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Confédération Française pour
la Promotion Sociale
des Aveugles et Amblyopes

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Bulletin 4 du 2 avril 2012

Table des matières :

1)- ÉDITORIAL

Si je n’ai pas fait d’éditorial dans le précédent bulletin d’information afin de ne pas envenimer la situation, il ne serait pas honnête de ma part de vous cacher plus longtemps que la CFPSAA traverse actuellement une « zone de turbulences » comme elle n’en a heureusement que très peu connue dans son histoire. Je n’entrerai pas dans les détails craignant de perdre l’objectivité que doit absolument conserver le Président d’une association en crise, sachez seulement qu’il est très difficile de faire marcher ensemble plus de trente associations très différentes par leur taille, leurs objectifs, leur mode de fonctionnement et de communication.

Ouvrer au bénéfice des déficients visuels n’est pas un ciment suffisant pour gommer les désaccords :

- Sur les buts de la Confédération : doit-elle se contenter de faire entendre la voix des déficients visuels auprès des Pouvoirs Publics ou doit-elle avoir une action de communication sur des questions transversales auprès du grand public ? Peut-on être représentatifs auprès des différentes autorités sans avoir aucune autre communication ni visibilité à l’extérieur ? La CFPSAA doit-elle communiquer directement avec les déficients visuels eux-mêmes, et ainsi transmettre leurs demandes et avis aux associations membres ou laisser ce rôle à chacune des associations qui la composent ?

- Sur les moyens dont elle a besoin pour fonctionner : la CFPSAA pourra-t-elle fonctionner de façon autonome, engager son propre personnel, avoir des locaux hors de ceux d’une association membre ? On peut en douter si chaque association n’accepte pas de contribuer au budget général dans la mesure de ses moyens, ou, pire encore, si elle subordonne sa participation à des conditions inacceptables.

Ce sont bien de tels débats qui compliquent sérieusement notre fonctionnement depuis plusieurs mois. J’ai cru d’abord à des difficultés relationnelles avec les dirigeants d’une importante association mais je cois aujourd’hui que celles-ci n’étaient que la face visible de l’iceberg et que les réponses aux questions évoquées ci-dessus seront bien plus compliquées à donner, surtout si chacun ne joue pas le jeu de la démocratie.

Je n’en dirai pas davantage, de très âpres discussions sont en cours auxquelles il n’est même pas certain que toutes les parties concernées acceptent de participer, ce qui compliquerait encore l’application des décisions prises.

Dans ces conditions, la CFPSAA n’a plus d’assistante depuis le 13 octobre dernier, nous avons pu malgré cela organiser les Etats Généraux de la Déficience Visuelle, expédier depuis les affaires courantes, mais personne ne répond plus au téléphone, ne m’aide pour la lecture et l’envoi du courrier et d’autres documents, ne m’accompagne plus dans mes déplacements, autant dire que ma tâche est particulièrement compliquée. Je remercie Julie Bertholon, chargée de développement à la FAF qui rédige les comptes rendus de nos réunions et prépare le bulletin d’information.

Malgré cela, la rédaction du livret faisant le compte rendu complet des Etats Généraux est achevée, il fera l’objet d’un « bulletin spécial » qui vous parviendra dans les prochains jours. Il sera aussi enregistré sur CD que vous pourrez obtenir gratuitement sur simple demande à l’adresse presidence@cfpsaa.fr et publié en version « noir » destinée principalement aux autorités publiques et représentants associatifs. Une version électronique devrait être mise en ligne sur notre site assez rapidement.

Les 22 avril et 6 mai prochains, comme tous citoyens, les personnes déficientes visuelles sont appelées à choisir entre les candidats et leur programme qui influenceront leur vie pour les 5 ans à venir. Dans cette perspective, la CFPSAA a adressé un questionnaire à chaque candidat à la Présidence de la République. Accessibilité, emploi, culture, scolarisation, ressources, compensation. trois candidats, Eva Joly, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont d’ores et déjà répondu à ce questionnaire. Vous trouverez leurs réponses dans le présent bulletin, elles seront également sur le site

www.cfpsaa.fr celles des autres candidats seront publiées dès réception.

En raison des prochaines échéances électorales, le rythme des réunions s’est fortuitement un peu ralenti depuis quelques semaines. Sachez cependant que :

- le 6 mars dernier, les porte-parole du Comité d’Entente ont été reçus pour un déjeuner de travail par Roselyne Bachelot, Ministre des Solidarités et de la Cohésion Sociale. Parmi les sujets abordés, citons le fonctionnement des Agences Régionales de Santé qui ne donne que partiellement satisfaction aux acteurs du secteur médico-social, les difficultés rencontrées par les personnes qui souhaitent continuer à vivre à domicile malgré un handicap, le financement des établissements et le manque persistant de créations de places, le retard de parution du décret sur l’accessibilité des lieux de travail, les très faibles résultats obtenus en matière d’emploi des personnes handicapées. Au nom de la CFPSAA, j’ai de nouveau insisté sur la disparition des barrières d’âge pour l’attribution de la PCH, sur la nécessité de maintenir en fonction les AVS au-delà de six ans, sur les aides financières dont ont besoin les associations pour assumer les fonctions qui leur incombent au sein des multiples instances auxquelles elles participent, sur certaines décisions contestables de l’AGEFIPH qui refuse de prendre en charge le renouvellement du matériel ou des logiciels informatiques et d’accorder certaines aides légitimes aux Entreprises Adaptées, sur l’urgence de donner un statut aux Instructeurs de Locomotion et autres professionnels du médico-social. La Ministre a réaffirmé que l’intégration scolaires était un réel enjeu politique, que la date de 2015 ne serait pas remise en cause en matière d’accessibilité, que le faible niveau de qualification des personnes handicapées explique les difficultés d’emploi mais qu’un débat était ouvert sur l’utilisation des fonds de la Formation Professionnelle, que les métiers du médico-social seraient un enjeu capital du prochain quinquennat.

- S’exprimant devant le CNCPH le 21 mars dernier, la Ministre a notamment indiqué : que les associations de parents d’élèves devraient être invitées à participer au CNCPH lors de son renouvellement en octobre prochain, que l’Observatoire Interministériel de l’Accessibilité et de la Conception Universelle devrait être remplacé par une « Agence de l’Accessibilité » avec des moyens supplémentaires, qu’une disposition devrait être prise afin que 6% des crédits de la Formation Professionnelle soient consacrés à la formation des personnes handicapées, que la PCH devrait évoluer afin d’avoir un caractère subsidiaire par rapport aux assurances.

- Pour répondre à une demande de la CFPSAA exprimée notamment lors des Etats Généraux, Marie Prost-Coletta, Déléguée Ministérielle à l’Accessibilité, a organisé le 20 mars dernier une réunion sur le sujet du danger que représente les voitures électriques trop silencieuses pour les déficients visuels. Aux côtés des responsables de la Sécurité Routière, les représentants de la CFPSAA et de l’Union Européenne des Aveugles y ont participé. Il ressort clairement de ces échanges que la France ne peut plus aujourd’hui prendre seule des dispositions législatives ou réglementaires à ce sujet, seule la Commission Européenne peut désormais légiférer en ce domaine, nous devons donc prendre contact avec elle. Chaque pays peut Tout au plus prendre des mesures incitatives dans le cadre de bonifications accordées aux acheteurs de tels véhicules. Les recherches en cours de développement sur les « véhicules intelligents » ouvriront peut-être des perspectives encore inconnues aujourd’hui, telle la détection de piétons aux carrefours. Un groupe de travail mondial réfléchit sur le sujet de l’émission d’un son par les voitures électriques, avec pour base les expériences conduites au Japon et aux Etats-Unis. Des contacts avec l’Association Européenne des Constructeurs Automobiles seraient sans doute fructueux. Enfin, les municipalités qui s’équipent massivement en véhicules électriques doivent être sensibilisées aux difficultés que rencontrent les déficients visuels afin qu’elles imposent des règles strictes dans les cahiers des charges communiqués aux concessionnaires de ces parcs de véhicules. Affaire à suivre.

- le 23 mars, avait lieu à Reims une remarquable manifestation « Monument pour tous » à l’occasion de la mise en accessibilité du Palais du Tau. Vous en trouverez un compte rendu dans ce bulletin mais je tiens à souligner la qualité du travail fait par les artistes du Centre des Monuments Nationaux pour permettre aux déficients visuels de profiter pleinement, en particulier, de la beauté de tapisseries des Gobelins, ce qui leur était totalement impossible jusqu’à présent. Bravo et merci.

Ce même jour dans la soirée, sur initiative de Sylvain Nivard et Guy Rochereau au nom de la CFPSAA, Canal Plus avait organisé une projection en avant-première du film INTOUCHABLE audio décrit, à l’intention des membres du panel animé par notre Confédération et de quelques déficients visuels. Une soirée très réussie, nous tenons à remercier la chaîne d’avoir répondu favorablement à notre demande et des conditions exceptionnelles dans lesquelles elle nous a reçus.

Vous trouverez dans ce bulletin de très nombreux articles sur des sujets aussi variés que : la future formation des masseurs-kinésithérapeutes, leur droit à la retraite, la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle, un communiqué de presse des membres du FIPHFP, un autre de Handicap Zéro, l’Epargne Handicap, la présentation d’un navigateur GPS utilisable par les déficients visuels, des spectacles à la Comédie Française ou des films à la télévision audio décrits, des extraits de la lettre d’information de l’UEA, ou les rubriques traditionnelles.

Je vous en souhaite bonne lecture et vous dis à bientôt j’espère.

Philippe CHAZAL

Président de la CFPSAA

2)- ACTUALITÉ INSTITUTIONNELLE

2- A)- RÉPONSE D’EUROPE ÉCOLOGIE - LES VERTS AU QUESTIONNAIRE DE LA CFPSAA

Monsieur le Président,

Je vous remercie de m’avoir envoyé ce questionnaire. Il me permet de réaffirmer mes positions et engagements en direction des personnes en situation de handicap visuel. Veuillez trouver ci-après les réponses que j’y ai apportées avec nos experts.

Mon agenda étant très chargé, je ne pourrai malheureusement vous rencontrer. Mon équipe travaille néanmoins à l’organisation d’une rencontre avec notre expert sur les questions relatives au handicap.

En espérant avoir répondu à vos interrogations, je vous prie d’agréer mes sincères salutations.

Eva Joly.

1. A propos de la connaissance de la population déficiente visuelle : Je suis tout à fait favorable à vous apporter mon soutien pour faire réaliser aux pouvoirs publics, avec l’aide des différents acteurs concernés, une étude épidémiologique permettant de mieux cerner les besoins des personnes aveugles et déficientes visuelles. Comme les autres personnes en situation de handicap, elles ont besoin que notre société puisse leur offrir la meilleure compensation de leur handicap. Il est primordial de faire une étude épidémiologique adaptée aux besoins identifiés, avec tous les acteurs institutionnels et les associations.

2. Signalisation sonore de véhicules électriques : Il est effectivement nécessaire de traiter cette question afin de trouver la solution qui permettent aux personnes en situation de déficience visuelle de circuler facilement et en toute sécurité sur la voirie, tout en assurant la tranquillité des riverains dans les lieux de passage des voitures. La réglementation américaine peut nous servir d’exemple pour trouver l’outil technique le plus pertinent, et de base de réflexion pour mener une concertation sur cette question, à l’occasion de laquelle devra être précisée l’acceptation retenue des termes « détectables » et « repérables ».

En parallèle, je souhaite mener une politique de développement des axes et zones sans voitures et de voies piétonnes.

3. Statut du chien guide d’aveugle et formation des utilisateurs : Je souhaite que l’octroi d’un chien guide d’aveugle fasse parti de la compensation du handicap, dans le cadre de la PCH (prestation de compensation du handicap). Aujourd’hui trop peu de personnes y ont accès. Le statut du chien guide d’aveugle doit en effet être précisé, nous le ferons volontiers, avec les acteurs concernés, pour parfaire les moyens au service des bénéficiaires et encourager ainsi une meilleure inclusion dans la société, notamment par une identification reconnue de tous.

4. Accessibilité des services publics de communication en ligne : En matière d’accessibilité comme dans bien d’autres domaines, l’Etat et les collectivités territoriales se doivent d’être exemplaires. Je ferai en sorte que tous les services publics de communication en ligne soient accessibles, et je le souhaite, dans les délais. La formation continue des webmasters à l’accessibilité des sites en lignes sera intégrée à tous ces métiers. La loi devra prévoir des modalités de sanctions, peut-être graduées, pour obliger au respect des lois et décrets concernant cette accessibilité.

5. Accessibilité des sites privés de commerce ou de communication en ligne : Comme pour l’accessibilité des commerces ou autres lieux recevant du public, ces sites doivent être accessible aux personnes aveugles ou déficientes visuelles. En concertation avec tous les acteurs, une loi devrait compléter la loi de 2005 sur ce point, s’il en est besoin.

6. Accessibilité des appareils utilisés dans la vie quotidienne : Je prévois déjà de m’emparer de la question des produits multimédias et électroménagers afin de changer leurs modes de consommation, d’accroître leur durée de vie en promouvant l’extension des garanties et en luttant avec les fabricants contre leur obsolescence programmée. Il me paraît dès lors tout à fait juste de répondre sur ce même terrain à l’exigence légitime qu’au moins un appareil dans chaque gamme de matériel indispensable à la vie quotidienne ait des modalités d’accessibilité aux différentes fonctions ou menus de ses appareils.

7. Mesures propres à favoriser l’emploi des déficients visuels : Je suis favorable à ce que les moyens à la disposition de l’AGEFIPH soient augmentés, afin de développer dans les entreprises les moyens de la formation et de l’équipement qui leur permettront de répondre aux différentes échelles de handicap et ainsi d’embaucher davantage de personnes atteintes de déficience visuelle profonde.

8. Adaptation des postes de travail et outils de formation professionnelle : L’AGEFIPH et le FIPHFP ont cette mission d’adaptation des postes de travail et de formation professionnelle. Il faut que ces deux fonds s’engagent dans l’accessibilité des outils de travail. Les équipements spécifiques devront appartenir à l’usager et non à l’employeur, permettant ainsi une meilleure ré-employabilité de la personne en cas de changement de travail.

9. Accessibilité aux offres des opérateurs ADSL, câble ou satellite : Dans la même logique que pour les autres produits multimédias et électroménagers, il est important de travailler avec les opérateurs ADSL, câble et satellite pour que soit garantie l’existence d’une offre accessible en la matière aux personnes en situation de déficience visuelle.

10. Audio description dès leur production ou leur doublage, des films à gros budgets : La compensation du handicap doit être assurée dans chaque secteur d’activité, et ce notamment dans la production culturelle. En complément de l’esprit de la loi de 2005, nous pouvons le faire de façon réglementaire ou législative pour contraindre les films « à gros budgets » à prévoir une audio-description dès leur production ou leur doublage.

11. Equipement des salles de cinéma pour la diffusion des films audio décrits : Je réaffirme la nécessite d’appliquer dans les délais la loi de 2005 afin que soit assurée l’accessibilité des salles de cinéma comme de l’ensemble des lieux publics, pour les personnes en situation de handicap. Cela doit être une question de principe, après le contre-exemple qu’a été la politique du gouvernement en la matière, faite de trop nombreuses dérogations. A moins de 3ans du délai légal, il faudra dès que possible y travailler avec les acteurs concernés et engager tous les chantiers, financements et planifications des travaux, en s’assurant qu’Etat et collectivités remplissent leurs responsabilités. Je suis dès lors tout à fait favorable à ce qu’une concertation soit organisée avec les grands réseaux de salles, pour que soit garantie à court terme l’équipement en émetteur d’audio-description d’au moins une salle par grande ville.

12. Mise en place d’un véritable service de l’édition adaptée en France : Mon programme prévoit que nous créerons un service public à l’attention des sourds et malentendants, et des aveugles et déficients visuels. Il s’agit de couvrir les formations et métiers nécessaires qui ne le sont pas, et donc des handicaps trop souvent non compensés. Ce service public aura la vocation de veiller à l’accessibilité de traducteurs en braille de documents pour les services indispensables à la vie citoyenne, dont la culture et notamment l’édition. Ainsi l’audio-description pourrait aussi bénéficier à d’autres manifestations culturelles comme le théâtre ou des événements associatifs qui n’ont pas les capacités financières des grandes productions. Ce service public aurait aussi une mission de conseil pour l’application et la mise en place de toutes les demandes dont vous parlez dans les questions 8 à 12.

13. Pour un traité international dans le cadre de l’OMPI : L’idée de soutenir les échanges entre pays francophones pour permettre aux personnes en situation de déficience visuelle de bénéficier d’un meilleur accès aux ouvrages adaptés est juste. Elle reçoit d’autant plus mon soutien que, tout en reconnaissant la nécessité d’une juste rétribution des artistes, nous avons toujours plaidé pour une révision des normes de propriété intellectuelle qui satisfasse la meilleure accessibilité pour tous des ouvres de l’esprit.

14. Scolarisation des enfants et adolescents déficients visuels : Nous souhaitons l’inclusion des enfants en situation de handicap en milieu scolaire ordinaire, autant que faire ce peut. Une formation à l’éducation des élèves en situation de handicap sera prévue dans le cursus initial des enseignants, comme dans la formation professionnelle continue. L’école devra investir dans du matériel pédagogique adapté. Les AVS (assistant-e de vie scolaire) seront intégrées à l’Education Nationale, en en faisant un vrai métier. Là aussi à l’appui de formations aussi diverses que le sont les situations de handicap des enfants. J’ouvrirai les droits à l’octroi d’AVS aux étudiants, actuellement réservé à l’enseignement primaire et secondaire.

15. Cumul AAH et revenus professionnels du conjoint : Je souhaite que le calcul de l’AAH soit déconnecté du revenu professionnel du conjoint. Il n’est pas acceptable en effet que la personne en situation de handicap se retrouve avec une allocation ridicule, une sorte de budget « argent de poche », le rendant complètement dépendant de son conjoint et lui interdisant non seulement une participation financière à la vie de la famille, mais lui retirant aussi toute autonomie. Je sais qu’ainsi certains se privent de vivre en couple pour garder une certaine autonomie. Ce n’est pas acceptable. J’ajouterai à votre question que je compte augmenter tous les minima sociaux de 50% pendant la mandature.

16. Suppression des barrières d’âge pour l’attribution de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) : La dépendance n’est pas une question d’âge, elle est certes plus fréquente, et aussi différente, pour les personnes âgées, mais le handicap n’est pas une question d’âge, et non nous ne pensons pas que le handicap s’arrête à 60ans. L’âge de la retraite et la dépendance sont des choses distinctes. La Prestation de Compensation du Handicap doit être ouverte aux personnes âgées handicapées. Une différenciation doit être mise en place pour évaluer la dépendance liée au handicap et celle liée à l’âge, permettant ainsi de flécher les aides entre PCH ou APA (Allocation Personnalisée à l’Autonomie)

17. Prise en compte des charges liées aux activités domestiques pour l’attribution de la Prestation de Compensation du Handicap : La loi de 2005, depuis sa mise en application, a mis en lumière plusieurs anomalies, dont celle que vous pointez. J’ai la ferme intention de les corriger

18. Réduction du reste à charge pour les bénéficiaires de la Prestation de handicap : La compensation doit relever de la solidarité nationale. Si les fonds de Compensation du Handicap mis en place dans chaque département, si les moyens de la CNSA (Caisse Nationale de Solidarité Active) ne suffisent pas, il faudra envisager d’autres financements. Mais une politique écologiste du handicap se veut solidaire, et en particulier des personnes les plus fragiles. Il n’est donc pas question pour moi de laisser s’installer des inégalités, selon les budgets des départements de résidence. Le reste à charge doit correspondre aux moyens des bénéficiaires, et pour l’essentiel il faudra renforcer les prises en charge d’équipements souvent trop coûteux.

19. Plan métiers : C’est une partie de l’idée de création d’un service public dédié aux sourds et malentendants ainsi que pour les aveugles et déficients visuels. Certaines circonstances de vie, l’adaptation à un nouveau lieu de vie, des visites exceptionnelles (médicales ou autres) peuvent demander le recours d’une aide à l’interprétation, à l’accompagnement dans l’espace de rendez-vous ou d’évènements exceptionnels. Beaucoup de formations et de métiers peuvent être créés : instructeurs de locomotion, traducteurs braille, ergothérapeutes pour la rééducation en activités journalières, assistant-e de vie scolaire exerçant le Braille, audio-descripteurs. Ce service public s’appuiera notamment sur le secteur de l’économie sociale et solidaire.

2- B)- RÉPONSE DU FRONT DE GAUCHE AU QUESTIONNAIRE DE LA CFPSAA

Monsieur Le Président,

Je vous remercie de votre courrier et de l’intérêt que vous portez à la campagne que je mène au nom du Front de Gauche.

Vous m’interpellez sur les orientations qu’impulserait le Front de Gauche en faveur des personnes aveugles ou atteintes de déficiences visuelles.

Comme vous le soulignez, le handicap visuel est source de préjugés et de discriminations. Un engagement fort de la puissance publique est nécessaire pour remédier à cet état de fait et permettre à tous d’être des citoyens à part entière.

C’est pourquoi j’ai demandé au Front de Gauche du Handicap de répondre précisément à votre questionnaire.

Ce sont ses réponses que vous trouverez jointes à ce courrier.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations les plus sincères.

Jean-Luc MELENCHON.

1. Connaissance de la population déficiente visuelle : Mieux répondre aux besoins d’une population, au-delà des aspects généraux touchant la population en général, implique toujours que l’on puisse mesurer ses besoins particuliers. Il revient à l’action publique de mettre en synergie les connaissances des différents acteurs et organismes qui interviennent dans un domaine ou dans un autre auprès des personnes dites handicapées. Dans cet esprit, un effort particulier sera engagé par l’Etat pour une meilleure appréhension des besoins des personnes atteintes de déficience visuelle afin de mieux favoriser leur insertion sociale

2. Accessibilité : Le handicap est le produit de l’interaction entre les facteurs personnels et sociaux d’un individu et les facteurs environnementaux. S’il importe de mettre en place des politiques et prévention et de favoriser l’accès à la santé et au bien-être social pour tous, la lutte contre les obstacles environnementaux à la base d’une politique visant à favoriser l’autonomie des personnes dites handicapées, constitue un impératif majeur pour le Front de Gauche.

De ce point de vue, les mesures de planification écologique et sociale constituent l’épine dorsale du programme politique du Front de Gauche. La lutte contre la pollution automobile devra s’accompagner de critères de sécurité pour tous. Pour les personnes dites handicapées visuelles, cela peut prendre la forme d’un dispositif sonore obligatoire sur les véhicules électriques.

Il convient de favoriser l’autonomie des personnes dites handicapées. Nous faciliterons l’obtention d’un chien guide pour les personnes atteintes de déficience visuelle. Nous rendrons concret l’accès aux services de communication publique ou privée. Une règlementation précise rendra possible le maniement de nombreux appareils indispensables à la vie quotidienne. Ces objectifs seront atteints en concertation avec les représentants associatifs et les différents organismes concernés, publics ou privés.

3. Emploi : Les difficultés de la population en matière d’emploi sont la conséquence de la politique néolibérale menée par la majorité des gouvernements de la planète. L’humain d’abord implique pour le Front de Gauche que l’économie soit subordonnée à l’humanité et non l’inverse. Dans cette optique, le droit au travail sera pleinement restauré. Dans ce cadre de nombreuses mesures visant à favoriser l’activité professionnelle des personnes dites handicapées seront concrètement mises en ouvre. Celles-ci ont, trop longtemps, été rejetées aux confins de la société pour la seule raison, réelle ou supposée, qu’elles n’offriraient pas les retours de productivité attendus. Nous favoriserons le développement des techniques permettant l’accès aux outils professionnels ainsi que la formation ad hoc permettant de développer les compétences des personnes dites handicapées.

4. Culture : L’accès de tous à la culture est un élément fondamental d’un développement harmonieux de la société humaine. Nul ne doit en être exclu. L’évolution des techniques permet aujourd’hui aux personnes dites handicapées visuelles de pouvoir avoir accès aux offres généralistes des opérateurs. Toutes les mesures financières et réglementaires seront prises, et ce d’autant plus facilement qu’elles sont d’un coût éminemment réduit au regard des investissements généraux réalisés pour toute la population, afin de permettre à nos concitoyens en butte à une difficulté visuelle de participer totalement aux activités de tous. Ces mesures prises en concertation avec l’ensemble des acteurs intéressés concerneront l’accès à la communication, à la télévision, au cinéma, aux spectacles vivants, ou pour l’accès à la culture livresque via une édition adaptée.

5. Scolarisation : Les 850.000 salariés sous contrats précaires des trois fonctions publiques seront titularisés. Les auxiliaires de vie scolaire et les personnes en contrat aidé de droit privé (contrat unique d’insertion) faisant fonction d’auxiliaires de vie scolaire seront titularisés, et à temps plein. (Celles et ceux qui le souhaitent, bien sûr ; pour les autres, la validation des acquis de l’expérience sera facilitée). Nous créerons un métier d’accompagnement du jeune dit handicapé, dans le cadre du service public. Cet accompagnement sera étendu aux étudiants. Ce sera un accompagnement scolaire et périscolaire (centre de loisirs, accompagnement vers les lieux de soins ou de stage, activités sportives et culturelles. )

Le partenariat entre l’école et les services de soins sera la règle. De la maternelle à l’université, toutes les structures accueillant des jeunes handicapés bénéficieront d’un partenariat soutenu avec un service d’éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD).

Les établissements nécessaires seront créés par l’Etat. Le seul échelonnement dans le temps sera lié aux délais nécessaires pour assurer la formation des professionnels et la construction des bâtiments. Dans un premier temps, les projets déjà soumis aux CROSS seront acceptés. Des mesures d’urgence seront proses dès la rentrée 2012 : renforcement de l’encadrement pour augmenter les capacités d’accueil dans les établissements existants quand les locaux le permettent.

Nous élaborerons avec les organisations syndicales un plan de départ en stage de formation spécialisée de millier d’enseignants - plus de 1500 rien que pour en finir avec la supercherie des postes et classes spécialisées non pourvus. Nous restaurerons et augmenterons le nombre de postes de psychologues scolaires à pourvoir et à créer.

La formation initiale et continue des enseignants et des conseillers d’orientation psychologues comportera un volet « handicap ».

Nous rétablirons les postes d’enseignants supprimés et créerons les postes nécessaires dans les établissements.

Pour assurer l’accueil de tous les enfants à l’école maternelle, nous affecterons dans ces écoles des auxiliaires de vis scolaire collectifs.

Les maisons départementales des personnes handicapées pourraient, comme c’est déjà le cas dans certains départements, devenir des Maisons de l’Autonomie.

6. Ressources : Il convient de garantir un véritable revenu de remplacement d’autant qu’en matière de ressources, 883 000 personnes sont aujourd’hui titulaires de l’AAH, dont 65% à taux plein, pour un montant à taux plein, au 1er septembre 2012, qui se montera à 776 euros si les promesses présidentielles sont tenues, c’est-à-dire un niveau 20% inférieur au seuil de pauvreté !

Certes, le travail demeure le vecteur essentiel d’intégration sociale, tout à la fois parce qu’il est dans nos sociétés actuelles l’un des facteurs constituants de notre identité, parce qu’il favorise l’assimilation et permet de lutter contre les discriminations, et parce qu’il peut procurer une source de revenus plus importante que les minima conventionnels.

Mais une personne reconnue réellement incapable de travailler doit aussi pouvoir bénéficier d’un revenu minimum décent pour vivre.

Nous créerons un revenu de remplacement égal au SMIC brut - en substitution de l’AAH - aux cotisations redevables, pour les personnes reconnues incapables de travailler pour des raisons physiques, psychiques ou mentales, indépendamment des revenus du conjoint, au même titre que les pensions d’invalidité. Nous revaloriserons le taux des pensions d’invalidité dans les mêmes proportions et selon les mêmes modalités pour les personnes relevant des 2e et 3e catégories de la Sécurité Sociale. Nous mettrons en place un revenu de remplacement - également en substitution de l’AAH - au montant variable en fonction du salaire de l’intéressé, indépendamment des revenus du conjoint, au même titre que les pensions d’invalidité. Le revenu de remplacement pourrait se cumuler jusqu’à hauteur de 150% du SMIC avec d’autres revenus pour la personne qui obtiendrait un emploi.

7. Compensation : Le risque de perte d’autonomie tel que pris en charge aujourd’hui par la Sécurité Sociale à travers les régimes maladie, accidents du travail et maladies professionnelles, famille et vieillesse, ou bien encore par la CNSA, est insuffisamment assuré.

Nous créerons, en réponse au risque d’une diminution ou d’une perte d’autonomie, un droit universel à compensation, quel que soit l’âge et les ressources des ayants droits.

Ce droit universel à compensation doit s’exprimer, à partir d’une évaluation des besoins de la personne, en termes de plans d’aide personnalisée intégrale sur le plan des aides humaines - y compris les activités domestiques - et techniques, sans reste à charge, pour lui permettre de réaliser son projet de vie en lui ouvrant l’accès à une « Prestation de compensation pour l’autonomie »

8. Aide à la vie quotidienne par des professionnels : Au même titre que sera mis fin à la précarité de l’emploi dans les fonctions publiques et que sera développé le métier d’auxiliaires de vie scolaire, le Front de Gauche veillera à la formation, au développement et au financement du métier d’auxiliaires de vie sociale et de métiers. Ils bénéficieront de toutes les garanties sociales pour favoriser l’autonomie des personnes handicapées, comme les « instructeurs de locomotion » ou les « rééducateurs en activité de la vie quotidienne » plus particulièrement pour les personnes dites handicapées visuelles.

2- C)- RÉPONSE DU FRONT NATIONAL AU QUESTIONNAIRE DE LA CFPSAA

Réponses de Marine Le Pen, candidate soutenue par le Front National aux élections présidentielles de 2012.

- Préambule : Les mesures sociales présentées dans mon programme présidentiel et donc les réponses aux questions que vous avez bien voulu nous poser ci-après ne sont réalistes que dans le cadre d’un programme économique global cohérent. Pour réellement pouvoir satisfaire les besoins en matière d’aides sociales et de prestations compensatoires, notamment pour le handicap et la dépendance, il faut redonner à la France sa souveraineté politique et financière et ré oxygéner son économie par la relocalisation de nos entreprises et un protectionnisme modulé piloté par un Etat stratège. Notre principal engagement concernant le handicap est donc l’efficacité et la cohérence de notre programme économique.

La relance économique qui résultera de notre politique dégagera assez rapidement les ressources nécessaires pour répondre à vos demande ici formulées qui nous paraissent assez mesurées et raisonnables pour être pratiquement toutes satisfaites.

Lors de son intervention aux Etats Généraux de la déficience visuelle le 26 novembre 2011, Marie-Christine Arnautu a du reste déjà répondu favorablement à l’essentiel de ces questions.

1. Etude épidémiologique sur la déficience visuelle en France : " Il faudrait pouvoir enfin disposer de statistiques sur le nombre d’aveugles et d’handicapés visuels en France, ce qui permettrait une meilleure évaluation des besoins réels. Actuellement personne n’est capable de dire exactement combien il y a d’aveugles et de déficients visuels en France, ce qui est vraiment étonnant." Marie-Christine Arnautu, EGDV 26/11/2011.

Nous pensons donc qu’une telle étude épidémiologique est en effet indispensable. Pour des raisons d’efficacité, elle devra être mise en ouvre conjointement par le ou les ministères en charge de la Santé et des affaires sociales qui seront les mieux à même de faire remonter efficacement l’information sans nécessairement passer par des structures régionales redondantes. On peut ainsi recouper les informations qui seront obligatoirement transmises par les MDPH et les centres hospitaliers publics ou privés.

Il y a toutefois un danger lié à la protection de la vie privée dans le cadre des lois sur la création et la gestion des fichiers informatiques. Nous ne pourrons donc probablement pas disposer d’un fichier national des handicapés, ce qui n’est d’ailleurs pas souhaitable. Mais, pour autant, il est parfaitement possible d’obtenir des statistiques précises et du nombre et de la nature des personnes touchées selon le type de handicaps.

Les modalités pratiques d’une telle évaluation restent toutefois à définir et posent encore des problèmes techniques. Tous les handicapés ne sont peut-être pas connus par les MDPH, même si, s’agissant du handicap visuel, une telle situation est ici peu probable ou en tout cas peu importante numériquement. La base statistique d’une telle étude pourrait sans doute être la classification actuelle des différents types de handicaps visuels. Précisons d’ailleurs qu’en l’état, les MDPH sont la source de bon nombre d’inégalités territoriales et que nous réfléchirons à la responsabilisation de l’Etat en termes de handicap (mission régalienne de solidarité nationale)

Cela dit, si les informations des MDPH ne suffisaient pas et s’il fallait recourir à des statistiques d’une autre origine, par exemple médicale, la question du recoupement des fichiers se poserait.

Sous réserve de problèmes techniques de cet ordre, il nous paraît indispensable d’inciter fortement les MDPH à transmettre le plus rapidement possible ces statistiques, afin qu’on puisse enfin connaître le nombre exact de déficients visuels en France.

2. Signalisation sonore des véhicules électriques, notions "détectables" et "repérables" : "Le problème essentiel de l’accessibilité qui se pose aux aveugles et déficients visuels concerne la circulation en ville, devenue de plus en plus complexe du fait de la multiplicité des acteurs qui demandent des espaces spécifiques, les "zones partagées" (bus, vélos piétons, etc.) Les instances représentatives accomplissent déjà un travail remarquable, mais se heurtent toujours à un manque de moyens pour mettre en application les mesures préconisées." Marie-Christine Arnautu, EGDV 26/11/2011.

Assurer le principe de continuité du parcours de déplacement en toute sécurité est une priorité essentielle. Vous évoquez la question des voitures électriques, mais il y a aussi plus largement la gestion des espaces partagés en ville, la disparition des feux rouges aux ronds-points ou la question de leur sonorisation. Pour toute cette question, les choix politiques ne peuvent qu’être guidés par des réflexions techniques et la prise en compte de l’expérience nationale et internationale. On est parfois allé trop vite dans le passé sous la pression d’associations qui ne connaissaient pas toutes les implications de leurs revendications.

On pourrait par exemple vous objecter que disposer de voitures plus silencieuses constitue un progrès par la diminution de la pollution sonore induite par la circulation automobile. Il se pourrait aussi que les spécialistes de la circulation routière et de la prévention aient des solutions à proposer comme par exemple le recours à l’avertisseur dans des situations de conduite spécifique. Dans une zone où les piétons sont systématiquement prioritaires, il se pourrait que la question ne se pose pas vraiment. Dans les zones soumises à règles du code de la route en milieu urbain, c’est la question de la signalisation des passages piétons en accessibilité qui est posée.

Toutefois, cette réserve faite, et compte tenu du travail sérieux accompli par la CFPSAA s’il s’avère qu’effectivement un nombre significatif d’études internationales convergent vers la nécessité de sonoriser les voitures électriques, alors il n’y a aucune raison pour que nous n’adoptions pas nous-mêmes, en France, les mêmes mesures. Ici d’ailleurs, pour des raisons de standardisation et de compétitivité de nos propres entreprises, il est nécessaire qu’un large consensus international se fasse sur cette question, quitte à décider que la France, avec d’autres, pourrait être pionnière en la matière.

Ceci étant, les voitures électriques ne sont pas les seuls dangers qui menacent les handicapés visuels et plus largement les personnes âgées. Le fait que les vélos soient autorisés à emprunter les sens interdits ou à griller les feux rouges pour tourner à droite et que, en outre, il ne soient plus systématiquement équipés d’avertisseurs sonores pose un problème du même ordre.

Nous nous engageons donc à tout mettre en ouvre pour finaliser cette question de la sécurité le plus rapidement possible, quitte à prendre des mesures provisoires à titre expérimental afin de parvenir à une véritable expertise partageable au plan international.

3. Statut du chien guide et formation des utilisateurs : cette question 3 n’appelle de notre part aucune objection. La mise en ouvre des mesures que vous préconisez nous paraît tout-à-fait raisonnable. La question du financement des congés nécessaires à la formation de l’usager d’un chien guide devra être négociée. Mais elle sera plus facile à résoudre dans une économie qui, grâce à notre programme, aura retrouvé son dynamisme créateur de richesses et donc de ressources pour de tels financements.

4. Accessibilité des Services Publics de communication en ligne : "L’accès à la culture, au livre et à la presse tout comme aux sites internet publics ou privés est un droit garanti par l’Etat qui doit ici retrouver un rôle moteur en rappelant à chacun ses obligations. Mais il ne sert à rien de prévoir des obligations légales si on ne prévoit pas en même temps des sanctions pour ceux qui ne respectent pas ces obligations, ce qui est le cas actuellement." Marie-Christine Arnautu, EGDV 26/11/2011.

Il va de soi pour nous que l’Etat doit retrouver ses prérogatives dans un esprit républicain authentique. Il n’est donc pas question pour moi que l’Etat promulgue des lois qui seraient délibérément rédigées dans le but de ne pas être appliquées. Promulguer des lois mais retarder parfois de plusieurs années la publication des décrets d’application comme ce fut le cas pour la loi du 11 février 2005 est indigne d’un grand pays comme la France. C’est cela aussi, retrouver la dignité et la respectabilité de l’Etat dans son autorité. Dès lors, bien entendu, toute loi entraînant des obligations pour des personnes physiques ou morales et pour la fonction publique nationale ou territoriale devra être accompagnée des mesures de contrainte correspondantes. Le non respect d’une obligation légale ou réglementaire de la part d’une administration constituerait donc une faute pour les fonctionnaires qui s’en rendraient coupables.

Les moyens nécessaires à la formation des responsables de sites publics seront donc mis en ouvre, ce qui ne devrait pas poser de problèmes importants ni susciter de lourdes dépenses. Le non respect actuel des règles de mise en accessibilité résulte probablement de l’inertie administrative qu’un manque de volonté politique n’a pas permis de surmonter. Nous nous engageons à y remédier rapidement.

S’agissant des sites internet privés, il n’est pas certain que la mise en conformité technique pour l’accessibilité exige un lourd travail. D’après nos spécialistes, des bibliothèques de code existent déjà ou devront être développées sans entraîner un surcoût significatif. Il n’est donc pas nécessairement opportun de prévoir une formation supplémentaire car celle-ci devrait de toute manière être déjà intégrée dans la formation initiale de tout informaticien ou infographiste chargé de la maintenance d’un site web. Les outils de mise en page doivent ainsi comporter des modules facilitant la mise en accessibilité.

En revanche, bien entendu, la mise en accessibilité prévue par la loi sera effectivement obligatoire et des sanctions par amendes ou fermetures après mise en demeure devront être mises en place par des dispositions législatives ou réglementaires complémentaires, le cas échéant.

5. Accessibilité des sites privés de commerce ou communication en ligne : notre réponse sera identique à celle à la question 4. Il faut au préalable étudier la question avec le ministère qui aura en charge le commerce et l’industrie en partenariat avec les représentants du secteur. Les handicapés visuels ne sont pas les seuls à être gênés par la lourdeur de navigation dans certains sites internet commerciaux. Les contraintes de mise en accessibilité des sites internet visés par votre question 4 s’appliqueront dont tout naturellement aux sites commerciaux.

6. Accessibilité des appareils utilisés dans la vie quotidienne : "En retrouvant sa souveraineté, la France, en collaboration avec d’autres pays, pourra redonner vie à son économie réelle et relocaliser des entreprises. Par cette dynamique retrouvée elle pourra favoriser la création de nouvelles entreprises parmi lesquelles on trouvera sans doute des innovations favorables au handicap, comme c’est déjà le cas dans d’autres pays." Marie-Christine Arnautu, EGDV 26/11/2011.

L’industrie française de l’électroménager a presque totalement disparu. Le groupe SEB qui avait racheté la célèbre marque française Moulinex investit massivement à l’étranger depuis 2005 et singulièrement en Asie depuis 2006. Dans le système ultralibéral actuel accepté et même encouragé par les autres grands candidats, l’exigence de rentabilité compétitive obligera SEB à fermer ses dernières usines en Europe. Ce qui vaut ici pour l’électroménager vaut également pour toutes les productions industrielles pour le loisir, notamment les lecteurs de DVD, les interfaces des décodeurs TNT, la téléphonie. Il ne faut pas espérer de mesures fermes de l’Union Européenne qui impose l’ultralibéralisme. Certes l’Europe peut ici comme ailleurs édicter des normes. Mais il faudra pour cela de longues négociations sur des années qui aboutiront au plus petit dénominateur commun entre les pays aux intérêts contradictoires. Comme député européen, j’en fais régulièrement l’expérience.

Dans le contexte européen actuel, l’Etat ne peut pas imposer des normes aux rares entreprises françaises car la mise en place de système de synthèse vocale entraînerait un surcoût à la production qui accélérerait encore la délocalisation des usines et leur fermeture en France. Et l’Etat ne peut pas bien entendu imposer des normes à la vente, car dans ce cas il faudrait interdire la distribution de pratiquement tous les fours à micro-onde, tous les robots ménagers, etc.

Vous savez sans doute qu’un élément clé de mon programme présidentiel est la réindustrialisation de la France.

Il s’agit pour nous de restaurer une réelle politique économique nationale qui a du reste si bien réussi dans les années dites "30 glorieuses". Le protectionnisme raisonné que nous proposons passe par le retour à des écluses douanières avec taxation sélective et modulée des produits bruts importés (taxes aux frontières et non pas à la vente), soutenu par une politique monétaire cohérente.

Dans ce contexte économique nouveau, il sera parfaitement possible d’imposer aux industries françaises des normes nouvelles, notamment la vocalisation des interfaces. Il sera également nécessaire de ne pas taxer les équipements adaptés au handicap produits à l’étranger, ou même d’envisager des dérogations pour la TVA, par exemple. En tout cas, du fait de la compétitivité retrouvée des entreprises françaises, notamment grâce à une monnaie nationale qui soit enfin le reflet de l’économie réelle, les entreprises françaises qui auront fait un effort en matière d’accessibilité pourront également intéresser des marchés étrangers et y trouver des débouchés importants, faisant du même coup baisser les prix à la production. Les handicapés français et étrangers y gagneront, et l’économie française y gagnera aussi.

Je mettrai en place une politique fiscale plus exigeante à l’égard des grands groupes industriels présents en France. Actuellement, les PME sont taxées à 33 % alors que les grands groupes ne le sont qu’autour de 8 à 10 % Ces derniers étant à nouveau taxés à auteur de leur situation financière réelle, il est tout-à-fait concevable d’envisager une politique fiscale incitative en faveur de la mise en accessibilité des produits finis, surtout si les nouveaux produits adaptés ainsi produits ouvrent des marchés nouveaux à l’exportation.

Par ailleurs, actuellement, les produits les plus innovants proviennent essentiellement d’Asie du sud-est et de Chine. Or, l’évolution naturelle des technique permettra à terme d’avoir des produits comportant une interface bien plus évoluées avec des portes d’entrées logiques diversifiées, à la fois visuelles et sonores. Les handicapés ne sont du reste pas les seuls à être intéressés par une interface sonorisée. Mais encore faut-il que l’ergonomie des manipulations soit compatibles avec le handicap, notamment le repérage des boutons et la compréhension des procédures, séquentielles ou non, de mise en fonctionnement. La recherche en la matière est en France quasi inexistante du fait de notre étouffement économique. La relance de notre économie redevenue souveraine pourra aussi permettre de financer la recherche dans le cadre d’un partenariat université-entreprise, actuellement impossible du fait de l’absence de ces dernières. Dans ce domaine, la collaboration avec d’autres pays notamment européens, mais sans le carcan de l’Union Européenne pourra sans doute être fructueuse comme ce fut naguère le cas avec Airbus. Il sera dès lors bien plus facile de tenir compte de vos demandes en matière d’accessibilité.

7. Mesures propres à favoriser l’emploi des déficients visuels : "La formation professionnelle et l’accès à l’emploi des handicapés est encore actuellement un souci constant, malgré les efforts déjà consentis. Le chômage endémique est évidemment un contexte défavorable, mais les handicapés, plus que les autres, sont touchés et ont encore plus de difficultés pour trouver un emploi. Si nous parvenons au pouvoir, nous veillerons à ce qu’une politique plus volontariste en la matière soit mise en ouvre. Notre travail sera d’ailleurs facilité par une politique économique favorable à la réindustrialisation de la France." Marie-Christine Arnautu, EGDV 26/11/2011.

Ici nous devons être clairs. Si je ne suis pas élue et si les élections législatives ne nous permettent pas d’imposer nos projets en matière économique, alors il n’y a aucune chance pour que la situation des travailleurs handicapés s’améliore. Si l’Italie que vous citez plonge encore plus dans l’austérité imposée par les marchés financiers alors les travailleurs handicapés n’y seront pas plus favorisés que les autres.

Il ne faut pas croire que le problème du handicap puisse être traité indépendamment de l’état général de la société. Notre seule réponse pour l’heure est donc notre projet économique. Ensuite, il sera en effet toujours possible d’étudier la mise en ouvre de mesures spécifiques. Nous disposons pour cela d’une large palette de mesures possibles : emplois réservés, politique incitative, voire coercitive dans certains cas, et surtout une meilleure formation des handicapés visuels actuellement sous-formés du fait de la politique systématique d’inclusion en milieu scolaire ordinaire.

Il convient de redonner tout son sens à l’action de l’AGEFIPH avec des définitions plus précises du champ d’application de la loi, peut-être handicap par handicap, afin d’éliminer les abus par l’emploi systématique d’handicapés très légers au détriment des handicaps plus lourds, notamment visuels. Ce point est à négocier avec les partenaires, dans le cadre du CNCPH. Améliorer la formation des jeunes handicapés trop souvent en situation d’échec et donc peu aptes à occuper un poste notamment en tertiaire.

Ici aussi, il faut tenir compte des propositions synthétiques du CNCPH. Il convient de trouver un juste équilibre entre incitation et contrainte pour l’embauche de travailleurs handicapés dans les entreprises. Le rôle de l’AGEFIPH reste ici déterminant. Cela dit, la guerre économique qui nous est imposée par la mondialisation, oblige les entreprises à multiplier les pressions sur les travailleurs pour plus de productivité. La gestion par le stress et le chantage au chômage sont devenus la règle. Au contraire, le retour à la souveraineté économique permettra des relations sinon apaisées du moins plus sereines au sein de l’entreprise désormais moins obsédée par la productivité au prix du sacrifice humain. Dès lors, l’insertion des handicapés autre que comme alibi sera plus facile.

L’idéal serait qu’un handicapé soit recruté non en raison de son handicap dans le cadre d’une politique de quotas, mais en fonction de ses seules compétences, sans que son handicap n’entre en ligne de compte. C’est ce que j’appelle un droit à l’indifférence.

8. Adaptation des postes de travail et outils de formation professionnelle : Oui, nous pouvons nous engager dans cette voie, dans les conditions énumérées en réponse à vos questions 4, 6 et 7.

9. Accessibilité aux offres des opérateurs ADSL, câble ou satellite : Dans les conditions abordées en point 6, une politique incitative de production ou de mise à disposition de décodeurs adaptés pourra être envisagée. Le principe général de la conception de l’Etat qui est la nôtre est que la loi doit être respectée et s’imposer à tous. Il faudra simplement s’assurer que les conditions de production soient remplies et que des normes cohérentes puissent être adoptées en France comme à l’étranger. Le passage de la norme DVB-T à la norme DVB-T2 pour la télévision en TNT devra d’abord être pérennisé. Il faudra également voir ce qu’il en est des différents câbles opérateurs ou fournisseur de télévision par ADSL ; nous pouvons nous engager à mettre en ouvre tous les moyens d’incitation pour parvenir à des solutions techniques satisfaisantes et économiquement viables pour tout le monde. Ce sera bien plus facile dans un pays ayant retrouvé sa souveraineté et ses pouvoirs de négociation multilatérale que dans le cadre contraignant de l’Union Européenne où les difficultés de négociation entraînent le plus souvent une grande inertie et renvoient les solutions à plusieurs années. De même, l’austérité qui nous sera imposée si nous ne parvenons pas au pouvoir rétrécira le marché du loisir audio-visuel pouvant provoquer l’effondrement de certains prestataires de service. Ceci rendra impossible toute politique d’investissement en matière d’accessibilité.

10. Audio description obligatoire dès leur production ou leur doublage, des films à gros budgets : Oui, incontestablement. Les producteurs qui reçoivent des aides publiques considérables doivent bien entendu, en contrepartie, accepter un certain nombre d’obligations dont celle-ci. Il faudrait alors inclure la mise en accessibilité par audiodescription dans le budget général de chaque film.

11. Equipement des salles de cinéma pour la diffusion des films audio décrits : Oui. Le secteur du cinéma, entre les mains de groupes qui dégagent des bénéfices substantiels, peut très bien prendre en charge cette exigence. Même si tout n’est pas terminé pour 2015, du fait du retard considérable ayant été pris, il est évident que cette mesure doit être mise en ouvre le plus rapidement possible.

12. Mise en place d’un véritable service de l’édition adaptée en France : Oui. Les choses sont déjà bien entamées, à notre connaissance. Reste maintenant à créer les conditions économiques favorables à la réalisation de ces projets, comme indiqué dans notre préambule ci-dessus et aux points 4 et 11. Nous encouragerons bien entendu la poursuite de la politique actuelle en matière d’édition adaptée. Remarquons au passage que des dictionnaires comme le Robert, le Larousse ou des encyclopédies comme l’Encyclopaedia Universalis sont déjà disponibles en braille ou en audio puisque ces ouvrages existent sous forme de CD-ROM ou de DVD. Il suffit donc de disposer du matériel adapté pour y avoir accès, quitte à demander aux éditeurs de veiller à la conformité de ces ouvrages aux normes d’accessibilité. Le développement commercial du livre numérique ouvre par ailleurs des possibilités d’adaptation nouvelles.

13. Pour un traité international dans le cadre de l’OMPI : Bien entendu ! On se demande d’ailleurs au nom de quoi la France a pu s’y opposer.

14. Scolarisation des enfants et adolescents déficients visuels : Dans son allocution aux Etats Généraux de la Déficience Visuelle, le 26 novembre 2011, Marie-Christine Arnautu a déjà largement répondu à cette question :

"Il nous semble que le problème le plus important ici est celui de l’éducation. Les conceptions pédagogiques actuelles et la loi de 2005 font de l’intégration scolaire un droit et une obligation pour les pouvoirs publics. Cette idée part d’un bon sentiment, On parle maintenant d’inclusion scolaire par opposition à l’exclusion qui caractérisait naguère, croit-on, la scolarisation en milieu spécialisé.

Incontestablement, il s’agit là de la conquête d’un droit à la dignité par lequel tout enfant handicapé doit pouvoir être traité comme un être humain à part entière.

Toutefois, il semble que cette politique volontariste d’intégration scolaire a eu de nombreux effets pervers, car de nombreux enfants n’ont pas pu réellement progresser dans un environnement qui leur est trop hostile et où ils doivent affronter tous les problèmes à la fois : autonomie dans la vie quotidienne, orientation, locomotion, maîtrise de toutes les techniques de travail. De nombreux spécialistes, y compris parmi ceux qui vivent au quotidien l’inclusion scolaire, reconnaissent que cette politique a peut-être atteint ses limites.

Il me semble que l’intégration scolaire est un droit, mais il y a aussi un autre droit selon nous inaliénable, celui de recevoir l’éducation la meilleure possible. C’est un droit de l’enfant trop souvent négligé. Il faut trouver un équilibre entre ces deux exigences parfois contraires.

L’inclusion scolaire en milieu ordinaire des déficients sensoriels les prive souvent de l’acquisition des savoir et pratiques fondamentaux, en particulier le Braille, d’où un retard scolaire important et un avenir professionnel définitivement compromis.

Pour les aveugles et handicapés visuels profonds, redonner une place importante au braille quitte à maintenir pour les enfants qui le peuvent encore un usage complémentaire de lecture visuelle. Un enseignement systématique de la locomotion est également une étape fondamentale de l’accès à l’autonomie. Les enfants aveugles scolarisés dans les établissements spécialisées acquièrent plus vite de l’autonomie, d’autant qu’ils bénéficient de l’émulation avec leurs camarades ayant les mêmes problèmes qu’eux. L’enfant handicapé intégré est souvent placé psychologiquement en situation d’infériorité, malgré toutes les bonnes volontés, ce qui n’est pas le cas en établissement spécialisé. Ces derniers ne sont pas des ghettos mais au contraire sont ouverts sur le monde et peuvent servir de base à une intégration réussie. En inclusion scolaire, un enfant aveugle aura un surcroit de travail malgré toutes les aides possibles, alors que dans un établissement spécialisé, tout est immédiatement adapté à ses besoins, y compris les livres scolaires ; Il peut en outre y recevoir un enseignement complémentaire de haut niveau en musique avec une pédagogie adaptée, comme c’est le cas à l’Institut National des Jeunes Aveugles à Paris. , ce qui est impossible en milieu scolaire normal. Une formation de haut niveau avec une diversité vraiment adaptée au handicap permet réellement de donner à l’enfant tous les moyens d’une réussite future.

Les établissements spécialisés doivent pouvoir travailler avec le milieu scolaire normal dans une optique de complémentarité plutôt que de concurrence. Ils peuvent devenir centres de ressource comme c’est déjà le cas dans plusieurs région et constituer une base de repli pour les élèves qui, très nombreux malgré les dénégations de l’Education Nationale, sont en difficulté en inclusion scolaire. Mais il faudrait alors que certains prématurément fermés puissent à nouveau accueillir des élèves, comme c’est d’ailleurs le cas dans de nombreux pays.

Nous pensons qu’il est urgent d’établir un état des lieux de l’inclusion scolaire des déficients visuels et ce le plus rapidement possible afin d’évaluer objectivement les réussites et les échecs. L’institut National des Jeunes Aveugles à Paris pourrait avoir en la matière un rôle important car il est déjà centre de ressources et a les compétences pour évaluer les réussites et les problèmes posés par les deux méthodes de scolarisation.

Pour les handicapés sensoriels les établissements scolaires nationaux, régionaux ou départementaux devraient pouvoir accueillir des élèves et être en même temps centres de ressources pour les élèves intégrés. "

Outre le discours qui vient d’être cité, on peut ajouter que l’inclusion scolaire réussie implique que l’enfant ou l’adolescent y soit correctement préparé, avec un minimum d’adaptation. Il n’est pas raisonnable de maintenir en inclusion un enfant qui multiplie les difficultés. Il nous paraît souhaitable, pour une inclusion réussie que des capacités fondamentales soient acquises : maîtrise de l’écriture et de la lecture adaptée, bonne maîtrise de la locomotion et autonomie, bonne condition psychologique d’adaptation. Dans ces conditions, l’inclusion scolaire peut être réussie comme c’est souvent le cas, sans surcharge notable de travail pour les enseignants. Inversement, imaginer qu’on va pouvoir former chaque enseignant à la multitude des situations possibles de handicap est peu réaliste. L’enseignant devrait être compétent en matière de handicap visuel, auditif, moteur, psychique, mental, etc. avec donc une formation plus poussée encore que celle des actuels professeurs spécialisés. Cette conception n’est pas raisonnable.

Pour le reste, il faut évidemment pérenniser le statut des AVS.

15. Cumul AAH et revenus professionnels du conjoint : Notre première mesure sera la revalorisation de l’AAH (+ 33% sur 5 ans, chiffrée à 6MD ? 750) et le redressement économique impulsé par notre projet et les économies réalisées pourront permettre de satisfaire votre demande au demeurant fort légitime et pleine de bon sens.

16. Suppression des barrières d’âge pour l’attribution de la Prestation de Compensation du Handicap : Cette demande paraît légitime et nous l’avons inscrite dans notre projet présidentiel (volet handicap) .Toutefois sa mise en ouvre coûterait entre 5 et 8 milliards d’euros selon la barrière d’âge adoptée. Si nous venons en responsabilité, les choses seront facilitées, quitte à situer ces aides dans la problématique plus générale de la dépendance. On peut ici imaginer des pratiques plus innovantes comme le partage des équipements ou le développement d’un marché d’occasion limitant les coûts de la PCH. En tout cas, cet objectif nous paraît correspondre à un réel besoin qui devrait être satisfait dans un pays comme la France.

17. Prise en compte des charges liées aux activités domestiques pour l’attribution de la Prestation de Compensation du Handicap : Dans de nombreuses communes, cette aide est déjà prise en charge par les CCAS comme aide ménagère, à ne pas confondre bien entendu avec la PCH. C’est peut-être une piste à suivre. Cela dit, effectivement, il y a des frais supplémentaires qui ne résultent pas d’une aide humaine mais qui sont à prendre en compte comme par exemple l’obligation d’avoir recours à un commerce de proximité ou de livraison à domicile forcément plus cher, par exemple.Les menus travaux à domicile comme par exemple du petit bricolage (réparation d’une prise électrique) sont déjà pris en charge par l’aide humaine. Ces frais justifient déjà par ailleurs l’attribution d’une demi-part supplémentaire dans le calcul de l’impôt sur le revenu.

Cela dit, ces réserves étant faites, nous sommes prêts à étudier cette possibilité sur la base d’une évaluation stricte des dépenses supplémentaires engendrées par la situation de handicap.

Il nous semble du reste que la lourdeur des modalités d’attribution des aides pose un problème important dans la mesure où les choses étaient bien plus simples et moins coûteuses en termes de personnel pour l’attribution de l’ACTP. Cela dit, le "forfait cécité" accordé aux handicapés avec une vision inférieure à 1/20ème devrait sans doute pouvoir inclure ce problème. Mais ici encore une fois, l’augmentation d’une aide, qui suppose d’ailleurs une économie redressée, doit être conditionnée à un calcul des besoins rigoureux, comme le veut le principe d’équité qu’implique le principe de la solidarité nationale.

18. Réduction du reste à charge pour les bénéficiaires de la Prestation de Compensation du Handicap : Votre demande est ici aussi raisonnable. On pourrait moduler ce reste à charge en fonction du coût réel du matériel au lieu d’appliquer mécaniquement un pourcentage. On pourrait en outre moduler ce reste à charge en fonction des revenus de la personne ou imaginer des modalités de prêt en lieu et place d’un achat Cette piste est à examiner avec les partenaires concernés, en particulier les associations. Concernant les prix en effet scandaleusement trop élevés, veuillez vous reporter à notre réponse No 6 dont les conditions économiques sont propres à pouvoir faire baisser les prix de revient.

19. Plan métiers : Concernant l’aide à l’inclusion scolaire, veuillez vous reporter à notre réponse 14. Concernant la formation des différents intervenants, en particulier pour les rééducateurs et les instructeurs en locomotion, il est clair que leur professionnalisme doit être garanti par une formation solide. Il faut en outre garantir des statuts et des revenus motivants pour toutes les professions d’aide. Cela ne signifie pas forcément que les personnes concernées exerceront la même fonction ou le même métier toute leur vie. La mobilité sociale est ici aussi une possibilité d’épanouissement non négligeable alors que parfois, à rester trop longtemps dans un même métier, on finit par s’en désintéresser. Est-il par exemple raisonnable de proposer à une personne de devenir AVS , aide à la vie scolaire, pour toute sa carrière ? On peut très bien imaginer que les AVS auraient vocation à devenir rééducateurs ou même moniteurs de locomotion. Ceci n’est qu’un exemple simplement pour souligner que l’aide au handicap peut être aussi pour les valides l’occasion d’expériences enrichissantes qui débouchent véritablement sur des perspectives de carrière réellement valorisantes.

Marine Le Pen, Présidente du Front National, candidate à l’élection présidentielle française de 2012.

3)- ACTUALITÉ FRANÇAISE DU HANDICAP DU 20 FÉVRIER AU 16 MARS 2012

3- A)- MARDI 13 MARS - ACCESSIBILITÉ : GUIDE À LYON

La nouvelle édition du Guide d’accessibilité réalisé par la ville de Lyon a nettement pris du volume par rapport à la précédente, pour atteindre 200 pages. Destiné aux résidents, il réunit les précédents "Guide pratique" et "Culture et accessibilité" pour apporter toutes les informations utiles à la vie quotidienne, aux déplacements, à l’éducation, services publics, lieux de soins, activités sportives et culturelles, etc. L’accessibilité en autonomie ou avec aide est mentionnée pour chaque lieu, ainsi que l’éventuel accueil adapté des personnes déficientes sensorielles ou mentales. Ce guide est téléchargeable en version complète au format PDF ou texte seul au format Word. Une version sonore au format Mp3 est proposée dans les mairies d’arrondissements et certaines bibliothèques. Enfin, la version papier est à demander auprès de la Mairie de Lyon, 69205 Lyon cedex, ou au 04.72.10.30.30.

3- B)- LUNDI 12 MARS -EMPLOI : FIPHFP SANS MOYENS

Dans un communiqué publié au soir d’un Comité National du Fonds d’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique (F.I.P.H.F.P), syndicats et associations dénoncent la volonté du Gouvernement d’entraver le fonctionnement de cet organisme. Ils dénoncent une "triple peine pour les travailleurs handicapés de la fonction publique", le ministère du budget refusant d’augmenter le budget de fonctionnement du Fonds pour qu’il puisse recruter les personnels nécessaires à ses missions, en accroissement constant. Le communiqué précise : "Un audit, demandé en 2011, a d’ailleurs mis en évidence la nécessité d’augmenter d’une quinzaine le nombre d’agents affectés à ces activités [...] En refusant tout ce renfort en personnel, le ministère du budget va bloquer cette évolution, et pire va laisser dans la souffrance au travail, des collaborateurs à la limite de leurs possibilités". Les signataires rappellent que les travailleurs handicapés "sont en effet victimes de la baisse des recrutements dans la fonction publique par la suppression d’un poste sur deux libéré par départs à la retraite, du désengagement progressif de l’État de ses responsabilités dans le suivi des demandeurs d’emploi handicapés, et maintenant de l’absence de moyens suffisants accordés au FIPHFP pour remplir ses missions." Les représentants des syndicats de fonctionnaires et des associations "ont, avec les employeurs, voté unanimement le rejet des propositions d’arbitrage rendues par le Premier ministre, insuffisantes pour permettre au FIPHFP de remplir pleinement et plus sereinement les missions qui lui ont été confiées par la loi de 2005. Elles ont quitté la séance à l’issue de ce vote."

3- C)- MARDI 6 MARS - TRANSPORTS / EMPLOI : STS PRO DANS LE 94

Les agents handicapés du Conseil Général du Val-de-Marne disposent désormais d’un service de transport spécialisé dédié aux trajets domicile travail, Filipro. Ce service concerne les "agents ayants droit des dispositions de la loi du 11/02/2005, les agents bénéficiaires de l’allocation temporaire d’invalidité (avec IPP supérieure à 10%) et les agents reconnus en qualité de travailleur handicapé ou comme agents reclassés." Il complète l’offre de transport spécialisé Filival, ouvert aux résidents handicapés mais saturé par la demande des clients face à des moyens déployés qui s’avèrent insuffisants.

3- D)- LUNDI 5 MARS - ACCESSIBILITÉ : RECUEIL DE BONNES PRATIQUES

L’Observatoire Interministériel de l’Accessibilité et de la Conception Universelle (OBIACU) publie le "Recueil 2011-2012 de belles pratiques et de bons usages en matière d’accessibilité de la cité" réalisé par la Délégation ministérielle à l’accessibilité du ministère du développement durable. L’ouvrage téléchargeable est un "florilège des belles pratiques et des bons usages en matière d’accessibilité de la Cité [qui] regroupe les réalisations considérées comme les plus exemplaires". Il distingue également 14 réalisations lauréates 2012 du Recueil. Lire aussi cet Éditorial.

3- E)- JEUDI 1er MARS -EMPLOI : RETRAITE ET TITULARISATION

Le projet de loi relatif à la résorption de l’emploi précaire dans la fonction publique a été définitivement adopté par le Parlement (lire l’actualité du 14 février 2012). Désormais, les agents bénéficient d’un droit à une retraite anticipée à taux plein dès 55 ans s’ils ont obtenu une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH). Les contractuels qui entrent dans un parcours de titularisation peuvent obtenir une validation à temps-plein de leur service effectué à temps partiel.

3- F)- JEUDI 1er MARS - INTERNET / ACCESSIBILITÉ : CHARTE ÉTATIQUE SANS CONCERTATION

Le Premier Ministre a décidé d’appliquer dès aujourd’hui une nouvelle charte graphique et de réalisation technique des sites Internet de l’État, incluant ceux des ministères et des organismes de tous ordres qui leur sont rattachés. Cette Charte Internet de l’Etat prévoit une réorganisation et rationalisation de ses sites ainsi qu’une réduction de leur nombre, et expose les règles obligatoires applicables aux nouveaux sites créés, les sites existants ayant jusqu’au 1 janvier 2013 pour se mettre en conformité. Si la charte intègre des dispositions relatives à l’accessibilité du web, elle n’a toutefois pas été soumise à concertation auprès des associations de déficients visuels, comme le confirme la journaliste Ouiza Ouyed, en charge de la commission Nouvelles technologies de la Confédération Française pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes.

3- G)- MERCREDI 22 FÉVRIER - TRANSPORTS : HANDIS EXEMPTÉS DE ZAPA

Un décret publié au Journal Officiel confirme que les véhicules arborant une carte de stationnement délivrée aux personnes handicapées pourront circuler dans les futures Zones d’Action Prioritaires pour l’Air (lire l’actualité du 8 février 2012). Expérimentées dans plusieurs communautés urbaines (Paris, Saint-Denis, Clermont-Ferrand, Nice, Grenoble, Lyon, Aix en Provence et Bordeaux) dans quelques mois, ces ZAPA comporteront une interdiction de circulation pour des catégories de véhicules jugés trop polluants, déterminée par les ministres chargés des transports, de l’environnement, de l’intérieur et des collectivités territoriales. Au terme de l’expérimentation, une généralisation des ZAPA sur l’ensemble des grandes communautés urbaines est envisagée, peut-être dès 2013. Les contrevenants risqueront une amende minimale allant de 68 à 135 ?. Cette nouvelle réglementation résulte d’une transposition tardive en droit français d’une directive européenne du 21 mai 2008 relative à la qualité de l’air.

Extrait du magazine Yanous-Actualité n° 380 - 381, www.yanous.com.

Publié avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard, rédacteur en chef du magazine Yanous.

4)- ACTUALITÉS INTERNATIONALES ET EUROPÉENNES DU HANDICAP

4- A)- LUNDI 20 FÉVRIER - U.S.A. : TECHNOLOGIE

Des chercheurs de l’université Georgia Tech ont mis au point une application basée sur le système Braille et permettant aux aveugles d’utiliser les écrans tactiles des smart phones sans bouger les doigts ni avoir recours aux interfaces vocales. BrailleTouch, encore en phase de test, devrait très bientôt être mis à la disposition gratuite des utilisateurs, y compris voyants car le système, une fois appris, permet de composer des textes plus rapidement qu’en consultant le clavier à l’écran.

Extrait du magazine Yanous-Actualité n° 380, www.yanous.com.

Publié avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard, rédacteur en chef du magazine Yanous.

4- B)- JEUDI 9 FÉVRIER - ALGÉRIE : INSTANCE

Une commission nationale d’accessibilité des personnes handicapées à l’environnement physique, social, économique et culturel, a été installée à Alger. Répartie en trois sous-commissions (chargées de l’accessibilité à l’environnement bâti et aux équipements ouverts au public, à l’accessibilité aux infrastructures et aux moyens de transport, et à l’accessibilité aux moyens de communication et d’information) elle assurera notamment le suivi de la mise en oeuvre des programmes relatifs à ses domaines de compétence. Ses membres, représentant les différents secteurs et organismes, seront nommés, pour une période de 3 ans renouvelable, par le ministre de la Solidarité nationale.

Extrait du magazine Yanous-Actualité n° 380, www.yanous.com.

Publié avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard, rédacteur en chef du magazine Yanous.

4- C)- DÉFICIENTS VISUELS DU TOGO

Délaissés par les pouvoirs publics et leurs familles, certains parviennent à une vie digne grâce à leur force de caractère, leurs capacités et la volonté d’affirmer qu’ils sont des humains parmi d’autres.

La vie au Togo n’est pas rose pour les personnes déficientes visuelles rencontrées lors de cette enquête. Parmi elles, Koffi Apollinaire Mensagan, "100% non-voyant" dit-il avec humour, président fondateur de l’Association des Handicapés Visuels pour la Contribution au Développement (AHVCD) à Lomé. Enfant, il voyait. Mais il eut très tôt la variole qui, négligée par ses parents, l’a totalement privé de vue. Sa vie a basculé, il est devenu entièrement dépendant de ses parents. A cet âge, deux ans, cela paraît normal, mais au fil des années, cette normalité est devenue possessive et s’est dégradée car ses parents ne le croyaient capable de rien et le privaient de sorties. "Pour mon père, confie Koffi Apollinaire, une personne handicapée visuelle doit toujours rester à la maison et ne rien faire, elle ne peut être d’une grande utilité." Alors qu’il croit que les handicapés visuels peuvent contribuer pour beaucoup au développement du pays. C’est la raison pour laquelle il a créé son association, afin de prouver au monde qu’être handicapé visuel n’est pas une fin en soi.

"Ce n’est pas une fatalité", renchérit Bouraima Asmanou, enseignant malvoyant chargé du suivi des non-voyants de l’Université de Lomé, doctorant en sociologie de l’éducation dans sa deuxième année de thèse. C’est aussi l’avis de Maxime Kodjotsè, musicien percussionniste, chanteur malvoyant et premier vice-président de l’AHVCD : "La ferme conviction des personnes déficientes visuelles d’être utile à la société semble pour le moment très utopique car c’est avec peine si elles arrivent à survivre." La mendicité est pour beaucoup l’unique voie de survie puisque les besoins et préoccupations sont grands mais les moyens d’action limités. Ceci s’explique par la pauvreté et la misère qui sont le lot de la plupart des Togolais.

Ironie du sort, les personnes déficientes visuelles sont majoritairement issues de familles très modestes. C’est ce qu’on lit dans le dépliant intitulé "Une marche vers la lumière" réalisé par l’Association Togolaise des Aveugles (ATA) : "Depuis longtemps, les handicapés visuels du Togo demeuraient toujours dans la misère, la mendicité." Et cette situation ne leur permet pas de s’offrir de l’eau potable, au point qu’ils se contentent trop souvent, malgré eux, des eaux polluées de la rivière. L’usage de ces eaux polluées est aussi une cause essentielle du handicap visuel. C’est ce que confirme Bouraima Asmanou, qui dit devoir son handicap à l’usage de ces eaux.

Les besoins et préoccupations semblent donc s’appeler simplement "argent". Maxime Kodjotsè confie qu’à l’hôpital "sans aucun sou sur soi, l’on est sûr de voir son état de santé s’aggraver car les agents de santé ne s’occupent de vous que lorsque vous avez beaucoup ou assez d’argent." De quoi vous anéantir. Ces agents de santé sont d’une cupidité proverbiale et les personnes déficientes visuelles sont tout naturellement victimes d’un système médical qui n’épargne personne sauf les nantis.

En attendant, cette "marche vers la lumière" est parsemée de zones d’ombre. Et il faut trouver le salut dans les études, comme le conseille Bouraima, ou dans une activité génératrice de revenus, pour ne pas finir sur le trottoir à mendier. Les études, oui ! Pourtant les parents de déficients visuels n’ont pas toujours l’ouverture d’esprit de les mettre à l’école et voir cela, non comme un sacrifice mais comme un investissement à long terme.

Ainsi, malgré son désir ardent d’aller à l’école, Maxime Kodjotsè n’a-t-il pas pu finir ses études. C’est le même manque d’argent qui a entraîné l’arrêt des études de Komlan Théophile Amékudji, malvoyant pianiste et tradithérapeute. Mais Maxime ajoute, avec tristesse et rage, que c’est parce que les parents ne trouvaient pas utile qu’il fasse de longues études : "Les études ne m’étaient pourtant pas difficiles ; je n’ai jamais échoué jusqu’à l’obtention de mon Certificat d’Etude du Premier Degré !" C’est dire combien le besoin en instruction est grand. C’est même une soif qui jusqu’alors n’est pas étanchée. Pour preuve, il n’y a qu’une dizaine d’étudiants déficients visuels dans les deux universités de Lomé et de Kara, qui sont pris en charge par l’ATA. Et c’est difficilement que ces étudiants s’en sortent. "Ils sont contraints de s’intégrer au système éducatif alors que c’est le système qui devrait plutôt s’adapter à leur condition", explique Bouraima Asmanou. Sur le campus, les amphithéâtres sont pêle-mêle et s’y rendre est un vrai casse-tête. Sans leurs amis ou camarades d’amphi qui sont leurs yeux, ils se perdraient facilement. Et pour ne rien arranger, "leurs machines braille coûtent cher et ne bénéficient pas de subvention de l’État, poursuit Bouraima. Les étudiants doivent se débrouiller pour les acheter."

Considération et avenir : la société n’a pas foi dans les personnes déficientes visuelles. Bouraima Asmanou l’affirme en rappelant que l’entourage de ses parents était contre le fait qu’ils aient décidé de l’envoyer à l’école car, disaient-ils, "les non-voyants ne peuvent pas travailler ; ils ne sont bon à rien." Koffi Mensagan Apollinaire se souvient que son père avait honte de le présenter à ses amis, surtout européens : "Mon père voyait d’un mauvais oeil, enfant et adolescent, toutes mes sorties pour tisser des relations et construire mon avenir." Pour sa part, Maxime confie qu’il a des frères à qui on permet, s’ils le veulent, de poursuivre des études. Il l’a voulu pourtant, lui ! Mais on ne le lui a pas permis. Il explique également que cela fait que les filles ne s’intéressent pas à lui : "Elles sont pleines de préjugés sur nous. Je suis pourtant soigné et propre !"

Sensibiliser pour changer les mentalités s’avère plus que jamais nécessaire. C’est ce que ne cesse de faire Apollinaire, président de l’AHVCD, qui constate qu’au fil d’années d’âpres combats, il a aujourd’hui plus de facilités de contacter les médias pour se faire entendre et plaider la cause des personnes déficientes visuelles. Et il poursuit ces sensibilisations au-delà des frontières, comme en Allemagne, en France et en Belgique où il réside avec sa femme. Bouraima en fait également son cheval de bataille, cela lui a permis de sillonner toute l’Afrique de l’ouest francophone : "Etudiant, je militais très activement dans des associations comme l’Unesco, la Croix Rouge, les Scouts, l’Association internationale d’étudiants leaders en sciences économiques."

L’exemple de Bouraima prouve, si besoin était, que les personnes déficientes visuelles sont capables de grandes prouesses : il est le premier déficient visuel à avoir obtenu sa maîtrise au Togo. Aujourd’hui, il est l’une des trente personnes handicapées embauchées par l’État, travaille sur le campus de Lomé et est payé au même salaire à diplôme égal que ses collègues. Cependant, il fait des heures supplémentaires bénévolement pour suivre les étudiants handicapés visuels en dehors des heures de cours. Cela ne le gène guère car, dit-il en souriant, "C’est un sacerdoce."

Apollinaire assure, quant à lui, avoir appris en trois mois seulement le cannage de chaises au centre de formation Kékélinéva (qui signifie "Que la lumière vienne" en langue ewe !) de Togoville. Un exploit dans ce domaine artisanal qui demande beaucoup de temps pour maîtriser la technique.

Pour joindre les deux bouts, Komlan Théophile Amékudji se promène dans les rues, hôpitaux et marchés pour vendre des médicaments qu’il fabrique lui-même avec de la vaseline et des herbes. Il a appris ce travail de pharmacie chez un maître guérisseur. Il est aussi pianiste à l’AHVCD. Cette association se limite à l’orchestre qu’elle a créé, car elle n’a pas les moyens de développer d’autres projets.

Son siège se résume à deux salles : un bureau où trône un ordinateur non adapté offert par la Fédération Togolaise des Associations de Personnes Handicapées, et un autre où sont stockés les instruments de musique. Cet orchestre, appelé "Happy Brothers", fait la joie des Togolais car les musiciens excellents dans l’interprétation de morceaux populaires nationaux et internationaux. Ils composent aussi leurs propres chansons, en ewé (une langue nationale togolaise) et en français, et ont réalisé deux albums grâce à leurs efforts et à l’aide du prêtre italien non-voyant Fabio Gilli. Ces albums traitent du vécu quotidien et appellent à tenir ferme, à louer l’Eternel. Les musiciens de Happy Brothers ont pu réaliser quatre clips (dont on peut visionner les titres Kafu Na Mawu et Gamesu na o sur YouTube) et sont sollicités un peu partout à Lomé. Comme dit Apollinaire : "Etre toujours préoccupé fait vieillir !"

Abdoul Rafiou Lassissi, mars 2012.

4- D)- PLAIDOYER EN FAVEUR D’UNE SONORISATION MINIMUM SUR LES VOITURES ÉLECTRIQUES FABRIQUÉES EN AUTRICHE

Extrait de la Lettre de l’UEA n°84, janvier-février 2012.

À l’occasion de la remise de la toute première voiture électrique fabriquée en Autriche à la ministre fédérale des Transports, Mme Doris Bures, la Fédération autrichienne des Aveugles et des Malvoyants (BSVÖ) a réclamé une nouvelle fois un niveau sonore minimum obligatoire sur les véhicules électriques et hybrides.

Faute d’avertisseurs sonores audibles, les voitures électriques et hybrides constituent une menace pour la sécurité des usagers de la rue aveugles et déficients visuels, qui ne pourront pas détecter l’approche, la présence, la direction ou le départ de ces véhicules silencieux.

Dans une lettre ouverte, le BSVÖ a demandé à Mme Bures de collaborer avec le ministre fédéral de l’Intérieur afin d’élaborer une loi qui oblige les constructeurs à équiper leurs voitures électriques et hybrides de systèmes de sonorisation. Mme Bures a promis de répondre rapidement à cette lettre.

4- E)- POLOGNE : DE NOUVELLES POSSIBILITÉS POUR LES AVEUGLES

Extrait de la Lettre de l’UEA n°84, janvier-février 2012.

Par Rafal Kanarek, Association polonaise des Aveugles.

L’Association polonaise des Aveugles, en collaboration avec ses partenaires, a conduit en 2010-2011 le projet national « Accompagnement des personnes aveugles sur le marché du travail II ». Ce projet avait pour objectif de faire entrer sur le marché du travail les personnes déclarées comme aveugles avec un degré élevé de handicap. Il plaidait également en faveur d’une participation plus active des déficients visuels dans la société et l’éducation.

Le projet comportait des formations individuelles et en groupe, axées notamment sur l’acquisition de compétences de la vie courante, de connaissances en informatique, en orientation, en mobilité, etc. Lors de la phase initiale, le participant nouvellement recruté faisait l’objet d’entretiens individuels, puis, selon ses résultats, se voyait proposer un plan professionnel personnalisé comme outil d’aide à la recherche d’emploi.

Au final, le projet s’est révélé un succès. Tous les objectifs ont été atteints, avec des résultats supérieurs à ceux escomptés. Le projet a permis d’accompagner 700 bénéficiaires, ainsi que 700 de leurs parents et amis. La principale difficulté a été de décrocher un emploi pour 15 pour cent des participants au projet, dont ce fut aussi la plus grande réussite. En effet, malgré la situation difficile sur le marché du travail, le nombre de bénéficiaires ayant obtenu un emploi a été plus élevé que prévu. Ainsi, à la fin de l’année 2011, 113 personnes étaient embauchées dans des professions diverses.

Informations clés sur le projet :

Le projet « Accompagnement des personnes aveugles sur le marché du travail » s’adressait aux personnes ayant un niveau de handicap élevé et déclarées aveugles ou malvoyantes entre 16 et 64 ans. Pour en bénéficier, il fallait que le candidat soit au chômage. Il pouvait être étudiant ou adulte. Le projet a été réalisé en partenariat avec l’Association polonaise des Aveugles et l’Institut des Aveugles de Laski, en Pologne. Il a été dirigé par le Fonds national pour la réadaptation des personnes handicapées qui l’a financé à hauteur de 15 %. Les 85 % restants ont été fournis par le Fonds social européen (FSE), dans le cadre du programme opérationnel de l’Union européenne intitulé « Capital humain ».

Le « rapport sur la majorité cachée » (The Hidden Majority) en Pologne/

4- F)- ROYAUME-UNI : LE RNIB LANCE UNE PROCÉDURE JUDICIAIRE À L’ENCONTRE DE BMIBABY

Extrait de la Lettre de l’UEA n°84, janvier-février 2012.

La société Bmibaby n’a pas effectué les changements indispensables pour permettre à ses clients ayant une perte de vision d’utiliser ses services en ligne, les obligeant ainsi à rechercher un vol ou à effectuer leur réservation via un centre d’appel. Ces problèmes ont été soulevés dès 2010, lorsque des clients, frustrés de ne plus pouvoir réserver leurs vols sur le site de Bmibaby, ont alerté le RNIB.

L’une de ces clients est Alexandra de Loughborough, qui est déclarée aveugle. Elle explique : « Je dois régulièrement réserver des vols, et je voulais aussi organiser un week-end surprise pour mon mari. Mais le site Internet m’a laissée en plan. Je ne souhaitais pas passer par le centre d’appel car les prix peuvent monter, et je voulais avoir la liberté de comparer les vols et les tarifs avant de me décider. »

« J’ai le sentiment que les personnes déficientes visuelles sont privées de leur liberté de choisir comment effectuer leur réservation. Cela me laisse penser que la communauté des personnes handicapées n’est pas considérée comme un marché lucratif et que nous ne sommes manifestement pas perçus comme des clients potentiels ou réguliers. »

Iain, un autre client déçu par l’expérience, ajoute : « Je suis président d’une organisation caritative en Écosse, et je dois pouvoir compter sur un service fiable lorsque je recherche des informations et réserve des vols pour me rendre à des réunions en Angleterre. Il est extrêmement frustrant de constater que le site est toujours inaccessible, alors que ces problèmes ont été signalés dès 2010. »

Bien qu’elle ait bénéficié de conseils d’experts, de recommandations et d’un rapport d’audit complet du RNIB, la société Bmibaby doit encore réaliser des progrès significatifs. Le RNIB a donc décidé de poursuivre la compagnie en justice, puisque son site Internet reste inaccessible aux utilisateurs de lecteurs d’écran et à ceux qui ne peuvent pas se servir d’une souris.

Pour Hugh Huddy, chargé des campagnes en faveur de l’inclusion sociale au RNIB, « les clients aveugles et malvoyants ont le droit d’avoir accès aux meilleurs tarifs en ligne et aux informations de vols, comme n’importe quel autre client Bmibaby. Pourquoi les personnes ayant une perte de vision devraient-elles passer à côté d’une offre disponible exclusivement sur Internet, ou être obligées de contacter un centre d’appels, uniquement parce que les compagnies rechignent à prendre les normes d’accessibilité au sérieux ? »

5)- SOCIAL

5- A)- DISPOSITIONS SPÉCIFIQUES POUR LA RETRAITE DES PROFESSIONNELS LIBÉRAUX RECONNUS HANDICAPÉS

Le droit à retraite anticipée pour les assurés reconnus handicapés a été étendu aux professionnels ressortissants des régimes de retraite des professions libérales. Nous entendons ci-dessous faire le point pour les adhérents à la Caisse de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes, Pédicures Podologues, Orthophoniste et Orthoptiste (CARPIMKO).

Rappelons ici que la CARPIMKO est l’une des dix caisses autonome de gestion du régime vieillesse des professions libérale. Elle gère trois régimes de retraite :

- le régime de base

- le régime complémentaire

- le régime supplémentaire des praticiens conventionnés (ASV)

Attention : Le dispositif décrit ci-dessous ne concerne que le régime de base. Les retraites complémentaires sont liquidées dans le droit commun, c’est-à-dire, à l’âge légal et ne bénéficient donc pas de la possibilité d’être prise par anticipation.

Retraite anticipée pour les professionnels reconnus handicapés adhérent à la CARPIMKO :

L’ouverture du droit à la retraite est subordonnée à :

1 - DES CONDITIONS D’ORDRE ADMINISTRATIF :

Ils doivent avoir accompli une durée d’assurance et de cotisation dans le régime de retraite des professions libérales et- le cas échéant- dans un ou plusieurs autres régimes obligatoires, alors qu’ils étaient atteints d’une incapacité permanente au taux de 80 %.

Sont concernés les assurés handicapés ;; dont la retraite prend effet à compter du 01 janvier 2009, date d’entrée en vigueur de la loi n- 2008-1-330 du 17 décembre 2008 de financement de la Sécurité Sociale pour 2009.

L’âge minimum d’attribution de la retraite est fixé à 55 ans. Le droit à retraite anticipée court jusqu’à 59 ans.

Le nombre de trimestres d’assurance et le nombre de trimestres cotisés exigibles sont fonction d’une part de l’âge de départ à la retrait, de 55 à 59 ans et de la génération à laquelle appartient l’assuré.

La retraite du régime de base peut être allouée au-delà de 59 ans dans les conditions de durée d’assurance et de cotisations applicables à 59 ans, jusqu’au 1er jour du trimestre civil précédant celui au cours duquel l’âge légal est atteint ; celui-ci variant en fonction du mois de naissance et de la génération à laquelle l’assuré appartient.

- Exemple : âge minimum de départ à la retraite : 55 ans, génération de 1953, 1954, 1955, 1956 : trimestres d’assurance exigibles 125, trimestres cotisés exigibles 105.

- 2e exemple pour un départ à la retraite à 59 ans : Générations 1953 jusqu’a 1956 : trimestres assurés exigibles 85, trimestres cotisés exigibles 65.

- 3e exemple : assuré né le 2 mai 1954, âge légal : 61 ans et 7 mois ; date d’effet de la retraite à l’âge légal : 1er janvier 2016.

La retraite handicapée peut être accordée jusqu’à 59 ans en justifiant de 85 trimestres d’assurance et 65 trimestres cotisés, et jusqu’au 1er octobre 2015 dans les mêmes conditions.

2- DES CONDITIONS D’ORDRE MÉDICAL :

Le taux d’incapacité requis est le taux d’incapacité permanente minimal correspondant à celui fixé pour la délivrance de la carte d’invalidité, soit 80 %.

A partir du 01 janvier 2011, peuvent également bénéficier de cette retraite les assurés handicapés bénéficiant de la reconnaissance de la qualité de travailleurs handicapés mentionnée à l’article L 5213-2 du Code du Travail.

Les éléments justificatifs à produire sont les suivants :

Pièces justifiant de la décision relative au taux d’Incapacité prononcé par l’autorité chargée d’apprécier l’incapacité ouvrant droit à la carte d’invalidité :

- la carte d’invalidité ;

ou

- la décision de la commission technique d’orientation et de reclassement professionnel ou des services, et organismes débiteurs des prestations familiales attribuant l’allocation aux adultes handicapés.

La décision de la commission départementale d’orientation des infirmes ou des services et organismes débiteurs des prestations familiales octroyant l’allocation aux handicapés adultes, la commission technique d’orientation et de reclassement professionnel ou du président attribuant l’allocation compensatrice.

La décision du préfet accordant le macaron « grand invalide civil » aux assurés handicapés titulaires de la carte d’invalidité.

La décision du préfet accordant la carte de stationnement pour personnes handicapées.

La décision du préfet ou la décision préalable de la commission d’admission à l’aide sociale attribuant l’allocation supplémentaire du fond de solidarité vieillesse,

La décision de la commission d’admission à l’aide sociale accordant :

L’allocation mensuelle d’aide sociale aux grands infirmes ;

L’allocation de compensation aux grands infirmes ;

Ou

La justification de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé au sens de l’article L 5213-2 du code du travail, par la production de l’attestation de reconnaissance de cette qualité par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), - avant 2005 par la COTOREP.

3 - CETTE PENSION EST ASSORTIE D’UNE MAJORATION

La pension CARPIMKO du régime de base est majorée d’un tiers. Cette majoration est pondérée par un coefficient qui correspond à la durée de cotisation dans le régime des professions libérales au cours de laquelle l’assuré justifie du taux d’incapacité requis divisée par la durée d’assurance effective dans le régime des professions libérales.

Prenons un exemple fictif pour illustrer la majoration. Si la pension du régime de base devait s’élever à 12000 ? par an et que la durée de cotisation en tant qu’assuré reconnu handicapé est égale à la durée totale d’assurance, La majoration s’élèverait à un tiers de cette somme, soit 4000 ?.

En revanche, si la durée de cotisation en tant qu’assuré reconnu handicapé n’est pas superposable à la totalité de la durée d’assurance à la CARPIMKO, la majoration sera pondérée du rapport entre ces deux durées. L’assuré a 120 trimestres cotisés en étant reconnu handicapé et 160 trimestres d’assurance, la majoration de 4000 ? sera multipliée par 120 sur 160, soit 0,75, soit une majoration de 3000 ?.

En tout état de cause, la pension majorée ne peut pas excéder la pension maximale que l’assuré aurait obtenue en l’absence de son handicap.

Cette majoration ne peut être attribuée lorsque la pension est liquidée à partir de l’âge légal d’attribution de la retraite, soit de 60 à 62 ans, en fonction de l’année de naissance.

Remarque : Une fois la retraite de base liquidée par anticipation, l’assuré peut continuer à exercer son activité. Il n’y a pas en effet de condition de cessation d’activité. En revanche, si le professionnel poursuit son activité, il continue à cotiser à la CARPIMKO en fonction de ses revenus, y compris pour le régime de base.

NB : Rappelons enfin que, les professionnels adhérents à la CARPIMKO, reconnus handicapés par l’attribution d’une carte d’invalidité et titulaires soit de l’AAH, de l’ACTP ou de la PCH, bénéficient de 200 points supplémentaires par an au régime de base.

Pour tout renseignement complémentaire, rapprochez-vous de votre conseiller à la CARPIMKO dont les spécialistes de ce sujet sont Mme Gentil et M. Rouiller.

CARPIMKO, 6 Place Charles De Gaulle, 78882 Saint-Quentin-En-Yvelines.

Tél : 01.30.48.10.00

Site : www.carpimko.fr

Michel Gouban

Secrétaire général de l’Union National des Masseurs-Kinésithérapeutes Aveugles et Malvoyants (UNAKAM).

Administrateur de la CFPSAA.

5- B)- L’ÉPARGNE HANDICAP : UNE SOLUTION AVANTAGEUSE, ET POURTANT SI MÉCONNUE !

Combien de personnes qui y seraient éligibles n’ont jamais entendu parler de l’Épargne Handicap ? Beaucoup, beaucoup trop. Pourtant, cette solution d’épargne offre de vrais atouts, tant en termes de fiscalité, de rendement, de souplesse, de transmission, que de compatibilité avec les aides sociales.

- Qu’est qu’un contrat Épargne Handicap ? L’Épargne Handicap est un contrat d’assurance vie, sur lequel est ajoutée l’option « Épargne Handicap ». L’article 199 septies du Code Général des Impôts le définit comme un contrat d’assurance en cas de vie d’une durée effective d’au moins six ans. Il garantit « à l’assuré atteint, lors de sa conclusion, d’une infirmité qui l’empêche de se livrer dans des conditions normales de rentabilité à une activité professionnelle », le versement d’un capital ou d’une rente. Le contrat est souscrit par une personne en situation de handicap, en âge de travailler. Elle doit donc théoriquement avoir entre 16 ans et 60/65 ans, bien que des contrats acceptent l’adhésion d’enfants plus jeunes. Des justificatifs tels que la carte d’invalidité, l’attestation d’octroi de l’Allocation Adultes Handicapés (AAH), l’attestation d’accueil en ESAT ou atelier protégé ou l’admission en milieu ordinaire de travail avec réduction de salaire en raison d’un rendement professionnel diminué, seront demandés. Une personne sous curatelle ou tutelle peut bien entendu souscrire un contrat Épargne Handicap. Elle sera dans le premier cas assisté de son curateur pour la souscription et les actes de gestion. Dans le deuxième cas, le tuteur, après avoir obtenu l’autorisation du juge des tutelles, signera les documents d’adhésion puis s’occupera de la gestion du contrat (versements, retraits, arbitrages).

- Les atouts de l’assurance vie : l’Épargne Handicap est avant tout un contrat d’assurance vie, et dispose ainsi d’une souplesse de gestion, d’une fiscalité et de spécificités en cas de décès très favorables. Les contrats récents permettent de placer les capitaux sur des supports variés, des plus sécuritaires aux plus dynamiques : sicav monétaires, fonds en euros, fonds d’actions, d’obligations, Sociétés Civiles de Placement Immobilier . L’assuré peut transférer l’épargne d’un support à l’autre sans que cela ne déclenche de fiscalité. Dans le cadre de la gestion du patrimoine d’une personne vulnérable, il est cependant recommandé d’investir la majeure partie, si ce n’est la totalité, des capitaux de la personne protégée sur le fonds en euros (les rendements des sicav monétaires sont aujourd’hui moins intéressants). La loi du 5 mars 2007 sur la réforme de la protection juridique des majeurs préconise en effet « une gestion prudente, diligente et avisée ». Bien qu’ayant baissé au cours des dernières années, les rendements des bons fonds en euros restent très appréciables par rapport à la majorité des placements sans risque. Le capital et les intérêts sont par ailleurs garantis par l’assureur. La fiscalité de l’épargne placée sur un contrat d’assurance vie est intéressante. Tant qu’il n’y a pas de retrait, les plus-values acquises ne sont pas fiscalisées (à l’exception des prélèvements sociaux sur le fonds en euros, dans un contrat standard). Au moment d’un retrait, la partie qui correspond à la plus-value peut être imposée. Cette plus-value est soit soumise à l’impôt sur le revenu, soit assujettie au taux forfaitaire libératoire (35 % avant 4 ans, 15 % entre 4 et 8 ans, 7.5 % après un abattement de 4600 euros pour une personne ou 9200 euros pour un couple au-delà de 8 ans). Les prélèvements sociaux sont également dus. Si l’assuré choisit de percevoir une rente viagère, seule une partie de cette rente est imposable à l’impôt sur le revenu selon un barème prédéfini : par exemple, la fraction imposable est de 40 % de la rente si celle-ci a été mise en place entre 60 et 69 ans. L’assurance vie, et donc l’Épargne Handicap, ont également un statut très privilégié en cas de décès. Pour les contrats souscrits après le 13 octobre 1998, les capitaux capitalisés et transmis au moment du décès - et correspondant aux primes versées avant 70 ans - sont exonérés à hauteur de 152 500 euros par bénéficiaire. Au-delà, les capitaux sont taxés à 20 %. Le conjoint est quant à lui totalement exonéré. Des sommes importantes peuvent donc être transmises sans imposition, l’assuré pouvant nommer autant de bénéficiaires qu’il souhaite.

Une personne sans enfant pourrait ainsi transmettre sans fiscalité 305 000 euros à ses deux frères (152 500 x 2), tandis qu’il aurait payé des droits de 35 % et 45 % dans le cadre de la succession ! Les primes versées après 70 ans sont quant à elles exonérées à hauteur de 30500 euros, tous bénéficiaires et contrats confondus. Le conjoint reste exonéré. Une des particularités fortes de l’assurance vie est de ne pas faire partie de la succession (article L 132-12 du code civil). Ces contrats échappent aux règles de dévolution successorale. L’assuré peut donc désigner, dans certaines limites, les bénéficiaires de son choix. Une personne sans enfant peut par exemple désigner une tante, un neveu qu’il apprécie particulièrement, ou encore une association reconnue d’utilité publique. Des règles encadrent toutefois cette liberté, pour tenir compte de la mesure de protection ou éviter les abus. Il faut veiller à ne pas verser de « primes manifestement exagérées », surtout si le bénéficiaire n’est pas un héritier réservataire. Dans le cas d’une mesure de protection, un majeur sous curatelle peut désigner le ou les bénéficiaires de son choix, avec l’assistance de son curateur. Si l’assuré est sous tutelle, la seule clause généralement acceptée est « mes héritiers légaux ». L’assurance vie ne faisant pas partie de la succession, les risques de récupération par le Conseil Général sont faibles, sauf cas de primes manifestement exagérées.

- Quels sont les avantages spécifiques de l’Épargne Handicap ? En termes de fiscalité, tant qu’il n’y a pas de retraits, les prélèvements sociaux sur les intérêts du fonds en euros ne sont pas dus. Ils ne seront pas non plus prélevés en cas de décès, contrairement à l’assurance vie classique. L’avantage devient significatif au fil des années. Les versements effectués sur un contrat d’Épargne Handicap donnent droit à une réduction d’impôt de 25 % des primes versées, dans la limite de 1525 euros + 300 euros par enfant à charge par an. Cette réduction sera accordée aux parents si l’enfant est rattaché à leur foyer fiscal. Le plafond est commun avec la rente-survie. Les contrats d’Épargne Handicap bénéficient d’un régime de faveur concernant les aides sociales. Les capitaux placés et capitalisés ne sont pas pris en compte pour l’octroi des aides. En cas de retrait, seule la plus-value imposable est prise en compte pour le calcul de l’AAH et la participation aux frais d’entretien et d’hébergement financé par le Conseil Général. Le capital ne compte pas. Les rentes viagères Épargne Handicap ne sont retenues pour le calcul de l’AAH qu’après un abattement de 1830 euros de la partie de la rente imposable. Elles ne sont pas prises en compte pour le calcul de la contribution aux frais d’hébergement. Elles s’ajoutent ainsi au minimum laissé à la disposition de la personne hébergée. Ainsi, au-delà des avantages déjà connus de l’assurance vie, l’Épargne Handicap bénéficie d’atouts supplémentaires : réduction d’impôts, dérogations concernant les prélèvements sociaux, possibilité de disposer de revenus tout en conservant le droit aux principales aides sociales. Il est cependant important de choisir un bon contrat Épargne Handicap. Les critères de choix seront entre autres : la qualité et le rendement du fonds en euros dans la durée, les frais, la diversité des supports disponibles, la facilité de gestion. Il faudra aussi s’assurer de l’expérience du conseiller et de la compagnie d’assurance sur le sujet. Le conseiller devra valider l’intérêt de souscrire ce contrat avec chaque personne compte tenu de son patrimoine, de sa situation familiale et personnelle ainsi que de ses projets.

6)- ÉDUCATION : POUR LES ÉLÈVES EN SITUATION DE HANDICAP, CE N’EST PLUS DE LA CASSE, C’EST UN MASSACRE

Mme Galéazzi, Inspectrice Académique de l’académie de Créteil vient de nous informer de son intention de supprimer à la rentrée de septembre 2012 tous les postes d’Enseignants Spécialisés en SESSAD (Service d’Education Spécialisée et de Soins à Domicile, ce qui signifie dans tous les lieux de vie de l’enfant handicapé). Les SESSAD sont essentiellement des structures associatives, c’est-à-dire non Education Nationale. Les SESSAD ont pour mission de soutenir et d’accompagner les enfants en situation de handicap, notamment et prioritairement afin de les aider à réussir une scolarité en milieu ordinaire, puisque depuis 2005, la loi permet à chaque enfant de l’y effectuer, dans la mesure de la faisabilité. Dans ce cadre, l’Education Nationale, a mis à disposition de certains SESSAD des Enseignants Spécialisés. Ce ne furent pas des créations de postes mais déjà des redéploiements de postes préalablement existants dans les établissements spécialisés qui accueillaient ces élèves en situation de handicap. Je suis Enseignant Spécialisé depuis 35 ans et j’ai choisi de travailler au sein du SESSAD de l’IME la Tour à Rebais à la création duquel j’ai participé. Il est composé de deux pôles (La Ferté Gaucher et La Ferté-sous-Jouarre) et intervient dans un secteur d’environ 50 kilomètres autour de Rebais, donc en Seine et Marne Nord. Ce SESSAD intervient auprès d’enfants en situation de handicap, enfants reconnus déficients intellectuels et orientés vers lui par une notification de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). Sur les 50 enfants inscrits au SESSAD, j’interviens dans les écoles ou collège auprès de 13 à 15 enfants selon les années, à raison de 2 fois par semaine pour les plus en difficulté. Mes interventions visent prioritairement à un accompagnement scolaire, à savoir donner les moyens aux plus en difficulté d’accéder aux apprentissages, pour d’autres améliorer leurs acquis et tenir le plus efficacement et le plus sereinement leur place dans leur classe et dans leur école.

L’Enseignant Spécialisé en SESSAD est le lien humain, institutionnel et professionnel entre l’école et le SESSAD Il faut savoir qu’aujourd’hui, une classe peut être composée de 4 types d’élèves : ceux qui apprennent sans aucune difficulté quelles que soient les méthodes et les enseignants, ceux qui éprouvent des difficultés ponctuelles auxquelles il peut être remédié au sein du groupe classe ou de petits groupes de soutien, ceux qui ont besoin de soutien proche et fréquent, fonctions exercées par les professionnels du RASED (quand il en existe encore un) qui en ont la charge et enfin, les élèves en situation de handicap pour lesquels dans de nombreux apprentissages et notamment celui de la lecture, une prise en charge individuelle s’avère obligatoire si on veut réellement qu’ils parviennent à apprendre. J’interviens auprès de cette catégorie d’élèves et j’ai le sentiment de leur être d’une grande utilité. Utile et aidant pour ces élèves mais également dans une relation de soutien aux enseignants des classes ordinaires qui les accueillent et qui n’ont aucune formation particulière, la plupart du temps déboussolés et sans aucune aide de l’Education Nationale. Aidant, je dois l’être aussi pour mes collègues du SESSAD (Chef de service, psychologues, psychomotricien, art-thérapeute, éducateurs.) qui n’appartiennent pas à l’Education Nationale et qui ne connaissent pas son fonctionnement, ses rythmes, ses procédures, ses codes, son vocable et ses nombreuses abréviations, jusqu’à ses états d’âme parfois. Je pense remplir le rôle professionnel et humain de l’interface entre ses deux institutions qui ne se connaissent pas et qui doivent travailler au mieux en partenariat pour le bien-être des élèves qu’elles accueillent et dont elles ont la charge. Lors des E.S.S (Equipe de suivi de scolarité annuelle obligatoire) la place de l’Enseignant Spécialisé du SESSAD est le bon relais de compréhension entre l’école, le SESSAD, les familles et l’Enseignant Référent chargé du suivi des élèves en situation de handicap. La disparition des Enseignants Spécialisés au sein des SESSAD créerait un vide, une distance qui ne cesserait de s’agrandir entre les SESSAD et les institutions scolaires et par là même nuirait considérablement au travail en partenariat, à la compréhension mutuelle nécessaire.

La loi de 2005 a donc permis l’intégration (l’inclusion aujourd’hui ) des élèves en situation de handicap dans les institutions scolaires ordinaires ou banales AVEC LE SOUTIEN ET L’ACCOMPAGNEMENT notamment des SESSAD. En ce qui concerne le projet du SESSAD la Tour pour lequel je suis mis à disposition, il était prévu et envisagé par l’Education Nationale le principe de la « création » de 2 postes d’enseignants lorsque les effectifs seraient au complet. Les effectifs sont au complet (et même plus puisque de nombreux dossiers sont en attente) depuis plusieurs années et aucun poste supplémentaire n’a été octroyé malgré nos demandes. Mais aujourd’hui c’est encore pire puisque le poste unique va être supprimé !! Mr Allègre, alors Ministre de l’Education Nationale, avait énoncé cette formule qui me paraît encore aujourd’hui très pertinente concernant les élèves en difficulté : « Il faut donner le plus aux élèves qui ont le moins ». Cette décision de l’Inspectrice d’Académie de supprimer les postes SESSAD mais aussi RASED et MAZEP, c’est tout le contraire. Et QUI va pouvoir faire le travail avec ces élèves en très grande difficulté à l’intérieur des écoles ??? Pour de fausses raisons économiques ce sont encore les plus faibles d’entre nous qui vont subir et être abandonnés. C’est terriblement injuste et c’est même extrêmement malhonnête au regard des engagements de l’Education Nationale et de la Loi. Dans son Projet associatif de 2011, l’APAJH (Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés, l’association dont dépend le SESSAD la Tour) « .considère que l’absence de financements nécessaires est une discrimination d’Etat .et que ne pas accorder les moyens nécessaires à un accompagnement digne s’apparente à de la maltraitance. » Je reprends à mon compte la totalité de ce discours et je considère que cette décision de suppression de postes déshonore l’Education Nationale et les valeurs qu’elle devrait porter haut.

21 janvier 2012, François Thion, Enseignant Spécialisé au SESSAD la Tour de Rebais.

7)- FAITS DIVERS : UNE ENSEIGNANTE AVEUGLE AGRESSÉE, LES SUITES DE L’AFFAIRE

7- A)- LA NON-VOYANTE EN GARDE À VUE

Le mois dernier, cette enseignante aveugle disait avoir été agressée dans les couloirs du lycée Sévigné. Hier matin, elle a été placée en garde à vue par des policiers qui mettent en doute sa version des faits.

L’ENSEIGNANTE a-t-elle menti ? Et si oui, pourquoi ? Rappel des faits : le 23 février, Aurélie Dauvin, professeur de français au lycée Sévigné de Charleville-Mézières, s’était dit victime d’une agression. Celle-ci, racontait-elle, avait eu lieu de bon matin dans les couloirs de l’établissement : « Tout d’un coup, j’ai senti qu’on m’attrapait par le bras [...] C’était un homme », précisait-elle dans ces colonnes (notre édition du 26 février). Son manteau avait été déchiré, son sac fouillé et quelques unes de ses mèches de cheveux coupées. L’affaire avait ému. Forcément. Aucun suspect n’avait été identifié. Un médecin avait prescrit trois jours d’ITT à Mme Dauvin. Le jour même, celle qui enseigne à Sévigné depuis 1996 avait déposé plainte au commissariat.

« L’enquête suit son cours », répétait-on depuis. Hier, la procédure a pris un tour inattendu : celle qui était victime présumée a été placée en garde à vue. Invitée à venir clarifier au commissariat de Charleville-Mézières certaines de ses déclarations jugées « incohérentes », les policiers avaient fixé le rendez-vous à 10 heures. Mme Dauvin avait prévenu la proviseure du lycée Danièle Andrey de son absence. Face aux contradictions de son récit, son placement en garde à vue lui a finalement été notifié en fin de matinée. De quels éléments les enquêteurs disposaient-ils donc pour justifier ce revirement ? Hier, le parquet s’est refusé à tout commentaire. Une source proche de l’enquête évoquait seulement des « incohérences persistantes » dans le récit de Mme Dauvin, rapidement assistée par Philippe Jumelin, avocat de permanence et toujours à ses côtés, au commissariat, en début de soirée.

« Attristé »

Dès le départ, l’authenticité de cette agression avait suscité de nombreux doutes, exprimés plus ou moins finement, au sein des personnels du lycée. « " y’avait beaucoup de gens prudents », confiait ainsi Mme Audrey. La proviseure, qui disait hier matin « tomber des nues » à l’annonce de la mise en garde à vue de son enseignante, se rappelait également les sous-entendus exprimés par Mme Dauvin quant au manque de soutien manifesté par ses collègues dans les jours qui avaient suivi l’agression présumée. Hier, l’un d’eux, qui préférait rester anonyme, confiait : « Si personne n’a réagi, c’est peut-être aussi qu’il y avait des raisons... Depuis cette affaire, c’était compliqué pour nous de justifier ce manque de solidarité apparente. Après, s’il s’avère que son agression était bidonnée, je serai d’abord attristé pour elle ».

La récente rentrée scolaire n’avait pas permis de retrouver un climat apaisé. Lundi, Mme Dauvin, après s’être entretenue avec le médecin de l’académie, aurait ainsi exigé la présence accrue de son assistante, auxiliaire de vie scolaire chargée de l’accompagner dans l’enceinte de l’établissement, pour des raisons de sécurité. A son initiative, elle devait ce matin rencontrer l’assistante sociale de l’inspection d’académie. Enfin, dans quelques jours devait tomber la réponse quant à sa demande de mutation effectuée en décembre pour l’académie de Lorraine puisque son compagnon réside à Nancy. Désemparé il lâchait : « Mais comment aurait-elle pu inventer tout ça ? Je n’y crois pas une seconde !".

7- B)- APRÈS L’AGRESSION D’UNE ENSEIGNANTE AU LYCÉE SÉVIGNÉ DE CHARLEVILLE

En mal de soutien : L’enseignante malmenée jeudi dernier s’émeut du manque de solidarité de ses collègues. De son côté, la proviseure assure avoir fait tout le nécessaire.

Jeudi dernier, une enseignante non-voyante du lycée Sévigné de Charleville Mézières, Aurélie Dauvin, était agressée dans les couloirs de l’établissement : manteau déchiré, queue-de-cheval tirée, sac ouvert et fouillé. Le matin même, une plainte est déposée par Mme Dauvin. Depuis, l’enquête suit son cours : l’auxiliaire de vie scolaire, chargée d’assister Aurélie Dauvin dans l’enceinte scolaire, et l’infirmière ont été entendues par les policiers ; les films enregistrés par les caméras situées à l’entrée du lycée ont également été visionnés.

Cette professeur de français s’était par ailleurs émue du « manque de soutien » de ses collègues et de sa hiérarchie, précisant ne « pas avoir appréciée » de devoir se rendre seule au commissariat afin de déposer plainte (notre édition de dimanche). Contactée hier soir, l’auteur du remarqué À perte de vue (éd. Broché, 2007), ouvrage qui plaidait pour une meilleure intégration des élèves handicapés, ne décolérait pas : « Depuis, j’ai envoyé un mail collectif à 40 membres du personnel de Sévigné (sur 110, ndlr) avec le lien de votre précédent article. Aucun ne m’a répondu ou appelé. Vous trouvez ça normal, vous ? » Ambiance...

Toujours « marquée par l’agression », Mme Dauvin, qui, dans la foulée, avait reçu trois jours d’ITT, semblait même hésiter à reprendre son travail à l’issue des vacances scolaires.

Pour sa part, la proviseure du lycée, Danièle Andrey, conteste vigoureusement le manque de solidarité dénoncé par son enseignante. « Sur votre site (www.lunion.presse.fr), beaucoup de réactions m’ont semblé excessives - et je ne dis pas ça seulement parce qu’elles prenaient partie contre moi. A chaud, j’hésitais à réagir. Je comprends l’émoi des gens. Evidemment que je suis moi aussi choquée par une agression. Mais les gens ne savent pas toujours de quoi ils parlent : jeudi dernier, quand j’ai su ce qui venait de se passer, j’ai téléphoné au commissariat, j’ai fait appel à l’infirmière scolaire et appelé le taxi pour Mme Dauvin. » Et de préciser : « Je me suis bien assuré qu’elle n’avait pas de lésions avant qu’elle aille au commissariat ».

Conformément à la procédure, Mme Andrey alerta également les services du rectorat avant, le lendemain, d’envoyer son rapport à l’inspection d’académie. J’ai même entendu que j’avais voulu étouffer l’affaire ! A 57 ans, ma carrière est derrière moi. Sévigné, j’y suis depuis septembre 2010 et c’est mon dernier poste. » Des propos a priori suffisant pour calmer les plus virulents et suspicieux des internautes.

Reste à savoir s’ils sauront apaiser Mme Dauvin.

Mathieu LIVOREIL.

8)- EMPLOI ET FORMATION PROFESSIONNELLE

8- A)- COMMUNIQUÉ DE PRESSE : TRIPLE PEINE POUR LES TRAVAILLEURS HANDICAPÉS DE LA FONCTION PUBLIQUE !

Alors qu’il prône une politique exemplaire d’emploi pour les personnes handicapées, le gouvernement inflige une triple peine aux agents en refusant de donner au FIPHFP (fonds d’insertion des personnels handicapés de le fonction publique) les moyens de réaliser ses missions.

L’Établissement Public Administratif FIPHFP créé par la loi de 2005 a pour mission d’aider les employeurs publics dans la mise en ouvre de leur politique d’insertion et de maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés. Cet établissement reçoit leur déclaration et collecte les contributions des employeurs en deçà du taux de 6% de travailleurs handicapés.

L’accompagnement des employeurs publics dans le conventionnement, le suivi des conventions, la plate forme des aides, la communication, l’information des employeurs, l’actualisation des aides. sont les missions majeures du Fonds.

Le FIPHFP doit également répondre aux charges supplémentaires consécutives à la Conférence du Handicap de 2011 en matière d’accessibilité et d’apprentissage ; la réponse à ces nouvelles missions a augmenté son périmètre d’intervention de façon conséquente.

Aujourd’hui les 264 conventions signées avec les employeurs et les institutions, les conventions d’accessibilité, le volume d’aides traitées par la plate forme, témoignent d’une montée en charge importante de l’activité du FIPHFP. La mise en ouvre prochaine de la loi « Blanc », qui permet la saisine directe du fonds, occasionnera également de nouvelles charges importantes.

Pour y faire face, des décisions de mutualisation, de réorganisation ont d’ores et déjà été prises avec le même effectif en personnel. Les organisations syndicales et les associations siégeant au Comité National avaient alerté la direction sur la situation déséquilibrée liée à ce surcroît de charges et à un budget de fonctionnement bien en deçà des besoins.

Un audit, demandé en 2011, a d’ailleurs mis en évidence la nécessité d’augmenter d’une quinzaine le nombre d’agents affectés à ces activités, dans le cadre d’une convention avec la Caisse des Dépôts.

Ce chiffre a été ramené à 8 équivalents temps plein (hors loi Paul Blanc et accessibilité) par l’EPA dans le cadre d’un effort de mutualisation et d’organisation du travail. Il permettrait d’améliorer les missions suivantes :

- Le travail des Délégués inter-régionaux au handicap (DIH), véritables chevilles ouvrières du FIPH en régions ;

- le suivi d’une centaine de conventions au plan national et local (via les comités locaux) ce qui aurait pu libérer un financement supplémentaire de 45 millions d’ ? ;

- le pôle statistique, budget, pilotage ;

- le traitement de 250 dossiers de recouvrement contentieux ;

- la réponse par le gestionnaire aux appels téléphoniques : le taux, actuellement de 57% par faute de moyens, pourrait ainsi être porté à plus de 80%, objectif repris dans la convention ;

- le contrôle interne et la maîtrise d’ouvrage informatique, ce qui permettrait des gains de productivité.

En refusant un tel renfort en personnel, le ministère du budget va bloquer cette évolution, et pire, va mettre dans la souffrance au travail, des collaborateurs à la limite de leurs possibilités !

Les organisations syndicales et associations ne peuvent accepter cette situation. Ce refus de renforcer les structures de la part du Ministre entraînera inéluctablement une nouvelle dégradation des conditions de travail des personnels affectés à ces missions et conduira le FIPHFP à réduire ses activités en faveur de l’insertion des agents handicapés.

Les organisations syndicales et les associations refusent que les travailleurs Handicapés des fonctions publiques fassent les frais d’une politique essentiellement guidée par le strict principe d’application de la RGPP (Révision Générale des politiques publiques).

Aujourd’hui, les travailleurs handicapés sont victimes :

- de la baisse des recrutements dans la fonction publique liée au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite,

- du désengagement progressif de l’État de ses responsabilités dans le suivi des demandeurs d’emploi handicapés,

- de l’absence de moyens suffisants accordés au FIPHFP pour remplir ses missions.

Les agents de la fonction publique confrontés au handicap ne doivent pas subir une triple peine !

Les organisations syndicales et les associations réaffirment leur opposition à la convention proposée au Comité National du 14 Mars 2012. Elles ont, avec les employeurs, voté unanimement le rejet des propositions d’arbitrage rendues par le premier ministre, propositions insuffisantes pour permettre au FIPHFP de remplir pleinement et sereinement les missions qui lui ont été confiées par la loi de 2005. Elles ont quitté la séance à l’issue de ce vote.

8- B)- QUESTION ÉCRITE DE MR. SUR LES TRAVAILLEURS HANDICAPÉS STAGIAIRES

Assemblée nationale, Question écrite N° 123142 de M. Alain Rodet (Socialiste, radical, citoyen et divers gauche - Haute-Vienne).

Ministère interrogé : Travail, emploi et santé ;

Ministère attributaire : Travail, emploi et santé ;

Rubrique : handicapés ;

Tête d’analyse : formation professionnelle ;

Analyse : financement, perspectives.

Question publiée au JO le : 29/11/2011 page : 12464

Réponse publiée au JO le : 28/02/2012 page : 1916

Date de signalement : 14/02/2012

- Texte de la question : M. Alain Rodet attire l’attention de M. le ministre du travail, de l’emploi et de la santé sur l’inquiétude des travailleurs handicapés stagiaires. En effet, selon le code du travail, tout travailleur handicapé peut légalement bénéficier d’une formation professionnelle ouvrant droit à des aides financières.

Aujourd’hui, 11 000 personnes sont ainsi accueillies dans un établissement de réadaptation et de rééducation professionnelle. Or, faute d’agrément de rémunération accordé par l’administration du travail à ces organismes, de très nombreux stagiaires risquaient d’être privés de salaire pour la fin de l’année 2011.

Suite à la forte mobilisation des professionnels de ce secteur, une enveloppe d’un million d’euros devrait être débloquée d’ici la fin du mois de novembre.

Toutefois, aucune garantie n’a été donnée par le Gouvernement quant à la pérennité de ces financements pour les années suivantes. Or, on le sait, la formation professionnelle des personnes handicapées est un vecteur essentiel de leur insertion sociale, sans laquelle on ne peut parler de réelle « égalité des chances ». En conséquence, il lui demande quels seront les moyens consacrés à la formation professionnelle des personnes handicapées pour l’année 2012.

- Texte de la réponse : le ministre du travail, de l’emploi et de la santé a pris connaissance avec intérêt de la question relative à la rémunération de la formation des stagiaires handicapés dans les Centres de rééducation professionnelle (CRP).La réglementation, contenue dans le code du travail, donne la possibilité à tout travailleur handicapé de bénéficier d’une réadaptation, d’une rééducation ou d’une formation professionnelle (article L. 5213-3 du code du travail). Ces actions de réinsertion ou de formation sont le plus souvent effectuées dans les CRP, dont le nombre de places offertes en formation dépend du volume de financement octroyé par les Agences régionales de santé (ARS).Toutefois, la seule entrée en formation ne garantit pas le versement d’une rémunération, car celle-ci est conditionnée par un agrément de l’Etat ou du conseil régional. Il peut donc exister un décalage entre le nombre de stagiaires accueillis en centre et la prise en charge des rémunérations. En 2011, la dotation des crédits de rémunération inscrite en Loi de finances initiale (LFI) est en diminution de 7 % par rapport à l’année précédente, ce qui a conduit les Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) à réduire le volume d’agrément. Afin d’éviter de pénaliser les stagiaires, les services du ministère, en lien avec les représentants des principaux acteurs concernés, ont travaillé à l’élaboration de solutions permettant de surmonter les difficultés signalées. Le ministre du travail, de l’emploi et de la santé a décidé d’abonder les crédits de rémunération afin d’assurer la prise en charge des stagiaires de ce centre de formation dans la limite des possibilités offertes sur les crédits en matière de politique de l’emploi. Dans votre région ce sont ainsi 153 mois supplémentaires qui ont pu être financés pour un montant de 229 500 euros. Le ministre du travail, de l’emploi et de la santé tient à préciser que la dotation allouée en 2012 aux crédits de rémunération doit permettre la prise en charge totale des demandes des CRP.

8- C)- LETTRE DE LA DIRECTION GÉNÉRALE DE L’ORGANISATION DES SOINS (DGSO)

- La profession de masseur-kinésithérapeute demeure en France une voie privilégiée d’insertion ou de réinsertion professionnelle pour les personnes aveugles et malvoyantes. Or, comme toutes les branches professionnelles, sa formation initiale a connu et connaît des évolutions importantes dans lesquelles les personnes aveugles et malvoyantes sont, partie prenante, via leurs représentants associatifs.

Aujourd’hui, et après dix ans de travaux divers et de tergiversations multiples, une nouvelle réforme est en passe de voir le jour. Elle procède à un allongement de la durée des études à 4 ans, une évolution significative des contenus et des approches pédagogiques et la nécessité de tisser des partenariats avec l’Université pour s’inscrire enfin dans un système Européen Licence, Master, Doctorat (LMD).

La lettre de la Direction Générale de l’Organisation des Soins (DGOS) ci-dessous répond sans équivoque aux inquiétudes des directeurs des Instituts de Formation en Masso-kinésithérapie, aux présidents des organismes gestionnaires de ces instituts, et au Président de l’UNAKAM quant au financement de la réforme par l’assurance maladie et la poursuite de la rémunération des stagiaires. Le travail n’est pas terminé mais ce courrier constitue une étape essentielle pour la poursuite du processus de formation des personnes aveugles et malvoyantes dans cette profession.

Michel Gouban,

Secrétaire Général de l’UNAKAM

Administrateur de la CFPSAA

- MINISTERE DU TRAVAIL, DE L’EMPLOI DE LA SANTE, SECRETARIAT D’ETAT A LA SANTE, Direction générale de l’offre de soins.

La directrice générale

Paris, le 2 Mars 2012.

Madame, Messieurs,

Vos courriers des 12 et 30 janvier dernier ont retenu toute mon attention.

La DGOS est particulièrement attachée au maintien de l’accès à la formation en masso-kinésithérapie aux déficients visuels. En effet, il est important de conserver cette possibilité d’accès à la formation dans la mesure où elle permet l’intégration socioprofessionnelle d’un grand nombre de personnes en situation de handicap.

Il est donc parfaitement souhaitable que la réforme en cours continue d’associer les déficients visuels, et qu’ainsi la formation soit organisée et adaptée à leur handicap.

A ce titre, la DGOS a bien pris en compte l’ensemble des problématiques soulevées par cette évolution de la formation :

- D’un point de vue administratif et financier, l’allongement de la formation d’une année a nécessairement pour conséquence une augmentation des moyens à mettre en ouvre, et suppose par conséquent des financements : un financement de la 4ème année par l’assurance maladie et un financement permettant la rémunération des stagiaires.

- D’un point de vue pédagogique, il s’agit d’aménager la 1ère année de formation. La réforme suppose donc que le projet de 1ère année construit sur le modèle d’une année universitaire, soit reconnu par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR) comme valant 60 ECTS, et permettant une validation complète de l’année de formation au même titre que l’année universitaire suivie par les autres étudiants. Par ailleurs, une convention avec l’université devra être prévue pour mettre en ouvre l’enseignement.

Pour répondre à ces diverses problématiques, la DGOS organisera prochainement une réunion avec les services concernés à laquelle vous serez associés.

Je vous prie de croire, Madame, Messieurs, en l’expression de ma considération distinguée.

La Directrice Générale de l’Offre de Soins

Annie PODEUR

8- D)- INVITATION AUX PORTES OUVERTES DE L’ASSOCIATION PAUL GUINOT

L’Association Paul Guinot, pour les aveugles et les malvoyants, vous ouvre ses portes le jeudi 5 avril 2012 de 9h00 à 18h00.

Reconnue d’utilité publique en 1928, l’Association Paul Guinot intervient dans plusieurs domaines pour promouvoir l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées visuelles. Elle dispose d’un Centre de Rééducation Professionnelle (CRP) et d’un Centre de Ressources (CDR).

Le CRP propose des formations de :

- Masseur-Kinésithérapeute

- Développeur d’applications informatiques

- Conseiller Relation Clients à Distance

- Agent d’accueil et d’information

Le CDR propose des solutions pour l’accessibilité en milieu professionnel :

- Aménagements des locaux, des postes de travail et conseils en aides techniques

- Appuis au projet professionnel et bilans de compétence

- Actions de sensibilisation à la déficience visuelle

- Formation continue

Au programme de cette journée : accueil par nos stagiaires, visite de l’Établissement, découverte de nos formations diplômantes et continues, démonstration d’outils adaptés à la déficience visuelle, échanges avec nos équipes pluri-disciplinaires, .

Venez découvrir notre spécificité et nos actions en faveur des personnes aveugles ou malvoyantes.

Rendez-vous à l’association Paul Guinot, 24-26 boulevard Chastenet de Géry 94814 Villejuif Cedex.

Arrêt métro ligne 7 Villejuif Léo Lagrange (sortie avenue de Paris côté pair), ou bus 131 arrêt les coquettes.

Renseignements et confirmations de présence au : 01.46.78.01.00 ou par mail à crp@guinot.asso.fr

9)- ACESSIBILITÉ

9- A)- CHANGEMENT DE DATES POUR LES TESTS DE L’INSTITUT DE LA VISION EN AVRIL 2012 - APPEL À VOLONTAIRES

Suite à des travaux en voirie qui interviendront dans la zone de tests nous sommes contraints de décaler les dates initialement prévues.

Nous recrutons un panel de personnes déficientes visuelles afin de tester des revêtements tactilo-visuels sur trottoir et sur passages piétons. Toute information recueillie pendant le test est confidentielle et anonyme conformément à la Loi Informatique et Liberté.

Personnes volontaires : nous recherchons des personnes non-voyantes ou fortement mal-voyantes, se déplaçant seules, ne présentant pas de troubles de la marche, et utilisant obligatoirement une canne blanche (et sans chien-guide).

Durée : Le test aura lieu en 1 seule séance, individuellement, et pour une durée d’environ 2 heures. Date : Ce test aura lieu du vendredi 6 avril 2012 au mardi 17 avril. Lieu : Institut de la Vision, 17 rue Moreau, Bastille, Paris 12ème. Dédommagement : chèque-cadeau de 20 euros.

Pour vous renseigner et vous inscrire : 01.53.46.25.82

- Sabine Langevin, chef de projet, Institut de la Vision-Streetlab : sabine.langevin@institut-vision.org

- Maxime Pernot, chargé de mission Accesssibilité : maxime.pernot@institut-vision.org

9- B)- APPEL À VOLONTAIRES POUR L’EXPÉRIMENTATION DE DISPOSITIFS DE PASSAGES À NIVEAU

Nous cherchons des personnes non-voyantes et malvoyantes pour participer à une expérimentation de dispositifs d’aide à l’orientation, de séparation d’espace et de répétition sonore de feux de signalisation Loos les Lille. Cette expérimentation a pour but de produire des recommandations que les sociétés RFF et SNCF pourront mettre en oeuvre dans le cadre des plans de mise en accessibilité de la voirie en agglomération.

Les tests auront lieu les 17, 18 et 19 avril 2012, le temps de disponibilité sur place pour chacun est estimé à une heure. Pour vous inscrire, veuillez contacter le Service Rémora et Danielle Beernaert, secrétaire de Rémora au 03.20.74.64.34.

Merci à vous de diffuser cette information à vos réseaux.

La CFPSAA participe à ce groupe de travail.

9- C)- REIMS : LE PALAIS DU TAU, CHAMPION DE L’ACCESSIBILITÉ

Dominé par la vénérable et impressionnante dentelle de pierre de la Cathédrale Notre Dame de Reims, le Palais du Tau a accueilli les 23, 24 et 25 mars 2012 la manifestation « Monument pour Tous » organisée par le Centre des Monuments Nationaux.

Ce Palais a été la résidence des Archevêques à partir du XIIème siècle. Il abrite aujourd’hui le musée de l’ouvre de Notre Dame. Le Trésor de la cathédrale attenante et une partie de sa statuaire d’origine y sont exposés. La Cathédrale Notre Dame, bombardée et incendiée pendant la guerre de 14, a perdu un grand nombre de sculptures de toit, d’intérieur et de façades. Les architectes venus en sauveurs, ont récupéré prudemment ces ouvres mutilées, noircies par le feu et les ont, soit restaurées en les laissant sur place, soit remisées au Palais du Tau. Des copies à l’identique les ont remplacées sur l’édifice.

De grands travaux d’accessibilité permettent à tous handicaps de visiter à l’aise les nombreuses salles d’exposition, les escaliers sont notamment remplacés par de modernes monte-charges manouvrés par les utilisateurs. Les rampes, signalétique adaptée et accueil diligent ont valu au Palais du Tau une récompense nationale bien gagnée.

Sous les grandes tapisseries des siècles passés, le CMN a présenté pendant 3 jours le résultat de 10 ans de travaux, en partenariat avec diverses associations dont surtout l’Association Valentin Haüy, pour permettre la découverte tactile d’ouvres architecturales majeures, inconnues des aveugles jusqu’alors : les peintures médiévales du Cloître de Fréjus (Var), les Vitraux du Reliquaire de la Ste Chapelle de Paris, les Gisants Royaux de la Basilique St Denis et enfin les Tapisseries Historiques des Gobelins présentes dans de nombreux châteaux français. Les expos multi-sensorielles permettent aux handicapés visuels de comprendre avec les doigts, et l’aide des bénévoles présents, ce qu’ils ne peuvent voir.

Pendant 3 jours, près de 2.000 visiteurs ont arpenté les salles du Palais, accueillis et guidés par les bénévoles de l’AVH de Reims, ceux de la Fondation Orange, de l’Association Passe-Muraille, de l’Association Artesens et de la FAF, dont les ateliers ont émerveillé les visiteurs.

Que de bonheur à prêter ses yeux, l’espace d’une visite, à un petit garçon de 9 ans, aveugle et infirme , puis à une alerte grand mère centenaire, de serrer des mains cordiales et fugitives, d’entendre des mots de gratitude et d’admiration. Pendant 3 jours, le Palais du Tau a eu une âme particulière.

Max Bouvy

Administrateur de l’Association Valentin Haüy

Référent du Centre des Monuments Nationaux

10)- NTIC

10- A)- DÉMONSTRATION DU NAVIGATEUR GPS KAPTEN MOBILITY

Bonjour,

Je me permets de vous faire savoir que je suis à la disposition de toute personne intéressée pour effectuer des démonstrations individualisées et à l’extérieur du nouveau navigateur GPS Kapten Mobility, dont vous trouverez la fiche descriptive ci-dessous ainsi qu’à l’adresse : http://www.avh.asso.fr/magasin/prod...

Merci d’en informer vos collaborateurs, vos collègues non ou malvoyants et/ou vos stagiaires.

Pour fixer un rendez-vous, les personnes intéressées peuvent me contacter :
- par e-mail, c.coudert@avh.asso.fr
- par téléphone au 01.44.49.27.27 poste 2535 (laisser un message en cas d’absence en précisant le numéro de téléphone auquel je pourrai rappeler la personne).

Le Kapten Mobility apporte une autonomie très appréciable aux personnes déficientes visuelles dans leurs déplacements. Il permet notamment de préparer un trajet depuis chez soi, d’explorer virtuellement un quartier, de se faire guider vers une destination en mode piéton ou véhicule, de connaître en cours de trajet les boutiques, bâtiments publics, banques, restaurants, pharmacies... aux alentours de sa position, d’enregistrer un parcours inconnu effectué par exemple avec une personne voyante afin de refaire ce parcours dans un sens ou dans l’autre, etc...

Le Kapten Mobility est en vente au Service du Matériel Spécialisé au prix de 490 ?.

Je vous remercie de diffuser l’information autour de vous. Bien cordialement,

Christian Coudert

- Fiche technique de l’appareil :

Référence : 25100 - GPS "Kapten Mobility"

Un navigateur GPS tout intégré pour les personnes malvoyantes ou aveugles Développé par Kapsys, le leader mondial des solutions de mobilité basées sur la navigation vocale, Kapten Mobility est un GPS de poche, intégrant un navigateur contrôlé à la voix, conçu pour faciliter la mobilité des personnes malvoyantes ou aveugles.

Avec son MICROPHONE et HAUT-PARLEUR INTÉGRÉS, Kapten Mobility reste compact, léger et vous offre toutes ses fonctions au creux de la main. Sa TECHNOLOGIE DE LOCALISATION RAPIDE vous permet de démarrer une navigation rapidement, à la sortie de votre domicile. La BATTERIE DE GRANDE CAPACITÉ vous offre 15 heures de navigation vocale sans interruption. Kapten Mobility a été conçu en collaboration avec des personnes malvoyantes afin de garantir une parfaite accessibilité avec des boutons en relief.

Beaucoup de fonctions spécifiquement conçues pour votre sécurité et votre confort

Avec le Kapten Mobility vous pouvez :

TROUVER VOTRE CHEMIN : NAVIGATION MULTITRANSPORT : Que ce soit à pied, ou en voiture, vous trouverez toujours votre chemin avec l’aide du navigateur vocal du Kapten Mobility. NAVIGATION PIÉTONNE INTELLIGENTE : Laissez-vous guider grâce à la navigation en mode piéton combinée avec le réseau ferré des transports en commun. SAISIE DE L’ADRESSE DE DESTINATION SIMPLIFIÉE : Grâce à la reconnaissance vocale, vous entrez aisément votre adresse de destination, votre ville, votre rue, une station de transport en commun et un numéro de rue. SAVOIR OÙ VOUS ÊTES - DÉCOUVRIR DE NOUVEAUX LIEUX : LE MODE DE NAVIGATION LIBRE : Ecoutez en temps réel une description vocale de votre environnement proche pendant vos déplacements à pieds : nom de rue, description de croisements, points d’intérêt, vos K-Tags, etc. Vous pouvez lancer et arrêter cette fonction avec un bouton dédié. LECTURE DE CARTE : Baladez-vous sur la carte embarquée pour explorer une zone. Cette fonction vous permet de lire la carte numérique contenue dans le Kapten Mobility et virtuellement de vous déplacer à travers les rues grâce à une description vocale de chaque intersection. " OÙ SUIS-JE ? " Bouton dédié permettant en un clic de connaître votre position actuelle. POINTS D’INTÉRÊT À PROXIMITÉ : Permet d’avoir la liste des points d’intérêt autour de votre position. PRÉPARER VOS DÉPLACEMENTS : CARNET DE ROUTE : Vous permet d’écouter toutes les manoeuvres de la navigation calculée afin de préparer votre parcours. ITINÉRAIRE DE A à B : Kapten Mobility calcule la meilleure route entre deux points et vous permet d’écouter toutes les instructions de navigation avant de partir. RETOURNER À VOS ENDROITS FAVORIS : MODE PARCOURS : Enregistrez vos itinéraires préférés puis rejouez les du départ à l’arrivée ou dans le sens inverse. ENREGISTREMENT DE K-TAG : Enregistrez la position de vos adresses les plus utiles ou préférées. Vous pouvez associer un mémo vocal à votre K-Tag, puis utiliser votre K-Tag comme adresse de destination. Vous pouvez également être averti quand vous passez à proximité d’un K-Tag en navigation libre. DIVERTISSEMENT EN CHEMIN - LIVRE DAISY : LECTEUR MP3 : Sélectionnez et écoutez votre artiste ou album préféré, rejouez votre musique (à partir du dernier morceau), ou écoutez la musique en mode aléatoire. LECTEUR DE LIVRE AUDIO : Profitez de vos livres audio favoris au format Daisy et parcourez votre livre de chapitre en chapitre ou à partir d’un marque page. N’IMPORTE OÙ, N’IMPORTE QUAND ET FACILEMENT : Qu’il soit porté autour du cou ou dans votre poche, le Kapten Mobility vous aidera dans vos déplacements quotidiens sans même passer par une phase d’apprentissage. Conçu pour offrir une toute nouvelle accessibilité, le Kapten Mobility est simple à utiliser grâce à : DES TOUCHES DÉDIÉES : Navigation, " ou suis-je ? ", lecteur MP3, lecteur Livre Audio, K-TAG. UN GUIDE D’UTILISATION VOCAL embarqué dans le produit. UNE AIDE CONTEXTUELLE dans chaque menu et pour chaque fonction. INTÉGRATION DU HAUT PARLEUR ET DU MICROPHONE pour un usage en mains libres. UNE EXCELLENTE AUTONOMIE DE BATTERIE permettant jusqu’à 15 heures d’usage ininterrompu. MÉMOIRE EXTENSIBLE : Afin d’augmenter votre contenu musical et livre audio à l’aide d’une carte MicroSD. NAVIGATION LIBRE Ce mode décrit votre environnement. Quand cette fonction est activée, votre Kapten Mobility vous indique en temps réel, la rue où vous êtes actuellement et décrit l’intersection suivante. De plus, il vous annonce les K-Tags et points d’intérêt à proximité. De la même manière, lorsque vous arrivez près d’une intersection, votre Kapten Mobility la décrit de façon détaillée. Après l’intersection, le Kapten Mobility indique la nouvelle rue sur laquelle vous vous trouvez.

Exemple de navigation libre : Sur Avenue du Parc, direction nord-est, arrivée sur une intersection à trois routes. A 9 heures : rue du Marché, à 11 heures rue de la mairie, à 3 heures rue de l’église.

LECTURE DE CARTE Cette fonction vous permet de vocaliser la carte numérique du Kapten Mobility et de vous emmener virtuellement n’importe où. Entrez un point de départ de votre choix, comme votre position actuelle par exemple. Kapten Mobility définit alors les rues accessibles à partir de ce point en vous donnant leur position en utilisant un cadran horaire.

Par exemple : A 9 heures : rue du Marché, à 11 heures rue de la mairie. Vous pouvez faire défiler ces noms de rues en utilisant les touches " avance rapide " ou " retour rapide ". Utiliser la touche " K " pour répéter le dernier nom de rue. à l’annonce de la rue, confirmez en pressant la touche " lecture ". Une fois dans la nouvelle rue, le produit annonce l’intersection à venir et ainsi de suite. Ce mode peut être utilisé à l’infini.

UNE AIDE PRÉSIEUSE POUR VOS DEPLACEMENTS QUOTIDIENS

Kapten Mobility est le produit de navigation GPS pour les personnes malvoyantes ou aveugles le plus simple à utiliser, le plus compact et accessible. Il vous aide à vous sentir plus sûr en : Vous indiquant votre position exacte Vous donnant une description de l’environnement Vous permettant de démarrer une navigation piétonne vers un point d’arrivée avec ou sans transport en commun Vous permettant d’enregistrer la position de vos endroits les plus utiles. Où que vous soyez, où que vous alliez, Kapten Mobility ne vous laissera jamais seul. Sa conception robuste, sa fiabilité et son récepteur GPS haute performance vous garantissent une expérience de navigation optimale. Plus de 70 mots-clefs sont disponibles pour contrôler et interroger le Kapten Mobility. Grâce à son interface vocale avancée, Kapten Mobility peut être totalement contrôlé vocalement.

SPECIFICATIONS TECHNIQUES

Taille : 100x55x18 mm Poids : 130g Mémoire : 4 GB (interne) + microSD pour augmenter la mémoire GPS SiRF Star III - EGNOS InstantFix II : Pas de connexion requise à un ordinateur pour télécharger les éphémérides Antenne intégrée Données cartographiques : TomTom Licensing ou Navteq selon les pays Large base de données de POI Premium USB 2.0 High Speed via mini-USB Batterie : 3000 mA.H (15 heurs d’autonomie) Haut-parleur et microphone intégrés Reconnaissance et synthèse vocale : Nuance Connectivité : PC (Windows XP et supérieur) et Mac (Mac OS 10.5 et supérieur) Kapmanager Mobility : Application PC/MAC pour la mise à jour logiciel et la sauvegarde du contenu Contenu du Pack : 1 Kapten Mobility, 1 chargeur secteur, 1 câble USB, 1 paire d’écouteurs avec microphone et bouton de commande vocale 1 tour de cou, 1 guide de démarrage.

Versions disponibles : France, Benelux, UK/Ireland, USA, Canada, Espagne, Argentine, Mexique, Italie, Allemagne, Autriche, Suisse, Suède, Danemark, Norvège, Pays arabes, Portugal.

10- B)- COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE HANDICAP ZÉRO - LES CIRCUITS TACTILES : UNE ÉDITION TRÈS SPÉCIALE POUR LE CHAMPIONNAT DE F1 2012 !

2012 marque le 10ème anniversaire de l’action d’HandiCaPZéro en Formule 1.

Une décennie où l’association a permis à de nombreux fans aveugles et malvoyants d’accéder à l’essentiel de l’information durant chaque saison de Formule 1.

Depuis 2002, un magazine détaille circuits, écuries, pilotes, nouvelle réglementation . concocté par Jean-Louis Moncet et Thibault Larue. Le magazine est distribué gratuitement à la demande, en braille, audio et caractères agrandis.

Pour ce 10ème anniversaire, l’édition 2012 a donc un caractère exceptionnel. Le magazine est accompagné d’une création originale imaginée par et pour des personnes aveugles et malvoyantes : le guide des circuits. Un document unique constitué de 20 planches reliées (format A3+) où chaque circuit a été revisité afin d’être simplifié, agrandi, contrasté et en relief. Un rendu visuel et tactile accessible à tous complété par des indicateurs essentiels à l’interprétation : départ, sens de circulation, virages. Chaque information visuelle est reproduite en braille et en relief par un procédé spécifique (dépôt de résine transparente).

Cette édition spéciale 2012 est soutenue par Total et parrainée par Jean-Louis Moncet et Romain Grosjean. Les couvertures ont été conçues par un jeune designer irlandaispassionné de F1 : PJ Tierney.

Sur handicapzero.org, rubrique Formule 1 saison 2012 : les résultats (podium, classements pilotes et écuries) sont accessibles en ligne après chaque Grand Prix.

Il s’agit d’une édition unique réservée aux fans aveugles et malvoyants, sa diffusion est limitée, merci de ne pas commander cette édition si ce n’est pas votre cas.

Pour obtenir le magazine et le guide des circuits gratuitement, contactez le numéro vert HandiCaPZéro 0800.39.39.51 (appel gratuit depuis un poste fixe en France Métropolitaine). Expédition gratuite pour l’Europe et pays francophones (dans la limite des quantités disponibles).

11)- COURRIER DES LECTEURS

Bonjour à toutes et tous, Je cherche des retours d’expériences de personnes ayant visité dernièrement un musée en Europe et découvert des dispositifs d’accessibilité satisfaisants ou innovants : si vous êtes cette personne-là, ou si vous connaissez une personne ayant voyagé et apprécié une visite au musée avec dispositifs spécifiques à la déficience visuelle, écrivez-moi simplement le nom du musée, le pays dans lequel il est et les dispositifs en question ! Merci à vous toutes et tous, Valérie chauvey lemaildevalerie@free.fr

12)- LOISIRS ET CULTURE

12- A)- « JE LIS DÉJÀ », OFFRE DÉCOUVERTE DU GIAA

La revue jeunesse « Je Lis Déjà » est proposée en version adaptée (braille, audio et fichier texte modulable) depuis janvier. Le lancement, prévu courant 2011, a du être repoussé à janvier 2012 dans un souci de qualité et afin de proposer des formules adaptées aux besoins des parents et des enfants.

Afin de permettre aux parents de découvrir cette revue et de la partager avec leurs enfants, le GIAA (Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes), qui réalise les transcriptions, donne aujourd’hui la possibilité de souscrire à une offre découverte de 3 mois.

Elle permet ainsi de recevoir 3 numéros, ceux d’avril, mai et juin, au tarif exceptionnel de 30 euros pour le pack complet : versions braille, audio et fichier modulable en gros caractères accompagnés de la revue papier diffusée en kiosque. Sachez que d’autres formules sont disponibles et rappelées dans le document joint (version word et pdf), bulletin d’abonnement à retourner complété au GIAA pour bénéficier de cette offre.

N’hésitez pas à contacter le GIAA pour plus d’information et vous abonner directement par téléphone,

L’équipe du GIAA

GIAA - Service abonnement - 5 avenue Daniel Lesueur - 75007 Paris

Tél. : 01.47.34.30.00

Mail : giaa@giaa.org

Site internet : www.giaa.org

12- B)- 3ème FESTIVAL AUDIOVISION VALENTIN HAÜY

Fort du succès des années précédentes, le Festival de l’Audiovision Valentin Haüy vous donne rendez-vous pour sa 3ème Edition du 27 avril au 6 mai à l’UGC Gobelins à Paris.

Une nouvelle fois les personnes aveugles et malvoyantes pourront découvrir au cinéma des films récents en Audiovision.

De nombreux films à l’affiche cette année :

- A l’Aveugle

- The Artist

- La Guerre est déclarée

- Le Prénom

- Lock Out

- Sur la Piste du Marsupilami

- Un Monstre à Paris

- The Lady

- Tree of Life

L’ensemble de la programmation, les horaires et les tarifs seront disponibles prochainement.

UGC GOBELINS

66 bis, avenue des Gobelins

75013 PARIS

Métro : Stations Gobelins et Place d’Italie

Bus : Lignes 27, 47 et 83 - Arrêts Place d’Italie, Mairie du XIIIème

12- C)- EN AUDIO DESCRIPTION À LA COMÉDIE FRANÇAISE

1. UNE PUCE, ÉPARGNEZ-LA

De : Naomi Wallace Mise en scène : Anne-Laure Liégeois Durée : 2h

Londres, 1665. Les époux Snelgrave ont perdu tous leurs domestiques lors de la Grande Peste, et attendent, cloîtrés chez eux, la fin de la quarantaine. Bunce, un jeune marin, et Morse, une fille du peuple de douze ans, s’introduisent chez eux. Devant la maison, Kabe, le garde, veille à ce que personne ne sorte. Dans cet intérieur devenu leur prison, la confrontation forcée entre aristocratie et plèbe rend poreuse la frontière entre les classes, révélant non seulement les inégalités sociales, mais aussi le rapport de chacun à son propre corps et à celui des autres ; corps rigide et moral de William Snelgrave, corps confisqué et nié de sa femme Darcy, corps désirable et exploitable de Bunce ou substituable et monnayable de Morse... Les codes de conduite sont bouleversés en même temps que ceux du désir et de la sensualité, et chacun, entre prise de conscience et révolte, se rapproche de son être en même temps que de son destin.

Représentations avec audiodescription :

Dimanche 13 mai 2012 à 14h00 Mardi 22 mai 2012 à 20h30 Mercredi 23 mai 2012 à 20h30 Jeudi 31 mai 2012 à 20h30 Vendredi 8 juin 2012 à 20h30 Dimanche 10 juin 2012 à 14h00

Informations pratiques et réservations

Théâtre éphémère Pour la personne déficiente sensorielle et son accompagnateur Catégorie A 25 ? Catégorie B 18 ?

Réservations auprès de Fatima Kendri Par téléphone : 0144581502 Par mail : fatima.kendri@comedie-francaise.org

Par correspondance Jusqu’à deux semaines avant la représentation en joignant votre règlement par chèque à l’ordre de la Comédie-Française, ainsi qu’une enveloppe longue timbrée et libellée à vos nom et adresse.

Equipement permanent : Amplification par boucle magnétique individuelle ou par casque disponible sur toutes les représentations de la salle Richelieu, à retirer gratuitement à l’accueil dans le hall du théâtre

Lors de votre réservation, nous vous remercions de préciser le nombre de casques d’audiodescription dont vous avez besoin, ainsi que la présence éventuelle d’un chien-guide.

Renseignements pratiques

Comédie Française

Place Colette

75001 Paris

Site Internet : COMEDIE-FRANCAISE - Paris (nouvelle fenêtre) Email : fatima.kendri@comedie-francaise.org

Métro : ligne 1 - 7 et 14 (station Palais Royal - Musée du Louvre ou Pyramides) Bus 21 - 27 - 39 - 48 - 67 - 68 - 69 - 81- 95

2. LE MARIAGE DE FIGARO

De : Beaumarchais (1732- 1799) Mise en scène : Christophe Rauck

« La plus badine des intrigues. Un grand seigneur espagnol, amoureux d’une jeune fille qu’il veut séduire, et les efforts que cette fiancée, celui qu’elle doit épouser, et la femme du seigneur, réunissent pour faire échouer dans son dessein un maître absolu, que son rang, sa fortune et sa prodigalité rendent tout-puissant pour l’accomplir. Voilà tout, rien de plus. » Dans sa préface du Mariage, Beaumarchais s’étonne de la polémique déclenchée par cette comédie conçue, à la demande du prince de Conti, comme une suite à la vie de Figaro évoquée dans la préface du Barbier de Séville (1775). Trois ans lus tard, voici donc les héros réunis pour le mariage de Figaro, valet du comte Almaviva, et de Suzanne, camériste de Rosine devenue comtesse. Durant cette folle journée, Figaro remet en cause la relation maître / valet en contrant les projets du Comte à l’égard de Suzanne. Grâce à la coalition des femmes, la Comtesse et sa suivante, le Comte est mis hors d’état de nuire.

Représentations en audiodescription :

Mercredi 28 mars 2012 à 20h30 Jeudi 29 mars 2012 à 20h30 Dimanche 08 avril 2012 à 14h00

Informations pratiques et réservations :

Théâtre éphémère Pour la personne déficiente sensorielle et son accompagnateur Catégorie A 25 ? Catégorie B 18 ?

Réservations auprès de Fatima Kendri

Par téléphone : 01 44 58 15 02 Par mail : fatima.kendri@comedie-francaise.org

Lors de votre réservation, nous vous remercions de préciser le nombre de casques d’audiodescription dont vous avez besoin, ainsi que la présence éventuelle d’un chien-guide.

Par correspondance : Jusqu’à deux semaines avant la représentation en joignant votre règlement par chèque à l’ordre de la Comédie-Française, ainsi qu’une enveloppe longue timbrée et libellée à vos nom et adresse.

Comédie Française

Place Colette

75001 Paris Site Internet : COMEDIE-FRANCAISE - Paris (nouvelle fenêtre)

Métro : lignes 1 - 7 - 14 (station Palais Royal - Musée du Louvre ou Pyramides) Bus : 21 - 27 - 39 - 48 - 67 - 68 - 69 - 81 - 95

12- D)- ÉMISSION « À VOUS DE VOIR » : ESTHÉTICIENNES AVEUGLES

Diffusion : lundi 2 avril à 8h25

samedi 7 avril 2012 à 22h30 sur France 5

Depuis septembre 2009, une nouvelle formation professionnelle préparant au C.A.P d’esthétique est accessible aux personnes non-voyantes.

Pourquoi la mise en place d’une telle formation ? Va-t-elle offrir de nouvelles voies professionnelles aux personnes déficientes visuelles ? Le monde des instituts d’esthétique est-il prêt à accueillir ces nouvelles esthéticiennes ?

Pour répondre à ces questions, nous nous rendons d’abord à Saint-Maur-des-Fossés en région parisienne où se trouve l’école d’esthétique Espace Beauté. C’est la première en France à avoir rendu accessible ses formations professionnelles aux non- voyants, en lien avec l’Inspection de l’Education Nationale. Comme toutes futures esthéticiennes, les étudiantes déficientes visuelles apprennent à maquiller, épiler, modeler. Ainsi, en trois ans ce sont 24 jeunes femmes qui ont obtenu leur diplôme d’État en esthétique.

Pendant ce temps en avril 2011, à l’initiative de Didier Roche, entrepreneur aveugle, fondateur des « Restaurants dans le noir », le premier institut d’esthétique et de bien-être « Dans le noir, le Spa » a ouvert ses portes au public au cour de Paris, à deux pas des Halles. Ce sont huit esthéticiennes non-voyantes formées à l’école de Saint-Maur-des-Faussés qui sont employées dans cet établissement pour assurer des moments de détente, de modelage ou de gommage. Nous allons donc interroger ces jeunes femmes qui, pour beaucoup d’entre elles, ont connu l’isolement et le chômage et dont le fait de pouvoir exercer ce métier est une grande satisfaction.

Enfin, nous rencontrons Stéphanie qui fait partie de ces nouvelles esthéticiennes déficientes visuelles qui ont fait le choix de s’installer à leur compte. Depuis deux ans, elle reçoit ses clientes chez elle dans un espace spécialement aménagé dans son pavillon. Cette mère de deux enfants réussit à gérer à son rythme et de façon autonome sa vie familiale et professionnelle.

Les films « A Vous de Voir » sont archivés environ deux jours après la date de leur dernière diffusion et peuvent être visionnés sur le site de France 5, en suivant ce lien http://www.france5.fr/a-vous-de-voi...

Format : 26’

Production : bleu Krystal media - Philippe Muller

Réalisation : Jean-Yves Philippe

12- E)- ACCÉDER FACILEMENT AUX PROGRAMMES RADIO DE TÉLÉRAMA : C’EST POSSIBLE !

Sans avoir besoin de se faire lire le programme on peut en effet connaître à l’avance la teneur de vos programmes radio favoris via son mail.

Avec la gracieuse participation du magazine Télérama, le comité Valentin Haüy de Lyon vous propose de vous adresser, par courriel uniquement, l’essentiel des programmes de la semaine suivante. Deux fichiers hebdomadaires vous sont adressés, un au format texte, l’autre au format html permettant la navigation dans le document. L’envoi du courriel est effectué le jeudi en fin de journée ou le vendredi matin.

Une offre exceptionnelle d’essai vous est proposée pour tester cette opportunité pendant tout le mois d’avril 2012.

Il suffit d’adresser un courriel au comité Valentin Haüy de Lyon à l’adresse : avhlyon.informatique@wanadoo.fr en précisant "Télérama Radio" comme objet du message. Merci de nous préciser votre adresse postale.

Vous recevrez ces programmes gratuitement pendant le mois d’avril 2012. Si vous souhaitez continuer l’abonnement de ce service, un règlement de 7 euros vous sera demandé pour la fin de l’année 2012. L’abonnement pour une année complète est fixé à 10 euros.

12- F)- PROGRAMMATION M6 EN AUDIO DESCRIPTION

- « Victoire Bonnot : un enfant sur les bras »

Diffusé sur M6 le 04 avril à 20h50 Durée : 95mn Réalisé par : Vincent Giovanni Avec Valérie Damidot (Victoire Bonnot), Alice Isaaz (Zoé Viguier), Roxane Damidot (Emma Bonnot), Shirley Bousquet (Valéria Cassagne), Jean-Charles Chagachbanian (Mathieu Vérac) Le jour de la rentrée, Zoé, une élève de première, est prise de contractions et perd les eaux en plein milieu du cours de sport. Quelques heures plus tard, elle accouche à l’hôpital, alors qu’elle n’avait jusqu’à ce jour pas conscience d’être enceinte. Les parents de Zoé sont dépassés par les événements et n’arrivent pas à voir leur petite fille comme une mère. Contre leur avis, la jeune femme décide de garder l’enfant, mais elle a beaucoup de mal à concilier les cours avec l’éducation d’un bébé. Avec ses méthodes peu orthodoxes pour une conseillère principale d’éducation, Victoire apporte son soutien à Zoé et l’aide à trouver son équilibre.

- « Slumdog Millionaire » Diffusé sur M6 le 05 avril à 20h50 2009

Durée : 2h Réalisé par Danny Boyle Avec Dev Patel, Freida Pinto, Mia Drake. Genre : Comédie dramatique, Comédie, Romance Nationalité : Américain, britannique Jamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l’émission Qui veut gagner des millions ? Il n’est plus qu’à une question de la victoire lorsque la police l’arrête sur un soupçon de tricherie. Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d’où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu’il a perdue. Mais comment ce jeune homme est-il parvenu en finale d’une émission de télévision ? La réponse ne fait pas partie du jeu, mais elle est passionnante.

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