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Confédération Française pour
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Arrêté du 2 août 2006 relatif à la composition et aux modalités de fonctionnement de la commission de labellisation des centres d’éducation des chiens-guides d’aveugles ou d’assistance ainsi qu’aux critères techniques de labellisation desdits centres

Table des matières :

Article 1 - Composition de la Commisison

Les membres de la commission prévue à l’article D. 245-24-1 du code de l’action sociale et des familles sont nommés par arrêté conjoint du ministre chargé des personnes handicapées et du ministre chargé de l’agriculture.

Elle comprend :

- le directeur général de l’action sociale au ministère de la santé et des solidarités ou son représentant, président ;

- le directeur général de l’alimentation au ministère de l’agriculture et de la pêche ou son représentant ;

- le directeur général de l’enseignement et de la recherche au ministère de l’agriculture et de la pêche ou son représentant ;

- un inspecteur pédagogique et technique des établissements pour déficients visuels au ministère de la santé et des solidarités ;

- deux représentants des usagers des chiens d’assistance, dont l’un désigné par l’Association des paralysés de France et l’autre par l’Association française contre les myopathies ;

- deux représentants des usagers des chiens-guides d’aveugles, dont l’un désigné par le Comité national pour la promotion sociale des aveugles et des amblyopes et l’autre par l’Association nationale des maîtres de chiens-guides d’aveugles ;

- deux personnalités qualifiées en matière d’aide animalière, dont l’une compétente dans le domaine des chiens d’assistance et l’autre dans celui des chiens-guides d’aveugles.

Pour chaque représentant des usagers ainsi que pour chaque personnalité qualifiée, il est nommé un membre suppléant.

Article 2 -Fonnctionnement de la Commission

Les membres de la commission sont nommés pour une période de trois ans renouvelable.

Le secrétariat de la commission est assuré par la direction générale de l’action sociale.

La commission se réunit obligatoirement au moins une fois par an sur convocation de son président ou à la demande des trois cinquièmes de ses membres.

Les décisions sont prises à la majorité simple des membres présents.

En cas de partage des voix, la voix du président est prépondérante.

La commission se dote d’un règlement intérieur qui fixe notamment les règles de quorum.

Article 3 - Dossier de labellisation

La commission rend un avis concernant la labellisation des centres d’éducation de chiens d’assistance et des centres d’éducation de chiens-guides d’aveugles, au vu du dossier déposé par chaque centre, après avoir vérifié que celui-ci remplit les conditions prévues à l’article D. 245-24-2 du code de la famille et de l’action sociale et les critères techniques figurant à l’annexe 1 du présent arrêté et en ce qui concerne les centres d’éducation des chiens d’assistance aux conditions de l’annexe 2.

Le dossier de demande comporte les pièces suivantes :

- une lettre de la personne morale habilitée à solliciter le label ;

- un document attestant de la raison sociale du centre ou de son organisme gestionnaire, avec communication des statuts et de la liste des membres du conseil d’administration s’il s’agit d’une association, et précisant la dénomination du centre et son adresse et celle de son organisme gestionnaire ;

- les noms et prénoms du responsable administratif et, s’il y a lieu, du directeur technique du centre ;

- pour les centres ayant au moins un an d’existence, un rapport d’activité et un rapport financier du centre et, s’il y a lieu, de l’organisme gestionnaire pour l’année précédant celle de la demande ;

- l’ensemble des éléments permettant de justifier le respect des conditions prévues aux articles D. 245-24-2 et D. 245-24-3 du code de l’action sociale et des familles ainsi que des critères techniques prévus à l’annexe 1 du présent arrêté.

Table des matières

Article 4 - Les Educateurs

Pour bénéficier du label, les centres d’éducation de chiens-guides d’aveugles ou les organismes gestionnaires de ces centres doivent employer comme éducateur de chiens-guides d’aveugles des personnes titulaires du titre 212 T prévu par l’arrêté du 27 mars 2002.

Ils peuvent également employer des éducateurs non titulaires de ce titre qui ont un délai de cinq ans à compter de la date de publication du présent arrêté pour satisfaire à l’obligation de détention du titre susmentionné.

Article 5 - Dérogations

En application de l’article 2 du décret n° 2005-1776 du 30 décembre 2005, les centres d’éducation de chiens d’assistance ou les organismes gestionnaires de ces centres doivent employer comme éducateurs de chiens d’assistance des personnes titulaires d’une attestation de formation délivrée par l’association dénommée « Handi’chiens » sanctionnant les connaissances définies à l’annexe 2.

Ils peuvent également employer des éducateurs non titulaires de cette attestation qui ont un délai de cinq ans à compter de la date de publication du présent arrêté pour satisfaire à l’obligation de détention de cette attestation.

Article 6

Le directeur général de l’action sociale au ministère de la santé et des solidarités, le directeur général de l’alimentation et le directeur général de l’enseignement et de la recherche au ministère de l’agriculture et de la pêche sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Article Annexe

A N N E X E 1 - CRITÈRES TECHNIQUES DE LABELLISATION DES CENTRES D’ÉDUCATION DES CHIENS-GUIDES D’AVEUGLES OU D’ASSISTANCE

Chapitre 1er

Dispositions communes aux centres d’éducation des chiens-guides d’aveugles et aux centres d’éducation des chiens d’assistance

I. - Principes généraux

Un centre d’éducation de chiens doit :

- avoir pour objet de remettre et suivre gratuitement les chiens qu’il forme aux personnes handicapées aptes à utiliser leurs services, une participation aux frais de stages peut toutefois être demandée ;

- disposer de la personnalité morale et faire l’objet d’une comptabilité propre ;

- s’il fait appel à la générosité du public, garder le contrôle de la collecte de fonds, des messages émis, et s’interdire d’effectuer des démarchages à domicile, directement ou par téléphone ;

- respecter les dispositions réglementaires relatives à l’accueil et à la santé des chiens et celles relatives aux établissements recevant du public.

Il peut percevoir des aides, des subventions publiques ou privées.

Le chien reste la propriété du centre qui a assuré son éducation tant qu’il est en activité.

Le maître doit s’acquitter d’une assurance responsabilité civile applicable aux chiens d’utilité. S’il y avait manquement à cette obligation, après une mise en demeure préalable du maître, non suivi d’effet, le centre peut retirer le chien provisoirement ou définitivement.

Toute action de promotion avec la participation d’un demandeur ou d’un maître de chien ne peut se faire qu’avec son consentement écrit.

II. - Services techniques

Le centre doit être en mesure d’accueillir simultanément au moins cinq chiens.

Chaque chien doit disposer d’installations conformes aux règles sanitaires et de protection animale.

Le centre doit disposer en outre d’un espace clos d’au moins 500 m² ainsi que d’une pièce destinée à la préparation de la nourriture, au stockage des aliments et aux soins et toilettage des chiens.

Le centre doit disposer d’un local administratif comportant un secrétariat où sont archivés les dossiers des demandeurs ainsi qu’une salle de réunion.

Le centre d’éducation doit assurer la surveillance des chiens et le gardiennage de nuit.

III. - Personnel du centre

Le centre d’éducation de chiens doit disposer d’une personne responsable du fonctionnement administratif du centre et de deux éducateurs remplissant les conditions définies aux articles 4 et 5 du présent arrêté dont l’un peut être en cours de formation.

Il doit disposer d’un directeur technique s’il emploie plus de cinq éducateurs.

IV. - Personnes apportant leur concours

au fonctionnement d’un centre

Le centre doit s’assurer le concours d’un vétérinaire et d’un médecin. Il peut, en tant que de besoin, s’assurer du concours d’un psychologue, d’un travailleur social et, pour les centres de chiens-guides, d’un instructeur en locomotion diplômé.

V. - Matériel

Le centre doit disposer du matériel indispensable à la préparation de la nourriture, à l’éducation, à l’entretien, aux soins et au transport des chiens.

Il doit disposer de matériel de bureau et de communication et de matériel audiovisuel.

Il doit disposer d’un moyen de communication d’urgence avec le gardien.

Chapitre 2

Dispositions relatives aux centres d’éducation

de chiens-guides d’aveugles

Le but des centres d’éducation de chiens-guides d’aveugles est de remettre aux personnes handicapées visuelles des chiens-guides de la meilleure qualité possible, et qui correspondent le mieux aux besoins de chacune d’elle. La personne aveugle ou malvoyante doit pouvoir, avec son chien-guide, circuler facilement et en sécurité.

La formation de l’équipe « personne aveugle - chien-guide » s’organise en plusieurs temps :

- l’éveil du chiot en élevage, jusqu’à 2 mois ;

- la prééducation du chiot en famille d’accueil, de 2 mois à 1 an ;

- l’éducation du chien en centre, pour une durée de 6 mois ;

- la formation et le suivi de l’équipe « personne aveugle - chien-guide », jusqu’à la mise en retraite du chien.

Ces durées peuvent varier en fonction du chien à éduquer.

Le centre doit proposer, à proximité immédiate de ses locaux, une solution d’hébergement aux stagiaires permettant une intervention rapide en cas de difficulté de ceux-ci. Lorsque le centre assure lui-même l’hébergement du stagiaire, celui-ci doit disposer d’une chambre équipée de sanitaires pouvant accueillir un couple et avoir accès à une salle commune.

I. - Le chien-guide d’aveugles

1. Aptitudes et qualités du chien-guide d’aveugles

Le chien-guide doit pouvoir guider son maître avec une sécurité maximale sur tous les parcours que celui-ci désire effectuer en évitant les obstacles et en répondant à des ordres usuels.

2. Critères de base

a) Qualités physiques :

- d’une taille de 50 à 70 cm au garrot ;

- physiquement sain, bonne conformation, équilibre, vigueur et allure égale ;

- aspect agréable, fourrure facile à entretenir selon les capacités du maître ;

- remis à partir de 15 mois selon l’évolution du chien et les capacités du maître.

b) Qualités comportementales :

- équilibré, sociable, réceptif, capable d’initiative et de complicité avec son maître ;

- désireux de plaire, répondant à la voix humaine, recherchant la présence humaine sans être pour autant envahissant ;

- capable de développer une bonne concentration, de s’adapter aux changements de l’environnement, peu d’instinct de chasse, ni hyperactif, ni apathique.

c) Critères de santé :

- en excellente santé, exempt de tares invalidantes, stérilisé, muni de son carnet comportant tous les renseignements sur le suivi médical ;

- les chiens doivent pouvoir être suivis par un centre d’éducation de chiens-guides d’aveugles de leur prise en charge à la fin de leur travail de guide, avec un programme de surveillance spéciale lorsqu’ils cessent leur activité de chien-guide ;

Ils doivent être issus d’une sélection favorisant une bonne santé. Ils auront subi un bilan général sous la responsabilité du centre d’éducation de chiens-guides d’aveugles.

3. Ce que doit savoir faire le chien-guide d’aveugles

en fin d’éducation

a) Etre correctement socialisé :

- au travail : être concentré, attentif à son environnement et à son maître, motivé, détendu à la marche ;

- en compagnie : rester calme, ne pas tirer en laisse, rester à une place sur demande ;

- en détente : rester dans un périmètre raisonnable, être attentif au rappel, conserver un comportement socialement correct ;

- propreté : savoir faire ses besoins dans le caniveau ou s’adapter.

b) Obéir à des ordres brefs et clairs de :

- départ, arrêt, allure ;

- direction et demi-tour ;

- recherche : porte, siège, passage piéton, escalier, escalier mécanique, abribus, caisse ou guichet d’un commerce et en fonction des besoins du maître, bouche de métro, tourniquet de compostage, cabine téléphonique, boîte aux lettres, distributeur de billets ;

- attention ;

- interdiction.

c) Avoir l’initiative de :

- s’adapter aux trottoirs : le chien doit garder l’axe au milieu, ralentir aux modifications du trottoir, par exemple lors d’un rétrécissement ou d’un échafaudage, et s’arrêter aux bords de la chaussée ;

- signaler et éviter les obstacles : obstruant partiellement ou totalement le trottoir comme les trous ou les travaux, ainsi que ceux en hauteur comme les panneaux ou mobiles comme les passants ;

- « désobéir » en cas de danger.

d) Savoir, dans les cas particuliers suivants :

- traversées de rues : marquer l’arrêt à la descente et à la remontée sur les trottoirs, ainsi que sur le terre-plein central pour les traversées en deux temps. En l’absence de passage piétons, effectuer une traversée en sécurité en entrant dans la rue ;

- lieux publics : occuper la place désignée, ne pas marcher sur les pelouses ;

- transports publics : s’adapter au type de montée et descente du véhicule, se mettre à l’endroit désigné par le maître, être habitué à la muselière si nécessaire ;

- à la campagne : en l’absence de trottoir, longer les bords de la route, à droite ou à gauche, et marquer l’arrêt aux intersections, ne pas réagir aux autres animaux.

4. Validation du chien

Avant la remise d’un chien à une personne handicapée, le centre d’éducation de chiens-guides d’aveugles donne à la personne handicapée visuelle un document attestant que le chien a été éduqué dans un centre labellisé par un éducateur qualifié et que le chien est apte à remplir son rôle.

II. - La famille d’accueil

1. Définition de la famille d’accueil

La famille d’accueil, dans son ensemble, s’engage bénévolement à socialiser, selon des données fournies par le centre d’éducation de chiens-guides d’aveugles, un chiot qui lui est confié de l’âge de 8 semaines à 12 mois et plus si nécessaire.

Des chiens en éducation, de 12 à 18 mois environ, qui sont rentrés au centre d’éducation de chiens-guides d’aveugles pour leur formation peuvent également être confiés à sa famille d’accueil pour les week-ends et les vacances.

Il importe que la famille d’accueil assure au chiot stabilité et équilibre pour un bon développement psychologique.

La socialisation du chiot comprend l’accès à un maximum de lieux qu’il sera amené à fréquenter plus tard avec son maître aveugle ou malvoyant : transports publics, commerces, bureaux, administrations.

2. Critères exigés

Disponibilité et nécessité d’une présence constante les premiers mois.

Situation géographique adéquate suivant la région, à une distance raisonnable permettant des contacts fréquents avec le centre d’éducation de chiens-guides d’aveugles.

Facilité de déplacement du tuteur désigné dans la famille d’accueil, qui devra amener le chiot au centre d’éducation de chiens-guides d’aveugles pour des séjours.

Sens du bénévolat, motivation et désir d’appliquer les consignes données par le centre d’éducation de chiens-guides.

Environnement adéquat : le chiot doit pouvoir jouir d’un espace suffisant dans l’habitation et bénéficier d’un endroit qui lui est imparti sans qu’il soit dérangé. S’il y a un jardin, il doit être clos.

La présence d’enfants est conseillée à la condition qu’un adulte veille et fasse en sorte que leurs rapports avec le chiot soient harmonieux ; de même, la présence d’autres animaux n’est pas déconseillée, sauf dans le cas de sujets souffrant de troubles du comportement.

3. Recrutement de la famille d’accueil

Lorsque la famille d’accueil a effectué une prise de contact avec le centre d’éducation de chiens-guides, il lui est adressé une documentation détaillée sur le centre d’éducation et les conditions d’accueil des chiots, ainsi qu’un questionnaire qui permet de vérifier si les critères sont réunis et si la candidature peut être retenue.

Avant toute prise de décision, un entretien avec l’ensemble de la famille doit avoir lieu, ainsi qu’une visite à domicile.

4. Modalités de remise du chiot

Le chiot est remis identifié et vacciné. Cette remise se fait soit au centre, soit au domicile de la famille d’accueil.

Le tuteur du chiot signe un contrat de famille d’accueil et reçoit une première formation personnalisée ainsi que le carnet de vaccination du chiot.

Le choix du chiot est fait en fonction de son tempérament et des caractéristiques de la famille d’accueil. Il peut y avoir échange ou retrait si besoin est.

5. Age du chiot

Minimum 8 semaines au moment de l’arrivée dans la famille d’accueil.

6. Contrat de famille d’accueil

C’est un contrat mentionnant les caractéristiques du chiot : nom, date de naissance, sexe, robe, identification, signé par le responsable du centre et le tuteur.

Ce contrat rappelle :

- les engagements du tuteur, quant à l’hébergement, la nourriture et les soins à fournir au chiot, notamment en ce qui concerne les vaccinations et les vermifuges ;

- les engagements du centre, propriétaire du chiot, quant à la prise en charge des frais d’alimentation et vétérinaires ;

- les modalités de suivi du chiot : réunions, stages au centre ;

- la liberté du centre quant à la reprise éventuelle du chiot ou sa réforme.

7. Encadrement et suivi

Suivi mensuel de la famille d’accueil par son référent dans le centre, ce qui permet de noter l’évolution du chiot sur un carnet de suivi.

A partir de l’âge de 5 mois, le chiot revient au centre quelques jours par mois, afin de l’adapter à la vie en chenil, de noter son comportement sur le terrain en fonction de son nouvel environnement, de commencer sa prééducation et enfin d’aider au détachement de la famille d’accueil.

8. Protocole vétérinaire

Protocole de vaccination et de vermifugation à appliquer par la famille d’accueil, suivant les consignes fournies.

La famille d’accueil a pour charge de tenir un carnet mentionnant la date des vermifugations, date des chaleurs pour les femelles, date de castration, courbe de poids, accidents ou maladies éventuelles.

9. Alimentation

Un tableau d’alimentation est élaboré par le centre, en concertation avec son vétérinaire, et fourni à la famille d’accueil.

10. Prise en charge des frais et équipements

Aucune allocation n’est versée à la famille d’accueil.

L’alimentation et les frais vétérinaires du chiot sont pris en charge par le centre.

L’équipement complet du chiot est fourni : collier, laisse, anti-puces, brosse, gamelle, longe, vermifuge, sifflet, gilet de travail. Cet équipement peut être renouvelé si besoin est.

Pendant son séjour en famille d’accueil, le chiot est sous la responsabilité du tuteur.

Une carte d’identification de chien-guide d’aveugles en formation et de son tuteur est remise.

11. Réforme du chiot

Le centre d’éducation de chiens-guides d’aveugles décide de la réforme du chiot si nécessaire ; dans ce cas, le chiot est proposé à l’adoption.

12. Cessation d’activité de la famille d’accueil

Pour évènements familiaux ou inobservation des clauses du contrat ou des consignes données.

III. - Le maître de chien-guide

1. Définition du maître de chien-guide d’aveugles

Il peut s’agir d’une personne ou d’un couple.

Cette personne a une déficience visuelle complète ou partielle.

Elle doit être apte à utiliser les services d’un chien-guide :

- responsabilités vis-à-vis du chien-guide ;

- maturité psychique ;

- état physique ;

- environnement social ;

- critères nationaux d’invalidité ;

- autonomie ;

- réel besoin du chien-guide pour les trajets de la vie courante.

2. La demande de chien-guide d’aveugles

Le demandeur de chien-guide est une personne déficiente visuelle exprimant personnellement le désir de se voir attribuer un chien-guide.

Le dossier de demande à remplir est envoyé suite à un contact téléphonique ou écrit. Il doit être retourné au centre d’éducation de chiens-guides d’aveugles.

La demande peut être faite au centre de son choix, de préférence le plus proche de son domicile. Sous quinze jours, le centre envoie un dossier de candidature comprenant un questionnaire comportant notamment les éléments suivants :

- situation familiale, sociale et professionnelle ;

- possibilités de mobilité indépendante ;

- trajets généralement effectués dans la localité ;

- possibilités d’intégration du chien-guide et attentes ;

- bilan médical et ophtalmologique.

3. L’étude du dossier

Le dossier rempli est adressé au centre et soumis au comité d’attribution du chien pour évaluation. Le demandeur est averti par courrier dans un délai d’un mois.

Si la demande est recevable, le candidat vient faire un préstage d’environ deux jours au centre.

Ce stage d’évaluation doit comprendre :

- un entretien avec un psychologue pour une étude de motivation ;

- une visite médicale si besoin est ;

- une sortie avec un instructeur en locomotion pour évaluer les possibilités de locomotion indépendante ;

- une rencontre avec un éducateur responsable ou le directeur technique du centre pour la découverte du chien-guide d’aveugles et une sortie avec un chien au harnais.

Le directeur technique ou l’éducateur teste les aptitudes, évalue les besoins et la motivation, et fournit toutes les explications nécessaires sur le fonctionnement du centre, les stages d’évaluation et l’entraînement donné lors de l’attribution du chien-guide. L’évaluation comprend également l’appréciation de l’environnement socio-professionnel du demandeur, par le biais d’une visite à domicile notamment.

Au vu de ce stage d’évaluation, est évaluée la possibilité ou non d’attribution d’un chien-guide :

- demande acceptée ;

- demande ajournée avec, par exemple, la demande, par le comité d’attribution, de suivre une action complémentaire comme un stage de locomotion ;

- demande refusée pour cause rédhibitoire.

Le demandeur est averti par courrier dans un délai d’un mois.

Demandes acceptées :

Le postulant doit être rapidement averti par courrier avec indications sur les détails d’attribution. Lorsqu’une demande est acceptée, le centre d’éducation de chiens-guides d’aveugles informe régulièrement l’usager sur le délai d’attribution de son chien.

Demandes refusées :

Le refus doit être motivé par écrit. Il appartient au centre de conseiller et d’orienter le postulant vers d’autres intervenants.

Demandes ajournées :

Elles font l’objet d’une nouvelle étude une fois les difficultés surmontées.

4. Le stage d’adaptation et de formation

au chien-guide d’aveugles

Le demandeur doit être informé, par écrit, suffisamment tôt : de la date, de la durée, des conditions et du programme d’entraînement ; des documents pédagogiques adaptés : brailles, sonores, gros caractères lui sont remis.

Avant ce stage aussi appelé « stage de remise », un préstage de deux à trois jours peut s’avérer nécessaire pour finaliser le choix d’un chien.

La durée du stage est en moyenne de deux à trois semaines, dont quinze jours consécutifs, réparties selon les aptitudes d’apprentissage du stagiaire. Le stage se décompose de la façon suivante :

a) Au centre :

Constitution de l’équipe personne handicapée visuelle - chien-guide.

Initiation théorique et pratique à l’utilisation du chien-guide d’aveugles :

- sorties ;

- alimentation ;

- soins quotidiens et vétérinaires ;

- historique du chien-guide attribué ;

- jeu, comportement et obéissance du chien.

b) Au domicile de la personne handicapée visuelle :

- intégration du chien-guide à l’environnement quotidien de la personne déficiente visuelle ;

- concrétisation de l’acquis de l’autonomie de l’équipe ;

- étude des situations particulières.

Une collaboration étroite doit s’établir entre l’éducateur et le déficient visuel, ce dernier étant entièrement disponible pendant la durée de son stage.

En cas de problème majeur, le stage peut être reporté ou abandonné à l’initiative de l’une ou l’autre partie.

5. Vie avec le chien-guide d’aveugles

Etant entendu que le maître de chien-guide d’aveugles a bien répondu aux critères d’attribution, que le stage s’est déroulé dans les conditions adéquates, il importe que le nouveau maître :

- utilise son chien-guide, au harnais, dans les conditions optimales d’efficacité ;

- lui assure tous les soins, nourriture et habitat prévu ;

- informe le centre régulièrement et en cas de nécessité, sur l’état de santé et le comportement du chien-guide.

L’équipe personne handicapée visuelle - chien-guide doit s’insérer dans son environnement social sans contrainte ni nuisance pour celui-ci.

6. Suivi du chien-guide d’aveugles

Le suivi de l’équipe personne handicapée visuelle - chien-guide est indispensable, afin de l’observer et de lui venir en aide. Des contacts réguliers doivent être établis le premier trimestre, ainsi que plusieurs visites à domicile au cours de la première année.

Chaque correspondance échangée ou compte-rendu de visite est classé au dossier de l’utilisateur conservé par le centre et consultable par l’utilisateur.

Si l’utilisateur estime que le travail du chien-guide ne correspond pas à ses attentes, l’éducation du chien peut être reprise ou le dossier reconsidéré par le centre.

7. Renouvellement du chien-guide d’aveugles

En règle générale, le centre doit porter une attention particulière aux chiens âgés, repérables soit au moyen des dossiers des demandeurs, soit lors des contacts avec ceux-ci. A partir de l’âge de neuf ans, l’état de santé et les capacités de guidage du chien sont contrôlés par le centre qui l’a remis.

En accord avec la personne handicapée visuelle, la garde et l’entretien d’un animal ayant cessé ses fonctions de chien-guide doit être assurée par l’utilisateur ou, à défaut, par une famille d’accueil, proposée par le centre.

Toute liberté est laissée à la personne handicapée visuelle pour demander un remplacement dans le centre de son choix. Afin de mieux cerner la demande de renouvellement, les éléments techniques du dossier de l’utilisateur pourront être transmis avec l’accord de ce dernier.

La demande de renouvellement doit être étudiée en priorité et en accord avec la personne handicapée visuelle, selon les possibilités du centre et en fonction des besoins réels du demandeur. L’étude du dossier doit permettre d’obtenir les mêmes informations que pour une demande initiale.

Chapitre 3

Dispositions relatives aux centres d’éducation DE CHIENS D’ASSISTANCE POUR OBTENIR L’ATTESTATION PRÉVUE À L’ARTICLE 5

de chiens d’assistance

I. - Le chien d’assistance

1. Aptitudes et qualités requises du chien d’assistance

Un chien d’assistance doit être capable de se tenir parfaitement en société notamment dans tous les lieux publics. Il doit être irréprochable en présence d’autres chiens ou d’autres animaux. Il doit être imperturbable à la manipulation, posséder un rappel exemplaire et ne pas être fugueur. Il doit être en mesure de rapporter un objet tombé au sol, quelle qu’en soit la matière ou la fragilité, d’ouvrir des portes, d’allumer la lumière, de porter des petites charges et d’aboyer pour prévenir d’un danger.

2. Morphologie

Pour être apte à assister la personne handicapée en douceur et avec facilité, et pour pouvoir passer le plus discrètement possible dans les lieux publics : restaurants, transport en commun, magasin, le chien d’assistance doit être de taille moyenne. Cependant, une taille minimum de 50 à 70 cm au garrot est indispensable lorsqu’il s’agit d’effectuer des tâches en hauteur : allumer la lumière, atteindre les poignées de porte. Il doit être robuste. De plus, il doit posséder un côté rassurant pour la personne handicapée. Enfin, le chien doit être esthétique, car la personne handicapée se sent valorisée à travers son chien. Sa fourrure doit être facile à entretenir.

Le chien d’assistance étant stérilisé, le sexe n’est pas d’une importance déterminante.

3. Comportement

Equilibré, joyeux, décontracté, possédant une grande capacité de concentration et d’apprentissage.

Lors de son travail, le chien ne doit pas se laisser distraire par des stimulations tant olfactives ou auditives que visuelles. Il doit être capable de s’adapter à tout nouveau milieu et à toute nouvelle situation rapidement.

Les chiens dits « retrievers » : labradors, golden retrievers, en raison de leur aptitude naturelle au rapport d’objets, constituent les chiens idéaux. Ils ne doivent cependant pas avoir trop d’instinct de chasse.

On évitera les chiens hyperactifs ou au contraire apathiques.

4. Sélection

La sélection des chiots doit se faire sous le contrôle d’un éducateur spécifiquement chargé de cette responsabilité. Le chiot doit être issu de parents de races inscrits à un livre généalogique reconnu par le ministère de l’agriculture.

Le centre d’éducation contrôle les aptitudes physiques et comportementales des chiots sélectionnés au cours de leur parcours éducatif et décide des réformes.

Les données concernant la sélection et le contrôle physique et comportemental des chiens sont centralisées et conservées sur base informatique.

5. Suivi

Les chiens d’assistance sont accompagnés tout au long de leur activité d’un carnet de suivi régulièrement mis à jour. Les informations d’ordre sanitaire et comportemental doivent être régulièrement collectées par les centres et conservées sur base informatisée, afin de faire une exploitation régulière des résultats, au minimum annuelle.

6. Parcours éducatif

Durée : l’éducation du chien d’assistance dure au minimum 24 mois.

Familles d’accueil : des familles d’accueil bénévoles sélectionnées par les centres sont chargées de la prééducation des futurs chiens d’assistance. La sélection des familles d’accueil se fait sur des critères rigoureux, selon un cahier des charges défini, et par le centre.

L’encadrement des familles d’accueil est réalisé par les centres eux-mêmes ou par des délégués bénévoles ayant suivi une formation spécifique.

II. - Conditions concernant la personne handicapée

1. Critères d’attribution

Les dossiers de candidature des personnes handicapées doivent être examinés par une commission pluridisciplinaire interne à la structure, comportant au minimum un médecin, afin d’évaluer le bien-fondé de leur candidature et la conséquence de l’attribution d’un chien d’assistance. Un rapport d’activité de cette commission est établi chaque année.

Les personnes handicapées, candidates à l’attribution d’un chien, doivent remplir un questionnaire détaillé qui leur est adressé au préalable, et accompagné d’une attestation qui doit être remplie par un référent médical.

2. Parcours éducatif

La formation à l’utilisation d’un chien d’assistance conditionne son attribution.

Cette formation s’effectue au cours d’un stage obligatoire d’une durée minimum de deux semaines en institution sanitaire ou médico-sociale. Ces stages comprennent un apprentissage théorique et pratique.

3. Suivi

Le suivi de la personne handicapée - chien d’assistance est assuré régulièrement par les éducateurs appartenant aux différents centres d’éducation, qui communiquent ces informations aux centres dont ils dépendent. Les informations sont centralisées et conservées sur base informatique. Une synthèse doit être effectuée annuellement.

Table des matières

A N N E X E 2 -RELATIVE AUX COMPÉTENCES, APTITUDES ET CONNAISSANCES QUE DOIT POSSÉDER UN ÉDUCATEURDE CHIENS D’ASSISTANCE POUR OBTENIR L’ATTESTATION PRÉVUE À L’ARTICLE 5

Vous pouvez consulter le tableau dans le JO

n° 213 du 14/09/2006 texte numéro 24

Table des matières

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