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Confédération Française pour
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Bulletin 16 du 16 juillet 2009

Bulletin CNPSAA-Infos Bulletin spécial N°2009 - 16 – 16 juillet 2009

SOMMAIRE 1) EDITORIAL 2) COMPTE RENDU DE L’ENTRETIEN DU 2 JUILLET AVEC NADINE MORANO 3) CONDITIONS D’ATTRIBUTION DE LA PRIME POUR L’EMPLOI AUX PERSONNES HANDICAPEES 4) SEMINAIRE DU CFHE 5) LES SPECIFICITES DE L’EMPLOI DES PERSONNES AVEUGLES OU ATTEINTES DE DEFICIENCE VISUELLE PROFONDE. 6) DÉCOUVREZ LES REVUES EN BRAILLE DU GIAA ! 7) COMMUNIQUE DE PRESSE HANDICAP ZERO : TOUR DE FRANCE 8) PERIODIQUES POUR JEUNES ET ADOLESCENTS

1) EDITORIAL

En ouverture de ce bulletin, nous sommes heureux d’adresser nos plus sincères félicitations à Julien Aimi qui, lors de la promotion du 14 juillet, vient d’être fait Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur « pour 59 ans d’activité professionnelle, sociale et de services militaires ». Cette distinction est amplement méritée, Julien ayant assumé durant plusieurs années la Présidence de la Fédération des Aveugles et Handicapés Visuels de France et les fonctions de Trésorier du CNPSAA, ce qui nous a permis d’apprécier sa rigueur, son humour et sa grande convivialité.

Cette fin d’année « scolaire » a été marquée par de nombreuses et intéressantes réunions auxquelles ont participé plusieurs représentants du CNPSAA :
- le 30 juin dernier, au Ministère de la Culture, Sylvain Nivard et Alain Lequeux ont participé à la première réunion de la commission chargée de préparer l’application du décret relatif à la fourniture des fichiers sources par les éditeurs afin que ces fichiers puissent être adaptés pour que les ouvrages soient mis rapidement à la disposition des personnes handicapées. Nous notons avec satisfaction qu’à l’unanimité, Alain Lequeux a été élu Président de cette commission, ce qui nous semble particulièrement important pour bien « mettre en route » ce nouveau dispositif dans la mesure où de nombreux membres de la commission n’ont pas participé aux négociations et auront donc beaucoup à apprendre. La commission prépare son règlement intérieur. Un site Internet est prévu pour informer les organismes bénéficiaires, et pour retirer le dossier de demande. Nous vous informerons dès qu’il sera en ligne.
- le 1er juillet, Claude Chambet et moi-même avons participé au Conseil d’Administration du CFHE. Notez dès à présent que le 17 novembre prochain, le CFHE organise à Paris, un séminaire afin de comparer les dispositions relatives à l’emploi applicables à l’emploi des personnes handicapées dans six pays européens. Les échanges devraient être particulièrement intéressants. Vous trouverez en pièce jointe une présentation de ce séminaire.
- l’après-midi de ce même jour, j’ai participé à une réunion à la Halde au cours de laquelle son Président, Louis Schweitzer, son Directeur Général et la Responsable du Pôle Handicap nous ont présenté l’action de cette institution pour prévenir ou lutter contre les nombreuses discriminations dont sont encore victimes les personnes handicapées. Nous avons notamment insisté sur la nécessité de veiller impérativement à l’accessibilité des sites publics, particulièrement importante pour les déficients visuels.
- quelques jours après sa nomination au poste de Secrétaire d’Etat chargée de la Famille et de la Solidarité, Nadine Morano, a souhaité recevoir les représentants des associations de personnes handicapées pour une prise de contact. Ainsi, Vincent Michel et moi-même avons pu durant près d’une heure évoquer les sujets principaux qui nous préoccupent, lors d’un entretien cordial et détendu. Vous en trouverez ci-après un bref compte rendu.
- l’Assemblée Générale Ordinaire du CNPSAA s’est tenue le 2 juillet, un bulletin spécial la concernant, vous a été envoyé la semaine dernière.
- le 6 juillet après-midi, « l’Officiel du Handicap » organisait « Les deuxièmes Dialogues de l’Emploi, de la Formation, et de l’Accessibilité des personnes handicapées ». Jean-Marie Cierco, Secrétaire Général de l’AVH qui représentera le CNPSAA au Conseil d’Administration de l’Agefiph, et moi-même y avons assisté. De très nombreux intervenants représentant les différents Ministères ou les grandes entreprises nationales ont exposé durant plus de cinq heures, les mesures qu’ils prennent pour favoriser l’emploi des personnes handicapées. Après de telles interventions, on pourrait croire que nous sommes un « gibier rare » très recherché par les entreprises et Administrations qui se disputent nos compétences, mettent tout en oeuvrent pour adapter nos postes de travail et faciliter notre vie au sein de leurs services. La réalité est pourtant bien loin d’un tel tableau et le Président de l’Agefiph, en réponse à l’une de nos questions a du reconnaître que le taux d’emploi des personnes atteintes d’un handicap lourd était aujourd’hui moins élevé que par le passé. A l’occasion de ce colloque, un guide a été remis à chaque participant. Il contenait notamment l’article « Les spécificités de l’emploi des personnes déficientes visuelles » rédigé par moi que vous trouverez ci-après.
- après un Bureau du CNPSAA dans la matinée du 9 juillet, un groupe de travail s’est réuni l’après-midi pour préparer, à la demande du Directeur Général de l’Action Sociale, un rapport faisant apparaître les surcoûts qu’engendre la déficience visuelle pour les travailleurs en ESAT. Des délégués de la FAF, de Voir Ensemble et de l’AVH ont réfléchi sur cette question et devraient remettre leurs conclusions pour la fin du mois d’octobre prochain.
- le 15 juillet au matin, pas moins de quatre Ministres étaient présents à la réception organisée dans les jardins du Ministère du Travail en l’honneur de l’équipe de France de Cécifoot qui vient d’obtenir un titre de champion d’Europe. Xavier Darcos, Roselyne Bachelot, Rama Yade et Nadine Morano ont successivement pris la parole pour souhaiter, entre autres, que les Jeux Paralympiques se déroulent désormais simultanément avec les Jeux Olympiques afin de bénéficier de la même couverture médiatique. Le Ministre du Travail estime nécessaire d’organiser un statut pour les « métiers de l’assistance », ce qui règlerait notamment le problème des Assistants de Vie Scolaire. Nadine Morano a annoncé la création d’un label « Handivacances » afin, que, comme chaque citoyen, les personnes handicapées puissent accéder aux loisirs.
- le soir de ce même jour, Valérie Létard organisait une réception au Ministère du Développement durable afin de remercier ses collaborateurs et les représentants associatifs qui durant deux ans ont travaillé avec elle dans ses précédentes fonctions. Elle nous a assuré qu’étant désormais en charge de l’Ecologie, elle porterait une attention toute particulière aux questions concernant l’accessibilité des personnes handicapées. Nous ne manquerons pas, si nécessaire, de lui rappeler ses engagements.

Dans ce bulletin vous trouverez aussi :
- la réponse à une question écrite concernant les conditions d’attribution de la prime pour l’emploi aux personnes handicapées
- une annonce du GIAA qui présente ses revues en braille
- une autre de Handicap Zéro relative au Tour de France
- des informations pour se procurer des périodiques pour jeunes et adolescents

Je vous souhaite à tous de très agréables vacances. Sachez que les bureaux du CNPSAA seront fermés les trois premières semaines du mois d’août.

Bon repos et à la rentrée ! Philippe Chazal Président

2) COMPTE RENDU DE L’ENTRETIEN DU 2 JUILLET AVEC NADINE MORANO

Le jeudi 2 juillet dernier, le C.N.P.S.A.A a été invité à rencontrer Madame Nadine Morano, Secrétaire d’Etat chargée de la Famille et de la Solidarité.

Notre délégation était composée par Philippe Chazal, Président et Vincent Michel, Secrétaire Général, tous deux accompagnés par notre secrétaire, Claire Vedel.

Nous avons pu déposer auprès de la nouvelle Ministre un dossier assez complet présentant le C.N.P.S.A.A et ses actions prioritaires.

Nous avons attiré l’attention de la Ministre sur les dossiers suivants :
- question de l’emploi et de la problématique des handicaps lourds ;
- question de l’intégration scolaire, ses moyens et ses rapports avec les établissements spécialisés ;
- question de l’accessibilité des sites Internet et tout particulièrement des sites officiels ;
- question de l’accessibilité en général en relation avec les autres Ministères concernés par cette problématique.

Nous avons demandé à Madame la Ministre de préciser sa position vis-à-vis du plan handicap visuel et souligné notre exigence à ce que les engagements soient effectivement tenus.

Nous lui avons également suggéré qu’une enquête épidémiologique sur le handicap visuel soit prochainement lancée afin de disposer enfin de données fiables en la matière.

La Ministre a pris bonne note de nos observations et préoccupations, elle nous a précisé qu’elle piloterait personnellement la mise en place du plan handicap visuel.

Elle s’est montrée favorable à une action de communication en faveur des déficients visuels à la rentrée.

Pour conclure, nous avons assuré la Ministre de notre volonté de nous inscrire dans une démarche responsable et citoyenne en vue de concourir ensemble à l’amélioration de la situation des personnes aveugles et amblyopes.

Un entretien certainement utile avec une Ministre à l’écoute, mais qui doit encore pénétrer ses dossiers.

Vincent Michel Secrétaire Général du CNPSAA

3) CONDITIONS D’ATTRIBUTION DE LA PRIME POUR L’EMPLOI AUX PERSONNES HANDICAPEES

13 ème législature

Question écrite n° 02910 de M. Jean-Pierre Demerliat (Haute-Vienne - SOC) publiée dans le JO Sénat du 20/12/2007 - page 2316

M. Jean-Pierre Demerliat appelle l’attention de Mme la Secrétaire d’État chargée de la Solidarité sur les conditions d’attribution de la Prime au Retour à l’Emploi de 1 000 euros instituée par la loi du 23 mars 2006 (n° 2006-339) aux personnes bénéficiaires de minima sociaux.

Depuis le 1er octobre 2006, les titulaires du RMI, de l’Allocation Parent Isolé (API) et de l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) qui débutent ou reprennent une activité professionnelle, touchent une Prime de Retour à l’Emploi.

Il n’en va pas de même des bénéficiaires de l’Allocation Adulte Handicapé (AAH) : la reprise d’une activité professionnelle ne leur permet pas de solliciter cette Prime de Retour à l’Emploi. Cette situation, qui a été récemment dénoncée par le Médiateur de la République, pénalise des personnes en situation de handicap, qui pourtant déploient des efforts considérables pour rester actives.

Aussi, il lui demande quelles mesures il compte prendre afin de mettre fin à cette inégalité de traitement.

Transmise au Ministère du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité.

Réponse du Ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville publiée dans le JO Sénat du 02/07/2009 - page 1714

L’attention du Gouvernement a été appelée sur les conditions d’attribution de la Prime au Retour à l’Emploi (PRE) instituée par la loi n° 2006-339 du 23 mars 2006 relative au retour à l’emploi et sur les droits et les devoirs des bénéficiaires de minima sociaux. La PRE, d’un montant de 1 000 euros, concerne les bénéficiaires de l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS), de l’Allocation de Parent Isolé (API) et du Revenu Minimum d’Insertion (RMI). Cette allocation vise en priorité à favoriser la sortie de l’assistance des allocataires du RMI, de l’ASS et de l’API en encourageant les reprises d’emploi d’une durée suffisante pour assurer l’autonomie financière de ces salariés et de leur famille, et définit pour les bénéficiaires les règles de l’intéressement (cumul total ou partiel de l’allocation avec les revenus tirés de l’activité). Il a toutefois été décidé d’abandonner ce dispositif, au profit de la mise en place du Revenu de Solidarité Active (RSA), qui vise à mettre en place, pour toutes les personnes à faible revenu, un mécanisme qui garantisse que chaque nouvelle heure travaillée améliore les ressources du bénéficiaire. Dans le cadre de la création du RSA, s’est posée la question d’y intégrer les bénéficiaires de l’Allocation Adulte Handicapé. Bien que les mêmes objectifs d’encouragement à l’accès ou au retour à l’emploi soient poursuivis pour ce public, l’intégration de l’Allocation Adulte Handicapé (AAH) au RSA n’a pas été jugée opportune pour deux raisons principales : les difficultés d’accès à l’emploi des personnes handicapées ne sont pas essentiellement liées à la situation du marché du travail mais à des difficultés propres : état de santé, fatigabilité, accessibilité des locaux professionnels, nécessité d’un accompagnement adapté ; pour les personnes dans l’incapacité totale de travailler, l’amélioration du pouvoir d’achat ne peut, à l’évidence, pas passer par les revenus d’activité. C’est la raison pour laquelle le Gouvernement a préféré transposer à l’AAH les objectifs poursuivis à travers la création du RSA, en les adaptant sur deux points principaux : une période de cumul intégral entre salaire et allocation de six mois, au lieu de trois mois dans le RSA, parce que les personnes handicapées ont souvent besoin de plus de temps pour consolider leur emploi ; un abattement sur les revenus d’activité perçus au-delà de six mois plus avantageux en cas de temps partiel (80 % jusqu’à 0,4 SMIC au lieu de 60 % dans le RSA) parce que les personnes handicapées travaillent très fréquemment à temps partiel en raison de leur plus grande fatigabilité.

4) SEMINAIRE DU CFHE

« L’emploi des personnes handicapées : approches et pratiques européennes »

Mardi 17 novembre 2009 Paris – Hôtel Novotel Porte d’Italie

Ce séminaire est la concrétisation d’une demande des associations membres du CFHE qui souhaitent mieux connaître ce qui se passe dans les autres pays européens en matière d’emploi des personnes handicapées.

Le programme comportera trois temps, accompagnés de débats :

- une brève présentation des systèmes juridiques et financiers pour chacun des six Etats représentés (Allemagne, Danemark, Espagne, Irlande, Italie, Slovaquie) apportant un soutien à l’emploi des personnes handicapées (quota ? …),
- identification des principaux obstacles rencontrés par ces personnes tout au long de leur parcours, tant dans les phases d’accès et de maintien dans un poste, que lors des arrêts d’activité (rupture du contrat de travail, départ en retraite…),
- présentation par un représentant de chacun de ces 6 pays des pratiques favorables à l’emploi, et discussion sur les conditions pratiques d’une éventuelle mise en œuvre dans le contexte culturel et légal français :

Ce travail de présentation comparative des différents systèmes privilégiera le recours à des exemples concrets et des approches interactives, alternant « tables rondes », interventions de « grands témoins », débats…

L’AGEFIPH et le FIPHFP ont aimablement accepté d’apporter leur contribution.

Leur expérience, comme acteurs essentiels du développement de l’emploi des personnes handicapées, nous sera très utile, notamment dans la phase de « consolidation des apports », et dans la phase de réflexion sur une possible transposition dans l’environnement français.

Alain Faure Président CFHE

Christian Delorme Secrétaire du Conseil d’Administration du CFHE

5) LES SPECIFICITES DE L’EMPLOI DES PERSONNES AVEUGLES OU ATTEINTES DE DEFICIENCE VISUELLE PROFONDE.

S’il est un point commun entre la loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 « Rénovant l’Action Sociale » et celle n° 2005-110 du 11 février 2005 « Pour l’Egalité des Droits et des Chances, la Participation et la Citoyenneté des Personnes Handicapées », c’est bien de mettre la personne au centre de chacun des dispositifs établis par ces textes.

Le premier garantit des droits individuels aux personnes accueillies en établissement, leur donne des moyens d’expression nouveaux, les associe étroitement à toute décision qui les concerne, il remplace la notion de « prise en charge collective » par celles « d’objectifs », de « services rendus », d’accompagnements individualisés.

Le second impose à la CDAPH d’évaluer au plus juste les besoins de la personne en fonction de la nature et de la gravité de son handicap et de ses souhaits, en matière de compensation, scolarisation, il prend en compte les spécificités propres à chaque forme de handicap pour fixer les règles d’accessibilité à la voierie, aux bâtiments, aux transports, aux supports de communication.

En matière d’emploi, au contraire, les règles édictées par la loi n° 87-510 du 10 juillet 1987 « En Faveur de l’Emploi des Travailleurs Handicapés » modifiées et étendues par celle de février 2005 précitée, restent trop générales et concernent l’ensemble des travailleurs handicapés, sans distinction liée à la nature du handicap dont chacun est porteur. Seule une éventuelle « lourdeur du handicap » peut être prise en compte pour atténuer les obligations et alléger la charge des entreprises, mais les règles relatives à son appréciation telles que modifiées en 2005 ne satisfont ni les employeurs, ni les partenaires sociaux, ni même les intéressés qui les jugent complexes et totalement inadaptées : il serait urgent de les modifier.

Pourtant, les « aménagements appropriés » indispensables à un travailleur déficient visuel n’ont rien de commun avec ceux utiles à un déficient auditif, encore moins avec ceux nécessaires à une personne handicapée en fauteuil. De même, les besoins d’une personne atteinte de cécité totale ne sont pas ceux d’un déficient visuel même profond : pouvoir utiliser un faible résidu visuel ouvre des perspectives considérables non seulement dans la vie quotidienne mais aussi dans le domaine professionnel. Nous nous réjouissons donc de l’opportunité qui nous est offerte aujourd’hui de présenter nos propres spécificités, qu’il s’agisse de difficultés à surmonter, ou, plus rarement d’avantages à exploiter au mieux.

Dans certains pays européens, en Italie par exemple, les personnes atteintes de cécité se voient réserver des emplois dans quelques professions qui leur sont particulièrement accessibles : masseur, enseignants, agent d’information, standardiste, gestionnaires de bases de données, télémarketing. La liste évolue régulièrement. Bien entendu, ces professions ne sont pas limitatives et chacun conserve la possibilité d’exercer le métier de son choix : les avocats aveugles sont en ce pays plus nombreux que chez nous ! Il n’en demeure pas moins que grâce à ces « professions réservées » le taux de chômage des déficients visuels est là-bas proche de zéro alors qu’en France, il dépasse 17% si l’on en croit les statistiques officielles, 60% si l’on prend en compte l’ensemble des personnes inoccupées qui ne sont pas toutes inscrites comme demandeurs d’emploi. Sur quelques 18.000 personnes totalement aveugles en âge de travailler, seulement 7.000 auraient aujourd’hui une activité professionnelle.

A - LA VIE AU QUOTIDIEN

Depuis toujours, la cécité ou la déficience visuelle profonde ont été considérées, tant par l’OMS que par le grand public, comme le handicap le plus grave pouvant affecter l’homme. Ceci s’expliquait hier par la quantité d’informations nous étant transmises par la vue (près de 90%), c’est encore plus criant aujourd’hui en raison de l’importance prise par l’image dans notre société de la communication.

Dans sa vie quotidienne, privée comme professionnelle, le déficient visuel profond devra, pour surmonter son handicap, faire preuve d’une attention constante alors que l’usage de la vue évite souvent de réfléchir pour accomplir des tâches simples.

Impossible de retrouver aisément des clés ou des lunettes posées sur un meuble, un papier laissé sur une table ou tombé à terre : pour nous l’ordre est essentiel. Dans son travail comme dans la vie quotidienne, le déficient visuel sera souvent attentif, ordonné, méthodique, trois qualités essentielles.

Pour assortir seul chemise et cravate, retrouver aisément sans risque d’erreur une boîte de conserve, un produit congelé ou une bouteille, pour repérer disquette, CD ou clé USB, il est indispensable de les identifier par une marque ou une étiquette, ce qui prend du temps et est souvent fastidieux ! Là encore, on retrouve l’ordre, l’attention et la méthode mais force est de reconnaître que l’absence totale ou profonde de vision peut allonger le temps nécessaire pour effectuer certaines activités, et parfois même engendrer une certaine fatigabilité, surtout pour le déficient visuel qui ne sait pas toujours utiliser au mieux sa vision résiduelle. Le travail de l’orthoptiste sera justement de lui indiquer les aides optiques les mieux appropriées, de l’entraîner par des exercices adaptés. Au sein de l’entreprise, le médecin du travail assisté, si besoin, d’un ergonome, donnera des conseils sur l’intensité lumineuse souhaitable, l’orientation et l’aménagement du poste de travail.

Pour ne pas se cogner dans une porte laissée entrouverte, ne pas risquer une chute devant un four ou un lave-vaisselle non refermé, pour éviter de renverser le contenu d’une bouteille restée sans bouchon, des automatismes doivent être acquis, non seulement par la personne déficiente visuelle, mais surtout par son entourage : famille, collègues. Il conviendra ainsi de ne pas laisser sans surveillance, même pour un temps limité, un chariot, des outils, un sceau plein d’eau ou de peinture, dans un couloir, bureau ou atelier. Ces précautions, qui, a priori, peuvent sembler pesantes, limiteront aussi les risques d’accidents pour l’ensemble du personnel de l’entreprise, elles deviendront très vite des automatismes pour l’entourage immédiat du travailleur handicapé visuel.

L’usage de la mémoire évitera souvent de rechercher un numéro de téléphone, une adresse, d’oublier un rendez-vous, autant d’informations qui peuvent bien sûr être aujourd’hui stockées sur un ordinateur, ce qui n’était pas le cas autrefois. Mais faire une confiance « aveugle » aux nouvelles technologies entraîne souvent bien des déconvenues, une panne électrique, un disque dur endommagé, et bien des données s’envolent ! Par nécessité et par habitude, les déficients visuels ont souvent une mémoire assez développée. Ils se souviendront d’une date, d’une conversation, de tel ou tel fait divers tombés dans l’oubli. Ceci peut avoir des conséquences très positives.

Contrairement aux idées reçues, l’utilisation des autres sens (toucher, ouïe, odorat), outre qu’elle peut souvent s’avérer en opposition avec les convenances sociales, est bien loin d’apporter autant d’informations que la vision. « On est plus près quand on touche que quand on regarde » disent certains, mais l’application de cette vérité n’est souvent ni possible ni souhaitable ! Restons sérieux, et convenons qu’il est exact que la personne aveugle ou atteinte d’une déficience visuelle compensera ce déficit par une meilleure utilisation des autres sens. L’odorat nous permettra de savoir que l’on se trouve devant une teinturerie alors que les narines du bien voyant n’entreront en alerte que devant le poissonnier ou le boulanger ! L’ouïe nous apportera une quantité énorme d’informations, mais, en contrepartie, le déficient visuel sera très souvent énormément sensible au bruit. Il sera totalement perdu, désorienté, si l’ambiance sonore est trop forte, d’autant que son handicap l’empêche d’utiliser le « langage non verbal » : un signe de la main, un clin d’œil ou un hochement de tête ne lui sont pas accessibles. Face à certaines machines (presses, marteaux piqueurs), dans des ambiances trop sonores (piscines, grands halls, restaurants), il n’aura d’autre choix que de s’arrêter en attendant de l’aide. Force est de constater que, trop souvent, l’attention portée aux nuisances sonores est très insuffisante. Rares sont les cafeterias où l’on peut discuter calmement avec son voisin, les bureaux ou même les pièces de repos bien insonorisées. La présence d’un déficient visuel, attentif à cet aspect, sera là encore bénéfique à tous.

B - LA MOBILITE PHYSIQUE ET LES DEPLACEMENTS.

Contrairement à une idée reçue trop souvent répandue, la mobilité physique n’est pas en soi affectée par la déficience visuelle :

- monter ou descendre un escalier, franchir une porte, ne constituent nullement des obstacles à condition que la personne en ait été prévenue ou connaisse les lieux. La personne aveugle ou déficiente visuelle empruntera volontiers l’escalier roulant plutôt que l’ascenseur, circulera aisément dans un couloir mal éclairé ou tortueux, n’aura pas de difficulté à faire chaque jour un trajet complexe qu’elle connaît bien, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’entreprise. Nous ne parlerons pas ici des sportifs non-voyants qui pratiquent l’escalade, le judo, ils restent malgré tout l’exception.

- Les aveugles dits « tardifs » qui ont eu la chance de pouvoir utiliser un résidu visuel même limité pendant un certain temps (jusqu’à l’âge de dix ans par exemple », garderont souvent de cette période un sens de l’orientation développé qui, conjugué à la mémoire et à l’attention évoquées ci-dessus leur permettra parfois de retrouver la sortie plus rapidement que le guide qui l’accompagne ! De même, les personnes qui ont pu utiliser la vue, même très peu de temps, gardent en mémoire la représentation spatiale, les couleurs de base, le reflet d’un miroir ou un tableau qu’elles ont pu observer. Cela constitue pour elles un apport considérable, tant dans la vie sociale que professionnelle.

- Porter un plateau et se déplacer à l’intérieur du restaurant de l’entreprise est toujours possible, si le chemin est libre de tout obstacle inattendu. Sur un trajet ou à l’intérieur de lieux connus, le handicap sera vite oublié !

En revanche, l’impossibilité de conduire, les difficultés rencontrées pour circuler aisément et rapidement sur des voies inconnues, imposeront une certaine sédentarité aux déficients visuels limitant ainsi considérablement le nombre de professions qui leur est accessible. Qu’il soit accordeur de piano, artisan qui répare les sièges ou même masseur-kinésithérapeute, le déficient visuel profond aura très souvent besoin d’un chauffeur pour se rendre au domicile de ses clients. Ce guide qui sera souvent un proche dans la vie, pourra être un collègue, une secrétaire, un chauffeur de taxi, qui créera inévitablement des charges supplémentaires pour l’entreprise. Nous voudrions ici insister sur le caractère irremplaçable des aides humaines, que les machines ou ordinateurs, aussi perfectionnés soient-ils, ne pourront jamais rendre totalement inutiles. Si une aide technique peut aider un enseignant aveugle à prendre connaissance d’un document imprimé (scanner), à lire l’écran d’un ordinateur (logiciel JAWS doublé d’une synthèse vocale ou d’une plage braille), il aura toujours besoin d’un assistant pour corriger des copies manuscrites, surveiller un examen, se déplacer aisément sur les lieux de stage de ses élèves ou étudiants. L’AGEFIPH a mis du temps pour admettre la complémentarité des aides techniques et humaines pour un même travailleur et sur une longue période. Elle a aujourd’hui pris conscience de cette complémentarité.

Cette sédentarité, même relative, sera souvent un frein à une évolution de carrière : l’employeur hésitera à demander au travailleur aveugle ou déficient visuel de s’installer dans un autre bâtiment, encore bien davantage à lui proposer une promotion qui impliquerait une mutation sur un autre site. Il en résulte une évolution de carrière souvent plus lente, et ceci d’autant plus que de nouvelles responsabilités entraînent presque toujours de nouvelles tâches, qui ne sont pas toujours aisément accessibles sans l’usage de la vision.

C - LA COMMUNICATION.

Communiquer par la parole ne présente aucune difficulté pour la personne aveugle ou malvoyante qui est toujours blessée lorsqu’un interlocuteur s’adresse à son guide plutôt qu’à elle-même, ce qui arrive encore trop souvent ! En revanche, la communication gestuelle lui est fermée de sorte qu’elle doit apprendre à respecter certaines convenances, être initiée à des activités qui s’acquièrent naturellement (la danse par exemple), se passer des possibilités offertes par l’échange d’un regard.

Malgré les progrès de la technologie, il reste toujours difficile d’accéder rapidement aux documents, souvent écrits dans des formats inaccessibles, de communiquer en ligne, de jouir des immenses ressources offertes par le net. Là est bien l’un des obstacles essentiels à notre pleine participation. Une récente enquête fait apparaître que pour 90% des handicaps dont sont porteurs les demandeurs d’emploi, aucun aménagement de poste n’est nécessaire. Pour certains travailleurs handicapés, ces aménagements de postes, bien que parfois onéreux, sont relativement stables : aménagement d’un ascenseur, abaissement d’une table etc. Pour la personne aveugle ou gravement déficiente visuelle, au contraire, l’aménagement de poste sera non seulement indispensable, mais très souvent onéreux et évolutif ce qui, là encore, ne facilite pas son admission ou maintien sur le marché du travail.

- Si quelques travailleurs aveugles ou déficients visuels exercent encore des métiers essentiellement manuels (accordeurs, caneurs/rempailleurs, fermiers, ouvriers en usines, entreprises adaptées ou Etablissements d’Aide par le Travail), artistiques (organistes, concertistes, chanteurs), la plupart ont aujourd’hui des professions qui nécessitent l’usage quotidien de l’ordinateur. Outre les informaticiens, citons les enseignants, interprètes, juristes, chercheurs, travailleurs sociaux, secrétaires, agents d’accueil, masseurs-kinésithérapeutes qui sont, en France, les plus répandues comme l’a montré l’ouvrage « Les Aveugles au Travail » publié aux éditions du Cherche Midi en avril 1999. On y trouve d’ailleurs des métiers surprenants tels que comédien, sculpteur, boulanger, fleuriste, professeur de judo ou de yoga, psychiatre, député, journaliste, ce qui prouve qu’avec de la de la ténacité, du courage et de l’imagination, bien des choses sont possibles, même sans la vue !

1- ORDINATEUR ET PERIPHERIQUES.

Pour communiquer, l’ordinateur est, à présent, l’outil indispensable. Celui d’une personne aveugle devra impérativement être doté des éléments suivants :

- un logiciel dit « de communication », JAWS est, aujourd’hui, le plus répandu. Il permet de transmettre sous forme vocale et/ou braille les informations qui apparaissent sur l’écran.

- Une synthèse vocale, comme Eloquence ou RealSpeak Solo, est souvent utilisée. Il s’agit soit de voix de synthèse très mécaniques auxquelles on s’habitue assez vite, soit de voix qui se rapprochent beaucoup de la voix humaine. Elles sont diffusées via les haut-parleurs de l’ordinateur.

- Une ligne braille de 20, 40 ou 80 caractères, placée sous le clavier de l’ordinateur, qui reproduit ainsi chaque caractère qui apparaît à l’écran. Il est important de souligner ici qu’un aveugle de naissance qui a très jeune utilisé le braille, ne pourra s’en passer notamment pour lire ou écrire des documents complexes (rapports, tableaux de données, problèmes mathématiques, partitions musicales) ou en langues étrangères. Lorsque cette ligne braille possède des fonctions internes équivalentes à celles d’un PDA, un étudiant peut prendre des notes en braille plus vite que ses camarades « voyants ». Il utilise pour cela le « braille abrégé » qui lui permet de ne plus écrire tous les mots lettre à lettre mais en les contractant ; de plus, chacun a mis au point des abréviations personnelles pour les mots les plus couramment employés par lui. De même, alors qu’un aveugle de naissance pourra lire le braille à une vitesse comparable à celle de n’importe quel lecteur, celle-ci sera d’autant plus lente que la personne a appris le braille à un âge avancé, ce qui s’explique aisément par une moindre sensibilité tactile. Bien souvent, une personne qui a perdu la vue à l’âge adulte travaillera plus rapidement avec la synthèse vocale. En réalité, braille et vocal ne sont pas concurrents mais complémentaires, utilisés ensemble ou séparément selon les aptitudes de chacun.

- De façon optionnelle, un scanner viendra faciliter la lecture autonome des documents, une imprimante braille permettra de les reproduire sur papier à condition qu’un « logiciel de transcription » ait été installé en amont afin de transformer les caractères « noir » en codes braille et souvent de reformater la présentation du texte. DBT est aujourd’hui le logiciel le plus employé. Il permet de transcrire des textes littéraires en plus de trente langues, la musique, les mathématiques.

Le poste de travail d’un déficient visuel sera relativement plus simple à adapter. Il suffira parfois de remplacer l’écran de l’ordinateur par un autre de taille plus importante afin de grossir les caractères. Ce peut être aussi un logiciel (Zoom texte est le plus connu) qui permet de changer la taille ou le contraste des caractères ou images. Un télé agrandisseur sera très souvent utile pour agrandir le format des documents à lire. Notons ici, comme nous l’avons dit plus haut, que l’éclairage du poste de travail est un élément essentiel de son adaptation : intensité, place des sources de lumière.

Pour conclure sur l’adaptation du poste de travail, indispensable comme nous l’avons vu pour les travailleurs aveugles ou malvoyants, celle-ci est souvent un préalable à leur prise de fonction. Elle doit donc intervenir aussi rapidement que possible lorsqu’ est prise la décision d’embauche. Tel n’est, hélas, pas souvent le cas pour de multiples raisons : relative lourdeur du dossier à constituer pour obtenir l’aide de l’AGEFIPH ou du FIPHFP, lenteur de la décision, délais incompressibles pour le choix, la commande et la livraison du matériel ou des logiciels, nécessité d’un temps d’apprentissage du futur salarié. C’est là encore un frein considérable à l’emploi qui pourrait peut-être se limiter par la mise en place d’un service national de prêt qui ferait le relais entre l’embauche et l’obtention du matériel nécessaire.

Un soin tout particulier doit enfin être apporté à la maintenance du matériel, car plus qu’un autre, le déficient visuels sera pénalisé s’il ne peut utiliser un matériel par suite d’une panne : il est probable qu’aucun autre ne sera disponible pour lui permettre de travailler. Le coût des contrats de maintenance peut aussi, rappelons-le, être pris en charge par l’AGEFIPH ou le FIPHFP.

2- DES LOGICIELS EN PERPETUELLE EVOLUTION.

Une fois réalisée, l’adaptation du poste de travail ne résout pas pour autant tous les problèmes. Un obstacle majeur reste à surmonter : les différents logiciels utilisés par l’entreprise ou l’administration doivent être compatibles avec le logiciel « de communication » décrit plus haut, et ce n’est pas une mince affaire ! Qu’est-ce que cette compatibilité ? JAWS doit permettre à l’utilisateur, à sa demande, d’accéder sous forme braille ou sonore à l’information qu’il recherche, d’effectuer telle ou telle commande non pas avec la sourie (inutilisable par la personne aveugle) mais à l’aide de raccourcis clavier.

En ce qui concerne les logiciels de bureautique, le Pack Office de Microsoft était et demeure relativement utilisable, du moins pour Word, Excel et Outlook, Access et PowerPoint le sont beaucoup moins. Outlook constitue pour nous un fabuleux moyen de communication, rien de plus facile que d’envoyer ou recevoir un courrier électronique, correspondre au travers d’une liste de diffusion : notre vie quotidienne, personnelle comme professionnelle, s’en est trouvée bouleversée, même si cet outil ne diminue pas forcément notre charge de travail, parfois bien au contraire ! En revanche, Open Office, déjà utilisé par quelques Administrations, est totalement inaccessible ce qui risque de compromettre gravement la mise au travail ou même le maintien dans l’emploi de nombreux fonctionnaires handicapés visuels.

Mais les entreprises et administrations utilisent aussi une multitude de logiciels spécifiques à leur secteur d’activité : banque, assurances, vente sur catalogue, tourisme, pour n’en citer que quelques-uns. Les nombreuses recherches visant à ouvrir de nouveaux débouchés aux déficients visuels ont toutes (ou presque) butté sur l’impossibilité de « piloter » ces logiciels avec JAWS. Un succès a certes été remporté en 2005 avec l’adaptation de Amadeus qui a permis au Centre de Formation et de Rééducation Professionnelle de l’Association Valentin Haüy d’ouvrir une nouvelle formation dans le domaine du tourisme, mais il fallut tout refaire quelques mois plus tard avec l’apparition de la nouvelle version de ce logiciel ! Ne parlons pas des logiciels « maison » que les entreprises ajoutent souvent à ceux du commerce pour en améliorer telle ou telle performance, ils constituent pour nous une nouvelle barrière à franchir.

Bien que les coûts de ces adaptations soient très loin d’être négligeables, ils ne sont pas le principal obstacle dans la mesure où ils peuvent être assumés par l’AGEFIPH ou le FIPHFP, qui ont d’ailleurs signé ensemble une convention de partenariat pour collaborer sur des adaptations très demandées. Le nœud du problème réside dans l’accès aux fichiers sources du logiciel à adapter, qui n’est pas toujours facilité, ou même autorisé par son concepteur. De plus, les développeurs qui ont les compétences très pointues nécessaires pour écrire les scripts d’adaptation sont hélas trop peu nombreux. Une amélioration que nous réclamons depuis longtemps serait la constitution d’un fichier national des logiciel déjà adaptés, ce qui éviterait de refaire plusieurs fois le même travail, et donc de le payer en conséquence, par un simple manque d’information.

D - L’INFORMATION.

L’apparition du net, ouvert à tous à la fin des années 80, a-t-elle constitué un progrès pour les personnes aveugles et malvoyantes ? A cette question, on peut sans hésitation répondre par l’affirmative, certains vont jusqu’à parler d’une « révolution aussi importante que l’invention du braille », ce qui est, à notre sens, un peu exagéré. Il n’en demeure pas moins que, même si cela nous prend toujours beaucoup plus de temps qu’à nos collègues, nous pouvons sans aide accéder à des bases de données, telles que « Légifrance » pour les juristes, des dictionnaires ou encyclopédies pour les linguistes ou interprètes, et bien d’autres informations sur Google par exemple. Beaucoup d’espoirs sont nés avec l’apparition de l’informatique adaptée, des portes semblaient prêtes à s’ouvrir si nous pouvions monter dans le train des nouvelles technologies. Pourtant, une fois encore, ce train nous prit de vitesse : le mode « texte » qui semblait avoir été fait pour nous avec le système d’exploitation MSDOS fut très vite supplanté par le mode graphique sous Windows, plus convivial à utiliser pour le grand public qui peut, par un simple « clic », effectuer des commandes autrefois complexes à retenir. Les images, icônes, menus déroulants remplacent le texte, et nous voici de nouveau sur le bord du chemin. La loi du 11 février 2005 a dû imposer aux Administrations de rendre accessibles les sites publics en ligne, mais, à ce jour, le décret d’application nécessaire n’est toujours pas paru. De même, trop souvent, les intranets des entreprises ne prennent pas en compte nos besoins lors de leur conception de sorte qu’il est ensuite très rare que nous puissions les utiliser.

Un autre domaine pour lequel les travailleurs aveugles et malvoyants sont très pénalisés par les difficultés qu’ils rencontrent pour communiquer aisément, est celui de l’accès aux formations continues. Certes, les entreprises sont généralement disposées à leur en faire bénéficier, conformément aux textes légaux, mais les supports de cours sont aujourd’hui presque uniquement visuels : PowerPoint. Suivre une démonstration sans support est une gageure, il faut beaucoup de ténacité, d’aide des collègues et de l’enseignant pour y parvenir. Certains centres de formation pour déficients visuels ont bien tenté de mettre en place des cursus adaptés, mais chaque entreprise a ses propres exigences, la demande est irrégulière, de sorte qu’il est difficile, voire impossible, de couvrir les coûts et que plusieurs ont abandonné ce domaine. La Validation des Acquis de l’Expérience qui se met progressivement en place ouvrira peut-être de nouvelles voies.

CONCLUSIONS.

Au terme de ce tour d’horizon, quelques brèves remarques s’imposent encore pour être tout à fait complet : les premières concernent la personne handicapée visuelle elle-même, les secondes sont plus générales.

Contrairement à certains autres handicaps, la déficience visuelle est souvent évolutive, non stabilisée. Celui qui en est atteint pourra rencontrer des difficultés particulières pour accepter l’aggravation de sa maladie et la lourdeur croissante des conséquences qui en découlent. Un soutien psychologique sera parfois bien nécessaire, une rééducation fonctionnelle pourra également être utilement préconisée par le médecin du travail. Si un changement de poste de travail doit être envisagé, il est toujours préférable d’associer l’intéressé à la décision et de l’y préparer le plus tôt possible.

L’absence totale de vue ou une vision très dégradée empêchent parfois ceux qui en sont victimes de soigner, autant qu’il le faudrait, leur présentation. C’est là un nouvel handicap qui risque de les couper des autres, de les maintenir à l’extérieur d’un groupe ou d’une équipe. Avec tout le doigté nécessaire, l’entourage familial ou professionnel devra attirer l’attention de l’intéressé sur ce point.

Dans le même ordre d’idée, le savoir être est tout aussi important, quelqu’un de souriant, qui sait rendre service, sera mieux accueilli qu’un bougon renfermé sur lui-même. A ce sujet, l’entourage devra cependant ne pas oublier la déficience visuelle qui empêche de saluer une personne que l’on ne voit pas, de lui sourire en passant près d’elle, sans que cela ne soit un signe ni de mépris, ni d’indifférence.

Le chien guide est souvent perçu comme un facteur d’intégration au sein d’une équipe, on le prend pour prétexte pour parler à son maître, ainsi des liens se nouent. Il est plus rare, mais cela arrive aussi, que le chien soit rejeté par les collègues qu’il peut être alors bien difficile de convaincre.

Bien qu’ils soient porteurs des spécificités évoquées ci-dessus, les travailleurs déficients visuels n’en demeurent pas moins soumis aux contraintes qui pèsent sur les personnes handicapées en général :

- un niveau de qualification souvent très inférieur à celui demandé.
- Des formations reçues qui ne sont pas toujours en adéquation avec les besoins des entreprises,
- Une motivation insuffisante pour rechercher un travail salarié, d’autant que le mode de calcul des prestations sociales n’est pas toujours incitatif à se procurer un emploi.
- La nécessité de mieux faire connaître aux entreprises les capacités des travailleurs handicapés. De récentes campagnes d’information vont d’ailleurs en ce sens. N’oublions jamais que rien ne vaut un stage pour montrer ce dont on est capable, mettre un pied dans l’entreprise, et parfois l’y laisser très longtemps.

Valoriser la différence, promouvoir l’image sociale de l’entreprise, renforcer la cohésion d’une équipe, réduire l’absentéisme par l’emploi de personnes qui ont réellement fait le choix de travailler, faire preuve enfin de solidarité, voici quelques-unes des raisons mises en avant pour convaincre les employeurs du bien-fondé de favoriser l’emploi des travailleurs handicapés en général, toutes s’appliquent aux déficients visuels que nous aimerions voir retrouver la place qui leur revient sur le marché du travail.

Nous voulons y croire obstinément et rester confiants en l’avenir.

Paris, le 2 décembre 2008.

Philippe CHAZAL Président du CNPSAA

6) DÉCOUVREZ LES REVUES EN BRAILLE DU GIAA !

Le service Transcription du Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes vous propose depuis plus de 30 ans, en plus de ses services sonores, une sélection de revues de qualité sur support braille pour les grands et les petits.

Notre sélection pour adultes : Qu’on Se Le Dise, le bulletin d’information du GIAA ; Bulletin Pédagogique, du Groupement des Professeurs et Educateurs d’Aveugles et d’Amblyopes ; Santé Famille Magazine, santé et bien-être de la famille ; Prions en Église, les lectures de la messe et l’actualité religieuse.

Pour les enfants : Ma petite revue, histoires captivantes pour les 7-10 ans ; Sapajou, reportages et dossiers thématiques pour les 8-12 ans ; 2000 points, actualités, sport, musique, cinéma etc. pour les 12-16 ans.

Renseignements au 01 47 34 30 00 et sur www.giaa.org ou service.transcription@giaa.org

7) COMMUNIQUE DE PRESSE HANDICAP ZERO : TOUR DE FRANCE

Chacun son Tour ! S’approprier le Tour. Comme chaque été, des millions de spectateurs suivent l’événement cycliste planétaire qu’est le Tour de France.

A partir du 2 juillet, HandiCaPZéro, partenaire d’A.S.O., a associé tous les amateurs aveugles et malvoyants à la course. Le livre de route composé d’informations essentielles : parcours, étapes, équipes, enjeux… est diffusé gratuitement en braille ou en audio par l’association.

A découvrir également dans cette édition : l’interview de Gérard Porte, médecin-chef du Tour.

Pour recevoir gratuitement un exemplaire en braille ou sur CD audio :

- Commandez en ligne à partir de "recevoir l’édition adaptée" sur handicapzero.org - rubrique sport Tour de France 2009.
- Appelez au 0800.39.39.51 (gratuit depuis un poste fixe en France métropolitaine).

Vivre le Tour.

Dès le départ du Tour à Monaco, HandiCaPZéro a été le relais accessible du site officiel letour.fr pour ne rien manquer de la course : dépêches minute par minute, communiqués de fin de course, classements quotidiens. En un clic : handicapzero.org : rubrique "sport" - Tour de France 2009. letour.fr à partir du lien « déficients visuels ».

8) PERIODIQUES POUR JEUNES ET ADOLESCENTS

Message pour les parents de jeunes adolescents déficients visuels

Certains le savent peut-être, je suis responsable du facteur du cœur.

Ésope Éditions vient de mettre en place, pour la rentrée scolaire, les magazines suivant : Okapi, Je Bouquine, Sciences et Vie junior, sur CD audio.

Les revues audio seront proposées en téléchargement. Ces revues seront diffusées gratuitement, tous les mois à compter de la prochaine rentrée scolaire

Si des parents sont intéressés, ils peuvent me contacter à l’adresse suivante : facteur59@hotmail.fr, en m’indiquant l’âge et le prénom de leur enfant.

Je transmettrai ces informations à Ésope Éditions.

Le facteur du cœur a pour but de lutter contre l’exclusion et de sortir de l’isolement les enfants atteints d’une maladie ou d’un handicap.

Je fais également des sensibilisations avec Uba, mon chien guide, au sein des écoles, collèges et lycées sur le handicap visuel, étant handicapé visuel moi-même. Il me semble important de sensibiliser nos chères têtes blondes afin que les enfants d’aujourd’hui deviennent les messagers de demain et que l’exclusion fasse partie du passé. http://www.facteurducoeur.com

Le blog de Uba mon chien guide : http://uba-chien-guide.skyblog.com

Pour les premiers numéros, qui devraient sortir courant octobre, un magazine test sortira en premier qui sera Okapi. Par la suite, les autres magazines seront disponibles si le projet marche bien.

Les magazines, seront enregistrés par des enfants du collège qui feront la lecture.

Si vous connaissez des jeunes ados entre 10 et 15 ans, qui pourraient être intéressés par ce projet, merci de faire circuler l’information.

Si vous avez des forums, ou sites, ou blogs à qui je pourrais faire passer l’information, merci de me le faire sa voir.

Merci a tous de votre aide.

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