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Confédération Française pour
la Promotion Sociale
des Aveugles et Amblyopes

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Bulletin 20 du 18 novembre 2011

Table des matières :

1)- ÉDITORIAL

Une fois n’est pas coutume, c’est à Vincent MICHEL, Secrétaire Général de la CFPSAA et Président de la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France que j’emprunterai les premières phrases de cet éditorial, tirées du courrier qu’il a adressé à l’ensemble des Présidents des associations membres de la FAAF : « Il est des moments dans la vie sociale où il faut savoir se mobiliser. Ce n’est pas tous les jours qu’une Ministre de la Solidarité et des candidats aux élections présidentielles ou leurs représentants rencontrent les personnes aveugles et amblyopes. Le choix que nous aurons à faire en 2012 pour la politique de solidarité est un choix décisif. Staline posait une question décisive : « le pape, combien de divisions ? ». Nous posons aujourd’hui une question tout aussi décisive : les aveugles de France, combien le 26 novembre à la Salpêtrière à Paris ? Il faut donc que nous sachions tous ce que nous voulons et ne pas forcément compter sur vos associations qui paient des voyages pour venir faire un tour à la capitale. Mes mots vous paraîtront peut-être un peu raides, mais il y a des moments dans la vie sociale où les choses sont directement entre les mains des personnes. »

Bien entendu, je partage pleinement l’opinion exprimée par Vincent et regrette que les déficients visuels ne se soient pas mobilisés davantage pour participer à ces Etats Généraux. Il s’agit pourtant d’une rencontre nationale organisée peu souvent, la précédente réunion /manifestation remonte à décembre 2004. « Les uns me disent qu’il ne sortira rien de bien nouveau de ces Etats Généraux, d’autres pensent qu’ils sont suffisamment informés par les revues et bulletins d’informations, à croire que tout le monde n’a plus rien à apprendre « m’écrit François Lanier, administrateur de Voir Ensemble pour expliquer le faible taux de participation. Pire, je dirais volontiers « à croire que tout le monde n’a plus rien à dire » car c’est bien pour vous entendre, pour faire remonter vos souhaits, critiques constructives et suggestions aux responsables politiques actuels et futurs que la CFPSAA a souhaité vous réunir. Lorsque l’Association des Paralysés de France convoque ses adhérents, c’est plus de mille personnes en fauteuil qui se rassemblent. A l’heure où j’écris cet éditorial, 253 participants sont inscrits aux Etats Généraux, je remercie chacune et chacun d’eux d’avoir répondu « présent » à notre appel.

On ne peut pas parler d’échec, mais je reste persuadé que nous aurions pu mieux faire. A défaut de quantité, je souhaite que la qualité de nos échanges soit au rendez-vous, quelques 150 déficients visuels participent aux échanges sur nos cinq listes de discussions, leurs rapporteurs sauront faire état des principaux points abordés et poser clairement les questions évoquées sur ces forums. Si vous souhaitez vous-mêmes poser des questions, n’hésitez pas à le faire par écrit avant ces Etats Généraux à l’adresse presidence@cfpsaa.fr qui reste ouverte à tous. Une boîte à questions sera aussi à votre disposition à l’entrée de chacun des deux amphithéâtres le 26 novembre.

Seules les inscriptions qui nous parviendront par écrit avant le 21 novembre seront prises en compte, mais vous aurez encore la possibilité de vous enregistrer sur place le samedi 26 à partir de 8 heures 30, nous pouvons accueillir jusqu’à 500 participants. N’hésitez pas à nous rejoindre.

En raison de l’absence de Claire Vedel, vous comprendrez que l’essentiel de notre énergie a été ces deux dernières semaines consacrée à la préparation des Etats Généraux. Il n’en est pas de même cette semaine car, depuis hier (lundi 14 novembre) les réunions se multiplient : Observatoire Interministériel de l’Accessibilité et de la Conception Universelle, Conseil de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie, Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées, Conseil d’Administration de l’INJA. Nous reparlerons de tout cela dans le prochain bulletin qui paraîtra sans doute début décembre.

Ce bulletin est cependant riche d’informations qui, je l’espère retiendront votre attention : Assemblée Générale de l’Union Européenne des Aveugles, articles sur l’emploi des personnes handicapées, sur l’accessibilité, annonces de concerts, actualités du handicap en France et à l’étranger, préparer ce bulletin reste pour moi un réel plaisir, je souhaite que vous en éprouviez autant à sa lecture.

Philippe CHAZAL

Président de la CFPSAA.

2)- COMMUNIQUÉ DE PRESSE SUR LE PLF : LES ORGANISATIONS DE L’AIDE À DOMICILE DEMANDENT AU GOUVERNEMENT DE TENIR SES ENGAGEMENTS

Communiqué du 15 novembre 2011 par le collectif PLF rassemblant les associations suivantes : Adessadomicile - AD-PA - Aînés Ruraux - APF - CFPSAA - Croix-Rouge française - FNAAFP-CSF - FNADEPA - FNAPAEF - FNAQPA - Mutualité Française - UNA - UNCCAS – Uniopss – USB Domicile

Projet de Loi de Finances 2012 : les organisations de l’aide à domicile demandent au Gouvernement de tenir ses engagements.

En séance publique sur l’examen du Projet de Loi de Finances 2012 (PLF 2012), l’Assemblée nationale a dernièrement examiné l’amendement gouvernemental N°II–580 visant deux aspects :

- la création du fonds d’intervention sur lequel Madame Bachelot-Narquin s’était engagée.

- l’expérimentation d’une réforme de la tarification des services.

Le texte, voté par les députés, ne règle pas les difficultés de l’aide à domicile, que ce soit à court ou à long terme : la fermeture de structures et les suppressions d’emplois vont s’accentuer tandis que l’accompagnement à domicile des personnes fragiles continuera d’en pâtir.

Epopée bien triste pour un fonds d’urgence : en juillet dernier, la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS) avait évalué avec les membres du collectif de l’aide à domicile les besoins les plus urgents du secteur à 150 millions d’euros. De cette estimation, nous sommes passés à 50 millions, promis par Madame Bachelot-Narquin lors des Assises du Domicile le 21 septembre : une baisse significative si l’on considère les difficultés croissantes des structures d’aide à domicile. Nouvel exercice comptable avec l’amendement gouvernemental, prévoyant un fonds de 25 millions en 2012, puis 25 millions en 2013. Le Gouvernement ne reconnait toujours pas la gravité avérée de la situation.

Nous demandons que :

- La promesse gouvernementale de 50 millions d’euros en 2012 soit tenue. Nous avons conscience des difficultés financières du pays, mais la destruction d’emplois et la mise à l’écart des personnes fragiles n’est pas une solution. Rappelons que sur l’année 2010, la branche professionnelle de l’aide à domicile a enregistré 8 700 pertes d’emplois (3,95% de ses salariés) ; pour le premier semestre 2011, 5 500 destructions d’emplois sont déjà constatées : des milliers de personnes aidées en pâtissent.

- Les exigences demandées aux structures et les critères d’attribution de ce fonds soient établis en concertation avec l’ensemble des acteurs. Madame Bachelot-Narquin, lors des Assises, avait elle-même contesté l’idée qu’on puisse demander des économies à des services déjà exsangues !

- Les modalités d’application de ce fonds soient simplifiées, pour une mise à disposition aux structures qui en ont besoin au plus tard le 31 mars 2012. Le système prévu actuellement ressemble plus à une usine à gaz qu’à un dispositif d’urgence.

Réforme du secteur de l’aide à domicile : blocage en haut-lieu : par ailleurs, le Gouvernement veut mettre en place, dans ce même amendement, une démarche qui s’apparente à une véritable opération de court-circuitage à l’encontre du projet de réforme de la tarification, élaborée entre l’Assemblée des Départements de France et les 14 organisations du secteur signataires. Au lieu d’agir dès 2012, on nous propose de tout recommencer. Pourtant, il suffirait de s’appuyer sur les travaux déjà réalisés et de favoriser les préfigurations sur le terrain menées dans une dizaine de départements et d’en tirer, ensemble, les enseignements.

Il est encore temps de prendre des mesures réellement concrètes pour l’aide à domicile, en :

- amendant le texte avec, comme prévu, une proposition d’enveloppe de 50 millions pour 2012 (en l’affectant correctement) et une mise en cohérence de ses modalités d’application ;

- soutenant officiellement et juridiquement la préfiguration du projet de réforme de l’ADF et des organisations, avec l’adoption de l’amendement prévoyant sa mise en œuvre.

3)- ACTUALITÉ FRANÇAISE DU HANDICAP DU 20 OCTOBRE AU 3 NOVEMBRE

3- A)- FINANCES / SANTÉ : MAINTIEN PROVISOIRE DES INDEMNITÉS JOURNALIÈRES

Le ministre de la santé, Xavier Bertrand, a renoncé, lors de l’examen par l’Assemblée Nationale du Projet de loi de finances de la Sécurité Sociale, à réduire de 6% le montant de l’Indemnité Journalière versée aux travailleurs malades. Cette révision ne concernait que les salariés du secteur privé. Actuellement égale à 50% du salaire brut, le Gouvernement envisageait de prendre un décret établissant l’IJ à 60% du salaire net, soit 6% de moins en moyenne. Outre les députés de l’opposition, des parlementaires de la majorité n’acceptaient pas cette décision et avaient déposé des amendements pour maintenir le calcul en vigueur en échange d’autres restrictions. Le ministre, qui espérait une économie budgétaire de 220 millions d’euros, ne renonce pas à ponctionner les IJ, envisageant d’augmenter le délai de carence d’une journée pour l’ensemble des salariés malades, qu’ils travaillent dans le secteur privé comme public.

3- B)- SOCIÉTÉ : BOULBABA NE SERA PAS EXPULSÉ

L’étudiant aveugle tunisien Boulbaba Fitouri vient de recevoir un titre de séjour d’un an qui lui donne le droit de poursuivre ses études en France (lire ci-dessous au 11 octobre). Sous la pression de l’opinion publique, d’un comité de soutien, du président de l’Université Nancy II et de parlementaires, le préfet de Meurthe-et-Moselle a finalement décidé de renoncer à expulser l’étudiant aveugle. Une pétition avait recueilli en quelques jours plus de 1.500 signatures pour demander la régularisation du jeune homme "dont les résultats universitaires détermineront le renouvellement de son droit au séjour", explique la Préfecture.

Publié avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard, rédacteur en chef du magazine Yanous

4)- ACCESSIBILITÉ

4- A)- ALERTE AUX PERSONNES DÉFICIENTES VISUELLES : NOUS RECRUTONS POUR DES TESTS !

Des tests vont avoir lieu dans les villes suivantes : Lyon, Caen, Rennes, Lille, Saint-Etienne, Strasbourg, Nantes, Paris.

Ces tests seront effectués dans le cadre de la normalisation bande de guidage, séparateur de zone, traversée piétonne.

Vos associations vont être sollicitées pour le recrutement de panel de personnes déficientes visuelles. Je vous demanderais de bien vouloir nous tenir informés de l’organisation de ces panels et d’être très vigilants. En effet, certaines villes et usagers confondent les séparateurs de zones, les bandes de guidage.... Les conséquences peuvent être majeures car votre association sera garante de ce test qui pourrait être orienté ou par la ville ou par certains organismes de l’Etat et qui ne répondrait pas à nos recommandations dans le cadre de notre politique nationale d’accessibilité. Nous serions dans ce cas obligés de les contester au niveau de la C F P S A A car nous tenons avant tout à un message clair et homogène, compréhensible par tous instinctivement sur l’ensemble de notre territoire.

Pour mémoire, le séparateur de zone est installé entre le trottoir piéton et la piste cyclable ou entre le trottoir piéton et la chaussée.

Quel est le profil souhaité ? Différence de niveau, abaissé aux traversées piétonnes, tel qu’implanté sur la ligne 3 du tramway de Montpellier ou par un profil faisant 15 cm de large arrondi avec une hauteur maximale au centre de 1,5 cm. Imaginez un seuil de porte.

Ce séparateur de zone doit vous donner la limite naturelle du trottoir telle que la hauteur de trottoir dans les années passées vous la donnait.

Contre exemple : Pavguide implanté à Strasbourg. Ceci ne fonctionne absolument pas. Le message tactile est trop peu perceptible à la canne et irrégulier.

Bande de guidage : Cette dernière est traditionnellement implantée dans un établissement recevant du public. Dès que cet établissement est d’une surface importante on préconise plutôt le chemin de guidage comme réalisé à la gare de l’Est. Profil : 3 barrettes en relief d’une hauteur de 0,5 cm, largeur 3 cm. Un vide de 40 cm et on retrouve le même dispositif. Dès qu’il s’agit de bande de guidage simple, on retrouve 5 barettes au lieu de 3.

Nous ne souhaitons pas de bandes de guidage en voirie. C’est l’aménagement de cette dernière qui doit nous guider naturellement.

Qu’est ce que les communes françaises ont déjà testé (liste non exhaustive) :

- implantation de pavés entre les zones

- implantation de bande de guidage sous toutes ses formes entre les zones

- ligne peinte avec gravillons

- ligne guide en creux

- installation de ligne de clous

- changement de granulométrie entre l’espace vélo et l’espace piéton. exemple : trottoir en béton, piste cyclable en enrobé.

Malheureusement, aucun de ces dispositifs ne fonctionne. Il est essentiel que les éléments soient plus fortement contrastés tactilement et visuellement.

Traversée piétonne : de nombreux tests ont été réalisés là aussi : (liste non exhaustive) :

- implantation de part et d’autre de la traversée piétonne : ligne de pavés, bande de guidage sous toutes ses formes, lignes de peinture à forte granulométrie.

- sur la traversée piétonne : surépaisseur de la ligne blanche, bande de guidage sous toutes ses formes.

Là aussi les tests ne sont pas probants.

Bande de localisation ou d’interception : ce produit tactile et visuel est installé entre le mur du riverain et le poteau d’arrêt de bus ou entre le mur du riverain et la bande d’éveil de vigilance. A quoi ce dispositif sert-il ? Ceci nous permet de nous intercepter sur le trottoir et de nous donner l’information qu’il y a ou un arrêt de bus ou une traversée piétonne.

Ce qui a été testé. (liste non exhaustive) :

- Ligne de pavés

- implantation de bande de guidage sous toutes ses formes

- ligne peinte avec gravillons

Beaucoup de tests et peu de résultat

Je reste à votre disposition par téléphone pour vous apporter les éléments utiles, les expériences menées à travers le territoire et les pièges dans lesquels il ne faut pas tomber.

Restant à votre disposition.

Thierry Jammes

06 15 96 10 01

4- B)- LA DIFFICILE ACCESSIBILITÉ UNIVERSELLE DES DÉPLACEMENTS

En clôture des récentes Rencontres nationales du transport Public, la Communauté Urbaine de Strasbourg a organisé une visite technique sur l’accessibilité universelle de son territoire : une mécanique délicate…

Strasbourg paraît agréable à vivre pour des visiteurs handicapés : topographie assez plate, peu de voitures dans le centre, qui comporte un vaste secteur piétonnier, transports collectifs efficaces et en voie d’adaptation complète, larges trottoirs sur les avenues et boulevards rénovés... Mais si Strasbourg et sa communauté urbaine conduisent une politique volontaire en matière d’accessibilité, sa réalisation sur le terrain est loin d’être aisée. Ainsi la gare centrale SNCF constitue-t-elle un parfait cas de figure : rénovée en 2007 pour l’ouverture de la Ligne à Grande Vitesse Est, elle a été agrandie d’une verrière englobant la façade, sous laquelle se trouve une station de tramway. Si un guidage podotactile parcourt la verrière, propriété de la SNCF, il ne descend pas sur les quais du tramway, propriété de la ville ! Et ce guidage n’est pas poursuivi dans les parties anciennes de la gare, tel le couloir souterrain vers les quais. "L’aménagement n’a concerné que les nouvelles installations du fait d’une enveloppe budgétaire définie, explique Jean-Luc Schweitzer, responsable de l’unité gare. Il y a eu un problème de coordination sur le guidage. Les maitres d’ouvrage, les exploitants sont différents, il faut concevoir des comités de sites pour que tout se coordonne et fonctionne dans un pole d’échange."

Actuellement, qui a la responsabilité de faire régler le niveau sonore, totalement inaudible, des annonces dans les ascenseurs reliant la gare SNCF aux quais des tramways ? Mystère. Quant aux bandes de guidage podotactile, expérimentales, elles sont semblables à celles de la gare de l’Est à Paris, avec bornes sonores déclenchées par télécommande et indiquant au voyageur sa position dans la gare. Hélas, plusieurs de ces bornes hurlent littéralement, crachotent ou sont en panne : des matériels qui ne sont pas entretenus puisque la SNCF n’a pas prévu de contrats de maintenance... "Il va y avoir des contrats de maintenance sur les équipements d’accessibilité, assure Jean-Luc Schweitzer. Tout ne se fait pas en un jour." Il faudra également modifier le cheminement des déficients visuels dans la verrière, le guidage podotactile ignorant la création ultérieure du terminus en surface d’une autre ligne de tramway. Enfin, on remarque que si les distributeurs automatiques de billets de trains régionaux sont équipés de la fonction vocale nécessaire aux déficients visuels, celle-ci n’est pas mise en service, sans que Jean-Luc Schweitzer lui-même en connaisse la raison...

Strasbourg a la chance de posséder un vaste réseau de tramway avec une très bonne accessibilité incluant des annonces sonores et visuelles, même sur les voitures anciennes : en effet, c’est à la demande de la ville que le constructeur ABB a conçu la première rame à plancher intégralement plat, assurant une bonne liaison depuis le quai. Avec toutefois une lacune verticale devenue hors-normes, obligeant le réseau à poser sur les quais de la ligne A un rehausseur de 6 cm desservant la porte avant...

Côté bus, le travail sera important puisque l’accessibilité totale du réseau est projetée à l’échéance 2015, à l’exception de quelques Impossibilités Techniques Avérées (ITA) sur des points d’arrêts qui restent à déterminer. L’aménagement de ces points d’arrêt repose sur un modèle-type adapté aux réalités de terrain. Ainsi, l’arrêt Saint Florent (Quai des Pêcheurs) dispose-t-il d’un abribus déporté du fait de la présence d’arbres. "La politique d’aménagement global s’inscrit dans le cadre de la charte Ville et Handicap de 1990, puis du tramway, explique Michel Koebel, chargé de l’accessibilité à la Communauté Urbaine de Strasbourg (CUS). Elle s’appuie sur une concertation associative, des groupes de travail, des visites et tests sur sites d’essais, des correspondants ville et handicap dans les services." Cela n’a pas empêché que survienne un conflit lorsque l’exploitant (CTS) a décidé sans concertation d’interdire à plus d’une personne en fauteuil roulant d’entrer dans un bus : après une manifestation d’usagers handicapés avec blocage du tramway, en novembre 2009, la Communauté urbaine a décidé d’aménager un deuxième emplacement fauteuil roulant en modifiant les autobus accessibles.

La CUS a adopté son Schéma d’Accessibilité des Transports en décembre 2009, en relevant 65.000 anomalies sur la voirie pour la réfection de laquelle 60 millions d’euros sont budgétés, 40 autres devant financer l’accessibilité des Etablissements Recevant du Public (ERP) et les transports. Mais il n’est pas prévu d’installer de valideur près des emplacements "fauteuil roulant" et poussettes, alors que tous les passagers doivent valider leur titre de transport sous peine d’infraction... Si Strasbourg est l’une des rares villes françaises à demander au conducteur de sortir la palette d’accès pour les poussettes, la personne qui accompagne ladite poussette doit traverser le bus pour valider près de la porte avant...

Une accessibilité de voirie en amélioration.

Les services municipaux ont élaboré un référentiel d’aménagement des espaces publics dont la place Arnold constitue une application toute récente : un guidage podotactile conduit vers les traversées piétonnes, le sol aisément circulant et roulant est traité en béton désactivé, pavés sciés et stabilisé. Les arceaux de parking à vélos, installés dans un alignement d’arbres, n’empiètent pas sur le passage des piétons. Mais il reste à élaborer, comme partout en France, un système d’entrée en "zone de rencontre" (voirie sans trottoir sur laquelle circulent piétons, vélos, fauteuils et automobiles) détectable par les aveugles. Strasbourg a lancé sur ce sujet une concertation avec des associations. Conceptrice en 2000 d’un système de guidage podotactile spécifique, le Pav’guide composé de petits pavés dont les stries étaient placées successivement en opposition à angle droit, la ville semble désormais s’orienter vers une pose en lignes continues, rejoignant ce qui se fait ailleurs.

De nombreux kilomètres de Pav’guide ont néanmoins été posés, notamment au bord des pistes cyclables, afin de réduire les risques de collision avec des cyclistes souvent peu attentifs aux piétons avec lesquels ils doivent partager les trottoirs. Si, dans les quelques secteurs pavés, Strasbourg a prévu des parties latérales dallées facilement roulantes, il reste à la municipalité à en faire respecter l’usage : commerçants et restaurateurs peu civiques y déploient en effet présentoirs et tables, obligeant fauteuils roulants et poussettes à rouler... sur le pavé !

Le service de transport de "trottoir à trottoir" MobiStras accepte de transporter les visiteurs handicapés sur simple envoi préalable d’un justificatif de handicap, mais il n’est pas encore utilisable pour un retour de soirée en ville, après un dîner entre amis ou un spectacle, par exemple, puisque le service s’arrête à 22H30. Enfin, le stationnement est payant y compris sur les emplacements réservés (à la demande des associations) alors que l’accessibilité de l’horodateur le plus proche est souvent médiocre sinon nulle...

Et l’interurbain ? Le Bas-Rhin comporte 63 lignes régulières par autocars à plancher haut, et 12 services de transport à la demande (TAD). "Nous conduisons un programme de 100 points d’arrêt à mettre prochainement en accessibilité, précise Franck Siegrist, chef du service transport du Conseil Général. Il y a peu de travaux à réaliser du fait de l’urbanisme rhénan, on aménage simplement le point d’arrêt avec ses accès. On ne sera pas à 100% en 2015, il n’y a pas le budget." L’objectif est en conséquence de traiter les 12 lignes principales plus une trentaine de secondaires qui ont un potentiel de transport de personnes handicapées. Et un gros problème, les lignes de rabattement vers des gares sans accessibilité : "Ces lignes ne seront pas mises en accessibilité, sans transport de remplacement, ajoute Franck Siegrist. On ne fait rien sur le réseau scolaire, en l’absence de suppression du décret de 1977 on poursuit avec les taxis et les VSL. La plupart des parents ne veulent pas d’intégration de leurs enfants handicapés dans les transports collectifs."

Le Conseil Régional d’Alsace a la charge des transports ferroviaires régionaux, qui comportent 163 points d’arrêt. "Le Schéma Directeur d’Accessibilité des Transports a été adopté en 2008, précise Pierre Fierling, chargé des transports au Conseil Régional. 19 gares avec présence de personnel seront mises en accessibilité à l’horizon 2015, plus 19 Points d’Arrêts Non Gardés (PANG) dont ceux du tram-train de la vallée de la Thur, conçus pour se passer d’ascenseurs."

Cela veut dire que 125 points d’arrêt resteront sans accessibilité en 2015, sans transport de remplacement parce que les PANG ne figurent pas dans l’obligation d’accessibilité... Les liaisons TER par autocar doivent être adaptées à l’horizon 2015, une expérimentation est en cours. "Cela représente une centaine de points d’arrêts à traiter, en fonction du choix de matériel découlant du cahier des charges, poursuit Pierre Fierling. Le plancher bas est plus cher à l’entretien et l’usage, mais préféré par les clients alors que le Conseil Général a fait le choix du plancher haut qui est plus capacitaire." Des collectivités différentes, des maitres d’ouvrage différents, des approches différentes, des choix techniques différents et une synergie à élaborer entre les différents acteurs, l’accessibilité universelle d’un territoire reste donc à construire.

Laurent Lejard, novembre 2011.

Extrait du magazine Yanous-Actualité n° 372

Publié avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard, rédacteur en chef du magazine Yanous.

4- C)- LES TACTILES ET MOI : JOURNÉE D’INFORMATION, 5 RUE DUROC, SAMEDI 3 DÉCEMBRE 2011

L’Association Valentin Haüy et l’Association HandiCaPZéro vous invitent à faire le point sur les solutions tactiles accessibles aux personnes aveugles et malvoyantes,

Samedi 3 décembre 2011 de 9h à 17h, 5 rue Duroc Paris 7è

Le tactile est à la mode et les écrans sont omniprésents. Ils ont pris une telle place dans notre vie de tous les jours, que l’on est amené à se poser des questions à propos de leur accessibilité pour les personnes déficientes visuelles : Comment les faire fonctionner alors qu’apparemment la surface tactile ne permet pas d’être utilisée sans la vue, qu’il s’agisse d’un téléphone, d’une tablette de lecture ou d’une borne d’information ? Qu’en est-il du développement des solutions accessibles aux déficients visuels ? L’information est-elle suffisante auprès des professionnels et des personnes déficientes visuelles ?

Autant de questions auxquelles l’Association Valentin Haüy et l’Association HandiCaPZéro vont tenter de répondre en organisant une journée de rencontres avec des professionnels, et d’échanges entre utilisateurs, journée au cours de laquelle vous pourrez toucher et tester les matériels avec les conseils de spécialistes.

A cette occasion, la boutique de l’AVH sera ouverte sans interruption de

10 h à 17 heures.

Merci de confirmer votre présence par courriel à tactiletmoi@avh.asso.fr

4- D)- LES TACTILES ET MOI : PROGRAMME DE LA JOURNÉE

9h30 : Accueil des participants, ouverture de l’espace exposition

10h00-10h30 : Table ronde : Tactiles : quel bouleversement du paysage et quelles questions pour les déficients visuels ?

animée par la journaliste Ouiza Ouyed, avec Philippe Paugam, Olga Faure-Olory (chargée des partenariats HandiCaPZéro), Fernando Pinto da Silva

10h30-10h45 : Échanges avec la salle, les attentes, les pistes...

10h45-11h00 : Pause, visite libre de l’espace exposition

11h00-12h00 : Table ronde institutionnelle : Enjeux des Tactiles : comment construire ensemble les conditions d’une réponse adaptée au handicap visuel ?

animée par l’AVH, HandiCaPZéro, le Groupement des Industries des Technologies de l’Information et de la Communication (GITEP), l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP) et des industriels de l’accessibilité

12h00-12h30 : Échanges avec la salle, reprise des attentes formulées à la fin de la 1ère Table ronde

12h30-14h00 Pause déjeuner libre

14h15-14h30 : Introduction de l’après midi par Philippe Paugam, synthèse des débats de la matinée

14h30-15h15 : Table ronde institutionnelle : Enjeux des Tactiles : comment construire ensemble les conditions d’une réponse adaptée au handicap visuel ?, animée par l’AVH, HandiCaPZéro, le GITEP, l’ARCEP et des industriels de l’accessibilité

15h15-15h45 : Débat : Comment utiliser les nouveaux matériels tactiles quand on ne voit pas ? avec des spécialistes de la technologie et de l’accessibilité, des utilisateurs déficients visuels, des industriels..., animé et modéré par Ouiza Ouyed

15h45-16h45 : Table ronde : Utilisateurs et usages, qui se débrouille vraiment avec le tactile ? Quels sont les nouveaux apprentissages nécessaires ?

(Lecteurs d’écran, claviers, gestuelles, reconnaissance vocale...)

animée par Fernando Pinto da Silva

16h45-17h00 : Conclusion de la journée.

5)- EMPLOI

5- A)- LE NOMBRE DE DEMANDEURS D’EMPLOI HANDICAPÉS A BONDI DE 14% EN UN AN

+ 13,9% : le nombre de demandeurs d’emploi handicapés a explosé entre juillet 2010 et juin 2011, pour atteindre 273 308. Et il a augmenté beaucoup plus vite que pour l’ensemble des demandeurs d’emploi (+4,3%). La progression est particulièrement forte pour les travailleurs handicapés âgés de 50 ans et plus (+21 %) ainsi que pour les personnes inscrites au chômage depuis plus de deux ans (+18 %).

Sacré retour de bâton. Jusqu’à présent, les salariés handicapés avaient mieux résisté à la crise que les valides. En 2009, le nombre de demandeurs d’emploi en situation de handicap avait crû deux fois moins vite que celui de l’ensemble des demandeurs d’emploi (+9,5% contre + 18,2%, en 2009). Au final, sur la période juin 2008-juin 2011, le nombre de demandeurs d’emploi handicapés a légèrement moins augmenté que celui de l’ensemble des demandeurs d’emploi : +30% contre + 35%.

Recettes en baisse : peut-être faut-il y voir un contrecoup de l’échéance du 1er juillet 2010 pour les établissements d’au moins 20 salariés n’employant aucun travailleur handicapé. A partir de cette date, elles devaient voir leur contribution fortement majorée. Résultat : beaucoup d’entreprises ont agi avant d’être sanctionnées... et les embauches ont donc été "artificiellement" dopées. Autre explication possible : la décision de l’Agefiph de "réduire la voilure" : après avoir engagé un plan anti-crise, Fin 2008, le fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées a commencé à réduire ses aides en juillet 2010. L’Agefiph voit en effet ses ressources diminuer, au fur et à mesure que les entreprises améliorent leur politique d’intégration de travailleurs handicapés : 46 000 établissements de plus de 20 salariés vont verser une contribution à l’Agefiph en 2011 parce qu’ils n’atteignent pas l’objectif légal de 6% de travailleurs handicapés, alors qu’ils étaient plus de 55 000 en 2009. Dans le même temps, le produit de la collecte a chuté de plus de 20%, pour atteindre 476.000 €.

Source : Faire Face. Le magazine des personnes ayant un handicap moteur et de leur famille

http://www.faire-face.fr/

5- B)- EMPLOI DES PERSONNES HANDICAPÉES : HAUSSE OU TROMPE-L’ŒIL ?

Source : http://www.localtis.fr/cs/ContentSe...

Alors que se tient, du 14 au 20 novembre, la 15e édition de la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées, la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère de l’Emploi publie une étude sur "L’Emploi de travailleurs handicapés dans les établissements de 20 salariés ou plus du secteur privé : bilan de l’année 2009". Ce seuil de 20 salariés correspond au plancher d’assujettissement à l’obligation d’emploi de travailleurs salariés (OETH) ou, à défaut, de versement d’une taxe à l’Agefiph. Les chiffres publiés laissent un peu songeurs, dans la mesure où ils sont difficiles à comparer. En 2009, 322.300 travailleurs handicapés ont ainsi été employés dans les 128.400 établissements assujettis à l’OETH, ce qui représente - en équivalents temps plein sur l’année - 2,7% des effectifs des établissements assujettis n’ayant pas signé d’accord spécifique sur l’emploi de personnes handicapées. Ce taux est donc encore loin de l’obligation de 6%. En revanche, en termes de progression, l’année 2009 enregistre un bond spectaculaire, puisque le nombre des travailleurs handicapés employés dans les entreprises assujetties croît de 13,5% (322.300) et celui des nouveaux bénéficiaires de l’OETH de 29,8% ! De plus, 65% des entreprises assujetties emploient au moins une personne handicapée. Si l’on ajoute les 9% d’établissements - essentiellement des grandes entreprises - couverts par un accord en faveur de l’emploi des personnes handicapées, il ne reste donc qu’environ 25% d’établissements - contre 34% en 2008 - non couverts par un accord spécifique ou n’employant aucun travailleur handicapé (ils peuvent cependant sous-traiter des activités à des établissements et services d’aide par le travail).

Une lisibilité brouillée : des résultats qui pourraient passer pour exceptionnels, surtout dans une année qui a vu l’apogée de la crise économique mondiale. Malheureusement, ces chiffres n’ont pas vraiment de signification. Comme le reconnaît d’ailleurs la Dares, "le nombre et les caractéristiques des bénéficiaires 2009 ne peuvent être directement rapprochés de ceux des années antérieures. La loi du 1er décembre 2008 a en effet modifié le mode de décompte des bénéficiaires de l’OETH (suppression de la règle des six mois de présence minimum pour prise en compte des bénéficiaires en CDI ou CDD notamment) et élargi la liste des stagiaires pouvant en bénéficier". Ce changement de périmètre explique, à lui seul, 43% de la hausse de 13,5% constatée en 2009. Faut-il pour autant considérer que ces chiffres ne sont qu’un trompe-l’œil ? La réponse est plus subtile. A périmètre constant - autrement dit sans tenir compte de l’impact de la loi du 1er décembre 2008 - le nombre de personnes handicapées employées dans les établissements assujettis a tout de même progressé de 7,9% en 2009, soit un chiffre équivalent à celui de 2008 (8%), ce qui est loin d’être négligeable pour deux années marquées par une crise économique sévère. Mais la qualité de l’emploi s’est néanmoins dégradée. Parmi les 32.700 bénéficiaires supplémentaires de l’OETH en 2009, 33% ont été embauchés en CDD, contre 13% en 2008. Si le CDI reste le contrat le plus courant, sa part est passée en un an de 49 à 44%. La part de l’intérim a également reculé (de 38 à 23%), mais sous l’effet de la progression des CDD et non par la création d’emplois pérennes. Plus récents, les chiffres publiés dans le cadre de la préparation de la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées confirment ces difficultés. Ainsi, à la fin du mois de mars 2011, le nombre de demandeurs d’emploi handicapés recensés par l’Agefiph s’élevait à 269.369, soit une hausse de 13,1% en un an, contre +4,2% pour l’ensemble des demandeurs d’emploi.

Jean-Noël Escudié / PCA

6)- UNION EUROPÉENNE DES AVEUGLES : POINT SUR L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

6- A)- 9ème ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’UEA

Extrait de la lettre d’information de l’UEA n°82.

L’UEA a réuni sa 9ème Assemblée générale du 4 au 7 octobre 2011 à Fredericia, au centre du Danemark, dans le Messecenter et le Fuglsangcentret. L’Assemblée a été accueillie par DAB (l’Association Danoise des Aveugles), qui s’est révélé non seulement un hôte extraordinaire, mais aussi un excellent organisateur. L’Assemblée s’est tenue dans le spacieux et confortable Messecenter qui a également abrité l’exposition des technologies d’assistance, tandis que les réceptions organisées en soirée ont eu lieu dans le Fuglsangcentret, qui a également assuré l’hébergement et proposé des repas de très grande qualité dans un environnement paisible. Nous remercions tout particulièrement John Heilbrunn qui s’est illustré à la fois comme musicien et organisateur de talent. John et son équipe ont travaillé très dur pour faire de cet événement un tel succès. Nous adressons également nos sincères remerciements à Viv Barnes et Lesley Brinklow du RNIB (l’Institut National Royal des Aveugles) pour leurs tâches de secrétariat durant l’Assemblée dans l’antenne locale de l’UEA, leur aide a été précieuse.

114 délégués venus de 41 pays étaient présents, dont 44 femmes et 70 hommes. Parmi eux, 31 personnes avaient moins de 45 ans et 82 dépassaient cet âge. 71 délégués étaient aveugles, 35 d’entre eux malvoyants et 7 voyants (les détails n’étaient pas connus pour un délégué). Au total, près de 280 personnes étaient inscrites à l’Assemblée générale en tant que participants (y compris les guides et les observateurs).

Cette Assemblée dont le thème était « Aveugles et malvoyants en Europe travaillant en faveur d’une citoyenneté à part entière - Stratégies pour l’accessibilité et l’égalité », a débuté par la présentation du rapport du Conseil pour la période 2007-2011 et d’un projet de plan stratégique pour 2011-2015. Elle a également donné lieu à plusieurs présentations variées, portant sur des sujets tels que l’application du principe de diversité dans la pratique, les modèles nordiques de l’aide sociale : les différentes approches et les bonnes pratiques, la diversité et la force du réseautage, ainsi que la stratégie de l’Union européenne en matière de handicap. Les délégués ont particulièrement apprécié les deux ateliers, l’un consacré aux campagnes efficaces, l’autre à la collecte de fonds de l’UE, animés respectivement par Carine Marzin, responsable des campagnes européennes (RNIB, Royaume-Uni) et Romain Ferretti, chargé de projet à l’UEA, qui ont fourni un grand nombre de conseils pratiques aux participants.

Près d’une vingtaine d’exposants ont participé à l’exposition présentant une large gamme d’appareils et d’aides technologiques, que les participants à l’Assemblée ont eu le loisir d’examiner durant les pauses. L’UEA adresse également ses sincères remerciements à Index Braille, parrain d’argent de l’exposition. Outre les séances organisées dans le hall principal, des activités en rapport avec l’Assemblée générale se sont également déroulées dans trois salles de sous-commission disponibles sur place.

Un dîner de gala a été organisé pour la soirée de clôture, à l’occasion de laquelle Lord Colin Low a présenté les récompenses décernées aux gagnants du prix Vision For Equality (Vision pour l’égalité) de l’UEA (voir détails ci-dessous). Wolfgang Angermann, Président nouvellement élu, a rendu hommage à son prédécesseur, Lord Colin Low, à qui il a remis une bouteille de champagne en remerciement du zèle et du travail acharné dont il a fait preuve durant ses huit années de présidence. La soirée s’est terminée en musique avec un groupe d’artistes danois (et la participation de John Heilbrunn lui-même !), en plus de celle assurée, lors des soirées précédentes, par des musiciens venus d’Islande et de Suède. L’UEA adresse ses remerciements chaleureux à tous les musiciens pour leurs prestations, ainsi qu’à tous les délégués et participants d’être venus se réunir dans une atmosphère aussi professionnelle et conviviale à la fois.

L’Assemblée générale de l’UEA a été organisée avec le soutien financier du programme communautaire pour l’emploi et la solidarité sociale (PROGRESS) de la Commission européenne.

6- B)- RÉSULTATS DES ÉLECTIONS

Comité Exécutif de l’UEA

Le nombre de candidats étant exactement égal au nombre de sièges disponibles, il n’était pas nécessaire de procéder à une élection. Les personnes suivantes ont donc été élues automatiquement.

Bureau

Président : Wolfgang Angermann, Allemagne

Premier Vice-président : Alexander Neumyvakin, Russie

Second Vice-président : Tommaso Daniele, Italie

Trésorier : Vincent Michel, France

Secrétaire général : Unn Ljoner Hagen, Norvège

Membres ordinaires

Emin Demirci, Turquie

Maria Kyriacou, Chypre

Ann Jönsson, Suède

Maria Iñiguez Villanueva, Espagne

Pete Osborne, Royaume-Uni

Vaclav Polasek, République tchèque

Sergiu Ruba, Roumanie

Sinan Tafaj, Albanie

Représentants de l’UEA auprès du Comité Exécutif de l’Union Mondiale des Aveugles (WBU)

Unn Ljoner Hagen, Norvège

Alexander Neumyvakin, Russie

Sinan Tafaj, Albanie

Outre ces nominations, trois personnes se sont vues attribuer le statut de membre à vie de l’UEA : le président sortant, Lord Colin Low, le trésorier sortant, Julien Aimi, et Mme Kicki Nordström, ancienne présidente de l’Union Mondiale des Aveugles. Tous trois se sont distingués par leurs réalisations exceptionnelles, au nom de la communauté des aveugles et des malvoyants.

6- C)- RÉSOLUTIONS ADOPTÉES À LA 9ème AG DE L’UEA

2011-1. Nécessité d’apporter un soutien précoce, large et spécialisé aux enfants atteints de déficience visuelle, ainsi qu’à leurs familles et aux autres personnes proches de l’enfant.

Contexte :

Aujourd’hui, les enfants atteints de déficiences visuelles (DV) sont plus nombreux à vivre et grandir auprès de leurs familles qu’auparavant. De nombreux pays possèdent encore des institutions pour les accueillir, mais leur nombre diminue. Il est essentiel que les familles et toutes les personnes en contact fréquent avec un enfant ayant une déficience visuelle, notamment à l’école et dans la cadre du foyer de l’enfant, possèdent les connaissances nécessaires pour créer un environnement propice au développement de son potentiel, de ses aptitudes et de ses connaissances. Toutes les personnes concernées par un enfant atteint de DV doivent mieux comprendre leurs besoins spécialisés afin de mieux les soutenir. Les ressources disponibles dans les écoles ne sont pas toujours accessibles aux familles ou aux autres personnes proches de l’enfant.

La 9ème Assemblée générale de l’Union Européenne des Aveugles convoquée à Fredericia au Danemark du 4 au 7 octobre 2011 :

- Décide que, pour appuyer la précédente résolution de 2007 et comme indiqué dans le nouveau plan stratégique, nous demandons au Comité Exécutif de l’UEA de souligner, dans les pays représentés par les membres nationaux de l’Union, l’importance d’un soutien précoce, large et spécialisé aux enfants ayant une déficience visuelle, ainsi qu’à leurs familles et aux autres personnes proches de l’enfant.

- Agit, en partenariat avec d’autres, dont le Comité européen de l’ICEVI (Conseil International pour l’Éducation des Handicapés Visuels), pour élaborer un modèle de service et une boîte à outils comprenant la documentation nécessaire pour permettre des mesures d’intervention précoces et une inclusion réussie en matière d’éducation, ainsi que la formation du personnel et l’apport d’aides techniques.

2011–2. Encourager et faciliter davantage la diversité en matière de sexe, d’âge et de niveau de la vue au sein de tous les organes de l’UEA.

Contexte :

Il y a déjà eu des tentatives à travers de précédentes résolutions et initiatives, mais les progrès en faveur d’une plus grande diversité au sein des comités, du Comité Exécutif et des autres organismes de l’UEA sont très lents.

Beaucoup d’efforts ont été entrepris, en particulier par les groupes de travail en charge des femmes, des jeunes, des personnes âgées, de la basse vision et des handicaps supplémentaires, c’est pourquoi le moment est venu d’instaurer des changements durables.

La 9ème Assemblée générale de l’Union Européenne des Aveugles, convoquée à Fredericia au Danemark du 4 au 7 octobre 2011, décide que :

Les membres du Comité Exécutif sont invités à prêter une attention particulière aux mesures qui encourageront et faciliteront une plus grande diversité en matière de sexe, d’âge et de niveau de la vue dans tous les organes de l’UEA. Constatant l’existence des précédentes résolutions et des propositions constitutionnelles, le Comité doit veiller à ce que la question de la diversité soit abordée d’ici la prochaine Assemblée générale.

2011–3. Libre circulation des travailleurs au sein de l’Union Européenne.

Contexte :

La libre circulation des biens, des services et des travailleurs est très protégée au sein de l’Union européenne (UE). Dans les États membres de l’UE, elle est également intégrée à la législation nationale. Cependant, les règlementations et les législations nationales privent souvent les personnes handicapées de l’accès aux aides techniques ou aux prestations dont ils bénéficient dans leur pays d’origine, membre de l’UE, depuis un autre État membre de l’UE. Il existe aussi d’autres types d’aides destinées aux personnes handicapées sur le marché du travail, dont l’utilisation se limite au seul pays d’origine du bénéficiaire.

Dans un monde global et sur un marché du travail qui ne se limite pas à un pays distinct, diffuser les expériences en matière de travail, d’études et de langues se révèle encore plus indispensable.

L’article 27, Travail et Emploi, de la Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées (CDPH), stipule que :

« Les États membres reconnaissent aux personnes handicapées, sur la base de l’égalité avec les autres, le droit au travail […]. »

Depuis que l’UE a ratifié la CDPH, cet engagement devrait également intégrer la coopération entre les États membres de l’UE.

La 9ème Assemblée générale de l’Union Européenne des Aveugles, convoquée à Fredericia au Danemark du 4 au 7 octobre 2011, décide que le Comité Exécutif de l’UEA :

- Prend toutes les mesures coercitives nécessaires pour influencer l’UE, les gouvernements nationaux et les autres institutions compétentes à cesser toutes formes de discrimination empêchant les personnes handicapées de bénéficier de la libre circulation accordée aux travailleurs au sein de l’UE.

- S’assure que l’UE et tous les États ayant ratifié la CDPH sont rappelés à leurs engagements énoncés à l’article 27 de ladite convention.

2011-4. L’UEA ouvre sa direction.

Contexte :

L’UEA est une association solide menée par des dirigeants compétents qui se font les porte-parole des personnes aveugles et malvoyantes à travers toute l’Europe. Pour renforcer encore davantage l’UEA, nous devons élaborer des procédures qui garantissent au maximum la représentativité et les compétences du Comité Exécutif et des autres organes. Il nous faut un dispositif qui préserve la continuité de l’expérience, assure le renouvellement des compétences et garantisse les connaissances et les idées nouvelles.

Pour soutenir plus encore la démocratie, il est fondamental que l’Assemblée générale puisse voter pour les candidats nominés aux fonctions de l’UEA qui sont les plus appropriés, indépendamment de la situation financière de leur organisation nationale.

La 9ème Assemblée générale de l’Union Européenne des Aveugles, convoquée à Fredericia au Danemark du 4 au 7 octobre 2011, décide que :

Le Comité Exécutif de l’UEA doit engager la révision de la constitution de l’Union concernant les points suivants :

- Un maximum de deux périodes consécutives au même poste pour tous les membres du Comité ;

- Un soutien financier permettant à tous les organes de l’UEA de participer au scrutin.

2011–5. Directive de l’UE contre les discriminations.

Contexte :

Depuis de nombreuses années, l’Union Européenne des Aveugles s’efforce d’influencer le travail mené au sein de l’UE pour y faire adopter une directive luttant contre les discriminations et favorisant le droit des personnes atteintes de déficience visuelle à participer pleinement à la société.

La directive de l’UE contre les discriminations est l’un des principaux thèmes en matière de politiques relatives aux personnes handicapées. Cette question a été négociée, mais n’est pas finalisée à ce jour et un travail considérable reste à faire.

La 9ème Assemblée générale de l’Union Européenne des Aveugles, convoquée à Fredericia au Danemark du 4 au 7 octobre 2011, décide que :

Le plan stratégique comporte des références à la directive horizontale contre les discriminations et, même si la bataille reste difficile à mener, le Comité Exécutif doit poursuivre son action de lobbying en faveur de l’adoption d’une directive européenne contre les discriminations qui inclue aussi l’accès aux TIC, aux produits manufacturés, à la télévision, aux systèmes de transport et à l’environnement bâti.

2011-6. Maintenir la sécurité financière et les politiques d’inclusion en faveur des personnes handicapées en Europe dans une période de crise financière.

Contexte :

Nous sommes extrêmement préoccupés par le fait que les femmes et les hommes handicapés de tous âges, ainsi que leurs familles, se voient payer les conséquences de la crise économique actuelle à travers une baisse de leur niveau de vie, de leurs revenus et prestations, subissent des réductions en matière d’éducation, de possibilités d’emploi et de services de soutien, ou sont pénalisés par la diminution des aides apportées aux organismes qui les représentent.

La 9ème Assemblée générale de l’Union Européenne des Aveugles, convoquée à Fredericia au Danemark du 4 au 7 octobre 2011, demande :

À toutes les institutions européennes, au Fonds monétaire international, à la Banque mondiale ainsi qu’à tous les gouvernements européens de garantir que les personnes handicapées et leurs familles ne fassent pas les frais de la crise qui s’annonce.

Ils doivent continuer à s’engager à soutenir et développer des politiques d’inclusion par le biais de mesures concrètes, telles que celles décrites dans la Déclaration de Dublin formulée par l’UEA en mai 2009. Cela signifie construire une Europe pour tous ses citoyens, au sein de laquelle la contribution de chacun est récompensée par l’essor du meilleur avenir économique, social et politique possible pour tous les Européens.

2011–7. Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées et plan d’action européen pour les personnes handicapées.

Contexte :

La Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées offre un cadre à la construction d’une société inclusive pour les personnes aveugles et malvoyantes en Europe. Tous les pays européens n’ont cependant pas ratifié cette convention et son protocole facultatif.

Le Plan d’action 2006-2015 du Conseil de l’Europe pour les personnes handicapées comprend des mesures similaires, mais plus spécifiques à l’Europe. L’examen effectué à mi-parcours indique qu’il reste encore beaucoup d’efforts à fournir. Tous les pays membres de l’UEA sont représentés au Conseil de l’Europe.

La 9ème Assemblée générale de l’Union Européenne des Aveugles, convoquée à Fredericia au Danemark du 4 au 7 octobre 2011, demande à tous les gouvernements européens et à toutes les institutions de l’Union européenne de :

- Ratifier la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées et son protocole facultatif ;

- Respecter tous les engagements du Plan d’action 2006-2015 du Conseil de l’Europe pour les personnes handicapées d’ici à 2015, en accord avec l’examen effectué à mi-parcours en 2010.

2011–8. Efficacité du travail de l’UEA.

Contexte :

Faute de temps et de ressources, quelques commissions et comités de pilotage ont soulevé les grandes difficultés qu’ils ont rencontrées dans la conduite de leurs travaux. Dans certains cas, le manque d’expertise était également en cause.

L’Assemblée générale de l’UEA a examiné le projet de plan stratégique, mais le Comité Exécutif doit maintenant analyser les propositions formulées par les quatre ateliers ainsi que la mise en œuvre du plan.

La 9ème Assemblée générale de l’Union Européenne des Aveugles convoquée à Fredericia au Danemark du 4 au 7 octobre 2011 :

Encourage le Comité Exécutif à proposer un programme de travail réaliste et à se concentrer sur des objectifs atteignables dont les résultats seront mesurables. À cet effet, le Comité devrait mettre en place des structures appropriées, telles que des tâches limitées dans le temps ou des groupes de projets, des commissions permanentes et des comités de pilotage.

2011-9. Vote de remerciements et d’appréciation.

L’Assemblée générale de l’UEA est considérée comme l’événement incontournable sur le plan des rencontres, des échanges de points de vue politiques et de l’élaboration de politiques fortes et puissantes. Elle permet de nouer des liens, d’enrichir son réseau, d’élire des dirigeants et de réunir toutes les ressources disponibles de l’UEA, avec l’intention claire d’améliorer la capacité d’organisation dans toute l’Europe et de faire progresser la vie des citoyens ayant une déficience visuelle à travers toute l’Union.

L’Association Danoise des Aveugles (DAB) qui n’a pas ménagé ses efforts pour nous accueillir, avec la coopération et le soutien des pays nordiques, a investi des ressources colossales pour planifier, organiser et mettre en œuvre l’événement auquel nous avons tous participé.

La 9ème Assemblée générale de l’Union Européenne des Aveugles, convoquée à Fredericia au Danemark du 4 au 7 octobre 2011, demande :

Que l’on prenne acte du fait que l’Union elle-même, tous les participants, les délégués, les observateurs et les guides, expriment leurs remerciements les plus profonds et sincères à leur hôte, l’Association Danoise des Aveugles, pour leur travail remarquable ayant permis la réussite de cette Assemblée. Nous remercions toutes les personnes impliquées, y compris le comité organisateur local et les sponsors.

L’Assemblée souhaite par ailleurs reconnaître et saluer le travail zélé mené par la direction de l’UEA durant les quatre années écoulées et voudrait également saisir cette occasion pour manifester sa gratitude et rendre hommage à son président sortant, Lord Colin Low, pour son immense contribution et la conduite de sa présidence durant toute la période de son mandat.

7)- ACTUALITÉS INTERNATIONALES

7- A)- AUTRICHE : RECORD

Une immense bâche de 13m sur 16 figurant trois points noirs sur un fond jaune (pictogramme germanique de la déficience visuelle) a été déployée pour quelques jours sur la façade de la cathédrale Saint-Etienne de Vienne à l’occasion de la journée mondiale des aveugles. Cette bâche, réalisée à l’initiative de l’association Licht für die Welt ("lumière pour le monde"), était faite à partir de 3.600 fragments assemblés, décorés à la main (certains par des personnalités) en déclinant le thème du pictogramme. (Source : Montreal Gazette).

7- B)- ROYAUME-UNI : ANNIVERSAIRE

In Touch ("en contact"), fameux programme de la BBC a destination des déficients visuels, célèbre son cinquantenaire. Initialement mensuelle et d’une durée d’une heure, l’émission créée en 1961 se définissait comme "un magazine d’information sur les gens, les problèmes et les plaisirs d’intérêt spécifique aux auditeurs aveugles". Elle est à présent hebdomadaire et dure 20 minutes, les numéros étant ensuite disponibles en podcast. Ses producteurs actuels expliquent que l’atmosphère d’In Touch est que "la cécité n’est pas la fin du monde"... (Source : BBC).

7- C)- ESPAGNE : TOURISME

L’Office de tourisme de Barcelone a présenté concomitamment le premier guide touristique de la ville édité en braille et un portail spécifiquement dédié aux touristes handicapés, quel que soit leur handicap. Uniquement en catalan pour l’instant, l’interface devrait bientôt devenir multilingue. Lieux d’intérêts, transports, services, hôtellerie, un moteur de recherche multicritères permet en outre de filtrer les résultats selon le type de handicap. (Source : La Vanguardia).

7- D)- TÉMOIGNAGE : MIEUX VAUT ÊTRE HANDICAPÉ À LONDRES QU’À PARIS

Depuis quelques semaines, Edouard Braine peut enfin aller travailler facilement. Il aura fallu deux ans pour mener le projet à bien, mais un ascenseur est désormais installé au consulat de France à Londres. Le lourd fauteuil roulant électrique de M. Braine, consul au Royaume-Uni, peut enfin atteindre le premier étage et son vaste bureau faisant face au magnifique musée d’histoire naturelle.

Pour le diplomate de 62 ans, tétraplégique, la mise aux normes tardive de cet îlot français au cœur du Royaume-Uni sert de raccourci à la situation des handicapés dans les deux pays. " La France a tendance à mettre les handicapés de côté, à les laisser aux marges de la société, attaque M. Braine. Inversement, le Royaume-Uni est absolument exemplaire. " A Londres, tous les bus sont équipés d’une rampe recevant les fauteuils roulants, de même que les taxis. Dans les médias, les personnes handicapées sont visibles, comme cette présentatrice d’une émission pour enfants à qui il manque un bras. " A Paris, les taxis pour handicapés coûtent quatre fois plus cher et les transports publics sont rarement accessibles ", regrette le diplomate.

C’est pour dénoncer cette mise à l’écart que M. Braine est sorti de son devoir de réserve, mardi 8 novembre, en organisant une conférence sur le handicap à Londres et en invitant une troupe de chanteurs et danseurs handicapés français. Une entorse à son rôle de représentant de la France ? " Je n’ai rien à attendre en termes de carrière, affirme celui qui était autrefois ambassadeur en Malaisie. Ma mission est ailleurs. ".

Jusqu’en 2002, la vie de M. Braine était celle d’un énarque qui avait mené sa carrière essentiellement au ministère des affaires étrangères, dont deux mandats en Algérie. Tout bascule lors d’un séjour dans sa ferme du Quercy, dans le sud-ouest de la France : galopant sur une surface glissante, celui qui était, selon un ancien collègue du Quai d’Orsay, un " grand gaillard avec une carrure de rugbyman " se retrouve les cervicales brisées sous le poids de sa jument. " Je me suis vu mort. Je suis sorti de mon corps et j’ai flotté au-dessus. Mais une volonté forcenée de ne pas mourir et le refus de ne pas faire de ma femme une veuve m’ont retenu. ".

" Instrument d’exclusion ". A l’origine, seul le pouce et l’index de sa main gauche fonctionnaient encore. Mais un médecin anglais, Richard Casson, réveille des circuits inattendus grâce à la stimulation intramusculaire. Aujourd’hui, M. Braine a retrouvé une partie de la mobilité de ses avant-bras, et peut faire quelques pas aidés. " C’est un guerrier ", témoigne Chérif Beldjord, un ami médecin.

Rapidement, M. Braine se retrouve confronté au système administratif français. Très généreux, celui-ci est pourtant paradoxal : pour bénéficier de l’allocation finançant la présence permanente d’une tierce personne, il faut renoncer à travailler. Il rejette l’idée, se bat pour obtenir en 2009 le poste de consul à Londres, et paie lui-même son aide-soignant. " La loi française est un instrument d’exclusion, s’emporte-t-il. Seuls quelques handicapés bien payés peuvent surnager. ".

Eric Albert (Londres, correspondance).

8)- INFORMATION PRATIQUE : OUVERTURE EXCEPTIONNELLE DU MAGASIN DE L’AVH

A l’occasion de la Journée Portes Ouvertes "les tactiles et moi" qui se déroulera au Siège de l’AVH, la boutique sera exceptionnellement ouverte le samedi 3 décembre 2011 de 10 h à 17 h sans interruption, mais également le samedi 10 décembre 2011 de 10 h à 17 h sans interruption.

9)- CULTURE ET LOISIRS

9- A)- VISITE TACTILE « À LA DÉCOUVERTE DE L’HINDOUISME »

Visite organisée par le Musée National des arts asiatiques Guimet le jeudi 24 novembre à 14h.

Les œuvres nous racontent des histoires… si on sait les écouter, ce sont les aventures épiques de dieux terribles ou bienveillants de l’hindouisme qui prennent vie…

Réservation auprès d’Hélène Baudelet au : 01.56.52.54.37 ou helene.baudelet@guimet.fr

9- B)- VISITE TACTILE DE L’EXPOSITION MAORI

Visite organisée par la Quai Branly le samedi 26 novembre à 14h.

Le Musée du Quai Branly accueille une exposition conçue par les Maori comme le témoignage d’une culture forte et toujours vivante et l’affirmation de la volonté d’un peuple de contrôler sa culture et son devenir. Pour les Maori, le passé est un « maintenant toujours présent ». Taonga ou trésors ancestraux, œuvres contemporaines et focus historique viennent illustrer la richesse de cette culture. Visite spécifiquement conçue pour les personnes aveugles et malvoyantes.

Durée 1h30, tarif 4 euros.

Réservation au 01.56.61.71.72 ou reservation@quaibranly.fr

C)- VISITE TACTILE ET DESCRIPTIVE « AUTOUR DE L’ARCHITECTURE DU MOYEN ÂGE »

Visite organisée par la Cité de l’architecture et du patrimoine le samedi 26 novembre à 11h15.

Venez découvrir de manière originale l’architecture médiévale en vous mettant dans la peau d’un bâtisseur qui doit construire un arc en plein cintre roman et une croisée d’ogives gothique ! Puis, explorez différents décors sculptés grâce à des moulages ! Enfin, parcourez les différents espaces d’une cathédrale gothique grâce à une grande maquette entièrement démontable et des plans en relief !

Durée 1h30, tarif 5 euros.

Réservation au 01.58.51.50.19 ou groupes@citechaillot.fr

9- D)- DÉCOUVREZ LE MUSÉE PIERRE CARDIN PAR LE TOUCHER

Visite organisée par l’Office de Tourisme de Saint-Ouen, dimanche 20 novembre à 14h.

Découverte de 60 ans de créations : mode, accessoire et meubles. Approche tactile des modèles les plus emblématiques : depuis ceux réalisés pour Christian Dior dans les années 40, jusqu’aux créations des années 2000, en passant par la période Cosmos des années 1965-1975. La conservatrice Renée Taponier permettra aux participants de toucher certains modèles ainsi que le mobilier dessiné par le couturier.

Visite proposée par l’Office de Tourisme de Saint-Ouen dans le cadre des balades urbaines.

Durée 2h. Tarif unique : 5 euros.

Inscription au 01.40.11.77.36 ou groupes@st-ouen-tourisme.com

9- E)- SPECTACLE « JE DISPARAIS », REPRÉSENTATION ACCESSIBLE EN AUDIO-DESCRIPTION

Spectacle organisé par La Colline – Théâtre National, dimanche 20 novembre à 15h30 et mardi 29 novembre à 19h30, représentation précédée de la présentation de la maquette du décor à 18h.

A 43 ans, Arne Lygre est l’auteur de sept pièces déjà traduites et jouées en plusieurs langues ; il a également publié deux romans et un recueil de nouvelles. Les personnages centraux de Je disparais,Moi et Mon amie, sont deux femmes qui doivent quitter précipitamment leur pays. De cet arrière-plan politique, on saura peu de choses. Car le sujet de prédilection de Lygre, c’est la fragilité du Moi qu’on se construit – précaire, miné par des souvenirs enfouis, hanté par d’autres vies possibles. Emigrer, ici, ce n’est pas seulement quitter la vie confortable, la maison, mais être jeté hors de ses repaires, hors de soi. Alors, pour parer à ce qui les menace, tout au long de leur fuite, Moi et Mon amie s’inventent d’étranges jeux de rôles. L’écriture ludique et prenante d’Arne Lygre intrique jusqu’au vertige les situations urgentes qu’elles traversent et leurs scénarios fantasmatiques. A quoi leur sert de se projeter dans d’autres vies ? S’agit-il pour elles de se réapproprier leur réalité ? De conjuguer la disparition ? Dans la détresse, à quoi sert l’imaginaire ? C’est aussi parce qu’elle pose ces questions – de vie de théâtre – que Stéphane Braunschweig a chois cette pièce bouleversante. Et fascinante.

Réservation au 01.44.62.52.12 ou c.longequeue@colline.fr

9- F)- CONCERT HUMANITAIRE AU BÉNÉFICE D’ÉCOLES POUR ENFANTS AVEUGLES ET MALVOYANTS DES PAYS EN DÉVELOPPEMENT

Lundi 28 novembre, à 20 heures, à l’Institut National des Jeunes Aveugles, 56 Boulevard des Invalides, 75007 Paris (métro Duroc).

Au sein de "Voir Ensemble", la Commission de la Solidarité Internationale soutient depuis quatre décennies des écoles spécialisées et associations typhlophiles dans des pays dits en développement. Les recettes de ce concert permettront d’acheter du matériel didactique (tablettes, cubarithmes, papier braille, calculatrices parlantes, nécessaire pour le dessin en relief...) pour aider la CSI à répondre aux besoins d’une trentaine de structures dans plus de 15 pays, essentiellement en Afrique francophone.

Au programme : Mozart, Chopin, Chabrier, Sammut, Nakata.

Interprètes : Eriko MIMAMI, percussioniste-pianiste (piano et marimba), Ayumi AKAZOE, pianiste, Michiko YASHIO-MONNIER, chanteuse.

Participation libre.

9- G)- CONCERT HOMMAGE VENDREDI 9 DÉCEMBRE À L’INJA

Ce concert, organisé par l’Union Générale des Auteurs et Musiciens Professionnels Aveugles (UGAMPA - http://www.ugampamusimuse.fr) sera l’occasion de rendre hommage à quatre très grands organistes, qui ont marqué l’Ecole d’Orgue française de ce XXe siècle.

Vendredi 9 décembre 2011 à 20 H. CONCERTHOMMAGE à André Marchal (1894-1980), Jean Langlais (1907-1991), Gaston Litaize (1909-1991) et Georges Robert (1928-2001).

Salle André Marchal Institut National des Jeunes Aveugles 56 bd des Invalides 75007 Paris Métro : Duroc, Falguière.

FAURE, DEBUSSY, BORTOLI, IBERT, VIERNE, LITAIZE, LANGLAIS, LEGUAY, par G Glatigny, B Bontoux, S Bortoli, A Robert, JF Hatton et JP Leguay.

Concert organisé par l’Union Générale des Auteurs et Musiciens Professionnels Aveugles (UGAMPA). Libre participation aux frais.

PROGRAMME :

Première partie Gabriel FAURE (1845-1924) : 6e nocturne Claude DEBUSSY (1862-1918) : 2 Images

  • Cloches à travers les feuilles
  • Poissons d’or

Par Gérard GLATIGNY, piano

Stéphane BORTOLI : Deux pièces extraites du cycle de la Porte de l’Orient (textes de Christian Gabriel Guez)

  • La porte de l’Orient,
  • Le tombeau de l’ange.

Jacques IBERT (1890-1962) Quatre chansons de don Quichotte

  • Chanson du départ, (Ronsard),
  • Chanson à Dulcinée,
  • Chanson du duc,
  • Chanson de la mort, (les trois derniers textes sont d’Alexandre Arnoux).

Par Bertrand BONTOUX, basse et, Stéphane BORTOLI, piano.

Deuxième partie

Louis VIERNE (1870-1937) : Les Angélus

  • Au matin
  • A midi
  • Au soir

Par Agnès ROBERT, soprano et Jean-François HATTON, orgue.

Gaston LITAIZE (1909-1991) : Prélude XVI

Jean LANGLAIS (1907-1991) : Chant de paix

Jean-Pierre LEGUAY : Préludes XVI et XVII (1974-1975)

Louis VIERNE (1870-1937) : Deux mouvements extraits de la Première Symphonie :

  • Allegro vivace
  • Final

Par Jean-Pierre LEGUAY, orgue.

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