, ceux du quotidien et de l’architecture : 21-22 janvier et 18-19 février
- Niveau 2 : Les représentations du corps humain à travers les âges et l’histoire de l’ art : 7-8 avril et 14-15 avril
- Niveau 3 : Représentation des expressions de visages humains réels et artistiques : 13-14 mai et 19-20 mai
- Niveau 4 : Atelier de dessin et de modelage ou chaque stagiaire exécute les démarches de représentation en 2 et 3 dimensions : 23-24 juin

Le programme des stages est détaillé à la fin de ce message.

Information et inscription : Hoëlle Corvest : 01.40.05.75.35 h.corvest@cite-sciences.fr

Informations pratiques : Lieu : Cité des Sciences et de l’Industrie Accès : métro Porte de la Villette, descendre en queue de train pour la sortie débouchant au pied du parvis, monter quelques volées d’escalier, traverser le parvis et se présenter à l’accueil général Horaires : 9H30-17H00

Programme détaillé des stages de dessin en relief et communication graphique :

Ces stages, répartis sur quatre niveaux, initient aux bases de la lecture des images utilisées dans divers domaines de l’information et de la communication.Citons par exemple : les graphiques présents dans les journaux, les plans d’architecture, des représentations d’objets, d’œuvres d’art. Le contenu du programme s’appuie sur des documents et des activités conçus en fonction d’une ergonomie de lecture tactile et de basse vision.

Niveau 1 : les représentations d’objets tridimensionnels, ceux du quotidien et de l’architecture

L’approche du langage graphique s’organise autour de trois axes qui favorisent une plus grande maîtrise de la lecture de l’image et de son utilisation dans la communication :

- les stratégies de lecture. Il s’agit d’apprendre à décoder une image en relief.

Cette lecture, d’abord globale, s’affinera par le repérage des indices pertinents permettant de construire la signification du document graphique.
- l’interprétation de l’information dans les codes graphiques. Il s’agit d’apprendre à reconnaître le sens des symboles et des signes usuels utilisés dans différents contextes graphiques afin d’atteindre une pertinence de lecture de documents imagés. Exemples : organigrammes, schémas de météo, signalétique urbaine, plans.
- la représentation d’objets. On appréhendera les différentes solutions adoptées au cours de l’histoire pour représenter les objets dans les 2 dimensions du dessin. Exemples : la projection des Egyptiens, la perspective, le dessin technique...

Niveau 2 : Les représentations du corps humain à travers les âges et l’histoire de l’art

L’objectif est de permettre d’identifier les modalités de représentation des attitudes posturales du corps humain : face, profil, éléments du corps, raccourcis, ellipses. Après avoir repéré les représentations des stylistes de mode, on abordera :
- celles des enfants,
- celles des égyptiens à partir des bas reliefs des mastabas,
- celles des grecs à propos des scènes sportives présentées sur les figures rouges des vases,
- et celles des traitements des nus féminins et masculins de la peinture occidentale du XV au XIXème siècle. Les lectures graphiques alterneront avec des activités pratiques permettant une relation progressive entre 3 D et 2 D.

Niveau 3 : Représentation des expressions de visages humains réels et artistiques

A partir de six expressions universelles, on aborde la représentation des expressions du visage. Différentes solutions de représentation de sentiments seront analysées :
- les dessins de Le Brun pour l’Académie de Peinture (issus de son traité des passions),
- les caricatures
- et les bandes dessinées.

Niveau 4 : Atelier de dessin et de modelage où chaque stagiaire exécute les démarches de représentation en 2 et 3 dimensions.

Ce stage s’inscrit dans la continuité des 3 premiers niveaux. Cet atelier de la pratique du dessin répond à la demande exprimée par de nombreux stagiaires handicapés visuels désireux d’acquérir des notions et des méthodes pour réaliser des dessins selon une démarche raisonnée. L’ensemble des exercices donnera lieu successivement à des activités graphiques en 2 D et à des réalisations en volume 3D. Les exercices de tracés en 2D et de modelage en 3D constitueront un parcours progressif. Ils s’appuieront autant sur des représentations d’objets du quotidien que de bustes de styles variés : classiques ou issus de la bande dessinée.

6) LE MISANTHROPE DE MOLIERE EN AUDIODESCRIPTION A LA COMEDIE FRANCAISE

Mise en scène : Lukas Hemleb.

Le Misanthrope. Alceste ne négocie pas. Il condamne avec véhémence la société qui l’entoure, celle des hommes civilisés mais néanmoins barbares. Pourtant il devra payer son idéal de vérité au prix d’un paradoxe douloureux : il aime Célimène, la femme qui incarne par excellence la mondanité.

La Comédie Française met en scène cette comédie de mœurs dans un décor résolument moderne où les comédiens de la troupe, avec une énergie remarquable, donnent à entendre une critique virulente, et toujours d’actualité, de la nature humaine.

REPRESENTATIONS avec casque d’audiodescription

Dimanche 23 mars à 14h

Vendredi 4 avril à 20h30

Lundi 14 avril à 20h30

Dimanche 27 avril à 20h30

INFORMATIONS PRATIQUES

Comédie Française

1 Place Colette

75001 PARIS

Accès

Métro ligne 1 Palais Royal - Musée du Louvre

Bus 21, 27, 39, 68, 95

Tarifs réduits

Catégorie A : 25 euros

Catégorie B : 18 euros

Catégorie C : 9 euros

RESERVATION

Lors de votre réservation, nous vous demandons d’indiquer le nombre de casques d’audiodescription nécessaires.

Téléphone : 0 825 10 1680 (0,15 euros TTC la minute)

Email : flavien.moglia@comedie-francaise.org

Fax : 0 826 80 1680 (0,15 euros TTC la minute)

Courrier : Comédie-Française, Location, B.P 2141, 75021 Paris Cedex 01 (jusqu’à deux semaines avant la représentation, sur papier libre en joignant votre règlement par chèque à l’ordre de la Comédie Française ainsi qu’une enveloppe longue timbrée et libellée à vos nom et adresse.)

Informations avec Accès Culture

Téléphone : 01 53 65 30 74

Email : accesculture@magic.fr

Télécopie : 01 53 65 31 59

Site : www.accesculture.org

7) RECRUTEMENTS TH DANS LA BANQUE

DISPOSITIF HANDIFORMABANQUES

Un petit rappel sur l’opération Handiformabanques : n’hésitez pas à envoyer encore des candidatures jusqu’au 13 février.

L’Agence Handipass s’est engagée dans une action de recrutement destinée à recruter des demandeurs d’emploi handicapés sur des postes de télé-conseillers dans le secteur bancaire. Cette opération traduit une collaboration avec HANDIFORMABANQUES, association créée en 2007, qui bénéficie du soutien des grands réseaux bancaires (Barclays, BNP Paribas, HSBC, La Banque Postale, LCL et la Société Générale) afin de faciliter le recrutement de personnes handicapées.

Dans ce cadre, l’ANPE a pour mission de présenter des candidats qui bénéficieront d’un parcours de formation et d’intégration en entreprise (action de pré-qualification dispensée par l’AFPA – 6 semaines – puis embauche en contrat de professionnalisation avec formation AFPA et Centre de Formation de la Profession Bancaire – environ 500 heures).

En Ile de France la première session de recrutement concernera 17 postes de télé-conseillers

Offre n° 593617N

Niveau : CAP/BEP acquis (exigé) Pas de critère d’âge

Comment adresser les candidatures :

Les candidats intéressés adressent un CV + une lettre de motivation + la copie du justificatif de personne handicapée à l’Agence HANDIPASS :
- par mail à eric.de-naurois@anpe.fr ou
- par courrier à l’attention de Monsieur Eric de NAUROIS : 3 rue des Nanettes - 75011 PARIS

Toute candidature adressée directement à HANDIFORMABANQUES ne sera pas traitée.

Les candidats seront inscrits et convoqués à une réunion d’information collective à HANDIPASS les 18, 19 ou 20 février qui se déroulera en présence d’un représentant d’HANDIFORMABANQUES. A l’issue de cette réunion un rendez vous individuel sera proposé.

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